Mercredi 2 juillet 2008
CHRONIQUE PUBLIEE ANTERIEUREMENT
Lionel Jospin vient de jeter l’éponge. Il abandonne, après avoir fait un tour dans le ring et s’être rendu compte qu’il y avait plus de coups à
prendre que de supporteurs à gagner. Il est vrai que son retour dans l’arène ne réjouissait pas outre mesure les combattants actuels qui y voyaient une intrusion destinée à démontrer qu'ils
n’avaient rien compris au match. Un peu comme ces vétérans qui se permettent de damer le pion aux nouveaux arrivants il venait narguer les vedettes du moment. Dans le monde des artistes on
connaît cette haine féroce que nourrissent les étoiles montantes à l’égard des anciens qui ne cessent de faire leurs adieux. Vivement que ces gars là débarrassent le plancher de la scène…
En fait Jospin s’est tout simplement trompé d’époque. Il a cru que le Parti socialiste était encore constitué de... militants. Il l’avait
quitté ainsi, avec des gens de débat, prêts à prendre le risque de faire passer leur idéal avant le résultat et il l’a retrouvé quatre ans après avec des... adhérent(e). Il a cru dans une
fidélité aux concepts socialistes et il a retrouvé des groupies ayant qu’une seule idée en tête : être de ceux qui auront eu le privilège de donner une leçon de réalisme aux vieux cons du PS
dont il était.
Jean Luc Mélenchon hier soir sur LCI clamait son inquiétude en constatant que grâce à un clic sur internet des gens pouvaient, en
quelques semaines, sans aucune culture politique socialiste vérifiée, venir défier des gens qui, depuis parfois des décennies, ont débattu, agi, travaillé pour faire passer leurs idées. A ses
yeux, le PS serait devenu un "hall de gare", ouvert à des "supporters" ou des "sympathisants tardifs" venus "voter comme à la "Star Ac"".
Il y a une forme d’injustice flagrante dans cette opposition latente entre des gens venus de nulle part et des " enracinés " ayant
résisté aux bourrasques des défaites, ayant été portés par les vents chauds des victoires. Tout cette constance morale (rester militant alors que tout s’écroule autour de vous) ou
matérielle (cotisations d'élu depuis des décennies, ce que beaucoup de donneurs de leçons ne font pas) apparaît comme totalement inutile et donc dévalue particulièrement l’investissement
personnel durable. la vie politique n'en sortira pas indemne.
Incontestablement Lionel Jospin n’avait pas prévu que ces gens là prendraient, d’une manière aussi prompte, le pourvoir au nom de la vérité des
sondages. Ils n’ont cure du passé et, pour eux, Jospin appartient au passé. Ils veulent croire au futur et en voir pour leur argent sans se rendre compte qu’une élection ne se gagne pas par
un clic ou un bulletin mais plus prosaïquement par la distribution de tracts dans les boîtes aux lettres, par la présence assidue dans les réunions, par le courage d’affirmer la priorité des
consciences sur les consignes, par l'action solidaire partagée.
L’unité sur la candidature Jospin en 2002 avait masqué la réalité disciplinée des déceptions nées de son affirmation sur " son programme
qui n’était pas socialiste ". Elle reviendra, c’est une certitude, malgré les cris effarouchés des vierges qui crient au loup sans l’avoir vu et Jospin s’est aperçu qu’il ne symbolisait
absolument pas cet espoir unitaire face à Sarkozy. Il en a tiré lucidement les conséquences !
Son bilan est oublié depuis belle lurette. Il ne restait de lui que son image austère, cassante, prude et surtout il n’a pas su incarner, comme
les autres, un avenir illusoire mais prometteur. Ce gars là ne relevait plus ni du temps des cerises, ni de celui des lendemains qui chantent !
DU STATUT D’ADHERENT A CELUI DE MILITANT
Les nouveaux arrivants devront passer du statut d’adhérent(e) à celui de militant(e). Un véritable challenge car il leur faudra sûrement, pour
certains, assumer les affres de la défaite et plus encore se préparer à être au rendez-vous pour bosser dans une campagne au service d’un(e) candidat(e) qui ne sera pas le leur. En trente ans de
pratique politique je n’ai jamais connu de pire épreuve pour la sincérité des idées.
Personnellement j’ai toujours été confronté à cette situation. Rocardien de coeur et de conviction je me suis défoncé pour que Mitterrand
l’emporte. Déçu par la non-désignation de celui qui me semblait le plus apte à représenter le canton, j’ai avalé ma colère pour participer à la victoire de son concurrent interne. J’ai toujours
signé des appels en faveur de celle ou celui qui portait les couleurs de la gauche et pire j’ai toujours voté en faveur du meilleur d’entre eux.
En revanche j’ai vu passer bien des gens qui quittaient le navire dès que le cap ne correspondait pas à leurs ambitions ou qui se cachaient
quand il fallait donner de sa personne. Mais je suis certain qu’il n’en sera pas ainsi les arrivants de 2006 et qu’on les trouvera pour distribuer lors des présidentielles ou des législatives. On
peut avoir une absolue confiance dans leur motivation et leur connaissance profonde eds exigenecs du miltantisme. J'ai pourtant quelques doutes.
Le délai de présentation dans les sections du PS pour valider son adhésion était fixé à hier soir minuit. Il a expiré et a laissé sur le
carreau des milliers de candidats au vote interne. Problème : la semaine dernière, 60% des nouveaux adhérents des Bouches-du-Rhône ou de l'Essonne, 40% de ceux de la Gironde n'avaient toujours
pas montré patte blanche. A Paris, submergé par 9 500 nouveaux adhérents, on a tout simplement décidé de s'asseoir sur le règlement. Au-delà de ces constats techniques, c'est la philosophie
de la campagne de recrutement qui est dénoncée et qui se trouve mise en cause.
Hier soir, en effet, il y a eu des litiges dans de nombreuses fédérations et l’établissement des listes électorales mettra en évidence la
réalité de cette campagne qui étouffe le militantisme et provoquera certainement une dangereuse démobilisation car l’expérience prouve que le temps est le véritable juge de l’engagement. Le plus
dur au PS ce n’a jamais été de remplir son bulletin d’adhésion : c’est de le renouveler !
DES DECISIONS COUPS DE COEUR
En fait la réalité actuelle des comportements sociaux repose sur le zapping. Ce sera la manière de vivre des adultes de demain qui, dans
beaucoup de domaines, prendront des décisions " coups de cœur ". Il est loin le temps où une conception de la vie permettait d’avoir adhéré aux jeunesses socialistes à 16 ans et de
partir avec sa dernière carte du parti dans le cercueil.
Rares étaient, par exemple, les instituteurs qui, au sortir de l’école normale, ne s’engageaient pas dans feu le Syndicat National des
Instituteurs (SNI), ne signait pas leur première contrat d’assurance à la MAIF, ne sollicitait pas immédiatement une adhésion à la MGEN ou n’achetait pas leurs meubles à la CAMIF. Pour ma part
cette forme de participation à la mise en place concrète d’un idéal solidaire date maintenant de 40 ans, sans aucune défaillance. Cette fidélité dans l’engagement me semble bien désuète ou
ringarde. Selon des modes, des emportements passagers, des calculs de rentabilité, des décisions strictement affectives, le va et vient est incessant entre les structures collectives de réflexion
ou d’action et les individus. Hier par exemple le mouvement de grève dans ce qu’il reste de l’éducation nationale a démontré le profond décalage entre le respect de consignes et la perception de
l’efficacité d’une action solidaire.
LE CONSOMMATEUR POLITIQUE EST ARRIVE
Le consommateur politique est arrivé sur le marché. Il faudra non seulement savoir l’attirer, le séduire mais aussi le garder. Il vient en
effet consommer un produit nouveau, s’offrir le droit de participer à une victoire, prendre sa part dans un montage à sa convenance et il espère avoir la staisfaction de gagner. Dans le stade des
idées ils ‘est installé dans le virage sud en supporter farouche et motivé avec l’espoir de voir son équipe l'emporter. Mais supportera-t-il la désillusion d’une éventuelle défaite ?
Reviendra-t-il soutenir " son camp " quel que soit l’adversaire ou les soirs de mauvais temps ? Restera-t-il un abonné ou un spectateur occasionnel ? Acceptera-t-il aisément
de ne jamais voir son ou ses favoris l’emporter durant des décennies ?
La versatilité de l’électorat, exacerbée par les médias, constitue en effet un phénomène méconnu dans ses causes et ses effets. Elle rejaillit
sur le fonctionnement de syndicats ou de partis où l’on passe picorer quelques mois ou quelques semaines d’enthousiasme pour ensuite repartir s’installer ailleurs ou tout simplement se mettre à
la diète de l’action.
De très nombreux responsables associatifs confirmeront cette instabilité que l’on ressent d’ailleurs de plus en plus parmi les jeunes
générations dans le domaine sportif, dans les études, dans la vie affective, dans les choix culturels. Impossible de prévoir un développement durable car à la moindre déception, au moindre
incident, au moindre échec, les gens se désengagent.
Il n’en sera pas ainsi au PS où , 2007 et 2008 étant des années électorales porteuses d’ambitions personnelles et collectives fortes:
tous les adhérents de 2006 passeront le cap du renouvellement de leur soutien à des idées, à un programme et deviendront j’en suis certain des militants actifs s’inscrivant dans la
continuité. Il serait en effet extrêmement dommageable que leur engagement se résume à un passage dans la soirée du 16 novembre 2006… et à une présence sur une éphémère liste électorale.
Mais je déblogue…
Par Jean-Marie DARMIAN
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Publié dans : DANS LE RETRO
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t-ce que l’éthique ne leur imposait pas d’écrire au fur et
à mesure de leur " enquête " faite dans le cadre de leur boulot quotidien ce qu’elles savaient et qui visiblement était décisif dans le cadre de la campagne interne du Parti
socialiste ? Ont-elles proposé à leur brillant directeur de la rédaction des papiers sur le sujet ? Les a-t-il refusés ? Dans quel but ? Le fondement même d’un support
médiatique est en cause puisque ses salariées utilisent un autre support pour livrer des informations capitales pour comprendre la manière dont s’est déroulée un période réputée démocratique de
la vie politique nationale. N’a-t-on pas passé un marché avec elles en leur demandant d’attendre les résultats du second tour avant de dévoiler ce que bon nombre de personnes savaient mais ne
pouvaient dévoiler sous peine d’être traduit devant un tribunal populaire…vengeur ?
la partie visible d’un iceberg beaucoup plus retors.
couples plus proches des gens que des événement mettant en cause les fondements de la démocratie.
GRAINS DE SEL