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Jeudi 17 avril 2008
Durant les campagnes électorales au plus haut niveau, on peut aisément dire n'importe quoi pour ensuite faire n'importe quoi ! C'est désormais une certitude pour bien des citoyens qui se détournent de la politique avec le sentiment que, quel que soit le camp choisi, la confiance est trahie. C'est ainsi que, même dans le camp du président de la République, on doute de plus en plus de la sincérité de ses actes et surtout de la qualité de sa gestion gouvernementale. Il n'y a plus un jour sans erreur, sans divergence, sans contradiction. Ainsi personne ne se souvient de ce qu'il avait déblatéré sur mai 68 lors d'une discours à Bercy, qu'il avait conçu comme la dernière charge, comme le coup de grâce contre la « pensée unique » et « l'idéologie de Mai 68 ».
Depuis le début de sa campagne, il n'avait pas cessé de fustiger ces fléaux responsables de « la crise morale » dans laquelle était, selon lui, plongé le pays. Il faut avouer que sur le plan de la morale il a sans cesse fourni un exemple parfait depuis son élection. Certaines poignées de mains devraient figurer dans le livre d'or des pantalonnades et des erreurs diplomatiques.
Le soutien de l'incontournable André Glucksmann avait préparé le terrain : « J'ai choisi Sarkozy parce qu'il est l'inverse de la caricature de monstre autoritaire et raciste qu'on fait de lui », avait lancé le philosophe, ex-soixante-huitard. Pour Sarkozy, Mai 68 reste responsable de tout : du dénigrement de l'identité, du communautarisme, de la faillite de l'école, du cynisme des capitalistes et même des parachutes dorés !
Dans son délire, Sarkozy avait carrément dit : « Ce fut une campagne aux prises avec une crise morale comme la France n'en a peut-être jamais connu, sauf peut-être au temps de Jeanne d'Arc.» Le candidat de l'UMP avait également clamé dans un Bercy chauffé à bleu, blanc, rouge : « Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l'élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant.» «Il n'y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie ». Il avait dénoncé « la gauche, héritière de Mai 68 [...]. Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes ». C'était net et sans bavure : la Gauche était porteuse de la chienlit de mai 68 et il fallait écarter toute résurgence de cet esprit de contestation des décisions futures d'un gouvernement Ump !
Or voici que hier Nicolas Sarkozy a reçu...Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni, co-présidents du groupe des Verts-Alliance libre européenne au Parlement européen.
L'IMAGINATION AU POUVOIR
Cet entretien avec l'ancien dirigeant de la révolte étudiante de mai 1968 en France s'inscrivait dans le cadre de la consultation par le chef de l'Etat des présidents de groupes au Parlement européen, dans la perspective de la présidence française de l'Union européenne au second semestre 2008. Or comme il a tout basé en matière de communication sur ces 6 mois de présidence il commence à se méfier des ratés possibles. « Je ne prends pas possession des lieux », a lancé Daniel Cohn-Bendit à son arrivée à l'Elysée, en posant brièvement sur le perron pour les photographes - une allusion à l'occupation de l'université de Nanterre et de la Sorbonne en mai 1968.
Celui qui fut surnommé « Dany le Rouge » a dit avoir offert au chef de l'Etat son livre « Forget 68 » avec une dédicace : « Pour Nicolas, l'imagination au pouvoir, c'est pour quand ? Salut, Dany Cohn-Bendit ».
« Il a ri, il a dit c'est très gentil, je vais le lire et après on a pris rendez-vous pour en parler »,
a raconté le dirigeant vert. On ne sait pas s'il s'en inspirera pour modifier sa politique.
Selon l'ancien dirigeant étudiant, Nicolas Sarkozy n'a pas réitéré, lors de leur entretien, sa volonté de liquider l'héritage de mai 1968. « Il va lire mon bouquin et puis après il va m'appeler, me dire je me suis trompé, pardon, ce n'est pas liquider 68, au contraire, c'est très bien », a ironisé Daniel Cohn-Bendit. « 68, ça a commencé une transformation formidable de la société française. La preuve, c'est qu'un homme deux fois divorcé est président de la République. Allez chercher il y a 40 ans ! Mme de Gaulle, tante Yvonne, elle se retourne dans sa tombe » a-t-il ajouté démontrant ainsi que d'une certaine manière nous sommes toutes et tous les enfants ou les petits-enfants de ce mois qui a marqué quoi qu'en disent les « victimes » d'alors.
UNE EUROPE DIFFERENTE
Nicolas Sarkozy a ensuite présenté à Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni sa vision de la présidence française de l'Union européenne. Les deux dirigeants Verts lui ont à leur tour exposé leurs idées. « Par exemple, il parle de la préférence européenne. Nous on a dit c'est mieux de donner des critères sociaux et écologiques et de taxer sur des critères sociaux et écologiques », a précisé Daniel Cohn-Bendit.
Les deux dirigeants Verts ont également souhaité que la présidence française défende « une Europe de la Défense et de la prévention des conflits » qui n'existe pas encore. « Et il a dit d'accord », a déclaré Daniel Cohn-Bendit comme s'il ne connaissait pas encore le Président qui dit oui à tout pour ensuite faire le contraire le lendemain puis de revenir à la position initiale modifiée.
Les deux dirigeants Verts ont aussi souhaité que la présidence française défende l'idée que l'Europe s'attaque à réguler socialement et écologiquement la mondialisation. « On n'est ni anxieux ni rassurés. Il y a des différences politiques. Ce qui est intéressant c'est qu'il veut vraiment une présidence française au service de l'Europe et ça peut être nouveau », a rapporté Daniel Cohn-Bendit.
Monica Frassoni a pour sa part noté parmi les éléments positifs de l'entretien une volonté de Nicolas Sarkozy de travailler avec la Commission européenne. Daniel Cohn-Bendit a dit avoir cerné avec le président français des divergences sur la politique d'immigration. Or il est probable qu'avec l'arrivée en Italie de Bossi et Berlusconi il trouvera des alliés pour faire de ce sujet un « cheval de bataille » populiste pouvant masquer le reste des décisions politiques d'un autre ordre. « J'ai vécu la présidence italienne de Berlusconi sur l'Europe, ça n'a pas été brillant. Si vraiment Sarkozy s'appuie sur Berlusconi, ça va être du rien avec du rien », a prophétisé Dany le rouge devenu vert !
Par exemple je suis curieux de sa voir ce qu'il se passera quand l'Europe examinera la situation des finances publiques de la France et de l'Italie dans le contexte actuel. Le Ministre des finances belge sûrement un peu « idiot » mais sûrement aussi un peu lucide a confié à sa brillante homologue française que d'après ses calculs il faudrait près de 30 ans à ce rythme pour que la France arrive à l'équilibre financier... Remarquez qu'avec un peu de dialectique, les Ministres trouveront les racines du mal en... mai 68 et ils expliqueront que si l'on en est rendu là c'est de la faute aux grévistes (dont j'étais) il y a 40 ans et qui ont bouleversé les critères sociaux qui permettaient à la France d'être un pays prospère pour le capital.
LE DETRICOTAGE
Le député européen Daniel Cohn-Bendit (Verts) a estimé que la majorité était en train de "détricoter" le Grenelle de l'environnement. « Je ne sais pas ce que veut le président de la République mais ce qui est sûr c'est qu'une politique de l'environnement comme l'avait envisagé le Grenelle "ne peut pas se faire avec la majorité, telle qu'elle existe aujourd'hui », a-t-il ajouté. Selon lui, le président de la République est devenu « un canard boiteux qui ne peut plus faire ce qu'il veut parce qu'en fait sa majorité l'en empêche ». Il a encore une fois un diagnostic très pointu de la situation des relations entre Nicolas Sarkozy et le parti qu'il a créé. « On en est au stade du gouvernement où on passe de l'ouverture à la fermeture », a jugé l'eurodéputé iconoclaste.
Dans la nuit les sénateurs lui ont donné immédiatement raison sur les OGM et plus encore ils ont vite obéi aux « ordres souterrains » des lobbies agricoles extrêmement puissants. La cause est entendu : il en sera ainsi sur tous les sujets sensibles (voir sur mon blog la réalité quotidienne http://jeanmariedarmian.fr) comme la politique de l'eau (utilisation pour l'irrigation massive ou la dépollution) ou celle encore plus sensible de l'énergie : on n'avancera pas car le milieu économique forcera au retour en arrière. Il y a fort à parier que la présidence européenne française sera axée essentiellement sur le niveau de l'euro, l'inflation, l'immigration mais absolument pas sur l'écologie, le social, la citoyenneté. Ces valeurs sont dépassées.
Il y a un an Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar avaient fait une réponse savoureuse aux propos sarkozystes qui prend toute sa valeur dans la situation actuelle. J'aurais bien voulu la publier en entier mais je ne retiendrai que cet extrait : « (...)Nous sommes génétiquement coupables d'un désir d'égalité, de solidarité et de liberté. Nous sommes génétiquement coupables de penser que le pouvoir n'est pas la propriété privée d'un homme ou d'une femme. Nous sommes génétiquement coupables de rêver d'une mondialisation écologiquement et socialement régulée. Nous sommes génétiquement coupables de croire que le kärcher ne résout rien et que la police ne peut pas tout. C'est pour toutes ces raisons que nous décidons de créer un cercle des «enragés repentis fatigués de la chienlit» et que nous demandons à être rééduqués par le maître penseur de la révolution culturelle sarkozyste, André Glucksmann, en promettant de nous flageller publiquement et collectivement devant le siège de l'UMP (...) ». Ces gars là sont véritablement exceptionnels car ils continuent à écrire et surtout à s'inscrire dans l'histoire. Je suis 40 ans après toujours avec eux et j'ai adhéré à leur cercle des enragés d'une autre vie!
Mais je déblogue...

 

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 16 avril 2008
La bataille fait rage autour du texte d'un badge. Elle est symbolique de l'état réel du monde même si on essaye de vous persuader du contraire. Depuis des années, le « politique » a été rogné, effacé, dégradé, dénaturé par la pression d'un milieu économique détenant les véritables leviers des pouvoirs. Plus d'opinion, plus d'idéal, plus de confrontation et toujours le même verdict : directement ou indirectement le monde des « affaires » apparaît comme le seul pouvant faire sa loi. On ne parle surtout plus de choix politiques mais de ratios de gestion, plus de progrès pour l'homme mais de courbes des profits, jamais d'égalité mais de rentabilité. L'utopie a cédé le pas au matérialisme absolu. Comme selon un concept « Bayrouiste » on a fait « bouger les frontières », elles n'existent plus et on assiste à des concurrences dans tous les pays entre l'original flamboyant et une pâle copie.
Les électrices et les électeurs, comme en Italie, ont démontré qu'ils espéraient tirer davantage de « l'original » que de la « copie » ! D'ailleurs ils campent encore longtemps en France sur ce sentiment et ne se déjugent qu'après avoir constaté qu'ils se sont également faits bernés par le premier. Ils ne croient pas encore nécessairement aux résultats du « copiste » mais ils refusent leur confiance à l'auteur de l'œuvre jugée finalement imbuvable. Tout tourne autour de ce constat. Plus rien n'entre dans le champ des politiques qui croient gouverner le monde. Il leur échappe de plus en plus avec les poids du système financier mondial qu'ils n'ont pas su moduler, maîtriser ou contrôler. Le « monstre » leur a échappé !
On vit exactement cette réalité dans le milieu de l'olympisme. Qui peut encore croire à l'indépendance et à l'éthique de ce mouvement se prenant pour le chevalier blanc de la planète ? C'est véritablement être d'une crédulité enfantine que de penser qu'Henri Sérandour, grand maître du CNOSF, a pris des positions d'un indépendance totale à l'égard de la Chine. Noël Mamère, qui a la louable habitude de dire très haut ce que tout le monde pense tout bas a simplement accusé le Président de l'olympisme hexagonal de s'être « couché » devant les autorités chinoises en refusant aux sportifs la possibilité de porter leur badge « pour un monde meilleur » aux J.O. de Pékin.
« Le CIO est dans la ligne de la position qu'avaient tenue  les responsables de l'olympisme au moment des JO de 1936, où ils avaient accepté l'inacceptable à Munich avec le régime nazi », a accusé Noël Mamère sur Canal+.
Il rappelle qu'en Chine, « on exécute des syndicalistes, on enferme, on emprisonne, on torture des gens qui réclament simplement la liberté d'expression ». Quant à l'association Reporters sans frontières, très en pointe pour dénoncer l'organisation des J.O. par la Chine, elle s'est dite « consternée » par cette position. « C'est une capitulation en rase campagne, sacrifiant la liberté d'expression des athlètes au profit des exigences des organisateurs chinois ». La vérité qui tue encore en Chine ne cause pas beaucoup de ravages chez nous !
« J'attends que Nicolas Sarkozy nous dise 'je n'irai pas aux jeux'. J'attends aussi qu'il dise qu'il n'est pas d'accord avec les positions qui sont exprimées à la fois par le président du CIO et par M. Sérandour, parce que ce qu'il vient de faire ça porte un nom, c'est se coucher » a ajouté Noël Mamère certain que personne ne bougera !. Pour moi c'est une remarquable synthèse des positions actuelles d'un pays présidé par le « caniche de George Bush » ou par un coolie chinois mais on expliquera que le caractère immaculé de l'olympisme mérite ces sacrifices ! Une virginité ressemblant à celle d'une fille de joie précoce à l'aube de sa retraite.
LAPORTE FERME LA PORTE
En fait il faut que les JO aient lieu pour que le CIO ait les moyens de continuer à dépenser des sommes folles pour « nourrir » son fonctionnement fastueux et totalement disproportionné dans la période actuel : palaces pour ses dirigeants, voyages fastueux, communication dispendieuse...
Les athlètes français ne seront pas autorisés à porter le badge « Pour un monde meilleur » destiné à montrer leur attachement aux droits de l'Homme lors des JO de Pékin, a donc annoncé, le courageux Henri Sérandour. « On ne peut pas mettre un badge pour la cause d'untel, un badge pour une autre cause. On va respecter la charte qui est : aucune manifestation tangible de quoi que ce soit pendant les manifestations sportives et pendant le défilé des cérémonies d'ouverture et de clôture », a-t-il ajouté d'un ton sentencieux démontrant que lui il savait ce qu'étaient les Droits de l'Homme et les devoirs des organisateurs ! Il en a tellement fait qu'il a même désespéré Bernard Laporte qui du coup a repris son vocabulaire en parlant de « retour nécessaire aux fondamentaux ». Il a jugé la décision du CNOSF « regrettable.»
« Moi, je trouvais ce badge pas très agressif, il n'attaquait ni la Chine, ni rien, il reprenait une phrase de l'olympisme 'pour un monde meilleur' et les anneaux" . Il a tout de même trouvé une excuse de poids pour celui avec lequel il doit travailler dans son Ministère : ce n'est pas de sa faute mais c'est celle des membres du Comité international Olympique qui sont extrêmement susceptibles. Il a en effet estimé « qu'il aurait été préférable de demander l'avis du CIO avant » de lancer l'idée?« C'est peut-être cela qui les a un petit... peu vexés. ». Il a bien senti que nous ne devions pas contrarier ceux qui se servent avant de servir l'olympisme. Du coup il n'a pas fait dans le détail : « Faut pas aller aux JO, pour ceux qui veulent vraiment porter le badge » invitant « à ne pas en faire des tonnes et des tonnes avec cette histoire » et « à arrêter de se servir » des athlètes (sic). Soyez-en certains, lui, comme Sarkozy, ne se serviront pas des médaillés pour leur pub personnelle, qu'ils aient ou qu'ils n'aient pas un badge !
DOUILLET RIT JAUNE
Les athlètes français maintiennent leur souhait de « s'exprimer » lors des Jeux olympiques de Pékin par un badge portant un message « international », a répété, hier, l'ancien champion olympique de judo, roi des pièces jaunes, David Douillet, s'opposant ainsi à la position exprimée par le Comité national olympique et sportif français.
« Ce qu'on veut porter, c'est un badge qui serait porté par un Américain, par un Ethiopien, par un Libanais, par n'importe quelle nation, un badge international », a expliqué le frustré parisien de la flamme . « Ca sera quelque chose d'international qui est acceptable pour tout le monde, qui est accepté, qui donne le sentiment de s'exprimer et une vraie tranquillité » aux athlètes a ajouté le roi du ippon ! Je résume : il cherche pour Nicolas Sarkozy un moyen de s'en tirer avec les honneurs. Un badge du genre « vive le CIO » pourrait être envisagé afin que les Françaises et les Français n'aient aucun problème.
« Je suis extrêmement déçu », a réagi le perchiste Romain Mesnil, vice-champion du monde 2007 et président du Syndicat des athlètes français. « Notre message, avec en plus 'un monde meilleur', qui est tiré de la charte olympique, que tout le monde avait trouvé peut-être un peu trop consensuel, c'est prôner les valeurs de l'olympisme, dont les droits de l'Homme », a-t-il défendu avec conviction. C'est inutile : il aura vite le choix entre insister ou rester à la maison ! Il aura le badge possible suivant que je lui conseille de faire vite créer : « je suis exclus pour avoir cherché des chinoiseries au CIO. »
Rappelons que cette docte assemblée réunit 115 membres cooptés, tient entre ses mains les rênes de la procédure d'attribution des Jeux olympiques. C'est donc le CIO qui a décidé en juillet 2001 d'attribuer les Jeux à la Chine. C'est le Comité international olympique, formé pourtant de 60% de membres rompus à la politique nationale ou internationale, qui a choisi de laisser à chacun le droit de se forger une opinion personnelle sur la situation des droits de l'homme dans les pays candidats. C'est donc le « Conseil d'administration » de la gigantesque multinationale olympique qui a pris le risque de ne pas ouvrir les yeux sur la situation des droits de l'homme en Chine pour permettre à sa marmite de bouillir en paix dans ce qu'il est convenu d'appeler un pays émergeant de 1,5 milliards d'âmes. C'est le CIO qui s'est risqué à désigner un état qui va dépenser plus de trente milliard d'euros, dont deux pour les installations sportives, pour organiser les Jeux dans un pays où beaucoup d'humains manquent de tout. C'est le président actuel du CIO, a remis, le 17 mai 2001, les clés de la ville à l'ancien président du CIO, devenu président d'honneur à vie, également ancien ministre de Franco et membre de l'Opus Dei...le marquis Juan Antonio Samaranch. Et ça pas un badge l'effacera !
LE PRECEDENT QUI FAIT REFELECHIR
Rappelons que quand s'ouvrent à Berlin, le 1er Août 1936, les Xème Jeux Olympiques, on est à 15 mois de l'Anscluss, à un peu plus de 2 ans de l'affaire des Sudètes et de l'annexion de la Tchécoslovaquie et à 3 ans du conflit continental. On aura cependant l'impression que la paix est sauvée en cet été 1936 au cours duquel Hitler fait patte de velours. En effet, il maintient à la tête du Comité Olympique allemand le secrétaire d'Etat Théodore Lewald, dont le père est pourtant d'origine israélite. Il laisse également sélectionner la célèbre fleurettiste Helena Mayer, championne olympique en 1928 à Amsterdam et qui, après s'être exilée aux Etats-Unis, revient à Berlin pour participer aux Jeux.
La paix préservée par l'Olympisme ? Trop beau hélas pour être vrai. Pendant le durée des Jeux de Berlin, il n'y aura pas ouvertement de discrimination raciale ou religieuse. Cependant, dès 1933, le CIO avait failli remettre tout en question. En effet, de nombreux comité nationaux, notamment ceux des Etats-Unis et de la France, s'étaient émus du développement des idées nationales-socialistes et se montraient désireux de confier l'organisation des Jeux à une autre ville, non allemande.
Le comte de Baillet-Latour, président du CIO, obtient une audience d'Adolf Hitler qui lui promet solennellement le respect de la charte olympique dès avant les Jeux. En juillet 1935 s'élève la voix de l'entraîneur d'athlétisme américain Dirk Templeton : "La plus confiante des âmes se refuse à croire désormais que les promesses faites par les Allemands au sujet de la non-discrimination seront tenues. La sagesse voudrait que la Fédération Internationale d'athlétisme interdise à ses ressortissants l'accès aux Jeux Olympiques de Berlin, ou mieux encore que ceux-ci soient confiés à une autre ville. Si l'Allemagne devait conserver la privilège d'organiser les Jeux, c'est l'oeuvre entière de Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux modernes, qui serait remise en question et même ruinée." Là-dessus, Monsieur Avery Brundage, président du Comité Olympique américain, se rend en Allemagne pour se livrer à une enquête personnelle. Il revient en déclarant :"Il faut participer aux Jeux."
Il faut, une fois encore, que le comte de Baillet-Latour revienne à la charge pour que la vague de protestation s'apaise.Ainsi avant même que les Jeux ne commencent, le IIIème Reich annexe l'olympisme comme il le fera bientôt de l'Autriche et de la Tchécoslovaquie. En ce 1er Août 1936, le temps est triste sur Berlin où toute la jeunesse du monde s'est donné rendez-vous. Goebels déclare aux journalistes étrangers présents à Berlin : "L'Allemagne ne nourrit que des intentions paisibles." A 14h, le stade olympique avait déjà fait son plein de spectateurs, figés, disciplinés, abusés. Rassurez vous ce sera la cas à Pékin... car les sponsors et les télés en ont besoin. Le spectacle continue !
Mais je déblogue...

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 15 avril 2008
Le gouvernement actuel est en passe de dépecer ce que la République avait érigé en principe clair. Dans son programme de reconstruction de la France meurtri par la seconde guerre mondiale, le Conseil national de la Résistance avait érigé en valeur essentielle de la nouvelle société à bâtir, la solidarité. On devrait en lire des extraits dans tous les lycées afin de réconcilier les plus jeunes avec un esprit qui semble avoir totalement disparu. Il prônait par exemple « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ; la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ; l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance conte les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ; une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours... » Ce fut la volonté de toutes les forces de la Résistance et c'est du passé que l'on ensevelit peu à peu sous des réformes destinées à briser le principe même de solidarité. Il faut le remplacer au plus vite par une nouvelle notion celle d'assurance. La pire des solutions dans une société de plus en plus inégalitaire car elle ne repose plus sur l'entraide possible mais sur simplement la capacité matérielle à survivre.
L'avantage c'est que l'on enlève tout rôle à la puissance publique dans la régulation des aléas de la vie puisqu'on laisse à chacun le soin de les assumer. En fait parcelle par parcelle le pacte social est démonté pour ouvrir la brèche dans un système jugé trop onéreux pour les plus nantis.
Roselyne Bachelot a annoncé hier travailler sur l'idée que les dépenses d'optique (lunettes et lentilles de contact) pourraient à l'avenir ne plus être remboursées par la Sécurité sociale, mais par... les mutuelles et les assurances complémentaires. Cette disposition figurerait dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, qui sera présentée l'automne prochain. Au moins elle prend son élan de très loin et personne ne pourra s'estimer ignorant, le moment venu, de cette décision. Les opticiens vont faire fortune car il n'y a plus que quelques mois pour changer... d'optique !
5 MILLIONS D'EXCLUS
Aujourd'hui, les frais sont déjà abominablement mal pris en charge par la Sécurité sociale ; Tellement qu'ils ne correspondent plus à rien si ce n'est une obole : pourquoi ne pas donc entériner leur non remboursement total ? Une goutte d'eau dans l'océan du déficit et une mesure purement symbolique quand on confronte le résultat attendu et le déséquilibre des comptes généraux de la Sécu. Les économies ainsi réalisées ne seraient que de l'ordre de 230 millions d'euros, sur une ardoise qui approcherait les 10 milliards. Il faudrait donc multiplier les déremboursements dans tous les domaines pour parvenir à combler le trou. D'ailleurs on se demande même si le mieux ne serait pas tout simplement de supprimer la sécurité sociale pour... régler le problème de son déficit !
On délègue la gestion du risque santé aux assureurs qui ont déjà largement investi ce champ social ! Mais problème crucial que Mme Bachelot n'ignore absolument pas : 8% de la population française ne bénéficient pas aujourd'hui d'une telle assurance pas plus que de la Couverture maladie universelle ce qui représente près de... 5 millions de personnes. Il est vrai que les cotisations ont augmenté de 25% sur les cinq dernières années. Et il s'avère que ce serait bien évidemment des plus faibles et pas nécessairement ceux qui sont en situation de précarité officielle : chômeurs, précaires, temps partiels subis, retraités du régime agricole, anciens petits commerçants ou artisans... Ceux-là mêmes qui sont déjà frappés de plein fouet par les franchises médicales vont donc se retrouver incapables d'acheter des lunettes pour voir la vie et pas véritablement en rose !
IINSECURITE SOCIALE
Rappelons que l'Etat doit à la Sécurité sociale la bagatelle de 5 milliards d'euros et qu'il ne lui verse pas l'intégralité des taxes sur le tabac et l'alcool, ce qui équivaut à 3 milliards supplémentaires. Ajoutons encore 3 milliards qui seraient perçus si l'on taxait les stock-options, suivant la proposition formulée en septembre 2007 par le Président de la Cour des comptes, Philippe Séguin. Le déficit n'existerait pas et le débat n'existerait même pas. Impossible cependant de l'envisager car c'est contraire à la doctrine actuelle : on ne cherche pas à augmenter les recettes mais on taille à la serpe dans les dépenses quitte à creuser un précipice entre la France d'en bas et celle des sommets. Plus aucune solidarité. Plus aucune lisibilité des valeurs républicaines comme les portaient encore il y a une dizaine d'années les mutuelles. C'est la condamnation à mort sous des apparences bénignes de tout ce qui a fondé la Sécurité sociale. On ouvre les portes a contrario de l'insécurité sociale grandissante. Elle va s'accentuer d'ici les vacances en plaçant les familles face à des choix cornéliens : payer la maison, l'essence pour aller au travail, les frais obligatoires ou se « couvrir » pour les frais de santé !
Avec 5,5% d'augmentation du gaz pour bientôt, les mesures annoncées pour les chômeurs on va sucrer les allocations des chômeurs refusant deux offres jugées "valables", le poids des crédits de plus en plus chers, une système éducatif marchandisé... on engage une véritable guerre contre les classes moyennes ou défavorisées. Il va falloir de toute urgence créer un « Conseil National de la Résistance » pour se battre contre ces mesures envahissantes qui ne sont qu'à courte vue pour rassurer avant le 1° juillet des collègues européens affolés par la situation globale du pays qui assurera la présidence pour 6 mois. Nicolas Sarkozy avait indiqué dès septembre qu'il entendait redéfinir la part relevant de la solidarité et donc de l'assurance-maladie, et celle relevant de la responsabilité individuelle, et donc des mutuelles et des assurances.
« Il y a des marges de manoeuvre" du côté des organismes complémentaires, a donc souligné la ministre de la Santé, en affirmant que « leurs marges sont passées de 12 % à 23 % à périmètre de prise en charge égal ». Refusant de préciser quelles dépenses pourraient être transférées , elle a en revanche écarté l'idée de dérembourser partiellement la prise en charge des maladies graves (affections de longue durée, ALD), couvertes aujourd'hui à 100 %. « Il ne faut pas regarder le taux de remboursement des ALD (...), ce n'est pas la voie que je préconiserai », a-t-elle défendu, alors que l'instauration d'un ticket modérateur fait partie des pistes d'économie. On n'en est pourtant pas très loin puisque la ministre de la Santé estime qu'il faut plutôt durcir l'entrée dans le dispositif des ALD, « qui peut donner lieu à un certain laxisme ».
MUTUALISER LES PROMESSES
Roselyne Bachelot pose aussi des conditions à des transferts vers les complémentaires : une meilleure mise en concurrence et le fait que les mutuelles « fassent la preuve qu'elles ont une valeur ajoutée » par rapport au régime général, et, enfin, que « tous les Français aient accès à une couverture complémentaire ». Et voici la vérité : nous serons sauvé par la concurrence alors que l'on sait que par essence même les mutuelles ne dégagent aucun profit mais redistribuent (après garanties légale obligatoires) ce qu'elles encaissent. On aura donc un affrontement sur des « produits d'appel » et absolument pas sur les valeurs solidaires.
Le président de la Mutualité Française Jean-Pierre Davant a d'ailleurs appelé hier la ministre de la Santé à « négocier » sur la question du remboursement des frais d'optique, rappelant que les mutuelles ne font pas de bénéfices. « Je regrette beaucoup la déclaration de Mme Bachelot parce que le gouvernement va ouvrir les négociations. Je pense qu'il serait plus raisonnable de négocier d'abord, parler entre gens raisonnables, avant de faire des déclarations de ce type ». Elle n'a rien fait de mal mais simplement elle imité ses collègues du gouvernement qu avant elle avaient fait des déclarations sur la carte judiciaire, les suppressions de fonctionnaires, la carte familles nombreuses, le boycott des J.O., la mise en place du R.S.A., le pouvoir d'achat et sur bien d'autres sujets.
Laurent Fabius vient de créer un « observatoire des promesses non tenues » par Nicolas Sarkozy. Jour après jour la liste s'allonge... et elle va finir par être supérieure à la liste des réformes proposées. Cette réalité devrait alerter les gens ayant besoin d'un dentier, les personnes atteintes comme on le dit maintenant d'une « longue maladie », les sourds, les handicapés... enfin toutes celles et tous ceux que la vie n'épargnent pas. Si en plus comme l'aurait dit Coluche s'ils sont « pauvres, isolés, non assurés » ce sera encore plus dur pour eux !
Les myopes, les presbytes, les hypermétropes ... qui ne l'ont pas encore compris seront un jour au « royaume des innocents » car faute de lunettes ils ne pourront plus découvrir le contenu de ce qui les attend. On ne peut plus malheureusement appeler cela une vue de l'esprit !
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
Lundi 14 avril 2008

Une vingtaine d'années les séparent. Mais il y a beaucoup plus entre eux que ce fossé de l'âge car en Italie et bien au-delà ils représentent deux visions très différentes de l'avenir de leur pays. Leur opposition n'a pas pour autant mobilisé les foules en Italie. Le phénomène très répandue en Europe du désenchantement vis à vis de la politique, du renoncement démocratique plane sur le résultat des élections générales anticipées que l'on connaîtra ce soir.La campagne électorale fut la plus triste, la plus ennuyeuse des deux dernières décennies car ni Silvio Berlusconi, le milliardaire fabricant d'opinion dominante médiatique, 72 ans, ni à gauche le populaire maire de Rome Walter Veltroni, 52 ans, n'ont réussi à passionner un débat qui n'a pas loin s'en faut réveillé le peuple. Il est vrai qu'une fois encore, les frontières entre les discours reposaient davantage sur les personnalités des uns et des autres que sur le contenu des programmes. L'enjeu de ces élections anticipées est pourtant essentiel, après l'échec de la coalition de gauche de Romano Prodi qui aura duré à peine deux ans alors qu'en France certains socialistes la présentaient comme exemplaire d'une nouvelle méthode de faire de la politique.
S'il en était besoin, le crash de l'Alitalia, la compagnie nationale au bord de la faillite, le scandale des ordures amoncelées dans la région de Naples, le maintien constant du pouvoir des mafias dans les régions du Sud, viennent rappeler que l'Italie traverse une crise grave. Dans un pays où les inégalités se creusent encore avec quelque 20% des familles vivant avec moins de 1200 euros par mois, selon les statistiques officielles la campagne aurait dû se focaliser sur des mesures fortes destinées à relancer la croissance.
En fait on se trouverait exactement dans la même situation en France si des élections anticipées devaient avoir lieu. Face à face un candidat porté par « es » médias et extraordinairement démagogue et de l'autre un homme de gauche apparemment populaire mais peu convaincant dans son engagement social. Ils sont tous deux en définitive très proche sur les mots alors qu'ils n'ont absolument aucun point commun dans leurs personnalités. Il est vrai que les caisses sont encore plus vides en Italie qu'elles ne le sont en France !
Berlusconi a effectué une campagne extrêmement traditionnelle en agitant les spectres habituelles : la gauche ce sera des « impôts en plus », « Walter Veltroni est un menteur professionnel qui a fait une campagne de mensonges » et le Parti démocrate (PD) « n'est que l'ultime mue du Parti communiste italien »... On a presque ressorti les photos de Pepone sosie de Staline et on a brandi des dessins avec les Bolcheviks ayant le couteau entre les dents. « Ne le traitez pas mal », a-t-il demandé « ironiquement » à ses supporteurs en évoquant Walter Veltroni lors d'une réunion électorale car la gauche italienne a confié à son leader « une mission impossible, celle de faire oublier le communisme ». Personne ne sait si lui il a en charge de faire revenir les cendres de Mussolini !
DIFFICILE DE FAIRE REVER
Et pourtant, il y a deux ans seulement, le magnat des médias traitait de « couillons » les Italiens votant pour la gauche et incitait ses compatriotes à lire « le petit livre noir du communisme » pour qu'ils puissent découvrir que « dans la Chine de Mao, ils ne mangeaient pas les enfants, mais ils les faisaient bouillir pour servir d'engrais dans les champs ». Tout un programme électoral susceptible de résoudre les difficultés terribles d'un pays au bord de la ruine mais dont il est... la première fortune !
Outre les problèmes d'image du pays qu'il porte collée à ses frasques, son utilisation très personnelle du pouvoir, Berlusconi doit admettre que l'économie italienne a terminé l'année 2007 en queue de peloton par rapport à ses principales concurrentes européennes. Il est donc obligé de prévenir : « Nous ne savons pas et nous ne pouvons pas faire de miracles ». En présentant son programme fin février, qui consiste bien évidemment à vite instaurer une sorte de bouclier fiscal et à faire un cadeau du même ordre à ses copains il a ajouté « qu'au vu des conditions de l'économie internationale, il est difficile de faire rêver ».
Il est cependant jugé encore comme dangereux par des personnalités proches de lui. Avec une victoire de Silvio Berlusconi « nous risquons de perdre cinq années supplémentaires », a par exemple commenté dans le Financial Times son ex-allié Pier Ferdinando Casini, chef du parti démocrate-chrétien UDC, affirmant que le chef de la droite italienne vieillit mal. « Certains défauts qu'il avait se sont aggravés », a estimé Pier Ferdinando Casini, de 20 ans plus jeune que l'ex-chef du gouvernement, ajoutant avec une pointe de perfidie « qu'avec l'âge, ils empirent au lieu de s'améliorer ». Il est en effet extrêmement mégalo et une fois encore prêt à se servir. Il utilise absolument tous les leviers qu'il possède comme par exemple celui de faire annoncer, hier, que « son » club le Milan AC avait recruté Ronaldinho dont ne veut plus le Barça ! Même si ça ne se fait pas on sera toujours à temps de reporter l'échec sur le dos des Catalans après les élections. En fait le grave problème de l'Italie c'est que l'on votera pour ou contre Berlusconi et par nécessairement pour ou contre la Droite !
TROP TOT POUR VELTRONI
Encore une fois on assistera à cet effet pervers de la personnalisation outrancière de la vie publique. Le leader de la gauche qui, tout au long de la campagne avait évité les attaques personnelles contre son adversaire pour ne pas en faire une victime, a fini par lui demander solennellement dans une lettre ouverte de réaffirmer son attachement à la Consitution et à l'unité de la Nation après que son allié Umberto Bossi, le leader de la Ligue du Nord ait appelé « à prendre les fusils contre la canaille romaine ».
La peur d'un retour de celui que l'on a surnommé le « caïman » reste le meilleur argument électoral de Walter Veltroni et de son parti de centre-gauche inspiré du modèle des démocrates américains. Son résultat sera donc examiné avec intérêt par les experts de la rue de Solférino à Paris. Le « Delanoé » italien héritier critique du centriste de gauche Romano Prodi, a été contraint d'assumer une campagne électorale quelques mois à peine après avoir créé le Parti démocrate. C'est lui qui avait en effet été choisi pour réussir la synthèse entre les Démocrates de gauche (DS) de Piero Fassino et Massimo D'Alema et le parti de la Marguerite de Francesco Rutelli, entre les ex-communistes et l'aile gauche des anciens démocrates-chrétiens. Femmes, jeunes, représentants de la société civile cohabitant avec des apparatchiks incontournables: il a lui-même dosé minutieusement les listes de son parti aux législatives.
Echaudé par l'expérience Prodi, il a par contre refusé toute alliance avec l'extrême-gauche et le centre mais a négocié sans rien céder d'essentiel l'entrée de deux petites formations à l'identité forte, l'Italie des Valeurs de l'ancien magistrat de l'opération "Mains Propres" Antonio Di Pietro et le parti radical, fer de lance du combat laïque.
Le repêchage de ce petit parti a cependant fait grincer les dents de l'Eglise catholique que Walter Veltroni, très discret sur ses convictions intimes, a toujours cherché à ménager, conscient des risques de vouloir gouverner en Italie contre... le Vatican qui n'aime pas trop les frasques de Berlusconi !
LES JEUNES DEPITES
L'Italie bizarrement est en avance sur notre pays dans son dégoût pour la politique. La fréquentation des bureaux de vote hier soir le confirme malgré les énormes efforts effectués par la « Gauche » pour changer les « têtes ». Les raisons de ce changement provient en effet de la haine que nourrissent les Italiens pour les politiques. On dit parfois que l'Italie a inventé l'antipolitique car un réel et profond discrédit s'est installé et il fait des ravages. Chez nous il faudra encore attendre un peu pour que l'effet Sarkozy ajouté à la chienlit interne du PS produise le même effet.
Il y aura aussi des élections locales dans la péninsule. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître on devrait assister au même résultat qu'en France alors qu'au plan national rien n'est assuré.
Des millions de jeunes Italiens, confrontés à la précarité malgré de longues années d'études, sont tentés par l'abstention et sont justement devenus des champions de l'antipolitique bien que les partis les aient placés au coeur de leurs programmes. Battant des records en termes de chômage, de précarité de l'emploi et de problèmes de logement, les moins de 30 ans semblent particulièrement touchés par le malaise que ressentent les Italiens à l'égard de leurs institutions et leur classe politique. Beaucoup de jeunes ne peuvent pas prendre leur indépendance et la majorité des Italiens de moins de 30 ans vit chez ses parents, selon l'Institut des statistiques italien. Seulement un tiers des moins de 40 ans qui sont nouvellement embauchés le sont en contrat à durée indéterminée. En outre, alors que le taux de chômage en Italie a chuté à 6,1% en 2007, celui des moins de 25 ans a augmenté, passant de 22,6% en 2006 à 23,2% en 2007.
Récemment, une gaffe du chef de la droite Silvio Berlusconi, qui a suggéré à une étudiante de 24 ans de « se trouver un millionnaire » pour sortir de la précarité a suscité un tollé, révélant l'ampleur de la colère des jeunes Italiens et le fossé qui les sépare de leurs élus. Le problème essentiel de la péninsule se trouve dans ce divorce profond, durable, dangereux entre un peuple et ceux qui souhaitent le représenter.
Ce soir on verra d'abord au taux de participation si cette tendance se confirme. Il est en revanche à peu près certain que la majorité n'existera pas pour Berlusconi au Sénat et que ce scrutin aura donc été inutile puisqu'il rencontrera les mêmes difficultés que Prodi. Pas sûr que ce soit excellent pour l'Europe dans le contexte actuel.
Mais je déblogue...

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 13 avril 2008
La baisse du pouvoir d'achat en France, niée par le gouvernement mais imposée par la réalité provoque en France de légers remous sociaux. Chacun cherche dans son quotidien des astuces pour tenter de remédier à ce qui va devenir le problème numéro un de la prochaine rentrée. On peut craindre une fin d'année assez agitée car le problème de l'augmentation des denrées alimentaires ne va faire que s'accentuer. Ce phénomène nouveau dû à une pénurie mondiale sur les marchés des grandes productions va peser sur l'économie de tous les pays du monde. Il y a cependant de fortes craintes sur la situation des plus fragiles d'entre eux. L'instabilité gagne du terrain et il faut s'attendre à des mouvements populaires très forts.
Ces derniers mois, la hausse des prix de l'alimentation a déjà provoqué une agitation sociale par exemple à Haïti, provoquant notamment la chute du Premier ministre et des émeutes de la faim qui ont fait au moins 5 morts et 200 blessés. Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont été obligés d'augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché. La difficulté c'est que cette flambée des produits alimentaires ne semble pas avoir pour l'heure de raison de cesser, et ses effets pourraient s'étendre.
Les émeutes consécutives à la hausse des prix qui ont frappé jusqu'à présent l'Afrique et les Caraïbes pourraient ainsi toucher bientôt à l'Asie, met en garde dans le Journal du Dimanche le directeur général de l'organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), Jacques Diouf. Plutôt pessimiste, il assure qu'il ne serait aujourd'hui « pas surpris » d'une telle éventualité et souligne : « Il existe déjà de nombreuses tensions dans beaucoup de pays asiatiques, y compris ceux qui exportent des produits alimentaires ». Cela a notamment été le cas en Thaïlande avec les tensions sur le prix du riz... Jacques Diouf estime également que cette situation est appelée à durer : « Je ne vois pas de raisons objectives à des diminutions de prix », explique-t-il. « Il faut donc s'attendre à de nouvelles émeutes de la faim ». L'horizon est donc bouché. Il faut absolument prendre en compte cette évolution dangereuse pour la planète et dont les répercussions sur les pays « riches » seront également très fortes car au Fonds monétaire international, on effectue le même constat alarmiste.
Le directeur général de cette institution, Dominique Strauss-Kahn, a lancé hier une mise en garde. « Les prix de l'alimentation, s'ils continuent comme ils le font maintenant... les conséquences seront terribles » a-t-il lancé avec insistance au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une réunion de l'instance dirigeante du FMI « Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économiques », a-t-il mis en garde sans trouver un écho dans les milieux économiques responsables de cette situation. Au-delà de l'agitation sociale et de l'impact potentiellement terrible de la crise alimentaire sur les populations les plus exposées, ce sont tous les progrès réalisés par les pays pauvres depuis cinq à dix ans en matière de développement qui pourraient se retrouver « complètement détruits », selon Dominique Strauss-Kahn. Voilà pourquoi le directeur général du FMI a souligné que ce problème dépassait le cadre strict des préoccupations humanitaires. La crise alimentaire pourrait ainsi avoir des effets pour la planète entière et toute la sphère économique.
HAITI COMME EXEMPLE
Le président haïtien René Préval a annoncé dans la foulée une réduction du prix du riz pour éviter une répétition des violences des derniers jours. Le même jour, des émeutes impliquant quelque 20 000 personnes protestant contre la vie chère et les salaires bas ont eu lieu près de Dhaka (Bengladesh). A Haïti le Parlement s'est prononcé pour le départ du Premier ministre Jacques Edouard Alexis. Le Président a aussitôt indiqué, après avoir rencontré des importateurs de denrées alimentaires au palais national, que le prix d'un sac de 23 kilos de riz passerait de 51 dollars (32 euros) à 43 dollars (27 euros), soit une réduction de 15,7%. La politique se résume dans de nombreux pays à ce type de décision concrète sur le montant des étiquettes.
Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont en effet été obligés d'augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché. Jacques Diouf, avait appelé cette semaine les dirigeants mondiaux à un sommet en juin pour faire face à ce qu'il a appelé une crise alimentaire mondiale : « Au regard des émeutes alimentaires dans le monde, dans des pays comme l'Afrique et Haïti, nous avons véritablement une urgence ». Deux logiques se confrontent. Il est à peu près certain que l'influence de Jacques Diouf ne sera pas suffisante pour réformer une économie de marché triomphante et conduisant vers le précipice l'ensemble des pays pauvres. L'économique l'a emporté depuis très longtemps sur le politique... et sa voix ne compte pas dans un concert mondial dans lequel les marchés financiers ont pris depuis longtemps le pouvoir. Or pour eux la situation la plus préoccupante reste le niveau de leurs profits touché par la crise !
SOMMES ASTRONOMIQUES VOLATILISEES
Qualifiant "d'échec mondial" les erreurs qui ont débouché sur la crise financière, Jaime Caruana, directeur du département des marchés monétaires et de capitaux du Fonds monétaire international (FMI), n'a pas mâché ses mots. Sévère, celui-ci juge le phénomène « d'une magnitude comparable à la crise bancaire japonaise des années 1990 ». Et évalue à 945 milliards de dollars (600 milliards d'euros), au prix du marché, les pertes dues aux dépréciations d'actifs qui en résulteraient.
Ce montant astronomique se décomposerait en 565 milliards de dollars imputables aux prêts hypothécaires américains, 240 milliards pour les produits dérivés du marché immobilier commercial, 120 milliards pour les prêts aux entreprises et 20 milliards pour le crédit à la consommation. Les banques supporteraient la moitié du fardeau des 740 milliards de dollars des subprimes, à hauteur de 53 % pour les banques américaines et 41 % pour les européennes. L'Europe ne devrait donc pas en sortir indemne.
Depuis plusieurs semaines, le FMI faisait savoir qu'il abaissait ses prévisions de croissance mondiale de 5,1 % à 4,7 % (+ 4,9 % en 2007). De discours en interviews, son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, ajoutait qu'aucun pays ne serait à l'abri, ni en Europe ni parmi les pays émergents. Le FMI affine cette prédiction, et l'on y apprend que c'est en Europe centrale et orientale que se trouvent les pays émergents qui pourraient faire les frais des secousses financières. Les trois pays baltes, la Roumanie et la Bulgarie seraient les économies les plus menacées. Or ces pays sont dans une Europe organisée qui devait leur apporter une croissance forte. Il y aura très vite opposition entre les peuples et les gouvernements dans ces pays... sur les choix effectués !
L'EXEMPLE ROUMAIN
Est-ce un hasard mais on a vu le résultat de la grève des salariés de l'usine Dacia de Pitesti, dans le sud de la Roumanie. Ils ont accepté la troisième proposition de la direction : une augmentation salariale mensuelle de 360 lei brut (environ 97 euros) en deux tranches, à laquelle s'ajoute une prime annuelle d'un minimum de 900 lei brut (243 euros). Selon Renault, « la direction de Dacia et le syndicat sont parvenus à un compromis raisonnable ». Les ouvriers obtiennent les deux tiers de la somme de 148 euros qu'ils réclamaient, ce qui correspond, selon Renault, à une revalorisation de l'ordre de 28 % par rapport au salaire moyen de l'usine qui atteint désormais 354 euros brut.
Au-delà de son impact financier, cette grève a changé le regard porté sur les salariés de Pitesti. « Les Roumains ne veulent plus être considérés comme des salariés à bas coût sous prétexte qu'ils fabriquent des véhicules low-cost », souligne Emmanuel Couvreur, secrétaire adjoint CFDT du comité de groupe Renault.
« Il faut mettre en place une véritable politique sociale européenne, qui prenne en compte les salaires, mais aussi les conditions de travail », ajoute-t-il. Tiens, reviendrait-on sur le débat considéré comme arriéré par les élites médiatiques relatif à la construction européenne ? On recommence à parler en période de crise d'une construction d'une Europe sociale avant de la concevoir comme un espace de libre concurrence exacerbée ! Les émeutes de la faim vont en effet amener des révisions fortes du système des délocalisations avantageuses pour les profits secs des multinationales ! Il y aura en effet d'autres grèves, d'autres contestations violentes menées par des salariés sous payés dans des pays où ils n'auront plus les moyens d'acquérir leur nourriture.
La dernière manifestation des ouvriers roumains illustre parfaitement le séisme qui se prépare puisque 2 000 ouvriers avaient tenu meeting dans la ville, place Vassile-Milea, au pied des immeubles construits sous feu Ceausescu et colonisés aujourd'hui par les boutiques de téléphones portables, les banques et les magasins de luxe qui contribuent à l'édification du capitalisme. Sur une bannière, une inscription avait été griffonné l'inscription suivante : "Roumanie, réveille-toi! Nous ne voulons pas être esclaves dans l'Union européenne" . Il est à craindre que ce slogan soit décliné dans de nombreuses autres manifestations. L'esclavage économique provoquera des ravages dont personne, même pas les éminentes têtes pensantes du FMI, peuvent imaginer les conséquences !
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 12 avril 2008
Paul Ramadier, député socialiste de l'Aveyron et surtout sous le gouvernement Guy Mollet, a eu la lourde tâche de financer la politique sociale alors que la guerre d'Algérie avait vidé les caisses publiques. Son nom reste indéfectiblement associé à la vignette automobile, introduite en 1956... qui devait servir à financer les retraites et qui ne servit en fait jamais à cette louable finalité jusqu'à sa suppression. Quand en politique on parle d'une supercherie fiscale ont fait référence à cette fameuse vignette. Il semble que dans quelques années on aura un autre repère : les franchises médicales dont le produit doit être attribué par partie à la recherche et au suivi des patients touchés par la maladie d'Alzheimer. Or il n'en est toujours rien mais comme personne ne réagit on peut continuer à faire vivre cetet ponction sur toutes les catégories sociales
Citoyens, malades, professionnels de la santé, bien portants, invalides et valides, sont en effet appelés à payer cette contribution obligatoire, d'un compliqué absolu mais d'une productivité mal évaluée. Personne n'a évalué le coût de la perception de ces 0,50 centimes d'euros par ligne sur une ordonnance ! Bruno-Pascal Chevalier, personne atteinte du sida ayant entamé une grève des soins « pour protester contre ces franchises qui (...) conduisent inévitablement un grand nombre de nos concitoyens à repousser des soins pourtant nécessaires » et à Christian Lehmann porte-parole du Collectif national contre les franchises médicales, initiateur d'une pétition qui compte aujourd'hui près de 130 000 signatures ont appelé à réagir. Pour eux, comme pour beaucoup la pilule est trop dure à avaler et la potion est amère.
Plusieurs collectifs et associations invitent à un rassemblement et à un dépôt symbolique de boîtes de médicaments vides devant les Préfectures ou Sous-préfectures. Une action destinée à dénoncer cette ponction injuste sur les malades jugés responsables de leur consommation médicale. Il est indiscutable qu'elles plombent lourdement le budget des ménages les plus modestes et surtout les plus pénalisés par les hasards de la vie ou tout simplement par les conséquences de la pollution, du travail, d'un accident imprévisible . Ce sont les malades chroniques qui paient le plus lourd tribut, dénonce l'association de lutte contre le sida Aides, tout en soulignant que son combat « concerne tous les malades quels qu'ils soient »... et surtout les familles touchées par la maladie d'Alzheimer car elles ont vécu dans l'espoir de moyens supplémentaires alors que rien ne vient et qu'elles ont déjà payé leur participation sociale décrétée par le formidable Ministre de la Santé !
Cette contribution demandée à tout le monde, indépendamment de son revenu (c'est une permière et forte injustice) n'a en plus aucune pérennité quant à son montant. Actuellement, la somme qui n'est pas remboursée est fixée à 50 euros maximum par an, pour tous les actes ou les produits concernés par cette mesure. Parmi ces derniers, on compte les médicaments, pour lesquels la contribution atteint 50 centimes d'euros par boîte. Certaines personnes sont exonérées du paiement de la franchise médicale mais ils conservent leurs difficultés à accéder aux soins pour d'autres raisons que financières. Le gouvernement ajoute donc lentement mais sûrement de nouvelles précarités à celles qui existaient antérieurement. C'est injuste et dangereux car cela enfonce encore davantage les plus démunis, en particulier les sans-abri ou les Rmistes dont on constate tous les jours que le retour vers l'emploi passe quasiment toujours par une remise à niveau « sanitaire ». DES CONSTATS ALARMANTS
En effet les chômeurs ont plus fréquemment recours aux substances psychoactives (tabac, alcool, cannabis) que les personnes ayant un emploi, révèlent des données approfondies du Baromètre santé 2005, présentées, jeudi dernier dans le cadre des Journées de la prévention. Outre ces inégalités liées au fait d'avoir ou non un emploi, les résultats montrent également de fortes disparités entre sexes et en fonction du niveau d'études.
Plus de 53% des hommes au chômage (39% des femmes) fument contre 37,5% de ceux qui ont un emploi (29,6% des femmes). Pour l'alcool, les chômeurs entre 35 et 59 ans ont un "sur-risque" de 40% d'être usager quotidien, de 30% d'avoir un usage à risque. Pour le cannabis, les chômeurs de 15 à 34 ans ont un sur-risque de 80% d'avoir un usage régulier par rapport aux actifs occupés. Ces réalités ne seront certainement pas prises en compte par un gouvernement qui a tiré un trait sur la politique sociale et qui a entamé de laminer la politique familiale.
Ces constats sont probablement liés à « une recherche de soulagement » de la souffrance psychique que génère le chômage selon les spécialistes. Le niveau d'éducation joue également un rôle déterminant dans les habitudes de consommation de produits psychoactifs. Premiers à s'être mis à fumer, les plus diplômés sont aussi les précurseurs pour ne plus fumer: les hommes avec un niveau bac +4 ont ainsi un "sous-risque" d'être fumeurs de 30% (-40% pour les femmes) par rapport aux non-diplômés. L'innovation sociale semble être aujourd'hui de ne pas fumer et de s'intéresser à sa santé. Elle est devenue une obsession pour certaines catégories sociales alors que pour d'autres elle passe au second plan.
Les hommes sont par ailleurs deux fois plus nombreux que les femmes à consommer de l'alcool plusieurs fois par semaine (21,7% contre 11,8%). Les profils de consommation diffèrent de façon croisée selon le sexe et le niveau d'étude. Plus les hommes sont diplômés, moins ils consomment d'alcool. En revanche, les femmes les plus diplômées sont plus nombreuses à boire quotidiennement de l'alcool que les moins diplômées. L'Inpes suggère l'hypothèse que la forte proportion masculine des professions très diplômées encouragerait les femmes à adopter un comportement plus masculin. Les franchises médicales ne prennent pas du tout en compte ces paramètres et ces comportements qui enfoncent certaines et certains dans une insécurité sociale prégnante.
FUSION ET CONFUSION
On va donc appliquer au secteur de la santé les principes sacro-saints du monde libéral : la punition financière assortie de l'ouverture maximum à la concurrence. On détruit ainsi les fondements même de la solidarité. D'abord vient d'arriver le rapport Larcher sur les hôpitaux. Il devrait, dans le contexte actuel de dénuement de ces structures, provoquer quelques remous sur le territoire. Ce travail fait sous la direction de l'ancien ministre du Travail, qui a présidé la Fédération hospitalière de France, a alimenté le gouvernement en propositions sur le volet hôpital de la loi sur l'organisation des soins, annoncée pour l'automne. Les grandes lignes des réformes proposées sont d'ores et déjà dévoilées et elles s'annoncent radicales, même si l'auteur du rapport assure que "tout ne sera pas à prendre ou laisser", voulant éviter les déboires du rapport... Attali. On est seulement certain d'une chose : à l'inégalité financière va s'ajouter l'inégalité territoriale !
Pas moins de 16 mesures phares figurent dans ce rapport. La plus importante consiste à regrouper les hôpitaux publics sur le modèle des... communautés de communes (sic) dont on sait qu'avant la fin de cette année elles seront regroupées de gré ou de force par le Ministre de l'intérieur. Les petits seraient fortement incités à fusionner sous la houlette d'un grand hôpital voisin ce qui facilitera les déplacements. Celui-ci contrôlerait les investissements, la répartition des médecins, la logistique, assurant également la chirurgie et les accouchements, les petits hôpitaux se transformant en "maisons de santé" ou en établissements d'accueil de personnes âgées. Les regroupements seraient, assure le rapport, optionnels et assortis... d'aides financières. Mais si l'objectif est de réorganiser les soins sans pertes d'emplois dans les petites villes, cette réforme accélèrerait les fermetures des blocs opératoires de petites structures hospitalières, jugés peu rentables et moins fiables. Or, ce sont ces fermetures qui souvent, au niveau local, catalysent les oppositions et vont poser des problèmes d'accès aux soins.
LECLERC SE PLACE
Dans le domaine de la concurrence on va tenter d'ouvrir le marché du médicament en s'appuyant sur les coups de boutoir de Michel-Edouard Leclerc. Les Centres Leclerc réclament le droit de vendre des médicaments sans ordonnance dans leurs parapharmacies. Comme le gouvernement, dans son plan d'économies, n'épargnera pas la santé, Michel-Édouard Leclerc joue sur du velours quand il rappelle que la vague de déremboursement de 2006 avait conduit à une hausse moyenne des prix de 36%. Le 30 mars, laboratoires et pharmaciens ont signé un accord de « bonnes pratiques commerciales relatives à la transparence des prix » des médicaments non remboursables car ils voient poindre le danger dans cette période où tout se déréglemente. « Depuis le 3 janvier, dès que la loi Chatel a été mise en place, les marges arrières ont été totalement réinjectées dans les prix, affirme Gilles Bonnefond, président délégué de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO). C'est une baisse de prix de 8% sur les médicaments concernés (les génériques surtout) et pour la Sécurité sociale, une économie de 120 millions d'euros. On ne peut pas dire que les grandes surfaces en aient fait autant !»
En quatre ans, l'USPO assure que les prix des cent premiers médicaments de médication officinale n'ont augmenté que de 1%. « Nous avons en France les prix les plus bas d'Europe, assure Philippe Besset, responsable économique à la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Le problème est d'arriver à ce que les Français en consomment moins » Il rend donc les franchises médicales encore plus injustes puisqu'en jouant sur les prix et le profit des « fabricants » et des « revendeurs » on arrive à récupérer autant pour la Sécu. Il ne faut donc pas être dupe de la gouvernance : prendre indirectement ce que l'on prétend ne plus prendre directement (CSG par exemple). C'est à dire que l'on creuse les inégalités dans tous les domaines mais de manière détournée profitant d'un climat de résignation majoritaire dans un pays au bord de la faillite. C'est indolore tant que l'on n'est pas touché. Et c'est là toute l'habileté des décisions consistant à jouer sur l'absence totale de solidarité dans une société du chacun pour soi.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
Vendredi 11 avril 2008
Inimaginable ce gouvernement. Non seulement on s'y engueule à qui mieux mieux, on se haït copieusement, on travaille à démentir ce que l'autre annonce, on surveille le Président qui promet ce que les ministres savent ne pas pouvoir tenir. Avant-hier c'est Nathalie Kosciusco-Morizet qui s'en prenait à son tuteur Jean louis Borloo et hier on a assisté à un désolant affrontement à propos du virage anti-social que prend depuis les municipales le gouvernement. Il semble qu'une fracture traverse la Droite entre la partie qui veut absolument réduire les dépenses quel qu'en soit le prix social et la frange plus attentive aux ravages causé par des décisions pénalisant terriblement les plus faibles. Chaque jour une mesure vient accentuer le désarroi des plus démunis : abandon probable du RSA, franchise médicale et maintenant suppression de la carte famille nombreuse sur la SNCF. La suppression de l'aide de l'Etat aux tarifs sociaux de la SNCF provoque donc une nouvelle cacophonie au sein du gouvernement aussi désastreuse que celle sur les OGM.
Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a annoncé la disparition de la carte famille nombreuse alors que sa collègue Nadine Morano a assuré qu'il n'en était pas question. Qui croire ? On teste puis on revient en arrière... catastrophique comme système de gouvernance mais aussi en terme d'image.
Des voix s'élèvent par ailleurs dans la majorité pour s'inquiéter du projet du gouvernement que les députés Ump auront du mal à justifier sur le terrain dans leurs circonscriptions quand on sait que la dépense n'est même pas le montant des impôts payés par les 10 plus riches contribuables français. D'abord passée inaperçue car votée dans un parlement vide la décision prise vendredi dernier dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) de supprimer à partir de 2009 l'aide de l'Etat aux tarif sociaux de la SNCF, estimée à 70 millions d'euros par an, prend maintenant des allures d'affaire d'Etat. Les associations familiales et les partis de gauche ont été les premiers à s'alarmer des conséquences de cette décision pour les 2,2 millions de détenteurs de la carte "famille nombreuse" et leurs enfants. Mais ils sont toujours taxés d'être de mauvaise foi. Quand ils interviennent à l'Assemblée il est toujours objecté les mêmes arguments : la France est ruinée et de toutes les manières la Gauche ne cesse de dépenser sans proposer des recettes. Le problème c'est que derrière les réconciliations de façade, la grogne monte contre le gouvernement dans sa propre majorité.
LE POUVOIR D'ACHAT TOUCHE
Plusieurs responsables de l'UMP, et en premier lieu Bernard Accoyer sont montés au créneau : "Quel que soit leur financement, les réductions pour familles nombreuses ne sauraient être remises en cause", a déclaré l'habituellement discret président de l'Assemblée nationale dans un communiqué. Extraordinaire : il faut que ce soit lui qui rappelle que la « politique familiale est un pilier du pacte social » et qu'elle contribue à la natalité, plus élevée en France dans les autres pays européens. Quel camouflet pour le collaborateur du Président Sarkozy installé à l'Elysée.
Mercredi il se répandait en expliquant qu'au sein de l'Ump tout le monde s'aimait bien, que les insultes étaient oubliées, que désormais il n'y aurait plus de fausses notes, que tout le monde rentrait dans le rang ! Manqué : il va falloir exclure ou licencier ! Suppléant de la ministre du Logement Christine Boutin, Jean-Frédéric Poisson y est allé de son couplet. Il a carrément demandé au gouvernement de « surseoir à cette décision ».
« Si l'on ne peut que partager l'objectif de réduire les charges de l'Etat, il n'est pas nécessaire d'attaquer directement le pouvoir d'achat des familles, tout particulièrement de celles qui ont le plus de bouches à nourrir », explique le député dans un communiqué au nom du Forum... des républicains sociaux, composante de l'UMP. Les déclarations contradictoires du gouvernement n'ont fait qu'augmenter les inquiétudes.
« Cette carte dans l'état actuel des choses va certainement disparaître », a alors répété le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau. Il a expliqué avoir « demandé à la SNCF de trouver un instrument comparable mais qui soit plus juste socialement et qui tienne compte de l'évolution des tarifs ». Incroyable car il avoue expressément que c'est bel et bien une volonté gouvernementale et pas une demande de la SNCF... Il s'agit donc d'une décision politique que la majorité présidentielle actuelle devra assumer vis à vis de plus de plus de 2 millions de personnes. Et c'est bien là le vrai problème. Nicolas Sarkozy va réglé tout ça !
UNE SACREE AMBIANCE
Sa collègue chargée de la Famille Nadine Morano, dont on sait qu'elle a pris une raclée aux municipales mais qu'elle a été récompensée par une promotion, n'a pas tardé à le contredire. « Il est hors de question de faire disparaître la carte famille nombreuse. Je m'y engage », a assuré cette femme dont on connaît le sens de la nuance. Elle a affirmé que les nouveaux tarifs de la SNCF en faveur des familles pourraient être encore meilleurs. Les familles nombreuses bénéficient aujourd'hui de réductions allant de 30% -pour trois enfants- à 75% -pour six enfants et plus-, applicables dans tous les trains. Et alors magique : elle a vu arriver au galop les renforts. Jean-Louis Borloo est allé dans le même sens. « En aucun cas les avantages des familles nombreuses ne seront réduits », a juré le ministre de l'Ecologie, contredisant lui aussi les propos de son... secrétaire d'Etat Dominique Bussereau après avoir tout fait pour tuer Nadine Kosciusco-Morizet.. Il doit y avoir une sacrée ambiance quand, autour d'un verre Borloo réunit ses « collaborateurs ». A moins qu'ils ne se parlent plus que par déclarations médiatiques interposées.
Le président du groupe UMP à l'Assemblée Jean-François Copé a ajouté à la confusion en plaidant pour un plafond de ressources pour bénéficier de la carte famille nombreuse dans un objectif de justice sociale.
« Les allocations familiales sont pour nous un principe universel. Donc il n'y aura pas de mise sous conditions de ressources concernant les allocations familiales », a répliqué Nadine Morano. Inimaginable de constater que plus personne ne contrôle quoi que ce soit... Chacun a sa version d'une décision que personne n'a encore prise ! En effet il est assez extraordinaire de constater que pour prendre le relais de ces tarifs sociaux en 2009, la SNCF planche... actuellement sur une nouvelle offre. Un groupe de travail présidé par une personnalité indépendante va être mis en place à cet effet. Le président de la SNCF réunira la semaine prochaine le Comité consultatif des consommateurs, instance de concertation de la SNCF, et les associations de consommateurs, pour convenir des modalités de travail. Et pendant ce temps on s'écharpe dans le gouvernement de la France. Une vraie mêlée ouverte avec « pignes » distribuées dans tous les sens dont aurait rêvé Barnard Laporte !
UNE AUTRE CLIENTELE
Si la SNCF maintient les avantages de la carte, c'est aussi bien. Ce serait d'autant plus normal qu'elle a fait un milliard d'euros de bénéfices cette année et qu'elle en a reversé une part à ... L'Etat ! Pourtant le gouvernement refile la patate chaude à la SNCF. L'entreprise publique prend soin de souligner qu'il s'agit « d'une décision politique», dont «elle a été informée comme tout le monde vendredi dernier ».
Didier Migaud, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a critiqué le projet gouvernemental de remplacer la carte famille nombreuse par « un instrument comparable », jugeant que cette mesure « amputera le pouvoir d'achat » de familles françaises. Comme on lui demandait si ces économies étaient bonnes pour le budget de l'Etat, Didier Migaud a jugé qu' « il y a des économies qui sont moins bonnes que d'autres et ça amputera le pouvoir d'achat d'un certain nombre de personnes. On remet en cause cette dimension de politique familiale et de politique sociale. En revanche, quand il s'agit du paquet fiscal, (...) on ne réfléchit pas beaucoup à partir du moment où c'est une autre clientèle qui peut être concernée », a-t-il insisté.
C'est véritablement là le problème : il n'y a eu aucune cacophonie gouvernementale sur cette décision inique. Elle a même été adoptée avec un enthousiasme communicatif. On aurait même vu Johnny Halliday rentrer de Suisse pour repayer des impôts en utilisant sa carte famille nombreuse : je pense qu'il en possède une. C'est un collector !
Mais je déblogue...

NB : un incident informatique m'a empêché de publier ce texte ce matin. Ile st donc possible que depuis les avis de Fillon, de Bussereau,de Morano, de Borloo et... de Sarkozy aient changé sur ce sujet. Ne m'en veuillez pas : je n ‘y suis pour rien ! 

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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