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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Vendredi 22 février 2008
Il devait être le Président du pouvoir d’achat. On a au moins une certitude : il est devenu le Président de l’inflation ! En définitive ce serait une satisfaction si le travail était rémunéré au minimum sur la même base. Or l’écart se creuse à une allure vertigineuse et va faire plonger une bonne part des ménages dans une situation progressivement dangereuse. La marge des disponibilités en fin de mois se rétrécit alors que le prix de l’énergie ne cesse de grimper.
La France, dont le niveau d'inflation a longtemps été inférieur à celui de la zone euro, a ainsi effectué un rattrapage entièrement dû à la poussée des prix des produits alimentaires et de l'énergie, qui ont encore augmenté de respectivement + 1,4% et + 0,8% en janvier sur un mois. Ce constat va à l’encontre d’absolument toutes les déclarations gouvernementales et plus encore à l’encontre de toutes les perspectives budgétaires pour 2008 en matière de croissance et donc de sortie des sables mouvants économiques où s’enlise la France.
Les prix des produits manufacturés ont en revanche baissé de 1,5% et ceux de l'habillement et chaussures de 7,4%.
Les économistes sont partagés quant à savoir si l'inflation élevée empêchera la Banque centrale européenne de baisser ses taux mais tous s'accordent à y voir une mauvaise nouvelle de plus pour l'économie française, alors que le Fonds monétaire international a réduit mercredi sa prévision de croissance à 1,5% pour 2008, contre 1,9% en 2007, et que la Commission européenne vient de ramener la sienne à 1,7%. Rappelons que le budget 2008 de la France est fondé sur une hypothèse de croissance de 2,25 %.
On peut donc écrire dès aujourd’hui qu’aucune des prévisions et des annonces effectuées ne seront respectées. La crédibilité du politique va s’en trouver mise en cause et une crise profonde risque de s’installer dans un système démocratique décrédibilisé.
L’augmentation accélérée de l’inflation, conjuguée à des facteurs politiques (échéances électorales prochaines), contribue au recul du moral des ménages qui lui-même peut modifier des paramètres, en faveur, par exemple, du recours au crédit. D'autre part, l'augmentation de l'inflation diminue arithmétiquement la progression du pouvoir d'achat ce qui, en retour, devrait tirer vers le bas la consommation, phénomène déjà observé au quatrième trimestre et qui devrait se trouver confirmé au premier trimestre 2008.
Cette dégradation est quasiment historique dans un contexte mondial préoccupant avec en ligne de mire le résultat des élections américaines pouvant conduire vers le pouvoir le redoutable Mc Caïn. L’incertitude sur ce point va incontestablement peser sur les cours des matières premières en raison des déclarations agressives du candidat républicain que personne ne range dans le camp des colombes.
DES OBEJECTIFS IRREALISTES
En attendant avec 2,8% sur un an, l'inflation est au plus haut depuis mai 1992 en France. Les prix de l'énergie ont augmenté de… 12,3% en variation annuelle et ceux de l'alimentation de… 4,2%. Tous les discours gouvernementaux ne changeront rien à cette réalité ! L'inflation alimentaire, la plus perceptible dans le caddie de la ménagère, est à un record depuis mars 2002. Si sur le pétrole on peut imaginer un effet temporaire, sur l'agroalimentaire pour l'instant on n'en voit pas. Or c'est une vraie problématique dans toutes les questions tournant autour des négociations salariales car la hausse des prix des produits alimentaires, le consommateur lambda le voit tous les jours. On peut lui raconter ce que l’on veut il regarde simplement le montant de sa note en sortant des caisses du supermarché ou de la station service attenante.
La poussée des prix des matières premières agricoles et les nouveaux records du pétrole - à plus de 100 dollars pour le brut léger américain mercredi - entretiennent l'incertitude sur la décrue annoncée de l'inflation dans les prochains mois, même si un effet de base favorable devrait faire reculer les prix de l'énergie à partir de février. Ce n’est qu’une hypothèse car la réalité risque bien d’être différente ! Les prévisions deviennent en effet extrêmement aléatoires et relèvent d’interprétations géopolitiques complexes.
La Banque centrale européenne, qui a un objectif en dessous de 2 % pour l'inflation dans la zone euro sera d'autant plus sensible que l'accord salarial intervenu mercredi dans la sidérurgie allemande risque d'attiser ses craintes : voir les salaires accompagner la hausse des prix. Le syndicat IG Metall a obtenu pour 85.000 sidérurgistes de l'ouest de l'Allemagne une revalorisation salariale de 5,2%, sans précédent depuis 16 ans, qui pourrait bien faire tache d'huile dans d'autres secteurs du pays après des années d'austérité… Il est certain qu’en France on est encore loin d’une telle progression mais divers mouvements sociaux dans le privé représentent un léger frémissement. L’exemple allemand pourrait donner des idées à de syndicats qui vont entrer dans la campagne des élections prud’homales
DES AUGMENTATIONS INDISCUTABLES
Les inquiétudes sur la croissance sont devenues plus importantes ces derniers mois, mais compte tenu du niveau d'inflation et du fait qu'il devrait rester élevé pendant une bonne partie de 2008. Il se confirme en effet que l'inflation n'est pas due à un excès de demande par rapport à l'offre, mais à un choc lié aux tensions internationales sur les prix alimentaires et énergétiques. Et cette situation n’est réellement maîtrisée par personne.
La seule vérité repose sur les tickets de caisse que les Leclerc, Carrefour, Auchan et autres car ils ne peuvent plus mentir. Ils abreuvent les consommateurs de coupons de réduction et nous matraquer de publicité pour leurs promos à tout casser mais font valser les étiquettes dans tous les rayons sans véritable concurrence sur le fond mais uniquement sur des " coups ponctuels ". Pas vu, pas pris. D’un jour à l’autre les prix augmentent.
Le Nouvel observateur s’était procuré, fin 2007, un listing retraçant l'évolution des prix, dans un hyper, de plus de 250 produits de grandes marques parmi les plus vendus dans les grandes surfaces. tout flambe ! Les steaks hachés (+ 42%), les coquillettes (+ 32%), les filets de maquereau (+ 35%), l'eau de Volvic (+ 26%)... En trois ans, la hausse moyenne de ce "superchariot" s'établit à + 11,5%, une valse des étiquettes deux fois supérieure au taux d'inflation calculé par l'Insee pour la période. Plus spectaculaire encore : depuis 2000 (passage à l'euro !) , le grand panier du " Nouvel Obs " s'est renchéri, en moyenne, de … 29%. C’est cela la réalité ! Et cela ne devrait pas s'arranger : invoquant - non sans raison - la flambée du cours de l'énergie et des matières premières, la plupart des grands groupes agroalimentaires ont présenté cet automne des tarifs rehaussés de 8% qui se traduiront, si rien ne change, par une nouvelle flambée des étiquettes avant le printemps ! La période est parfaite pour augmenter les marges et contenter les actionnaires.
LES MARGES TRAFIQUEES
Ce relevé des prix pourra inspirer Nicolas Sarkozy, qui a réclamé fin novembre "un indice du pouvoir d'achat qui corresponde enfin à h vie quotidienne des Français, pour qu'ils aient le sentiment qu'on ne se moque pas d'eux". Président autoproclamé du " pouvoir d'achat ", il veut jouer les pompiers. " Nous allons entamer une discussion avec la grande distribution pour obtenir la baisse des prix dans les grandes surfaces ", promettait-il mais rien n’a changé : le système est à bout de souffle, obsolète car la concentration a, de fait, tué la concurrence. Depuis 1996, la loi Galland conçue pour protéger l'industrie des appétits de la grande distribution établit un seuil de revente à perte : pas question de vendre un produit au-dessous du tarif proposé par son fabricant. Seulement voilà : privées de négociation sur le prix d'achat de la marchandise (la " marge avant ") , les centrales d'achats se rattrapent en facturant des " coopérations commerciales ". Ces services (mises en avant des produits, impressions de catalogues, campagnes de promos...) facturés au prix fort ont constitué les fameuses et faramineuses " marges arrière " que la loi Galland et son seuil de revente à perte interdisent de répercuter sur les prix à la consommation ! Nul besoin d'être grand clerc pour comprendre que ce mécanisme a alimenté une spirale inflationniste.
Devant les exigences des centrales d'achats surpuissantes - Leclerc-Système U, Carrefour, Intermarché, Auchan et Casino se partagent en définitive 85% du marché -, les industriels n'ont guère eu d'autre issue que d'augmenter sans cesse leur prix à la sortie des usines. On le paye dans le chariot et ce n’est pas encore fini si l’on n’imagine pas un autre système beaucoup plus concurrentiel. 
Mais les actionnaires de tous bords en voudront-ils ? comme la France n’est devenue qu’une vaste " entreprise " dont les actionnaires sarkozystes se partagent les marchés on aura bien du mal à revenir sur des alternatives qui existent pourtant : développement de la vente directe dans des structures collectives à dynamiser, régulation des produits de première nécessité par encadrement des marges réalisables…La loi du marché ne pourra jamais réguler ses propres perversions. En fait plus les jours passent et plus se profile un plan d’austérité estival qui ne résistera pas aux démentis actuels provisoires.
Mais je déblogue
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 21 février 2008
Le lundi 14 novembre 1966 reste gravé dans ma mémoire. Il ne m’est pourtant rien arrivé d’exceptionnel ce jour là mais n’empêche qu’aujourd’hui je ne peux que penser à cette matinée où pour la première fois de ma vie professionnelle j’étais face à une classe. En effet, durant la seule année de formation professionnelle (la quatrième) que nous dispensait l’Ecole normale, nous devions un mois par trimestre passer de la théorie à la pratique. Nous commencions par une seule leçon, puis par une demi-journée, puis une journée et enfin une semaine. Nous étions en " couple " chez celui que nous appelions le maître d’application. J’eus le privilège d’être expédié pour mes premières armes pédagogiques chez M. Geoffre dans l’école annexe d’application Jules Ferry à Mérignac.
Blouse grise, allure martiale, apôtre d’une discipline impitoyable conduisant les plus turbulents (rares) sous son bureau dans la niche du fauteuil, Monsieur Geoffre le bien nommé régnait sans partage sur un cours moyen première année de 38 gamins qui auraient bien préféré être ailleurs. M. Geoffre, en fin de carrière, aurait particulièrement plu à Xavier Darcos car il aurait parfaitement collé à la nouvelle vision de la scolarité primaire. Même à 19 ans, fraîchement bachelier rescapé de la réforme Fouché, je n’aurais jamais osé lui adresser la moindre parole sur des méthodes pédagogiques qui ressemblaient à celles d’avant-guerre. Le moment de franchir le pas de la pratique vint donc trop tôt.
Le samedi soir (on travaillait encore tout le samedi) il m’annonça que je débuterais ma carrière par une… leçon de morale ! Au début du mois de Novembre il me confiait le traditionnel rendez-vous qui suivait l’entrée en classe du lundi matin. Il m’indiqua le sujet de cette séquence dont je devais écrire le titre à la craie blanche sur un tableau noir : " maman est la fée du foyer ! " Jamais je n’oublierai cette mission impossible consistant, pour un normalien novice, à passionner, sur un thème aussi porteur, une classe habituée à s’ébrouer dès que les jeunots prenaient les rênes.
Durant tout mon week-end sadiracais je planchais donc en cherchant le texte de référence qui m’aiderait à convaincre les gamins que leur mère constituait pour eux le plus précieux des trésors. Il fallait en effet partir d’une référence écrite que nous allions commenter durant une quinzaine de minutes. Je finis par dénicher un extrait d’un poème de Maurice Carème. Le lundi matin, je n’avais pas entamé depuis quelques secondes cette mission salvatrice pour les enfants, que l’on frappa à la porte de la classe. Le directeur de l’E.N. en personne venait m’inspecter ! Sa rigueur restée légendaire pour les instituteurs de mon époque suffisait à glacer n’importe qui. Je n’ai que le souvenir lointain des efforts désespérés que je fis pour arracher quelques phrases à une troupe consciente qu’il ne fallait surtout pas plaisanter. Je le vois encore, dans son imperméable trois-quart beige claire, muni d’un petit carnet de notes à la main, griffonnant des remarques sur ma première leçon de morale… Les siennes redoutables dites de " morale professionnelle " se déroulaient le jeudi matin de 10 heures à midi. J’eus droit à une " spéciale ", en tête à tête dans son bureau, sur mes débuts qui me valut un 8 sur 20 paradoxalement flatteur !
RETOUR AUX FONDAMENTAUX
Vous imaginez bien que je ne saurais oublier cette séquence de ma vie professionnelle originelle quand j’entends les personnages les plus importants de l’état dont le vénérable ministre de l'Education Xavier Darcos s’extasier sur les nouveaux programmes de l'école primaire, qui s'appliqueront à la rentrée 2008 à près de sept millions d'enfants. L'enseignement marquera un retour aux " fondamentaux ", selon l'expression de Nicolas Sarkozy, avec l'accent porté notamment sur le français, les mathématiques et " l'instruction civique et morale ". Les cours du samedi matin seront supprimés, permettant d'apporter à la place un soutien aux élèves en difficulté.
Présentant ces nouveaux programmes et les nouveaux horaires (24 heures hebdomadaires en classe), Xavier Darcos a affiché plusieurs objectifs, dont celui de " diviser par trois en cinq ans le nombre d'élèves sortant du primaire avec de graves difficultés " et de diviser par deux le nombre des redoublants. Et pour cela il compte sur… le retour en arrière toute et notamment sur une baisse de la délinquance reposant sur des leçons de morale dispensée par des enseignants à la Geoffre ! Autant prôner l’absorption quotidienne d’une verre d’eau bénite provenant de la grotte de Lourdes. Au moins cette solution serait sarkozyste !
Encore une fois c’est véritablement flatter le plus porteur des sentiments voulant qu’une recette d’une époque puisse donner les mêmes résultats transplantés cinquante ans plus tard. C’est oublier ce changement fondamental de la société qui ne place plus l’école au cœur du processus éducatif. Ah ! le bon vieux temps : " à notre époque monsieur on était plus sévère que maintenant ". " On n’en est pas morts ! On respectait les autres ! "… Je ne supporte pas ces affirmations passéistes car elles sont totalement déconnectées du monde réel qui a forcément évolué. C’est aussi et surtout sur estimer son poids dans une société dans laquelle on ne donne plus l’exemple au plus haut de l’Etat ! Le Minsitre joue exclusivement sur un réflexe voulant que l’école soit un champ clos dans lequel l’enfant doit tout apprendre sur une société qui passe son temps à " détricoter " les savoirs, à avilir les esprits et à transformer le monde en jungle pour la survie. L’école ne peut être qu’un espace ouvert dans lequel on pratique la morale ou la vie citoyenne et pas une chapelle repliée sur elle même qui serait hors du temps.
UNE SEULE VALEUR : L’EXEMPLE
Comment par exemple évoquer le refus de la violence devant des gamins qui verront le soir à la télé des milliers de policiers armés jusqu’aux dents, envahir des cages d’escaliers, défoncer des portes ou arracher à leur sommeil des pseudos suspects que les juges relâcheront quelques heures plus tard ? Comment parler de solidarité dans un monde où le chacun pour soi devient le credo de chaque jour dans la vie collective ? Comment leur faire croire que le travail constitue la pierre angulaire d’une vie réussie quand un jeune ambitieux peut faire perdre 5 milliards à une banque sans aucune surveillance réelle ? Comment leur faire refuser le mensonge quand leurs parents ont été roulés dans la farine par le premier des Français et par ceux qui les gouvernent ? Comment être crédible et leur parler en mal de la violence quand ils voient des centaines de crimes virtuels par an sur l’écran plasma de leur salon ? Comment leur expliquer le respect quand le Président de la République apostrophe un manifestant avec le vocabulaire que l’on ne tolère même pas d’un gamin dans une cour de récréation ? Comment leur apprendre les vertus de la raison quand la Présidence de la république voit dans la religion ou les sectes la solutions au désespoir social ambiant ? Comment leur enseigner le partage quand chaque jour il constate que les plus riches sont encore et toujours plus riches et que lui il a parfois faim ? L’école sera ridicule en revenant à des leçons de morale déconnectées du monde réel qui l’entoure. Elle n’est plus la seule à dispenser les leçons de vie et surtout elle est en permanence contestée pour ce qu’elle n’est plus capable de redresser, de combattre ou d’apporter !
Le Ministre lui-même ne cesse de prétendre qu’il n’a plus confiance dans celles et ceux qui pourtant ont été recrutés pour le mettre en valeur. Je ne crois qu’à la morale de l’exemple pas à celle abstraite qui s’apprend sur les bancs des écoles. La morale naît de l’action, par l’action, par l’imitation des situations créées par les adultes. Elle ne s’enseigne pas : elle se vit ! Le reste n’est pour moi que de la poudre aux yeux pour électrices et électeurs nostalgiques de ce qu’ils ont vécu comme étant efficace et performant ! Toutes les leçons de morale ne remplaceront pas un enseignant à l’heure, fier de son travail, heureux de la pratiquer, respectueux des différences, soucieux d’éduquer, convaincu que sa mission ne s’arrête justement pas à une leçon de morale, volontaire pour un engagement citoyen concret hors de l’école…
A L’INTERIEUR ET A L’EXTERIEUR
Venez donc voir le comportement de quelques pères ou mères, habitant à moins de 500 mètres de l’école de Créon, qui tentent d’approcher au plus près du portail pour récupérer en automobile leur progéniture en automobile et vous aurez une idée exacte de la valeur de l’exemple ! Stationnement anarchique, insultes récurrentes, concurrence acharnée pour une place de stationnement, non respect des règles élémentaires de circulation… La leçon de morale elle est là, hors de l’enceinte scolaire, dans cette attitude sociale méprisante pour les autres.
Quelques jours après le discours sur le primaire prononcé à Périgueux par le président de la République, le ministre de l'Education a donc présenté à la presse un fascicule d'une trentaine de pages portant sur les programmes dans les écoles maternelles et élémentaires. " Il s'agit d'un projet de programmes, qui sera ensuite soumis aux enseignants lors d'une demi-journée banalisée prévue après les vacances d'hiver. Ils pourront faire remonter leurs remarques, avant que les textes soient soumis au Conseil supérieur de l'Education ", a précisé le ministère. Il va s’empresser ensuite de le distribuer avec une préface de sa main aux familles afin qu’elles puissent exercer un contrôle sur l’enseignant de leur enfant et le noter sur internet. " Les nouveaux programmes de l'école primaire présenteront en quelques pages, dans un langage évitant tout jargon, l'ensemble d'un cursus disciplinaire désormais recentré sur le français et les mathématiques ", avait déclaré Nicolas Sarkozy, ajoutant que vocabulaire, orthographe et grammaire seraient des disciplines " remises à l'honneur ".
Il avait aussi annoncé l'introduction d'une " instruction civique et morale " dans le cadre duquel entrera " l'initiation des enfants au drame de la Shoah " ou encore " l'apprentissage des règles de politesse et de bonne tenue, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française: le drapeau tricolore, Marianne, l'hymne national, à l'écoute duquel nos enfants devront se lever ". Et tout ça avec 13 000 enseignants en moins dès la rentrée et surtout tous les jours à la télé une autre vision des mêmes faits. Qui aura le plus de poids : la société dans son ensemble ou un maître face à 30 gamins dans une classe durant un peu plus de 130 jours effectifs de classe ? Heureusement qu’il y aura la religion et les sectes pour les ramener dans le droit chemin. Autant confier la morale à celles et ceux qui sont qualifiés pour la faire !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 20 février 2008
On assiste à une période formidable : les libéraux les plus forcenés commencent à se plaindre amèrement des effets pervers de la mondialisation. Ils découvrent que la main mise des Américains sur les structures de régulation potentielle du marché les rend tributaires d’une décision plus ou moins dangereuse. Epoustouflant : des ministres de Droite se plaignent que la balance n’est pas équitable et tiennent des propos altermondialistes ou presque. La crise liée à l’augmentation des matières premières démontre amplement que l’on ne peut avoir aucune confiance dans des institutions diverses liées, directement ou indirectement, au système des multinationales et à rien d’autre.
Le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier a par exemple estimé que le nouveau document proposé dans le cadre des négociations agricoles à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), était « inacceptable » après une réunion avec dix-neuf de ses homologues européens. Il aurait dû en parler à son Président favori qui serait intervenu auprès de son copain Bush pour atténuer la pilule. En fait pour résumer différemment ce que prépare l’OMC c’est la mise à mort de l’agriculture européenne. Il faut alors rappeler que malgré les bienfaits supposés du Traité de Lisbonne et la certitude que l’Europe allait se redresser comme un seul homme, on assiste à ce que l’on peut appeler un joyeux « bordel ». Personne n’est d’accord et les absences justifient des ralliements objectifs aux propositions de l’OMC, temple de la concurrence absolue.
« Nous sommes prêts à dire tous ensemble que le dernier papier Falconer est inacceptable, encore plus déséquilibré que les précédentes copies », a commenté Michel Barnier devant la presse. Crawford Falconer est le médiateur au sein de l'OMC du groupe de négociation sur l'agriculture. Le problème c’est que quand il dit « tous » il oublie qu’à sa petite sauterie il y avait… sept absents et non des moindres : Royaume-Uni, République tchèque, Malte, Lettonie, Suède, Danemark et Estonie. Décider d’une riposte sans les Anglais, le Tchèques, les Suédois, les Danois réduit considérablement l’impact de ce qui est fait. Pourtant selon le brillant Ministre de l’Agriculture cette proposition « met en cause des pans entiers de l'activité agricole européenne, notamment dans le domaine des fruits et légumes ou de l'élevage ». On s’oriente en effet vers une concurrence non régulée qui va détruire des secteurs dans lesquels le coût de la main d’œuvre est essentiel « Le sentiment général de tous mes collègues, c'est qu'il vaut mieux pas d'accord qu'un mauvais accord sur l'économie agricole », a résumé le ministre français. Dommage que ce principe n’ait pas été adopté pour le Traité européen car on aurait évité de se croire sauvés dans un contexte difficile.
UNE VARIABLE D’AJUSTEMENT
Forte du soutien de ces vingt pays, la commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel pourrait exiger, si l’on en croît l’altermondialiste Michel Barnier, du commissaire au Commerce Peter Mandelson « une ligne responsable et dure ». On le sait elle n’est pas libérale pour un sou et les viticulteurs du Bordelais, entre autres, peuvent en témoigner. Pour Michel Barnier, le texte incriminé présente en effet « des concessions supplémentaires en matière de tarifs douaniers qui ne sont pas acceptables à nos yeux, surtout à un moment où l'on est tous soucieux de la croissance européenne et qu'on constate dans cette croissance la part que tient l'économie agricole ». Soulignant la volonté à l'OMC « d'accélérer les choses jusqu'au mois d'avril pour aboutir », le ministre français a noté: « nous ne pourrons pas accepter que l'agriculture soit la variable d'ajustement d'un mauvais accord ». L’Europe évoluant à géométrie variable on peut encore craindre que chacun y aille de sa position plus ou moins proche de celle des Américains. Jamais les ravages n’ont pourtant étaient aussi patents.
Avec l’ouverture des marchés du Sud, les petits paysans se retrouvent en concurrence avec les produits fortement subventionnés et souvent vendus à perte, provenant essentiellement des Etats-Unis et de l’Union Européenne. Face à cette concurrence déloyale, des millions de paysans sont poussés à la ruine.
Derrière l’ouverture des marchés et la disparition des barrières douanières, nous retrouvons comme toujours, la Banque mondiale, le Fond Monétaire International, l’Organisation Mondiale du Commerce et ...les intérêts des entreprises du Nord. Ils ne se posent pas de question : ils protègent leur domination. La grande nouveauté c’est que si les pays les plus pauvres ont déjà places sous le joug des puissants il reste aux Américains à affaiblir l’Europe et ainsi dominer largement la planète grâce à la maîtrise des productions agricoles. Par le jeu des subventions déguisées, des droits douaniers ciblés, par l’introduction des semences OGM monopolisantes, les USA parviennent à sauver leur propre production au détriment de celle du reste du monde.
BATAILLE DE SUBVENTIONS
Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce et apôtre d'une «mondialisation maîtrisée», dont on murmure parfois qu’il serait dans le collimateur de Niciolas Sarkozy pour devenir ministre d’ouverture, affirme l'échec des « négociations sur le cycle de Doha », engagées il y a cinq ans pour donner une nouvelle impulsion à la libéralisation des échanges internationaux et reportées sine die. Les raisons en sont multiples. Généralement peu suspect d'antiaméricanisme, Peter Mandelson, qui négociait au nom des 25 pays de l'Union européenne, attribue la responsabilité de l'échec aux… Etats-Unis qui dépensent officiellement 19,6 milliards de dollars (deux fois plus selon les calculs de l'OMC) en subventions à leurs agriculteurs. Refusant tout compromis, les Américains ont de fait condamné à l'échec la demande des pays riches faite aux pays en développement d'ouvrir en contrepartie leurs marchés à leurs produits industriels. Symétriquement, Susan Schwab, ministre du Commerce extérieur américain, accuse l'UE, qui dépense plus de 100 milliards d'euros en aides à ses agriculteurs, avec, en prime, un coup de patte à la France où « la peur des paysans a été plus forte que les ambitions des distributeurs européens ». On se jette à la figure des sommes folles qui ne servent qu’à masquer un protectionnisme indispensable pour éviter un désastre économique.
Dans cette double accusation on déniche aisément l'incapacité des poids lourds de l'OMC à trouver un compromis sur les aides à l'agriculture, qui faussent le jeu du marché, rendait illusoire l'idée d'un troc entre une baisse des protections agricoles des pays riches contre une ouverture de leurs investissements dans les pays émergents.
Tout comme les Européens s'interrogent sur les effets « forcément bénéfiques » mais de moins en moins sensibles de l'union monétaire et de l'euro, le postulat selon lequel l'ouverture des frontières dope la croissance se heurte aujourd'hui au scepticisme des puissances régionales. On ne croît plus du tout dans les chaumières et surtout dans les grandes fermes entreprises que l’ouverture absolue des frontières deviendra la panacée contre les problèmes traversés par le monde agricole.
Pris en otages dans ce conflit les pays pauvres regardent le pugilat avec le regard de ceux qui meurent à petit feu puisque leur avenir dépend du résultat du match sur les subventions. Michel Barnier, dans le fond, en devenant un adversaire résolu de l’OMC va simplement prolonger le calvaire de ces producteurs qui attendent simplement de pourvoir accéder au marché à un prix honnête et donc voir respectés les principes du libéralisme portés dans feu le Traité constitutionnel européen promettant une « concurrence libre et non faussée » dans le domaine de l’Agriculture.
LE BRESIL, LA CHINE, L’INDE ARRIVENT
Les pays émergents (G20) ont eux bien accueilli les dernières propositions de l`Organisation mondiale du commerce (OMC) pour libéraliser le commerce agricole, mais se sont montrés plus réservés en ce qui concerne l`ouverture des marchés aux produits industriels. Le projet d'accord agricole présenté il y a une semaine « est une bonne base de travail », a déclaré l'ambassadeur du Brésil, Clodoaldo Hugueney, s'adressant aux pays membres en tant que porte-parole du G20. Le texte, qui a repris plusieurs propositions du G20, « offre les meilleures chances de parvenir à un résultat équilibré et raisonnable » dans les négociations du cycle de Doha, lancé en 2001 dans la capitale du Qatar, a déclaré M. Hugueney. L'ambassadeur s'est félicité de l'inclusion dans le projet d'accord d'une réduction minimale moyenne de 54% des droits de douane que perçoivent les pays développés sur leurs importations agricoles, proposée à l'origine par le G20, qui réunit, outre le Brésil, de grands pays émergents comme l'Inde et la Chine.
Ces pays sont cependant moins satisfaits du dernier projet concernant les produits industriels, estimant qu'il a « largement ignoré leurs propositions », a déclaré M. Hugueney à la presse. « Cela a créé une réaction négative », a-t-il estimé. Ce texte appelle une trentaine de grands pays émergents à ramener au maximum à 23% leurs droits de douane sur les produits industriels. Sa dernière version a supprimé toute référence au nombre de produits qu’un pays pourra préserver d’une baisse trop forte des droits de douanes. « Cela donne le sentiment d’être retourné en arrière », a déploré M. Hugueney.
L`OMC prévoit de réunir les ministres des pays membres en avril pour procéder à des concessions Nord-Sud entre l’agriculture et les produits industriels. L’objectif est de parvenir à boucler l’ensemble de la négociation de Doha avant la fin de l’année, c’est-à-dire avec quatre ans de retard sur le calendrier fixé en 2001.
Le grand déballage va donc débuter et conduire à une vaste remue ménage qui mettra le libéralisme mondial à l’épreuve des faits. L’un d’entre eux ne va tarder à faire son entrés dans la salle des négociation : le baril de pétrole a battu ses records avec un prix de plus de 100 dollars ! Sa progression constante va peut-être mettre tout le monde d’accord en faisant mourir les plus pauvres écrasés sous le prix de l’énergie et en affaiblissant les plus puissants avides de consommation outrancière. 
Les négociations sur les produits industriels et même sur ceux de l’agriculture extensive vont bien entendu devoir tenir compte de cette flambée inquiétante. On se reverra dans deux ou trois ans… pour décider que le système est devenu ingérable car on a absolument perdu le contrôle des évolutions économiques exclusivement basées sur le profit !
Mais je déblogue… 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 19 février 2008
Hier je vous ai présenté un entretien non imaginaire avec Victor Hugo. Un moyen, comme un autre d’appeler l’Histoire à les rescousse pour expliciter un contexte présent extrêmement préoccupant. Ce recours au passé constitue depuis des mois une tactique fondatrice du Sarkozysme. Il sait que pour une catégorie sociale (les plus de soixante ans) les références à des événements ou des personnalités appartenant à leur parcours ou au moins à leurs connaissances historiques de la communale ou du collège suffisent à labelliser une proposition présidentielle. C’est le coup de l’escroc qui présente toujours des listes impressionnantes de personnes dignes de confiance mais avec lesquelles il n’a pas grand chose à voir. 
C’est ainsi que nous avons eu droit à la lettre de Guy Mocquet sortie de la poussière de l’oubli pour devenir le symbole de l’ouverture vers une Gauche convaincue et courageuse. La récupération provoque inévitablement son cortège de protestation mais peu importe car elle confine les autres au rang de sectaires toujours prêts à critiquer des positions généreuses. Il semble que l’entourage du Chef de l’Etat s’appuie volontiers sur cette période de l’histoire de la France qui offre beaucoup d’avantages sur le plan politique. Elle rappelle en effet qu’il fut une période où face aux idéaux nazis venus de l’extérieur une poignée de courageux a su se dresser, sans se soucier du danger encouru, pour défendre la liberté. Ce front commun, émanation d’un sentiment républicain sacré, mérite sans cesse d’être remis en avant afin de stigmatiser celles et ceux qui s’élèveraient contre. 
On a donc assisté à une sorte de dénonciation véhémente de l’attitude des personnalités s’opposant, en raison de principes qualifiés de dépassés, à l’utilisation à des fins politiciennes d’un écrit n’ayant rien à voir avec les concepts défendus par la majorité actuelle. Mais peu importe l’essentiel c’est de mettre l’adversaire mal à l’aise pour critiquer ce qui paraît être une décision louable. Guy Mocquet aura été au cœur de la vie française, à l’insu de son plein gré, durant des semaines. Il a même été convoqué par Laporte pour être le seizième homme d’une équipe de rugby devant se sacrifier. Grotesque mais déjà oublié !
Durant la campagne des présidentielles Nicolas Sarkozy avait convié aux festins du libéralisme Jean Jaurés, François Mitterrand, Pierre Mendés-France ou De Gaulle. Il les a, depuis, renvoyés dans le dictionnaire des citations car ils ne lui servent à rien. Par contre il va encore chercher avec le parrainage des enfants de la Shoah une nouveauté venue de la dernière guerre mondiale. Sans se soucier véritablement des conséquences concrètes de sa proposition il récupère à son profit l’émotion légitime d’événements le plus souvent ignorés par des enfants n’ayant pas encore la maturité pour prendre du recul par rapport aux événements les plus douloureux. Il sait fort bien que la même initiative prise en sixième aurait provoqué un tollé puisque… l’histoire est devenue une matière très subalterne dans les programmes scolaires des collèges. Et, avec les mesures drastiques en préparation sur les postes d’enseignants elle est même extrêmement menacée. Car c’est là que réside l’astuce : renvoyer la responsabilité d’un échec de sa proposition sur ces profs d’école jugés laïcards attardés par le maître des mémoires et surtout comme inférieurs en matière d’élévation des consciences aux religieux. Il a adopté la technique de la référence aux mânes des ancêtres, une vision tribale assez intéressante de la vie sociale d’un pays dit civilisé.
CELA A DE PLUS NAUSEABOND
Bien évidemment il a fait des émules car il faut aussitôt imiter le maître pour être considéré comme un bon disciple. On vient d’en avoir une preuve honteuse avec la saillie de Roger Karoutchi, sarkozyste militant, par ailleurs ministre en charge des relations avec les représentants du peuple. Il a cru bon de prendre la défense du soldat Sarkozy malmené dans les sondages en utilisant un nouvel élément des pires périodes de l'histoire française. Tant lorsqu'il s'agit de dénoncer les agissements supposés de la presse que ceux des politiques (la pétition des 17 personnalités contre les " dérives de pouvoir personnel ") on n’hésite pas à aller puiser ses sources dans la période d’avant la seconde guerre mondiale.
Lors d'une réunion politique le brillant historien qu’est Roger Karoutchi a comparé l'attitude des journalistes d'aujourd'hui à ceux de la " presse des années 30 ". Se référant au SMS de Sarkozy à Cécilia, publié sur le site du Nouvel Observateur, et plus largement au " déballage médiatique " de ces " journalistes qui passent derrière vous dans les chambres ", il a dit : " On a l'impression d'un vent de folie qui respire les années 30 avec ce que cela a de plus nauséabond ".
Devant une assistance sans aucun réaction, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’a pas hésité à assimiler les " attaques " contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay " mi juif, mi protestant " cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. " Cela a contribué au fait qu'il soit assassiné ", a-t-il même tenu à préciser. On se pince pour croire qu’un Ministre de la République puisse être aussi outrancier face à ce qui ne sauraient être que des révélations de secrets d’alcôves présidentielles ;
Dans son élan, Roger Karoutchi s’en est ensuite pris à la pétition dans laquelle 17 personnalités dénoncent les " dérives de pouvoir personnel " du président de la République. " Il y a des types qui n'ont toujours pas accepté que Sarkozy gagne les élections. C'est du déni de démocratie "…et " du fascisme rampant ". Rien que ça ! Il aurait même pu y ajouter un soupçon de stalinisme déguisé ou un " pinochétisme " triomphant. Il a oublié de préciser ce qu’avait été Jean Zay comme ci tous les Français en avaient une idée exacte.
UNE FILLE REVOLTEE
La fille de Jean Zay, née en 1940, a vite réagi mais bien évidemment ses positions ont été oubliées par tous ces monsieur " je sais-tout " des grands médias. Peu d’éditorialiste on relevé cette nouvelle outrance verbale d’un proche de l’Elysée. Elle a déclaré : "  je n’ai connu mon père que dans la prison de Riom où l’avait jeté le régime de Vichy jusqu’à son assassinat par des miliciens en 1944. Un journaliste du Nouvel Observateur nous apprend que Roger Karoutchi "n’a pas hésité à assimiler les 'attaques' contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay 'mi juif mi protestant' "cible de la presse d’extrême-droite sous le gouvernement de Vichy."
Et M. Karoutchi aurait même ajouté : "Ceci a contribué au fait qu’il soit assassiné." Je ne peux taire mon écœurement devant cette assimilation entre, d’un côté, les mises en cause du comportement politique de M. Sarkozy et, de l’autre, les attaques antisémites et les appels au meurtre dont Jean Zay fut la cible dès les années 30 et qui, se poursuivant sous Vichy alors qu’il était emprisonné, le désignèrent aux coups de ses assassins. Que M. Karoutchi s’abandonne à un total confusionnisme politique et historique, c’est son affaire, et chacun pourra en penser ce qu’il voudra. Mais je refuse à ce Monsieur le droit d’instrumentaliser l’histoire tragique et la mémoire de mon père ".
Il s’agit bel et bien d’instrumentalisation de la vie d’un homme qui a bel et bien été assassiné par des gens ayant la même analyse de l’immigration que certains autres ministres. Mais lui ce ne fut pas par des écrits ou des paroles mais par les balles des Miliciens, " bons " Français s’il en était !
Comparer la situation de Nicolas Sarkozy quia aurait adressé un SMS à son ex-épouse et qui est attaqué sur sa " gouvernance " à visage découvert par ses opposants démocratiques c’est effectuer une récupération honteuse. Et comme en plus M. Karoutchi a participé à l’écriture d’un livre sur celui qui fut un laïque républicain on ne peut même pas l’accuser d’ignorer la réalité de la vie de celui qui fut une homme exemplaire engagé dès ses études secondaires aux Jeunesses laïques et républicaines, puis, à sa majorité au Parti radical. Il fréquentait les cercles républicains, devient membre de la Ligue des Droits de l’Homme et responsable de la Ligue de l’Enseignement avant d’être initié dans une loge maçonnique.
A 27 ans, il est élu plus jeune député radical socialiste du Loiret. On est loin des réalités actuelle. très loin.
ASSASSINE PAR DES MILICIENS
En 1936, Albert Sarraut le nomme sous-secrétaire d’Etat à la présidence du conseil. Quelques mois plus tard, il est réélu et devient, à 32 ans, membre du gouvernement du Front Populaire dont il deviendra le mythique Ministre d’une Education qui était encore nationale. Il le restera sous les divers gouvernements qui se succèdent jusqu'à sa démission du 2 septembre 1939 pour rejoindre l'armée combattante. Il estimait qu'il devait accompagner l'effort de sa classe d'âge. Il passa du Ministère à la IV° armée française !
Répondant à une convocation, il quitte son régiment pour assister à une session parlementaire, à Bordeaux où est débattue la question d'un transfert du gouvernement en Afrique du Nord. Jean Zay part avec sa femme. Arrivés à Casablanca, les passagers sont arrêtés deux mois après et quatre d'entre eux sont traduits devant un tribunal pour désertion en présence de l'ennemi. Renvoyé en métropole, il est interné à Clermont Ferrand. Dénoncé comme Juif, franc-maçon, antimunichois, antihitlérien et… ministre du Front Populaire, Jean Zay subit pendant des mois une violente campagne de presse orchestrée par Philppe Henriot, ministre de l'Information du gouvernement de Vichy, réclamant la condamnation à mort du " Juif Jean Zay ". Il est finalement condamné par le tribunal militaire permanent de la 13e division militaire, siégeant à Clermont-Ferrand, à la déportation à vie et à la dégradation militaire ;
Le 20 juin 1944 des miliciens viennent le chercher dans la prison de Riom d’où la Résistance aurait pu le faire évader mais il l’avait refusé.Ils lui laissent entendre ensuite qu'ils sont des résistants déguisés qui ont pour mission de lui faire rejoindre le maquis, et l'assassinent dans un bois, près d'une carrière abandonnée, au lieu-dit Les Malavaux, à Molles dans l'Allier. Ses tueurs le déshabillent, lui ôtent son alliance, jettent la dépouille dans un puits et y lancent quelques grenades de manière à ce qu'il ne puisse pas être identifié.
Un SMS vaut-il ce nouveau viol de mémoire ? Un appel à la vigilance démocratique justifie-t-il que l’on exhume les restes déchiquetés de Jean Zay ? Vers quelle République allons nous ? Celle de Jean Zay ou celle de Roger Karoutchi ? J’ai ma réponse et je la donnerai le 9 mars dans les urnes !
Mais je déblogue…
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 18 février 2008
Un ami m'a transmis cet entretien poptentiel que Victor Hugo aurait pu avoir sur Napoléon III. Les réponses sont extraites de son ouvrage "Napoléon le petit", un pamphlet républicain contre le Président élu devenu empereur. Charles Louis-Napoléon Bonaparte, dit Louis-Napoléon Bonaparte fut en effet  le premier président de la République française élu le 10 décembre 1848 avec 74 % des voix au suffrage universel masculin, ainsi que le troisième emperuer des Français. Il fut donc à la fois le premier président de la République française et le dernier monarque français. A rapporcher de l'appel récent signé dans Marianne que Roger Karoutchi a traité publiquement de procédé fasciste. Rien que ça!
A chacune et chacun d'entre vous de vérifier que l'Histoire peut être aussi un éternel recommencement. Toutes les réponses sont absolument exactes. Rappelons que Victor Hugo avait été obligé de s'exiler pour pouvoir écrire son bouquin.
Ons e croirait dans un Jité de 20 heures sur TF1. Enfin presque...
 
Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
 
Victor Hugo : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
 
Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
 
 Victor Hugo : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.
 
Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
 
Victor Hugo : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.
 
Et la liberté de la presse dans tout çà ?
 
Victor Hugo (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
 
 Etonnant! Quel Victor Hugo se lèvera encore dans la société française pour porter cette parole? A vous de chercher.

Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 17 février 2008
Absolument toutes les annonces ou les mesures sarkozystes s’effondrent les unes après les autres. Les châteaux de cartes bâtis pour époustoufler les spectateurs de la vie sociale tombent sous la bise glaciale de la réalité. Il n’y a qu’une seule décision qui n’a pas été reportée, modifiée, annulée : la paquet cadeau fiscal et encore ! Même fameux bouclier n’a pas connu le succès escompté même les " riches " n’ont pas eu confiance dans celui qu’ils avaient élu. On a été loin, très loin des objectifs. 
Cette mesure fiscale plafonnant les impôts prélevés, 60% des revenus cette année, puis 50% en 2008, n’a pas créé le choc fiscal attendu. Selon le rapporteur général du Budget, Philippe Marini, seulement 3487 contribuables en ont profité. La loi "en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat " (dite Tepa. Vous apprécierez son efficacité six mois plus tard), n’a eu aucun impcat sur l’économie et Philippe Marini souhaitait que le contribuable puisse s'appliquer lui-même le dispositif. Le ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth, avait rejeté son amendement, en raison de son " coût " et du " risque d’erreur." L’une des raisons de l’échec du " bouclier fiscal " est que les contribuables craignent qu’il entraîne des contrôles du Fisc. Eric Woerth , ministre du Budget , a annoncé en fait que les services fiscaux n’avaient reçu que…20.177 demandes de remboursement au titre du " bouclier fiscal " en 2007 .
Le gouvernement s’attendait initialement pour 2007 à… 93.000 bénéficiaires pour lesquels il aurait dû débourser 401 millions d’euros au titre de ces remboursements. Or, au 30 septembre 2007, seulement 3.000 dossiers étaient parvenus aux services des impôts. D’où une relance auprès des bénéficiaires potentiels, laquelle a débouché par un " réveil " des contribuables les deux derniers mois de 2007 . 
Selon le Syndicat national unifié des impôts (Snui), parmi ces bénéficiaires potentiels recensés, 16.000 étaient des contribuables imposables à l’Impôt sur la fortune (ISF), qui auraient perçu à eux seuls 350 millions d’euros, et 77.000 autres non soumis à l’ISF qui n’auraient perçu que… 50 millions. " Plus de la moitié des demandes déposées en 2007 concerne des remboursements inférieurs à 800 euros ", détaille par ailleurs le ministère c’est dire si cette mesure était indispensable d’autant qu’il faut la rapprocher des autres statistiques sur l’ISF.
DE PLUS EN PLUS DE RICHES
La barre symbolique du demi-million de contribuables français ayant réglé l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) a été franchie, en 2007, pour la première fois, a indiqué Le Figaro, vendredi 15 février. En 2007, près de 528.000 contribuables ont réglé l'ISF, contre 457.000 en 2006, ce qui représente un nouveau record, a souligné le quotidien.
Les recettes de l'ISF ont de nouveau fortement progressé en 2007 (+19%). Elles se sont élevées à 4,42 milliards d'euros contre 3,85 milliards initialement prévu. Selon les annexes au projet de loi de finances 2008, publié début octobre, les recouvrements de l'ISF étaient quasiment achevés à ce stade de l'année.
En 2006, les recettes de l'impôt sur la fortune étaient de 3,7 milliards d'euros, en hausse de près de 20% par rapport à 2005. " Il ne s'agit là que de données brutes qui ne prennent pas en compte les restitutions faites au titre du bouclier fiscal à 50% ", a précisé Le Figaro.
Tiens donc on peut donc s’inquiéter véritablement sur la pertinence qui redonne aux plus riches ce qu’ils ont gagné en plus sur une année. Pour 2008, la recette de l'ISF prévue par le budget s'élève à 4,2 milliards d'euros, en baisse de 5% par rapport au dernier montant pour 2007 communiqué par Bercy. Mais quand fera-t-on publiquement dans un face à face télévisé un bilan réel de cette unique mesure qui a produit son effet ? Sûrement jamais !
En effet on en est à l’heure où le taux de pauvreté a enregistré en France sa plus forte hausse depuis sa création (de 11,7 à 12,1% d’après les derniers chiffres publiés par l’INSEE). Le Secours Populaire et Ipsos ont cherché à connaître quelle perception les Français avaient de la pauvreté dans leur pays. Et les résultats de leur enquête font froid dans le dos. Ils révèlent, entre autres, que près de la moitié de nos concitoyens connaissent des pauvres dans leur entourage et que près d’un tiers admettent avoir traversé une telle situation. Ils cherchent vainement un bouclier contre l’insécurité sociale grandissante !
AUCUN EFFET REEL
La théorie du " travailler plus pour gagner plus " a également explosé en vol sans soulever une tempête médiatique. Selon des chiffres provisoires du ministère de l'Emploi (ils ne sont donc pas sur estimés. Loin s’en faut), communiqués vendredi, la durée hebdomadaire collective moyenne du travail est restée stable à 35,6 heures à la fin décembre 2007, alors que la loi favorisant les heures supplémentaires est entrée en vigueur le 1er octobre.
Cette stabilité semble indiquer que les entreprises et les salariés ayant bénéficié de ce dispositif phare illustrant la théorie du président du " travail et du pouvoir d’achat " ont surtout bénéficié d'un effet d'aubaine, puisque la durée moyenne du travail n'a pas augmenté. Elle est la même depuis cinq ans et… durant ce laps de temps tout a augmenté sauf les salaires !
Toujours selon le ministère, l'indice du salaire mensuel de base (SMB) a en effet péniblement progressé de 0,3% au quatrième trimestre 2007 et de 2,6% sur l'année par rapport à 2006, soit un gain de pouvoir d'achat limité à 0,1 point compte tenu de l'inflation. Et qui croît à ces statistiques officielles ? En effet, les prix pour l'ensemble des ménages, et hors tabac, ont affiché une progression de 1,2% au cours du quatrième trimestre et de 2,5% sur l'année. L'indice du salaire horaire de base des ouvriers n’a pour sa part progressé que de 0,3% et de 2,8% sur l'année, selon le ministère. Il s'agit de l'une des composantes de la revalorisation annuelle du Smic.
Pour ce qui concerne le niveau de l'emploi salarié, le ministère de l'Emploi annonce une progression dans le secteur concurrentiel de 0,4% au quatrième trimestre 2007 (+60.000 postes) et de +1,9% par rapport à 2006 (+298.000). Il y avait, selon des chiffres provisoires, plus de 16 millions de salariés fin décembre. Les résultats définitifs seront publiés le 21 mars après les élections. Mais que ne va-t-on pas apprendre après les élections selon le résultat ? Surtout des mauvaises nouvelles qui ne sont que repoussées !
AMELIORATION DES RECTTES OUBLIEE
En définitive il faut chercher une seule mesure qui ait résisté au test du réel. Toutes le exonérations, défiscalisations, libéralisations n’ont rien changé si ce n’est qu’elles ont augmenté la précarité et la pauvreté en un temps record. Et cette Europe qui nous a été présenté comme tant salvatrice pour tous les peuples, menace de sévir car le constat d’échec est patent. En effet on peut dans la situation du pays espérer serrer toujours plus la ceinture, serrer les dépenses, serrer les investissements pour l’avenir sans se soucier d’améliorer les recettes. On n’a jamais vu une économie se redresser en jouant sur cette première méthode. L'Eurogroupe a d’ailleurs à nouveau rappelé à la France son engagement pour atteindre l'équilibre budgétaire d'ici 2010 ! La ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde, a répété que cet objectif ne pourrait être respecté qu'en cas de conjoncture favorable qu’elle sait ne pas pouvoir créer dans le cadre de l’augmentation de toutes les matières premières et surtout en raison de la morosité catastrophique qu’ a su créer Nicolas Sarkozy incapable de redonner confiance économiquement à un tissu social déboussolé par son agitation permanente.
Présent à Bruxelles pour la réunion de l'Eurogroupe, le ministre allemand de l’Economie Peer Steinbrueck a souligné qu'il était crucial que les plus grandes économies de la zone euro donnent le bon exemple. Christine Lagarde a, elle, expliqué que la France était " exactement en phase " avec les autres pays concernant sa volonté de réduire la dette. Mais la ministre a soutenu qu'il était toujours entendu que la France devrait être accommodée en cas de faible croissance économique. " Je pense que cela dépendra beaucoup des conditions cycliques ", a-t-elle expliqué. Une manière d’expliquer à ses collègues qu’elle ne maîtrisait absolument rien car elle est balloté par els événements extérieures et les décisions présidentielles.
La France a donc annoncé qu'elle ramènerait ses comptes à l'équilibre qu’en 2012 au plus tard. Prenons date dès maintenant. Coincé entre ces différentes interprétations de l'engagement informel des pays de la zone euro, pris l'année dernière, d'éliminer les déficits budgétaires d'ici 2010, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a souligné que les 15 gouvernements renouvelaient leur objectif, si les circonstances le permettent. Plus tôt, Jean-Claude Juncker, qui est également Premier ministre et ministre des Finances du Luxembourg, a indiqué que la croissance économique de la zone euro ralentirait en 2008, mais se maintiendrait à un rythme légèrement inférieur à son potentiel. Ce qui veut dire que toutes les mesures annoncées par le gouvernement actuel auront autant d’effet qu’un cautère sur une jambe de bois !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 16 février 2008
Lorsque l’on parle en réunion publique des cantonales du bouleversement dangereux que va provoquer la disparition masquée de la carte scolaire, il paraît que c’est de la mauvaise foi. Il n’y aurait rien à redire à cette mesure dont on sait qu’elle avait bénéficié d’un consensus lors des élections présidentielles. Sauf que la menace se précise avec la préparation de la rentrée et que l’on sent se profiler le massacre des postes dans certains établissements dont on sait que les fuites vont se multiplier vers d’autres qui vont craquer aux entournures. En fait il y aura des déçus de la carte scolaire de tous les cotés car au moment où il prétend libéraliser le choix des familles (je préfèrerai préparer la marchandisation) une mesure va dans le sens d’une normalisation des lycées et des collèges.
Un vent de fronde souffle en effet après l’annonce des " dotations horaires globales " - les postes et les heures supplémentaires - attribuées à la rentrée 2008. L’inquiétude touche particulièrement les établissements d’éducation prioritaire (les ZEP) qui ont déjà perdu des effectifs avec l’assouplissement de la carte scolaire l’an dernier et qui craignent d’être " fuis " et ghettoïsés avec sa suppression cette année.
Vendredi dernier, une intersyndicale de l’Ile de France - comprenant la FSU, la CFDT, la CGT, Sud - a appelé à une grève pour protester contre les 1 400 suppressions de postes d’enseignants dans les académies de Paris, Créteil et Versailles. Mais le mouvement touche aussi la province. La crainte d’appauvrir les plus pauvres va se répandre logiquement dans sur le territoire. D’autant que cette fracture qui va s’amplifier ne profitera pas aux plus " riches ". En fait il faut que le ministère rende des comptes à Bercy et sucre la bagatelle de 11 800 postes. La grande lessive va débuter dès le début avril mais rassurez vous pour le ministre de l’Education, c’est une question d’arrière-garde.
" Il faut arrêter ce serinage sur les moyens "
Je suis certain de ce que j’affirme : dans quelques années ce ne sont plus des écoles que l’on fermera mais des collèges et des lycées entiers car l’absence de carte scolaire va générer un phénomène irrémédiable : moins un établissement aura d’élèves, moins il aura de dotation globale et donc moins il sera performant. Comme il est question d’évaluer les profs non plus sur leur pédagogie mais sur… les résultats de leurs élèves, la fuite va être également parmi le personnel enseignant. La sélection " naturelle " va vite s’opérer par la création de ghettos exactement sur le modèle américain.
UN REPLATRAGE QUI S’ANNONCE
On va donc se contenter de replâtrer les établissements afin de tenter d’enrayer une contestation qui pourrait peut-être réveiller les parents des élèves les plus concernés. Pour combler les trous, des options rares et des dédoublements de classes sont supprimés. On multiplie les vacataires - payés 28 euros net de l’heure, sur 200 heures maximum, sans cotisations vieillesse.
Des enseignants remplaçants (les TZR) sont nommés dans des classes et n’assurent plus les remplacements Du coup, on doit faire appel, comme dans l’académie de Créteil, à des professeurs retraités pour qu’ils reprennent du service…Mais la grande nouveauté, ce sera l’utilisation massive des heures supplémentaires - défiscalisées et donc attrayantes - distribuées en abondance aux établissements. Allons y : utilisons le profit comme vecteur de la suppression de l’emploi du voisin. Il est certain que la solidarité étant la vertu la plus partagée dans les salles des profs on aura le sens de l’intérêt commun… et on refusera massivement le recours aux heures sup’ destructrices de la fonction stable d’enseignant.
Le collège-lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, touché par 17 suppressions de postes et 7 fermetures de classes, 86 des 92 enseignants s’est mobilisé et les enseignants ont adressé une lettre au recteur refusant de faire des heures sup. "On fait une sorte de chantage aux heures sup, explique Thierry Ananou, le délégué de Paris du Snes, premier syndicat du secondaire, on dit aux enseignants : si vous voulez préserver le latin ou le grec, ou une troisième langue, il faut les assurer en heures sup. Du coup, le prof se retrouve dans une situation délicate." D’après lui, les recteurs, disposant de moins de moyens, "accompagnent la fuite des élèves des ZEP" - comme les collèges très mobilisés du Xe arrondissement à Paris - vers des établissements plus cotés : "On enlève des moyens mais on ne les remet pas entièrement sur les écoles plus favorisées, où les classes atteignent 40 élèves". Ces explications sur Libé.com confirment le dilemme dans lequel vont se retrouver bon nombre d’enseignants.
AUCUNE ANTICIPATION DEMOGRAPHIQUE
"On a eu affaire à un comptable,
Les chefs d’établissement ayant reçu en cadeau une prime surprise en fin d’année peuvent se préparer à gérer la pénurie et à devoir convaincre les enseignants d’accepter la doctrine sarkozyste : " travailler plus pour gagner plus ". Ils vont être dans des turbulences fortes s’ils n’arrivent pas à convaincre car rien n’oblige un prof à dépasser son quota horaire. D’autres vont devoir jongler avec des emplois du temps émiettés sur le territoire, avec des vacataires qui pourront à tout moment tirer leur révérence pour de meilleures conditions de travail. En plus on peut s’interroger sur la nécessité de poursuivre des filière entière de formation dans les facultés si elles ne débouchent sur aucun emploi dans l’enseignement. Les facs de sport, les licences en arts plastiques, en latin, en grec, en allemand, en espagnol… tourneront à l’eau de boudin et conduiront directement dans les bureaux fusionnés de l’ANPE-ASEDIC !
ON CONTINUE A PROMETTRE
Et le pire c’est que durant ces préparation masquée d’une rentrée que personne ne pressent, Xavier Darcos continue à effectuer des effets d’annonce. Un peu moins d'une semaine après la présentation du plan "Espoir banlieues" par Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos et Fadela Amara ont dévoilé, par exemple, les grands axes du volet "Education" de ce plan, qui prévoit notamment la création de… 30 sites d'excellence dans des quartiers prioritaires. Selon le ministre de l'Education nationale, le coût global de ces mesures atteindra environ 200 millions d'euros pour l'année 2008-2009 mais il ne précise surtout pas où il va dénicher les postes qu’il lui vaudra obligatoirement mettre en place.
Ce volet "Education" est articulé autour de huit grands axes, dont l'accompagnement éducatif dans toutes les écoles de l'éducation prioritaire, avec l'accueil des élèves deux heures après les cours quatre jours par semaine et l'encouragement de la mixité sociale dans les écoles (expérimentation du principe du transport par bus des élèves de CM1 et CM2 dans les quartiers en difficulté, pour 50 sites à la rentrée 2008).
Il prévoit aussi d'encourager la contribution de… l'enseignement privé à l'égalité des chances, et la création de 30 sites d'excellence (à savoir 30 établissements des quartiers difficiles dès la rentrée 2008), et d'une banque de stages afin de permettre une plus grande équité dans l'accès aux stages. Le plan tente aussi d'ouvrir l'accès aux classes
préparatoires aux grandes écoles aux 5% d'élèves les plus méritants), ainsi que des internats d'excellence.
Le dernier axe vise à " casser les ghettos scolaires " en détruisant les collèges les plus dégradés ou les plus évités des quartiers difficiles et en reconstruisant d'autres établissements dans le programme national de rénovation urbaine. Une mesure d’autant plus facile que ce n’est pas son Ministère mais… les conseils généraux qui financeront les reconstructions et que les crédits de l’Etat n’arriveront que beaucoup plus tard !
" Notre objectif à Xavier Darcos et à moi est d'agir de manière permanente sur tous les points de fragilité de l'éducation des jeunes, tout au long de leur parcours scolaire ", a déclaré la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville Fadela Amara lors d'une conférence de presse. 3Je veux dire que nous agirons sur tous les leviers sur la première chance comme sur la deuxième chance ". Aussitôt Nicolas Sarkozy a trouvé la solution : retour des leçons de morale à l’école élémentaire. Il devrait proposer que les Ministres y soient accueillis tous les matins quand on parlera sincérité dans les engagements.
Mais je déblogue… 
résume Thierry Rodriguez, professeur au lycée Marie-Curie de Tarbes (Hautes-Pyrénées), relatant la récente entrevue au rectorat d’une délégation d’enseignants protestataires. Depuis 2001, son lycée subit des réductions d’effectifs : "17 postes et 6 classes en moins en septembre, maintenant on s’attaque à l’os." L’argument avancé est démographique : le secondaire perd des élèves alors que partout on entend demander des collèges supplémentaires et des lycées de proximité. Il faut savoir en effet que les enfants du baby-boom de l’an 2000 vont, d’ici deux ans, arriver au secondaire et donc provoquer une vague positive à laquelle on répondra, grâce aux collectivités locales, en terme de locaux mais… pas en terme de postes d’enseignants. Et les postes ont disparu. "Le pire, poursuit Thierry Rodriguez, c’est le décalage avec les promesses officielles." Cette vision portée par Libé.com vaut pour de nombreux autres établissements. Il y aura donc forcément à la rentrée puisque le mouvement des enseignants va bientôt débuter alors que l’on ne connaît absolument pas les conséquences de la libéralisation de la carte scolaire des mouvements divers. , a estimé jeudi Xavier Darcos, exaspéré d’être interrogé sur ces coupes alors qu’il annonçait des dispositifs "d’excellence" pour les banlieues. "Si la réussite scolaire passait par l’importance des moyens, on devrait être les meilleurs d’Europe, a-t-il ajouté, or nous sommes à la traîne dans les classements internationaux." De partout remonte des suppressions de filières, des diminution des horaires, des déplacements obligatoires… sans que l’on songe un instant aux conséquences.
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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