Mercredi 2 juillet 2008
CHRONIQUE PUBLIEE ANTERIEUREMENT
 
Lionel Jospin vient de jeter l’éponge. Il abandonne, après avoir fait un tour dans le ring et s’être rendu compte qu’il y avait plus de coups à prendre que de supporteurs à gagner. Il est vrai que son retour dans l’arène ne réjouissait pas outre mesure les combattants actuels qui y voyaient une intrusion destinée à démontrer qu'ils n’avaient rien compris au match. Un peu comme ces vétérans qui se permettent de damer le pion aux nouveaux arrivants il venait narguer les vedettes du moment. Dans le monde des artistes on connaît cette haine féroce que nourrissent les étoiles montantes à l’égard des anciens qui ne cessent de faire leurs adieux. Vivement que ces gars là débarrassent le plancher de la scène…
En fait Jospin s’est tout simplement trompé d’époque. Il a cru que le Parti socialiste était encore constitué de... militants. Il l’avait quitté ainsi, avec des gens de débat, prêts à prendre le risque de faire passer leur idéal avant le résultat et il l’a retrouvé quatre ans après avec des... adhérent(e). Il a cru dans une fidélité aux concepts socialistes et il a retrouvé des groupies ayant qu’une seule idée en tête : être de ceux qui auront eu le privilège de donner une leçon de réalisme aux vieux cons du PS dont il était.
Jean Luc Mélenchon hier soir sur LCI clamait son inquiétude en constatant que grâce à un clic sur internet des gens pouvaient, en quelques semaines, sans aucune culture politique socialiste vérifiée, venir défier des gens qui, depuis parfois des décennies, ont débattu, agi, travaillé pour faire passer leurs idées. A ses yeux, le PS serait devenu un "hall de gare", ouvert à des "supporters" ou des "sympathisants tardifs" venus "voter comme à la "Star Ac"".
Il y a une forme d’injustice flagrante dans cette opposition latente entre des gens venus de nulle part et des " enracinés " ayant résisté aux bourrasques des défaites, ayant été portés par les vents chauds des victoires. Tout cette constance morale (rester militant alors que tout s’écroule autour de vous) ou matérielle (cotisations d'élu depuis des décennies, ce que beaucoup de donneurs de leçons ne font pas) apparaît comme totalement inutile et donc dévalue particulièrement l’investissement personnel durable. la vie politique n'en sortira pas indemne.
Incontestablement Lionel Jospin n’avait pas prévu que ces gens là prendraient, d’une manière aussi prompte, le pourvoir au nom de la vérité des sondages. Ils n’ont cure du passé et, pour eux, Jospin appartient au passé. Ils veulent croire au futur et en voir pour leur argent sans se rendre compte qu’une élection ne se gagne pas par un clic ou un bulletin mais plus prosaïquement par la distribution de tracts dans les boîtes aux lettres, par la présence assidue dans les réunions, par le courage d’affirmer la priorité des consciences sur les consignes, par l'action solidaire partagée.
L’unité sur la candidature Jospin en 2002 avait masqué la réalité disciplinée des déceptions nées de son affirmation sur " son programme qui n’était pas socialiste ". Elle reviendra, c’est une certitude, malgré les cris effarouchés des vierges qui crient au loup sans l’avoir vu et Jospin s’est aperçu qu’il ne symbolisait absolument pas cet espoir unitaire face à Sarkozy. Il en a tiré lucidement les conséquences !
Son bilan est oublié depuis belle lurette. Il ne restait de lui que son image austère, cassante, prude et surtout il n’a pas su incarner, comme les autres, un avenir illusoire mais prometteur. Ce gars là ne relevait plus ni du temps des cerises, ni de celui des lendemains qui chantent !
DU STATUT D’ADHERENT A CELUI DE MILITANT
Les nouveaux arrivants devront passer du statut d’adhérent(e) à celui de militant(e). Un véritable challenge car il leur faudra sûrement, pour certains, assumer les affres de la défaite et plus encore se préparer à être au rendez-vous pour bosser dans une campagne au service d’un(e) candidat(e) qui ne sera pas le leur. En trente ans de pratique politique je n’ai jamais connu de pire épreuve pour la sincérité des idées.
Personnellement j’ai toujours été confronté à cette situation. Rocardien de coeur et de conviction je me suis défoncé pour que Mitterrand l’emporte. Déçu par la non-désignation de celui qui me semblait le plus apte à représenter le canton, j’ai avalé ma colère pour participer à la victoire de son concurrent interne. J’ai toujours signé des appels en faveur de celle ou celui qui portait les couleurs de la gauche et pire j’ai toujours voté en faveur du meilleur d’entre eux.
En revanche j’ai vu passer bien des gens qui quittaient le navire dès que le cap ne correspondait pas à leurs ambitions ou qui se cachaient quand il fallait donner de sa personne. Mais je suis certain qu’il n’en sera pas ainsi les arrivants de 2006 et qu’on les trouvera pour distribuer lors des présidentielles ou des législatives. On peut avoir une absolue confiance dans leur motivation et leur connaissance profonde eds exigenecs du miltantisme. J'ai pourtant quelques doutes.
Le délai de présentation dans les sections du PS pour valider son adhésion était fixé à hier soir minuit. Il a expiré et a laissé sur le carreau des milliers de candidats au vote interne. Problème : la semaine dernière, 60% des nouveaux adhérents des Bouches-du-Rhône ou de l'Essonne, 40% de ceux de la Gironde n'avaient toujours pas montré patte blanche. A Paris, submergé par 9 500 nouveaux adhérents, on a tout simplement décidé de s'asseoir sur le règlement. Au-delà de ces constats techniques, c'est la philosophie de la campagne de recrutement qui est dénoncée et qui se trouve mise en cause.
Hier soir, en effet, il y a eu des litiges dans de nombreuses fédérations et l’établissement des listes électorales mettra en évidence la réalité de cette campagne qui étouffe le militantisme et provoquera certainement une dangereuse démobilisation car l’expérience prouve que le temps est le véritable juge de l’engagement. Le plus dur au PS ce n’a jamais été de remplir son bulletin d’adhésion : c’est de le renouveler !
DES DECISIONS COUPS DE COEUR
En fait la réalité actuelle des comportements sociaux repose sur le zapping. Ce sera la manière de vivre des adultes de demain qui, dans beaucoup de domaines, prendront des décisions " coups de cœur ". Il est loin le temps où une conception de la vie permettait d’avoir adhéré aux jeunesses socialistes à 16 ans et de partir avec sa dernière carte du parti dans le cercueil.
Rares étaient, par exemple, les instituteurs qui, au sortir de l’école normale, ne s’engageaient pas dans feu le Syndicat National des Instituteurs (SNI), ne signait pas leur première contrat d’assurance à la MAIF, ne sollicitait pas immédiatement une adhésion à la MGEN ou n’achetait pas leurs meubles à la CAMIF. Pour ma part cette forme de participation à la mise en place concrète d’un idéal solidaire date maintenant de 40 ans, sans aucune défaillance. Cette fidélité dans l’engagement me semble bien désuète ou ringarde. Selon des modes, des emportements passagers, des calculs de rentabilité, des décisions strictement affectives, le va et vient est incessant entre les structures collectives de réflexion ou d’action et les individus. Hier par exemple le mouvement de grève dans ce qu’il reste de l’éducation nationale a démontré le profond décalage entre le respect de consignes et la perception de l’efficacité d’une action solidaire.
LE CONSOMMATEUR POLITIQUE EST ARRIVE
Le consommateur politique est arrivé sur le marché. Il faudra non seulement savoir l’attirer, le séduire mais aussi le garder. Il vient en effet consommer un produit nouveau, s’offrir le droit de participer à une victoire, prendre sa part dans un montage à sa convenance et il espère avoir la staisfaction de gagner. Dans le stade des idées ils ‘est installé dans le virage sud en supporter farouche et motivé avec l’espoir de voir son équipe l'emporter. Mais supportera-t-il la désillusion d’une éventuelle défaite ? Reviendra-t-il soutenir " son camp " quel que soit l’adversaire ou les soirs de mauvais temps ? Restera-t-il un abonné ou un spectateur occasionnel ? Acceptera-t-il aisément de ne jamais voir son ou ses favoris l’emporter durant des décennies ?
La versatilité de l’électorat, exacerbée par les médias, constitue en effet un phénomène méconnu dans ses causes et ses effets. Elle rejaillit sur le fonctionnement de syndicats ou de partis où l’on passe picorer quelques mois ou quelques semaines d’enthousiasme pour ensuite repartir s’installer ailleurs ou tout simplement se mettre à la diète de l’action.
De très nombreux responsables associatifs confirmeront cette instabilité que l’on ressent d’ailleurs de plus en plus parmi les jeunes générations dans le domaine sportif, dans les études, dans la vie affective, dans les choix culturels. Impossible de prévoir un développement durable car à la moindre déception, au moindre incident, au moindre échec, les gens se désengagent.
Il n’en sera pas ainsi au PS où , 2007 et 2008 étant des années électorales porteuses d’ambitions personnelles et collectives fortes:  tous les adhérents de 2006 passeront le cap du renouvellement de leur soutien à des idées, à un programme et deviendront j’en suis certain des militants actifs s’inscrivant dans la continuité. Il serait en effet extrêmement dommageable que leur engagement se résume à un passage dans la soirée du 16 novembre 2006… et à une présence sur une éphémère liste électorale.
Mais je déblogue… 
 
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : DANS LE RETRO
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Vendredi 16 mai 2008
Je suis tombé amoureux du Chili lors de deux voyages. Voici trois "impressions" rapportées de ce pays où l'Histoire s'est écrite avec du sang et des larmes. L'une se situe dans le Palais présidentiel où a été assassiné Allende, l'autre dans l'un des maisons de Pablo Néruda et la troisième dans le port mythique de Valparaiso. Bon voyage. Je suis de retour demain !

LES SILENCES DE LA MONEDA
La traversée du Palais de la Moneda s’apparente à celle que l’on peut accomplir sur les océans. Elle débute dans l’espoir et la fierté mais se déroule dans la solitude absolue. Entrer librement dans un lieu institutionnel avec une étonnante facilité apporte la satisfaction d’être au départ d’un parcours hors du commun. On y passe successivement de l’ombre des couloirs aux soleil éclatant des cours intérieures comme s’il s’agissait de faire partager aux femmes et aux hommes cette vision de l’Histoire des peuples. Impossible de ne pas penser dans cet espace rendu à la démocratie aux moments atroces dont il a été le théâtre.
Les murs blancs de la Moneda gardent le secret des complots, des bruits de bottes, des intrigues et des lâchetés qu’ils ont abrités. Les patios d’une irréprochable propreté ramènent à la joie du partage. La garde présidentielle veille de manière détendue sur ces lieux où l’appareil photo devient la seule arme destinée à construire un avenir au temps présent.
Impossible de pénétrer dans les salles officielles sans être imprégné du drame qui s’y est noué. Inconsciemment le visiteur cherche à se raccrocher à une preuve de ces faits entrés dans les repères mondiaux de la résurrection permanente de la bête immonde. Rien. Les traces ont été estompées par le temps mais l’oubli n’est pourtant pas de mise. Le souvenir demeure mais il est surtout réservé à celles et ceux qui gèrent un Etat encore fragile.
Sur un mur de briques rouges sang, deux médaillons de cuivre rappellent qu’Allende et ses compagnons ont perdu la vie pour avoir voulu transformer leur idéal en réalités populaires. Dénudé, simple, proche de ces matériaux avec lequel on construit dans tous les quartiers de la planète des maisons pour les ouvriers, le rectangle tranche avec le revêtement immaculé qui le cerne. Face à ce coussin de terre cuite soigneusement aménagé il est impossible de parler. La gorge se noue. Les yeux se baissent. Des pensées furtives traversent les regards. Le groupe se serre. Personne n’ose se confronter à la dure réalité de ce profil d’un homme d’Etat ayant préféré la mort à un sort humiliant et sombre.
La minute de recueillement dure dans la pénombre d’un pallier auquel seuls les visiteurs accompagnés peuvent accéder. Elle débute un voyage dans l’émotion. Elle permet de revenir à l’essentiel, à ce qui permet de se construire des certitudes, à ce sentiment qu’il y a toujours tapi dans l’ombre d’un esprit, ce loup qui devient un loup pour l’Homme. Allende est passé par là. Allende a disparu ici. Son sang a coulé, fuyant la vie, rouge comme l’espoir des mineurs ayant extrait le cuivre dans lequel son portrait a été moulé.
En revenant à la lumière, sur la grande dalle aménagée à quelques mètres de la sortie du Palais, au-dessus du musée d’art moderne voulu par Ricardo Lagos, on respire, on apprécie le soleil, on goûte à la liberté, on s’éparpille, on se sent heureux comme si le poids de l’Histoire s’était effacé. La Moneda ne s’oublie pas comme ces Palais hantés par des personnages silencieuxhésitant entre l’ombre et la lumière.
LES FILLES MER
Pablo Neruda, avait un amour platonique. Lui qui a partagé sa vie passionnément avec trois femmes a toujours tenté vainement de séduire la plus belle des partenaires, celle qui venait inlassablement briser ses humeurs sur les rochers noirs du rivage où il avait niché sa maison. Cette prétendante dont le voile bleu turquoise orné d’une dentelle blanche mouvante, l’attirait. Une véritable obsession. Aucun de ses mouvements ne devait lui échapper. Il voulait en sentir ses sautes d’humeur fracassantes comme les caresses de son souffle. Il souhaitait respirer ses parfums subtils ou prégnants. Il appréciait tous les cadeaux spontanés qu’elle lui apportait, les plus simples comme les plus sophistiqués. Le poète ne savait écrire que les yeux dans les yeux avec celle dont il ne s’approchait pourtant jamais. Une passion à distance. Réfugié derrière les hublots de son navire personnel il lui déclarait sa flamme vite éteinte par une peur panique de faire corps avec elle. Pas un instant, un objet, une action qui ne soient pas inspirés par cet attachement viscéral à la mer.
A Isla Negra, en surplomb du Pacifique comme à Valparaiso, au sommet d’un colline, Neruda cherchait à la séduire, à vivre intensément avec elle sans jamais conclure car il avait une peur panique de la rencontre. Il vivait dans des nids d’amour destinés à lui permettre de partager, de contempler, de jouir à chaque instant de cette compagne capricieuse mais tellement attachante.
Ses maisons ne furent donc que des refuges méticuleusement pensés pour cet amour immodéré. Des merveilles de goût, de patience, d’imagination, de tendresse et de finesse. Pour Neruda, il n’y avait manifestement aucun objet qui n’ait pas eu une âme. Et, ceux qui avaient eu le privilège de partager l’intimité de l’océan, constituaient pour lui d’inestimables trésors.
Ainsi les figures de proue, aux formes généreuses et à la peau lissée par les embruns, devaient assister à tous les moments clés de son quotidien. Observant les repas, trônant parmi dans le salon aux amis, épiant les faits et gestes dans les couloirs, ces splendides figures arrachées à des navires mythiques constituaient les " filles-mer " idéales. Elles portaient en gestation ses rêves, les nourrissaient de leurs seins dénudés et généreux, les accompagnaient de leur regard éternellement bienveillant. Pas un espace, pas un lieu qui ne tournent autour de sa passion. Au cours de tous ses séjours, loin de sa terre natale, le Prix Nobel, a accumulé des témoignages de savoir-faire d’autant plus exceptionnels qu’ils sont authentiques.
Pablo Neruda aimait la vérité donnée par la simplicité. Elle transparaît dans cette demeure d’Isla Negra où rien ne reflète une autre richesse que celle de l’esprit. Il n’y renoncera jamais. Elle accompagnera toutes les périodes agitées de sa vie. Engagé, militant, exigeant il a quitté sa demeure entourée de Pacifique pour disparaître quelques jours après l’arrivée des briseurs de doigts des guitaristes au pouvoir dans son pays. Il a abandonné son dialogue ininterrompu avec un océan d’humanité. Les tintements de la cloche saluant le passage des navires remontant ou venant de Valparaiso, sa coque de noix " No subir " n’ayant jamais servi à autre chose qu’à des apéros pour " copains de bord " et qu’à des voyages immobiles, ses dizaines de flacons vides pour des ivresses de mots sont figés dans le présent. Les symboles demeurent et résistent à toutes les dictatures injustes.
Cette maison du bonheur, ce havre de paix, ce lieu vivant ne parlant surtout pas du passé d’un homme mais de la pérennité de sa culture apportent au monde la force des poètes, celle dont on a besoin pour connaître des lendemains qui chantent.
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux…
Neruda a raison : il n’y a que celles et ceux qui n’ont aucune passion qui peuvent craindre la mort lente de l’ennui.
VALPARAISO EN 3 D
Il y a trois visions de Valparaiso. Celle que l’on a dans tous les ports en arrivant face à un océan au bleu profond. Médiocre, grise, sans perspective pour les voyages vers les terres lointaines. Toutes les rues plates qui mènent ou longent cette rade mythique débouchent sur un morceau de rêve limité. Valparaiso n’aime pas la petitesse, le plancher des vaches, les aventuriers au petit pied. Il lui faut une ouverture large sur le monde, sur l’inconnu, sur l’aventure pour exister. Les bateaux immobiles qui attendent au loin n’osent pas approcher de ce rivage artificiel où les conquérants redevenaient seulement des hommes comme les autres. Pour goûter à leurs songes il faut absolument prendre de la hauteur, monter vers les collines qui plongent dans un océan éternellement Pacifique. Des routes sinueuses se faufilent entre des maisons se hissant sur la pointe de leurs fondations afin de décrocher un coin de vue sur l’horizon. Valparaiso se mérite. Elle ne se laisse séduire que par celles et ceux qui ont l’audace de la prendre. Oser pour être séduit, s’installer sur des repères de vigie scrutant des arrivées incertaines dans une immense baie, chercher des balcons sur un ailleurs imaginaire, marcher sous des toiles d’araignée artificielle reliant les hommes aux autres hommes, accepter des descentes vertigineuses ou des ascensions poussives dans des cages en bois vernis : on n’entre pas dans Valparaiso sans efforts. De là-haut on comprend mieux ce que signifie l’appel du large. Le port prend sa véritable dimension, celle des vastes espaces où naissent des périples de légende. L’immobilité apparente constitue un miroir aux ambitions.
Mais pour prendre conscience de l’extraordinaire multitude colorée qui se blottit face l’immensité bleue il suffit de prendre l’un de ces bateaux promenade qui put le gazole. En prenant pas plus de distance de la terre que peut le supporte un marin d’eau douce, on contemple l’un des plus beaux panoramas du mode. Un tableau pointilliste dont les touches cumulées constituent un ensemble d’une touchante naïveté. Merveilleux mélange des styles et des cultures Valparaiso s’offre même le luxe de reléguer le gris souris de la terrible marine chilienne dans un coin afin qu’elle ne gâche pas la luxuriante palette de son histoire. Cette tristesse de navires effilés comme les lames des glaives prêts à plonger dans le corps mobile de l’océan rappelle que la liberté des tons se heurte parfois à la pauvreté des imaginations.
Cette ville de l’imaginaire construite en bois n’a pas une allure princière. Elle ne vit que pour les échanges autour de son port où, le dimanche, les plus modestes se contentent de venir voir la noria des bateaux promenade se bousculer pour récupérer des passagers crispés par des embarquements au bout d’une corde. Elle sent la sueur, les ballots venus d’ailleurs sur les quais, les poissons débarqués agonisant sur la glace, les churros empilés dans des vitrines glauques… Valparaiso s’étire dans la nostalgie de son passé glorieux. Elle traîne sa morosité dans le soleil couchant pour s’envelopper pudiquement à l’aube dans un voile léger de brume. On ne lui tourne pas le dos sans se promettre d’y revenir un jour. Histoire de respirer le parfum de l'épopée!
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : DANS LE RETRO
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Jeudi 15 mai 2008
Chronique écrite le 25 mai 2007... Les caisses étaient déjà vides mais depuis comme chacun le sait elles vont se renflouer! La politique fiscale est bel et bien le reflet d'une idéologie politique hostile aux principes républicains. A relire! 

Les promesses seront tenues. Le message a été maintes fois répété. Nicolas Sarkozy le maintient et François Fillon le ressasse chaque fois qu’il fait un pas de premier Ministre VRP de l’UMP. Celles qui concernent les salariés attendront des concertations, des Genelle plus ou moins éloignés, des ajustements budgétaires indispensables. Au nom de la concertation toutes les décisions sont habilement renvoyées après le législatives selon le principe : il est urgent d’annoncer, de promettre, de gratifier mais il est prévu d’attendre la concrétisation car si toutes les commissions mises en place ne corroborent pas la vision sarkoziste on en rendra responsable les partenaires réfractaires aux réformes ! Le tout c’est de communiquer, de communiquer, de communiquer !
En revanche il semble que la fameuse concertation sarkoziste ne s’applique pas à tous les domaines et qu’il n’y ait pas besoin de patienter outre mesure pour mettre en place les… bonnes nouvelles concrètes. La perspective du collectif budgétaire en juillet offre une opportunité de récompenser, par exemple, les classes laborieuses du CAC 40. Les syndicats ne seront pas présents à la table des comités interministériels ou des salons de l’Elysée quand il s’agira de se prononcer sur l'impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente. Là on agit vite et de manière très directe. On ne repousse pas à la rentrée et aucun ultimatum n’est lancé.
Au final, la politique fiscale immédiate menée par le gouvernement Fillon au pas de charge, va selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, " profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu'ils vont en bénéficier ". Et ça c'est fort : faire voter par les plus pauvres des mesures destinées aux plus riches sous prétexte que ces gens là sont malheureux et brimés! Le doute n'est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s'apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus. Il y aura au moins une catégorie sociale dans ce pays qui verra son pouvoir d’achat augmenter en un temps record !
JOHNNY SERA CONTENT
On sait que le fameux bouclier fiscal qui permettra aux fans de Johnny de le revoir sur le sol français et à ces pauvres malheureux exilés de revenir au pays comme ce fut le cas durant la période historique de la Restauration figurera parmi les premières mesures prises. Dès juillet, la majorité UMP envoyée au parlement pas les cochons de payants contribuables ordinaires va le faire passer de 60 % à 50 %. En clair, selon un slogan simple, un contribuable ne pourra pas donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l'Etat par l'impôt. Populaire. Mais le Snui (Syndicat national unifié des impôts) relativise la portée de la mesure.
" Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches", explique Vincent Drezet, le secrétaire national du Snui ( de dangereux gauchistes le dirigent) qui n’a probablement pas été invité à donner son avis sur ce sujet ! " Il profitera à… 93 000 foyers, dont 16 000 contribuables assujettis à l'ISF. Alors que 18 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu... " ajoute cet homme qui sera taxé (le comble pour un employé du trésor) de parti pris hostile à ces entrepreneurs remarquables que sont ces 16 000 lève-tôt de la bourse.
Ces contribuables déjà super privilégiés ont déjà reçu en… trop-perçu de l'administration fiscale près de 350 millions d'€ en remboursement mais ils se sont bien gardés de le crier dans les rues. Ce boni incontestable renforce le sentiment qu’une France des nantis a pris le contrôle de la République !
A cette mesure il faudra vite ajouter la réforme de l'impôt sur la fortune, qui touche les contribuables qui déclarant plus de 760 000 € de patrimoine net, soit… une infime " caste " de 500 000 foyers en France. Si en juillet (ce sera le mois de tous les dangers) le gouvernement met en place une nouvelle déduction contre un investissement dans les PME, ce sont… plusieurs nouveaux milliards qui s'envoleront pour le budget de l'Etat dont on vous a prédit un désendettement rapide et sérieux.
UNE SUCCESSION ENVIEE
Mais les cadeaux fiscaux ne s'arrêteront pas là, puisqu'une réforme des droits de succession viendra compléter le pactole. Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d'impôts. Cette mesure qui a fait un tabac dans les chaumières sous hypnoses télévisuelles n’aura pas que des effets lénifiants pour le bon peuple surtout chez les contribuables qui ne sont pas assujettis à ces prélèvements.
Aujourd'hui, selon les chiffres du ministère des Finances, seules… 25 % des successions à la suite d'un décès sont imposées. Alors quel est intérêt, au-delà de la popularité ? Là aussi, un cadeau aux plus riches. Mais on se gardera bien de le dire durant la campagne : histoire que le monde rural des petits propriétaires votent bien en croyant que les enfants profiteront de cette idée géniale qui consiste à offrir au peuple la possibilité de consolider les nantis.
Ces mesures risquent en effet de coûter près de 4 milliards d’€ à l'Etat. " Le bouclier à 50 %, plus la modification de l'ISF et les successions, auquel il faut ajouter la défiscalisation des heures supplémentaires et la déduction des intérêts d'emprunt, vont coûter pas loin de 13 milliards d'€ ", selon Drezet. Ce qui revient à tirer un trait sur le produit annuel de la taxe d'habitation... Que la gauche et les syndicats s'offusquent n'est pas surprenant ni choquant. Leur problème c’est qu’ils auront du mal à faire entendre leur analyse face à un pays subjugué par les yachts, les avions privés, le Fouquet’s et l’Euromillion !
En instituant la " pipolisation " comme idéal politique, les " sarko golden boys " ont réussi à diffuser un rideau de fumée dissimulant les contours exacts d’un programme désastreux pour celles et ceux qui l’ont approuvé. Comment expliquer que des pauvres retraités ne payant ni impôts sur le revenu, ayant transmis leur patrimoine, non assujetti à l’ISF ait soutenu un homme qui se dépêchera de les oublier et d’enfoncer ceux qui l’ont soutenu comme on soutient le Messie? A moins de penser que ne restera dans quelques mois de cette agitation médiatique que des photos dans VSD, Voici ou Gala qui sont véritablement devenus des journaux d’opinion !
SORTIE DES CALCULETTES
Ce qui est encore plus étonnnant, c'est que même à droite on traîne des pieds. Les orthodoxes budgétaires sortent les calculettes et arrivent peu ou prou aux mêmes chiffres que la gauche. " C'est une révolution fiscale qui peut coûter très cher, note un député UMP qui préfère rester anonyme (on le comprend). Surtout si tout ça n'a pas les effets espérés sur la croissance." Derrière, difficile de tenir les engagements européens, de désendetter l'Etat, de baisser le taux de prélèvements obligatoires. Bref, de mettre en œuvre l'autre volet économique du programme de Sarkozy. Mais manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF. Johnny a donc intérêt à plier ses bagages en Suisse dans les plus brefs délais. Ce retour au pays des brebis fiscales égarées sera toujours plus médiatique qu'un impôt plus juste ou une comptabilité publique plus équilibrée.
En 2008 les impôts locaux augmenteront en raison du désengagement de l’Etat, de la fin des soutiens de la CAF, de la dure réalité de l’inflation sur les prix des services, de la perte des ressources liées à un réforme de la taxe professionnelle enclenchée par Chirac ! Peu importe les conséquences sur les élus locaux qui passeront devant les électrices et les électeurs quelques jours plus tard.
Il reste pourtant un espoir : les Sarko technocrates vont tellement vite dans les effets d’annonce que les pas en arrières vont être nombreux ! les démentis arrivent. Tenez le ministre du Budget Eric Woerth a précisé que le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt pour les transactions immobilières n'était pas " un arbitrage gouvernemental " mais " une opinion personnelle ", que le gouvernement et l'Assemblée devront confirmer.
" Je ne me suis pas avancé un peu vite, mais il fallait très très vite pouvoir débloquer les transactions ", a expliqué Eric Woerth sur RTL. "
Ce n'est pas un arbitrage gouvernemental, c'est une opinion personnelle et c'est aussi une piste lancée ".
La veille, il avait annoncé que " les intérêts d'emprunt pour des biens immobiliers pourront être déduits des revenus, à hauteur de 20%, ce qui correspond au taux d'imposition moyen des ménages. Elle sera applicable aux résidences principales, dont l'acte authentique de vente a été signé après le 6 mai 2007 ". Dommage pour celles et ceux qui ont cru à cette bonne nouvelle. Il leur faudra patienter derrière le bouclier UMP, placer l'argent pour se faire une rente et espérer être touché par l'ISF. Voter pour les députés sarkoziens c'est surtout ne pas se montrer trop exigeant sur la vérité.
Mais je déblogue…
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : DANS LE RETRO
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Mercredi 14 mai 2008

C'était avant les municipales et les cantonales d'il y a maintenant 2 mois. Chronqiue écrite et publiée le 14 mai 2007.... A méditer après les résultats enregistrés le 16 mars dernier !

La rumeur enfle à Paris et elle commence à gagner les Provinces. Elle a même été évoquée au Conseil national du P.S. avec une information plus précise délivrée par le Premier secrétaire. Certes rien ne se fera dans le courant du mois de mai mais il y a fort à parier qu’elle devrait se concrétiser au début de l’été durant la session parlementaire. Nicolas Sarkozy reviendrait ainsi, avec la complicité du conseil constitutionnel, sur un engagement pris par sa majorité sortante et par lui-même. Mais dans le fond rien ne permet d’affirmer que le bon peuple lui en tiendra rigueur. Profitant de la dynamique créée par des Présidentielles victorieuses et des législatives qu’il espère aussi satisfaisantes, le nouveau Président s’assoirait sur l’engagement de repousser les élections municipales dans le courant du mois de mars 2008. Il est vrai que l’enjeu pour ses amis est assez important pour qu’il tente une nouvelle manipulation du calendrier électoral. En effet en 2007 ils auront raflé tous les pouvoirs nationaux mais il leur manque beaucoup ceux qui sont au contact direct de la population.
Là, le hold-up est beaucoup plus délicat à réaliser car le rouleau compresseur médiatique n’a aucune efficacité… La télé et les sondages ne servent plus à façonner à convenance l’opinion dominante. Alors il ne faut surtout pas attendre pour rentabiliser les efforts de ce début d’année. Les résultats dans les principales villes françaises ne sont pas en effet pas du tout satisfaisants malgré les apparences.
Bordeaux en est l’illustration parfaite mais on peut y ajouter quelques autres situations paradoxales. Caen, que la gauche essaie en vain de conquérir depuis des générations, a voté socialiste à 56,60 % (contre 50,5 % en 1995). Saint Etienne, dirigé par un maire UMP, n'a accordé qu'un médiocre 48,44 % à Nicolas Sarkozy (Jacques Chirac avait réuni 53,7 % des suffrages en 1995). De nombreuses préfectures ou sous-préfectures de taille modeste telles Rodez (Aveyron), Privas (Ardèche), Sedan (Ardennes), Laon (Aisne) ou Laval (Mayenne) ont placé Ségolène Royal en tête alors même que leur département votait en majorité en faveur de Nicolas Sarkozy. Même là où les bastions traditionnels de la gauche vacillent ­ le département du Nord ­, les villes résistent (Lille donne 55,92 % des suffrages à Ségolène Royal, contre 53,1 % pour Lionel Jospin en 1995). De plus, malgré un score national inférieur à celui de Jospin en 1995, Royal fait mieux dans de nombreuses villes (Grenoble, Le Mans, Montpellier, Brest, Clermont-Ferrand...). Et comme a contrario Paris et Lyon n’ont pas témoigné d’un farouche ancrage à gauche, il faut en profiter. Dans tous les cas, plus on s’éloignera et plus l’effet " présidentielles " s’effacera. L’entourage de Sarkozy le sait !
LE RETOUR SUR INVESTISSEMENT
Ces résultats sont actuellement passés à la moulinette par le Ministre de l’Intérieur. On les dissèque comme ceux des cantons renouvelables afin de connaître avec exactitude le retour sur investissement que constituerait un accord avec Jean Louis Debré, néo-Président du Conseil constitutionnel. Selon les affirmations de François Hollande les pourparlers auraient déjà débuté. Il faut en effet expliquer que la modification des dates des échéances électorales effectuées par l’Assemblée nationale puis le Sénat doit être avalisée par le Conseil constitutionnel. Or il se trouve que, normalement, cette noble institution UMP ne devrait pas accepter ce retour sur un engagement pris compte tenu des délais (moins d’un an). Il y a aussi, l’Association des Maires de France, qui avait déjà vivement réagi à une tentative de retour en arrière tentée par Nicolas Sarkozy ou quelques-uns de ses proches.
Nicolas Sarkpzy avait donc fait machine arrière devant les maires de France : " après avoir mûrement réfléchi, j'ai décidé que le calendrier des élections municipales, cantonales et sénatoriales ne sera pas modifié", avait déclaré le ministre de l'Intérieur devant le 89e congrès des maires de France. Il avait expliqué avoir " pesé le pour et le contre " entre " l'avantage pour le prochain gouvernement de disposer d'une longue plage de travail sans élection " et " l'inconvénient " pour les élus d'avoir à enchaîner les élections en 2007. Plusieurs de ses amis n’ont pourtant pas renoncé à la modification car ils voient surtout leur intérêt.
Certains proposent septembre mais dans un souci de ne pas trop forcer la main on s’orienterait vers fin octobre début novembre ce qui aurait pour avantage de ne pas à l’avenir mettre en concurrence les échéances électorales en cas de concomitance. Comme le freluquet de Baroin va devoir laisser la place à un fidèle parmi les fidèles on peut compter sur une opération savamment réglée. Il suffira de trouver un bon prétexte pour que les députés se penchent sur ce sujet de la plus haute importance et de demander aux copains de se préparer dans le cadre des législatives en cours.
UN INCONTESTABLE HIATUS
La bizarrerie française réside dans le fait que les électrices et les électeurs font depuis des années plus facilement confiance aux gens de gauche pour gérer leur quotidien local que pour leur confier les clés du pouvoir central. Des milliers de mairies sont gérées par des socialistes, les récentes cantonales avaient vu une douzaine de départements basculer dans le rose (59 conseils généraux contre 49 à la droite), la quasi totalité des régions sont à gauche… mais ce " pactole " impressionnant ne produit jamais l’effet escompté depuis maintenant quelques échéances nationales consécutives. Il faudra bien un jour avoir le courage de s’interroger sur ce hiatus entre des réalités contradictoires.
N’empêche que Nicolas Sarkozy devra compter avec ce " tissu " solidaire très compact qui s’est installé sur le territoire depuis plusieurs années. Il va tout faire pour desserrer ce qui risque bien de devenir le seul contre pouvoir réel dans la pays. Quand l’Assemblée nationale, le Sénat, le conseil constitutionnel, le conseil d’état, la Cour des Comptes, le Conseil Supérieur de la Magistrature, le Conseil supérieur de l’Audiovisuel… sont présidés ou " meublés " par des élus ou des personnalités nommées issues de l’UMP on atteint le niveau le plus inquiétant pour la démocratie depuis belle lurette. Jamais du temps de Mitterrand, quel que soit l’avis de ses détracteurs il n’avait bénéficié d’une telle palanquée de pouvoirs acquis à sa cause.
ABSOLUE SEPARATION DES POUVOIRS
Montesquieu, auquel on a souvent référence, insistait sur l’absolue séparation des pouvoirs a fin de respecter un véritable équilibre. Il distinguait trois fonctions devant être organiquement distinctes les unes des autres : " la fonction de faire des lois : faire des règles générales qui sont applicables à tous les citoyens sans exception ; la fonction d'exécuter : elle consiste à appliquer les règles générales aux cas particuliers et s'assurer que règnent la paix et la sûreté qui seules permettent l'entrée en vigueur des lois ; la fonction de juger : elle consiste à punir les crimes, sanctionner ceux qui enfreignent la loi. Elle consiste également à trancher les différends des particuliers à propos de l'application des lois. ". Cette séparation en France n’est plus que théorique car dans les faits elles sont désormais au seul service d’un homme et d’un parti. Seuls les supporteurs inconditionnels peuvent prétendre le contraire. Dans quelques semaines le pouvoir central sera totalement aux mains de l’UMP ou de ses affidés.
Le problème c’est que la fracture va s’accentuer entre les exigences que manifestent au quotidien les citoyennes et les citoyens vis à vis de leurs élus locaux alors que ces derniers seront otages de l’échelon national. Il suffira patiemment d’étrangler financièrement et réglementairement les communes, les départements, les régions qui déplaisent en transférant des responsabilités sans les crédits qui vont avec.
Il va falloir que la résistance s’organise solidairement très vite à ce niveau de proximité avec les gens. Et c’est certainement ce que l’UMP voudra empêcher le plus rapidement possible en profitant de la dislocation interne du PS et de son incapacité à réagir après les législatives pour hâter le renouvellement.
Dans un tel contexte il paraît bien vain, en effet, de parler présidentielles 2012 au PS alors que les têtes de liste pour les municipales, les candidat(e)s aux cantonales devront probablement être désignés dans l’urgence. Forcément une nuit des longs couteaux sera passée par là et aura effectué des ravages à la base. Il faudra encore une fois la digérer sur le terrain. Dans le fond Sarkozy se contentera d’exploiter les faiblesses d’adversaires essentiellement préoccupés d’obtenir des victoires internes leur permettant d’essuyer ensuite des défaites externes.
Mais je déblogue…
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : DANS LE RETRO
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Mardi 13 mai 2008
Cette chronique a été écrite et publiée le 12 mai 2007... Déjà on parlait des rapports entre la Droite et les médias... Le ton s'est durci ! Bon retour en arrière


Quand on fait le point sur la situation du système médiatique français on s’accorde généralement à reconnaître qu’il n’existe véritablement, à l’échelle nationale, que 4 journaux que l’on peut qualifier de réellement indépendants du pouvoir politico-économique. Attention il ne s’agit pas de mettre en doute le contenu des autres mais tout simplement de constater que leur survie dépend essentiellement des fonds injectés par des financeurs plus ou moins intéressés. Le mal gagne également la province et il faut bien avouer que des régions entières sont désormais sous contrôle par la situation de monopole ou par la constitution de réseaux apparemment diversifié mais, dans les faits, monolithique.
Le Canard Enchaîné, Politis, Marianne, Charlie Hebdo résistent encore dans un monde où les puissants s’offrent un groupe médiatique comme autrefois leurs prédécesseurs entretenaient des bataillons de danseuses. Ils achètent un château dabs le Bordelais pour mettre sur leur table entre amis et il se font porter le soir à leur domicile la morasse de la une de leur quotidien. Cette réalité aura fortement pesé sur la vie démocratique du pays tant par les dits que par les non-dits. Le phénomène n’est pas moindre dans le secteur de l’audiovisuel où les " indépendants " sont à la marge et sur le " web " mais n’entreront jamais dans le PAF actuel.
Il est de bon ton de renoncer à dénoncer cette situation globale car elle relèverait, comme beaucoup d’autres du fantasme politique partisan. En plus elle repose sur une mise en cause des qualités d’une profession dans sa globalité alors que très majoritairement elle témoigne d’une honnêteté intellectuelle indiscutable. Le propos devient donc tôt ou tard dangereux car il est caricaturé en outrance politicienne de bas étage. Et pourtant… La réalité quotidienne est là : le danger ne vient pas toujours de la manière dont sont traité les sujets mais de la place qu’on leur donne dans la hiérarchie quotidienne de l’info. On vient cette semaine d’en vivre un exemple concret qui selon moi illustre parfaitement cette dérive de l’autocensure qui fait au moins autant de ravages que le contenu de ce qui est publié. Impossible d’y voir du parti pris puisque pour une fois il ne concerne pas l’intouchable Sarkozy mais les socialistes !
Dans le livre qui dans un livre qui va faire fureur " Femme fatale " publié chez Albin-Michel deux journalistes du Monde , Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, évoquent une "crise conjugale" entre François Hollande et Ségolène Royal qui "prend un tour politique" avant l'investiture de cette dernière en novembre 2006. Cet ouvrage dont je me garderai bien dans le contexte actuel d’apprécier le contenu pose un problème de fond pour la qualité du système médiatique français. En effet l’une des auteures, Raphaëlle Bacqué explique qu’il ne s’agit pas d’un bouquin " pipole " mais que "la Femme fatale "est une enquête politique, pas un livre sur la vie privée du couple" . Dont acte.
UN SILENCE OPPORTUN POUR UN LIVRE OPPORTUNISTE
Il faut donc reconnaître qu’il y a dans leur démarche qui n’a rien d’exceptionnel un hiatus de taille. Comment deux journalistes payées par le plus grand quotidien français, renommées toutes deux pour leurs qualités professionnelles indiscutables, très en cour au Monde ont pu dissimuler… à leurs lecteurs toutes les informations qu’elles possédaient ? Es t-ce que l’éthique ne leur imposait pas d’écrire au fur et à mesure de leur " enquête " faite dans le cadre de leur boulot quotidien ce qu’elles savaient et qui visiblement était décisif dans le cadre de la campagne interne du Parti socialiste ? Ont-elles proposé à leur brillant directeur de la rédaction des papiers sur le sujet ? Les a-t-il refusés ? Dans quel but ? Le fondement même d’un support médiatique est en cause puisque ses salariées utilisent un autre support pour livrer des informations capitales pour comprendre la manière dont s’est déroulée un période réputée démocratique de la vie politique nationale. N’a-t-on pas passé un marché avec elles en leur demandant d’attendre les résultats du second tour avant de dévoiler ce que bon nombre de personnes savaient mais ne pouvaient dévoiler sous peine d’être traduit devant un tribunal populaire…vengeur ?
Ces deux femmes ont accumulé une foule de preuves, de récits, de descriptions de moments réputés secrets qu’elles on conservé de par elles pour les étaler sur la place publique massivement afin d’ouvrir les yeux à des militants éberlués.
En dehors de toutes considérations sur le cas précis il faut considérer que ces révélations posent forcément le problème de l’indépendance des médias qui n’osent plus aller au fond des choses. Il démontre que dans le fond il faut tout savoir sur un événement mais ne le dévoiler que quand cela n’a plus d’influence sur… les lectrices et les lecteurs. En plus, comme entre temps ce que bien des gens subodoraient prend une allure officielle en étant présenté sur de multiples plateaux télé, on en fait un succès de librairie beaucoup plus rentable qu’une publication régulière dans un quotidien. Le journaliste d’enquête devient un infirme de l’info jusqu’au moment où il sait qu’il ne risque plus rien en balançant tout ce qu’il a recueilli aux frais de son journal et se mettre à l’écrire ! Il faut s’attendre dans quelques jours ou au plus quelques semaines à ce que un ou deux journalistes explorent le camp Sarkozy… mais encore faudra-t-il qu’ils trouvent un éditeur suicidaire.
MIS DANS DES PLACARDS DORES OU CLOUES AU PILORI
L’indépendance qui permet la révélation, la véritable information que les autres n’ont pas, la remise en synergie d’éléments apparemment disparates n’existe quasiment plus. Et pire : les journalistes qui veulent encore y croire sont rapidement ramenés à la réalité. Ils perdent leur boulot, ne sont plus embauchés car suspectés d’être des emmerdeurs permanents, des empêcheurs de tourner en rond quotidiennement. Ils sont bannis de la presse bien pensante ou mis à l’écart par leur hiérarchie dans des placards dorés. Le mal s’insinue partout. Il ne se voit pas mais il est pourtant bien réel. Impossible de quantifier ce comportement qui n’a rien de répréhensible mais qui pèse sur le comportement global des médias à l’égard des pouvoirs en place. Le directeur de Paris-Match n’aura été que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus retors.
On l’a bien vu dans l’affaire Clearstream où ce pauvre Denis Robert aura enduré les pires sarcasmes pour avoir dénoncé des faits que les autres avaient oubliés. Il n’a été soutenu dans ces démêlés moralement terribles et financièrement dévastatrices avec la justice que par une frange de ses collègues. Son comité de soutien pressent cette indifférence mortelle de ses pairs et sait que depuis dimanche dernier son sort ne suscitera pas un engouement dans la profession. Il a donc cette semaine regretté l’absence d’un soutien franc, massif et protecteur de la communauté journalistique dans son ensemble. Il a appelé les journalistes à envoyer une photo de leur carte de presse afin de les mettre en ligne sur le blog. Les écrivains peuvent de leur côté envoyer une copie de leur carte professionnelle.
"Soutenir Denis Robert, c'est organiser un cordon sanitaire autour de ceux dont le métier est d'informer et montrer que les journalistes savent aussi se mobiliser et résister aux pressions qui s'intensifient pour contrôler l'information", estime le comité. Il a en effet eu le mérite de lancer une véritable débat sur la protection de sources d’information car toute le fameux " courant clair " aura tourné autour de ce fondement du journalisme. Il paie cher, très cher son audace d’avoir transgressé le silence des agneaux du journalisme.
ACTIONS PRECISES ET CONCRETES
D’ailleurs ça n’a pas échappé au pouvoir politique actuel. Comme il ne reste quasiment que le Canard Enchaîné qui ose foncer à partir de sources extrêmement fiables, le rouleau compresseur s’est mis en route dès le second tour des présidentielles oublié. Deux actions concrètes, précises, incontournables n’ont pas angoissé les citoyennes et les citoyens d’un pays anesthésié par les sondages. On préfère parler des problèmes des couples plus proches des gens que des événement mettant en cause les fondements de la démocratie.
D’abord la justice a fini par coincer le flic qui a dévoilé l’enquête commanditée par la hiérarchie du Ministère de l’Intérieur sur le proche de Ségolène Royal venu de Greenpeace. Il apprendra ce que veut dire le droit de réserve. Une remarquable efficacité qu’on aimerait bien voir appliquer aux nombreuses fuites qui émaillent toutes les grandes affaires judiciaires et toutes les enquêtes sur les bavures poLicières. Un signe fort est donné : toute personne qui sera prise en flagrant délit de crise de conscience par rapport aux ordres qui lui seront donnés sera immédiatement sanctionnée… On donne le change en allant chez l’avocat de Sarkozy comme s’il était assez idiot pour avoir conservé, chez lui, dans son bureau professionnel le double d’audition du responsables des services secrets qu’ils auraient obtenus avant la date annoncée. Entre nous si cet avocat de l’ex-Ministre de l’Intérieur avait commis une telle bourde il lui faut le virer de suite. L’avertissement n’est pourtant pas sans frais dans la période actuelle.
Ensuite il fallait montrer que si " l’émetteur " de l’info malvenue était " sanctionable ", le " récepteur " ne le serait tout autant. Quelques heures plus tard un juge d'instruction a donc tenté en vain d'effectuer une perquisition dans les locaux du… Canard enchaîné dans une enquête visant d'éventuelles violations du secret de l'instruction dans l'affaire Clearstream. Le signal est… clair : il n’y a plus de lieux sanctuarisés pour les contre-pouvoir. Et c’est immédiatement mis en action. Sans délais !
La filière médiatique est ainsi mise sous contrôle à travers ces faits qui interviennent dans la semaine qui suit l’élection présidentielle. Etranges coïncidences… ou manifestement inquiétantes coïncidences. Mais qui s’en préoccupe ?
Mais bien évidemment je déblogue… 
 
JE PRENDS UNE SEMAINE DE VACANCES.
Je vous propose donc chaque jour une chronqiue écrite antérieurement pour vous démontrer que L'AUTRE QUOTIDIEN a parfois un peu d'avance sur la réalité.
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : DANS LE RETRO
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