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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Vendredi 14 mars 2008
La société de l’image n’a jamais été aussi forte. Elle se porte à merveille car elle est entretenue par des moyens quotidiens permanents. Toute la campagne présidentielle aura reposé sur cette nouvelle donne sociale dont on ne mesure plus tout à fait les conséquences. Il est vrai que les élections qui viennent de se dérouler, dans la plus petite comme la plus grande commune, tournent uniquement autour de l’appréciation globale que les électrices et els électeurs portent sur la personnalité des personnes qu’elles ont à choisir. Mieux, si je me fie à mon expérience personnelle, on constate que des candidat(e)s n’ont même plus besoin de faire campagne pour attirer à eux les voix d’électrices et d’électeurs ne se posant même pas l’adéquation entre le poste sollicité et les capacités à l’exercer. Le Front national par exemple a présenté sur le canton de Créon une personne qui n’a pas une seule fois mis les pieds sur place et qui a dû regarder les résultats dans le journal de… lundi matin. En guise de slogan un coq, ressemblant à une poule mouillée, moitié plumée a suffi à attirer plus de 1400 voix ! Dramatiquement désolant de constater que des citoyennes réputés responsables peuvent accorder leur confiance pour gérer le plus grand canton de France en nombre de communes à un candidat qu’ils n’ont jamais vu, qui ne leur rien proposé pour leur quotidien, qui ne connaît même pas leur territoire. Il arrive en pourcentage, sans absolument un seul acte démocratique, devant le jeune candidat du Parti Communiste qui a tenté de rassembler, d’animer et de débattre pour exister. Le seul résultat c’est que comme le FN a dépassé 5 % il recevra les fonds de l’Etat pour une campagne qu’il n’aura fait à prix réduit pour que ce soit tout bénéfice !
Le culte de l’image a tué partiellement Nicolas Sarkozy qui en a imposé une overdose en quelques mois à des Françaises et des Français saoulés par cette avalanche. Il a confondu nourriture quotidienne et gavage ; Il est à la diète depuis quelques temps mais dès mardi (remaniement ministériel) on va retrouver le système Sarko consistant à donner aux médias cette pâture dont ils ont besoin pour exister ! Tout l’entourage présidentiel piaffe d’impatience pour repartir sur les bases antérieures…Les fabricants " d’image " au sens global du terme préparent probablement une rentrée en fanfare et avec petits plats dans les grands. D’ailleurs les protégées du président cultivent les fleurs de leur jardin afin d’exister avant que le jeu des chaises musicales ministérielles débute.
UN BUFFET DE CIRCONSTANCE
Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a dénoncé, dans un communiqué daté de hier, " l'utilisation des moyens de l'Etat au service de l'image médiatique de la ministre de la Justice ", Rachida Dati. Le SM estime que " le dernier exemple de cette dérive est l'organisation le jeudi 13 mars, en vue de célébrer la journée internationale des femmes du 8 mars, d'un déjeuner à la Chancellerie regroupant quelques 300 femmes ayant des fonctions hiérarchiques au sein de l'institution judiciaire ". Bien impoli ce syndicat qui n’a pas encore compris que son Ministre de tutelle était… en campagne électorale à Paris. Les petits plats dans les grands ont toujours apporté des voix quand on sait habilement se servir des cartons d’invitation.
" Il s'agit d'une invitation sans aucun motif professionnel, effectuée aux frais de l'Etat, comprenant évidemment les frais de transport, par un ministère qui n'est pourtant pas réputé pour ses moyens pléthoriques. Nul ne doute que les photos seront belles ", déclare le Syndicat de la magistrature, qui parle de 300 invités alors que la Chancellerie en annonçait 230. L'organisation resitue cet épisode dans une politique générale de la place Vendôme qui aurait, selon elle, pour objectif de promouvoir l'image de cette proche de Nicolas Sarkozy. Pas possible ! Il suffira de lire les bibles politiques que sont devenues Closer, Paris Match Pravda, VSD, Point de Vue Images du monde… et gratuits qui vont avec et ne sont guère mieux.
Le cabinet Dati a rejeté ces critiques et parle de réunion de travail. " Il est normal et légitime que la ministre ait voulu recevoir des femmes des métiers de la justice, magistrates, avocates, responsables de greffes, personnels pénitentiaires, responsables d'associations pour faire le point sur les sujets qui concernent la ministre, violences conjugales, égalité homme-femme ", a expliqué Guillaume Didier, porte-parole de la Chancellerie.
" Il n'y a pas de quoi polémiquer, ce n'est absolument pas somptuaire, c'est d'une très grande simplicité ", a-t-il ajouté, expliquant que les convives avaient pris un déjeuner autour d'un " simple buffet ". Le budget de la Justice et de l'administration pénitentiaire 2008 est de 6,5 milliards d'euros, soit 2,4% du budget de l'Etat et donc une réception pour 300 personnes et les voyages qui vont avec ce n’est qu’une goutte dans un océan de dépenses liées à la seule image de celui qu’elle sert. C’est tout juste si on ne va pas vous expliquer que les invitées avaient amené leurs paniers de pique-nique ! Le Syndicat de la Magistrature voit le mal partout !
EFFACER LES DEBOIRES
Si elle se fait plus discrète, la fronde des députés UMP contre Rachida Dati persiste et dans certaines villes elle enfle avec le résultat des municipales. La méthode de la ministre de la Justice laissera des traces, assurait l’un de ecs maires brimés qui rappelait l'indignation de Pierre Méhaignerie, ancien garde des Sceaux, après la suppression du tribunal de Vitré sans qu'il en soit prévenu. "La carte judiciaire passera, mais le ressentiment des parlementaires à l'égard de la ministre restera", pronostique-t-il. Sauf si elle sait se rendre incontournable par l’image et se refaire une santé politique grâce à un ou deux bons sondages. C’est ce que va tenter de relancer le clan Sarkozy !
Depuis 2002 et son arrivée au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a bouleversé la communication politique. Maîtrisant parfaitement l'outil médiatique, il a réussi d'abord à imposer son style, direct, qui tranchait avec celui de ses prédécesseurs ; son rythme ensuite, en imposant son agenda aux médias te pas l’inverse ; ses thèmes enfin, en ouvrant des débats sur des sujets qui étaient autrefois tabous, l'immigration, l'insécurité. Une fois entré à l'Elysée, le nouveau président de la République a appliqué les mêmes recettes qu'au ministère de l'Intérieur : il passe d'un sujet à l'autre, impose un rythme effréné aux journalistes qui ne prennent plus le temps d'approfondir les dossiers. Cette stratégie a bien évidemment un coût mais il est particulièrement difficile de le mesurer car elle est diffuse et repose sur des moyens de l’Etat !
DES EQUIPES SPECIALISEES
Nicolas Sarkozy a le même responsable de la communication depuis des années. Franck Louvrier s'occupe de ses relations avec la presse. Officiellement, le service de presse compte cinq salariés à temps plein à l'Elysée, pour un salaire moyen d'environ 3500 euros. Selon les services de l'Elysée, ils utilisent le même matériel que sous l'ère de Claude Chirac, hormis un Smartphone de fonction qui leur a été attribué.
L'organigramme des conseillers de l'Elysée n'est pas toujours très clair. Si Henri Guaino s'occupe des discours, le rôle de Catherine Pégard est plus flou. Officiellement " conseillère en images ", elle est restée très évasive sur son rôle dans une interview accordée au journal Le Monde. Ainsi, elle affirmait qu'elle est très attentive à son image et prenait du recul par rapport à son action pour le conseiller. Le salaire moyen de ces conseillers oscille aux alentours de 7000 euros par mois. 
D'autres conseillent le chef de l'Etat de temps en temps, comme Alain Minc, qui a lui-même suggéré le montage financier pour rendre possible la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Ces conseils sont forcément monnayables mais il est difficile de connaître la nature des contre-parties. On est loin du buffet campagnard de Rachida Dati !
Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait un site internet entièrement tourné vers la vidéo. Pour soi-disant faire des économies, le site de campagne de Nicolas Sarkozy a été dupliqué à l'identique sur Elysee.fr. Selon Le Point, le coût annuel pour l'entretien du site Internet de la présidence s'élève à 150 000 euros.
Il faudrait inclure dans les coûts de communication du président le nombre impressionnant de déplacements qu'il effectue pour faire la Une des journaux de 20 heures. A chaque fois, il se déplace en Falcon présidentiel (coût : 4500 euros de l'heure pour le modèle utilisé par l'Elysée) et mobilise d'importants services de sécurité. Le culte de l’image n’a pas de prix car il y a bien d’autres dépenses qui sont indispensables pour que les apparences soient aussi trompeuses que possible. D’ailleurs, on sait déjà, que des ministres vont être virés pour… image (et donc notoriété) insuffisante. Rachida Dati, elle, ne risque rien. Elle a pris ses précautions.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 13 mars 2008
Comment peut-on croire aux sondages  sans être atterré par la médiocrité du niveau politique global d’un pays enlisé dans la résignation ? En effet chaque jour apporte son lot de mesures d’une opinion réputée dominante mais dont on ne sait que penser. Par exemple hier les révélations ont de quoi déboussoler n’importe quel observateur ordinaire de la vie politique. Quarante-et-un pour cent des Français se disent satisfaits de l'action menée par Nicolas Sarkozy en ce mois de mars, un taux inchangé par rapport à février, selon un sondage OpinionWay publié dans Métro. De son côté, la cote de popularité de François Fillon progresse de deux points à 55%. Incorrigibles les Françaises et les Français sondés qui récompensent un " collaborateur " zélé du Président ayant annoncé que les " caisses sont vides " et qu’il n’a aucun moyen pour améliorer le pouvoir d’achat des salariés et des fonctionnaires. Libéralisme oblige ! Celui qui, de par la constitution, conduit la politique condamnée majoritairement par celles et ceux qui lui décernent ensuite un brevet de notoriété !
En effet si l'action du chef de l'Etat satisfait comme le mois dernier 41% des personnes interrogées, 56% des sondés se déclarent " mécontents ", soit deux points de moins qu'en février. Trois pour cent des sondés ne se prononcent pas. Le Premier ministre François Fillon poursuit pour sa part son ascension avec 55% d'opinions favorables, en hausse de deux points. Trente-neuf pour cent des Français (-6 points) se disent " mécontents " de son action à la tête du gouvernement. Six pour cent d'entre eux ne se prononcent pas. Comprenne qui pourra. D’autant qu’au moment même où il annonce que l’Etat est quasiment en cessation de paiement sortent les résultats 2007 des entreprises qui comptent ! Le décalage est extravagant et n’importe quel citoyen ayant un brin d’esprit critique ne peut faire confiance à un homme qui affirme péremptoirement qu’il n’y a pas d’argent pour aider une femme seule à donner à manger à ses enfants alors que les profits des sociétés n’ont jamais été aussi faramineux !
uarante-et-un pour cent des Français se disent satisfaits de l'action menée par Nicolas Sarkozy en ce mois de mars, un taux inchangé par rapport à février, selon un sondage OpinionWay publié mercredi 12 mars dans Métro. De son côté, la cote de popularité de François Fillon progresse de deux points à 55%.
Si l'action du chef de l'Etat satisfait comme le mois dernier 41% des personnes interrogées, 56% des sondés se déclarent "mécontents", soit deux points de moins qu'en février. Trois pour cent des sondés ne se prononcent pas.
Le Premier ministre François Fillon poursuit pour sa part son ascension avec 55% d'opinions favorables, en hausse de deux points. Trente-neuf pour cent des Français (-6 points) se disent "mécontents" de son action à la tête du gouvernement. Six pour cent d'entre eux ne se prononcent pas. Extravagant quand on essaie simplement de connaître la situation réelle du pays dont il a la charge !
Malgré la crise des subprimes, la flambée des prix du pétrole ou des matières premières, les pertes d'EADS ou la récente fraude à la Société Générale, les 40 plus grands groupes français cotés, qui composent l'indice CAC 40, se portent en effet mieux que jamais puisqu'ils ont enregistré, en 2007, des bénéfices cumulés qui s'élèvent à 99,1 milliards d'euros, soit plus que le record de 2006 (96,2 milliards), selon le quotidien économique La Tribune de hier ! Un nombre que peu de journalistes ont développés dans une période électorale où le pouvoir d’achat des plus démunis prend le chemin inverse !
LE SPECTRE DES IMPOTS
Certains chiffres reposent sur des prévisions car Lagardère n'a pas encore publié ses résultats pour l'année écoulée et les exercices d'Air France, d'Alstom et de Pernod Ricard sont décalés, mais la barre symbolique des 100 milliards d'euros cumulés pourraient même être dépassée, comme le souligne Libération. Rapprochez un instant ces résultats des augmentations consentis aux retraités les plus modestes et délivrez donc un brevet de gestion publique saine à François Fillon ! Vous savez celui qui avec l’ineffable Copé a inventé un slogan d’une lâcheté sans pareille : " Si la gauche passe, comme à chaque fois qu'elle prend des villes, des régions ou des départements, elle va faire exploser les impôts, tout en donnant à Paris des leçons de morale sur le pouvoir d'achat ".Il a malheureusement oublié hier de commenter les nombres présentés ci-dessus car ils ne vont pas de le sens d’une démagogie terriblement dévastatrice pour la démocratie.
Comment ne pas lui jeter à la figure ces sommes faramineuses qui vont enrichir une caste privilégiées qui mange au Fouquet’s, se dorent sur des yachts, voyagent en jets privés et ne connaissent même plus l’étendue exacte de leur fortune ? Même le Premier Ministre des caisses vides ne veut rien voir, rien entendre et surtout rien dire ! Il surfe sur l’impopularité de son mentor alors qu’il n’en est le serviteur zélé ! On vous parle des impôts de la Gauche mais surtout pas des… profits de le Droite.A Marseille, à Reims, la taxe d'habitation a augmenté au cours des dernières années de 33 et 28%. A Clermont-Ferrand, à Mulhouse, dans le même temps, cet impôt local a également bondi de 28 et 26%. Deux villes de droite, deux villes de gauche et une même hausse de l'imposition locale. C'est le bilan que dresse une étude du Forum pour la gestion des villes qui vient démentir l'argument de campagne avancé par certains leaders de la droite depuis quelques jours. Bien entendu il ne parviendra pas jusqu’à l’électrice et l’électeur qui, dimanche, resteront chez eux pour donner raison aux sondeurs…
ON DEPASSERA LES 100 MILLIARDS
" Derrière l'impôt, il faut regarder le taux d'équipement en service public et le coût de ce service public. Le citoyen rechigne assez peu à payer une certaine fiscalité dans sa ville s'il a un bon taux d'équipements"
Les tensions sur le marché énergétique ont aussi profité à Suez (+ 9 %), et à Gaz de France (+ 7,6). Quant à ArcelorMittal (+ 30 % de résultat, à 7,5 milliards), il a pu augmenter ses prix grâce à une demande mondiale en acier toujours poussée par la croissance chinoise et indienne. Massivement présentes sur ce continent, d’autres multinationales ont surfé sur la bonne santé économique de l’Asie. C’est le cas du secteur du luxe et des produits cosmétiques : L’Oréal fait + 29 %, PPR + 35 % et LVMH + 8 %. Leurs actionnaires seront-ils concernés par… le plan de rigueur. Comment vont-ils être mis à contribution pour renflouer les caisses vides de ce populaire François Fillon ?
PLUS 300 %
Deux entreprises, ont connu une année exceptionnelle avec des profits à faire pâlir d’envie les autres. La vente de son pôle biscuit a, par exemple, permis à Danone d’afficher une hausse de son résultat de… 300 % qu’il faut rapporcher la prime de 200 € accordés pour après les municipales et les cantonales aux titulaires du minimum vieillesse ! Quant à Peugeot, son bénéfice a été multiplié par cinq, après une mauvaise année 2006, grâce aux premiers effets du plan d’économies initié par son PDG, Christian Streiff.
Face à ces montagnes de profits, les trois entreprises déficitaires font mauvais genre, mais ne représentent pas grand-chose. Deux sont dans le secteur des équipementiers en électronique (Alcatel-Lucent et STMicroelectronics). Quant à EADS, sa perte doit être relativisée : les comptes du groupe sont affectés par son plan de restructuration et la baisse du dollar, tandis que ses commandes battent tous les records. Il faut savoir lire entre les lignes des bilans.
Parmi les salariés qui voient leur pouvoir d’achat stagner, ces 100 milliards vont faire des envieux car ils leur permettraient peut-être de régler avec enthousiasme les quelques centaines d’euros d’impôts locaux votés par… une Gauche irresponsable. Mais les actionnaires, eux, se frottent déjà les mains de savoir que c’est François Fillon qui tient les cordons de la bourse ! Le pourcentage du bénéfice réparti aux actionnaires devrait augmenter par rapport à l’année dernière. Et c’est plus de 40 milliards d’euros qui devraient leur revenir sous forme de dividendes. Un autre chiffre record que les sondés devraient apprécier à sa juste valeur.
En fait il semble que plus les riches deviennent riches, plus les pauvres deviennent pauvres et plus le Premier Ministre devient populaire. Il est vrai que ce constat ressemble étonnamment à un autre. Plus la cote de Nicolas Sarkozy décroît et plus celle de Fillon progresse. Une sorte de jeu du qui perd gagne dont on a fait depuis quelques temps une dogme politique !
Mais je déblogue…
explique de son côté Olivier Régis, délégué général du Forum pour la gestion des villes. C’est une évidence que tout le monde oublie surtout en période électorale. Il est certain que la comparaison n’a aucun sens si l’on ne se pose pas la question de savoir d’abord ce que l’on fait des impôts que nous payons et plus encore si… tout le monde paye à la hauteur de ses moyens ! Ces deux repères ne sont jamais évoqués surtout quand on annonce 100 milliards d’euros de bénéfices et… l’existence du bouclier fiscal qui va jouer à plein. " Patrick Devedjian veut placer le deuxième tour des élections municipales sous le signe de l'impôt pour faire oublier la colère des Français vis-à-vis de la politique de l'UMP ", affirme le député de Paris Jean Christophe Cambadélis dans un communiqué. Selon lui " ce qui différencie en ce domaine la droite et la gauche c'est que l'UMP baisse les impôts des plus riches alors que la gauche s'y refuse ". En revanche, " l'austérité que Sarkozy prépare touchera tous les Français ", estime-t-il. On peut douter qu’elle les touche également ! Les entreprises industrielles, elles, n’ont pas en effet été atteintes par la conjoncture. Certaines en ont même profité. Tel Total qui occupe, comme pour 2006, la première place de ce Top 40 des profits. Avec 12,2 milliards de profits, l’entreprise pétrolière a bénéficié de la hausse des prix du brut.
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 12 mars 2008
Après l’interruption liée au week-end électoral, L’AUTRE QUOTIDIEN a mis en ligne hier sa 900° chronique depuis sa création. J’avoue humblement que je n’aurais jamais imaginé tenir aussi longtemps car la tâche est rude et il me faut bien reconnaître que je ne croyais guère à l’impact éventuel d’un blog quotidien dans un paysage médiatique déjà saturé par une multitude de supports en tous genres. Et pourtant je n’imagine plus maintenant vivre sans mon rendez-vous avec l’actualité brute portée par les dépêches d’agences ou les synthèses qui sont mises en ligne par des sites tellement divers que l’on peut s’y perdre. Par contre la refonte des événements et la superposition de diverses analyses permettent de lutter efficacement contre une information stéréotypée, aseptisée, présentée génératrice d’une opinion dominante extrêmement dévastatrice. La vertu d’internet, c’est de permettre cette mutation différente d’événements qui sont à l’origine identiques.
Je crois donc désormais en ce qui est devenu pour une certaine catégorie sociale un outil réel de citoyenneté malgré bien évidemment la part d’incertitude qui existe dans toute aventure humaine.
D’ailleurs une initiative prise par Reporters sans Frontières (RSF) témoigne de l’impact grandissant de ce relais d’opinions plus ou moins bien pensantes. Robert Ménard, secrétaire général de cette organisation de journalistes motivés lance la première Journée internationale pour la liberté d'expression sur… Internet. Patronnée par l'Unesco, la journée aura lieu aujourd’hui.
A cette occasion, RSF renouvelle son opération " 24h contre la censure " et appelle les internautes à se mobiliser sur son site. Actuellement, selon les " surveillants de la liberté d’opinion ", 63 " yberdissidents " sont derrière les barreaux pour avoir usé de leur droit à la liberté d'expression sur le Web. La Chine reste la plus grande prison pour les journalistes en ligne et les blogueurs… et les JO approchent. Les journalistes viennent de prendre conscience de l’influence planétaire que peut avoir un relais aussi actif
UNE INITIATIVE INTERESSANTE
Pour " dénoncer la censure exercée par les gouvernements et réclamer plus de libertés sur Internet ", Reporters sans frontières appelle à manifester dans neuf pays ennemis du Net. Durant 24 heures, demain à 11h jusqu'au jeudi à 11h (heure de Paris), les internautes pourront créer un " avatar ", choisir le message de leur banderole et prendre part à l'une des cybermanifestations qui auront lieu en Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Erythrée, Tunisie, Turkménistan et Viêt-nam. L'organisation publiera également sa nouvelle liste des " ennemis d'Internet " et rendra publique une version mise à jour du Guide du cyberdissident.
" Lors de la première édition des '24 heures contre la censure', près de 40 000 internautes s'étaient mobilisés en faisant évoluer la carte des 'trous noirs du Web' " , explique RSF, qui continue : "Aujourd'hui, nous pouvons encore peser sur les autorités qui musellent ce qui devrait être un libre lieu d'échange, et faire à nouveau de cette opération un succès. L’idée devrait même être reprise pour d’autres sujets et même pour des manifestations virtuelles qui concerneraient des thèmes nationaux ou internationaux.
La Libye, chère au cœur de notre Président " libérateur ", a réprimé deux journalistes l'année dernière. Ils travaillaient, pour leur malheur, sur internet. Cet exemple démontre que depuis peu les dictatures craignent par-dessus tout que des informations incontrôlées franchissent les frontières ou même soient accessibles depuis l’intérieur par des " classes " pouvant les démultiplier sans frein. De plus en plus l’évolution mondiale montre que la toile est le seul espace où l'information peut transiter sans censure réelle car dans de nombreux pays il est impossible de s'exprimer dans des médias classiques.
LA SOURIS FACE A LA CENSURE
Un jeu de chat répressif et de la souris informatique se déroule, dans les sociétés dictatoriales, entre les autorités et les internautes qui arrivent à contourner les différentes formes de contrôle. Les autorités utilisent des " gendarmes du net " ou même assurent une présence physique plus ou moins secrète dans les cybercafés. La censure ne peut être transgressée que temporairement. Elle rattrape à chaque fois leur retard en adaptant leurs effectifs et leurs techniques. D'autant que les sociétés étrangères se plient à la volonté de ceux qui la mettent en place. Ils ont la plupart du temps les moyens de s’offrir les systèmes les plus performants de surveillance.
En Chine, le fournisseur d'accès Yahoo a par exemple donné en secret des informations techniques sur les internautes considérés comme dissidents, dont elles avaient besoin pour les emprisonner.
La société informatique Cisco développe également un programme qui permet de surveiller les utilisateurs d'internet. Ces entreprises ont trop peur de perdre le marché chinois et sont donc accommodantes. Elles ne reculent devant aucun sacrifice technologique et aucun internaute, dans aucun pays, même le plus démocratique, ne saurait échapper à une surveillance ou à une autre. La toile n’est pas libre du tout contrairement aux apparences et seuls ceux qui n’ont aucune influence peuvent espérer échapper à ces filtres.
Le système de RSF constitue donc une avancée car elle évite le nombrilisme internet en élargissant la puissance globale du système. Il ne manquerait pas d’occasion de témoigner d’un attachement à une cause défendable. Par exemple si l’on se réfère à la Chine une opération en faveur du sort des Tibétains pourraient être mise en place. Leur chef spirituel, le dalaï lama, s'est insurgé hier contre " les inimaginables et énormes " violations des droits de l'Homme commises par la Chine au Tibet.
La répression augmente jusqu'à atteindre d'énormes et inimaginables violations des droits de l'Hommes, jusqu'à la négation de la liberté religieuse et jusqu'à la politisation des questions religieuses ", a déclaré le Dalaï Lama depuis son lieu d'exil de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où il est réfugié depuis exactement 49 ans après avoir fui le Tibet. Ces commentaires très sévères du prix Nobel de la paix tranchent avec la modération qu'il avait adoptée à l'égard de la Chine ces dernières années.
Samedi, le dalaï lama avait réaffirmé le droit de Pékin d'organiser les jeux Olympiques en août prochain: selon des médias en Chine en effet, le chef du Parti de la région autonome du Tibet de Chine, la plus haute autorité chinoise au Tibet, avait accusé le dalaï-lama d'essayer de " saboter cet événement ". Le dalaï-lama, 72 ans, qui vit en exil depuis 1959, prône l'autonomie du Tibet plutôt que son indépendance, une revendication qualifiée de " voie moyenne ", mais que la Chine rejette… faute de pression internationale réelle.  " Depuis près de six décennies, des Tibétains vivent en permanence dans la peur et sous répression chinoise ", a-t-il encore dénoncé devant ses partisans. " Ces dernières années, le Tibet a été le théâtre d'une répression et d'une brutalité croissantes. Malgré ces développements malheureux, je reste déterminé à poursuivre ma politique de la voie moyenne ", a-t-il assuré. Des propos courageux mais qui sonnent creux compte tenu de la vision des… Etats Unis !
NE FAIRE DE PEINE AUX CHINOIS
Les Etats-Unis ont en effet retiré la Chine de leur liste des pires violeurs des droits de l'homme, sur laquelle ils ont ajouté la Syrie, le Soudan et l'Erythrée, tout en notant que le régime chinois continue à " harceler ", " emprisonner " et " torturer ".
La Chine, qui figurait l'an dernier et en 2005 sur cette liste des " pires violateurs systématiques des droits de l'Homme dans le monde ", est reléguée en cette année de Jeux Olympiques au rang de " pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n'ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l'Homme et les libertés fondamentales basiques ".
Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté " mauvais ", faisant état de cas de torture et de contrôle abusif des naissances mais note que le gouvernement a procédé à " plusieurs réformes importantes ", notamment l'examen par le parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort.
" Le gouvernement a continué à surveiller, harceler, détenir, arrêter et emprisonner des journalistes, des écrivains, des activistes et des avocats ainsi que leurs familles, qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi
" La décision de Washington survient au plus mauvais moment, alors que la situation se dégrade avant les JO ",
Mais je déblogue…
a déploré de son côté Reporters sans frontières à Washington. " C'est un coup de poignard dans le dos des organisations qui militent pour des améliorations dans le domaine des droits de l'Homme ", a estimé RSF. C’est donc le moment de se remettre à la souris et de dénoncer tout ce qui peut l’être ailleurs comme ici car une chape de plomb sur les médias peut être plus terrible qu’un mur entre deux pays ! ", ajoute le rapport. Le département d'Etat a cherché à minimiser la signification de ce retrait du régime chinois de la liste des " pires violeurs " des droits de l'Homme à quelques mois des Jeux Olympiques. " Cette année, la décision a été prise de souligner le fait que bien que la Chine ait enregistré tous ces progrès économiques, nous n'avons vu aucun progrès sur les réformes politiques ", a précisé une autre porte-parole du département d'Etat ayant requis l'anonymat. " Cela nous a paru le bon moment pour faire cela ", a-t-elle ajouté, niant tout rapport avec la tenue des Jeux Olympiques en août à Pékin.
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 11 mars 2008
Depuis que sont tombés les résultats défavorables pour la majorité présidentielle on assiste à un virage dans la tactique politique sarkozyste. Plus question de causer d’ouverture à gauche mais plutôt d’inflexion au centre. On cherche en fait désespérément la sortie, celle qui permettrait de démontrer que dans le fond ce qui devait être une " branlée " ne serait qu’une " correction ". En effet tout se terminera dimanche soir par des commentaires qualifiant une défaite scrutée selon le cas par un bout de la lorgnette ou l’autre. Elle sera, je vous l’annonce à l’avance minime et sans incidence nationale pour la majorité actuelle, importante et significative nationalement pour l’opposition. On comptera les morts sur le carrelage : le Modem qui sera dissout comme le sucre dans un verre d’eau rose ou bleue selon ses humeurs locales et le FN qui n’aura que remonté son compte en banque en percevant l’aide de l’Etat pour des campagnes qu’il a peu faites. Pour les élus de tous bords le plus dur commencera.
A l’Ump dont rares seront les candidat(e)s qui portent l’étiquette officielle on essaie de sauver les meubles et les bijoux de famille en recherchant les soutiens nécessaires. D’abord pour que les dégâts se voient moins personne ne s’étant véritablement déclaré comme étant véritablement de la famille on limitera, au niveau des Préfectures et du Ministère de l’Intérieur la casse en annexant le fameux label fourre-tout " Divers droite " (DVD) ou un " sans étiquette " (SE) qui améliorera les nombres. Ce sera une manière comme une autre de pratiquer l’ouverture puisque tous ces braves élus du Peuple figureront ainsi dans le camp présidentiel à l’insu de leur plein gré.
Grâce à une autre subtilité, liée à la géométrie variable du Modem, il sera possible de comptabiliser des dissidents, des repentis, des opportunistes, des convertis de fraîche date du bon coté de la barrière. Comme le parti de l’ex futur maire de Pau a placé, tout et le contraire de tout, d’un coté ou de l’autre on jouera sur le meilleur ennemi de statistiques ; l’ambiguïté ! Bientôt il donnera pour le prix de deux militants du Modem un troisième gratuit qui se faufilera dans le camp d’en face. En effet brutalement plus personne n’a honte de pactiser avec les adeptes du Béarnais au grand cœur toujours prompts à voler au secours de la " veuve socialiste " ou de " l’orphelin Ump ". On lui a même proposé un accord général qui lui éviterait l’infortune du Pau !
UNE NEGOCIATION GLOBALE MANQUEE
François Bayrou a osé qualifié de " manœuvre électorale " la proposition de " négociation globale " faite par des responsables de l'UMP en échange de leur soutien à Pau, affirmant ne pas vouloir " renoncer " à ce qu'il croit. " Je n'ai pas l'intention de renoncer à ce que je crois pour participer à des manœuvres électorales ", a déclaré l’intéressé. " J'ai suivi avec attention et amusement tout au long de la journée la multiplication des propositions de négociations globales, qui s'accompagnaient de donnant-donnant sur Pau ", a ajouté le président du MoDem. Cette remarque consistant à lier le sort du leader à un sauvetage généralisé de multiples autres personnes en difficulté ressemble étrangement au système de la prise d’otages. On l’a pratiqué très longtemps sous la IV° République et on l’a adapté au scrutin à deux tours majoritaires sous la V°.
" Ces annonces comportent une part de bluff et une part de manœuvre ", a-t-il estimé, précisant n'avoir reçu " aucun appel direct de qui que ce soit " et jugeant que " le but que l'on recherche est de nous faire renoncer à la ligne d'indépendance et de clarté qui est la nôtre ". On ne sait pas s’il regrettait qu’on ne l’ait pas appelé ou s’il espérait que ce soit trop tard ! Et pourtant deux leaders de l'UMP, le secrétaire général Patrick Devedjian et le vice-président Jean-Pierre Raffarin, s'étaient déclarés prêts à engager " une négociation globale " avec le MoDem au deuxième tour des municipales, en apportant en contrepartie leur soutien à François Bayrou à Pau, où il est confronté à une triangulaire à risques.
A CHACUN SA VERITE
Le Premier ministre François Fillon a ensuite appelé le MoDem à des accords de soutien réciproque avec l'UMP, estimant qu'il devait y avoir " un échange " entre les deux partis. " Je dis que si les responsables du MoDem acceptent de soutenir les listes de la majorité présidentielle, naturellement nous soutiendrons les candidats du MoDem quand ils sont en position de se maintenir et d'être soutenus par notre majorité ", a-t-il déclaré lors d'une visite de soutien au candidat UMP dans le XVème arrondissement de Paris, Philippe Goujon. En fait il ne s’agit absolument pas d’un accord sur des principes de gestion mais plus dramatiquement d’un troc aussi rentable que possible. Le seul énoncé de cet échange de services sur la base du plus offrant signifie que l’Ump doit avoir un cruel besoin de renforts en certains lieux symboliques.
La pression qui remonte de la base fait en effet apparaître deux éléments forts : faire absolument taire Sarkozy encore durant une semaine au moins, ne pas négliger le Modem qui donne souvent une image honorable à des candidats qui soutiennent souvent des décisions pour le moins discutables. C’est un peu de sirop de guimauve pour atténuer les aigreurs provoquées par les " médicaments " administrés au pays depuis plusieurs mois. Si l’on parvenait à une ordonnance globale même avec des placebos le malade serait en meilleure position pour affronter le public. Il est vrai que dans de nombreux cas un petit geste suffirait à sauver des situations limites ! Impossible d’affirmer que dans quelques temps la situation ne s’aggravera pas mais… on renégociera quelques avantages supplémentaires. Bayrou tente d’échapper à cette logique mais il est rattrapé par sa base qui va lui mettre la pression.
FUSIONS DE COURANTS D’AIR
 
Les candidats pouvaient déposer leurs listes, identiques à celles du premier tour ou bien fusionnées après accord avec d'autres listes ayant dépassé 5% au premier tour. Le MoDem, en position d'arbitre dans les villes où le scrutin s'annonce serré, a donc opté pour une stratégie à géométrie variable en maintenant ses listes ou en fusionnant soit avec la gauche, soit avec la droite.
Les candidats du MoDem ont été au centre de toutes les attentions dans les quelques dizaines de villes où ils sont en position de faire pencher la balance dans un sens comme dans l'autre. Les centristes ont franchi dimanche dans 40 villes et arrondissements la barre des 10% nécessaire pour se maintenir.
" Il semble que la porte ait été refermée. Nous en prenons acte ", a réagi Patrick Devedjian. Pour le secrétaire général de l'UMP, François Bayrou " fait tout pour perdre " à Pau, où il est en situation délicate face à la socialiste Martine Lignères-Cassou et au maire sortant ex-PS Yves Urieta, soutenu par l'UMP. Compte tenu du refus du président du MoDem de conclure un accord national avec l'UMP comme avec le PS, les têtes de listes centristes ont négocié selon leurs… intérêts locaux.
Des alliances avec la gauche ont été conclues à Marseille, Lille, Asnières-sur-Seine, Chartres, Melun ou Poissy. Mais à Toulouse, Metz ou Colombes, les candidats MoDem ont fusionné avec les listes UMP. Comprenne
Ailleurs, les candidats MoDem ont fait le choix de se maintenir.
Outre François Bayrou à Pau, les centristes seront présents au second tour dans trois arrondissements parisiens, à Saint-Etienne, Belfort ou Aix-en-Provence. Exception à Blois, où le MoDem, en situation de se maintenir, s'est retiré, ce qui favorisera l'élection du candidat socialiste face au maire Nouveau centre Nicolas Perruchot. Où est la dimension politique dans ce comportement erratique ? Car le fondement ce sont des valeurs qu’il faut rassembler et non pas des individualités qu’il faut empiler. Ah ! si les citoyennes et les citoyens pouvaient enfin comprendre que les idées sont au moins aussi importantes que le visage des affiches… On peut toujours rêver car jamais les petits arrangements entre amis qui se détestent n’auront été aussi surprenants. Mais il parait que c’est être moderne que de rêver d’ouverture. Les courants d’air risquent bien d’enrhumer la démocratie !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 6 mars 2008
Il n’y a plus aucun doute : une vaste campagne de désinformation a été mise en place par les spécialistes élyséens autour de l’échéance électorale de dimanche prochain. Elle tourne à plein régime pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore. La technique en est simple : abreuver l’opinion de sondages trafiqués avec la complicité de médias habitués à cette manipulation organisée. Je suis frappé par tous les signaux qui donnent des victoires écrasantes à la Gauche. Un déluge de résultats courus d’avance à Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Toulouse, Caen, Lille… Reims, Nancy, Metz. On annonce la Droite laminée, pulvérisée, éparpillée comme si tout était joué d’avance. Cette manière d’annoncer une déroute potentielle a deux objectifs : remobiliser un électorat sarkozyste déboussolé auquel on fait le fameux coup " Au secours la gauche revient ! " et surtout démobiliser celui de la Gauche en l’incitant à rester à la maison. 
On sent bien que le gouvernement joue à fond sur les analyses d’opinion qui montent que si la Droite est discréditée les électrices et les électeurs ne sont pas encore prêts à revenir à gauche ! Mieux ils ont peu honte d’avoir été bernés par celui dont ils attendaient monts et merveilles et qui leur a valu que des gouffres financiers et des désillusions et ils sont invités à ne pas se déjuger massivement à moins d’un an. Ce que les sondages ne mesurent pas en effet ce sont les… gens qui n’iront pas voter, dégoûtés par cette vie politique qui les baladent d’un bord de l’échiquier à l’autre. Ils ne peuvent plus aller aux extrêmes car ils ne sont pas dans le jeu des élections locales. Ils n’ont plus d’opportunités de s’exprimer réellement entre une Droite qui ne dit plus son nom et une Gauche qui n’a pas terminé sa mue.
François Fillon a pris les choses en mains et il sonne le tocsin, suffisamment fort pour ressouder les énergies défaillantes. Pour y parvenir il se remet à crier au loup de telle manière que les gardiens du temple du libéralisme aient un réflexe salutaire d’autodéfense. Nicolas Sarkozy ajoute son grain de sel avec un entretien au Figaro (tiens donc !) qui va aujourd’hui persuader le bon peuple qu’il ne trinquera pas après voir déguster depuis plusieurs mois. Il ne peut plus revenir à la télé car une nouvelle apparition le coulerait définitivement mais il va s’arranger pour occuper demain, les écrans, les ondes et les pages des quotidiens.
ON AFFOLE ET ON RASSURE
Hier à Matignon, confidentiellement, les personnes bien informés annonçaient une tsunami en faveur de la gauche comme si la consigne consistait à noircir le tableau le plus possible ! On confiait même que les vieux Gaullistes, les RPR d’antan demandaient face au danger au " collaborateur préféré par obligation " de les débarrasser du Président ! Difficile à croire… mais plausible quand on constate que ce matin dans Le Figaro ce dernier ne parle plus d’ouverture (sa tentative venue d’Afrique avait permis d’agiter l’épouvantail Allègre) et annonce qu’il n’y aura pas un " grand remaniement " pas plus que de " plan de rigueur ". L’un affole… l’autre rassure.
François Hollande a donc senti le traquenard et a mis en garde ses électeurs, mercredi 5 mars, face " au piège " des sondages donnant son parti gagnant, craignant une " abstention menaçante ". Je pense que c’est un peu tard… car la démoblisation a touché depuis belle lurette les militants les plus sûrs d’eux qui pensaient ne plus avoir à distribuer, à haranguer, à afficher puisque tout est réglé par avance. Ils ont la mémoire courte car ils ne se souviennent pas comment les sondeurs ont conduit à la défaite le parti socialiste en accentuant la popularité ou les possibilités de victoire de sa candidate.
" Il y a une forme de piège " dans les sondages favorables à la gauche, a déclaré le Premier secrétaire du Parti socialiste. " Le piège, c'est que nos électeurs entendant cette accumulation de victoires proclamées alors qu'ils ne se sont pas encore déplacés se disent 'pourquoi y aller. C'est dimanche. On pourra peut être attendre le dimanche 16 mars " date du deuxième tour, a-t-il analysé sur France Inter. C’est certain que la menace est bel et bien réelle et je le constate sur le terrain en finissant la campagne : de moins en moins de monde et un entourage qui crie victoire avant meêm d’avoir entamé les derniers mètres. Le premier tout sera en effet beaucoup plus que dans d’autres élections (duels dans bien des cas) décisif. Selon François Hollande, " tout va se jouer au premier tour. J'ai cette conviction, je l'ai depuis l'élection présidentielle de 2002 et elle n'a pas été démentie en 2007, que tout se décide au premier tour ", a assuré le Premier secrétaire du PS. " C'est la force, la dynamique qui sort du premier tour qui permet d'engager des victoires ".
LE VOTE : UNE ARME OUBLIEE
Le Premier secrétaire du PS " souhaite donc que la participation soit la plus forte possible " car il " voit l'abstention menaçante " avec " beaucoup d'électeurs qui se disent : Est-ce que cela vaut la peine de voter? Oui, pas pour le plaisir d'entendre un soir d'élection la victoire des uns ou des autres mais parce que cela change la vie quotidienne ", a plaidé François Hollande. On peut craindre que son analyse soit la bonne mais qu’elle ne parviennent pas dans les chaumières… Si les Français veulent que " nous agissions toute de suite, nous permettre d'être dès à présent efficaces, utiles dans les villes et les départements, s'ils veulent sanctionner et je crois qu'il y a matière, le président de la République et le Premier ministre, et s'ils veulent se protéger des décisions qui pourraient être prises au lendemain des élections municipales, il faut prendre la seule décision qui compte, c'est-à-dire un bulletin de vote ", a-t-il déclaré. C’est beau mais on en est encore loin sur le terrain. Le bulletin de vote on ne semble plus y croire tant la déception, la résignation ont envahi les esprits.
Ecartant l'idée d'un troisième tour de la présidentielle, François Hollande a jugé que les municipales étaient " une occasion formidable de fixer un bulletin de notes à l'occasion d'un bulletin de vote ". Le Premier secrétaire ne demande pas " simplement un avertissement, une sanction pour les dirigeants actuels (...) ne veut pour la gauche pas seulement qu'elle soit téléspectatrice " mais " demande que les électeurs (leur) fassent confiance dans quelques jours pour que nous puissions agir ". Le problème c’est que la droite et ses relais médiatiques traditionnels l’ont bien compris… et les fameuses enquêtes d’opinion vont savonner la planche ! A quelques heures du premier tour des municipales, la majorité semble tétanisée par l’épreuve qui l’attend, incapable de définir une stratégie cohérente pour reprendre l’initiative.
ON CHERCHE DES PISTES
On tâtonne entre le retour de Sarkozy au premier plan et son enterrement provisoire. On essaie de jouer sur la peur selon le principe traditionnel. On avance Fillon mais sans trop estomper son patron. On oublie les appartenances à l’Ump. On fricote avec le Modem mais on le repousse. Paradoxalement on présente une éventuelle victoire d’Alain Juppé à Bordeaux pour atténuer la raclée annoncée de Françoise de Panafieu à Paris ainsi que la défaite possible de Jean-Claude Gaudin à Marseille et celle certaine de Dominique Perben à Lyon ? Si le PS espère récupérer 30 des 40 villes perdues en 2001, il est des victoires plus symboliques que d’autres, en particulier dans les grandes métropoles.
Il reste que le Président, quasiment exclu à ce jour de cette campagne, ne désarme pas. Il poursuit son tour de France en étant aujourd’hui à Vesoul et donne une grande interview au Figaro afin de réaffirmer sa volonté de réformes et la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Un double symbole pour la France d’en bas et la France ancrée à Droite : ses deux clientèles habituelles qu’il tente de récupérer car elles sont tentées d’aller voir ailleurs.
Et on le sent bien à l’affût du moindre coup qui lui permettrait de booster sa cote de popularité comme d’aller chercher Ingrid Betancourt dans la jungle colombienne, si l’on en croit son ministre des Affaires étrangères, le bon docteur Kouchner. On a toujours dans l’histoire de la France trouvé un (e) otage à libérer à quelques heures d’une échéance électorale. On se souvient que Pasqua et Chirac avaient réussi par exemple à ramener in-extrémis les prisonniers du Liban dans des circonstances similaires.
Dans le même temps, il houspille ses ouailles pour obtenir des mesures sur l’emploi des seniors, tandis que François Fillon, tout à sa " zénitude ", ressasse qu’à défaut d’une hausse du pouvoir d’achat, le chômage devrait être inférieur à 7,9 % sur l’année écoulée. Toute cette agitation ne semblant guère productive dans les sondages qui reprochent au Président une trop grande personnalisation du pouvoir, certains, tel Patrick Devedjian, incitent Nicolas Sarkozy à s’exprimer à la télévision au risque de s’exposer encore plus au désaveu d’un scrutin malgré tout local et sans incidence sur la politique nationale.
Entre la tentation de la " victimisation " (ils m’en veulent personnellement) pour remobiliser son camp ( la Gauche revient !) et celle de donner du sens (pas de plan de rigueur !) pour fédérer les Français vers un objectif commun, il va falloir choisir dans la journée car le temps presse ! En fait on va surtout essayer de sauver les meubles et les bijoux de la famille Ump en préparant le second tour. Il n’est donc pas impossible que Nicolas Sarkozy se replonge dans le bain électoral selon les résultats. Rien n’est donc perdu au royaume de la Droite contrairement aux apparences tant la citoyenneté active à été mise en berne depuis quelques mois. On n’est jamais mort en politique tant que le dépouillement n’est pas terminé. Et encore c’est provisoire !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 4 mars 2008
Quel que soit le membre du gouvernement qui l’affirme, vous ne devez absolument pas le croire. Vous me direz que c’est devenu une habitude depuis quelques mois puisque on n’en a pas encore vu un seul ne pas revenir sur ses effets d’annonce multiples et variés. Ainsi ils s’efforcent de vous convaincre qu’après les scrutins municipaux et cantonaux il n’y aura pas de plan de rigueur. Christine Lagarde dont on murmure qu’elle sera renvoyée au monde des affaires est aussi convaincante dans ce rôle qu’elle l’a été en acheteuse de yaourts et de jambon cuit à l’étouffée. En fait pour qu’elle puisse espérer atteindre l’objectif annoncée pour construire un budget ni sincère, ni véritable il ne lui reste qu’à s’aligner sur les positions religieuses présidentielles actuelles. Elle organiserait un pèlerinage de Bercy à Lourdes pour demander un miracle susceptible de relancer la croissance. La récession se profile puisque tous les indicateurs économiques sont en berne. Plus un seul ne laisse un brin d’espoir à cet égard. Ainsi l'euro a atteint hier un nouveau record face au billet vert, se hissant jusqu'à 1,5264 dollar vers 14H 30 GMT, enfonçant ainsi son précédent sommet historique de 1,5239 dollar qu'il avait établi vendredi.
Cette hausse catastrophique à terme pour l’Europe a fait sortir le directeur du FMI du bois où il se terre. Dominique Strauss-Kahn, estime que le " problème " de l'euro, qu'il juge " surévalué ", est que la Banque centrale européenne est " surpuissante ". Tiens donc voici DSK sur les positions de celles et ceux qui s’opposaient au fameux ex-traité constitutionnel européen car je me souviens avoir dénoncé l’indépendance totale dont bénéficie la BCE.
" Le problème de l'euro est que la Banque centrale européenne, qui fait bien son travail pour contenir l'inflation, est surpuissante : elle n'a pas de contrepoids politique en la personne d'un vrai ministre européen des Finances qui serait en charge de la croissance ", affirme Dominique Strauss-Kahn.
" Le yuan et le yen sont sous-évalués, l'euro est surévalué et le dollar est entre les deux ",
LA PRESSION EST SUR LA FRANCE
" Le 11 février, il y a eu une réunion au niveau européen des ministres des finances ",
La France doit " faire en sorte d'atteindre l'objectif en 2010 ", avait souligné à Bruxelles le président du forum qui regroupe ces ministres (Eurogroupe), Jean-Claude Juncker. Bien évidemment tout le monde va démentir cette position à quelques jours d’une échéance électorale. On a tiré la leçon de l’affaire de la TVA sociale à 5 points et il n’est pas question de laisser filtrer même à l’échelle européenne une information susceptible d’influer sur un scrutin interne à un pays. Le problème c’est que pour atteindre son objectif il faudrait améliorer les recettes (TVA, impôts, exportations) alors que le gouvernement table tout depuis des mois sur une réduction drastique des dépenses (suppression des postes de fonctionnaires, privatisation outrancière, réduction des crédits…) sans mesurer exactement les conséquences de ces choix dans le contexte actuel.
" Bien évidemment, nous sommes toujours préoccupés" par le niveau de la monnaie unique, a également dit le ministre slovène des Finances Andrej Bajuk, dont le pays, qui a adopté l'euro en 2007, assure la présidence tournante de l'UE. " Ces évolutions ne sont pas très encourageantes mais nous travaillons " pour apporter des réponses, a-t-il ajouté, sans donner plus de détail. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, l'Espagnol Joaquin Almunia, a pour sa part souligné que " les taux de change devraient refléter les fondamentaux économiques ", une manière de dire que la glissade actuelle du dollar n'est pas justifiée. Il a aussi rappelé que le gouvernement américain avait à plusieurs reprises dit être en faveur d'un " dollar fort ".
La hausse de l'euro permet aux Européens d'atténuer l'envolée des prix de l'énergie, qui sont facturés en dollars. Mais dans le même temps, elle renchérit leurs exportations et les fragilise donc face aux concurrents étrangers. La France est maintenant au cœur de la tourmente.
LES SUBPRIME TUENT LE DOLLAR
En réalité, la hausse de l’euro est surtout une baisse du dollar. Et si le dollar perd du terrain, c’est que les investisseurs craignent une crise durable aux Etats-Unis. La fameuse crise des subprime n’en finit pas de faire sentir ses effets et, toute la semaine, les mauvais indicateurs se sont accumulés : confiance des ménages au plus bas depuis 17 ans, chute des prix des logements, hausse des procédures de saisie immobilière… Il n’y a pas une seule lueur d’espoir dans le monde capitaliste. Les profits ne pourront se faire que sur le dos de la valeur travail !
Les propos de Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale, qui a évoqué des " pressions inflationnistes ", n’ont rien arrangé. Les rumeurs sur une nouvelle baisse du principal taux d’intérêt directeur, c’est à dire le taux d’intérêt auquel les banques commerciales empruntent auprès de la banque centrale, se font de plus en plus insistantes. Il pourrait ainsi être porté de 3% aujourd’hui à… 2,5% dès le 18 mars prochain (le choix de la date est symbolique). C’est donc un mauvais signe annonciateur d’autres décisions. Dans le même temps, l’économie de la zone euro donne des signes de résistance. Et, alors que la croissance tient bon mais que l’inflation augmente, la Banque centrale européenne reste campée sur sa conviction que le statu quo monétaire est la bonne solution. Or son principal taux directeur se situe aujourd’hui à… 4%. Le politique ne bouge pas car bien évidemment il n’a aucun pouvoir sur les décisions de la BCE. Résultat, les placements en euros rapportent de plus en plus, comparé à ceux effectués en dollars. La demande en euros augmente, ce qui provoque son appréciation.
LE PETOLE ET LE PETROLE
Les industriels européens sont de plus inquiets. Du moins, ceux qui sont spécialisés dans les exportations hors de la zone euro, comme les constructeurs automobiles et aéronautiques, les groupes de luxe ou les entreprises de l’agroalimentaire. La hausse de la monnaie unique rend plus chers leurs produits, par rapport à ceux proposés par les concurrents qui se situent en dehors de la zone euro. Résultat : ils risquent de perdre des parts de marché, ou d’être obligés de rogner sur leurs marges. Et au final de prendre des mesures de réduction des coûts, voire de délocaliser. Mais face à ce phénomène, certains pays sont plus exposés que d’autres. En France et en Italie, beaucoup d’exportateurs sont des PME, qui fabriquent des produits peu innovants, selon Alexander Law, du cabinet Xerfi. Comme ils ne peuvent miser que sur les prix pour se différencier de la concurrence, la moindre hausse de leurs coûts leur porte préjudice.
En revanche, en Allemagne, les firmes exportatrices ont réussi à bâtir des positions suffisamment solides sur les marchés étrangers, notamment pour la fourniture de biens d’équipements sur les marchés asiatiques, pour se permettre d’absorber plus facilement les variations à la hausse de l’euro.
Pour l’instant le seul avantage c’est que cette hausse permet d’atténuer un peu la hausse faramineuse du pétrole : le baril, qui a dépassé les 100 dollars, est en effet facturé en dollars. Ensuite, elle permet aux ménages d’acheter un peu moins cher les produits venus des pays hors zone euro. De quoi freiner la baisse du pouvoir d’achat… mais accentuer le déséquilibre de la balance commerciale.
En fait le seul objectif du gouvernement c’est de tenir jusqu’à la fin mars avec l’espoir qu’un changement de ministre de l’économie suffira à masquer la rigueur promise. La récession va s’installer durablement puisque chaque jour la BCE regarde " son " euro prospérer. Elle se considère comme au-dessus de ces politiques médiocres et sans avenir qui s’agitent dans leur bocal européen comme des guêpes prises aux piège. Le traité de Lisbonne ne règlera rien et le libéralisme triomphant transformera l’homme en loup pour l’homme à l’échelle mondiale. Il suffit d'attendre encore quinze jours...
Mais je déblogue… 
à laquelle assistait Christine Lagarde, a expliqué Laurent Fabius au Forum de Radio J. " Vous savez que la France a été mise en accusation à cause de ses déficits. (...) La tonalité du débat qui a eu lieu c'est ‘Ecoutez, laissez-nous passer le cap des élections municipales, et ensuite nous prendrons des décisions ", a déclaré Laurent Fabius. " Toute l'Europe attend que le gouvernement prenne une série de décisions qu'on cache aux Français ". Les ministres des Finances de la zone euro avaient appelé le 11 février la France à respecter son engagement d'équilibrer ses comptes publics d'ici à 2010. estime-t-il. Il explique ainsi que le renoncement du politique face au diktat des tenants du profit roi. En fait le niveau de l’euro va conduire à un accroissement des délocalisations, du déséquilibre dramatique de la balance commerciale, une véritable crise du pouvoir d’achat. C’est donc l’affolement chez les gens qui comptent dans le libéralisme européen.
Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et la présidence slovène de l'UE se sont dits préoccupés par la très forte appréciation du taux de change de l'euro. " Je dois dire que je commence à être de plus en plus préoccupé et vigilant " à ce sujet, a dit Jean-Claude Juncker à la presse à Bruxelles, avant une réunion du forum des ministres des Finances de l’Eurogroupe. Cette instance n’accueillera probablement pas avec sympathie Christine Lagarde comme l’a prévu Laurent Fabius.
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 2 mars 2008
Les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, qui avait affirmé qu'en " France, les sectes sont un non-problème " et qu'on pouvait " s'interroger " sur la Scientologie n’ont véritablement pas provoqué le tollé qu’ils méritaient. Selon un processus maintenant bien rodé, l’Elysée a vite exprimé le contraire de ce qui en était sorti de ses murs la ville. Le Président passe son temps à démentir ou à amender ce qu’il a proposé ou affirmé. Le parrainage des enfants juifs a été par exemple aussi vite oublié qu’il était surgi de l’esprit d’un conseiller de la Présidence. L’effet devient catastrophique dans un pays qui n’a plus aucune raison de croire dans l’engagement de ses politiques.
Partisan du retour au premier plan du religieux sous toutes ses formes, auteur de tirades honteuses sur la morale inspirée par la religion comme s’il fallait être croyant pour respecter des principes de la vie collective, n’ayant jamais démenti les relations avec les VRP américains de la Scientologie Nicolas Sarkozy n’a pas été aussi sévère que Laurence Parisot avec les responsables… immoraux de l’UIMM. Il n’a pas sanctionné ou remis en cause les déclarations de sa collaboratrice. Or ils étaient on ne peut plus clairs et confirmés par VSD qui doit possé&der d’ailleurs un enregistrement de l’interview : " Ou bien c'est une dangereuse organisation et on l'interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l'ordre public et ils ont le droit d'exister en paix ", avait-elle déclaré a propos de la Scientologie. Emmanuelle Mignon avait ensuite démenti avoir tenu ces propos alors qu’ils illustraient simplement les positions globales de son patron.
Or une affaire oubliée par les médias qui n’en feront sûrement pas la une de leurs supports vient redonner toute leur valeur à ces déclarations successives du Président sur les effets bénéfiques de la religion sur la vie sociale. Une Française, séquestrée en Sardaigne par des membres de l'église de Scientologie et libérée fin janvier par la police italienne, va en effet " être rapidement rapatriée en France ", ont indiqué hier des sources diplomatiques françaises à Rome. " Le Consulat de France à Rome suit cette affaire depuis le début en collaboration étroite avec les autorités italiennes et Martine Boublil sera rapidement rapatriée en France ", ont affirmé ces sources. Dommage qu’on ne l’ai pas appris plus tôt car Emmanuelle Migon et le Chanoine de Latran auraient peut-être été plus prudents.
La police de Nuoro (centre-est de la Sardaigne), qui avait libéré la Française de 48 ans alors qu'elle était détenue dans des conditions d'hygiène déplorables, a précisé de son côté à l'AFP que Martine Boublil " était toujours hospitalisée en psychiatrie mais qu'elle pourrait quitter la Sardaigne la semaine prochaine ". Le rapport sur les circonstances de cette affaire parmi bien d’autres restées secrètes ou étouffées pourrait être par exemple publié par paris Marche Pravda, le JDD, le Parisien ou … VSD !
L’ENFER AU NOM DE LA SECTE
La préfecture de Nuoro avait été alertée par un coup de téléphone faisant état d'appels à l'aide provenant d'un maison de campagne située sur le mont Ortobene, près de Nuoro. Les policiers sardes habitués aux comportements mafieux, aux enlèvements et aux séquestrations avaient découvert le 21 janvier Martine Boublil, soeur de Claude Boublil, un important membre de l'église de Scientologie en France, enfermée dans une pièce remplie d'immondices. D'abord présentée comme d'origine tunisienne (sic), elle avait été retrouvée demi-nue et dormant sur un matelas infesté de vermine, selon la police locale. Quatre Français, une femme et trois hommes, présentés comme des membres de la Scientologie et soupçonnés d'avoir retenu Martine Boublil contre son gré, avaient alors été arrêtés, avait indiqué à l'époque un porte-parole de la préfecture de police locale. Ces quatre personnes ont été libérées… il y a dix jours et sont depuis rentrées en France. Avec moins de policiers que pour les coupables de Villiers le Bel et après avoir informé les journalistes pour les images on doit pouvoir les retrouver assez facilement. Sauf à croire qu’il existe des complicité l’ouverture d’une enquête par le Parquet pourrait même être lancée. On l’attend… car là encore les explications traditionnelles sont vite arrivées.
La porte-parole de l'Eglise de Scientologie en France, Danièle Gounord, invitée par le quotidien Le Parisien à commenter cette affaire, a parlé de " drame familial " et indiqué que la Scientologie n'avait " rien à dire " sur la question. Peut être que l’Elysée via Emmanuelle Mignon aurait un avis sur le sujet ? Martine Boublil scientologue apparemment malgré elle a aussi beaucoup à raconter puisqu’elle dit avoir vécu " un enfer " au nom d’une secte qui promet le paradis !.
Elle raconte avoir été membre de la Scientologie pendant huit ans puis s'en être écartée. Quelques années plus tard, elle a été hospitalisée pour dépression nerveuse. Selon elle, son frère, Claude Boublil, un des animateurs du Celebrity center de la Scientologie à Paris, l'a fait sortir et l'a " emmenée de force en Normandie, dans une maison qui appartient à un scientologue, puis dans la Sarthe et enfin en Sardaigne " où elle affirme avoir été contrainte de rester enfermée dans une " pièce dégoûtante " au premier étage de la maison, surveillée par deux jeunes gens qui ne lui parlaient pas, avec une bassine pour ses besoins naturels et un t-shirt pour tout vêtement.
 Elle explique y avoir vécu cloîtrée dans une chambre, dormant " sur une chaise " sans pouvoir se laver, tandis que les personnes chargées de la surveiller refusaient de lui parler. Elle affirme avoir écrit avec son tube de rouge à lèvres des SOS qu’elle lançait dans le jardin des voisins qui ont alerté la police ! Des méthodes qui réconcilient avec la… morale !
UNE METHODE DEJA UTILISEE
" Ou bien c'est une dangereuse organisation et on l'interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l'ordre public et ils ont le droit d'exister en paix "  avait déclaré Emmanuelle Mignon. Elle a peut-être une part de sa réponse après ce témoignage qui ne pourra rester, on l’imagine, sans suites judiciaires ! Elle serait rassurée et pourrait sereinement rejoindre les positions exprimées par Roger Gonnet qui a quitté la Scientologie au milieu des années1980 en violent désaccord avec " cette pseudo-religion qui trompe les gens et fait payer ses méthodes beaucoup trop cher ". En 1974, il avait créé la première organisation du mouvement en dehors de Paris, dans la région lyonnaise et je suis certain que Nicolas Sarkozy le religieux, se fera un plaisir de lui accorder un rendez-vous rapide pour qu’il lui explique les dangers moraux de ses propos angoissants sur le rôle de l’irrationnel dans la vie collective. Roger Gonnet n’a pas vu le Maître mais il a été reçu par… sa directrice de cabinet explique-t-il dans Le Parisien!
" J'ai demandé à la rencontrer à la suite de son interview dans " VSD ". J'ai pensé que, pour tenir de tels propos, elle devait méconnaître le problème. Comme Michèle Alliot-Marie d'ailleurs. Emmanuelle Mignon a reconnu qu'elle n'était pas très au fait des pratiques de la Scientologie. Je l'ai donc éclairée en décrivant les méthodes de manipulation, les suicides dont j'ai eu connaissance et que le seul but du mouvement consiste à amasser de l'argent. Bien informées, les personnes qui pensent que les sectes ne sont pas un problème changent forcément d'avis. Pas sur tout, mais au moins sur le principal ".
La Scientologie a-t-elle souvent recours à ce type de pratique ? Ce n'est pas la première fois. Roger Gonnet déclare avoir recueilli il y a quelque temps le témoignage d'un adepte séquestré dans une maison aux Pays-Bas et privé de tout contact avec l'extérieur.
 Pour autant, les isolements à l'étranger ne sont pas si fréquents que cela. Tout simplement parce que cela coûte cher. Il faut trouver des personnes volontaires pour rester plusieurs semaines dans un pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas forcément la langue. La Scientologie n'a pas les moyens pour cela. Elle préfère se consacrer au financement de campagnes de communication, à la vente de ses produits et à l'organisation de sa défense.
Comment expliquer ce qu'ils ont donc fait subir à cette adepte ? " La Scientologie prétendra qu'elle est folle, alors qu'elle ne l'est pas du tout. Elle a dû simplement vouloir se rebeller. Elle a dû piquer une crise de nerfs, peut-être même vouloir communiquer avec l'ennemi ou, pire, parler… à la presse. Ils ont leur méthode pour cadrer les fous, les PTS type 3 comme ils les rebaptisent. Ils appellent cela Introspection Rundown. L'adepte est mis à l'abri, nourri et placé sous bonne garde avant qu'on lui fasse subir toute sorte d'auditions pseudo-psychanalytiques ". Affolant mais dans le fond totalement méconnu du grand public car à la moindre tentative de dénonciation de ces faits, le réseau très puissant des scientologues se met en route pour faire obstacle à leur divulgation !
ON ATTEND L’ENQUETE
Le député Ump du Rhône Georges Fenech a annoncé fièrement hier qu'il allait déposer une demande de commission d'enquête parlementaire sur la Scientologie après ces événements précis, graves et pourtant… Ignorés par les médias avides de sensationnel !
Dans un communiqué, le vice-président du groupe parlementaire d’étude sur les sectes et membre du conseil d’orientation de la MIVILUDES indique qu'il " déposera sur le bureau de l'Assemblée Nationale une proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête parlementaire pour déterminer la nature réelle des activités de ce mouvement, son mode de fonctionnement, les sources de financement et d'une manière plus générale si l'organisation respecte les lois de la République Française ". Il faudra attendre après les… élections pour simplement savoir si sa proposition a une chance de franchir la barre du lobby scientologue qui existe dans les rouages du pouvoir. " La récente affaire mettant une nouvelle fois en cause l'église de Scientologie dont une victime française, Martine Boublil, vient de dénoncer les faits gravement attentatoires à sa liberté et à son intégrité physique, vient rappeler les dangers réels de cette organisation ", ajoute-t-il. Il devrait adresser le double de cette déclaration à Emmanuelle Mignon.
En attendant cette semaine je suis certain que, sur la foi des articles de presse et des témoignages accablants qu’ils contiennent, Rachida Dati ou même le Président de la République si prompts à saisir la justice quand leur " image " est écornée vont demander l’ouverture d’un enquête simple, ordinaire. On comprendrait en effet mal qu’ils aient pu réagir avec promptitude sur des publicités mal pensantes et qu’ils laissent passer des réalités aussi dangereuses pour notre pays. A moins que… Emmanuelle Mignon n’ait fait qu’énoncer de vive voix ce que certaines et certains pensaient à voix basse.
 Tenez voici ce qu’a écrit Yves Bertrand ex-Directeur des renseignements Généraux en 95 dans son livre " Je ne sais rien mais je dirai tout " directeur des Renseignements Généraux en poste à l'époque de la liste décriée de 1995 : " ...Doit-on confondre en un même vocable, sectes et mouvements minoritaires, pratiquant le prosélytisme comme les témoins de Jéhovah ? Franchement je ne le pense pas. On a le droit de critiquer la scientologie ou les Témoins de Jéhovah, mais faut-il pour autant les transformer en diable ? Je pense même qu'à placer sur le même plan certaines sociétés de pensée et d'authentiques mouvements sectaires qui aliènent la liberté de leur membres, on aboutit à l'inverse du but recherché. Sous prétexte de protéger la liberté de conscience, on empêche les citoyens d'embrasser les croyances de leur choix, ce qui est le contraire de la laïcité bien comprise... " Il a dû inspirer l’Elysée et en parler à Martibe Boublil !
Mais je déblogue
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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