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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Samedi 3 mai 2008
La Chine reste, dans le fond, un pays fragile si l'on se fie à sa situation depuis plusieurs semaines. C'est assez paradoxal quand on connaît la place que l'on attribue à cette force colossale qui pèse désormais sur l'économie mondiale mais qui ne peut pas traverser sans dommages le vent mauvais de l'opinion internationale. En fait l'attribution des JO à Pékin va seulement mettre en lumière tous les défauts jusque là « discrets » d'un état qui peine à s'inscrire dans un processus démocratique et social à l'occidentale. Il aura suffi qu'un chef religieux élève très légèrement le ton pour que la situation du Tibet fasse effondrer le processus de respectabilité qu'avaient imaginé les dirigeants chinois. Ils leur faut rester zen s'ils veulent effacer ce que l'on pense souvent être une phénomène récent alors qu'il a un demi siècle d'existence !
La question du Tibet est en effet l'un des principaux conflits politique et territorial que connaisse la Chine, qui revendique comme sien depuis le 13e siècle ce royaume théocratique bouddhiste de 1,2 million de km2, et d'environ 2,7 millions d'habitants. Elle occupé militairement ce territoire himalayen en octobre 1950, un an après la proclamation de la République populaire par Mao Zedong. En mai 1951, un accord Lhassa-Pékin est signé, scellant le « retour dans la mère-patrie » chinoise du royaume, avec l'aval du quatorzième dalaï-lama, chef spirituel et spirituel des Tibétains. Ce n'est que le début d'un conflit qui ne va jamais cesser.
Après quelques années de fragile cohabitation et des violences sporadiques, un soulèvement a lieu, en mars 1959 contre « l'occupation » et la « socialisation forcée ». C'est le premier d'une longue série qui génère, comme les suivants une répression faisant plusieurs dizaines de milliers de morts. Dès lors, le dalaï-lama, qui estime avoir dû accepter l'accord de 1951 sous la contrainte, quitte le pays et fonde un gouvernement en exil dans le nord de l'Inde, à Dharamsala, prônant la non-violence, mais ne renonçant jamais au rétablissement des droits politiques et culturels de ses compatriotes. En fait ce départ va transformer le conflit « local » en événement planétaire compte tenu du fait que le chef religieux devint une « vedette » internationale.
VEDETTE INTERNATIONALE
Invité dans le monde entier, en particulier dans les pays occidentaux, au grand dam des autorités chinoises, le dalaï-lama s'insurge contre la mainmise grandissante des autorités chinoises dans son pays, les déplacements de population au profit des Han - ethnie majoritaire de Chine - et la destruction d'édifices culturels et religieux.
L'attribution à cet homme, vedette des médias internationaux, du prix Nobel de la Paix, en octobre 1989, six mois après un soulèvement fortement réprimé au Tibet, est ressenti comme un camouflet par Pékin.
Le territoire s'est vu accorder une autonomie partielle en 1965, juste avant que la Révolution culturelle (1966-1976) ne le frappe de plein fouet, avec la destruction de plusieurs milliers de monastères, de textes sacrés et des arrestations de religieux. Des ébauches de dialogue se font jour entre 1979 et 1987, Pékin se disant prêt à oublier la « trahison » du dalaï-lama et à accepter son retour, mais sans exercer de responsabilité, et, surtout, résidant à Pékin, non à Lhassa. Le dalaï-lama refuse.
Toutefois, en juin 1988, concession majeure, il renonce à l'idée d'indépendance du Tibet, et préconise un pouvoir réellement autonome. En 1997, le président chinois Jiang Zemin, propose un dialogue nouveau si le dalaï-lama admet officiellement que le Tibet est « une partie inaliénable de la Chine ». Le chef religieux refuse, et accuse Pékin de « génocide culturel ». Selon ses chiffres, il y a à Lhassa 200.000 Chinois et seulement 100.000 Tibétains... et ce déséquilibre culturel pèse dans le conflit actuel.
Pour tenter de gagner du temps une nouvelle proposition de dialogue a été envoyée au Dalaï-lama. En utilisant l'art chinois de faire traîner les choses, on peut espérer à Pékin sauver les apparences. Et c'est peut-être là l'essentiel car c'est moins simple qu'il n'y paraît. Deux émissaires du Dalaï lama seront pourtant aujourd'hui en Chine pour des entretiens informels sur le Tibet, à trois mois des jeux Olympiques et après sept semaines de crise internationale au cours desquelles le chef des Tibétains en exil s'est montré conciliant avec Pékin.
UN PROCESSUS ANCIEN
En fait ce n'est pas une grande nouveauté puisque ce voyage, annoncé par le gouvernement tibétain réfugié en Inde, constituera la première rencontre rendue publique entre des responsables chinois et des représentants du dalaï lama des dix derniers mois. Et ce que l'on présente comme un événement n'est qu'une étape supplémentaire dans des négociations déjà régulières. Les exilés tibétains et Pékin se rencontrent... officiellement depuis 2002 et les derniers entretiens (directs et officiels) remontent seulement à juin-juillet 200. Le gouvernement tibétain en exil a tout de même reconnu hier dernier avoir « toujours maintenu le contact » avec la Chine, notamment en mars, au plus fort des manifestations anti-chinoises de Lhassa, la capitale du Tibet. Dommage que Nicolas Sarkozy qui se présente comme l'un des instigateurs de ce dialogue ait oublié de préciser qu'il ne s'agit que d'une réactivation d'un processus déjà ancien.
Lodi Gyaltsen Gyari et Kelsang Gyaltsen, envoyés spéciaux du Dalaï Lama sont à Hong Kong a précisé le porte-parole de cet organisme tibétain à Dharamsala, une bourgade accrochée aux contreforts de l'Himalaya où le Dalaï Lama vit depuis 1959. Avec des représentants chinois, « les émissaires s'occuperont du dossier urgent de la crise actuelle dans les régions tibétaines », a dit M.Samphel. Ils « feront part des profondes inquiétudes de Sa Sainteté sur la manière dont les autorités chinoises gèrent la situation et feront des suggestions pour apporter la paix dans la région ». Sa sainteté pose des problèmes aux dignitaires chinois car il évite tout affrontement direct. Au contraire il cherche à rester dans son rôle d'homme paisible, maîtrisant parfaitement l'art de la communication.
Au cours des sept dernières semaines de crise, à 72 ans, apôtre de la non-violence et surtout fin diplomate le Dalaï Lama n'a cessé de plaider pour l'apaisement et la conciliation avec ses « frères et soeurs chinois », citoyens d'une « superpuissance et vieille nation qui mérite ses JO ». Ainsi les Chinois sont pris à revers et ne peuvent pas attaquer un bonze aussi bien élevé qui... défend les Jeux de Pékin ! Tout en dénonçant depuis des décennies un « régime de la terreur » chinois qui commettrait une « sorte de génocide culturel » au Tibet, il martèle ne pas revendiquer l'indépendance mais une simple autonomie pour son pays. Confronté par ailleurs au plus grand mouvement tibétain depuis 20 ans, il redoute aussi d'être débordé par une jeune garde d'exilés amers et indépendantistes qu'il considère comme dangereux.
DES EPIDEMIES LATENTES
La Chine pratique la technique de la main de fer (répression dure au Tibet) dans un gant de velours (discussions à la Chinoise) pour tenter d'éviter la mise en cause des Jeux tant attendus afin d'obtenir une reconnaissance du développement extraordinaire du pays d'accueil ! Il lui faut cependant maîtriser d'autres paramètres aussi inquiétants pour la grande foire aux sportifs. Une infection massive par un virus intestinal dans la province de l'Anhui (est du pays) a touché... 2 477 enfants et en a tué 20, a annoncé un porte-parole du gouvernement provincial. Parmi les infectés, 738 personnes se sont rétablies. Le bilan des morts s'était stabilisé à 20 pendant quatre jours. 720 autres personnes, dont 36 grièvement blessées, sont toujours hospitalisées et en observation. Le nombre des externes était de 1 017, a dit le porte-parole.
Des hôpitaux de Fuyang, dans le nord-ouest de l'Anhui, ont commencé à recevoir des enfants atteints de fièvre, d'ampoules, d'ulcères dans la bouche, ou d'éruptions cutanées sur les mains et les pieds, depuis début mars. Certaines victimes avaient des lésions au cerveau, au cœur et aux poumons, causées par cette maladie que l'on appelle « main pied bouche » en raison des zones qu'elle affecte en priorité.
Les victimes avaient toutes moins de six ans, la plupart des enfants étant âgés de moins de deux ans.
Pour cesser la transmission du virus à plus d'enfants, toutes les maternelles à Fuyang ont démarré les vacances du 1er mai avec deux jours d'avance. L'entérovirus 71 , ou EV 71, peut entraîner la maladie « main pied bouche » qui se déclare généralement par une légère fièvre au début, suivie par des cloques et des ulcères à la bouche, aux mains et aux pieds. Les infections peuvent conduire à un taux élevé de mortalité dans les cas graves et aucun vaccin ni aucun traitement thérapeutique n'est disponible à présent. Si l'on ajoute que le SRAS existe encore puisqu'à la date du 2 mai, il avait touché 6 061 personnes dans 27 pays et fait 416 morts. Or on ne connaît pas la situation exacte dans la Chine profonde... C'est certainement aussi préoccupant pour la Chine que les négociations avec les émissaires tibétains.
Mais je déblogue..

 

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 2 mai 2008
La mobilisation syndicale du 1° mai ne semble pas avoir outre mesure passionné les médias qui y sont allés de leur différence grotesque entre estimations de la police et estimations des organisateurs aussi incrédibles les unes que les autres. C'est la CGT qui l'annonce: les quelque 150 manifestations du 1er mai, où le syndicat était présent, ont en effet rassemblé « plus de 200.000 personnes » en France soit un chiffre équivalent à celui de 2007 au niveau national, selon un décompte du syndicat. Le ministère de l'Intérieur n'a décompté pour sa part que 119.600 manifestants. La sarabande des statistiques s'est prolongée toute la journée.
A Paris, entre 15.000 (selon la police) et 30.000 personnes - source syndicale - étaient rassemblés pour le pouvoir d'achat et les retraites, dans le principal défilé parisien du 1er mai, fête du Travail, à l'appel de la CGT, la CFDT, l'Unsa, la FSU et Solidaires. Les leaders syndicaux Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Gérard Aschiéri (FSU) et Annick Coupé (Solidaires) ont pris place dans le carré de tête de la manifestation, derrière une banderole portant la mention: « Ensemble pour les salaires, l'emploi et les retraites ».
Les salariés sans papiers en grève depuis le 15 avril sont à l'honneur, en tête du carré CGT, au lendemain de l'annonce par le syndicat de la régularisation de trois d'entre eux par la Préfecture des Hauts-de-Seine, les premières depuis le début de leur mouvement coordonné dans plusieurs entreprises d'Ile-de-France. Des salariés du quotidien Le Monde, masqués et vêtus de tee-shirts blancs, se sont égayés dans la foule pour protester contre le plan de suppression de 129 emplois qui a été annoncé récemment.
Entre 2.500 et 3.000 personnes selon la police, 30.000...selon les syndicats, ont défilé à Marseille. Ridicule comme compte rendu d'une réalité qui devrait se situer aux alentours de 16 000 puisqu'il faut additionner les deux résultats et diviser par deux ! C'est en général ainsi que l'on approche d'un nombre correct mais hier soir ça n'intéressait pas grand monde. La journée avait été marquée par un autre événement : l'agonie du parti du négationniste le plus célèbre de France et même d'Europe !
En fait ce qui a passionné le monde médiatique c'est la manifestation croupion du Front National. Que va devenir la vie politique s'il n'y a plus Le Pen pour l'animer ? On se le demande dans les rédactions nationales. Il suffit de constater combien une énième provocation a redonné de l'importance à un personnage de 80 ans dont on se demande bien comment il pourrait encore symboliser l'avenir pour des millions de personnes comme ce fut le cas en 2002. Il n'y a plus d'autre recette que celle qui consiste à être outrancier pour se démarquer d'un gouvernement qui a réalisé un hold-up sur son fonds de commerce.
PLUS RIEN DE DETONNANT
Plus rien en « rayon FN » : l'immigration a été préemptée par Brice Hortefeux, le niveau des impôts a été annexé par Woerth et les phrases clés lepenistes récupérées de temps à autres par les plumes des discours sarkozystes... Et comme le FN a perdu ses moyens financiers dans les aventures électorales écoulées il lui est impossible de se faire entendre. Il va donc falloir « choquer », agresser, révulser pour exister dans une période où en Italie les ex-fascistes accèdent paisiblement au pouvoir dans le sillage médiatique du caïman Berlusconi.
Affaibli par ses revers électoraux, Jean-Marie Le Pen a voulu voir dans les difficultés du sarkozysme un espoir de redressement pour le FN, qui n'a donc pas fait recette à l'occasion du 1er mai. « Aujourd'hui, les lampions sont éteints, le bling bling et les flonflons ont fait long feu et les Français se rendent compte que le roi est nu », a lancé le président du Front national, redisant tout haut ce qu'en fait des millions de Françaises et de Français pensent maintenant à plus de 55 %. Son numéro habituel n'apparaît donc que comme une lapalissade ou comme le propos d'un enfonceur de portes ouvertes. « Aucune des promesses du candidat Sarkozy n'a été tenue », a-t-il ajouté en visant en particulier l'immigration. Mais, là encore l'originalité n'est pas au rendez-vous.
Ironisant sur une France qui « vit au rythme d'une grève de sans-papiers », il a dénoncé l'appel d'air créé, selon lui, par le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux. « Sarkozy et Hortefeux ont commis la folie d'appeler à une immigration économique légale. De nouvelles pompes à l'immigration se sont mises en marche », a-t-il dit sans véritablement être convaincu pars a démonstration. Il ressemblait à un VRP qui vend un produit dans lequel il ne croît pas du tout. Le discours ne passe plus le premier cercle des inconditionnels. Et encore... Rien de tel qu'une bonne provocation quand la situation semblait désespérée. A la veille du 1er Mai et du traditionnel défilé de l'extrême droite qui s'est avéré peu suivi (et dont l'itinéraire avait été considérablement réduit), Jean-Marie Le Pen avait de nouveau cédé à ses vieux démons.
LA LIGNE DE DEMARCATION
En persistant à qualifier les chambres à gaz de « détail » de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale dans une interview parue vendredi dans la revue « Bretons », le président du FN a, comme en 1987, déclenché un tollé même dans son propre camp : « Cela fait la troisième fois qu'il nous fait le coup et il est indéfendable, soupire un cadre. Soit c'est effectivement de la provocation gratuite pour faire parler de lui, ou alors il est obsédé. En tout cas, les gens en ont marre et, à un moment où on est à 6 % et où lui va fêter ses 80 ans, tout cela est vraiment minable. »
Marine Le Pen a tenu à se démarquer de propos qui réduisent à néant sa stratégie de dédiabolisation. « Je ne partage pas sur ces événements la même vision que mon père », a-t-elle souligné sur BFM TV. La vice-présidente du FN avait déjà pris ses distances en janvier 2005, lorsque Le Pen avait jugé que l'occupation allemande en France n'avait pas été si inhumaine. Lundi, Louis Aliot, secrétaire général du Front national, s'est fendu d'une mise au point : « Les propos de Jean-Marie Le Pen n'engagent pas le FN, ils ne constituent en aucun cas une ligne politique. » Et ce proche de Marine Le Pen de préciser : « Dans cette période délicate où se pose la question de l'existence même de la France, nous devons, plus que d'autres, resserrer les rangs et repartir au combat dans l'ordre et la discipline. »
Le dirigeant d'extrême droite a surtout répliqué hier au chef de l'Etat, devant de maigres troupes - environ 1.200 personnes, soit la moitié de l'année précédente selon la police. Conséquence de la désaffection des militants, le président du FN a prononcé son discours sur la petite place des Pyramides, juste sous la statue de Jeanne d'Arc, et non plus place de l'Opéra.
PROPORTIONNELLE ATTENDUE
En proie à de sérieux problèmes financiers depuis son net recul aux législatives (4,27%), le FN a dû mettre en vente son siège de Saint-Cloud, près de Paris, pour s'installer prochainement à Nanterre. Jean-Marie Le Pen a également mis en vente mercredi sa voiture blindée aux enchères sur eBay et confirmé le licenciement d'une vingtaine de permanents. En fait on prend tout à coup conscience que même en politique l'argent reste le nerf de la guerre et que les candidatures aux élections législatives ou cantonales ne relèvent pas toujours du souci de s'occuper de la vie collective mais bel et bien à mettre du bois dans la « chaudière » du parti.
Le 1° mai de Le Pen aura étrangement ressemblé à celui de Sarkozy : morose, très morose. Alors que ses « amis » italiens exultent pour voir trouvé un allié leur ayant donné la respectabilité, alors qu'en Angleterre les Travaillistes sont laminés par la Droite, alors que l'Europe de l'Est en général fait une place de choix à la Droite extrême, le FN français n'arrive plus à suivre. Dépouillé de ses slogans les plus populistes durant la dernière présidentielle, exsangue en terme d'élus et de finances il ne peut espérer qu'une réforme constitutionnelle introduisant une bonne dose de proportionnelle pour sauver un « paquebot » ressemblant au radeau de la Méduse. Et Le Pen sera probablement très attentif à ce volet d'un texte qui pourrait lui mettre (environ 11 % Présidentielles) de sauver ce qui peut encore être sauvé : l'appareil du parti !
Les chevaux de bataille du FN ont perdu de leur crédibilité : sur l'Europe comme sur l'immigration son électorat a pris conscience du fait qu'un retour en arrière pur et simple était illusoire. Nicolas Sarkozy a donc largement récupéré une partie des voix de Le Pen à l'élection présidentielle et l'UMP d'en faire autant aux législatives. La stratégie sarkozyste a été d'autant plus efficace que l'électorat du FN commençait à douter de l'efficacité d'un vote uniquement protestataire. Et le phénomène paraît durable, comme si le mouvement dont profitait antérieurement le FN s'était inversé. Au profit de qui ? L'électorat mouvant qu'il avait réussi à attirer existe encore. Il n'a pas dit son dernier mot contrairement à ce que pourraient laisser croire des apparences trompeuses de ce 1° mai !
Mais je déblogue...

 

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 30 avril 2008
La société actuelle révèle un nouveau principe de vie collective : mettez ailleurs ce que je ne veux pas chez moi. Dans tous les domaines on élude le problème éventuel pour le repoussez ailleurs. Il est ainsi très aisé de pouvoir éluder le traitement de ce qui peut représenter une gêne réelle ou supposée. On se mobilise pour rejeter toute situation conflictuelle. C'est valable dans le domaine des grands équipements structurants. C'est évident dans le secteur de l'urbanisation. C'est inéluctable dans tous les schémas qui dérangent : les SDF, les bruits divers, les centres d'accueil pour personnes en difficulté, les jeunes... Il faut « chasser » tout ce qui dérange et quand la puissance publique n'arrive pas à le faire on recherche des solutions individuelles spectaculaires. On vit actuellement une évolution spectaculaire de cette mentalité dominante. Celle du fameux boîtier anti-jeunes.
Le produit, fabriqué par l'entreprise Compound Security Systems, est désormais commercialisé en France sous le nom de « Beethoven » (Mosquito, outre-Manche). Les adolescents français peuvent donc désormais subir ce « son qui adoucit les moeurs », comme le décrit, avec un sens de la formule très étudié, le distributeur IPB France.
L'idée de Beethoven est d'émettre un son suraigu uniquement audible par les moins de 25 ans. La méthode ne fonctionne pas à 100 % : certaines personnes plus âgées, selon leur système auditif, peuvent quand même - plus ou moins - le percevoir.
En pratique, Beethoven se présente sous la forme d'un cube de 12 cm sur 12. L'émetteur produit par intermittence un son à 17 000 hertz sur une portée d'une vingtaine de mètres. Il peut être actionné à distance par une télécommande ou grâce à un détecteur de présence. Chaque salve dure une vingtaine de minutes avant de cesser et de recommencer.
« Même si ce bruit n'est pas douloureux, il devient extrêmement irritant après une exposition de cinq à dix minutes. Résultat : la majorité des jeunes quittent les lieux », promet dans sa plaquette commerciale IBP France.
S'il peut surprendre, le principe de l'appareil n'a, en fait, rien de mystérieux. « En vieillissant, l'oreille se dégrade naturellement. Dès 25-30 ans, les êtres humains ne sont plus capables de détecter les fréquences très aiguës supérieures à 16 000 hertz, explique un audioprothésiste installé à Vincennes. Ce principe est déjà utilisé par l'ultrasonnerie, une sonnerie de portable émettant des ultrasons autour de 17 000 hertz. Les jeunes peuvent alors entendre qu'ils reçoivent un appel ou un SMS, pas leurs parents. » Ni leurs professeurs...
UN SYSTEME DANGEREUX
Sur son site Internet, Compound Security Sytems n'affirme pas que son invention est inoffensive sur le plan sanitaire. Tout juste explique-t-il que les ultrasons ne sont pas douloureux, même après une longue exposition. « Les fréquences aiguës ne sont pas nocives en elles-mêmes. Tout dépend du niveau sonore auquel elles sont émises », explique l'audioprothésiste. Or, le boîtier a été conçu pour émettre entre 5 et 8 décibels de plus que le niveau sonore environnant. Autrement dit, plus il y a de bruit, plus le volume des ultrasons est élevé.
Autre problème : il est techniquement impossible de choisir des fréquences qui ne soient entendues que par les adolescents. « Ces sons supérieurs à 16 000 hertz sont aussi entendus par les enfants et les nourrissons. Si une maman reste à discuter dans un hall d'immeuble équipé d'un tel procédé, elle ne sera pas dérangée par les ultrasons, mais son bébé oui », souligne l'audioprothésiste. Pour se dédouaner, Compound Security Systems livre avec son boîtier un petit panneau pour alerter les passants que la zone est équipée. Celui-ci ne sera pas d'une grande utilité à nos animaux de compagnie, sensibles eux aussi aux ultrasons. D'une phrase sibylline sur son site Internet, le fabricant évacue la question : « Des tests intensifs ont montré que ces [ultrasons] ne paraissaient pas les déranger. » En tous cas sa vente a été autorisée en France et l'on suppose que les certifications indispensables ont bel et bien été examinées avant sa mis en rayons. Les Ministres de la santé et de la jeunesse estiment que « l'utilisation de ce type de procédé est inacceptable d'un point de vue éthique et moral dans notre société et ne peut que conduire à la stigmatisation et à l'exclusion des jeunes. Ils appellent solennellement tous les bailleurs et les syndics qui auraient recours à ces boîtiers à les retirer dans les plus brefs délais." Roselyne Bachelot-Narquin et Bernard Laporte "condamnent fermement une telle attitude, qui pourrait conduire à penser que certaines difficultés sociales pourraient être résolues par des moyens électroniques aussi choquants. Rien n'est plus important que les valeurs de dialogue, d'échange et de partage avec les jeunes générations. Cette voie doit être privilégiée par tous, c'est celle que le ministère chargé de la jeunesse entend privilégier, au quotidien, dans son action ». Dont acte mais n'empêche que déjà des syndics et des commerçants ont installé le boîtier qui doit expédier ailleurs les gêneurs potentiels.
UNE ARME ILLICITE
Dans la journée une décision a cependant remis provisoirement les « pendules à l'heure ». Le problème c'est qu'il faille que la justice pallie, une fois encore la lâcheté du politique. Le tribunal de Saint-Brieuc a en effet interdit pour la première fois en France, l'installation par un particulier d'un boîtier « anti-jeunes » à ultrasons, dénoncé comme une « arme sonore illicite » par les commerçants d'une station balnéaire bretonne.
Saisi en référé, le tribunal a estimé que ce boîtier, censé émettre des ultra-sons perceptibles uniquement par les jeunes et destiné à les « disperser », constituait « un trouble anormal du voisinage », selon l'avocat de l'association Val Tonic regroupant des commerçants de Pléneuf-Val-André (Côtes d'Armor), Me Jacky Voisin.
Le tribunal a interdit au résident secondaire, sous astreinte de 1.000 euros par jour, de réinstaller l'appareil, qu'il avait été fixé sur la façade extérieure de sa maison en plein centre de la petite station balnéaire. Le boîtier, qui fonctionnait « en continu », avait pourtant été retiré lorsque son propriétaire avait reçu l'assignation.
« Nous sommes très satisfaits, c'est une décision de principe. Le tribunal a reconnu que l'appareil constituait une gêne auditive pour toutes les personnes », les jeunes comme les moins jeunes, s'est réjoui l'avocat. « Très satisfait » lui aussi, le président de l'association des commerçants, Yvon Gauthier, juge que cette décision « défend la liberté de circulation dans les rues sans qu'on soit agressé par des ondes sonores » et espère qu'elle « fera jurisprudence ». Après l'éclatement de l'affaire, le maire de Pléneuf-Val-André avait pris un arrêté d'interdiction du boîtier dénommé « Beethoven » en France sur la base du code de la santé publique.
Une employée de 23 ans d'une boutique de cadeaux, s'est déclarée « heureuse » que l'appareil soit reconnu comme « une arme sonore discriminatoire créant des nuisances ». Cette jeune femme avait affirmé avant l'audience qu'elle souffrait de micro-lésions à l'oreille interne du fait de son exposition pendant une semaine aux ondes. Une boîte a également été découverte en Belgique, où un jeune homme souffrait de violentes migraines depuis qu'un objet étrange avait été disposé à proximité d'un arrêt de bus de son école. Le boîtier faisait en fait parti d'un procédé de sécurité d'une banque voisine. Mais dans le fond son cas n'avait guère ému les installateurs car l'objectif n'était que d'éloigner de la résidence secondaire ou de la banque des jeunes troublant l'ordre établi.
DEGOUT POUR DES ODEURS
On a encore un autre dossier intéressant : celui du Malodore. Ce produit de la firme française Firchim, spécialisée dans la fabrication de produits d'entretien est un répulsif nauséabond conçu afin d'éloigner les humains en laissant une rémanence nauséabonde pendant plusieurs semaines. Il est livré sous forme de concentré à diluer et à pulvériser avec une pompe.
En août dernier, l'AFP révélait que le maire UMP d'Argenteuil voulait faire diffuser du Malodore dans sa ville afin d'éloigner les personnes sans domicile fixe. Cependant, les agents municipaux ont refusé de l'épandre. Le répulsif a alors été directement donné aux agents d'entretien du centre commercial Côté Seine d'Argenteuil afin qu'ils le diffusent eux-mêmes aux alentours des sorties de secours où se regroupaient les SDF. Selon un agent de la mairie, un carton de produits répulsifs a été acheté en juillet. Le carton précisait que le produit était toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer... sauf pour les SDF. Mais est-ce si grave que cela ?
Le maire UMP d'Argenteuil, Georges Mothron, prenait chaque été des arrêtés municipaux pour interdire la mendicité dans le centre. En 2005, la préfecture du Val-d'Oise avait annulé une de ces arrêtés qui évoquait une... « gêne olfactive anormale » liée à la présence des SDF. Il avait l'habitude de se distinguer pour démontrer médiatiquement que l'on pouvait n'avoir que du dégoût pour ses odeurs !
La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme participant mardi soir au meeting du maire UMP sortant d'Argenteuil avait déclaré sur une chaîne locale de télé : "Il faut tout tenter dans une ville". Le soutien de Rama Yade n'a pas été très salutaire pour Georges Mothron, député tombeur des Communistes qui a pris un coupe de Malodor électoral puisqu'il a été... battu aux municipales par un conseiller général socialiste. La preuve qu'on ne peut pas toujours berner les gens en se contentant de « repousser » les problèmes. Il vaut mieux en général s'attaquer aux causes, aux racines qu'aux effets. Passer le mur de l'ultra... (ç)on ou donner un « parfum » fascisant à sa ville ne constituent pas toujours les clés du succès.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 26 avril 2008
Quelles que soient les explications fournies sur sa première année de mandat par le Président de la République on est objectivement obligé de constater que le mal est fait. On ne reviendra plus sur les conséquences des erreurs prises à l'échelle nationale mais aussi sur celles qui ont été commises sur le plan international. La France a accumulé les maladresses en tous genres et elle « rame » actuellement pour retrouver un minimum de crédibilité. En un an les « rencontres » de Nicolas Sarkozy avec la liste de ce que la planète compte comme responsables pour le moins discutables ainsi que les messages qui leur ont été délivrés ont décrédibilisé la vision gaullienne historique. L'atlantisme avéré du président actuel perturbe d'ailleurs singulièrement une partie de son propre camp. Les visites à Bush, Khadafi, Poutine, Déby, Bongo, Hu Jintao... et quelques autres marqueront cette première année du quinquennat car elles servent de références à une politique étrangère en zigzags. Là encore tout a reposé non pas sur une action cohérente mais sur une exploitation médiatique au profit de l'image présidentielle de circonstances diverses.
Le mal gagne actuellement l'Afrique où les diverses apparitions présidentielles n'ont pas eu l'effet escompté. Loin s'en faut. Ainsi selon une série de télégrammes diplomatiques citée, par le journal le Monde, les ambassadeurs Français en poste en Afrique soulignent la dégradation de l'image de la France sur ce continent. La tendance très forte ne va pas tarder à poser problème dans le climat actuel de menace de famine « économique ». En effet les regards se tournent vers Paris qui jusqu'à présent n'a pas encore élaboré une aide conforme aux enjeux. La « nature » diplomatique ayant horreur du vide la place auprès des états en difficulté a vite été occupée par les... Chinois ou les Américains. L'image de la France « oscille entre attirance et répulsion dans nos anciennes colonies, au gré du soutien politique ou des interventions, militaires notamment, dont ont fait l'objet ces pays », d'après un télégramme de synthèse cité par le journal.
En automne 2007, les avis des 42 ambassadeurs de France en poste en Afrique avaient été sollicités, après notamment un discours du président Nicolas Sarkozy à Dakar en juillet, très critiqué dans l'opinion et les capitales africaines. L'un des diplomate cité par le journal affirme que « la France n'est plus la référence unique ni même primordiale en Afrique. Les Français ont du mal à l'admettre ». Autant dire que nous avons perdu cette présence culturelle, économique, politique qui existait depuis des décennies. Elle s'est effondrée en quelques mois après des erreurs essentiellement dues à la seule volonté d'exploiter, à des fins politiques nationales, des faits divers de la vie africaine.
LA MAUVAISE IMAGE TCHADIENNE
La présence de bases militaires françaises en Afrique « alimente le fantasme d'une France qui n'agit qu'au profit de gouvernements iniques et pour des causes opaques » a écrit un diplomate qui aurait intérêt à rester anonyme s'il ne veut pas être muté consul aux Kerguelen ! On reproche à la fois à notre pays, depuis un an, de trop intervenir militairement et de lâcher l'Afrique dans le domaine de la coopération. Un autre fonctionnaire ose mettre en exergue les « dégâts durables » pour l'image de la France de l'affaire de l'Arche de Zoé, l'association qui a tenté de faire sortir clandestinement du Tchad des enfants supposés être des réfugiés du Darfour. Les tractations liées à cet épisode plus que trouble des échanges franco-tchadiens n'ont guère profité à la notoriété présidentielle. Cette attitude a singulièrement altéré la crédibilité des interventions humanitaires portées par les Français mais aussi a démontré la volonté de protéger les régimes en place.
Les télégrammes mettent donc également en avant l'incompréhension entre l'opinion française qui tend à voir dans les Africains « des gens pauvres parce que corrompus », et l'opinion africaine qui voit une France « frileuse, doutant de ses intérêts, méfiante à l'égard de la jeunesse africaine ».
Le fameux discours de Dakar n'a pas arrangé la perception de ces générations sur les efforts français effectués en faveur des relations de confiance entre l'Afrique et son pays de référence. La France dispose toutefois parmi ses atouts de la « terrible demande » pour la langue française, et est créditée d'une « connaissance irremplaçable du terrain ». Elle ne l'exploite absolument pas et surtout elle ne maîtrise pas les innombrables liens qu'elle possède, par exemple, entre communes dans le cadre de la coopération décentralisée. Elle pourrait aussi mettre en évidence la formation qu'elle accorde ou qu'elle est susceptible d'accorder aux élites de ces pays surtout marqués par le retour réguliers des charters.
FRANCE TERRE D'ASILE
Alors que l'opération épervier reprend du service au Cameroun, en arrêtant des membres du régime soupçonnés de détournements de fonds publics, les Etats-Unis annoncent leur soutien au pays dans la lutte contre la corruption, via son ambassadrice. Janet Garvey compte remédier au problème en tentant de rapatrier l'argent détourné et épargné aux Etats-Unis, dans les banques américaines. Elle l'a annoncé jeudi lors d'une conférence à l'Institut Supérieur de Management Public de Yaoundé sur le thème, « Ethique professionnelle et lutte contre la corruption » Cette prise de position va poser un problème supplémentaire à la France empêtrée depuis des décennies dans les biens des gouvernants africains situés sur son territoire. Le plus célèbre d'entre eux , Omar Bongo s'est même fâché en apprenant que des journalistes s'intéressaient à ses possessions immobilières. Nicolas Sarkozy a rencontré Omar Bongo à l'occasion de la campagne présidentielle pour selon lui recueillir les bons conseils d'un homme d'expérience. Omar Bongo a aussi rencontré François Bayrou et Jean-Marie Le Pen.
A peine élu, le nouveau président français appelait Omar Bongo pour le remercier de « ses bons conseil », puis le recevait à l'Elysée et ordonnait à tout son gouvernement de passer saluer le doyen des « amis de la France ». Deux mois plus tard, l'amitié entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo se confirme puisque c'est Libreville que le président français choisit pour clore sa première tournée africaine, le 27 juillet 2007. Il n'arrive pas les mains vides, puisqu'il a obtenu, la semaine précédente, un accord jamais vu du Club de Paris qui allège d'au moins 15% la dette gabonaise. Cette amitié a été écornée par un reportage télévisé de France 2 diffusé lors de son journal télévisé du lundi 3 mars 2008 sur les biens mal acquis et les conclusions de l'enquête de police.
Un an après la publication du rapport du CCFD (Comité catholique contre la Faim et pour le Développement) et le dépôt de plainte contre 5 chefs d'état africains, le reportage analyse le chemin parcouru par la société civile française qui attend toujours les actes d'une vraie rupture avec la Françafrique. Ce sont de prestigieux hôtels particuliers ou de superbes appartements situés dans les beaux quartiers parisiens. Ces riches demeures ont la particularité d'être la propriété de chefs d'Etats parmi les plus pauvres de la planète. « La France peut-elle rester une terre d'asile pour l'argent volé aux Africains ? Cette immunité garantie depuis quarante ans ne peut plus durer », estiment les initiateurs de la plainte, l'avocat William Bourdon, président de l'association Sherpa, groupement de juristes spécialisé dans les affaires économico-financières, et Odile Tobner, présidente de Survie, contemptrice des réseaux de la "Françafrique". Le document vise en particulier les présidents gabonais Omar Bongo et congolais Denis Sassou Nguesso, ainsi que leurs familles, propriétaires, selon la plainte, de nombreux biens immobiliers de luxe. Il y a fort parier que ces « empêcheurs » de profiter en rond n'ont pas amélioré le climat actuel.
DES REMOUS SIGNIFICATIFS
La France aurait tout intérêt à réagir vite contre cette déliquescence de son image en s'appuyant sur la famine qui va gagner tous les pays. Après les populations du Cameroun, du Burkina Faso, d'Haiti ou encore du Sénégal, les Ivoiriens ont à leur tour marqué leur vive désapprobation face à une situation sociale qui ne cesse de se détériorer. Les 31 mars et 1er avril derniers, les rues d'Abidjan ont été le théâtre de manifestations pour dénoncer la cherté de la vie. Plusieurs centaines de personnes réclamaient de la part des autorités des solutions pour juguler l'augmentation exponentielle du prix de nombreuses denrées de première nécessité à l'instar de l'huile de palme (qui est passé de 600FCFA | à 1 000FCFA), de la viande (1 700 FCFA à 2 000FCFA) ainsi que du riz, du lait, du savon, des carburants ... Là encore, la police a brillé par son acharnement à empêcher l'expression de la démocratie et à refuser à des populations affamées la possibilité de jouir d'un droit pourtant constitutionnellement reconnu. Les manifestations furent ainsi durement réprimées. Selon différentes sources, les forces de l'ordre ont fait usage de balles réelles. La situation va devenir intenable dans des régions où les cultures sont vendues pour survivre, certes à une meilleur prix, mais dans lesquelles il faut ensuite... acheter les produits fondamentaux à un tarif plus élevé ce qui annule la progression des revenus quand ça ne l'aggrave pas ! Au-delà des conflits et des catastrophes naturelles, la hausse des prix des denrées alimentaires devient un phénomène mondial à cause de la crise énergétique et la culture des biocarburants. Si chez nous, on souffre, on fulmine; ailleurs on meurt de faim. Pourtant des rapports d'experts estiment que le monde dispose de moyens financiers suffisants pour nourrir toute la planète comme il se doit.
Nombre d'études nous amènent à un constat affligeant : malgré une forte mobilisation pour l'aide au développement des pays pauvres, aucun résultat n'est perceptible à l'échelle internationale. Jusqu'à tout récemment, la plupart des organismes nationaux et/ou internationaux oeuvrant dans le domaine ont agi de manière sectorielle. Pendant que certains s'occupaient de la santé, que d'autres se chargeaient de l'éducation, d'autres encore s'attelaient à appliquer les ajustements structurels que requiert une économie de marché digne de ce nom... Pour couronner le tout, les organisations travaillant dans le même domaine, comme par exemple celui de la sécurité alimentaire, ont longtemps agi sans concertation. Et on a trop longtemps cru qu'en passant serrer la main à leurs dirigeants on règlerai des problèmes de fond. Ils s'aperçoivent eux aussi que les bonnes paroles ne suffisent plus à nourrir les femems, els enfants et les hommes.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 25 avril 2008
C'est désormais une certitude, Nicolas Sarkozy a perdu de sa superbe. Finie la période euphorique des repas au Fouquet's, des vacances sur le yacht, des déplacements en jet privé prêté par les amis qui ne comptent pas, les séjours aux Etats Unis, des bijoux jumeaux, des séparations tumultueuses, des mariages glamour... Il est redevenu un distributeur automatique de fausses promesses ou de réformes désordonnées destinées à tromper les électrices et les électeurs sur une politique globale. En fait il a passé ce temps d'antenne exorbitant à expliquer que ce serait le changement sans la continuité. Il va revoir l'emballage mais le contenu sera absolument le même et surtout les résultats seront identiques pour celles et ceux qui... coûtent. Car toute autre analyse est surfaite ou ressemble à un exercice de commentaire du vide. Il ne s'agit toujours que du même principe libéral appliqué à la gestion d'un Etat : pour se refaire une santé financière on réduit outrancièrement les dépenses de « personnel » et on ne cherche absolument pas à augmenter équitablement les recettes. Cette technique conduit droit dans le mur car elle détruit le fondement même de la croissance : la consommation.
L'espoir secret de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers ressemble à celui des joueurs de casino. Ils parient sur une mauvaise passe leur permettant de diminuer toutes les classes sociales qui peuvent ultérieurement leur être défavorable. Ils auront le temps, le moment venu, de se redonner des couleurs quelques mois avant les échéances électorales. Le grand cinéma de hier soir avait été réglé au plus bas. Comme les plongeurs en apnée qui espèrent toucher le fond et remonter par un coup de talon sur le sol, le Président sait qu'il ne pourra plus aller beaucoup plus bas.
Il a par exemple disserté sur des mesures extrêmement significatives d'un plan organisé mais dont la malignité repose sur justement une mise en cause de statuts réputés trop favorables. Cette technique vise en permanence à relancer une lutte des « classes » d'un nouveau style puisqu'il s'agit d'opposer des « groupes sociaux » en enlevant aux uns pour transférer aux autres. Sommairement on parcellise la société, on l'émiette, on la décristallise de telle manière que il en puisse jamais y avoir d'effet de masse. Nicolas Sarkozy a répondu sur des « bouts » de programme comme un candidat qui navigue à vue sans prendre le risque de mobiliser « globalement » sur une politique anti-sociale. Il sait que la société française n'a plus de repères globaux en raison de la confusion des idéaux ramenés à des programmes réputés pragmatiques. L'essentiel de son show médiatico-modeste ressemblait à une bombe à fragmentation qui n'intéresse personne mais qui semble faire des dégâts limités alors qu'elle finira, au fil du temps, par se révéler cumulativement dévastatrice. En fait sur le plan de la communication le coup a été parfaitement monté. En élargissant le nombre des interviewers il a renforcé cette impression d'absence d'attaque frontale en diversifiant les sujets et les personnes. Or il y avait un fil conducteur durant toute la soirée mais il faut avouer que sa reconstitution ressemble au travail confié à une personne devant recoller les morceaux d'un verre en pyrex explosé au sol. Il faudrait récupérer des bribes, des éclats éparpillés ou examiner un sujet précis pour le décortiquer.
UN EXEMPLE CONCRET
La mise en œuvre du Revenu de solidarité Active (RSA) peut servir de base à l'analyse. L'idée à l'apparence d'une bonne idée avec l'odeur des bons sentiments, la couleur sociale, le goût de la république égalitaire alors qu'elle n'en a aucune des caractéristiques. Le RSA n'aura aucun impact social car tout dépendra des conditions dans lesquelles ce nouveau revenu minimum sera être mis en place. Il faudrait qu'il s'accompagne de toute une politique d'insertion dans le monde du travail alors que l'on sait déjà que Martin Hirsch n'en aura plus les moyens.
De nombreuses études des services de statistiques du ministère du Travail ont prouvé que la majorité des bénéficiaires des minima sociaux ne retrouvaient pas de travail non pas pour des raisons financières, mais pour des problèmes de santé, de logement, de transport ou de garde d'enfants. Si l'on veut vraiment s'attaquer à ces facteurs et lutter contre la pauvreté, ce n'est pas 1 milliard d'euros qu'il faut, mais... La plupart des Rmistes cumulent plusieurs freins au retour sur le marché du travail... Pour tous ceux-là, il faut une politique d'accompagnement, via les contrats aidés par exemple. Or, entre 2007 et 2008, 100.000 ont été supprimés. Et puis je crois qu'il faut reconnaître qu'une partie des Rmistes, peut-être un tiers sur 1 million, n'est pas insérable. Mieux vaudrait l'admettre comme l'a fait le Royaume-Uni et leur donner malgré tout les moyens de vivre. Le reste n'est donc que subterfuges provisoires. Alors pour faire passer la pilule Nicolas Sarkozy invente un contre poison : priver une autre part de la population d'un vantage lui permettant d'améliorer son sort. On va donc dresser deux camps de malheureux l'un contre l'autre.
On compte neuf minima sociaux en France, dont trois qui auraient vocation à être remplacés par le RSA: le RMI, l'allocation parent isolé (API) et l'allocation de solidarité spécifique (ASS). C'est compliqué et ça mérite d'être simplifié mais pas au prix d'une coupe sombre ailleurs, chez des gens réputés moins fragiles.
Mais comme chacun d'entre eux correspond à une situation particulière on se contentera de les fusionner sous un seul nom (RSA), mais sans changer les barèmes particuliers. La seule différence, c'est qu'on pérennisera le principe d'intéressement, qui veut qu'on continue à percevoir son aide sociale un certain temps après avoir retrouvé un travail. Avec le RSA, on la percevra tant qu'on reste en dessous d'un certain seuil de revenu soit selon Nicolas Sarkozy 1,1 ou 1,2 smic.
DEPOUILLER LES AUTRES
On a donc inventé de supprimer une bonne part de la prime pour l'emploi actuelle. Il est vrai qu'elle est pour l'emploi est moins « redistributive », car elle est calculée de façon individuelle. Ainsi, deux smicards peuvent cumuler deux PPE élevées, alors qu'ils ne sont certes pas pauvres, mais modestes. Mais tout de même, est-ce bien cohérent de prendre au smicard pour donner au demi-smicard? Quand on met en place une politique de redistribution, on regarde l'ensemble de la population, pas les plus modestes... mais cette triste réalité est passée strictement inaperçue sur le plateau élyséen. Au PS, Stéphane Le Foll a estimé que « ce sont bien les salariés modestes et au SMIC qui paieront sur leur pouvoir d'achat », le Parti socialiste préconisant une augmentation de 50% de la prime pour l'emploi, créée en 2001 par Lionel Jospin. Pour François Bayrou (MoDem) qui a qualifié ce redéploiement d'injuste et insoutenable, « le RSA est évidemment parfaitement fondé, mais la solidarité ne peut pas être mise à la charge des plus pauvres, sans qu'il soit fait appel en quoi que ce soit aux plus riches ». Même son de cloche du côté des syndicats. François Chérèque (CFDT), s'est dit inquiet de la mesure qui renvoie « une image détestable » aux populations les plus modestes qui « touchent parfois 100 euros par mois de prime pour l'emploi, ce qui leur fait un 13e mois ». De son côté, la CGT déplore que la généralisation du RSA soit financée par « l'amputation de la Prime pour l'emploi aujourd'hui versée à plusieurs milliers de salariés modestes ». Mais dès ce matin ces prises de positions ont été noyées dans la masse et ne donneront pas une once de manifestation populaire car les intéressés ne bougeront pas et couleront en silence. Le résultat est clair : on détruit une mesure de la Gauche, on verrouille une « réforme » de la Droite et on y ajoute toujours cette volonté d'opposer des fractions du peuple ! Ce sujet pourtant très précis et très concret apporte la preuve de cette méthode dont Lionel Jospin se demandait sir elle n'était pas « volontairement confuse ».
DES ERREURS VOLONTAIRES
Nicolas Sarkozy a t-il fait une bourde ou un «amalgame» volontaire entre régularisation et naturalisation des sans-papiers ? Le doute est permis quand on sait que cette simple « confusion » permet, une fois encore de dresser une partie de la France contre l'autre partie. « On ne devient pas français uniquement parce qu'on a un travail dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il », a t-il déclaré, dans une probable allusion au Café de la Jatte de Neuilly, établissement dont il était un habitué. Le problème est que la question d'Yves Calvi ne portait pas sur une naturalisation (devenir français) mais sur une régularisation (obtenir un titre de séjour), deux notions différentes. Yves Calvi pose ses trois questions sur les sans-papiers : à chaque fois, Nicolas Sarkozy répond en évoquant des naturalisations. Difficile de penser qu'il ait pu à trois reprises se tromper de sens sur les mots utilisés.
Un Président de la République qui confond naturalisation et carte de séjour ou ne fait pas de différences entre le Gaz et le fioul est non seulement extrêmement inquiétant, mais donne à voir d'un grave manque de sérieux et de compétences. Mais nul ne s'en est véritablement ému dans son propre camp.
Certes, il n'est pas exempt non plus de quelques contradictions. Nicolas Sarkozy prétend ainsi s'incliner devant l'hostilité des élus UMP au droit de vote des étrangers non-européens, mesure qu'il défend à titre personnel, mais pour laquelle il n'aurait "pas de majorité" à l'Assemblée nationale. En revanche, sur les OGM, il n'a pas hésité à confirmer qu'il avait bien su imposer sa volonté aux parlementaires. Comme quoi...
Il a en fait effectué une véritable pédagogie de la mondialisation qui lui permet simplement d'excuser ses errances économiques actuelles. Il menace de tous les maux de la terre les gens qui ne partageraient pas ses convictions même si elles sont en contradiction totale avec ses promesses. Il se contredit sans cesse en maintenant sa politique dans un monde qu'il ne cesse de répéter non conforme à ce qu'il a prévu. Il ne pourra pas augmenter le pouvoir d'achat des Français. Dont acte ! Il ne pourra pas améliorer les services à la population. Dont acte. Il ne pourra pas améliorer les finances publiques. Dont acte. Il va simplement entreprendre un voyage à Lourdes afin de solliciter un miracle en matière de relance économique. Aucune des réformes annoncées ne changera réellement la donne mais en partant de l'axiome qu'il n'y a pas d'autre voie, selon lui, on file droit vers le précipice.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 23 avril 2008
J'ai parmi mes souvenirs du monde du journalisme, deux anecdotes amusantes qui illustrent où peuvent mener la quête du « scoop ». Un soir alors que je travaillais au service des sports de Sud Ouest pour la nuit, j'ai vu arriver un éminent professionnel du service général qui souhaitait disposer d'une photo d'Ivan Lendl, ex-joueur de tennis alors au faite de sa gloire. Il m'annonça que le Tchèque allait, selon des sources sûres, épouser une jeune fille, employée d'un restaurant du Périgord. Bien évidemment la rédaction était en émoi car elle allait constituer l'une de ses exclusivités dont raffolent les rédacteurs en chef. Le numéro un du tennis mondial épousant une serveuse française constituait l'info secrète du jour. Pas question de la divulguer. En apprenant cette info présentée comme exceptionnel, le chef du service, incrédule laissa tomber une sentence courte mais sans concessions : « et vous allez publié cette connerie ? ». Devant l'insistance du visiteur motivé je finis par dénicher un cliché de Lendl souriant (un exploit) dans l'enveloppe où nous stockions les archives de l'AFP sur papier car le système informatique n'existait pas encore. Les sources étaient sûres et le journal allait augmenter son tirage en Dordogne pour vendre son scoop... Le seul qui ne voulut jamais y croire fut Michel Picotin qui insulta copieusement le porteur du scoop se refusant à l'avaler comme une véritable révélation.
SUD OUEST titra donc sur le mariage du siècle... pour s'apercevoir le lendemain matin qu'il s'agissait d'une vaste fumisterie montée par un propriétaire de restaurant en al de publicité et ayant déjà berné son monde médiatique en annonçant qu'il avait été appelé à la maison blanche pour cuisiner en faveur du président des Etats-Unis. Il avait réussi son coup car personne n'avait véritablement vérifié la véracité de ce scoop people se contentant des affirmations de l'équipe des lieux préparant les noces et la chambre pour les mariés. La « promise » était complice et le restaurateur avait simplement habilement monté le coup. On balbutia des excuses mais on s'arrangea pour laisser planer un doute durant 48 heures en amorçant un virage salvateur. Le propre du journaliste étant de détenir la vérité (partiellement ou totalement) on s'excusa de la pointe du stylo et on passa à autre chose. Je n'ai plus de repères plus précis sur ce scoop manqué car j'en ai oublié la date mais j'ai été toujours frappé de la facilité avec laquelle on peut berner un système se prétendant forcément irréprochable !
Lundi à 19h00, la station de radio Europe 1 a annoncé en ouverture de son journal le décès de l'animateur... Pascal Sevran. Peu après, Laurent Ruquier confirmait l'information en direct sur France 2, dans son émission "On n'a pas tout dit", et rendait hommage à l'animateur. Jean-Marc Morandini reprenait également la nouvelle en direct dans son émission sur Direct 8. Il a fallu attendre le communiqué de France Télévisions, affirmant que l'animateur de la "Chance aux chansons" pendant 16 ans se reposait en famille, selon « une source très proche et très sûre » pour savoir que Pascal Sevran était bel et bien vivant.
ALLEZ-Y A FOND
Interrogé par nouvelobs.com, la direction de la rédaction d'Europe 1 n'a pas souhaité faire de commentaires et a renvoyé au communiqué sur le site de la station. Le texte indique que « depuis le milieu de l'après-midi, Europe 1 avait de sources concordantes journalistiques généralement sûres et fiables, des informations sur la disparition de Pascal Sevran. A plusieurs reprises, Europe 1 a tenté de joindre la famille de Pascal Sevran sans y parvenir. Jusqu'ici Europe 1 n'avait pas de raison de douter de ces sources et regrette sincèrement que ces propos aient pu affecter Pascal Sevran, ses proches et ses auditeurs. Encore une fois la superficialité l'avait emporté sur le professionnalisme ! C'est tous les jours ainsi avec un bémol plus ou moins prononcé.
Un membre du SNJ d'Europe 1, interviewé hier revient en détails sur le déroulement de l'annonce par la station de radio et explique que Jean-Pierre Elkabbach lui-même aurait donné l'ordre d'annoncer cette information. Lundi à 19h 00, la station de radio Europe 1 a annoncé en ouverture de son journal le décès de l'animateur de la "Chance aux chansons". Le journaliste explique que « la rumeur a commencé à monter un peu après 18h. (...) A 18h56, on se demandait encore ce qu'il fallait faire lorsque le patron nous a dit : c'est confirmé, allez-y à fond ». Combien de fois ai-je entendu ce principe voulant qu'il faille aller très vite pour faire avaler le
Le journaliste raconte également l'ambiance mardi matin à la rédaction de la station. « Il y a eu une réunion de quinze minutes ce matin -ce qui est très long ici- avec Jean-Pierre Elkabbach. Le patron nous a dit: 'J'assume personnellement une erreur collective.'" Et de poursuivre : « Nous sommes offusqués qu'il ait utilisé ce mot 'collective'. C'est lui qui nous a donné l'ordre. Depuis, il y a un grand malaise dans la rédaction». Selon ce journaliste, « pour la Société Des Rédacteurs, cela pose la question du crédit du patron ». Ce qui est effarant c'est qu'une rédaction s'aperçoive avec candeur que Jean-Pierre Elkabbach ne soit pas très fiable et honnête dans ses choix professionnels. Je n'en reviens pas encore car c'est véritablement découvrir la mentalité d'un homme qui aura été durant toute sa carrière un exemple... de ce qu'il ne faut pas faire ! Joint par Libération, Elkabbach a fait dire qu' «il ne s'exprimerait pas ». Il y a à peine un mois, il annonçait la création d'un groupe de travail chargé, à Europe 1, de réfléchir sur «les sources, la vérification de l'information, la crédibilité des sites Internet, des blogs, les rumeurs, les frontières entre la vie publique et la vie privée». Il reste donc encore beaucoup de réunions à tenir pour redresser le tir d'une année terrible pour la crédibilité de la radio qu'il dirige !
UNE ETHIQUE EN TOC !
Troublé par la montée en puissance d'Internet qui serait le démon de la terre journalistique, Jean-Pierre Elkabbach a décidé de créer à Europe 1 un comité d'éthique. A croire qu'avant sa révélation, le journalisme était immaculé (voir ci-dessus) et qu'il témoigne d'une rigueur absolue dans ses effets d'annonce continuellement renouvelés pour tenter de « capturer » le maximum d'auditoire. Journaliste, éditorialiste et intervieweur rendu célèbre par Georges Marchais depuis plus de 40 ans, il aura fallu attendre... qu' Internet se développe pour que Jean-Pierre Elkabbach se pose des questions sur la pratique journalistique. Si le « patron » véritablement à poigne d'Europe 1 énonce avec pertinence les problèmes qu' Internet « pose à notre métier » : immédiateté, dictature de l'émotion, peopolisation, absolutisme dévastateur de la rumeur, il s'emballe en les qualifiant « d'inédits » et donc de forcément de peu fiables . Car les nouvelles technologies n'ont fait qu'accélérer un mouvement qui les précédait et auquel aucun type de média n'échappait véritablement. Une « information » diffusée via le net n'est par nature ni plus fausse, ni plus authentique qu'une autre et ce n'est pas l'annonce de lundi soir qui va prouver le contraire. C'est la masse de ces informations diffusées sur la toile qui oblige à un tri plus attentif ! Leur approximation est souvent évidente car il faut pouvoir accéder aux sources sans passer par le filtre des agences ou des « reporters » mais le taux d'erreurs n'est pas proportionnellement supérieur à celui des « professionnels » immaculés !
L'ancien président de France Télévisions s'en prend particulièrement à des sites, expliquant qu'Europe 1 s'est laissé abuser par le site sur la question des « touristes fiscaux au Liechtenstein » qui mettait notamment en cause David Douillet. « Ce dernier nous a appelés pour exprimer son indignation » expliquait il y a quelque temps le roublard Elkabbach. « Nous l'avons invité pour se défendre dans le magazine de Guillaume Durand. Si nous avions pris le temps de vérifier cette information, nous n'aurions pas été dans ce cas de figure ». Certes, mais il est peu d'exemples de personnalités -et encore moins de notables- venant spontanément reconnaître leurs fautes. Pour Elkabbach, une indignation sur Europe 1 vaut donc un blanchiment plus blanc que blanc. Pas de contre-enquête. Pas de vérification complémentaire. Pas de demande de preuves. Un seul revirement people tu le doute. A Europe N° 1 comme ailleurs on ne doute de rien !
UN PARCOURS REVELATEUR
Il faudrait rafraîchir la mémoire à Jean-Pierre Elkabbach, grand prêtre de la chaîne « Public Sénat » dont il profite des ors et des fastes de la bibliothèque et lui rappeler l'éviction d'Alain Genestar de Paris Match après la publication de photos de Cécilia Sarkozy et Richard Attias, le passage à la trappe du papier du Journal du Dimanche révélant que Cécilia n'était pas allée voter lors du second tour de l'élection présidentielle, l'information du Canard Enchaîné qui affirmait en 2006 que le patron d'Europe 1 avait demandé conseil au candidat Sarkozy pour le recrutement d'un journaliste chargé de suivre l'UMP ou plus simplement la « ligne » politique de la station durant al dernière campagne des présidentielles ? Sans parler de diverses bricoles, comme l'invitation dans son émission sur « Public Sénat », dont il est directeur, de Pierre Leroy, secrétaire général du... groupe Lagardère pour présenter sa collection de livres. Et puis, est-il bienvenu, le soir même de la mort de Thierry Gilardi d'annoncer comme le rapporte L'Express qu'il « avait envisagé de le faire venir pour diriger le service des sports et la radio Europe 1 Sport qu'on va lancer dans les semaines qui viennent, mais il ne le savait pas ». Pas mal comme utilisation du professionnalisme d'un mort... Décidément cet homme là est véritablement un tueur et il vaut mieux ne pas qu'il connaisse votre bulletin de santé.
On pourrait accumuler les actes tordant le cou à l'éthique mais ce ne serait pas très charitable vis à vis des « bâtisseurs » d'une opinion dominante dévastatrice pour les consciences fragiles. Le redoutable comité d'éthique que présidera Benoît Duquesne, directeur de la rédaction d'Europe 1 a déjà une feuille de route extrêmement ambitieuse : « L'enjeu est de ne plus se laisser détourner par les querelles de caniveau ou les vrais-faux scoops, des sujets importants comme le Darfour, la mondialisation, l'agroalimentaire, l'espace, les droits de l'homme, le Tibet...». Ce qu'oublient de faire dans les tranches d'audience les plus rentables les journalistes en charge des émissions phares. Mais Jean-Pierre Elkabbach, soucieux tout à coup des questions d'éthique, est aussi un patron de médias très préoccupé par ses chiffres d'audience. impossible de s'en passer. C'est une drogue quotidienne. Il se shoote à l'audimat ou au classement des radios. Pour le reste on peut simplement annoncer la mort de l'éthique.
Au fait lundi L'AUTRE QUOTIDIEN a enregistré son 300° abonné... Merci à ceux qui croient en autre chose ! N'en déplaise à Elkhabach, internet peut aussi jouer un rôle salutaire!
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 22 avril 2008
Ils seraient aujourd'hui 530, selon le décompte de l'association "Droits Devant !" et de la CGT. Originaires de l'Afrique de l'Ouest pour la plupart, travaillant - parfois depuis plusieurs années - en France, et désormais en grève pour réclamer leur régularisation. C'est un événement : uns sorte de révolte des soutiers, de ceux qui majoritairement triment dans la « cale » à l'abri des regards indiscrets ou qui au vu et au su de tout le monde apportent à des touristes étrangers ravis un café et des croissants. Ils sortent de l'ombre dans laquelle personne ne veut réellement les sortir car dans le fond l'obscurité leur va très bien.
Le mouvement, qui a débuté la semaine dernière dans le secteur de la restauration parisienne, fait tache d'huile. Aujourd'hui, des salariés d'entreprises de la sécurité, du BTP, du nettoyage, ont eux aussi tombé le masque. C'est une nouveauté car jusqu'alors ils avaient peur de la lumière du jour. Ils vivaient « officiellement » dans la clandestinité. On sait fort bien que les secteurs touchés par cette grève sont ceux qui souffrent d'une pénurie flagrante de main d'œuvre. Certaines organisations patronales ont donc décidé de soutenir le mouvement de grève des salariés ce qui constitue une preuve éclatante de la situation absurde dans laquelle on se trouve. Voici des employé(e)s dont on ne sait pas se passer mais que l'on fait semblant de ne pas admettre sur notre territoire.
l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, estime par exemple que la France devrait procéder à au moins 100.000 régularisations : « si on ne les régularise pas, il faut les licencier, donc dans Paris des tas de restaurants seront totalement désorganisés, on va tuer une partie du tourisme », a prévenu le président de l'UMIH André Daguin, grande gueule gasconne de droite ! « Les gens qui travaillent chez nous, qui sont déclarés par leur patron, qui paient leurs impôts, leurs cotisations à la sécurité sociale (...) Ceux qui donnent satisfaction dans leur boulot, qui n'ont jamais agressé qui que ce soit, ceux qui mènent une vie normale il faut les régulariser », a-t-il lancé sans grand espoir d'être entendu par Brice Hortefeux et un Nicioals Sarkozy pris au piège de leur logique.
Et l'UMIH n'est pas la seule organisation à soutenir le mouvement : le Parti Communiste, la Ligue Ouvrière, les Verts, la Ligue des Droits de l'Homme, SOS racisme ou encore la secrétaire d'État à la Ville Fadela Amara se sont prononcés pour une régularisation des travailleurs. Cette dernière va courir les risque de déplaire à son Ministre de tutelle qui sûrement est très loin de partager cette volonté « humanitaire ». Ses collègues Bernard Kouchner ou Rama Yade sont muets comme des carpes. Il faudrait probablement les réveiller car ils sont anesthésiés par la ligne de l'immigration choisie !
La CGT et l'association Droits devant ! demandent une négociation avec le ministère du Travail pour des régularisations dans 150 métiers manquant de main d'oeuvre, principalement la restauration et le bâtiment, comme le prévoit une circulaire depuis janvier dernier mais qui n'est que rarement appliquée. La Ligue des droits de l'Homme, la FSU, l'Unef et l'association France Terre d'asile se sont jointes à ces revendications et ont appelé à participer à un meeting mercredi soir à la Bourse du travail, à Paris. Sans « ouvrir la porte à une régularisation générale », le Parti socialiste a souhaité « un retour à une politique qui s'appuie sur des critères clairs et objectifs » pour une régularisation. « Le contrat de travail doit trouver une place prépondérante » dans ces critères, a déclaré le député européen Stéphane Le Foll lors du point de presse hebdomadaire.
REDEVENIR CLANDESTINS
Depuis le 1er juillet 2007, les employeurs doivent vérifier auprès des préfets l'authenticité des papiers des travailleurs étrangers. Selon le ministre du Travail, Xavier Bertrand, « les préfets ont un rôle clé à jouer, un rôle de régularisation au cas par cas en faisant du sur-mesure ». Les mêmes qui doivent faire du chiffre pour les reconduites à la frontière vont désormais faire dans l'humanitaire « économique » c'est à dire qu'ils vont baser leurs décisions sur l'utilité de l'étranger pour l'enrichissement du pays par son travail. On en arrive à une nouvelle donne en matière d'immigration : seul le « rentable » a sa place sur notre sol ! Les femmes, les enfants devront quitter le navire France d'abord.
La Ligue des droits de l'Homme demande comme à l'habitude avec courage et détermination « que l'on ne renvoie pas dans la clandestinité des milliers de personnes qui ont osé venir en pleine lumière pour revendiquer leur juste place dans notre société ». Justement le pays des Lumières préfèrent la dissimulation à la franchise de ses actes ! Elle demande « qu'aucune solution de force ne vienne consacrer la ségrégation et l'injustice sociale. »
France Terre d'asile s'élève de son côté contre la « ligne dure » du gouvernement et interpelle le Parti socialiste qui doit contribuer à « un puissant élan de solidarité ». L'association prône la mise en place d'une « commission des sages » venant de divers horizons pour s'occuper de la question des travailleurs sans papiers. « Ils ne constituent pas une charge. La preuve, ils veulent participer à l'effort national en cotisant ». Et en ce moment on peut se demander, face au trou béant de la sécurité sociale et au déficit prévu des régimes des retraites s'il ne vaut pas mieux des « cotisants » régularisés que des « sans papiers » non cotisants car employés au « noir » car ils sont au moins aussi nombreux que ceux qui sont en grève.
« PATRONS VOYOUS ! » CLAME LE FN
Le Front national a bien entendu fait dans la nuance afin d'éviter que le sarkozysme lui vole sa clientèle puisque ces salariés « sont en infraction et doivent être expulsés ». Le parti d'extrême-droite a appelé par ailleurs à des sévères sanctions contre les « patrons voyous » qui ont embauché des salariés sans-papiers.
Ces patrons embauchent, selon le FN, des sans-papiers « non parce qu'ils ne trouvent pas de travailleurs français, mais parce qu'ils veulent une main d'oeuvre taillable et corvéable et peser sur les salaires », a dénoncé dans un communiqué Wallerand de Saint-Just, vice-président du FN. Il a été inspiré par le Saint Esprit car il découvre que la précarité est encore plus terrible pour une personne qu'un patron a embauché en connaissance de cause et bizarrement il semble leur donner raison en demandant que « le gouvernement avait dit qu'il s'attaquerait aux filières d'immigration illégales, aux marchands de sommeil et aux patrons-voyous, qu'il le fasse ». On croirait une diatribe de la LCR ou de LO ! Il aurait pu ajouter que les « sans papiers » ne sont pas trop regardant sur les horaires hebdomadaires de travail , sur les règles de sécurité, sur les tickets restaurants, sur les frais de déplacements... Ils sont, en plus, très souvent révocables à volonté ! Le gouvernement, lui-même, estime qu'il y a entre 200 000 et 300 000 sans papiers en France, les associations parlent même de 400 000. La très grande majorité travaille. Ils occupent une place importante dans l'économie française : les Français ne veulent pas faire les emplois qu'ils occupent, en tout cas pas à ce prix et comme les employeurs ne veulent pas augmenter les salaires, chacun y trouvent son compte. C'est ceci la réalité ! Le reste n'est que larmes de crocodile ! D'autant que ces travailleurs ont dû apprendre hier que leur participation à la vie collective d'une France qui ne veut pas d'eux est plus que jamais indispensable !
DES COTISANTS GENEREUX
Le déficit du régime général de la Sécurité sociale en 2007 a atteint 9,5 milliards d'euros, contre un déficit de 8,7 milliards en 2006, a indiqué hier la Commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS). En septembre, avant l'annonce des mesures correctrices du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la prévision de déficit pour 2007 s'établissait à 11,7 milliards d'euros. Donc on en déduira que la catastrophe est moins prononcée que prévue. « Cette dégradation des comptes du régime général cache des évolutions contrastées selon les branches : les branches maladie et famille sont en amélioration par rapport à 2006, tandis que les déficits des branches accidents du travail et maladies professionnelles (tiens donc si on parlait amiante, cancers, prévention...) et surtout vieillesse se creusent », précise la CCSS.
La branche maladie enregistre « une nette amélioration », avec un déficit à 4,6 milliards d'euros, contre 5,9 milliards en 2006. La branche famille est elle excédentaire pour la première fois depuis 2003, avec un solde à +0,2 milliard d'euros. La branche vieillesse enregistre elle un déficit à 4,6 milliards d'euros (contre -1,9 milliard en 2006), au même niveau que celui de la branche maladie. Mais que font les « sans papiers » qui travaillent pour nous apporter les subsides qui nous manquent ?
En effet la plupart d'entre eux ont des feuilles de paye, déclarent leurs impôts et versent des cotisations aux caisses d'assurance maladie, retraite, Assedic dont ils ne profiteront jamais. La majorité d'entre eux travaille pour des patrons qui savent pertinemment qu'ils sont sans papiers et qui peuvent ainsi les exploiter sans vergogne. Mais c'est plus joli pour les contes de fées de déclarer que ce sont les immigrés qui coûtent cher à notre pays.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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