MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire. C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Jeudi 9 juillet 2009
En fait, la fameuse histoire de l'arroseur arrosé est toujours d'actualité. Il faut simplement que quelques personnes aient le courage de la mettre en œuvre pour démonter que sa morale reste d'actualité. On sait que parfois ce que l'on prend pour un avantage particulier tourne à la défaveur de celui qui se vante de l'avoir obtenu. Nicolas Sarkozy a par exemple décidé de « jouer » avec les pouvoirs constitutifs de la république. Il a mis à genoux le pouvoir législatif, en se posant en porteur de message subliminal, que ce dernier devait exécuter sans barguigner, le réduisant ainsi au rôle de chambre d'enregistrement des volontés présidentielles. Il s'est attaqué au pouvoir judiciaire en le mettant de fait sous tutelle du pouvoir politique, profitant en cela de l'absence de culture citoyenne d'un peuple résigné. Nomination des procureurs, suppression des juges d'instruction, délocalisation forcée des magistrats récalcitrants, plaintes d'un Président de la République contre des personnes ayant osé des crimes de lèse majesté...
Chaque jour, un événement rappelle que la séparation des pouvoirs chère à Montesquieu n'a pas résisté à une interprétation maximaliste du rôle du Président dans la Vème République. En fait, il a modifié la Constitution, non pas dans ses termes, mais dans son esprit, grâce à la complicité d'une majorité qu'il va rendre éternelle par un tripatouillage électoraliste. L'indifférence recouvre d'une chape de plomb la réalité des actes et la complicité d'un système médiatique en déroute économique, et tributaire des amis du Président pour survivre. On est arrosé en permanence, mais parfois, rayon de soleil démocratique dans une journée, il arrive que le sort s'inverse.
Nicolas Sarkozy a ainsi été contraint de faire appel hier du sursis à statuer ordonné mardi par le tribunal correctionnel de Nanterre, dans le volet civil d'une affaire de piratages bancaires dont il avait été victime. Bien évidemment, ce que Président veut, même à titre personnel et privé, le Parquet le veut ! Le parquet de Nanterre a donc également fait appel de la décision du tribunal de ne pas se prononcer sur l'action civile engagée par le chef de l'Etat, renvoyant sa décision jusqu'à l'expiration d'un délai d'un mois après la fin du mandat présidentiel de M. Sarkozy. Et pourtant, les attendus de cette décision courageuse mériteraient d'être présentés comme un signe fort de résistance de la part de juges de plus en plus malmenés.
En effet, si le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné au plan pénal sept des huit prévenus à des peines allant de six mois de prison avec sursis à quatre ans dont deux avec sursis pour cette escroquerie sur des comptes bancaires, dont celui du « citoyen » Nicolas Sarkozy, il a remis à sa place le Président, qui abuse de sa position quand ça l'arrange ! Un bel argument, qui ravit celles et ceux qui prétendent que la justice est mise sous la férule du pouvoir politique.
Pour justifier le sursis à statuer sur le plan civil, les juges ont en effet  appuyé  leur position sur le contenu de l'article 67 de la Constitution, remanié le 19 février 2007. Cet article prévoit que le président de la République « ne peut, durant son mandat, et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite ». L'immunité cesse un mois après la fin des fonctions du chef de l'Etat... logique et imparable. Enfin,... pour les gens ayant un brin de respect pour les textes votés par la majorité présidentielle, et qui ne sont pas aveuglés par le parti pris politicien. Puisque le Président ne doit aucun compte à la justice, il ne doit pas demander à cette même justice d'exercer une poursuite à l'égard de quiconque est attaqué par... le Président lui-même, sauf à en faire un Roi au-dessus des lois!  C'est l'arroseur arrosé : je ne peux pas dédaigner la justice quand elle me demande des comptes, et la solliciter quand j'estime avoir besoin d'elle, dans mon intérêt personnel.

MÊMES EFFETS EN SENS INVERSE
Dans une autre affaire, le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a ainsi estimé hier qu'il ne pouvait se prononcer sur la procédure d'atteinte à la présomption d'innocence, intentée par Yvan Colonna à l'encontre de Nicolas Sarkozy, tant que ce dernier sera président de la République... Là encore, le tribunal parisien a ordonné un « sursis à statuer jusqu'à l'expiration du délai d'un mois après la cessation de fonctions » du chef de l'Etat. C'est la protection utile dans un cas, et défavorable dans l'autre. Mais Me Herzog a souligné que dans l'affaire de Nanterre, le président de la République était une « victime », et non une personne poursuivie, comme à Paris.
« Le sursis à statuer (de Nanterre) est une décision extravagante, contraire aux textes du Code de procédure pénale et à l'article 67 de la Constitution », a estimé l'avocat de Nicolas Sarkozy, tendant ainsi à accréditer l'idée que la justice doit être au service du Président pour ne pas dire uniquement à son avantage. Les deux jugements sont pourtant parfaitement logiques : si Nicolas Sarkozy est au-dessus des lois, il l'est dans un cas comme dans l'autre ! Il est vrai que le réquisitoire n'avait pas été très clément : une peine de quatre ans de prison ferme a notamment été requise contre un Sénégalais, présenté comme l'organisateur de l'escroquerie. Le procureur a aussi demandé des peines de prison ferme contre ses trois supposés lieutenants, ainsi que des peines de prison avec sursis contre plusieurs autres prévenus. La défense avait estimé, depuis le début du procès ouvert lundi, que ce dossier faisait l'objet d'un traitement spécial de la part du parquet, en raison du fait que le président de la République, qui a porté plainte en septembre 2008, était partie civile pour un préjudice évalué à 156 euros !
L'un des suspects était un employé d'une société à laquelle la chaîne Canal+ sous-traite la gestion de ses abonnements. Il aurait ainsi récupéré les numéros des comptes personnels, fournis par Nicolas Sarkozy et certains de ses proches pour s'abonner. C'est condamnable, mais c'est cher payé quand on fait le rapprochement avec des faits violents, infiniment plus graves. En fait, le tribunal a été plus mesuré avec deux ans fermes, et deux avec sursis, pour l'instigateur de la fraude. Mais surtout, la partie civile sera contrainte d'attendre la fin du mandat pour connaître le montant de la réparation accordée ! Un affront à laver dans l'hermine judiciaire, car le tribunal a considéré que l'immunité pénale dont bénéficie Nicolas Sarkozy dans la Constitution introduisait une atteinte au principe d'égalité des armes avec les prévenus.

LE PLUS PUISSANT
Dans un pamphlet, non repris par les médias, Eva Joly, nouvelle député européenne a ramené la vision sarkoziste de la justice à sa juste proportion : "Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoit, porte la marque du stratagème politique. Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant. Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques. Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l'a observé justement : « C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. » Il ne fait pas bon, en France, incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat français peut en témoigner. Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé, en grâce collective... (...)".
Elle aurait pu ajouter que certains tribunaux en ont véritablement assez d'être pris pour de simples paillassons, et que certains juges ne veulent plus être considérés comme des exécutants des volontés politiques.

Ceux de Nanterre rappellent que le président de la République est toujours à la tête du Conseil supérieur de la magistrature, qui règle les carrières des magistrats.
Du fait de ce lien avec les magistrats, il est possible que les justiciables considèrent qu'ils n'ont pas affaire à des juges impartiaux, lorsqu'ils ont le chef de l'Etat comme plaignant dans un dossier, dit le tribunal.
Le 14 septembre, Nicolas Sarkozy sera encore une fois plaignant au tribunal correctionnel de Paris, où Dominique de Villepin sera jugé pour "complicité de dénonciation calomnieuse".
L'ancien Premier ministre est soupçonné d'avoir utilisé à des fins de déstabilisation politique de fausses listes de comptes bancaires occultes de la société luxembourgeoise Clearstream, où figurait le nom de l'actuel président.
Dominique de Villepin conteste aussi la légalité de la démarche de son rival qui, souligne-t-il, est plaignant, alors qu'il a indirectement autorité sur les magistrats. Le procureur de Nanterre Philippe Courroye a vite fait appel du jugement sur le détournement de données bancaires. Au fait, par qui a-t-il été nommé sur ce poste ?
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Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Mercredi 8 juillet 2009
Pas un(e) citoyen(ne) lucide ne devrait douter d'un principe simple : quand un gouvernement décide de lever le secret défense sur une affaire quelconque, c'est que tout simplement il sait qu'il n'y a plus rien d'important dans les dossiers. Inutile de croire à une volonté soudaine de transparence démocratique Et c'est là que peut-être nous avons à envier le système parlementaire américain, puisque les commissions d'enquête sont infiniment plus nombreuses, et surtout beaucoup plus curieuses et opiniâtres que les nôtres. En effet, chez nous, il faut au minimum une catastrophe judiciaire comme celle d'Outreau, pour que les représentants du peuple osent s'emparer d'un sujet, et tenter, via des documents et des témoignages, de comprendre ou d'expliquer un événement. Malheureusement, le système est verrouillé, et rarement utilisé, bien que ce soit véritablement un outil réel de la démocratie. Par exemple, il faudrait que l'opposition puisse activer une telle opportunité, afin que le Parlement possède les éléments lui permettant de juger de l'opportunité des mesures à prendre ou prises. Il n'existe, en effet, que peu de contre-pouvoirs dans la démocratie française et toute dérive est désormais possible.
Depuis quelques jours, divers événements mériteraient d'être passés au peigne fin de la démocratie. On attend toujours des informations sérieuses et fiables sur le crash du vol Rio-Paris. Oubliée la chasse sous-marine aux boîtes noires, les autopsies n'auraient rien révélé de particulier, l'épave n'a jamais été localisée et tous les éléments sur divers disfonctionnements n'ont pas été mis en cohérence... Dans quelques semaines, secret d'Etat oblige, on aura enterré la vérité avant même d'enterrer les morts. Ce sera pareil pour la catastrophe des Comores, qui vire au vinaigre, puisque la Yéménia a osé faire ce qu'Air France ne peut même pas envisager. Si vous nous cherchez des noises, on annule notre commande de 19 airbus : à bon entendeur, salut ! Vous allez voir que tout le monde va se calmer, et que l'on trouvera bien une raison « officielle » à ce crash !
Hier, on a beaucoup parlé de la mort des moines de Tibhrine. Personne n'a rien vu, rien entendu et surtout rien dit. Ces religieux ont été comme les morts du Rio-Paris, escamotés, par les nécessités des équilibres diplomatiques et plus encore... économiques ! Mais nous devons être rassurés : tout sera fait pour écrire leur vraie histoire, avec des documents ultra-confidentiels écrits noir sur blanc, et pieusement conservés pour la postérité. Ils sont rangés dans le même lieu que ceux relatif aux rétro-commissions ayant été à l'origine de la tuerie de Karachi !
D'ailleurs, lors de la perquisition ordonnée par un Procureur de la République totalement indépendant, les policiers désignés par Brice Hortefeux pourraient saisir tout ce qu'ils trouvent sur l'assassinat des moines et sur celui des ingénieurs et techniciens de l'Armement ! Ca économiserait des frais aux ministères concernés ! On a maintes preuves que les militaires et les services secrets ne montrent que ce qu'ils veulent bien montrer, sauf quand leur directeur note sur un carnet tout ce qu'il ne faut pas noter !

LE GENERAL RETROUVE LA MEMOIRE
Nicolas Sarkozy a demandé «la vérité» aux autorités algériennes, et veut donc la levée du secret-défense sur les documents concernant le massacre des sept moines de Tibhrine. Pour Michèle Alliot-Marie, le témoignage spontané du général retraité Buchwalter « apporte un élément nouveau pour lequel de nouveaux éléments d'investigation supplémentaires auront lieu ». Rappelons simplement que MAM a été Ministre de la Défense. La garde des Sceaux a assuré que les magistrats « disposent et continueront de disposer de tous les moyens pour mener à bien leur enquête, y compris en matière de coopération internationale. Tout sera mis en oeuvre afin de connaître les auteurs et les conditions de cet assassinat », a conclu la ministre. Le problème c'est que tout le monde a perdu la mémoire.
A l'époque des faits, Hervé de Charette était ministre des Affaires étrangères. Mais après les révélations brutales, 13 ans après, du général François Buchwalter, publiées lundi dans la presse, il a affirmé hier ne pas avoir été informé d'une possible « bavure » de l'armée algérienne, qualifiant le témoignage en ce sens de « énième version ». En fait, s'il n'a jamais été informé, c'est donc qu'il n'y eu aucune note transmise par l'ambassade de France à Alger. Inutile donc de chercher des preuves, et la levée du secret défense n'a donc aucun intérêt !
S'il s'est dit prêt à témoigner devant les juges chargés du dossier, l'ancien pensionnaire du quai d'Orsay a indiqué sur LCI qu'il leur dirait « la même chose, c'est-à-dire qu'il y a eu beaucoup de versions ». Mais pourquoi ne dirait-il pas quelle est celle qui lui paraît être la vraie ! « J'ai entendu : ce sont des conflits internes entre les civils et les militaires algériens. J'ai entendu: ce sont des règlements de comptes menés par les services spéciaux algériens. J'ai entendu : c'est une action du GIA (Groupe islamique armé), d'ailleurs c'était la version officielle. Puis on a dit: ah mais non, c'est une action du GIA mais menée par un groupe très spécial conduit par un dénommé Zitouni mais qui est manipulé par les autorités algériennes" », a égrené Hervé de Charette. Circulez : il a tout entendu, mais il n'a rien compris !

UN JUGE AUSSI SE REVEILLE
« C'est une affaire qui a été enterrée volontairement », affirme de son côté l'ancien juge anti-terroriste et ex-député UMP de Haute-Vienne Alain Marsaud. Ce proche de Charles Pasqua raconte qu'en 1996, il avait reçu la visite de « quelqu'un qui se présentait comme étant un membre des services de renseignements algériens ». Celui-ci lui aurait révélé que le GIA n'était pas en cause, mais qu'il s'agissait « d'une opération montée par les services algériens ou par l'armée algérienne ». Bien évidemment, c'est un hasard, et c'est un mythomane complet qui était allé chez un juge anti-terroriste !
Le juge affirme en avoir alors informé le Garde des Sceaux de l'époque, Jacques Toubon, qui lui aurait répondu « qu'il n'était pas question d'ouvrir une information ». Pas possible, un garde des Sceaux peut donner un tel ordre à un système judiciaire indépendant ? Alain Marsaud explique que c'est pour cette raison qu'il avait demandé à une soeur des moines de se constituer partie civile. Il note cependant que les informations de l'époque ne mentionnaient pas l'« intervention par hélicoptère » de l'armée algérienne, évoquée par le général Buchwalter. On approche cependant de la vérité, mais il faudra encore aller chercher des preuves chez les Algériens dont on peut imaginer qu'ils les ont soigneusement conservées ! Eux qui auraient envoyé les... têtes des moines pour éviter que l'on autopsie les corps ! Les proches des sept moines ont droit à la vérité, a réitéré le père Veilleux, fin mars 2006 à Paris, alors que l'avocat de la partie civile, Me Patrick Baudouin, dénonçait l'opacité anormale et la lenteur excessive dans l'instruction menée en France par le juge Jean-Louis Bruguière, dont il faut rappeler qu'il a été le candidat de Nicolas Sarkozy à Villeneuve-sur-Lot sous l'étiquette UMP. Depuis, rien n'a évolué, ou si peu... en trois ans d'enquête (sic).
En juillet 2008, le journal La Stampa a repris l'information, publiée dès mars 2006 par John Kiser dans l'ouvrage "Passion pour l'Algérie", que les sept moines français enlevés auraient été tués depuis un hélicoptère de l'armée algérienne (Tiens donc... mais où avait-il pris cette information ? Connaissait-il le général Buchwalter ?). Le fonctionnaire interviewé par la Stampa évoque par ailleurs la mort de l'évêque d'Oran, Pierre Claverie, qui aurait été assassiné dans le cadre de cette affaire, comme nombre d'autres témoins. Mais bien évidemment, aucun Ministre de l'époque n'a été averti de ces faits... Même le Premier d'entre eux, Alain Juppé, n'a jamais rien vu sur le sujet, alors qu'on sait bien que sur son bureau, chaque matin, il a trouvé les rapports liés à cette affaire, comme à toutes les autres.
Pour l'ancien supérieur des sept moines assassinés, le père Armand Veilleux, les déclarations du général sont jugées « plus vraisemblables que la thèse officielle ». Interrogé pour savoir s'il voyait dans la décapitation une manipulation des corps post mortem, il a répondu : « Exactement ». D'autres témoignages d'officiers algériens avaient déjà validé cette thèse, évoquant notamment le rôle trouble des autorités algériennes. Le témoignage est enfin jugé « crédible » par Me Baudouin, l'avocat des parties civiles, qui estime qu'il constitue la preuve qu'il y a eu « dissimulation de la part des autorités algériennes et certainement de la part des autorités françaises... C'est la confirmation de ce que nous disons depuis l'origine, que c'est l'Omerta qui a prévalu au nom de la raison d'État. » Incoyable il y en a qui confondent « omerta » et « secret d'Etat »... il ne faudrait pas exagérer !
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Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Mardi 7 juillet 2009

Il faudrait, de temps en temps, s'astreindre à un florilège des déclarations présidentielles. En voilà une : « Il n'y aura pas d'augmentation des impôts, mais probablement une piste sur les niches sociales ». « Je ne ferai pas la politique de la rigueur, car la politique de la rigueur a toujours échoué », avait assuré le chef de l'Etat, réaffirmant son refus d'augmenter les impôts, et appelant à changer radicalement la façon de poser le problème. Il n'en reste pas moins que les finances publiques touchent le fond. Eric Woerth, le ministre du Budget a antérieurement annoncé que le déficit public (Etat, sécurité sociale, collectivités locales) atteindrait "entre 7 et 7,5% du PIB". Soit un trou historique de "140 milliards d'euros" dans les caisses de la France. Le chef de l'Etat avait exclu une hausse des impôts, une potion jugée trop amère pour les électeurs avant 2012, la solution ne pourra pas venir du côté des recettes. Le "paquet fiscal" et son cortège d'exonérations et de réductions d'impôts, la baisse de la TVA dans la restauration le 1er juillet ou la suppression annoncée de la taxe professionnelle, ne vont d'ailleurs pas dans ce sens. Tous les gens qui ont un brin de jugeote savent fort bien qu'il ne s'agit que d'un effet d'annonce, mais que tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, il faudra bien payer l'addition.
D'ailleurs, il existe des divergences profondes au sein du gouvernement actuel, entre ceux qui prennent les paroles présidentielles pour argent comptant, et ceux qui, connaissant bien la réalité, ne peuvent pas accepter de telles promesses. La preuve ? D'abord avec le fait que la taxe carbone constitue bien un retour de la vignette, chère à ce pauvre Paul Ramadier, et illustre la volonté du président de ne pas créer de... taxes nouvelles. Le problème, c'est que tout le monde lorgne vers cette manne financière en période de disette intégrale. Jean Louis Borloo, qui rêvait d'être collaborateur de Nicolas Sarkozy à Matignon, veut tellement marquer sa différence qu'il multiplie les déclarations permettant de laisser accroire qu'il va restituer au peuple les fonds qu'il lui aura pris. Paul Ramadier avait exactement la même vision, lorsqu'il avait annoncé que l'argent de la vignette servirait à verser des retraites dignes aux plus âgés du Pays; or jamais la caisse prévue n'avait été créée.

LE BLUFF INTEGRAL
La taxe carbone risque en effet de coûter cher aux Français. Alors, pour ne pas trop frapper les ménages au portefeuille en période de crise, le ministre de l'Écologie, propose de la compenser par l'instauration d'un « chèque vert ». Une piste parmi d'autres, inspirée par la Fondation Nicolas Hulot. Explications.
Il s'agit de reverser aux ménages l'intégralité des recettes fiscales générées par la taxe carbone, sous la forme d'un chèque d'un montant identique pour tous les foyers fiscaux. Les ménages situés au bas de l'échelle des revenus devraient ainsi toucher plus d'argent qu'ils n'auront payé de taxe, contrairement aux foyers aisés, plus consommateurs en produits polluants.
Selon les hypothèses retenues par la Fondation Nicolas Hulot, la taxe carbone, destinée à renchérir les produits à forte émission de CO2, devrait s'élever à 7 centimes par litre d'essence en 2010 et à 0,85 centime par kW/h de gaz. Elle devrait rapporter 3,5 milliards d'euros la première année. En divisant cette somme par le nombre de foyers fiscaux (26 millions), on obtient le montant du chèque vert, par an et par foyer fiscal, soit 130 euros. Cette estimation n'est valable que pour la première année, la somme perçue les années suivantes dépendant des efforts de tous pour réduire la production de gaz à effet de serre.
Les conséquences, pour le budget de l'État, devraient être nulles, puisque le chèque vert ne fera que redistribuer aux ménages les recettes de la contribution carbone. Toutefois, le dispositif pourrait réserver quelques surprises.
À l'origine, calibré afin de rester neutre pour le budget de l'État, le bonus-malus écologique a coûté 140 millions d'euros pour les quatre premiers mois de 2009... La pilule a du mal à passer à Bercy ! Tout serait pour le mieux dans le plus vert des mondes ! Enfin presque, puisque Borloo a oublié que son chèque n'existera pas, puisque les fonds seront récupérés, soit pour compenser la taxe professionnelle, soit pour compenser les fonds accordés par Borloo pour les énergies vertes. La réponse est vite venue.

PAS DE CHEQUES
« Je ne suis pas favorable à la distribution de nouveaux chèques, verts ou pas » a déclaré le ministre du Budget Eric Woerth dans une interview publiée hier sur le site du figaro.fr, contredisant la proposition de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, de restituer aux ménages et aux entreprises le produit d'une future contribution climat-énergie. Mais quelle mouche verte a piqué Borloo ? Ignore-t-il que les annonces présidentielles ne sont pas à prendre au pied de la lettre !
« Pour ma part, je ne suis pas favorable à la distribution de nouveaux chèques, verts ou pas : voilà 30 ans que l'Etat fait des chèques », affirmé M. Woerth. « Nous sommes le pays qui redistribue le plus, 500 milliards de transferts sociaux par an! Je suis pour une vision du 'développement durable' qui ne se limite pas à l'écologie: être responsable vis-à-vis de nos enfants, ce n'est pas leur laisser une planète propre et une montagne de dettes. C'est favoriser l'écologie mais aussi l'emploi, le social », explique le ministre. Circulez, il n'y a rien à voir. On ne va pas créer une taxe (contrairement aux affirmations présidentielles) pour la redistribuer aux contribuables.
Eric Woerth se dit favorable à la mise en place d'une taxe carbone dès 2010. « On peut très bien lancer une version simple, nationale, opérationnelle dès l'an prochain, qui porterait sur la consommation des énergies fossiles des ménages et des entreprises », précise-t-il. « Il suffit d'attribuer un prix à la tonne de carbone rejetée dans l'air. Puis, dans un deuxième temps, en 2011 ou 2012, affiner, élargir la taxe à d'autres produits. Mais ce serait plus efficace, si on allait dans cette direction, de le faire dans un cadre international », poursuit-il. C'est un désaveu total des lois dites du Grenelle, et surtout c'est l'occasion de tromper les électrices et les électeurs, grâce à un impôt indirect qui ne tient pas compte des revenus de ceux qui l'acquittent.

DEJA DEPENSEE
La mise en place de la taxe carbone se traduira, en effet, concrètement, par une hausse du prix de l'essence à la pompe. Si elle est simple et parlante, cette proposition se heurte à un constat : tous les Français ne partent pas sur un pied d'égalité, en particulier ceux qui habitent en milieu rural, pour lesquels l'utilisation de la voiture n'est pas une option. Selon des chiffres présentés par l'Insee, le niveau de vie ne peut être le seul facteur retenu pour mesurer son impact.
Ainsi, pour une famille avec deux parents actifs et un enfant vivant en milieu rural, elle représenterait environ 300 € par an, contre 80 € pour une famille monoparentale vivant dans un appartement en ville. Le projet de taxe carbone, issu du Grenelle de l'Environnement, qui vise à réduire la dépendance de la société au pétrole et autres énergies fossiles, se heurte donc à une difficulté de taille: comment s'assurer qu'elle soit comprise et, surtout, acceptée, dans un contexte économique difficile ? Il va donc falloir ruser, et redonner moins d'une main, que ce que l'on pique de l'autre ! Or Nicolas Sarkozy a déjà tranché : la taxe carbone servira à compenser l'exonération progressive (et non pas définitive) de la Taxe professionnelle.
Une chose est certaine en tout cas, la suppression de la part investissement de la TP se fera progressivement, en trois à cinq ans, à partir de 2010. « Comme le calendrier sera fixé, les entreprises auront de la visibilité », défend l'entourage de Christine Lagarde. Autre certitude : pas question d'augmenter l'impôt sur les sociétés, comme le suggéraient les députés. C'est la contribution « climat-énergie » qui devrait boucler l'équation pour les caisses de l'État. Une piste évoquée dès l'origine par Nicolas Sarkozy. Double mensonge : on défait un impôt pour le remplacer par un taxe ! Comprenne qui pourra. Enfin, peu importe, on vous vendra de l'écologie, et c'est là l'essentiel; mais attention, si le spectacle vous enchante, il ne sera pas gratuit.
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Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Lundi 6 juillet 2009

Il arrive que parfois les sondés se transforment en électeurs... et qu'ils démolissent toutes les certitudes. Ainsi, le quotidien « la Voix du Nord » avait publié le résultat supposé des élections municipales d'Hénin Beaumont, avec, comme le veut désormais la tradition, une prédiction catastrophique pour la Gauche... Le sondage réalisé par l'IFOP laissait, effectivement, présager une victoire du FN ! Il faisait, en effet, du Front national la première force en présence dans le paysage. Un FN qui s'écroula partout ailleurs, et qui, faisant son lit d'une gabegie municipale sans précédent et d'un Parti socialiste jadis hégémonique et aujourd'hui localement décrédibilisé, fortifiait, selon cette étude d'opinion, ses racines héninoises. En l'espace d'une année, ce sont près de sept points de plus (de 28,5 à 35 %) que glanait, selon l'IFOP, le FN. Une progression qu'analysait doctement le directeur du Département d'opinion publique de cet éminent institut de sondages : « Ce Front national montant a tout pour surprendre. Il n'est pas seulement fort auprès des segments traditionnels, il est aujourd'hui fort partout. C'est une homogénéité irrationnelle !... Ils ont, je pense, trouvé là "la" campagne idéale. Eux qui aiment cultiver traditionnellement du "tous pourris", avec un maire en prison, jouent sur du velours. » Une marche en avant d'autant plus impressionnante que du front de gauche qui, en 2008, était un véritable roc (43 % !), il ne restait plus grand-chose.
Trois listes de gauche se partageaient aujourd'hui, selon le sondage,  les voix de gauche, avec une légère prime à la liste Ferrari (19 %) soutenue par le PS et le PC qui, dans un mouchoir de poche, devait devancer l'Alliance républicaine (18 %). Les deux listes qui ne s'appréciaient guère, c'est le moins que l'on puisse dire, "n'ont plus qu'une poignée de jours pour faire la différence et avoir le privilège de prendre la main à gauche en vue du second tour". Il n'y a eu aucun combat, et l'unité l'a emporté sur toutes les autres considérations. Le tableau était pourtant lugubre : l'électorat républicain explosait et l'Union paraissait, selon ce grand quotidien régional, totalement impossible puisque les Verts de Régine Calzia, retrouvant juste les 10 % d'intentions de vote des européennes, misaient eux aussi sur un ultime coup de reins salvateur dans la lignée des Européennes. Les venues conjointes de José Bové et Noël Mamère paraissaient à cet égard décisives. On allait vers une triangulaire.

 SONDAGE APPROXIMATIF
Le sondage ne donnait aucune chance à Pierre Darchicourt, dès le scrutin initial, qui misait sur un retour d'affection des Héninois, huit ans après sa mise à l'écart de mars 2001 par celui qui a plongé la Mairie dans le gouffre. Avec une barre mise à 5 %, le retour s'annonçait plus pénible qu'espéré pour l'ex-socialiste qui, selon l'IFOP, devait devancer juste de deux points le NPA. Et les certitudes pleuvaient comme si les jeux étaient faits.
Voici un travail de l'IFOP parfaitement ficelé. Il allait même jusque dans les détails, pour redonner des couleurs à l'UMP qui, « après le cinglant 5,4 % des municipales atteignait la barre des 7 points (avec en sus la présence d'une liste dissidente, créditée, elle, de deux points) ». Le premier tour a été totalement différent et le résultat a absolument infirmé les prédictions de l'IFOP !

En fait, si le FN a bien atteint 39,34 %, son challenger était celui que l'on donnait... battu et donc incapable de se retrouver dans le fauteuil de Maire. Aucune chance pour Pierre Darchicourt (20,19 %), qui devançait cependant la liste officielle du parti du jeune Ferrari. La valeur de la personne qui s'était déjà opposée aux socialistes fossoyeurs, avait été la principale référence pour le choix à Gauche. Le sondage IFOP s'annonçait totalement faux puisqu'il envisageait un écart très faible entre la liste officielle du PS, du PC, du MRC et du MODEM... au second tour. Toute la France haletait, car Marine Le Pen pouvait donc devenir l'héroïne du FN, alors que le navire ressemble étrangement au Titanic ! Dans une cité où le taux de chômage sera quasiment à deux fois le niveau du chiffre truqué national, l'IFOP avait détecté une forte probabilité de succès pour la députée européenne, qui siège avec papa à Strasbourg !
Las, hier soir, l'IFOP s'est pris un râteau avec les résultats du suffrage universel. Les électrices et les électeurs, qui avaient fait un autre choix au premier tour, ne se sont pas dégonflés et se sont réveillés. Hier soir, ils ont eu le plaisir (quelle honte !) de voir sur Soir 3, journal télévisé d'une chaîne du service public, que l'invitée était... Marine Le Pen vaincue, bien installée dans un fauteuil, et que, par contre, le vainqueur était oublié ! Ainsi va la vie politique française ! Pourtant, il n'y a aucune ambiguïté sur le résultat.
Alors que le cumul des voix de Gauche (sans l'UMP) arrivait à 52 %, il atteignait légèrement plus. Finalement, Daniel Duquenne, le candidat (DVG) du Front Républicain (52.38% des voix) a bel et bien remporté la mairie d'Hénin-Beaumont, avec une avance de 500 voix sur Steeve Briois, le candidat du Front National (47.62% des voix, avec une participation qui a atteint le taux de 62.38% des inscrits. L'IFOP n'avait pas prévu cette issue, mais dans le fond, ses erreurs ont été utiles, car elles ont mobilisé les habitants d'une ville, sinistrée socialement, mais qui parviendra, quoi qu'il arrive, à redresser sa situation financière avec une rigueur permanente dans son fonctionnement. En fait, une fois encore, il faut constater que les sondages jouent souvent un rôle peu clair dans la vie publique.

UNE FORTE DESILLUSION
Cette élection reflète surtout une certaine désillusion, dans un milieu ouvrier en désespérance et frappé par la crise. Elle confirme aussi que, comme à Perpignan la semaine dernière, les gens n'ont pas toujours une vision exacte de la gestion municipale. Ils recherchent la sécurité, et plus encore des services de proximité. Les enjeux politiques deviennent complexes quand interfèrent les questions de personne ou les relations humaines. Ces paramètres ont joué dans de nombreux scrutins, et joueront de plus en plus, car l'écart se creuse entre la base et le sommet des partis politiques. C'est aussi l'analyse qui devrait être faite, après le résultat d'Hénin Beaumont, dont les habitants auront, c'est certain, la dent dure contre celles et ceux qui les ont mis sous les feux de l'actualité. Le problème, c'est que l'on ne sait pas à quelle vitesse ils oublieront ce qui vient de leur arriver... Le FN ne progresse que sur les erreurs des autres, et sur le terreau de la démagogie. En tapant sans cesse sur les élus, en les discréditant, en les présentant toutes et tous, sans distinction, comme identiques dans leur comportement, en transformant des comportements individuels en règles générales, on accentue forcément la dégénérescence de la démocratie. Dans les prochaines semaines, on va aggraver le mal en s'appuyant sur cette facilité d'appréciation, pour tailler dans les collectivités territoriales et dans les élus locaux, réputés trop nombreux, peu efficaces, mauvais gestionnaires ! On n'en mesurera les conséquences que trop tard, et la démocratie n'en sortira pas grandie... ou sécurisée. En fait, c'est un nouvel avertissement pour le monde politique institutionnel, qui se complait dans des guerres picrocholines, très éloignées des motivations des électrices et des électeurs. Pour le PS, après la constitution aux européennes de listes dénuées de tout respect des particularismes locaux, c'est une nouvelle alerte, car cette victoire n'est pas la sienne.

PEUT ETRE UNE LEÇON UTILE ?
A gauche, les réactions étaient très mesurées. Se félicitant que les habitants d'Hénin-Beaumont aient « fait le choix de Daniel Duquenne pour porter l'espoir et l'avenir, malgré les grandes difficultés financières et sociales de leur ville », Martine Aubry, première secrétaire du PS, a dit entendre « aussi l'exaspération et la colère qui se sont exprimées lors de cette élection ». Elle aurait pu ajouter que l'Unité ne se décrète pas, mais qu'elle doit s'appuyer sur des pratiques communes et une histoire commune.
«La gauche, notamment le Parti socialiste, doit tirer toutes les leçons de cette élection», a complété Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du PCF. Daniel Duquenne, le prochain maire d'Hénin-Beaumont s'est réjoui dans son premier discours d'avoir « su redonner à Hénin les couleurs de la République ». « Nous avons surmonté nos divergences, nos rancœurs, nos rancunes », a-t-il estimé, appelant à « l'unité et à la diversité ». «Je serai le maire de tous», a-t-il encore déclaré. On ne peut que lui souhaiter d'être capable de donner une leçon, dans ce domaine, à toutes celles et tous ceux qui lui ont tourné le dos pour préférer les consignes à leurs consciences !
Quelques minutes plus tard, le nouveau maire a été agressé par plusieurs individus qui l'ont aspergé de gaz lacrymogène, et il a été obligé de constater que les grands triomphateurs, et les vedettes, pour beaucoup de médias étaient les... battus ! Ils savent bien que rien n'est véritablement réglé, puisque la contestation ne va cesser dans les prochains mois.
« Nous allons d'abord contester les résultats qui nous apparaissent comme ceux du mensonge et du chantage. Quand on fait un chantage aux subventions, on se place en dehors de la loi et de la légitimité du discours politique », a estimé Marine Le Pen. Le FN a précisé que leur adversaire avait laissé prévoir une suppression de toutes les subventions si sa liste gagnait.
Cette élection sera, de toutes les manières, oubliée dès demain, et on passera à un autre enjeu. Ainsi va la vie politique, qui adore le parfum de scandales et celui des résurrections. Les électrices et les électeurs sont plus lucides et savent encore jusqu'où ils ne peuvent pas aller.
Mais je déblogue...

Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Dimanche 5 juillet 2009

Alors que la bronzette va devenir l'activité préférée des Françaises et des Français qui ont les moyens de s'octroyer une part du soleil des plages, l'actualité sociale va s'accélérer. Impossible de ne pas voir un rapport de cause à effet entre l'entrée dans la période des vacances pour privilégiés (car pour partir en vacances, il faudra l'être) et le lancement du RSA, et surtout le débat parlementaire sur le travail du dimanche. Deux sujets importants qui, bien évidemment, seront médiatiquement surclassés par le départ des stars du cycle et les transferts du football. Dans les deux cas, on fera référence à leurs salaires et au montant de leurs transferts, mais on ne fera jamais le rapprochement avec les mesures qui découleront des projets gouvernementaux. Or parfois, on va plaindre un millionnaire mensuel du sport, alors qu'autour d'un verre de rosé on compte les détournements effectués par quelques exclus sociaux plus malins que les autres. Ces deux extrêmes ne se rencontrent qu'au travers d'un écran de télévision.
En début de semaine (le 5 normalement) les premiers versements du RSA interviendront. Quelque 1,3 million de foyers vont percevoir pour la première fois, ce revenu, environ un mois après l'entrée en vigueur de l'allocation qui remplace le RMI et l'Allocation parent isolé (API), et qui s'adresse également aux travailleurs modestes... Enfin, celles et ceux dont le dossier est simple, et dans le cas où les formalités administratives ne poseront pas de difficultés; pour les autres il faudra attendre des jours meilleurs.
Les "RSAistes", comme les a appelés le Haut commissaire aux Solidarités, Martin Hirsch, percevront un montant identique au RMI s'il s'agit d'anciens Rmistes (454 euros pour un célibataire). Il n'y aura que le nom qui aura changé, mais le montant sera identique et personne ne voit réellement le but de la réforme, puisque pour le retour à l'emploi via l'insertion professionnelle en cette période terrible, les bénéficiaires n'auront, c'est une certitude, aucune piste supplémentaire. Et ce sera probablement un échec dans quelques mois, quand on effectuera un véritable bilan. D'abord, parce que la taxe finançant le RSA ne concerne pas « les plus riches », « bouclier fiscal oblige ». Un « détail » qui passe presque inaperçu dans cet océan de louanges. Ainsi donc, la taxe concerne essentiellement les classes moyennes !
Il n'est pas étonnant que la moindre mention du rapport publié le 26 mai dernier sur le RSA en Outre-Mer ne soit faite que cette semaine. Dommage, car on y apprend beaucoup de choses. Ainsi, s'appuyant sur des données fournies par la Cnaf et la Drees, le rapporteur explique : « à barème équivalent au barème métropolitain, 42% de la population des DOM est potentiellement couverte par le RSA (...). ». Un Revenu de Solidarité Active, élaboré afin de pallier le problème des travailleurs pauvres... Et qui concerne presque la moitié de la population d'Outre-mer ! Comment assumer une telle situation?
Ensuite, pour le barème, il faut être extrêmement prudent, car le choix d'un barème plus favorable conduirait donc à une couverture d'au moins la moitié de la population, choix dont les effets pourraient être déstabilisateurs pour le marché du travail. En effet, les entreprises pourraient alors être incitées à ne pas augmenter les salaires, notamment aux niveaux proches du point de sortie du RSA, voire à ne déclarer qu'une partie de la durée effectivement travaillée, pour optimiser les sommes perçues au titre de la prestation.

VIVE LE TRAVAIL AU NOIR
Car les craintes que soulève le dispositif depuis son lancement n'ont jamais été démenties. Pour preuve, le rapport poursuit : « Il convient par ailleurs d'indiquer que le RSA n'est sans doute pas le meilleur instrument de lutte contre le travail dissimulé et d'incitation à la reprise d'activité à temps plein, compte tenu du caractère familialisé et dégressif de cette prestation. (...) Un salarié peut donc trouver plus intéressant de ne pas déclarer une partie de son activité, pour ne pas voir le montant de son RSA diminuer. ». On va donc voir probablement augmenter le travail au noir, qui permettra un revenu complémentaire au RSA lequel constituera ainsi le « socle » d'une rémunération, dont la majorité du montant échappera à tout contrôle. Les deux parties s'y retrouveront !
D'autre part, le RSA est un complément de salaire sans limitation de durée. Cela revient finalement à subventionner des emplois précaires à long terme, voire à faire tomber dans la précarité des salariés qui gagneraient trop pour en bénéficier. On va le voir avec les plans sociaux mis en place sur le long terme. On constatera que le RSA va devenir une variable d'ajustement social. Un dispositif qui, en définitive, s'inscrit dans l'assistance aux travailleurs pauvres, sans leur permettre de se sortir de cette situation.
Une mesure qui finit par déresponsabiliser les employeurs en cassant la valeur « travail », du fait de la distorsion des écarts entre la rémunération et le travail effectué. Enfin, n'en déplaise aux journalistes du Monde, la prime au retour à l'emploi existait déjà avec le RMI depuis 2006 Et les incitations pour reprendre un travail aussi ! Ce qui change fondamentalement avec le RSA, c'est la pérennisation de ce complément au delà d'une année ; le fait que des « sous salariés » vont être confinés dans une pauvreté durable ... Bref, une politique de droite, qui favorise l'assistanat des patrons, et l'emploi précaire. Martin Hirsch a simplement lancé la version 2 du RMI, une version 2 qui n'améliore en rien la version initiale.

LE CHANTIER DU DIMA NCHE
Le même jour, le Haut commissaire devrait présider la dernière réunion de la commission de concertation sur la jeunesse qui, faute de consensus sur les ressources des jeunes, n'était pas parvenue à boucler ses travaux le 30 juin, comme prévu. Un Livre vert, compilant une cinquantaine de recommandations, devrait être publié dans les jours suivant cette rencontre, mais à compter de mardi, c'est à l'Assemblée nationale que se concentrera l'actualité sociale, avec le début de l'examen de la proposition de loi d'extension du travail dominical ... qui concerne souvent les jeunes salariés. Ce chantier, qui correspond à une promesse de campagne du président de la République, suscite depuis son lancement une forte opposition des syndicats, et d'une partie de sa propre majorité. Même si le ministre du Travail, Xavier Darcos, a assuré vendredi que le texte avait "beaucoup évolué" et répondait "au bon sens" ainsi qu'à "l'attente d'une partie des Français", l'inquiétude reste entière du côté des confédérations syndicales. Le débat est programmé jusqu'à la fin de la semaine, dimanche non inclus... évidemment, car il n'est pas encore question que les députés travaillent le jour du seigneur.
Alors que le rapporteur UMP du texte explique que le travail dominical ne sera possible que dans les 497 communes et les 27 zones touristiques « au sens du Code du travail », Jean Marc Ayrault, patron des députés du PS affirme, lui, que ce texte concernera «toutes les communes touristiques et tous leurs commerces pendant toute l'année ». Un proche du député maire de Nantes confie : « Nous avons téléphoné au secrétariat d'État au Tourisme, qui nous a conforté dans cette analyse.»
La loi du 14 avril 2006, puis le décret du 2 septembre 2008, ont défini précisément les critères de classement en commune touristique (capacité d'hébergement, caractéristiques naturelles, artistiques ou historiques, critères de fréquentation...). Pour le patron des députés PS, « en ouvrant la boîte de Pandore des communes touristiques, Mallié va rendre possible le travail du dimanche de plein droit, sans volontariat, ni salaire double, ni repos compensateur ». On en arrivera à une consultation du Conseil constitutionnel, qui devra se contorsionner pour reconnaître qu'il y a égalité de traitement des salariés sur le territoire national. La lutte va être chaude durant toute la semaine, et on va vérifier que l'opposition aura désormais bien du mal à s'exprimer à l'assemblée.

AVANT LE 14 JUILLET
Mercredi prochain, syndicats et patronat se retrouveront au Medef pour une nouvelle séance de négociations, sur la gestion sociale des conséquences économiques de la crise sur l'emploi, censée être la dernière sur le chômage partiel, ou les mesures en faveur des salariés les plus touchés par la crise. Les syndicats se disent "ouverts" sur l'extension du chômage partiel mais "insatisfaits" du texte patronal. Le patronat, qui compte conclure avant le 14 juillet, propose d'élargir à davantage de salariés et d'entreprises la possibilité pour l'employeur de recourir au chômage partiel, notamment dans les services, le commerce, ou parmi les cadres.
Concernant les négociations globales des partenaires sociaux sur la crise de l'emploi, le président de la République a assuré que le gouvernement examinerait "avec la plus grande attention" le premier paquet de mesures proposées, attendu le 8 juillet.
Une négociation sur la médecine du travail, qui ne devrait pas être conclusive, réunit aussi demain syndicats et patronat. Gouvernance du système ou périodicité des visites médicales font partie des points encore sur la table. On va accélérer le rythme, et tenter de faire avaler le maximum de mesures de régression sociale avant la rentrée.
Les députés, sous pression, vont avaler les textes à la vitesse grand V puisque les augures parlent déjà de mouvements sociaux de grande ampleur fin octobre, début novembre, compte tenu des dégâts qui seront constatés début septembre. Les lois, les décrets, les destructions réglementaires ne changeront absolument pas les réalités. Heureusement que le football reprendra ses droits et que l'OM, entreprise non rentable, ne sera pas en cessation de paiement, et que ses stars auront leur Revenu Marseillais d'Arnaque.
Mais je déblogue...

Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Samedi 4 juillet 2009

La douleur des uns peut parfaitement faire le bonheur des autres, ou tout au moins leur affaire. Depuis son arrivée à l'Elysée, le Président de la République s'inscrit dans cette logique, puisqu'il ne manque absolument aucune occasion de démontrer sa compassion pour celles et ceux qui sont dans le malheur. Dans une société qui puise ses forces dans la certitude qu'il y a toujours des situations pires que celles que l'on vit, il faut absolument compatir. Et depuis quelques jours, on ajoute une couche de repentir, et on entre dans une vision extrêmement « rentable » des comportements : celle de la proximité.
Nicolas Sarkozy, parfaitement conseillé pour son image, conjugue depuis quelques semaines ces deux paramètres, afin de se reconstituer un capital de sympathie, érodé par une attitude trop distante. Plus une seule catastrophe sans qu'il se rende au chevet des victimes, ou sans qu'il rencontre les familles, logiquement éplorées. Il leur promet une vérité qui ne vient pas toujours, mais peu importe l'instantanéité des informations, pourvu  que la vague constante de l'effroyable efface sur la plage des images, celles que l'on croyait gravées dans l'Histoire. Il les assure, avec le ton du Chanoine de Latran visitant les malades, qu'ils peuvent compter sur sa sollicitude et sur le soutien indéfectible de l'Etat. Certes, il est dans son rôle, mais la marge entre l'exploitation calculée, et la compassion spontanée, reste difficile à évaluer. Comme les médias se délectent de cette détresse permanente, le filon devient extrêmement profitable.
Lors de l'accident d'Air France, les grands médias n'avaient que les familles de victimes à se mettre sous la dent et deux prétendus miraculés...qui avaient évité de justesse leur embarquement dans l'avion cercueil. Cette fois, ils ont eu de la...chance puisqu'une survivante s'est tirée du crash de l'airbus A310 en direction des Comores. Que le petit garçon de 5 ans soit devenu une jeune fille de 14 ans, puis de 12 ans, en quelques heures, n'a pas fait sourciller grand monde sur le sérieux des informations diffusées ou publiées à la hussarde. Alléluia, on a eu enfin une miraculée ! La course à l'audimat a donc décollé bien avant l'avion de Yemenia, et ne risque pas de se poser de sitôt. On a alors lâché les objectifs des appareils photos et des caméras. Le miracle a toujours beaucoup fait vendre !

IGNOBLE VOYEURISME
Les premières images du retour en France de la seule survivante du crash Bahia Bakari ont choqué de nombreuses personnes, soucieuses de préserver une enfant dont la souffrance psychique méritait quelques égards. Sur le site de « 20 Minutes », la rédaction a eu honte, et a retiré la vidéo pour en mettre une autre, où l'on entend très peu la petite miraculée.
« 20 Minutes » précise que la fillette et les médecins ont donné leur accord, et qu'elle a été filmée en gros plan pour des raisons de son. Si le quotidien gratuit a été le plus montré du doigt sur le web, il est loin d'être le seul média à céder aux sirènes du sensationnalisme dans cette affaire... et ce fut le cas avec les télés du service public, obligeamment invitées par le gouvernement à suivre le retour de la survivante ! C'est véritablement horrible de jeter en pâture celle qui est, semble-t-il, effarée par cette situation qui la dépasse totalement.
Comme pris de remords « 20 Minutes » a pris une décision « courageuse » : « Nous avons décidé de flouter son visage pour respecter son intégrité physique et morale », a-t-on éprouvé le besoin de préciser sur le site. Une précaution dont ne s'est pas embarrassée France 2 qui a eu l'exclusivité des images avec 20 minutes, et qui les a diffusées jeudi. Le Sécrétaire d'Etat à la coopération Alain Joyandet a, en effet, permis aux deux médias de l'accompagner dans l'avion qui les ramenait en France. Un témoignage ? Pas vraiment. Bahia se force à dire quelques mots, avec difficulté. Il faut quand même préciser que la jeune fille souffre toujours de brûlures et multiples contusions, d'une fracture de la clavicule, et qu'au moment où on la filme, elle vient d'apprendre que sa mère est morte dans l'accident et qu'elle a passé 12 heures dans une mer agitée, accrochée à un débris d'avion... Mais comment peut-on oublier ces réalités ? Comment justifier ces scoops organisés ?
Médias et politiques ont suivi la fillette jusque dans son lit d'hôpital.
Sur un reportage d'Arte, on voit même, à partir de la cinquième seconde, un membre du personnel hospitalier faire signe à la caméra d'arrêter de filmer, pendant qu'Alain Joyandet serre la main de Bahia en jetant un oeil vers les journalistes, pour vérifier que l'on immortalise bien le geste auguste de la compassion ! Il était aussi le plus proche possible de la survivante quand les caméras de LCI étaient pointées pour ces « images exclusives » (c'est à dire, encore plus proche du lit d'hôpital de Bahia). Le journaliste a même précisé que la fillette « n'a plus qu'une idée en tête : retrouver vivante sa mère ». Comme aurait dit Coluche, c'est de source sûre !

MÊME CARLA ETAIT LA
Le traitement infligé est similaire à celui qui suit chaque catastrophe naturelle ou surnaturelle. Depuis l'arrivée de ce miracle, on parle beaucoup moins d'une possible négligence des autorités françaises pour les vols de la compagnie Yemenia, qui se dédouane, alors que les billets ont tout de même été vendus sur son territoire. Du pain béni pour les politiques qui vont tenter de récupérer l'émotion, comme le ferait un égaré dans le désert avec de l'eau bienfaisante.
Nicolas Sarkozy, que l'on a toujours peu entendu jusque là sur ce sujet « technique, s'est rendu aussi au chevet de la miraculée, puis a raconté aux journalistes de LCI leur "rencontre émouvante". Le Président a cru bon d'ajouter que « sa première visite en sortant de l'hôpital [...] sera à l'Elysée ». Soyons certains que c'est ce qu'elle souhaitait par-dessus tout !
"Je l'ai embrassée de la part de... Carla qui m'avait dit de lui faire un petit message. Elle était contente. C'est extraordinaire la conscience et la maturité de cette jeune fille", a-t-il relaté, allant encore plus loin dans la récupération de communication. C'est à vomir tellement c'est énorme. Qu'est-ce qu'on a à faire de Carla, face à la douleur de cette fillette perdue dans un monde d'exploitation de son malheur ? Mais quel voyeurisme déplacé, quel mépris pour ce Peuple qui est toujours prêt à considérer le superficiel comme étant l'essentiel.
Le rôle d'un chef d'Etat serait de promettre des sanctions fortes vis-à-vis des responsables, même s'ils ne sont pas coupables ! Le rôle d'un chef d'Etat consisterait à aller dignement dialoguer avec cette survivante, sans faire de déclarations ostentatoires. Mais c'est au-dessus des forces de celui qui a choisi de faire un acte de contrition public, une sorte d'autocritique rédemptrice. Il préfère se plonger avec délectation dans le malheur des autres pour faire oublier les cures de fastes et d'ors républicains ayant marqué les débuts tonitruants de son mandat. Effacer la soirée du Fouquet's, les yachts des amis du CAC 40, les escapades américaines, les aventures amoureuses... devient l'obsession de celui qui a entamé sa campagne présidentielle de 2012 !

LA REDEMPTION ORGANISEE
Il a utilisé comme confessionnal le Nouvel Obs. Le révérend Père Godfrain en a été tout émoustillé. Lui qui avait tant regretté de ne pas être des grands entretiens télévisés du Maître du monde médiatique a enfin été traité avec les honneurs qu'il estime être attachés à son rang de « je-sais-tout » de la politique ! Il a d'ailleurs donné l'absolution à celui qui a tant regretté ses pêchés d'orgueil mal placés. Par contre, la société des rédacteurs a mal digéré cette promotion du bon samaritain, revenu sur son passé. Elle s'élève vigoureusement contre les conditions dans lesquelles a été réalisée l'interview de Nicolas Sarkozy parue cette semaine dans le Nouvel Observateur(...)
Les rédacteurs considèrent comme inacceptable et contre-productif qu'un tel entretien ait été réalisé sans consultation des rédacteurs en chefs et des journalistes, dont la compétence aurait été pourtant bien utile. Denis Olivennes, président du directoire et directeur de la publication à l'initiative de cette interview, doit s'appuyer sur l'équipe, et non manifester de la défiance, pour ne pas dire de la brutalité et du mépris, à l'égard d'une rédaction et des professionnels qui la composent. Cet épisode a confirmé l'existence d'un fossé qui se creuse entre la rédaction et le président du directoire.
Les rédacteurs du Nouvel Observateur ont été choqués par la succession de deux couvertures consacrées au changement d'image de Nicolas Sarkozy. Ils s'inquiètent de ce que leur journal puisse donner l'apparence d'une complaisance à l'égard du pouvoir, bien peu compatible avec son identité et sa charte. La tentative de séduction du président en direction de la gauche démocratique, nommée « ouverture », ne doit pas passer par le Nouvel Observateur sans contre-enquête ni examen critique. ». Les pauvres, ils auraient donc été trompés "à l'insu de leur plein gré" ? En tout cas, ils auront deux bonnes nouvelles pour leur prochain numéro : Nicolas Sarkozy est en plein forme, si l'on en croit le communiqué officiel, et, enfin, il peut espérer aller aux obsèques de Michael Jackson ! Ca aurait de la gueule si on le photographiait à coté du cercueil, présentant ses condoléances à la famille.
Mais je déblogue...

Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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