L'Autre Quotidien page d'accueil

 

MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Dimanche 20 avril 2008
Dans le fond il faudra un jour ou l'autre rendre hommage au club de football du Paris saint Germain car il sait masquer la réalité de l'actualité importante avec les soubresauts de son agonie permanente. Il devrait être sponsorisé par un fameux grand magasin dans lequel il se passait toujours quelque chose de nouveau. Durant tout ce week-end on aura en effet oublié tout ce qui fâche pour ne plus s'intéresser qu'à la claque reçue à Caen puisque dans les jeux du cirque on n'aimait bien que les plus puissants soient trucidés par des gringalets plus habiles.
Le problème c'est que tous les remous qui accompagnent la vie de ce qui demeure une équipe de football illustrent à merveille le niveau de la réflexion sociale actuelle. On ne cesse, d'associer au sport sous toutes ses formes, les dérives les plus spectaculaires d'un monde malade : racisme, violence, oppression, marchandisation, tricherie, lâcheté politique, profits honteux. Les jeux olympiques, la Formule un, le football alimentent davantage la rubrique des faits divers plutôt que celle des résultats sportifs
Par exemple les supporters du Paris Saint-Germain se sont attaqués au Camp des loges, centre d'entraînement du club, dans la nuit dernière après la défaite 3-0 à Caen qui rapproche un peu plus le PSG de la relégation.
Ces supporters au nombre d'une vingtaine ont inscrit des graffitis très vindicatifs sur les murs du centre. "Si on descend, on vous descend", "PSG en Ligue 2 = émeutes", "Direction démission, Le Guen dégage". La voiture du défenseur Sylvain Armand, vice-capitaine de l'équipe, a par ailleurs été copieusement vandalisée. Des installations du club ont également été saccagées.
Des incidents s'étaient déjà produits pendant le match, au Stade Michel d'Ornano de Caen. Un supporter parisien vêtu d'un blouson noir et d'une capuche a pénétré sur la pelouse et a réussi à atteindre la surface de réparation du gardien parisien Mickaël Landreau avant de rebrousser chemin et de se réfugier dans la tribune.
D'autres supporters parisiens ont sévi dans le parking du stade. Ils ont franchi des barrières et se sont approchés du car de l'équipe dont les essuie-glaces ont été arrachés... Dramatiquement absurde mais véritablement conforme à la mentalité actuelle voulant qu'il faille un exutoire à tous les échecs même les plus insignifiants sur le plan humain. Aucune mesure n'a pu jusqu'à maintenant modifier une dérive catastrophique.
DISSOLUTION INEFFICACE
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a eu beau annoncer qu'elle avait décidé la dissolution de deux groupes de supporteurs : les Boulogne Boys et la Faction Metz. Le club de supporteurs de la capitale fait les frais du déploiement d'une banderole injurieuse au Stade de France lors de la finale de la Coupe de la Ligue Lens-Paris le 29 mars, alors que les supporteurs de Metz, eux, sont sanctionnés pour des incidents survenus lors de la rencontre Metz-Lyon du 23 février dernier. Des événements qui ont ému durant quelques jours les milieux du football professionnel mais qui ont vite été ensevelis car l'Euro se profile et il ne faut pas hypothéquer les retombées que l'on en attend pour remonter le moral des Français.
La Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives, saisie le 4 avril, s'est réunie et a « rendu un avis favorable » à ces dissolutions, a précisé Michèle-Alliot Marie avant de rappeler que cette décision faisait suite à « de très nombreux incidents survenus lors de cette saison et au cours des saisons précédentes ». Elle pourra à nouveau la convoquer pour examiner ce qui s'est encore passé ce week-end !
Par ailleurs, trois personnes ont été placées en garde à vue mercredi dernier dans le cadre de l'enquête sur la banderole anti-Ch'tis, confirmant une information de RTL.
Ces trois supporteurs, proches des Boulogne Boys, sont soupçonnés d'avoir participé au déroulement de la banderole anti-Ch'tis lors de la finale de la Coupe de la Ligue, ce qu'ils nient. Dans le cadre de cette affaire pour « provocation à la haine ou à la violence lors d'une manifestation sportive », ils sont passibles d'un an d'emprisonnement, de 15 000 euros d'amende et de trois ans d'interdiction de stade. Il faut croire que le mal est beaucoup plus profond qu'on le croît puisque les comportements ne changent pas. On entre dans une forme de fanatisme destructeur devenu incontrôlable. Le laisser faire des années antérieures lié à une volonté de ne pas perdre le soutien financier d'un partie du public prêt à payer cher son droit à insulter, à hurler, à casser, à vitupérer. Car dans le fond on doit se poser la question sur les objectifs réels des spectateurs...
LE RECOURS AU SAUVEUR
Le milieu cède plus facilement qu'en politique au culte des résultats. Ainsi malgré le démenti apporté par le président Alain Cayzac, des rumeurs de plus en plus insistantes feraient état de la possible venue de Luis Fernandez au PSG pour aider le club parisien à assurer son maintien. L'ancien entraîneur parisien aurait eu des contacts téléphoniques avec la direction du PSG pour aider le club à assurer son maintien lors des quatre dernières journée de L1. Il existe aussi des sauveurs dans le football qui en général lorgne sur la place du moribond pour se glisser à sa place au moindre faux-pas. Il n'existe aucune solidarité réelle sur et hors du terrain : tout n'est qu'une question de tarif et de réseau !
« Les joueurs ont une part de responsabilité, et c'est indéniable, mais celui qui fait les choix, celui qui fait passer un message, se doit d'être encore plus en forme qu'eux. Si Paul Le Guen est K.O debout, il faut qu'il arrête, même s'il ne reste que quatre journées à disputer. Il faut qu'il soit honnête face à ses employeurs. » Roland Courbis et Jean Michel Larqué ont sorti la mitraillette et ils exécutent l'entraîneur sans aucun scrupule. Les deux chroniqueurs pensent que la discussion qui devrait se dérouler dans les prochaines heures entre les actionnaires, Cayzac, et le Guen est très importante.
Le coach Parisien, rabâche sans cesse le même discours, en expliquant qu'il va se battre jusqu'au bout, mais a-t-il la force de continuer ? Il semble à court de forme et d'idées. « Il crie mais personne ne l'entend, il n'a plus la force de ses intentions, il faut un électrochoc ! » pensent les commentateurs des défaillances des autres. Une réunion entre dirigeants et actionnaires devait se tenir cet après-midi au Parc des Princes pour faire le point sur la situation. Et on verra donc si le Jité de 20 heures fait son ouverture sur cette nouvelle sensationnelle qui verrait un « sauveur » prendre en main le gouvernement du P.S-G.
L'EPOQUE DES JOUEURS DE QUILLES
Impossible de ne pas faire référence à cette phrase de François de Malherbe prononcée en... 1620 : « Un bon poète n'est pas plus utile à l'Etat qu'un bon joueur de quilles ». Quand on sait que ces jours ci deux figures emblématiques de ce que devrait être un pays civilisé, éduqué, tolérant ont quitté ce monde dans lequel ils avaient tenu un siècle et que l'on regarde le sort médiatique qui leur ait réservé on ne peut qu'être inquiet pour l'avenir.
Aimé Césaire et Germaine Tillon n'ont probablement jamais pensé avoir une influence aussi forte sur leurs compatriotes que celles des footballeurs. Pourtant tous deux portaient des valeurs fortes qui devraient être ancrées dans la société française. Ils ont sans cesse combattu ce racisme dévastateur qui s'est désormais installé dans les tribunes. Ils ont énergiquement condamné les atteintes aux droits de l'homme que la Chine cherche à masquer par un nationalisme exacerbé. Ils ont tous deux participé aux luttes pour la liberté et contre le fanatisme. Ils ont inlassablement dénoncé la bêtise qui conduit à la violence. Leur nom ne sont pourtant bien moins connus que ceux du moindre sportif professionnel.
On parlera pourtant davantage de l'éventuelle nomination de Luis Fernandez que du rôle de Germaine Tillon dans la Résistance. On évoquera certainement beaucoup plus les slogans idiots des excités du Paris S.-G. que les vers d'Aimé Césaire. On s'agitera davantage sur la descente potentielle des Parisiens que sur le courage dont a fait preuve Germaine Tillon quand elle fut arrêtée, condamnée à mort et expédiée pour la nuit et le brouillard de Rävensbruck. Mais que faire ? Que tenter demain pour que le pain et les jeux ne préoccupent plus totalement les esprits du peuple ? Il ne reste plus qu'à demander à Luis Fernandez ou à Guy Roux d'entrer à l'Académie française pour leurs bons mots aux Grosses Têtes !
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 19 avril 2008
La tendance mondiale actuelle reste de se préoccuper des grands principes en oubliant un peu les comportements concrets des pays. On nom de la nécessité économique, les ventes d'armes n'ont, par exemple, jamais été aussi discrètement réalisées. Les dépenses militaires mondiales avaient augmenté de 3 ,5% par rapport à 2005 et de 37% depuis 1997, confirmant une tendance décennale à la hausse que les budgets annoncés pour 2008 aux Etats-Unis comme en France ne vont pas infléchir. Les Etats-Unis sont toujours bons premiers de la classe avec 46 % des dépenses militaires mondiales. Le chiffre va encore gonfler en 2007 et 2008 puisqu'au budget spécifique de la Défense s'ajoute une centaine de milliards de dollars supplémentaires au titre de la « guerre contre le terrorisme ». La France est 3° juste derrière le Royaume Uni devant la Chine et le Japon et il n'y a pas beaucoup de citoyens pour s'en offusquer en cette période de disette budgétaire. Eduquer coûte trop cher... investir dans des armes constitue une nécessité pour la Rpéublique. Pour la dépense par tête d'habitant nous nous situons au 4° rang derrière les Etats-Unis imbattables, l'Arabie Saoudite (qui dépense plus que l'Inde pour sa défense) et le Royaume-Uni. Dans ce classement la Chine... pourtant présentée comme très militarisée dépense aujourd'hui 23 fois moins que la France et 47 fois moins que les Etats-Unis.
Dans la liste des 20 premiers « marchands de canons » qui suit les firmes US tiennent évidemment le haut du pavé : 15 sur 20. La France où l'industrie de l'armement occupe une place déterminante apparaît 3 fois et une quatrième fois indirectement via EADS . Dans ce classement elle occupe la deuxième place mondiale.
Si les Etats-Unis sont là encore en tête du classement ils ne sont pas en position dominante et sur la période 2002-2006 couverte par le rapport ils ne fournissent que 30% des exportations juste devant la Russie .L'Allemagne et la France sont au 3° et 4° rang pour un volume de l'ordre du 1/4 des deux premiers. Enfin un secteur de nos exportations qui va pour le mieux ! On vend beaucoup aux pays émergeants puisque la Chine et l'Inde sont en tête des acheteurs mondiaux mais sont suivis par une série de pays petits ou tout petits qui dépensent beaucoup pour l'armement tels que la Grèce, les Emirats Arabes Unis et bien entendu Israël qui pour une population égale à un 1/2000° de la population chinoise importe des armements pour une somme égale au quart des importations chinoises. Par tête d'habitant Israël achète 500 fois plus d'armement que la Chine sur le marché mondial... Effarant !
LES BOMBES INVISIBLES
Le nombre total des armes nucléaires opérationnelles - sans compter les réserves et les armes à démanteler ou en cours de démantèlement - s'élève à 11530. A eux deux les Etats-Unis et la Russie en possèdent 10659. La France, loin derrière est bon troisième avec 348 armes nucléaires en état de marche, deux fois plus que la Chine et le Royaume-Uni. Le SIPRI, organisme suédois qui produit tous ces statistiques fiables n'accorde qu'une centaine d'armes nucléaires à Israël, chiffre inférieur à d'autres estimations mais dont l'Etat d'Israël niait de toute façon l'existence jusqu'à ce que Ehud Olmert finisse par l'admettre en 2006. Un autre secret d'importance demeure pour le nucléaire israélien qui est la réponse à la question suivante (formulée dans la langue de tout le monde) : « Y a-t-il un seul bouton rouge à Tel Aviv ou une double commande à Washington et à Tel-Aviv ? »
Le SIPRI estime que les quantités aujourd'hui disponibles dans le monde d'uranium très enrichi - donc à usage militaire - soit 1700 tonnes et de plutonium : 500 tonnes permettraient de construire 100 000 armes nucléaires supplémentaires. Le véritable danger de prolifération est là, mais il est plus à la mode de fantasmer sur le nucléaire militaire iranien qui, selon l'AIEA, n'existe pas... Du moins on peut encore l'espérer. Dans ce contexte affolant on ne peut que se souvenir des accusations américains vis à vis de l'Irak quelques mois avant l'invasion.
En fait en dehors de ce coté spectaculaire il existe aussi la facette la plus dure, celle qui touche les populations longtemps après que les armées en campagne aient abandonné un territoire.
LES BOMBES A RETARDEMENT
C'est une première : une quarantaine de pays organisent une journée de mobilisation contre les bombes à sous-munitions (BASM), quarante-huit heures après le décès d'un reporter de Reuters à Gaza tué par une munition de ce type laissée par les israéliens. La coalition internationale contre ces armes entend faire adopter en mai à Dublin le traité d'Oslo visant à bannir leur utilisation. L'ONG Handicap International appelle Paris à ne pas affaiblir cette négociation. Une BASM est une arme constituée d'un conteneur qui libère, selon le modèle (obus, missile, roquette), une dizaine ou plusieurs centaines de sous-munitions lors de son largage. Environ 440 millions de ces armes instables auraient été largués depuis les années 1960 dans une trentaine de pays, notamment le Laos, l'ex-Yougoslavie, l'Irak, l'Afghanistan. Selon Handicap International, 100 000 personnes en auraient été victimes depuis 1975. 98 % d'entre elles sont des civils... et souvent des enfants qui se hasardent dans des terrains qui n'ont (et ne seront jamais déminés) pour simplement jouer. Les femmes qui vont chercher de l'eau ou du bois figurent aussi souvent au rang des mutilées. Cette réalité affligeante ne semble pas mobiliser outre mesure dans les pays producteurs car il existe bien des usines de fabrication de telles armes.
D'après Handicap International, 98% des victimes connues d'armes à sous-munitions sont des civils. En plus d'être extrêmement imprécises, une proportion importante (jusqu'à 70%) de sous-munitions n'explosent pas à l'impact, constituant alors un danger durable pour les populations locales et ce jusqu'à plusieurs décennies après les conflits. Il y aurait en 2006 plusieurs milliards de sous-munitions en stock à travers le monde, représentant une menace de prolifération colossale. L'ONU estime qu'au Kossovo, en Afghanistan, en Irak et au sud Liban il reste près d'un million de ces sous-munitions sur le terrain, responsables chaque jour de 3 à 4 blessés ou décès depuis le cessez-le-feu.
L'HYPOCRISE AMBIANTE
C'est une guerre lente et oubliée dont on parle beaucoup moins que celle menée avec des moyens plus spectaculaires. Une négociation internationale, qui rassemble une centaine de pays, doit aboutir en mai à la signature d'un traité visant à interdire les BASM détenues par 77 états. Promu à l'initiative de la Norvège après la guerre au Sud-Liban, où, d'après l'ONU, 2,8 millions de sous-munitions ont été disséminés à l'été 2006, le texte serait « applicable dès 2009 », avance Handicap International. Mais il ne s'agira pas d'un traité de désarmement, précise Paris : il n'y aura donc pas d'inspection des stocks après ratification et donc on pourra solder les stocks chez des dictateurs peu regardants. L'ONG pointe l'« ambiguïté » de la France qui « participe au processus d'Oslo, sans renoncer dans les faits à protéger ses stocks, à demander une période de transition pour la destruction de certaines armes et à faire pression sur des Etats francophones ».
En présentant une proposition de loi visant à l'élimination des BASM, le député PS Armand Jung a rappelé que la France ne se contente pas de « stocker des BASM : au moins quatre entreprises françaises fabriquent et commercialisent ces armes ». En décembre 2006, deux sénateurs dans un rapport d'information du 20 décembre 2006 demandent à l'armée française d'abandonner et de détruire 22 000 roquettes M-26 achetés aux États-Unis pour ses lance-roquettes multiples qui envoient des munitions contenant 644 sous-munitions de la taille d'une grenade, avec un taux de ratés de 30% dans certaines conditions. Ce rapport a été dénoncé par comme totalement insuffisant.Paris assure que son armée, «à la différence de ses alliés», n'a plus utilisé de BASM depuis 1991, et que la «plupart des armes problématiques ont été retirées».
La France produit encore l'obus antichar Bonus dont elle aurait «quelques milliers d'exemplaires» en stock aux côtés de «quelques dizaines» de missiles Apache, une «dizaine de milliers» d'obus OGR et la roquette M-26 «en cours de retrait». Autre point de friction, l'«interopérabilité» : la France voudrait ajouter au futur traité d'Oslo une clause de coopération avec des Etats non-signataires du texte. Epineux débat avec la multiplication d'opérations internationales. Bernard Kouchner avait une fois encore lancé un vibrant «stop aux BASM». Il reste à attendre s'il sera aussi efficace qu'il l'a été sur tous les dossiers humanitaires depuis qu'il a commis un déni d'ouverture. On le jugera aux actes pas nécessairement sur paroles fussent-elles explosives !
Mais je débogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 18 avril 2008
On en a la certitude : le système financier mondial est miné de l'intérieur. Il risque même d'imploser face à l'appât du profit que certains se taillent sur son dos en permanence. Nul ne sait véritablement où s'arrêtera la crise. Les organisations de surveillance et de régulation des marchés s'inquiètent puisque on évalue à mille milliards de dollars le trou créé par les diverses opérations d'envergure ayant échoué. Et la spirale s'aggrave : la banque américaine Citigroup a annoncé par exemple, à elle seule, avoir enregistré au premier trimestre une perte nette de 5,1 milliards de dollars, contre un bénéfice de 5 milliards un an plus tôt, due à des dépréciations d'actifs massives d'un total de 12,1 milliards de dollars. Citigroup devient ainsi la banque américaine la plus touchée par la crise des crédits hypothécaires "subprime", avec des dépréciations totales depuis cet automne de plus de... 30 milliards de dollars, devant sa consoeur Merrill Lynch. Celle-ci avait annoncé jeudi une perte de 2 milliards et des dépréciations de 6 à 9 milliards de dollars. C'est abyssal quand on sait que 30 milliards de dollars c'est au minimum la moitié du déficit budgétaire d'un pays comme la France !
On imagine ce que cela donnerait pour l'aide à ceux qui souffrent de la famine. On pense un instant à ce que ces pertes strictement financières auraient apporté eux retraites ou à l'équilibre de nos régimes sociaux. Il faut surtout penser que quand on parle du montant de ces défaillances il faut immédiatement ajouter qu'il fut dans les années antérieures totalement inversé et porté non pas aux pertes mais aux profits. Quelle taxation existe sur ces sommes folles qui s'amoncellent ou s'évaporent au détriment, dans quasiment tous les cas de l'Homme !
DES SOMMES INIMAGINABLES
Les entreprises du CAC 40 ont une nouvelle fois vu augmenter leurs bénéfices en 2007 malgré le ralentissement économique mondial de la fin de l'année tandis que les valeurs bancaires ont largement souffert de la crise financière liée aux crédits américains. Les 38 entreprises du CAC 40 qui ont déjà publié leurs résultats ont accumulé plus de 101 milliards d'euros de bénéfices, soit déjà plus que les 98 milliards, chiffre record, engrangés au total sur 2006. Quel est le pourcentage qui a été reversé à la vie collective ? Qui a imaginé que ces bénéfices collectifs puissent servir à équilibrer les comptes publics ?
Citigroup a expliqué que ce résultat intégrait des dépréciations de 6 milliards sur les crédits liés aux emprunts hypothécaires, de 3,1 milliards sur les créances à effet de levier, de 1,5 milliards sur les crédits aux fonds d'investissement et de 1,5 milliards sur certains types de titres. Le système craque de partout car il compense ses d'erreurs en prenant davantage de bénéfices sur le coût du crédit : en outre une hausse de 3 milliards des coûts du crédit, comprenant à la fois une lourde perte de 1,7 milliard sur les crédits et une provision pour créances douteuses de 1,3 milliard. « Nos résultats financiers reflètent la continuation d'un environnement sans précédent pour les marchés et le crédit" a commenté le nouveau DG du groupe, Vikram Pandit, cité par le communiqué. « Malgré ces facteurs négatifs, nous continuons de voir une dynamique solide dans notre entreprise, avec des volumes d'affaires robustes dans de nombreux produits et régions », a-t-il dit. Il a rappelé que la banque avait levé de nouveaux fonds d'un total de 30 milliards de dollars depuis décembre.On continue donc avec un principe libéral outrancier : on diminue les coûts par évidemment une réduction drastique des personnels et une participation plus lucrative des clients ! D'ailleurs le PDG de Citigroup avait indiqué vouloir réduire les coûts de la banque de 10% à 20%, notamment par des suppressions d'emplois (9.000 pour ce trimestre) et dans les services informatiques, et continuer à céder ses activités non stratégiques. C'est toujours le même processus et les mêmes conséquences sociales et humaines mais il ne semble pas que l'on s'en offusque outre mesure.
ON RESTE EN CERCLE FERME
Chez nous on pédale par exemple dans la semoule sur l'affaire de la Société Générale et on va finir par oublier les réalités de ce qui autre fois aurait tourné au scandale ! Le responsable de la disparition de 5 milliards d'euros continue paisiblement à occuper un fauteuil officiel. On affirme même que le marché a bien accepté la transition au sommet avec l'avènement de Frédéric Oudéa, directeur... financier des lieux depuis cinq ans. De fait, l'action SG grimpait de 6%, signant là la plus forte progression du jour. « Daniel Bouton s'est en fait inspiré de la jurisprudence BNP-Paribas avec le duo Michel Péberau et Baudoin Prot : il prend du recul et se dégage de l'opérationnel au quotidien, mais conserve la haute main sur la dimension stratégique et l'avenir à long terme », décrypte un éminent analyste du milieu. « On peut dire que la Société Générale rentre dans le rang, commente un autre spécialiste du secteur bancaire. Elle s'aligne enfin sur les standards en vigueur dans les autres grands établissements européens avec un découplage des deux principales fonctions ». A vrai dire, ce redéploiement est en fin de compte assez logique. Car il y a tout juste un mois, dans la foulée de l'augmentation de capital réussie à 5,5 milliards d'euros, Frédéric Oudéa, 44 ans, avait été propulsé directeur général délégué.
Ce qui pour bon nombre d'observateurs valait alors mise sur orbite du quadra pour prendre le moment venu la succession de Daniel Bouton, de quatorze ans son aîné. D'autant que le futur patron de l'opérationnel qui est un très proche du directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy n'entend pas faire la révolution en interne : il a aussitôt confirmé dans leurs fonctions les deux autres directeurs généraux délégués, Philippe Citerne et Didier Alix, ainsi que le responsable de la banque de financement et d'investissement, Jean-Pierre Mustier, celui-là même qui coiffait hiérarchiquement Jérôme Kerviel.
Dans le fond on continue à vivre entre gens de la même caste comme si rien ne s'était passé. On a trouvé sur le marché les milliards qu'il fallait pour compenser la perte et l'affaire est oubliée... C'est dans le fond l'essentiel puisqu'ils ne doivent des comptes à personne à part à un conseil d'administration qui sert de bouclier aux erreurs de gestion.

RIEN N'EST PERDU
D'abord, la perte de la Société Générale, si importante qu'elle ait pu être, est à peu près équivalente à ce qu'aurait dû être son bénéfice pour l'année écoulée. Pas de quoi en faire un drame ! Si le profit de 5,9 milliards d'euros est perdu pour certains mais pas pour ceux qui les regagneront en rachetant les créances et ne figurera pas dans le bilan 2007. C'est tout. Rien d'ail n'y pas de quoi en faire un drame, même pour les actionnaires. La BNP-Paribas déclare, au utre. Au même moment, un bénéfice, également record, de 7 milliards d'euros qui, du coup, passe inaperçu car signe d'une gestion exceptionnelle. Toute le monde se nourrit sur le dos de la bête.
Avec des actions boni distribuées aux cadres héroïques et qui seront bien évidemment exonérées des charges, avec des dividendes convenables pour ne pas trop faire rêver le petit investisseur, avec des impôts limités pour insister sur la rentabilité ont arrive à éviter toute critique... sur le profit alors qu'on se focalise sur l'analyse du déficit. Or souvent, trop souvent, le profit est un signe très néfaste de gestion humaine car ils e réalise sur le dos des salariés, sur les délocalisations, sur les compromissions avec des régimes politiques critiquables. En effet, ces chiffres ne paraissent pas impressionner alors que, l'an dernier, les 12 milliards de profit du groupe Total, dont l'activité est tout de même plus visible on susciter des commentaires défavorables.
Les banques sont réputées rigoureuses, intègres, efficaces alors que ce sont elles qui de près ou de loin font la réalité économique quotidienne ! Ces profits bancaires colossaux devraient pourtant d'autant plus étonner que ces mêmes banques ne cessent de se plaindre de leurs difficultés. Elles veulent faire payer la plupart des services qu'elles assurent, alors que le plus souvent, elles ne donnent pas la moindre rémunération aux dépôts courants qu'y font les clients et avec lesquels tout donne à penser qu'elles financent leurs juteuses spéculations. Peu importe car personne ne s'intéresse au montant des profits et des pertes de sa banque pourvu qu'elle lui accorde un découvert suffisant.
Chacun d'entre nous sait, ou devrait savoir (mais ces manœuvres se font souvent à l'insu des clients) que ces mêmes banques ne manquent jamais une occasion de faire, sur leurs dos, de petits profits pour financer de gigantesques pertes !
Mais je déblogue...

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 17 avril 2008
Durant les campagnes électorales au plus haut niveau, on peut aisément dire n'importe quoi pour ensuite faire n'importe quoi ! C'est désormais une certitude pour bien des citoyens qui se détournent de la politique avec le sentiment que, quel que soit le camp choisi, la confiance est trahie. C'est ainsi que, même dans le camp du président de la République, on doute de plus en plus de la sincérité de ses actes et surtout de la qualité de sa gestion gouvernementale. Il n'y a plus un jour sans erreur, sans divergence, sans contradiction. Ainsi personne ne se souvient de ce qu'il avait déblatéré sur mai 68 lors d'une discours à Bercy, qu'il avait conçu comme la dernière charge, comme le coup de grâce contre la « pensée unique » et « l'idéologie de Mai 68 ».
Depuis le début de sa campagne, il n'avait pas cessé de fustiger ces fléaux responsables de « la crise morale » dans laquelle était, selon lui, plongé le pays. Il faut avouer que sur le plan de la morale il a sans cesse fourni un exemple parfait depuis son élection. Certaines poignées de mains devraient figurer dans le livre d'or des pantalonnades et des erreurs diplomatiques.
Le soutien de l'incontournable André Glucksmann avait préparé le terrain : « J'ai choisi Sarkozy parce qu'il est l'inverse de la caricature de monstre autoritaire et raciste qu'on fait de lui », avait lancé le philosophe, ex-soixante-huitard. Pour Sarkozy, Mai 68 reste responsable de tout : du dénigrement de l'identité, du communautarisme, de la faillite de l'école, du cynisme des capitalistes et même des parachutes dorés !
Dans son délire, Sarkozy avait carrément dit : « Ce fut une campagne aux prises avec une crise morale comme la France n'en a peut-être jamais connu, sauf peut-être au temps de Jeanne d'Arc.» Le candidat de l'UMP avait également clamé dans un Bercy chauffé à bleu, blanc, rouge : « Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l'élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant.» «Il n'y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie ». Il avait dénoncé « la gauche, héritière de Mai 68 [...]. Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes ». C'était net et sans bavure : la Gauche était porteuse de la chienlit de mai 68 et il fallait écarter toute résurgence de cet esprit de contestation des décisions futures d'un gouvernement Ump !
Or voici que hier Nicolas Sarkozy a reçu...Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni, co-présidents du groupe des Verts-Alliance libre européenne au Parlement européen.
L'IMAGINATION AU POUVOIR
Cet entretien avec l'ancien dirigeant de la révolte étudiante de mai 1968 en France s'inscrivait dans le cadre de la consultation par le chef de l'Etat des présidents de groupes au Parlement européen, dans la perspective de la présidence française de l'Union européenne au second semestre 2008. Or comme il a tout basé en matière de communication sur ces 6 mois de présidence il commence à se méfier des ratés possibles. « Je ne prends pas possession des lieux », a lancé Daniel Cohn-Bendit à son arrivée à l'Elysée, en posant brièvement sur le perron pour les photographes - une allusion à l'occupation de l'université de Nanterre et de la Sorbonne en mai 1968.
Celui qui fut surnommé « Dany le Rouge » a dit avoir offert au chef de l'Etat son livre « Forget 68 » avec une dédicace : « Pour Nicolas, l'imagination au pouvoir, c'est pour quand ? Salut, Dany Cohn-Bendit ».
« Il a ri, il a dit c'est très gentil, je vais le lire et après on a pris rendez-vous pour en parler »,
a raconté le dirigeant vert. On ne sait pas s'il s'en inspirera pour modifier sa politique.
Selon l'ancien dirigeant étudiant, Nicolas Sarkozy n'a pas réitéré, lors de leur entretien, sa volonté de liquider l'héritage de mai 1968. « Il va lire mon bouquin et puis après il va m'appeler, me dire je me suis trompé, pardon, ce n'est pas liquider 68, au contraire, c'est très bien », a ironisé Daniel Cohn-Bendit. « 68, ça a commencé une transformation formidable de la société française. La preuve, c'est qu'un homme deux fois divorcé est président de la République. Allez chercher il y a 40 ans ! Mme de Gaulle, tante Yvonne, elle se retourne dans sa tombe » a-t-il ajouté démontrant ainsi que d'une certaine manière nous sommes toutes et tous les enfants ou les petits-enfants de ce mois qui a marqué quoi qu'en disent les « victimes » d'alors.
UNE EUROPE DIFFERENTE
Nicolas Sarkozy a ensuite présenté à Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni sa vision de la présidence française de l'Union européenne. Les deux dirigeants Verts lui ont à leur tour exposé leurs idées. « Par exemple, il parle de la préférence européenne. Nous on a dit c'est mieux de donner des critères sociaux et écologiques et de taxer sur des critères sociaux et écologiques », a précisé Daniel Cohn-Bendit.
Les deux dirigeants Verts ont également souhaité que la présidence française défende « une Europe de la Défense et de la prévention des conflits » qui n'existe pas encore. « Et il a dit d'accord », a déclaré Daniel Cohn-Bendit comme s'il ne connaissait pas encore le Président qui dit oui à tout pour ensuite faire le contraire le lendemain puis de revenir à la position initiale modifiée.
Les deux dirigeants Verts ont aussi souhaité que la présidence française défende l'idée que l'Europe s'attaque à réguler socialement et écologiquement la mondialisation. « On n'est ni anxieux ni rassurés. Il y a des différences politiques. Ce qui est intéressant c'est qu'il veut vraiment une présidence française au service de l'Europe et ça peut être nouveau », a rapporté Daniel Cohn-Bendit.
Monica Frassoni a pour sa part noté parmi les éléments positifs de l'entretien une volonté de Nicolas Sarkozy de travailler avec la Commission européenne. Daniel Cohn-Bendit a dit avoir cerné avec le président français des divergences sur la politique d'immigration. Or il est probable qu'avec l'arrivée en Italie de Bossi et Berlusconi il trouvera des alliés pour faire de ce sujet un « cheval de bataille » populiste pouvant masquer le reste des décisions politiques d'un autre ordre. « J'ai vécu la présidence italienne de Berlusconi sur l'Europe, ça n'a pas été brillant. Si vraiment Sarkozy s'appuie sur Berlusconi, ça va être du rien avec du rien », a prophétisé Dany le rouge devenu vert !
Par exemple je suis curieux de sa voir ce qu'il se passera quand l'Europe examinera la situation des finances publiques de la France et de l'Italie dans le contexte actuel. Le Ministre des finances belge sûrement un peu « idiot » mais sûrement aussi un peu lucide a confié à sa brillante homologue française que d'après ses calculs il faudrait près de 30 ans à ce rythme pour que la France arrive à l'équilibre financier... Remarquez qu'avec un peu de dialectique, les Ministres trouveront les racines du mal en... mai 68 et ils expliqueront que si l'on en est rendu là c'est de la faute aux grévistes (dont j'étais) il y a 40 ans et qui ont bouleversé les critères sociaux qui permettaient à la France d'être un pays prospère pour le capital.
LE DETRICOTAGE
Le député européen Daniel Cohn-Bendit (Verts) a estimé que la majorité était en train de "détricoter" le Grenelle de l'environnement. « Je ne sais pas ce que veut le président de la République mais ce qui est sûr c'est qu'une politique de l'environnement comme l'avait envisagé le Grenelle "ne peut pas se faire avec la majorité, telle qu'elle existe aujourd'hui », a-t-il ajouté. Selon lui, le président de la République est devenu « un canard boiteux qui ne peut plus faire ce qu'il veut parce qu'en fait sa majorité l'en empêche ». Il a encore une fois un diagnostic très pointu de la situation des relations entre Nicolas Sarkozy et le parti qu'il a créé. « On en est au stade du gouvernement où on passe de l'ouverture à la fermeture », a jugé l'eurodéputé iconoclaste.
Dans la nuit les sénateurs lui ont donné immédiatement raison sur les OGM et plus encore ils ont vite obéi aux « ordres souterrains » des lobbies agricoles extrêmement puissants. La cause est entendu : il en sera ainsi sur tous les sujets sensibles (voir sur mon blog la réalité quotidienne http://jeanmariedarmian.fr) comme la politique de l'eau (utilisation pour l'irrigation massive ou la dépollution) ou celle encore plus sensible de l'énergie : on n'avancera pas car le milieu économique forcera au retour en arrière. Il y a fort à parier que la présidence européenne française sera axée essentiellement sur le niveau de l'euro, l'inflation, l'immigration mais absolument pas sur l'écologie, le social, la citoyenneté. Ces valeurs sont dépassées.
Il y a un an Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar avaient fait une réponse savoureuse aux propos sarkozystes qui prend toute sa valeur dans la situation actuelle. J'aurais bien voulu la publier en entier mais je ne retiendrai que cet extrait : « (...)Nous sommes génétiquement coupables d'un désir d'égalité, de solidarité et de liberté. Nous sommes génétiquement coupables de penser que le pouvoir n'est pas la propriété privée d'un homme ou d'une femme. Nous sommes génétiquement coupables de rêver d'une mondialisation écologiquement et socialement régulée. Nous sommes génétiquement coupables de croire que le kärcher ne résout rien et que la police ne peut pas tout. C'est pour toutes ces raisons que nous décidons de créer un cercle des «enragés repentis fatigués de la chienlit» et que nous demandons à être rééduqués par le maître penseur de la révolution culturelle sarkozyste, André Glucksmann, en promettant de nous flageller publiquement et collectivement devant le siège de l'UMP (...) ». Ces gars là sont véritablement exceptionnels car ils continuent à écrire et surtout à s'inscrire dans l'histoire. Je suis 40 ans après toujours avec eux et j'ai adhéré à leur cercle des enragés d'une autre vie!
Mais je déblogue...

 

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 16 avril 2008
La bataille fait rage autour du texte d'un badge. Elle est symbolique de l'état réel du monde même si on essaye de vous persuader du contraire. Depuis des années, le « politique » a été rogné, effacé, dégradé, dénaturé par la pression d'un milieu économique détenant les véritables leviers des pouvoirs. Plus d'opinion, plus d'idéal, plus de confrontation et toujours le même verdict : directement ou indirectement le monde des « affaires » apparaît comme le seul pouvant faire sa loi. On ne parle surtout plus de choix politiques mais de ratios de gestion, plus de progrès pour l'homme mais de courbes des profits, jamais d'égalité mais de rentabilité. L'utopie a cédé le pas au matérialisme absolu. Comme selon un concept « Bayrouiste » on a fait « bouger les frontières », elles n'existent plus et on assiste à des concurrences dans tous les pays entre l'original flamboyant et une pâle copie.
Les électrices et les électeurs, comme en Italie, ont démontré qu'ils espéraient tirer davantage de « l'original » que de la « copie » ! D'ailleurs ils campent encore longtemps en France sur ce sentiment et ne se déjugent qu'après avoir constaté qu'ils se sont également faits bernés par le premier. Ils ne croient pas encore nécessairement aux résultats du « copiste » mais ils refusent leur confiance à l'auteur de l'œuvre jugée finalement imbuvable. Tout tourne autour de ce constat. Plus rien n'entre dans le champ des politiques qui croient gouverner le monde. Il leur échappe de plus en plus avec les poids du système financier mondial qu'ils n'ont pas su moduler, maîtriser ou contrôler. Le « monstre » leur a échappé !
On vit exactement cette réalité dans le milieu de l'olympisme. Qui peut encore croire à l'indépendance et à l'éthique de ce mouvement se prenant pour le chevalier blanc de la planète ? C'est véritablement être d'une crédulité enfantine que de penser qu'Henri Sérandour, grand maître du CNOSF, a pris des positions d'un indépendance totale à l'égard de la Chine. Noël Mamère, qui a la louable habitude de dire très haut ce que tout le monde pense tout bas a simplement accusé le Président de l'olympisme hexagonal de s'être « couché » devant les autorités chinoises en refusant aux sportifs la possibilité de porter leur badge « pour un monde meilleur » aux J.O. de Pékin.
« Le CIO est dans la ligne de la position qu'avaient tenue  les responsables de l'olympisme au moment des JO de 1936, où ils avaient accepté l'inacceptable à Munich avec le régime nazi », a accusé Noël Mamère sur Canal+.
Il rappelle qu'en Chine, « on exécute des syndicalistes, on enferme, on emprisonne, on torture des gens qui réclament simplement la liberté d'expression ». Quant à l'association Reporters sans frontières, très en pointe pour dénoncer l'organisation des J.O. par la Chine, elle s'est dite « consternée » par cette position. « C'est une capitulation en rase campagne, sacrifiant la liberté d'expression des athlètes au profit des exigences des organisateurs chinois ». La vérité qui tue encore en Chine ne cause pas beaucoup de ravages chez nous !
« J'attends que Nicolas Sarkozy nous dise 'je n'irai pas aux jeux'. J'attends aussi qu'il dise qu'il n'est pas d'accord avec les positions qui sont exprimées à la fois par le président du CIO et par M. Sérandour, parce que ce qu'il vient de faire ça porte un nom, c'est se coucher » a ajouté Noël Mamère certain que personne ne bougera !. Pour moi c'est une remarquable synthèse des positions actuelles d'un pays présidé par le « caniche de George Bush » ou par un coolie chinois mais on expliquera que le caractère immaculé de l'olympisme mérite ces sacrifices ! Une virginité ressemblant à celle d'une fille de joie précoce à l'aube de sa retraite.
LAPORTE FERME LA PORTE
En fait il faut que les JO aient lieu pour que le CIO ait les moyens de continuer à dépenser des sommes folles pour « nourrir » son fonctionnement fastueux et totalement disproportionné dans la période actuel : palaces pour ses dirigeants, voyages fastueux, communication dispendieuse...
Les athlètes français ne seront pas autorisés à porter le badge « Pour un monde meilleur » destiné à montrer leur attachement aux droits de l'Homme lors des JO de Pékin, a donc annoncé, le courageux Henri Sérandour. « On ne peut pas mettre un badge pour la cause d'untel, un badge pour une autre cause. On va respecter la charte qui est : aucune manifestation tangible de quoi que ce soit pendant les manifestations sportives et pendant le défilé des cérémonies d'ouverture et de clôture », a-t-il ajouté d'un ton sentencieux démontrant que lui il savait ce qu'étaient les Droits de l'Homme et les devoirs des organisateurs ! Il en a tellement fait qu'il a même désespéré Bernard Laporte qui du coup a repris son vocabulaire en parlant de « retour nécessaire aux fondamentaux ». Il a jugé la décision du CNOSF « regrettable.»
« Moi, je trouvais ce badge pas très agressif, il n'attaquait ni la Chine, ni rien, il reprenait une phrase de l'olympisme 'pour un monde meilleur' et les anneaux" . Il a tout de même trouvé une excuse de poids pour celui avec lequel il doit travailler dans son Ministère : ce n'est pas de sa faute mais c'est celle des membres du Comité international Olympique qui sont extrêmement susceptibles. Il a en effet estimé « qu'il aurait été préférable de demander l'avis du CIO avant » de lancer l'idée?« C'est peut-être cela qui les a un petit... peu vexés. ». Il a bien senti que nous ne devions pas contrarier ceux qui se servent avant de servir l'olympisme. Du coup il n'a pas fait dans le détail : « Faut pas aller aux JO, pour ceux qui veulent vraiment porter le badge » invitant « à ne pas en faire des tonnes et des tonnes avec cette histoire » et « à arrêter de se servir » des athlètes (sic). Soyez-en certains, lui, comme Sarkozy, ne se serviront pas des médaillés pour leur pub personnelle, qu'ils aient ou qu'ils n'aient pas un badge !
DOUILLET RIT JAUNE
Les athlètes français maintiennent leur souhait de « s'exprimer » lors des Jeux olympiques de Pékin par un badge portant un message « international », a répété, hier, l'ancien champion olympique de judo, roi des pièces jaunes, David Douillet, s'opposant ainsi à la position exprimée par le Comité national olympique et sportif français.
« Ce qu'on veut porter, c'est un badge qui serait porté par un Américain, par un Ethiopien, par un Libanais, par n'importe quelle nation, un badge international », a expliqué le frustré parisien de la flamme . « Ca sera quelque chose d'international qui est acceptable pour tout le monde, qui est accepté, qui donne le sentiment de s'exprimer et une vraie tranquillité » aux athlètes a ajouté le roi du ippon ! Je résume : il cherche pour Nicolas Sarkozy un moyen de s'en tirer avec les honneurs. Un badge du genre « vive le CIO » pourrait être envisagé afin que les Françaises et les Français n'aient aucun problème.
« Je suis extrêmement déçu », a réagi le perchiste Romain Mesnil, vice-champion du monde 2007 et président du Syndicat des athlètes français. « Notre message, avec en plus 'un monde meilleur', qui est tiré de la charte olympique, que tout le monde avait trouvé peut-être un peu trop consensuel, c'est prôner les valeurs de l'olympisme, dont les droits de l'Homme », a-t-il défendu avec conviction. C'est inutile : il aura vite le choix entre insister ou rester à la maison ! Il aura le badge possible suivant que je lui conseille de faire vite créer : « je suis exclus pour avoir cherché des chinoiseries au CIO. »
Rappelons que cette docte assemblée réunit 115 membres cooptés, tient entre ses mains les rênes de la procédure d'attribution des Jeux olympiques. C'est donc le CIO qui a décidé en juillet 2001 d'attribuer les Jeux à la Chine. C'est le Comité international olympique, formé pourtant de 60% de membres rompus à la politique nationale ou internationale, qui a choisi de laisser à chacun le droit de se forger une opinion personnelle sur la situation des droits de l'homme dans les pays candidats. C'est donc le « Conseil d'administration » de la gigantesque multinationale olympique qui a pris le risque de ne pas ouvrir les yeux sur la situation des droits de l'homme en Chine pour permettre à sa marmite de bouillir en paix dans ce qu'il est convenu d'appeler un pays émergeant de 1,5 milliards d'âmes. C'est le CIO qui s'est risqué à désigner un état qui va dépenser plus de trente milliard d'euros, dont deux pour les installations sportives, pour organiser les Jeux dans un pays où beaucoup d'humains manquent de tout. C'est le président actuel du CIO, a remis, le 17 mai 2001, les clés de la ville à l'ancien président du CIO, devenu président d'honneur à vie, également ancien ministre de Franco et membre de l'Opus Dei...le marquis Juan Antonio Samaranch. Et ça pas un badge l'effacera !
LE PRECEDENT QUI FAIT REFELECHIR
Rappelons que quand s'ouvrent à Berlin, le 1er Août 1936, les Xème Jeux Olympiques, on est à 15 mois de l'Anscluss, à un peu plus de 2 ans de l'affaire des Sudètes et de l'annexion de la Tchécoslovaquie et à 3 ans du conflit continental. On aura cependant l'impression que la paix est sauvée en cet été 1936 au cours duquel Hitler fait patte de velours. En effet, il maintient à la tête du Comité Olympique allemand le secrétaire d'Etat Théodore Lewald, dont le père est pourtant d'origine israélite. Il laisse également sélectionner la célèbre fleurettiste Helena Mayer, championne olympique en 1928 à Amsterdam et qui, après s'être exilée aux Etats-Unis, revient à Berlin pour participer aux Jeux.
La paix préservée par l'Olympisme ? Trop beau hélas pour être vrai. Pendant le durée des Jeux de Berlin, il n'y aura pas ouvertement de discrimination raciale ou religieuse. Cependant, dès 1933, le CIO avait failli remettre tout en question. En effet, de nombreux comité nationaux, notamment ceux des Etats-Unis et de la France, s'étaient émus du développement des idées nationales-socialistes et se montraient désireux de confier l'organisation des Jeux à une autre ville, non allemande.
Le comte de Baillet-Latour, président du CIO, obtient une audience d'Adolf Hitler qui lui promet solennellement le respect de la charte olympique dès avant les Jeux. En juillet 1935 s'élève la voix de l'entraîneur d'athlétisme américain Dirk Templeton : "La plus confiante des âmes se refuse à croire désormais que les promesses faites par les Allemands au sujet de la non-discrimination seront tenues. La sagesse voudrait que la Fédération Internationale d'athlétisme interdise à ses ressortissants l'accès aux Jeux Olympiques de Berlin, ou mieux encore que ceux-ci soient confiés à une autre ville. Si l'Allemagne devait conserver la privilège d'organiser les Jeux, c'est l'oeuvre entière de Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux modernes, qui serait remise en question et même ruinée." Là-dessus, Monsieur Avery Brundage, président du Comité Olympique américain, se rend en Allemagne pour se livrer à une enquête personnelle. Il revient en déclarant :"Il faut participer aux Jeux."
Il faut, une fois encore, que le comte de Baillet-Latour revienne à la charge pour que la vague de protestation s'apaise.Ainsi avant même que les Jeux ne commencent, le IIIème Reich annexe l'olympisme comme il le fera bientôt de l'Autriche et de la Tchécoslovaquie. En ce 1er Août 1936, le temps est triste sur Berlin où toute la jeunesse du monde s'est donné rendez-vous. Goebels déclare aux journalistes étrangers présents à Berlin : "L'Allemagne ne nourrit que des intentions paisibles." A 14h, le stade olympique avait déjà fait son plein de spectateurs, figés, disciplinés, abusés. Rassurez vous ce sera la cas à Pékin... car les sponsors et les télés en ont besoin. Le spectacle continue !
Mais je déblogue...

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 14 avril 2008

Une vingtaine d'années les séparent. Mais il y a beaucoup plus entre eux que ce fossé de l'âge car en Italie et bien au-delà ils représentent deux visions très différentes de l'avenir de leur pays. Leur opposition n'a pas pour autant mobilisé les foules en Italie. Le phénomène très répandue en Europe du désenchantement vis à vis de la politique, du renoncement démocratique plane sur le résultat des élections générales anticipées que l'on connaîtra ce soir.La campagne électorale fut la plus triste, la plus ennuyeuse des deux dernières décennies car ni Silvio Berlusconi, le milliardaire fabricant d'opinion dominante médiatique, 72 ans, ni à gauche le populaire maire de Rome Walter Veltroni, 52 ans, n'ont réussi à passionner un débat qui n'a pas loin s'en faut réveillé le peuple. Il est vrai qu'une fois encore, les frontières entre les discours reposaient davantage sur les personnalités des uns et des autres que sur le contenu des programmes. L'enjeu de ces élections anticipées est pourtant essentiel, après l'échec de la coalition de gauche de Romano Prodi qui aura duré à peine deux ans alors qu'en France certains socialistes la présentaient comme exemplaire d'une nouvelle méthode de faire de la politique.
S'il en était besoin, le crash de l'Alitalia, la compagnie nationale au bord de la faillite, le scandale des ordures amoncelées dans la région de Naples, le maintien constant du pouvoir des mafias dans les régions du Sud, viennent rappeler que l'Italie traverse une crise grave. Dans un pays où les inégalités se creusent encore avec quelque 20% des familles vivant avec moins de 1200 euros par mois, selon les statistiques officielles la campagne aurait dû se focaliser sur des mesures fortes destinées à relancer la croissance.
En fait on se trouverait exactement dans la même situation en France si des élections anticipées devaient avoir lieu. Face à face un candidat porté par « es » médias et extraordinairement démagogue et de l'autre un homme de gauche apparemment populaire mais peu convaincant dans son engagement social. Ils sont tous deux en définitive très proche sur les mots alors qu'ils n'ont absolument aucun point commun dans leurs personnalités. Il est vrai que les caisses sont encore plus vides en Italie qu'elles ne le sont en France !
Berlusconi a effectué une campagne extrêmement traditionnelle en agitant les spectres habituelles : la gauche ce sera des « impôts en plus », « Walter Veltroni est un menteur professionnel qui a fait une campagne de mensonges » et le Parti démocrate (PD) « n'est que l'ultime mue du Parti communiste italien »... On a presque ressorti les photos de Pepone sosie de Staline et on a brandi des dessins avec les Bolcheviks ayant le couteau entre les dents. « Ne le traitez pas mal », a-t-il demandé « ironiquement » à ses supporteurs en évoquant Walter Veltroni lors d'une réunion électorale car la gauche italienne a confié à son leader « une mission impossible, celle de faire oublier le communisme ». Personne ne sait si lui il a en charge de faire revenir les cendres de Mussolini !
DIFFICILE DE FAIRE REVER
Et pourtant, il y a deux ans seulement, le magnat des médias traitait de « couillons » les Italiens votant pour la gauche et incitait ses compatriotes à lire « le petit livre noir du communisme » pour qu'ils puissent découvrir que « dans la Chine de Mao, ils ne mangeaient pas les enfants, mais ils les faisaient bouillir pour servir d'engrais dans les champs ». Tout un programme électoral susceptible de résoudre les difficultés terribles d'un pays au bord de la ruine mais dont il est... la première fortune !
Outre les problèmes d'image du pays qu'il porte collée à ses frasques, son utilisation très personnelle du pouvoir, Berlusconi doit admettre que l'économie italienne a terminé l'année 2007 en queue de peloton par rapport à ses principales concurrentes européennes. Il est donc obligé de prévenir : « Nous ne savons pas et nous ne pouvons pas faire de miracles ». En présentant son programme fin février, qui consiste bien évidemment à vite instaurer une sorte de bouclier fiscal et à faire un cadeau du même ordre à ses copains il a ajouté « qu'au vu des conditions de l'économie internationale, il est difficile de faire rêver ».
Il est cependant jugé encore comme dangereux par des personnalités proches de lui. Avec une victoire de Silvio Berlusconi « nous risquons de perdre cinq années supplémentaires », a par exemple commenté dans le Financial Times son ex-allié Pier Ferdinando Casini, chef du parti démocrate-chrétien UDC, affirmant que le chef de la droite italienne vieillit mal. « Certains défauts qu'il avait se sont aggravés », a estimé Pier Ferdinando Casini, de 20 ans plus jeune que l'ex-chef du gouvernement, ajoutant avec une pointe de perfidie « qu'avec l'âge, ils empirent au lieu de s'améliorer ». Il est en effet extrêmement mégalo et une fois encore prêt à se servir. Il utilise absolument tous les leviers qu'il possède comme par exemple celui de faire annoncer, hier, que « son » club le Milan AC avait recruté Ronaldinho dont ne veut plus le Barça ! Même si ça ne se fait pas on sera toujours à temps de reporter l'échec sur le dos des Catalans après les élections. En fait le grave problème de l'Italie c'est que l'on votera pour ou contre Berlusconi et par nécessairement pour ou contre la Droite !
TROP TOT POUR VELTRONI
Encore une fois on assistera à cet effet pervers de la personnalisation outrancière de la vie publique. Le leader de la gauche qui, tout au long de la campagne avait évité les attaques personnelles contre son adversaire pour ne pas en faire une victime, a fini par lui demander solennellement dans une lettre ouverte de réaffirmer son attachement à la Consitution et à l'unité de la Nation après que son allié Umberto Bossi, le leader de la Ligue du Nord ait appelé « à prendre les fusils contre la canaille romaine ».
La peur d'un retour de celui que l'on a surnommé le « caïman » reste le meilleur argument électoral de Walter Veltroni et de son parti de centre-gauche inspiré du modèle des démocrates américains. Son résultat sera donc examiné avec intérêt par les experts de la rue de Solférino à Paris. Le « Delanoé » italien héritier critique du centriste de gauche Romano Prodi, a été contraint d'assumer une campagne électorale quelques mois à peine après avoir créé le Parti démocrate. C'est lui qui avait en effet été choisi pour réussir la synthèse entre les Démocrates de gauche (DS) de Piero Fassino et Massimo D'Alema et le parti de la Marguerite de Francesco Rutelli, entre les ex-communistes et l'aile gauche des anciens démocrates-chrétiens. Femmes, jeunes, représentants de la société civile cohabitant avec des apparatchiks incontournables: il a lui-même dosé minutieusement les listes de son parti aux législatives.
Echaudé par l'expérience Prodi, il a par contre refusé toute alliance avec l'extrême-gauche et le centre mais a négocié sans rien céder d'essentiel l'entrée de deux petites formations à l'identité forte, l'Italie des Valeurs de l'ancien magistrat de l'opération "Mains Propres" Antonio Di Pietro et le parti radical, fer de lance du combat laïque.
Le repêchage de ce petit parti a cependant fait grincer les dents de l'Eglise catholique que Walter Veltroni, très discret sur ses convictions intimes, a toujours cherché à ménager, conscient des risques de vouloir gouverner en Italie contre... le Vatican qui n'aime pas trop les frasques de Berlusconi !
LES JEUNES DEPITES
L'Italie bizarrement est en avance sur notre pays dans son dégoût pour la politique. La fréquentation des bureaux de vote hier soir le confirme malgré les énormes efforts effectués par la « Gauche » pour changer les « têtes ». Les raisons de ce changement provient en effet de la haine que nourrissent les Italiens pour les politiques. On dit parfois que l'Italie a inventé l'antipolitique car un réel et profond discrédit s'est installé et il fait des ravages. Chez nous il faudra encore attendre un peu pour que l'effet Sarkozy ajouté à la chienlit interne du PS produise le même effet.
Il y aura aussi des élections locales dans la péninsule. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître on devrait assister au même résultat qu'en France alors qu'au plan national rien n'est assuré.
Des millions de jeunes Italiens, confrontés à la précarité malgré de longues années d'études, sont tentés par l'abstention et sont justement devenus des champions de l'antipolitique bien que les partis les aient placés au coeur de leurs programmes. Battant des records en termes de chômage, de précarité de l'emploi et de problèmes de logement, les moins de 30 ans semblent particulièrement touchés par le malaise que ressentent les Italiens à l'égard de leurs institutions et leur classe politique. Beaucoup de jeunes ne peuvent pas prendre leur indépendance et la majorité des Italiens de moins de 30 ans vit chez ses parents, selon l'Institut des statistiques italien. Seulement un tiers des moins de 40 ans qui sont nouvellement embauchés le sont en contrat à durée indéterminée. En outre, alors que le taux de chômage en Italie a chuté à 6,1% en 2007, celui des moins de 25 ans a augmenté, passant de 22,6% en 2006 à 23,2% en 2007.
Récemment, une gaffe du chef de la droite Silvio Berlusconi, qui a suggéré à une étudiante de 24 ans de « se trouver un millionnaire » pour sortir de la précarité a suscité un tollé, révélant l'ampleur de la colère des jeunes Italiens et le fossé qui les sépare de leurs élus. Le problème essentiel de la péninsule se trouve dans ce divorce profond, durable, dangereux entre un peuple et ceux qui souhaitent le représenter.
Ce soir on verra d'abord au taux de participation si cette tendance se confirme. Il est en revanche à peu près certain que la majorité n'existera pas pour Berlusconi au Sénat et que ce scrutin aura donc été inutile puisqu'il rencontrera les mêmes difficultés que Prodi. Pas sûr que ce soit excellent pour l'Europe dans le contexte actuel.
Mais je déblogue...

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 13 avril 2008
La baisse du pouvoir d'achat en France, niée par le gouvernement mais imposée par la réalité provoque en France de légers remous sociaux. Chacun cherche dans son quotidien des astuces pour tenter de remédier à ce qui va devenir le problème numéro un de la prochaine rentrée. On peut craindre une fin d'année assez agitée car le problème de l'augmentation des denrées alimentaires ne va faire que s'accentuer. Ce phénomène nouveau dû à une pénurie mondiale sur les marchés des grandes productions va peser sur l'économie de tous les pays du monde. Il y a cependant de fortes craintes sur la situation des plus fragiles d'entre eux. L'instabilité gagne du terrain et il faut s'attendre à des mouvements populaires très forts.
Ces derniers mois, la hausse des prix de l'alimentation a déjà provoqué une agitation sociale par exemple à Haïti, provoquant notamment la chute du Premier ministre et des émeutes de la faim qui ont fait au moins 5 morts et 200 blessés. Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont été obligés d'augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché. La difficulté c'est que cette flambée des produits alimentaires ne semble pas avoir pour l'heure de raison de cesser, et ses effets pourraient s'étendre.
Les émeutes consécutives à la hausse des prix qui ont frappé jusqu'à présent l'Afrique et les Caraïbes pourraient ainsi toucher bientôt à l'Asie, met en garde dans le Journal du Dimanche le directeur général de l'organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), Jacques Diouf. Plutôt pessimiste, il assure qu'il ne serait aujourd'hui « pas surpris » d'une telle éventualité et souligne : « Il existe déjà de nombreuses tensions dans beaucoup de pays asiatiques, y compris ceux qui exportent des produits alimentaires ». Cela a notamment été le cas en Thaïlande avec les tensions sur le prix du riz... Jacques Diouf estime également que cette situation est appelée à durer : « Je ne vois pas de raisons objectives à des diminutions de prix », explique-t-il. « Il faut donc s'attendre à de nouvelles émeutes de la faim ». L'horizon est donc bouché. Il faut absolument prendre en compte cette évolution dangereuse pour la planète et dont les répercussions sur les pays « riches » seront également très fortes car au Fonds monétaire international, on effectue le même constat alarmiste.
Le directeur général de cette institution, Dominique Strauss-Kahn, a lancé hier une mise en garde. « Les prix de l'alimentation, s'ils continuent comme ils le font maintenant... les conséquences seront terribles » a-t-il lancé avec insistance au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une réunion de l'instance dirigeante du FMI « Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économiques », a-t-il mis en garde sans trouver un écho dans les milieux économiques responsables de cette situation. Au-delà de l'agitation sociale et de l'impact potentiellement terrible de la crise alimentaire sur les populations les plus exposées, ce sont tous les progrès réalisés par les pays pauvres depuis cinq à dix ans en matière de développement qui pourraient se retrouver « complètement détruits », selon Dominique Strauss-Kahn. Voilà pourquoi le directeur général du FMI a souligné que ce problème dépassait le cadre strict des préoccupations humanitaires. La crise alimentaire pourrait ainsi avoir des effets pour la planète entière et toute la sphère économique.
HAITI COMME EXEMPLE
Le président haïtien René Préval a annoncé dans la foulée une réduction du prix du riz pour éviter une répétition des violences des derniers jours. Le même jour, des émeutes impliquant quelque 20 000 personnes protestant contre la vie chère et les salaires bas ont eu lieu près de Dhaka (Bengladesh). A Haïti le Parlement s'est prononcé pour le départ du Premier ministre Jacques Edouard Alexis. Le Président a aussitôt indiqué, après avoir rencontré des importateurs de denrées alimentaires au palais national, que le prix d'un sac de 23 kilos de riz passerait de 51 dollars (32 euros) à 43 dollars (27 euros), soit une réduction de 15,7%. La politique se résume dans de nombreux pays à ce type de décision concrète sur le montant des étiquettes.
Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont en effet été obligés d'augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché. Jacques Diouf, avait appelé cette semaine les dirigeants mondiaux à un sommet en juin pour faire face à ce qu'il a appelé une crise alimentaire mondiale : « Au regard des émeutes alimentaires dans le monde, dans des pays comme l'Afrique et Haïti, nous avons véritablement une urgence ». Deux logiques se confrontent. Il est à peu près certain que l'influence de Jacques Diouf ne sera pas suffisante pour réformer une économie de marché triomphante et conduisant vers le précipice l'ensemble des pays pauvres. L'économique l'a emporté depuis très longtemps sur le politique... et sa voix ne compte pas dans un concert mondial dans lequel les marchés financiers ont pris depuis longtemps le pouvoir. Or pour eux la situation la plus préoccupante reste le niveau de leurs profits touché par la crise !
SOMMES ASTRONOMIQUES VOLATILISEES
Qualifiant "d'échec mondial" les erreurs qui ont débouché sur la crise financière, Jaime Caruana, directeur du département des marchés monétaires et de capitaux du Fonds monétaire international (FMI), n'a pas mâché ses mots. Sévère, celui-ci juge le phénomène « d'une magnitude comparable à la crise bancaire japonaise des années 1990 ». Et évalue à 945 milliards de dollars (600 milliards d'euros), au prix du marché, les pertes dues aux dépréciations d'actifs qui en résulteraient.
Ce montant astronomique se décomposerait en 565 milliards de dollars imputables aux prêts hypothécaires américains, 240 milliards pour les produits dérivés du marché immobilier commercial, 120 milliards pour les prêts aux entreprises et 20 milliards pour le crédit à la consommation. Les banques supporteraient la moitié du fardeau des 740 milliards de dollars des subprimes, à hauteur de 53 % pour les banques américaines et 41 % pour les européennes. L'Europe ne devrait donc pas en sortir indemne.
Depuis plusieurs semaines, le FMI faisait savoir qu'il abaissait ses prévisions de croissance mondiale de 5,1 % à 4,7 % (+ 4,9 % en 2007). De discours en interviews, son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, ajoutait qu'aucun pays ne serait à l'abri, ni en Europe ni parmi les pays émergents. Le FMI affine cette prédiction, et l'on y apprend que c'est en Europe centrale et orientale que se trouvent les pays émergents qui pourraient faire les frais des secousses financières. Les trois pays baltes, la Roumanie et la Bulgarie seraient les économies les plus menacées. Or ces pays sont dans une Europe organisée qui devait leur apporter une croissance forte. Il y aura très vite opposition entre les peuples et les gouvernements dans ces pays... sur les choix effectués !
L'EXEMPLE ROUMAIN
Est-ce un hasard mais on a vu le résultat de la grève des salariés de l'usine Dacia de Pitesti, dans le sud de la Roumanie. Ils ont accepté la troisième proposition de la direction : une augmentation salariale mensuelle de 360 lei brut (environ 97 euros) en deux tranches, à laquelle s'ajoute une prime annuelle d'un minimum de 900 lei brut (243 euros). Selon Renault, « la direction de Dacia et le syndicat sont parvenus à un compromis raisonnable ». Les ouvriers obtiennent les deux tiers de la somme de 148 euros qu'ils réclamaient, ce qui correspond, selon Renault, à une revalorisation de l'ordre de 28 % par rapport au salaire moyen de l'usine qui atteint désormais 354 euros brut.
Au-delà de son impact financier, cette grève a changé le regard porté sur les salariés de Pitesti. « Les Roumains ne veulent plus être considérés comme des salariés à bas coût sous prétexte qu'ils fabriquent des véhicules low-cost », souligne Emmanuel Couvreur, secrétaire adjoint CFDT du comité de groupe Renault.
« Il faut mettre en place une véritable politique sociale européenne, qui prenne en compte les salaires, mais aussi les conditions de travail », ajoute-t-il. Tiens, reviendrait-on sur le débat considéré comme arriéré par les élites médiatiques relatif à la construction européenne ? On recommence à parler en période de crise d'une construction d'une Europe sociale avant de la concevoir comme un espace de libre concurrence exacerbée ! Les émeutes de la faim vont en effet amener des révisions fortes du système des délocalisations avantageuses pour les profits secs des multinationales ! Il y aura en effet d'autres grèves, d'autres contestations violentes menées par des salariés sous payés dans des pays où ils n'auront plus les moyens d'acquérir leur nourriture.
La dernière manifestation des ouvriers roumains illustre parfaitement le séisme qui se prépare puisque 2 000 ouvriers avaient tenu meeting dans la ville, place Vassile-Milea, au pied des immeubles construits sous feu Ceausescu et colonisés aujourd'hui par les boutiques de téléphones portables, les banques et les magasins de luxe qui contribuent à l'édification du capitalisme. Sur une bannière, une inscription avait été griffonné l'inscription suivante : "Roumanie, réveille-toi! Nous ne voulons pas être esclaves dans l'Union européenne" . Il est à craindre que ce slogan soit décliné dans de nombreuses autres manifestations. L'esclavage économique provoquera des ravages dont personne, même pas les éminentes têtes pensantes du FMI, peuvent imaginer les conséquences !
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

REJOIGNEZ NOUS

Inscription à la newsletter

LES "UNES"

Aux commentateurs… Tous les commentaires sont les bienvenus, sauf les propos grossiers, racistes ou hors sujet qui seront exclus.

AU JOUR LE JOUR

Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

Catégories

GRAINS DE SEL

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus