L'Autre Quotidien page d'accueil

 
Jeudi 24 avril 2008
Jour après jour L'AUTRE QUOTIDIEN approche du millier de chroniques différentes publiées. Je ne me souviens plus véritablement de celles que j'ai pu écrire il y a quelques mois et même parfois quelques semaines. Et j'avoue que je n'ai pas le temps de rechercher les références dont j'aurais parfois bien besoin. Je suis pourtant certain parfois d'avoir évoqué des sujets ou d'avoir annoncé des comportements politiques qui... se sont avérés exacts. J'ai don envie d'aller chercher ces « prévisions » et de les republier afin de démontrer qu'il y a une autre prisme possible à l'actualité pour peu que l'on refuse les canons de l'opinion dominante facile. C'est cet agencement convenu des informations quotidiennement délivrées par les agences qui construit ce que l'on croît aisément être des certitudes.
Prenons par exemple les franchises médicales contre lesquelles je n'ai pas été le seul à clamer qu'il s'agissait d'une supercherie grossière qui tuerait à terme le concept même de la solidarité nationale car les malades devraient simplement être les financeurs du trou de la sécurité sociale. Tout le reste n'était pour moi que de la publicité mensongère. Le soutien financier à un énième plan national contre la maladie d'Alzheimer relevait de l'effet d'annonce comme bien d'autres déclarations présidentielles.
La prévision était assez facile pusique Créon avait déposé depuis de longues années la construction d'un Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) doté d'une section dévolue aux malades d'Alzheimer avec accueil permanent, accueil temporaire et accueil de jour. Un projet jugé expérimental et de qualité par toutes les autorités et dans lequel l'Etat (2,6 millions d'€) et le Conseil général (2,9 millions d'€) avaient abondé. Il se trouve que hier ce lieu a ouvert avec... la section Alzheimer vide car sur les 18 postes nécessaires à son fonctionnement la DDASS a simplement pu en débloquer 8.
J'ai, en de nombreuses circonstances, appelé l'attention des responsables sur cette décision que je prévoyais du style de celle-ci !
Chaque fois il m'a été répondu que je n'avais aucun souci à me faire puisque le « plan Alzheimer » et les franchises médicales allaient pourvoir à cette nécessité du service. Comment douter de pareilles certitudes officielles ? J'avais le sentiment d'être de mauvaise foi, de faire un procès d'intention à une gouvernement et un président sincères face au fléau que représente les maladies du type Alzheimer ! Jusqu'à hier...
UNE ESCROQUERIE MORALE
Les franchises médicales instaurées au début du mois de janvier par le gouvernement « n'ont servi en rien à financer l'aide aux personnes âgées » comme l'avait promis le chef de l'Etat dans le cadre du plan Alzheimer, a en effet affirmé, l'association des présidents de maisons de retraite (AD-PA)
« Le plan Alzheimer annoncé par le Président de la République en début d'année n'est alimenté par aucun crédit nouveau », a dénoncé l'AD-PA dans un communiqué, ajoutant que « les franchises médicales n'ont donc servi en rien à financer l'aide aux personnes âgées, mais ont juste permis de diminuer les dépenses de l'assurance maladie ». Il n'y a rien à ajouter sauf à constater qu'une fois encore la relation de confiance entre les Françaises et les Français et leurs élus sera minée par de tels comportements. Comment croire un seul instant que, par exemple, le paquet fiscal a été imaginé pour relancer l'économie ? Comment admettre sans sourciller que Nicolas Sarkozy défend le pouvoir d'achat ? Comment penser que la trituration des régimes spéciaux de retraite a été entreprise par un simple souci d'équité sociale ? Comment se contenter des arguments liés aux caisses vides ?
Depuis janvier, les assurés sociaux doivent payer 50 centimes par boîte de médicament et par acte paramédical, et deux euros par transport sanitaire, dans la limite de 50 euros par an. Cette mesure devrait rapporter 850 millions d'euros par an selon le gouvernement, qui s'est engagé... à les affecter au plan Alzheimer, à la lutte contre le cancer et aux soins palliatifs. Mais l'AD-PA, qui regroupe des directeurs d'établissements, souligne que les crédits du plan Alzheimer étaient inscrits dès l'automne dans le budget de l'assurance maladie pour les personnes âgées. « Ce plan est donc la simple continuation des petits plans antérieurs, avec même un ralentissement de la dynamique puisque le budget 2008 connaît la plus faible augmentation depuis 2000 », poursuit l'association.
Cette situation a même été officiellement annoncé par les fonctionnaires de la DDASS à la directrice de l'EHPAD de Créon lors de la réunion d'appel qu'elle avait suscitée pour tenter de décrocher les postes indispensables. Dans Le Monde, le Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa) a également déploré l'absence de lien entre le produit des franchises et le financement du plan Alzheimer. Enfin tout le monde affirme que le mensonge présidentiel est avéré... mais on en restera là : les familles garderont les malades encore plus malades que celles et ceux qui participent à la résorption du déficit de la sécurité sociale.
CREDITS NON DEBLOQUES
Le ministère de la Santé a fait part de son incompréhension face à ces griefs. « Il y a bien, comme prévu, 850 millions d'euros affectés au plan Alzheimer, aux soins palliatifs et à la lutte contre le cancer », a indiqué le ministère, ajoutant qu'un rapport serait transmis à l'automne aux parlementaires dans le cadre de la préparation du budget de la Sécurité sociale pour 2009. Le ministère précise notamment que 236 millions d'euros sont affectés à la lutte contre le cancer et à la maladie d'Alzheimer via la médecine de ville (sic), que 307 millions sont destinés aux établissements de santé (sic), que 89 millions vont aux soins palliatifs et 160 millions sont destinés au secteur médico-social.
Dommage qu'aucun journaliste n'ait eu l'idée de demander quels étaient les crédits actuellement affectés aux départements pour faire face aux promesses faites aux établissements. Prenons une exemple simple, clair, précis. Le Ministère pourrait simplement publier la circulaire adressée aux DDASS pour leur signifier les crédits disponibles au niveau du département pour le plan Alzheimer.
J'affirme que cette circulaire n'existait pas il y a encore quelques jours et que donc les sommes disponibles étaient purement théoriques mais absolument pas... concrètes ! Il n'y a pas eu un euro supplémentaire en Gironde à cet effet ! Tous les gens lucides savent qu'une inscription budgétaire n'est pas une somme « dépensable » car il faut attendre l'engagement officiel de la dépense. Je suis certain que ce soir l'un des brillants journalistes présent face à Nicolas Sarkozy va lui poser cette question concrète... et facile !
DES PROMESSES NON TENUES
Il pourrait aussi lui rappeler que le mardi 31 juillet à Dax il avait annoncé lors d'un séjour éclair qui n'a pas été profitable au Maire Ump qui l'avait accueilli, la création d'une franchise médicale « ne dépassant pas 50 euros par an » afin de financer le plan de lutte contre le cancer, la maladie d'Alzheimer et l'amélioration des soins palliatifs. Cette mesure devra permettre de financer ce que l'on avait désigné le 20 juin 2007 comme « chantiers présidentiels » par Nicolas Sarkozy. Des chantiers mal en point Neuf mois plus tard !
Le président avait par ailleurs annoncé la création d'ici « le tout début 2008 » d'une cinquième branche de la protection sociale pour les personnes âgées dépendantes ou handicapées. « J'ai demandé à Xavier Bertrand la mise en place d'une cinquième branche pour prendre en charge la dépendance, l'objectif étant la création de la branche début 2008 », avait aussi indiqué Nicolas Sarkozy au cours d'une table ronde avec des professionnels de la santé dans un hôpital de Dax. Que ce soir un brillant esprit lui demande donc où on en est dans ce domaine
« Le défi de la perte d'autonomie et de l'allongement de la vie est un défi nouveau et structurel », a-t-il souligné. Nicolas Sarkozy avait fait ces autres déclarations à l'hôpital de Dax, dans les Landes. En fait, quelques mois plus tard, il avait changé d'avis. Un an : ce sera finalement le décalage entre la date initialement envisagée et la mise en place effective de la cinquième branche de la protection sociale, dédiée à la prise en charge de la dépendance. Le délai (début 2008) est vite apparu irréaliste au regard de ce qui doit constituer l'une des transformations les plus importantes du système français de protection sociale depuis de longues années.
A l'occasion de la conférence avec les partenaires sociaux organisée à l'Elysée le 6 février dernier, le chef de l'Etat s'est fixé pour « ambition de mettre en place le cinquième risque de protection sociale en 2009 ». Il n'a toutefois pas donné de précision sur le calendrier et les modalités de cette mise en oeuvre, qui devrait débuter par le lancement d'une concertation avec tous les acteurs concernés. Il est vrai que, quand on est atteint de la maladie d'Alzheimer, on oublie tout. Même les discours présidentiels. Alors dépêchez vous à oublier ce que vous entendrez ce soir car ce ne seront que des promesses qui n'engagent que ceux qui les écoutent !
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
Mercredi 23 avril 2008
J'ai parmi mes souvenirs du monde du journalisme, deux anecdotes amusantes qui illustrent où peuvent mener la quête du « scoop ». Un soir alors que je travaillais au service des sports de Sud Ouest pour la nuit, j'ai vu arriver un éminent professionnel du service général qui souhaitait disposer d'une photo d'Ivan Lendl, ex-joueur de tennis alors au faite de sa gloire. Il m'annonça que le Tchèque allait, selon des sources sûres, épouser une jeune fille, employée d'un restaurant du Périgord. Bien évidemment la rédaction était en émoi car elle allait constituer l'une de ses exclusivités dont raffolent les rédacteurs en chef. Le numéro un du tennis mondial épousant une serveuse française constituait l'info secrète du jour. Pas question de la divulguer. En apprenant cette info présentée comme exceptionnel, le chef du service, incrédule laissa tomber une sentence courte mais sans concessions : « et vous allez publié cette connerie ? ». Devant l'insistance du visiteur motivé je finis par dénicher un cliché de Lendl souriant (un exploit) dans l'enveloppe où nous stockions les archives de l'AFP sur papier car le système informatique n'existait pas encore. Les sources étaient sûres et le journal allait augmenter son tirage en Dordogne pour vendre son scoop... Le seul qui ne voulut jamais y croire fut Michel Picotin qui insulta copieusement le porteur du scoop se refusant à l'avaler comme une véritable révélation.
SUD OUEST titra donc sur le mariage du siècle... pour s'apercevoir le lendemain matin qu'il s'agissait d'une vaste fumisterie montée par un propriétaire de restaurant en al de publicité et ayant déjà berné son monde médiatique en annonçant qu'il avait été appelé à la maison blanche pour cuisiner en faveur du président des Etats-Unis. Il avait réussi son coup car personne n'avait véritablement vérifié la véracité de ce scoop people se contentant des affirmations de l'équipe des lieux préparant les noces et la chambre pour les mariés. La « promise » était complice et le restaurateur avait simplement habilement monté le coup. On balbutia des excuses mais on s'arrangea pour laisser planer un doute durant 48 heures en amorçant un virage salvateur. Le propre du journaliste étant de détenir la vérité (partiellement ou totalement) on s'excusa de la pointe du stylo et on passa à autre chose. Je n'ai plus de repères plus précis sur ce scoop manqué car j'en ai oublié la date mais j'ai été toujours frappé de la facilité avec laquelle on peut berner un système se prétendant forcément irréprochable !
Lundi à 19h00, la station de radio Europe 1 a annoncé en ouverture de son journal le décès de l'animateur... Pascal Sevran. Peu après, Laurent Ruquier confirmait l'information en direct sur France 2, dans son émission "On n'a pas tout dit", et rendait hommage à l'animateur. Jean-Marc Morandini reprenait également la nouvelle en direct dans son émission sur Direct 8. Il a fallu attendre le communiqué de France Télévisions, affirmant que l'animateur de la "Chance aux chansons" pendant 16 ans se reposait en famille, selon « une source très proche et très sûre » pour savoir que Pascal Sevran était bel et bien vivant.
ALLEZ-Y A FOND
Interrogé par nouvelobs.com, la direction de la rédaction d'Europe 1 n'a pas souhaité faire de commentaires et a renvoyé au communiqué sur le site de la station. Le texte indique que « depuis le milieu de l'après-midi, Europe 1 avait de sources concordantes journalistiques généralement sûres et fiables, des informations sur la disparition de Pascal Sevran. A plusieurs reprises, Europe 1 a tenté de joindre la famille de Pascal Sevran sans y parvenir. Jusqu'ici Europe 1 n'avait pas de raison de douter de ces sources et regrette sincèrement que ces propos aient pu affecter Pascal Sevran, ses proches et ses auditeurs. Encore une fois la superficialité l'avait emporté sur le professionnalisme ! C'est tous les jours ainsi avec un bémol plus ou moins prononcé.
Un membre du SNJ d'Europe 1, interviewé hier revient en détails sur le déroulement de l'annonce par la station de radio et explique que Jean-Pierre Elkabbach lui-même aurait donné l'ordre d'annoncer cette information. Lundi à 19h 00, la station de radio Europe 1 a annoncé en ouverture de son journal le décès de l'animateur de la "Chance aux chansons". Le journaliste explique que « la rumeur a commencé à monter un peu après 18h. (...) A 18h56, on se demandait encore ce qu'il fallait faire lorsque le patron nous a dit : c'est confirmé, allez-y à fond ». Combien de fois ai-je entendu ce principe voulant qu'il faille aller très vite pour faire avaler le
Le journaliste raconte également l'ambiance mardi matin à la rédaction de la station. « Il y a eu une réunion de quinze minutes ce matin -ce qui est très long ici- avec Jean-Pierre Elkabbach. Le patron nous a dit: 'J'assume personnellement une erreur collective.'" Et de poursuivre : « Nous sommes offusqués qu'il ait utilisé ce mot 'collective'. C'est lui qui nous a donné l'ordre. Depuis, il y a un grand malaise dans la rédaction». Selon ce journaliste, « pour la Société Des Rédacteurs, cela pose la question du crédit du patron ». Ce qui est effarant c'est qu'une rédaction s'aperçoive avec candeur que Jean-Pierre Elkabbach ne soit pas très fiable et honnête dans ses choix professionnels. Je n'en reviens pas encore car c'est véritablement découvrir la mentalité d'un homme qui aura été durant toute sa carrière un exemple... de ce qu'il ne faut pas faire ! Joint par Libération, Elkabbach a fait dire qu' «il ne s'exprimerait pas ». Il y a à peine un mois, il annonçait la création d'un groupe de travail chargé, à Europe 1, de réfléchir sur «les sources, la vérification de l'information, la crédibilité des sites Internet, des blogs, les rumeurs, les frontières entre la vie publique et la vie privée». Il reste donc encore beaucoup de réunions à tenir pour redresser le tir d'une année terrible pour la crédibilité de la radio qu'il dirige !
UNE ETHIQUE EN TOC !
Troublé par la montée en puissance d'Internet qui serait le démon de la terre journalistique, Jean-Pierre Elkabbach a décidé de créer à Europe 1 un comité d'éthique. A croire qu'avant sa révélation, le journalisme était immaculé (voir ci-dessus) et qu'il témoigne d'une rigueur absolue dans ses effets d'annonce continuellement renouvelés pour tenter de « capturer » le maximum d'auditoire. Journaliste, éditorialiste et intervieweur rendu célèbre par Georges Marchais depuis plus de 40 ans, il aura fallu attendre... qu' Internet se développe pour que Jean-Pierre Elkabbach se pose des questions sur la pratique journalistique. Si le « patron » véritablement à poigne d'Europe 1 énonce avec pertinence les problèmes qu' Internet « pose à notre métier » : immédiateté, dictature de l'émotion, peopolisation, absolutisme dévastateur de la rumeur, il s'emballe en les qualifiant « d'inédits » et donc de forcément de peu fiables . Car les nouvelles technologies n'ont fait qu'accélérer un mouvement qui les précédait et auquel aucun type de média n'échappait véritablement. Une « information » diffusée via le net n'est par nature ni plus fausse, ni plus authentique qu'une autre et ce n'est pas l'annonce de lundi soir qui va prouver le contraire. C'est la masse de ces informations diffusées sur la toile qui oblige à un tri plus attentif ! Leur approximation est souvent évidente car il faut pouvoir accéder aux sources sans passer par le filtre des agences ou des « reporters » mais le taux d'erreurs n'est pas proportionnellement supérieur à celui des « professionnels » immaculés !
L'ancien président de France Télévisions s'en prend particulièrement à des sites, expliquant qu'Europe 1 s'est laissé abuser par le site sur la question des « touristes fiscaux au Liechtenstein » qui mettait notamment en cause David Douillet. « Ce dernier nous a appelés pour exprimer son indignation » expliquait il y a quelque temps le roublard Elkabbach. « Nous l'avons invité pour se défendre dans le magazine de Guillaume Durand. Si nous avions pris le temps de vérifier cette information, nous n'aurions pas été dans ce cas de figure ». Certes, mais il est peu d'exemples de personnalités -et encore moins de notables- venant spontanément reconnaître leurs fautes. Pour Elkabbach, une indignation sur Europe 1 vaut donc un blanchiment plus blanc que blanc. Pas de contre-enquête. Pas de vérification complémentaire. Pas de demande de preuves. Un seul revirement people tu le doute. A Europe N° 1 comme ailleurs on ne doute de rien !
UN PARCOURS REVELATEUR
Il faudrait rafraîchir la mémoire à Jean-Pierre Elkabbach, grand prêtre de la chaîne « Public Sénat » dont il profite des ors et des fastes de la bibliothèque et lui rappeler l'éviction d'Alain Genestar de Paris Match après la publication de photos de Cécilia Sarkozy et Richard Attias, le passage à la trappe du papier du Journal du Dimanche révélant que Cécilia n'était pas allée voter lors du second tour de l'élection présidentielle, l'information du Canard Enchaîné qui affirmait en 2006 que le patron d'Europe 1 avait demandé conseil au candidat Sarkozy pour le recrutement d'un journaliste chargé de suivre l'UMP ou plus simplement la « ligne » politique de la station durant al dernière campagne des présidentielles ? Sans parler de diverses bricoles, comme l'invitation dans son émission sur « Public Sénat », dont il est directeur, de Pierre Leroy, secrétaire général du... groupe Lagardère pour présenter sa collection de livres. Et puis, est-il bienvenu, le soir même de la mort de Thierry Gilardi d'annoncer comme le rapporte L'Express qu'il « avait envisagé de le faire venir pour diriger le service des sports et la radio Europe 1 Sport qu'on va lancer dans les semaines qui viennent, mais il ne le savait pas ». Pas mal comme utilisation du professionnalisme d'un mort... Décidément cet homme là est véritablement un tueur et il vaut mieux ne pas qu'il connaisse votre bulletin de santé.
On pourrait accumuler les actes tordant le cou à l'éthique mais ce ne serait pas très charitable vis à vis des « bâtisseurs » d'une opinion dominante dévastatrice pour les consciences fragiles. Le redoutable comité d'éthique que présidera Benoît Duquesne, directeur de la rédaction d'Europe 1 a déjà une feuille de route extrêmement ambitieuse : « L'enjeu est de ne plus se laisser détourner par les querelles de caniveau ou les vrais-faux scoops, des sujets importants comme le Darfour, la mondialisation, l'agroalimentaire, l'espace, les droits de l'homme, le Tibet...». Ce qu'oublient de faire dans les tranches d'audience les plus rentables les journalistes en charge des émissions phares. Mais Jean-Pierre Elkabbach, soucieux tout à coup des questions d'éthique, est aussi un patron de médias très préoccupé par ses chiffres d'audience. impossible de s'en passer. C'est une drogue quotidienne. Il se shoote à l'audimat ou au classement des radios. Pour le reste on peut simplement annoncer la mort de l'éthique.
Au fait lundi L'AUTRE QUOTIDIEN a enregistré son 300° abonné... Merci à ceux qui croient en autre chose ! N'en déplaise à Elkhabach, internet peut aussi jouer un rôle salutaire!
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 22 avril 2008
Ils seraient aujourd'hui 530, selon le décompte de l'association "Droits Devant !" et de la CGT. Originaires de l'Afrique de l'Ouest pour la plupart, travaillant - parfois depuis plusieurs années - en France, et désormais en grève pour réclamer leur régularisation. C'est un événement : uns sorte de révolte des soutiers, de ceux qui majoritairement triment dans la « cale » à l'abri des regards indiscrets ou qui au vu et au su de tout le monde apportent à des touristes étrangers ravis un café et des croissants. Ils sortent de l'ombre dans laquelle personne ne veut réellement les sortir car dans le fond l'obscurité leur va très bien.
Le mouvement, qui a débuté la semaine dernière dans le secteur de la restauration parisienne, fait tache d'huile. Aujourd'hui, des salariés d'entreprises de la sécurité, du BTP, du nettoyage, ont eux aussi tombé le masque. C'est une nouveauté car jusqu'alors ils avaient peur de la lumière du jour. Ils vivaient « officiellement » dans la clandestinité. On sait fort bien que les secteurs touchés par cette grève sont ceux qui souffrent d'une pénurie flagrante de main d'œuvre. Certaines organisations patronales ont donc décidé de soutenir le mouvement de grève des salariés ce qui constitue une preuve éclatante de la situation absurde dans laquelle on se trouve. Voici des employé(e)s dont on ne sait pas se passer mais que l'on fait semblant de ne pas admettre sur notre territoire.
l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, estime par exemple que la France devrait procéder à au moins 100.000 régularisations : « si on ne les régularise pas, il faut les licencier, donc dans Paris des tas de restaurants seront totalement désorganisés, on va tuer une partie du tourisme », a prévenu le président de l'UMIH André Daguin, grande gueule gasconne de droite ! « Les gens qui travaillent chez nous, qui sont déclarés par leur patron, qui paient leurs impôts, leurs cotisations à la sécurité sociale (...) Ceux qui donnent satisfaction dans leur boulot, qui n'ont jamais agressé qui que ce soit, ceux qui mènent une vie normale il faut les régulariser », a-t-il lancé sans grand espoir d'être entendu par Brice Hortefeux et un Nicioals Sarkozy pris au piège de leur logique.
Et l'UMIH n'est pas la seule organisation à soutenir le mouvement : le Parti Communiste, la Ligue Ouvrière, les Verts, la Ligue des Droits de l'Homme, SOS racisme ou encore la secrétaire d'État à la Ville Fadela Amara se sont prononcés pour une régularisation des travailleurs. Cette dernière va courir les risque de déplaire à son Ministre de tutelle qui sûrement est très loin de partager cette volonté « humanitaire ». Ses collègues Bernard Kouchner ou Rama Yade sont muets comme des carpes. Il faudrait probablement les réveiller car ils sont anesthésiés par la ligne de l'immigration choisie !
La CGT et l'association Droits devant ! demandent une négociation avec le ministère du Travail pour des régularisations dans 150 métiers manquant de main d'oeuvre, principalement la restauration et le bâtiment, comme le prévoit une circulaire depuis janvier dernier mais qui n'est que rarement appliquée. La Ligue des droits de l'Homme, la FSU, l'Unef et l'association France Terre d'asile se sont jointes à ces revendications et ont appelé à participer à un meeting mercredi soir à la Bourse du travail, à Paris. Sans « ouvrir la porte à une régularisation générale », le Parti socialiste a souhaité « un retour à une politique qui s'appuie sur des critères clairs et objectifs » pour une régularisation. « Le contrat de travail doit trouver une place prépondérante » dans ces critères, a déclaré le député européen Stéphane Le Foll lors du point de presse hebdomadaire.
REDEVENIR CLANDESTINS
Depuis le 1er juillet 2007, les employeurs doivent vérifier auprès des préfets l'authenticité des papiers des travailleurs étrangers. Selon le ministre du Travail, Xavier Bertrand, « les préfets ont un rôle clé à jouer, un rôle de régularisation au cas par cas en faisant du sur-mesure ». Les mêmes qui doivent faire du chiffre pour les reconduites à la frontière vont désormais faire dans l'humanitaire « économique » c'est à dire qu'ils vont baser leurs décisions sur l'utilité de l'étranger pour l'enrichissement du pays par son travail. On en arrive à une nouvelle donne en matière d'immigration : seul le « rentable » a sa place sur notre sol ! Les femmes, les enfants devront quitter le navire France d'abord.
La Ligue des droits de l'Homme demande comme à l'habitude avec courage et détermination « que l'on ne renvoie pas dans la clandestinité des milliers de personnes qui ont osé venir en pleine lumière pour revendiquer leur juste place dans notre société ». Justement le pays des Lumières préfèrent la dissimulation à la franchise de ses actes ! Elle demande « qu'aucune solution de force ne vienne consacrer la ségrégation et l'injustice sociale. »
France Terre d'asile s'élève de son côté contre la « ligne dure » du gouvernement et interpelle le Parti socialiste qui doit contribuer à « un puissant élan de solidarité ». L'association prône la mise en place d'une « commission des sages » venant de divers horizons pour s'occuper de la question des travailleurs sans papiers. « Ils ne constituent pas une charge. La preuve, ils veulent participer à l'effort national en cotisant ». Et en ce moment on peut se demander, face au trou béant de la sécurité sociale et au déficit prévu des régimes des retraites s'il ne vaut pas mieux des « cotisants » régularisés que des « sans papiers » non cotisants car employés au « noir » car ils sont au moins aussi nombreux que ceux qui sont en grève.
« PATRONS VOYOUS ! » CLAME LE FN
Le Front national a bien entendu fait dans la nuance afin d'éviter que le sarkozysme lui vole sa clientèle puisque ces salariés « sont en infraction et doivent être expulsés ». Le parti d'extrême-droite a appelé par ailleurs à des sévères sanctions contre les « patrons voyous » qui ont embauché des salariés sans-papiers.
Ces patrons embauchent, selon le FN, des sans-papiers « non parce qu'ils ne trouvent pas de travailleurs français, mais parce qu'ils veulent une main d'oeuvre taillable et corvéable et peser sur les salaires », a dénoncé dans un communiqué Wallerand de Saint-Just, vice-président du FN. Il a été inspiré par le Saint Esprit car il découvre que la précarité est encore plus terrible pour une personne qu'un patron a embauché en connaissance de cause et bizarrement il semble leur donner raison en demandant que « le gouvernement avait dit qu'il s'attaquerait aux filières d'immigration illégales, aux marchands de sommeil et aux patrons-voyous, qu'il le fasse ». On croirait une diatribe de la LCR ou de LO ! Il aurait pu ajouter que les « sans papiers » ne sont pas trop regardant sur les horaires hebdomadaires de travail , sur les règles de sécurité, sur les tickets restaurants, sur les frais de déplacements... Ils sont, en plus, très souvent révocables à volonté ! Le gouvernement, lui-même, estime qu'il y a entre 200 000 et 300 000 sans papiers en France, les associations parlent même de 400 000. La très grande majorité travaille. Ils occupent une place importante dans l'économie française : les Français ne veulent pas faire les emplois qu'ils occupent, en tout cas pas à ce prix et comme les employeurs ne veulent pas augmenter les salaires, chacun y trouvent son compte. C'est ceci la réalité ! Le reste n'est que larmes de crocodile ! D'autant que ces travailleurs ont dû apprendre hier que leur participation à la vie collective d'une France qui ne veut pas d'eux est plus que jamais indispensable !
DES COTISANTS GENEREUX
Le déficit du régime général de la Sécurité sociale en 2007 a atteint 9,5 milliards d'euros, contre un déficit de 8,7 milliards en 2006, a indiqué hier la Commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS). En septembre, avant l'annonce des mesures correctrices du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la prévision de déficit pour 2007 s'établissait à 11,7 milliards d'euros. Donc on en déduira que la catastrophe est moins prononcée que prévue. « Cette dégradation des comptes du régime général cache des évolutions contrastées selon les branches : les branches maladie et famille sont en amélioration par rapport à 2006, tandis que les déficits des branches accidents du travail et maladies professionnelles (tiens donc si on parlait amiante, cancers, prévention...) et surtout vieillesse se creusent », précise la CCSS.
La branche maladie enregistre « une nette amélioration », avec un déficit à 4,6 milliards d'euros, contre 5,9 milliards en 2006. La branche famille est elle excédentaire pour la première fois depuis 2003, avec un solde à +0,2 milliard d'euros. La branche vieillesse enregistre elle un déficit à 4,6 milliards d'euros (contre -1,9 milliard en 2006), au même niveau que celui de la branche maladie. Mais que font les « sans papiers » qui travaillent pour nous apporter les subsides qui nous manquent ?
En effet la plupart d'entre eux ont des feuilles de paye, déclarent leurs impôts et versent des cotisations aux caisses d'assurance maladie, retraite, Assedic dont ils ne profiteront jamais. La majorité d'entre eux travaille pour des patrons qui savent pertinemment qu'ils sont sans papiers et qui peuvent ainsi les exploiter sans vergogne. Mais c'est plus joli pour les contes de fées de déclarer que ce sont les immigrés qui coûtent cher à notre pays.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 21 avril 2008
Il existe bien des hommes qui ne deviennent indispensables que quand ils sont morts. J'ai maintes fois écrit que la seule vérité de la célébrité c'est le temps qui la dévoile. Parfois il arrive qu'un artiste ait de l'avance sur son époque mais on ne lui reconnaîtra son talent que bien après sa disparition. Nous en connaissons d'autres qui ont un succès considérable sur une période courte avant de disparaître englouti par une nouvelle vague. En fait il faut pour ne pas mourir réellement s'adresser d'abord et surtout à l'intelligence beaucoup plus qu'aux sensations car l'une dure alors que les autres s'évanouissent aussi vite qu'elles sont arrivées.
Pierre Desproges, pitre, comique, provocateur, chroniqueur de la haine ordinaire des années 1980, est mort il y a vingt ans, le 18 avril 1988. Il aura dérangé, dépité, agacé mais il aura surtout permis de mettre en évidence que l'humour le plus efficace était celui qui préférait la finesse à la facilité. Journaliste, amuseur public, misanthrope, moraliste, pourfendeur de l'hypocrisie et de la médiocrité de son temps il n'a pas eu le temps de donner la libre mesure de son talent de tonton flingueur. Il dégainait les mots qui tuent avec la délectation des tireurs d'élite plaçant une balle au coeur d'une cible.
Pierre Desproges aurait eu l'an prochain 70 ans. Il était entré par hasard au quotidien L'Aurore, il y avait décroché une chronique de "brèves" repiquées dans les journaux, qui fut très vite la plus lue du quotidien. Il savait dénicher les perles rares, celles qui donnent une dimension particulière aux faits les plus ordinaires. Il entra véritablement dans le monde des humoristes caustiques quand il travailla aux cotés de Jacques Martin... Son ton décalé, la précision de ses traits d'humour constitués de flèches acérées tranchaient avec le reste de l'émission.
Des millions de spectateurs découvrent cependant l'humour apparemment pitoyable de ce clown renfrogné qui interviewe une Françoise Sagan éberluée, à qui il réclame une verveine et montre des photos de son beau-frère en vacances. C'est devenu un moment culte de la télévision que celui-ci car il tourne en dérision à la fois le métier respecté d'intervieweur et surtout cette télévision bien pensante qu'il va quitter en plein succès.
Pierre Desproges a toujours revendiqué un certain « élitisme » dans son jeu, une volonté de ne pas s'adresser à tous mais plus sûrement à certains. Admirateur de Paul Léautaud et de Marcel Aymé, il appartient à l'espèce rare des comiques lettrés et préfère, dit-il, plaire à quelques personnes qui le comprennent « qu'à des millions de gens à qui il n'a rien à dire ». C'est ce qui fera sa force mais aussi sa faiblesse.
Amoureux passionné des mots, Pierre Desproges a passé sa vie à écrire car il adorait les agencer, les accoupler, les opposer de telle manière qu'ils fassent des étincelels comme els silex que l'on cogne. A la télévision, il plonge les téléspectateurs dans la consternation ou le dépit avec « La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède ». On y apprend à 20 h 35 en quelques secondes : « Comment vieillir sans déranger les jeunes » ou « Comment ne pas sombrer dans l'antinazisme primaire ». Il dérange forcément car il donne l'impression de se moquer pas mal de l'appréciation que l'on porte sur sa vision personnelle des événements. Elle est à prendre ou à laisser. Il déverse sa hargne contre l'hypocrisie, la lâcheté, les préjugés ou le bon goût, dans des livres aux titres poétiques : « Vivons heureux en attendant la mort » (1983), le « Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis » (1985) ou ses « Chroniques de la haine ordinaire » (1987). Pierre Desporges se voulait tolérant mais jamais indulgent. Il souhaitait que chaque mot soit une invitation à réfléchir autrement.
C'est pourtant le « Tribunal des flagrants délires » sur France-Inter, où il joue les procureurs à partir de 1980, qui le consacre aux cotés de Claude Villers et Luis Régo. Provocateur épidermique, Pierre Desproges ne recule devant rien et laisse libre cours à ses détestations. Il passe au lance-flamme à l'antenne « l'intelligentsia crapoteuse", les jeunes, « les humanistes sirupeux », l'armée, les politiques, les Résistants et les collabos, l'Académie, les communistes, le Pape... : « De la même façon qu'il existe un humour juif, je crois instinctivement pratiquer un humour catholique », explique-t-il en pensant certainement que ses prises de position non souvent pourtant rien de charitables. Je n'ose penser à ce qu'il aurait écrit 20 ans après sur le monde politique actuel... Pierre Desproges, était le rebelle-réactionnaire, le misanthrope-humaniste, qui, comme le personnage principal de son unique roman, « aime trop les hommes pour les tolérer médiocres ».
Exceptionnellement je vous propose en hommage à son humour qui aura constitué un bienfait pour la démocratie un certain nombre de ses phrases piquées au hasard de ses provocations volontaires. Pardonnez moi ces vendanges différentes des autres chroniques mais j'espère que vous prendrez autant de plaisir que moi en relisant ce que je crois être des grains de caviar dans un monde où l'insolence spirituelle se raréfie. En cherchant vous leur trouverez un lien, vingt ans après avec l'actualité :

« Ma femme est très portée sur le sexe. Malheureusement ce n'est pas le mien ! »

« La nostalgie c'est comme les coups de soleil : ça fait pas mal pendant, ça fait mal le soir »

« Moi, j'ai pas de cancer, j'en aurais jamais, je suis contre » (NDLR : il est mort d'un cancer à 49 ans)

« La recherche a besoin d'argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antismissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer on fait la quête. »

« Les deux tiers des enfants du monde meurent de faim alors même que le troisième tiers crève de son excès de cholestérol »

« Le rire n'est jamais gratuit : l'homme donne à pleurer mais prête à rire »

« J'essaie de ne pas vivre en contradiction avec les idées que je n'ai pas »

« Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées de réalités des riches »

« Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans »

« L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur

« Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement ont peut arriver à en faire des militaires »

« L'intelligence c'est comme les parachutes quand on n'en a pas on s'écrase »

« La caractéristique principale d'un ami c'est sa capacité à vous décevoir »

« Que la vie serait belle si tout le monde doutait de tout, si personne n'était sûr de rien. On pourrait supprimer du dictionnaire les trois quarts des mots en « iste », fasciste et communiste, monarchiste et gauchiste, khomeyniste et papiste »


Allez, 20 ans après le Mousquetaire aurait bien d'autres saillies mais celles-ci sont mes favorites. Elles entretiennent la flamme de l'intelligence. Cet orfèvre des mots adorait graver les eaux fortes avec de l'acide. C'est bien ce qui nous manque le plus par les temps qui courent où tout est au ras des pâquerettes.
Mais je déblogue...

P.S. : Annie, tu vois je peux changer de style... et être moi triste !

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : PERSONNEL
Dimanche 20 avril 2008
Dans le fond il faudra un jour ou l'autre rendre hommage au club de football du Paris saint Germain car il sait masquer la réalité de l'actualité importante avec les soubresauts de son agonie permanente. Il devrait être sponsorisé par un fameux grand magasin dans lequel il se passait toujours quelque chose de nouveau. Durant tout ce week-end on aura en effet oublié tout ce qui fâche pour ne plus s'intéresser qu'à la claque reçue à Caen puisque dans les jeux du cirque on n'aimait bien que les plus puissants soient trucidés par des gringalets plus habiles.
Le problème c'est que tous les remous qui accompagnent la vie de ce qui demeure une équipe de football illustrent à merveille le niveau de la réflexion sociale actuelle. On ne cesse, d'associer au sport sous toutes ses formes, les dérives les plus spectaculaires d'un monde malade : racisme, violence, oppression, marchandisation, tricherie, lâcheté politique, profits honteux. Les jeux olympiques, la Formule un, le football alimentent davantage la rubrique des faits divers plutôt que celle des résultats sportifs
Par exemple les supporters du Paris Saint-Germain se sont attaqués au Camp des loges, centre d'entraînement du club, dans la nuit dernière après la défaite 3-0 à Caen qui rapproche un peu plus le PSG de la relégation.
Ces supporters au nombre d'une vingtaine ont inscrit des graffitis très vindicatifs sur les murs du centre. "Si on descend, on vous descend", "PSG en Ligue 2 = émeutes", "Direction démission, Le Guen dégage". La voiture du défenseur Sylvain Armand, vice-capitaine de l'équipe, a par ailleurs été copieusement vandalisée. Des installations du club ont également été saccagées.
Des incidents s'étaient déjà produits pendant le match, au Stade Michel d'Ornano de Caen. Un supporter parisien vêtu d'un blouson noir et d'une capuche a pénétré sur la pelouse et a réussi à atteindre la surface de réparation du gardien parisien Mickaël Landreau avant de rebrousser chemin et de se réfugier dans la tribune.
D'autres supporters parisiens ont sévi dans le parking du stade. Ils ont franchi des barrières et se sont approchés du car de l'équipe dont les essuie-glaces ont été arrachés... Dramatiquement absurde mais véritablement conforme à la mentalité actuelle voulant qu'il faille un exutoire à tous les échecs même les plus insignifiants sur le plan humain. Aucune mesure n'a pu jusqu'à maintenant modifier une dérive catastrophique.
DISSOLUTION INEFFICACE
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a eu beau annoncer qu'elle avait décidé la dissolution de deux groupes de supporteurs : les Boulogne Boys et la Faction Metz. Le club de supporteurs de la capitale fait les frais du déploiement d'une banderole injurieuse au Stade de France lors de la finale de la Coupe de la Ligue Lens-Paris le 29 mars, alors que les supporteurs de Metz, eux, sont sanctionnés pour des incidents survenus lors de la rencontre Metz-Lyon du 23 février dernier. Des événements qui ont ému durant quelques jours les milieux du football professionnel mais qui ont vite été ensevelis car l'Euro se profile et il ne faut pas hypothéquer les retombées que l'on en attend pour remonter le moral des Français.
La Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives, saisie le 4 avril, s'est réunie et a « rendu un avis favorable » à ces dissolutions, a précisé Michèle-Alliot Marie avant de rappeler que cette décision faisait suite à « de très nombreux incidents survenus lors de cette saison et au cours des saisons précédentes ». Elle pourra à nouveau la convoquer pour examiner ce qui s'est encore passé ce week-end !
Par ailleurs, trois personnes ont été placées en garde à vue mercredi dernier dans le cadre de l'enquête sur la banderole anti-Ch'tis, confirmant une information de RTL.
Ces trois supporteurs, proches des Boulogne Boys, sont soupçonnés d'avoir participé au déroulement de la banderole anti-Ch'tis lors de la finale de la Coupe de la Ligue, ce qu'ils nient. Dans le cadre de cette affaire pour « provocation à la haine ou à la violence lors d'une manifestation sportive », ils sont passibles d'un an d'emprisonnement, de 15 000 euros d'amende et de trois ans d'interdiction de stade. Il faut croire que le mal est beaucoup plus profond qu'on le croît puisque les comportements ne changent pas. On entre dans une forme de fanatisme destructeur devenu incontrôlable. Le laisser faire des années antérieures lié à une volonté de ne pas perdre le soutien financier d'un partie du public prêt à payer cher son droit à insulter, à hurler, à casser, à vitupérer. Car dans le fond on doit se poser la question sur les objectifs réels des spectateurs...
LE RECOURS AU SAUVEUR
Le milieu cède plus facilement qu'en politique au culte des résultats. Ainsi malgré le démenti apporté par le président Alain Cayzac, des rumeurs de plus en plus insistantes feraient état de la possible venue de Luis Fernandez au PSG pour aider le club parisien à assurer son maintien. L'ancien entraîneur parisien aurait eu des contacts téléphoniques avec la direction du PSG pour aider le club à assurer son maintien lors des quatre dernières journée de L1. Il existe aussi des sauveurs dans le football qui en général lorgne sur la place du moribond pour se glisser à sa place au moindre faux-pas. Il n'existe aucune solidarité réelle sur et hors du terrain : tout n'est qu'une question de tarif et de réseau !
« Les joueurs ont une part de responsabilité, et c'est indéniable, mais celui qui fait les choix, celui qui fait passer un message, se doit d'être encore plus en forme qu'eux. Si Paul Le Guen est K.O debout, il faut qu'il arrête, même s'il ne reste que quatre journées à disputer. Il faut qu'il soit honnête face à ses employeurs. » Roland Courbis et Jean Michel Larqué ont sorti la mitraillette et ils exécutent l'entraîneur sans aucun scrupule. Les deux chroniqueurs pensent que la discussion qui devrait se dérouler dans les prochaines heures entre les actionnaires, Cayzac, et le Guen est très importante.
Le coach Parisien, rabâche sans cesse le même discours, en expliquant qu'il va se battre jusqu'au bout, mais a-t-il la force de continuer ? Il semble à court de forme et d'idées. « Il crie mais personne ne l'entend, il n'a plus la force de ses intentions, il faut un électrochoc ! » pensent les commentateurs des défaillances des autres. Une réunion entre dirigeants et actionnaires devait se tenir cet après-midi au Parc des Princes pour faire le point sur la situation. Et on verra donc si le Jité de 20 heures fait son ouverture sur cette nouvelle sensationnelle qui verrait un « sauveur » prendre en main le gouvernement du P.S-G.
L'EPOQUE DES JOUEURS DE QUILLES
Impossible de ne pas faire référence à cette phrase de François de Malherbe prononcée en... 1620 : « Un bon poète n'est pas plus utile à l'Etat qu'un bon joueur de quilles ». Quand on sait que ces jours ci deux figures emblématiques de ce que devrait être un pays civilisé, éduqué, tolérant ont quitté ce monde dans lequel ils avaient tenu un siècle et que l'on regarde le sort médiatique qui leur ait réservé on ne peut qu'être inquiet pour l'avenir.
Aimé Césaire et Germaine Tillon n'ont probablement jamais pensé avoir une influence aussi forte sur leurs compatriotes que celles des footballeurs. Pourtant tous deux portaient des valeurs fortes qui devraient être ancrées dans la société française. Ils ont sans cesse combattu ce racisme dévastateur qui s'est désormais installé dans les tribunes. Ils ont énergiquement condamné les atteintes aux droits de l'homme que la Chine cherche à masquer par un nationalisme exacerbé. Ils ont tous deux participé aux luttes pour la liberté et contre le fanatisme. Ils ont inlassablement dénoncé la bêtise qui conduit à la violence. Leur nom ne sont pourtant bien moins connus que ceux du moindre sportif professionnel.
On parlera pourtant davantage de l'éventuelle nomination de Luis Fernandez que du rôle de Germaine Tillon dans la Résistance. On évoquera certainement beaucoup plus les slogans idiots des excités du Paris S.-G. que les vers d'Aimé Césaire. On s'agitera davantage sur la descente potentielle des Parisiens que sur le courage dont a fait preuve Germaine Tillon quand elle fut arrêtée, condamnée à mort et expédiée pour la nuit et le brouillard de Rävensbruck. Mais que faire ? Que tenter demain pour que le pain et les jeux ne préoccupent plus totalement les esprits du peuple ? Il ne reste plus qu'à demander à Luis Fernandez ou à Guy Roux d'entrer à l'Académie française pour leurs bons mots aux Grosses Têtes !
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 19 avril 2008
La tendance mondiale actuelle reste de se préoccuper des grands principes en oubliant un peu les comportements concrets des pays. On nom de la nécessité économique, les ventes d'armes n'ont, par exemple, jamais été aussi discrètement réalisées. Les dépenses militaires mondiales avaient augmenté de 3 ,5% par rapport à 2005 et de 37% depuis 1997, confirmant une tendance décennale à la hausse que les budgets annoncés pour 2008 aux Etats-Unis comme en France ne vont pas infléchir. Les Etats-Unis sont toujours bons premiers de la classe avec 46 % des dépenses militaires mondiales. Le chiffre va encore gonfler en 2007 et 2008 puisqu'au budget spécifique de la Défense s'ajoute une centaine de milliards de dollars supplémentaires au titre de la « guerre contre le terrorisme ». La France est 3° juste derrière le Royaume Uni devant la Chine et le Japon et il n'y a pas beaucoup de citoyens pour s'en offusquer en cette période de disette budgétaire. Eduquer coûte trop cher... investir dans des armes constitue une nécessité pour la Rpéublique. Pour la dépense par tête d'habitant nous nous situons au 4° rang derrière les Etats-Unis imbattables, l'Arabie Saoudite (qui dépense plus que l'Inde pour sa défense) et le Royaume-Uni. Dans ce classement la Chine... pourtant présentée comme très militarisée dépense aujourd'hui 23 fois moins que la France et 47 fois moins que les Etats-Unis.
Dans la liste des 20 premiers « marchands de canons » qui suit les firmes US tiennent évidemment le haut du pavé : 15 sur 20. La France où l'industrie de l'armement occupe une place déterminante apparaît 3 fois et une quatrième fois indirectement via EADS . Dans ce classement elle occupe la deuxième place mondiale.
Si les Etats-Unis sont là encore en tête du classement ils ne sont pas en position dominante et sur la période 2002-2006 couverte par le rapport ils ne fournissent que 30% des exportations juste devant la Russie .L'Allemagne et la France sont au 3° et 4° rang pour un volume de l'ordre du 1/4 des deux premiers. Enfin un secteur de nos exportations qui va pour le mieux ! On vend beaucoup aux pays émergeants puisque la Chine et l'Inde sont en tête des acheteurs mondiaux mais sont suivis par une série de pays petits ou tout petits qui dépensent beaucoup pour l'armement tels que la Grèce, les Emirats Arabes Unis et bien entendu Israël qui pour une population égale à un 1/2000° de la population chinoise importe des armements pour une somme égale au quart des importations chinoises. Par tête d'habitant Israël achète 500 fois plus d'armement que la Chine sur le marché mondial... Effarant !
LES BOMBES INVISIBLES
Le nombre total des armes nucléaires opérationnelles - sans compter les réserves et les armes à démanteler ou en cours de démantèlement - s'élève à 11530. A eux deux les Etats-Unis et la Russie en possèdent 10659. La France, loin derrière est bon troisième avec 348 armes nucléaires en état de marche, deux fois plus que la Chine et le Royaume-Uni. Le SIPRI, organisme suédois qui produit tous ces statistiques fiables n'accorde qu'une centaine d'armes nucléaires à Israël, chiffre inférieur à d'autres estimations mais dont l'Etat d'Israël niait de toute façon l'existence jusqu'à ce que Ehud Olmert finisse par l'admettre en 2006. Un autre secret d'importance demeure pour le nucléaire israélien qui est la réponse à la question suivante (formulée dans la langue de tout le monde) : « Y a-t-il un seul bouton rouge à Tel Aviv ou une double commande à Washington et à Tel-Aviv ? »
Le SIPRI estime que les quantités aujourd'hui disponibles dans le monde d'uranium très enrichi - donc à usage militaire - soit 1700 tonnes et de plutonium : 500 tonnes permettraient de construire 100 000 armes nucléaires supplémentaires. Le véritable danger de prolifération est là, mais il est plus à la mode de fantasmer sur le nucléaire militaire iranien qui, selon l'AIEA, n'existe pas... Du moins on peut encore l'espérer. Dans ce contexte affolant on ne peut que se souvenir des accusations américains vis à vis de l'Irak quelques mois avant l'invasion.
En fait en dehors de ce coté spectaculaire il existe aussi la facette la plus dure, celle qui touche les populations longtemps après que les armées en campagne aient abandonné un territoire.
LES BOMBES A RETARDEMENT
C'est une première : une quarantaine de pays organisent une journée de mobilisation contre les bombes à sous-munitions (BASM), quarante-huit heures après le décès d'un reporter de Reuters à Gaza tué par une munition de ce type laissée par les israéliens. La coalition internationale contre ces armes entend faire adopter en mai à Dublin le traité d'Oslo visant à bannir leur utilisation. L'ONG Handicap International appelle Paris à ne pas affaiblir cette négociation. Une BASM est une arme constituée d'un conteneur qui libère, selon le modèle (obus, missile, roquette), une dizaine ou plusieurs centaines de sous-munitions lors de son largage. Environ 440 millions de ces armes instables auraient été largués depuis les années 1960 dans une trentaine de pays, notamment le Laos, l'ex-Yougoslavie, l'Irak, l'Afghanistan. Selon Handicap International, 100 000 personnes en auraient été victimes depuis 1975. 98 % d'entre elles sont des civils... et souvent des enfants qui se hasardent dans des terrains qui n'ont (et ne seront jamais déminés) pour simplement jouer. Les femmes qui vont chercher de l'eau ou du bois figurent aussi souvent au rang des mutilées. Cette réalité affligeante ne semble pas mobiliser outre mesure dans les pays producteurs car il existe bien des usines de fabrication de telles armes.
D'après Handicap International, 98% des victimes connues d'armes à sous-munitions sont des civils. En plus d'être extrêmement imprécises, une proportion importante (jusqu'à 70%) de sous-munitions n'explosent pas à l'impact, constituant alors un danger durable pour les populations locales et ce jusqu'à plusieurs décennies après les conflits. Il y aurait en 2006 plusieurs milliards de sous-munitions en stock à travers le monde, représentant une menace de prolifération colossale. L'ONU estime qu'au Kossovo, en Afghanistan, en Irak et au sud Liban il reste près d'un million de ces sous-munitions sur le terrain, responsables chaque jour de 3 à 4 blessés ou décès depuis le cessez-le-feu.
L'HYPOCRISE AMBIANTE
C'est une guerre lente et oubliée dont on parle beaucoup moins que celle menée avec des moyens plus spectaculaires. Une négociation internationale, qui rassemble une centaine de pays, doit aboutir en mai à la signature d'un traité visant à interdire les BASM détenues par 77 états. Promu à l'initiative de la Norvège après la guerre au Sud-Liban, où, d'après l'ONU, 2,8 millions de sous-munitions ont été disséminés à l'été 2006, le texte serait « applicable dès 2009 », avance Handicap International. Mais il ne s'agira pas d'un traité de désarmement, précise Paris : il n'y aura donc pas d'inspection des stocks après ratification et donc on pourra solder les stocks chez des dictateurs peu regardants. L'ONG pointe l'« ambiguïté » de la France qui « participe au processus d'Oslo, sans renoncer dans les faits à protéger ses stocks, à demander une période de transition pour la destruction de certaines armes et à faire pression sur des Etats francophones ».
En présentant une proposition de loi visant à l'élimination des BASM, le député PS Armand Jung a rappelé que la France ne se contente pas de « stocker des BASM : au moins quatre entreprises françaises fabriquent et commercialisent ces armes ». En décembre 2006, deux sénateurs dans un rapport d'information du 20 décembre 2006 demandent à l'armée française d'abandonner et de détruire 22 000 roquettes M-26 achetés aux États-Unis pour ses lance-roquettes multiples qui envoient des munitions contenant 644 sous-munitions de la taille d'une grenade, avec un taux de ratés de 30% dans certaines conditions. Ce rapport a été dénoncé par comme totalement insuffisant.Paris assure que son armée, «à la différence de ses alliés», n'a plus utilisé de BASM depuis 1991, et que la «plupart des armes problématiques ont été retirées».
La France produit encore l'obus antichar Bonus dont elle aurait «quelques milliers d'exemplaires» en stock aux côtés de «quelques dizaines» de missiles Apache, une «dizaine de milliers» d'obus OGR et la roquette M-26 «en cours de retrait». Autre point de friction, l'«interopérabilité» : la France voudrait ajouter au futur traité d'Oslo une clause de coopération avec des Etats non-signataires du texte. Epineux débat avec la multiplication d'opérations internationales. Bernard Kouchner avait une fois encore lancé un vibrant «stop aux BASM». Il reste à attendre s'il sera aussi efficace qu'il l'a été sur tous les dossiers humanitaires depuis qu'il a commis un déni d'ouverture. On le jugera aux actes pas nécessairement sur paroles fussent-elles explosives !
Mais je débogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 18 avril 2008
On en a la certitude : le système financier mondial est miné de l'intérieur. Il risque même d'imploser face à l'appât du profit que certains se taillent sur son dos en permanence. Nul ne sait véritablement où s'arrêtera la crise. Les organisations de surveillance et de régulation des marchés s'inquiètent puisque on évalue à mille milliards de dollars le trou créé par les diverses opérations d'envergure ayant échoué. Et la spirale s'aggrave : la banque américaine Citigroup a annoncé par exemple, à elle seule, avoir enregistré au premier trimestre une perte nette de 5,1 milliards de dollars, contre un bénéfice de 5 milliards un an plus tôt, due à des dépréciations d'actifs massives d'un total de 12,1 milliards de dollars. Citigroup devient ainsi la banque américaine la plus touchée par la crise des crédits hypothécaires "subprime", avec des dépréciations totales depuis cet automne de plus de... 30 milliards de dollars, devant sa consoeur Merrill Lynch. Celle-ci avait annoncé jeudi une perte de 2 milliards et des dépréciations de 6 à 9 milliards de dollars. C'est abyssal quand on sait que 30 milliards de dollars c'est au minimum la moitié du déficit budgétaire d'un pays comme la France !
On imagine ce que cela donnerait pour l'aide à ceux qui souffrent de la famine. On pense un instant à ce que ces pertes strictement financières auraient apporté eux retraites ou à l'équilibre de nos régimes sociaux. Il faut surtout penser que quand on parle du montant de ces défaillances il faut immédiatement ajouter qu'il fut dans les années antérieures totalement inversé et porté non pas aux pertes mais aux profits. Quelle taxation existe sur ces sommes folles qui s'amoncellent ou s'évaporent au détriment, dans quasiment tous les cas de l'Homme !
DES SOMMES INIMAGINABLES
Les entreprises du CAC 40 ont une nouvelle fois vu augmenter leurs bénéfices en 2007 malgré le ralentissement économique mondial de la fin de l'année tandis que les valeurs bancaires ont largement souffert de la crise financière liée aux crédits américains. Les 38 entreprises du CAC 40 qui ont déjà publié leurs résultats ont accumulé plus de 101 milliards d'euros de bénéfices, soit déjà plus que les 98 milliards, chiffre record, engrangés au total sur 2006. Quel est le pourcentage qui a été reversé à la vie collective ? Qui a imaginé que ces bénéfices collectifs puissent servir à équilibrer les comptes publics ?
Citigroup a expliqué que ce résultat intégrait des dépréciations de 6 milliards sur les crédits liés aux emprunts hypothécaires, de 3,1 milliards sur les créances à effet de levier, de 1,5 milliards sur les crédits aux fonds d'investissement et de 1,5 milliards sur certains types de titres. Le système craque de partout car il compense ses d'erreurs en prenant davantage de bénéfices sur le coût du crédit : en outre une hausse de 3 milliards des coûts du crédit, comprenant à la fois une lourde perte de 1,7 milliard sur les crédits et une provision pour créances douteuses de 1,3 milliard. « Nos résultats financiers reflètent la continuation d'un environnement sans précédent pour les marchés et le crédit" a commenté le nouveau DG du groupe, Vikram Pandit, cité par le communiqué. « Malgré ces facteurs négatifs, nous continuons de voir une dynamique solide dans notre entreprise, avec des volumes d'affaires robustes dans de nombreux produits et régions », a-t-il dit. Il a rappelé que la banque avait levé de nouveaux fonds d'un total de 30 milliards de dollars depuis décembre.On continue donc avec un principe libéral outrancier : on diminue les coûts par évidemment une réduction drastique des personnels et une participation plus lucrative des clients ! D'ailleurs le PDG de Citigroup avait indiqué vouloir réduire les coûts de la banque de 10% à 20%, notamment par des suppressions d'emplois (9.000 pour ce trimestre) et dans les services informatiques, et continuer à céder ses activités non stratégiques. C'est toujours le même processus et les mêmes conséquences sociales et humaines mais il ne semble pas que l'on s'en offusque outre mesure.
ON RESTE EN CERCLE FERME
Chez nous on pédale par exemple dans la semoule sur l'affaire de la Société Générale et on va finir par oublier les réalités de ce qui autre fois aurait tourné au scandale ! Le responsable de la disparition de 5 milliards d'euros continue paisiblement à occuper un fauteuil officiel. On affirme même que le marché a bien accepté la transition au sommet avec l'avènement de Frédéric Oudéa, directeur... financier des lieux depuis cinq ans. De fait, l'action SG grimpait de 6%, signant là la plus forte progression du jour. « Daniel Bouton s'est en fait inspiré de la jurisprudence BNP-Paribas avec le duo Michel Péberau et Baudoin Prot : il prend du recul et se dégage de l'opérationnel au quotidien, mais conserve la haute main sur la dimension stratégique et l'avenir à long terme », décrypte un éminent analyste du milieu. « On peut dire que la Société Générale rentre dans le rang, commente un autre spécialiste du secteur bancaire. Elle s'aligne enfin sur les standards en vigueur dans les autres grands établissements européens avec un découplage des deux principales fonctions ». A vrai dire, ce redéploiement est en fin de compte assez logique. Car il y a tout juste un mois, dans la foulée de l'augmentation de capital réussie à 5,5 milliards d'euros, Frédéric Oudéa, 44 ans, avait été propulsé directeur général délégué.
Ce qui pour bon nombre d'observateurs valait alors mise sur orbite du quadra pour prendre le moment venu la succession de Daniel Bouton, de quatorze ans son aîné. D'autant que le futur patron de l'opérationnel qui est un très proche du directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy n'entend pas faire la révolution en interne : il a aussitôt confirmé dans leurs fonctions les deux autres directeurs généraux délégués, Philippe Citerne et Didier Alix, ainsi que le responsable de la banque de financement et d'investissement, Jean-Pierre Mustier, celui-là même qui coiffait hiérarchiquement Jérôme Kerviel.
Dans le fond on continue à vivre entre gens de la même caste comme si rien ne s'était passé. On a trouvé sur le marché les milliards qu'il fallait pour compenser la perte et l'affaire est oubliée... C'est dans le fond l'essentiel puisqu'ils ne doivent des comptes à personne à part à un conseil d'administration qui sert de bouclier aux erreurs de gestion.

RIEN N'EST PERDU
D'abord, la perte de la Société Générale, si importante qu'elle ait pu être, est à peu près équivalente à ce qu'aurait dû être son bénéfice pour l'année écoulée. Pas de quoi en faire un drame ! Si le profit de 5,9 milliards d'euros est perdu pour certains mais pas pour ceux qui les regagneront en rachetant les créances et ne figurera pas dans le bilan 2007. C'est tout. Rien d'ail n'y pas de quoi en faire un drame, même pour les actionnaires. La BNP-Paribas déclare, au utre. Au même moment, un bénéfice, également record, de 7 milliards d'euros qui, du coup, passe inaperçu car signe d'une gestion exceptionnelle. Toute le monde se nourrit sur le dos de la bête.
Avec des actions boni distribuées aux cadres héroïques et qui seront bien évidemment exonérées des charges, avec des dividendes convenables pour ne pas trop faire rêver le petit investisseur, avec des impôts limités pour insister sur la rentabilité ont arrive à éviter toute critique... sur le profit alors qu'on se focalise sur l'analyse du déficit. Or souvent, trop souvent, le profit est un signe très néfaste de gestion humaine car ils e réalise sur le dos des salariés, sur les délocalisations, sur les compromissions avec des régimes politiques critiquables. En effet, ces chiffres ne paraissent pas impressionner alors que, l'an dernier, les 12 milliards de profit du groupe Total, dont l'activité est tout de même plus visible on susciter des commentaires défavorables.
Les banques sont réputées rigoureuses, intègres, efficaces alors que ce sont elles qui de près ou de loin font la réalité économique quotidienne ! Ces profits bancaires colossaux devraient pourtant d'autant plus étonner que ces mêmes banques ne cessent de se plaindre de leurs difficultés. Elles veulent faire payer la plupart des services qu'elles assurent, alors que le plus souvent, elles ne donnent pas la moindre rémunération aux dépôts courants qu'y font les clients et avec lesquels tout donne à penser qu'elles financent leurs juteuses spéculations. Peu importe car personne ne s'intéresse au montant des profits et des pertes de sa banque pourvu qu'elle lui accorde un découvert suffisant.
Chacun d'entre nous sait, ou devrait savoir (mais ces manœuvres se font souvent à l'insu des clients) que ces mêmes banques ne manquent jamais une occasion de faire, sur leurs dos, de petits profits pour financer de gigantesques pertes !
Mais je déblogue...

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

ABONNEZ VOUS!

Inscription à la newsletter

LE POINT

  • Pages vues :
    6 403 179 (total)
     
    Visiteurs uniques
    930 624

    Abonnés
    300
 

MOTS A MAUX...

Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Publicité

 
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus