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Dimanche 4 mai 2008
Une analyse des derniers scrutins électoraux permet à tout militant de constater que les valeurs fortes de la politique ont été éludées au profit d'une personnalisation des scrutins. Depuis les présidentielles on le savait mais ce que peu de gens avaient imaginé c'est que cette « pipolisation » de la vie publique allait descendre dans les moindres villages. En effet, en se penchant objectivement sur les résultats des municipales et des cantonales on remarque que le « collectif » et le « programme » se sont massivement estompés devant « la personnalité » et « l'image ». Inutile d'aller très loin pour le constater : il a peu eu de purs choix politiques mais soit un satisfecit délivré à une « tête de liste » ou une « personne » ou un désaveu « particulier » pour une autre. Peu importe qu'un conseil municipal ait bien ou mal travaillé au service de l'intérêt général, on a jugé la valeur de sa « tête » porteuse.
L'intensité de sa présence quotidienne, sa qualité d'écoute, son implication dans la vie locale ont été les critères sur lesquels se sont prononcés les électrices et électeurs au niveau des plus petites comme des plus grosses cités. Ils n'ont même pas cherché le contenu « politique » d'une liste mais il ont transformé les scrutins an Star Ac' atténuée mais réelle de la démocratie. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient conduit le pays à se prononcer sur des images, des symboles, des apparences. Le PS souffre actuellement de ne pas avoir de leader charismatique qui dégage une force tranquille valorisante. Personne n'impose son image et donc les idées ne passent pas et ne franchisent pas la barrière médiatique. Un homme d'Etat comme Laurent Fabius, parfaitement capable de diriger un pays et de trouver des solutions dans une situation de crise nationale et surtout internationale, est l'illustration parfaite de cette dérive du système démocratique : son image subie ne lui permet pas d'être audible dans le grand public. Il sait, comme Alain Juppé dans l'autre camp, que seul le temps avec beaucoup de travail peut permettre d'atténuer l'impact des apparences.
S'il avait fallu une preuve formelle de ce phénomène inquiétant pour les contenus politiques on la eu avec le débat sur la participation d'Olivier Besancenot à « Vivement Dimanche ». Qui aurait imaginé il y a 40 ans après mai 68 que le représentant emblématique de l'extrême gauche accepterait un jour de s'installer sur le canapé, certes rouge, mais tellement bien pensant du Roi de l'audimat dominical Michel Drucker ? Le champion de la lutte des classes face au faiseur de guimauve pour ménagères de plus de 50 ans ! L'ex candidat de la LCR à la présidentielle Olivier Besancenot a été obligé de défendre sa participation à l'émission , expliquant vouloir « plaider des causes » en profitant d'une « tribune permettant de s'adresser à des millions de personnes ». Une reconnaissance explicité de la mort du « politique » étouffé par un médiatique véritablement tout puissant. Besancenot, lui-même, admet de fait que le poids de l'image est infiniment supérieur, en raison de la carence totale d'éducation civique d'une population ne reconnaissant plus la valeur des idées et des principes mis en oeuvre.
Christian Picquet, chef de file de la tendance minoritaire de la LCR, avait d'ailleurs dénoncé la participation de « son » leader, estimant que « ce type d'émission ne contribue pas à la différence d'idées, mais au contraire dépolitise l'espace public ». On ne peut être qu'idéologiquement d'accord avec lui mais réalistement d'accord avec Besancenot... quand on voit la déliquescence du débat actuel.
UNE EMISSION POLITIQUE
« Je n'y vais pas en traînant les pieds. C'est l'occasion de plaider des causes au-delà du nouveau parti anticapitaliste » qui doit remplacer en fin d'année la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a déclaré Olivier Besancenot sur RMC-BFM. Il a estimé que ce genre d'émission constituait « autant de tribunes qui nous permettent de s'adresser à des millions de personnes ». C'est certes exact mais c'est aussi désolant d'effectuer ce constat. Il affirme qu'en fait il n'y a plus dans la société actuelle d'autre alternative pour convaincre que celle du médiatique ... non politique ! Impossible de le démentir car les faits le démontrent amplement : pour exister il faut avoir une image, même en trompe l'œil, mais une image !
« Je ne me suis pas engagé en politique avec l'espoir un jour que je passe à la télé pour parler de moi. Mais si j'ai accepté d'être porte-parole d'une organisation, d'assumer une représentation médiatique, c'est pour aller y défendre des causes », a ajouté le facteur qui sait que ce n'est pas dans sa tournée qu'il améliorera son potentiel politique.
« Qu'on se fasse un avis en regardant l'émission. Et puis s'il y a une gauche modèle que ça gonfle à tout prix, y'a même une solution vachement plus simple, c'est d'éteindre son téléviseur », a-t-il lancé avec une évidente mauvaise foi car il sait bien que ce n'est pas à ce public là qu'il veut s'adresser et que donc de toutes les manières son passage sur le canapé druckérien ne changera rien à leurs convictions. Mais Olivier Besancenot n'en a cure. L'ancien candidat à la présidentielle de 2007 a posé ses conditions à l'animateur pour l'enregistrement qui se déroulera le 7 mai : ni femme ni enfant en plateau, rien qui soit lié à sa vie privée; mais des travailleurs, immigrés ou non, et des chômeurs avec lui en plateau pour l'émission.
Emu, Michel Drucker a confié à Alain Krivine : « Ça va être l'émission la plus politique que j'aurais faite de ma vie.» En fait l'animateur vedette affirme qu'il s'agit bien d'un moment de divertissement qui devient une référence politique affichée. « Il a raison de ne pas négliger trois ou quatre millions de téléspectateurs. On n'est pas si souvent invité à la télévision pour ne pas y aller quand ça se présente » a vite répondu Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), citée par le Figaro. Alors tout va pour le mieux dans la meilleure extrême gauche donneuse de leçons du monde. Il est certain que Drucker aurait rêvé d'avoir assis à sa... gauche Che Guevara ou Léon Trotsky. Quel scoop !
QUARANTE ANS PLUS TARD
C'est Jospin qui va l'avaler de travers lui qui par déontologie croyait-il avait refusé de se rendre chez le « camarade » cycliste du bois de Boulogne. Il va donc retrouver la LCR qui lui a fait tant de mal aux présidentielles de 2002chez Drucker, le jour du Seigneur ! Quarante ans après Mai-68, une sorte de pavé d'audimat dans la mare des hommages pesants et pompeux de la pseudo-révolution qui a agité le quartier Latin et les jeunes filles latines et permis à de futurs bobos de s'essayer à l'anarchie. Je suis d'autant plus à l'aise qu'il y a quatre décennies j'en étais... et je n'aurais jamais imaginé finir maire de la ville où j'avais vécu et de devenir conseiller général. Heureusement que je ne suis resté anar que durant un bon mois car j'aurais bien du mal à me glisser dans les costumes que m'a confié le suffrage universel.
Olivier Besancenot, fer de lance acéré de la LCR, chère à Alain Krivine dénonciateur zélé des renoncements de la gauche traditionnelle, mais moins à Arlette Laguiller, déjà passée chez Drucker, car elle au moins avait l'âge des hommages de départ vers la retraite va se retrouver prisonnier du culte de la « personnalité » télévisuelle. Jusqu'ici, le postier, fan de NTM et pourfendeur d'une mondialisation trop ultralibérale à son goût, intransigeant aboyeur très accroché aux mollets des socialistes accusés d'être des pourvoyeurs d'eau tiède médiatique, à l'occasion, apparaissait régulièrement comme le dernier représentant présentable de ce qu'on persiste encore à qualifier de « gauche de la gauche ». Jusqu'ici. Parce que désormais, donc, et à partir du 11 mai prochain, date de son dépucelage druckerien, le camarade Besancenot aura posé ses fesses, comme les autres, comme les Royal, les Bayrou, les Lang, les Sarkozy, les DSK, les Hollande cédé aux sirènes de la renommée télévisuelle.
Une journée chez « Mimi Drucker », terrible résistant aux idées dominantes, avec Coffe à la fin, Canteloup ou Roumanoff, et puis des amis, et puis des chansons. Libé nous annonce du lourd : un Jean Ferrat par-ci, un Aznavour par-là, et même un gentil mot du nouveau kaiser bavarois Franck Ribéry. De quoi réchauffer les jambes lourdes et les articulations douteuses de toutes les ménagères de plus de 60 ans qui se rappelleront avoir battu le pavé. Elle constateront que de leur temps, un révolutionnaire, c'était autre chose quand même. J'espère qu'elles se souviendront de slogans qu'elles lançaient dans les rues sur une ORTF qui portait la parole bénie du pouvoir en place. On devrait d'ailleurs trouver des déclarations de « papa » Krivine dans les archives de l'INA à ce sujet.
LE POUR ET LE CONTRE
En fait Besancenot a raison d'aller chez Drucker. Et ce n'est pas moi qui l'empêcherait de le faire. Je le regrette profondément mais c'est une nécessité actuelle des carrières politiques. Désolé mais je l'admets et je le comprends. Ce qui est inquiétant c'est que la vie politique en soit réduite à ce genre de dérive et je conçois aisément que le facteur de la LCR tournant et retournant les arguments dans sa tête n'ait pas eu d'autre choix que celui d'accepter une proposition aussi alléchante. Il a effectué un constat : le militantisme politique ne suffit plus, il faut personnaliser à outrance celles et ceux qui l'illustre. Je le constate. Je le regrette. J'ai du mal à l'admettre mais ce n'est pas moi qui ait côtoyé durant 20 ans le monde médiatique et qui souvent en exploite les faiblesses qui nierait la réalité de cette évolution. Je ne peux pas m'empêcher de le regretter mais encore plus que Besancenot je n'ai la possibilité de l'éluder.
N'empêche que le leader de la LCR prend un risque très fort car aujourd'hui, l'image des hommes politiques est fabriquée par la télévision elle-même, qui n'est plus seulement un moyen, mais est devenue une fin en soi : les émissions de variétés à forte audience, comme celles de Michel Drucker, Marc-Olivier Fogiel ou Thierry Ardisson, sont considérées comme des passages obligés pour qui veut toucher un plus large électorat. Comparer les discours des communicants et des politiques sur les conséquences de cette surmédiatisation : d'un côté, son efficacité est mise en avant (Jacques Séguéla explique la défaite de Lionel Jospin en 2002 par son refus de participer à l'émission de Michel Drucker) ; de l'autre, on en souligne les dangers (uniformisation des discours et des apparences, décrédibilisation des hommes politiques). Il tombe dans le pot commun. Il s'inscrit sur la liste des « consentants »et sort de celle des « résistants ». Pour un révolutionnaire donneur permanent de leçons au sociaux-démocrates compromis c'est un handicap.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 3 mai 2008
La Chine reste, dans le fond, un pays fragile si l'on se fie à sa situation depuis plusieurs semaines. C'est assez paradoxal quand on connaît la place que l'on attribue à cette force colossale qui pèse désormais sur l'économie mondiale mais qui ne peut pas traverser sans dommages le vent mauvais de l'opinion internationale. En fait l'attribution des JO à Pékin va seulement mettre en lumière tous les défauts jusque là « discrets » d'un état qui peine à s'inscrire dans un processus démocratique et social à l'occidentale. Il aura suffi qu'un chef religieux élève très légèrement le ton pour que la situation du Tibet fasse effondrer le processus de respectabilité qu'avaient imaginé les dirigeants chinois. Ils leur faut rester zen s'ils veulent effacer ce que l'on pense souvent être une phénomène récent alors qu'il a un demi siècle d'existence !
La question du Tibet est en effet l'un des principaux conflits politique et territorial que connaisse la Chine, qui revendique comme sien depuis le 13e siècle ce royaume théocratique bouddhiste de 1,2 million de km2, et d'environ 2,7 millions d'habitants. Elle occupé militairement ce territoire himalayen en octobre 1950, un an après la proclamation de la République populaire par Mao Zedong. En mai 1951, un accord Lhassa-Pékin est signé, scellant le « retour dans la mère-patrie » chinoise du royaume, avec l'aval du quatorzième dalaï-lama, chef spirituel et spirituel des Tibétains. Ce n'est que le début d'un conflit qui ne va jamais cesser.
Après quelques années de fragile cohabitation et des violences sporadiques, un soulèvement a lieu, en mars 1959 contre « l'occupation » et la « socialisation forcée ». C'est le premier d'une longue série qui génère, comme les suivants une répression faisant plusieurs dizaines de milliers de morts. Dès lors, le dalaï-lama, qui estime avoir dû accepter l'accord de 1951 sous la contrainte, quitte le pays et fonde un gouvernement en exil dans le nord de l'Inde, à Dharamsala, prônant la non-violence, mais ne renonçant jamais au rétablissement des droits politiques et culturels de ses compatriotes. En fait ce départ va transformer le conflit « local » en événement planétaire compte tenu du fait que le chef religieux devint une « vedette » internationale.
VEDETTE INTERNATIONALE
Invité dans le monde entier, en particulier dans les pays occidentaux, au grand dam des autorités chinoises, le dalaï-lama s'insurge contre la mainmise grandissante des autorités chinoises dans son pays, les déplacements de population au profit des Han - ethnie majoritaire de Chine - et la destruction d'édifices culturels et religieux.
L'attribution à cet homme, vedette des médias internationaux, du prix Nobel de la Paix, en octobre 1989, six mois après un soulèvement fortement réprimé au Tibet, est ressenti comme un camouflet par Pékin.
Le territoire s'est vu accorder une autonomie partielle en 1965, juste avant que la Révolution culturelle (1966-1976) ne le frappe de plein fouet, avec la destruction de plusieurs milliers de monastères, de textes sacrés et des arrestations de religieux. Des ébauches de dialogue se font jour entre 1979 et 1987, Pékin se disant prêt à oublier la « trahison » du dalaï-lama et à accepter son retour, mais sans exercer de responsabilité, et, surtout, résidant à Pékin, non à Lhassa. Le dalaï-lama refuse.
Toutefois, en juin 1988, concession majeure, il renonce à l'idée d'indépendance du Tibet, et préconise un pouvoir réellement autonome. En 1997, le président chinois Jiang Zemin, propose un dialogue nouveau si le dalaï-lama admet officiellement que le Tibet est « une partie inaliénable de la Chine ». Le chef religieux refuse, et accuse Pékin de « génocide culturel ». Selon ses chiffres, il y a à Lhassa 200.000 Chinois et seulement 100.000 Tibétains... et ce déséquilibre culturel pèse dans le conflit actuel.
Pour tenter de gagner du temps une nouvelle proposition de dialogue a été envoyée au Dalaï-lama. En utilisant l'art chinois de faire traîner les choses, on peut espérer à Pékin sauver les apparences. Et c'est peut-être là l'essentiel car c'est moins simple qu'il n'y paraît. Deux émissaires du Dalaï lama seront pourtant aujourd'hui en Chine pour des entretiens informels sur le Tibet, à trois mois des jeux Olympiques et après sept semaines de crise internationale au cours desquelles le chef des Tibétains en exil s'est montré conciliant avec Pékin.
UN PROCESSUS ANCIEN
En fait ce n'est pas une grande nouveauté puisque ce voyage, annoncé par le gouvernement tibétain réfugié en Inde, constituera la première rencontre rendue publique entre des responsables chinois et des représentants du dalaï lama des dix derniers mois. Et ce que l'on présente comme un événement n'est qu'une étape supplémentaire dans des négociations déjà régulières. Les exilés tibétains et Pékin se rencontrent... officiellement depuis 2002 et les derniers entretiens (directs et officiels) remontent seulement à juin-juillet 200. Le gouvernement tibétain en exil a tout de même reconnu hier dernier avoir « toujours maintenu le contact » avec la Chine, notamment en mars, au plus fort des manifestations anti-chinoises de Lhassa, la capitale du Tibet. Dommage que Nicolas Sarkozy qui se présente comme l'un des instigateurs de ce dialogue ait oublié de préciser qu'il ne s'agit que d'une réactivation d'un processus déjà ancien.
Lodi Gyaltsen Gyari et Kelsang Gyaltsen, envoyés spéciaux du Dalaï Lama sont à Hong Kong a précisé le porte-parole de cet organisme tibétain à Dharamsala, une bourgade accrochée aux contreforts de l'Himalaya où le Dalaï Lama vit depuis 1959. Avec des représentants chinois, « les émissaires s'occuperont du dossier urgent de la crise actuelle dans les régions tibétaines », a dit M.Samphel. Ils « feront part des profondes inquiétudes de Sa Sainteté sur la manière dont les autorités chinoises gèrent la situation et feront des suggestions pour apporter la paix dans la région ». Sa sainteté pose des problèmes aux dignitaires chinois car il évite tout affrontement direct. Au contraire il cherche à rester dans son rôle d'homme paisible, maîtrisant parfaitement l'art de la communication.
Au cours des sept dernières semaines de crise, à 72 ans, apôtre de la non-violence et surtout fin diplomate le Dalaï Lama n'a cessé de plaider pour l'apaisement et la conciliation avec ses « frères et soeurs chinois », citoyens d'une « superpuissance et vieille nation qui mérite ses JO ». Ainsi les Chinois sont pris à revers et ne peuvent pas attaquer un bonze aussi bien élevé qui... défend les Jeux de Pékin ! Tout en dénonçant depuis des décennies un « régime de la terreur » chinois qui commettrait une « sorte de génocide culturel » au Tibet, il martèle ne pas revendiquer l'indépendance mais une simple autonomie pour son pays. Confronté par ailleurs au plus grand mouvement tibétain depuis 20 ans, il redoute aussi d'être débordé par une jeune garde d'exilés amers et indépendantistes qu'il considère comme dangereux.
DES EPIDEMIES LATENTES
La Chine pratique la technique de la main de fer (répression dure au Tibet) dans un gant de velours (discussions à la Chinoise) pour tenter d'éviter la mise en cause des Jeux tant attendus afin d'obtenir une reconnaissance du développement extraordinaire du pays d'accueil ! Il lui faut cependant maîtriser d'autres paramètres aussi inquiétants pour la grande foire aux sportifs. Une infection massive par un virus intestinal dans la province de l'Anhui (est du pays) a touché... 2 477 enfants et en a tué 20, a annoncé un porte-parole du gouvernement provincial. Parmi les infectés, 738 personnes se sont rétablies. Le bilan des morts s'était stabilisé à 20 pendant quatre jours. 720 autres personnes, dont 36 grièvement blessées, sont toujours hospitalisées et en observation. Le nombre des externes était de 1 017, a dit le porte-parole.
Des hôpitaux de Fuyang, dans le nord-ouest de l'Anhui, ont commencé à recevoir des enfants atteints de fièvre, d'ampoules, d'ulcères dans la bouche, ou d'éruptions cutanées sur les mains et les pieds, depuis début mars. Certaines victimes avaient des lésions au cerveau, au cœur et aux poumons, causées par cette maladie que l'on appelle « main pied bouche » en raison des zones qu'elle affecte en priorité.
Les victimes avaient toutes moins de six ans, la plupart des enfants étant âgés de moins de deux ans.
Pour cesser la transmission du virus à plus d'enfants, toutes les maternelles à Fuyang ont démarré les vacances du 1er mai avec deux jours d'avance. L'entérovirus 71 , ou EV 71, peut entraîner la maladie « main pied bouche » qui se déclare généralement par une légère fièvre au début, suivie par des cloques et des ulcères à la bouche, aux mains et aux pieds. Les infections peuvent conduire à un taux élevé de mortalité dans les cas graves et aucun vaccin ni aucun traitement thérapeutique n'est disponible à présent. Si l'on ajoute que le SRAS existe encore puisqu'à la date du 2 mai, il avait touché 6 061 personnes dans 27 pays et fait 416 morts. Or on ne connaît pas la situation exacte dans la Chine profonde... C'est certainement aussi préoccupant pour la Chine que les négociations avec les émissaires tibétains.
Mais je déblogue..

 

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 2 mai 2008
La mobilisation syndicale du 1° mai ne semble pas avoir outre mesure passionné les médias qui y sont allés de leur différence grotesque entre estimations de la police et estimations des organisateurs aussi incrédibles les unes que les autres. C'est la CGT qui l'annonce: les quelque 150 manifestations du 1er mai, où le syndicat était présent, ont en effet rassemblé « plus de 200.000 personnes » en France soit un chiffre équivalent à celui de 2007 au niveau national, selon un décompte du syndicat. Le ministère de l'Intérieur n'a décompté pour sa part que 119.600 manifestants. La sarabande des statistiques s'est prolongée toute la journée.
A Paris, entre 15.000 (selon la police) et 30.000 personnes - source syndicale - étaient rassemblés pour le pouvoir d'achat et les retraites, dans le principal défilé parisien du 1er mai, fête du Travail, à l'appel de la CGT, la CFDT, l'Unsa, la FSU et Solidaires. Les leaders syndicaux Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Gérard Aschiéri (FSU) et Annick Coupé (Solidaires) ont pris place dans le carré de tête de la manifestation, derrière une banderole portant la mention: « Ensemble pour les salaires, l'emploi et les retraites ».
Les salariés sans papiers en grève depuis le 15 avril sont à l'honneur, en tête du carré CGT, au lendemain de l'annonce par le syndicat de la régularisation de trois d'entre eux par la Préfecture des Hauts-de-Seine, les premières depuis le début de leur mouvement coordonné dans plusieurs entreprises d'Ile-de-France. Des salariés du quotidien Le Monde, masqués et vêtus de tee-shirts blancs, se sont égayés dans la foule pour protester contre le plan de suppression de 129 emplois qui a été annoncé récemment.
Entre 2.500 et 3.000 personnes selon la police, 30.000...selon les syndicats, ont défilé à Marseille. Ridicule comme compte rendu d'une réalité qui devrait se situer aux alentours de 16 000 puisqu'il faut additionner les deux résultats et diviser par deux ! C'est en général ainsi que l'on approche d'un nombre correct mais hier soir ça n'intéressait pas grand monde. La journée avait été marquée par un autre événement : l'agonie du parti du négationniste le plus célèbre de France et même d'Europe !
En fait ce qui a passionné le monde médiatique c'est la manifestation croupion du Front National. Que va devenir la vie politique s'il n'y a plus Le Pen pour l'animer ? On se le demande dans les rédactions nationales. Il suffit de constater combien une énième provocation a redonné de l'importance à un personnage de 80 ans dont on se demande bien comment il pourrait encore symboliser l'avenir pour des millions de personnes comme ce fut le cas en 2002. Il n'y a plus d'autre recette que celle qui consiste à être outrancier pour se démarquer d'un gouvernement qui a réalisé un hold-up sur son fonds de commerce.
PLUS RIEN DE DETONNANT
Plus rien en « rayon FN » : l'immigration a été préemptée par Brice Hortefeux, le niveau des impôts a été annexé par Woerth et les phrases clés lepenistes récupérées de temps à autres par les plumes des discours sarkozystes... Et comme le FN a perdu ses moyens financiers dans les aventures électorales écoulées il lui est impossible de se faire entendre. Il va donc falloir « choquer », agresser, révulser pour exister dans une période où en Italie les ex-fascistes accèdent paisiblement au pouvoir dans le sillage médiatique du caïman Berlusconi.
Affaibli par ses revers électoraux, Jean-Marie Le Pen a voulu voir dans les difficultés du sarkozysme un espoir de redressement pour le FN, qui n'a donc pas fait recette à l'occasion du 1er mai. « Aujourd'hui, les lampions sont éteints, le bling bling et les flonflons ont fait long feu et les Français se rendent compte que le roi est nu », a lancé le président du Front national, redisant tout haut ce qu'en fait des millions de Françaises et de Français pensent maintenant à plus de 55 %. Son numéro habituel n'apparaît donc que comme une lapalissade ou comme le propos d'un enfonceur de portes ouvertes. « Aucune des promesses du candidat Sarkozy n'a été tenue », a-t-il ajouté en visant en particulier l'immigration. Mais, là encore l'originalité n'est pas au rendez-vous.
Ironisant sur une France qui « vit au rythme d'une grève de sans-papiers », il a dénoncé l'appel d'air créé, selon lui, par le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux. « Sarkozy et Hortefeux ont commis la folie d'appeler à une immigration économique légale. De nouvelles pompes à l'immigration se sont mises en marche », a-t-il dit sans véritablement être convaincu pars a démonstration. Il ressemblait à un VRP qui vend un produit dans lequel il ne croît pas du tout. Le discours ne passe plus le premier cercle des inconditionnels. Et encore... Rien de tel qu'une bonne provocation quand la situation semblait désespérée. A la veille du 1er Mai et du traditionnel défilé de l'extrême droite qui s'est avéré peu suivi (et dont l'itinéraire avait été considérablement réduit), Jean-Marie Le Pen avait de nouveau cédé à ses vieux démons.
LA LIGNE DE DEMARCATION
En persistant à qualifier les chambres à gaz de « détail » de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale dans une interview parue vendredi dans la revue « Bretons », le président du FN a, comme en 1987, déclenché un tollé même dans son propre camp : « Cela fait la troisième fois qu'il nous fait le coup et il est indéfendable, soupire un cadre. Soit c'est effectivement de la provocation gratuite pour faire parler de lui, ou alors il est obsédé. En tout cas, les gens en ont marre et, à un moment où on est à 6 % et où lui va fêter ses 80 ans, tout cela est vraiment minable. »
Marine Le Pen a tenu à se démarquer de propos qui réduisent à néant sa stratégie de dédiabolisation. « Je ne partage pas sur ces événements la même vision que mon père », a-t-elle souligné sur BFM TV. La vice-présidente du FN avait déjà pris ses distances en janvier 2005, lorsque Le Pen avait jugé que l'occupation allemande en France n'avait pas été si inhumaine. Lundi, Louis Aliot, secrétaire général du Front national, s'est fendu d'une mise au point : « Les propos de Jean-Marie Le Pen n'engagent pas le FN, ils ne constituent en aucun cas une ligne politique. » Et ce proche de Marine Le Pen de préciser : « Dans cette période délicate où se pose la question de l'existence même de la France, nous devons, plus que d'autres, resserrer les rangs et repartir au combat dans l'ordre et la discipline. »
Le dirigeant d'extrême droite a surtout répliqué hier au chef de l'Etat, devant de maigres troupes - environ 1.200 personnes, soit la moitié de l'année précédente selon la police. Conséquence de la désaffection des militants, le président du FN a prononcé son discours sur la petite place des Pyramides, juste sous la statue de Jeanne d'Arc, et non plus place de l'Opéra.
PROPORTIONNELLE ATTENDUE
En proie à de sérieux problèmes financiers depuis son net recul aux législatives (4,27%), le FN a dû mettre en vente son siège de Saint-Cloud, près de Paris, pour s'installer prochainement à Nanterre. Jean-Marie Le Pen a également mis en vente mercredi sa voiture blindée aux enchères sur eBay et confirmé le licenciement d'une vingtaine de permanents. En fait on prend tout à coup conscience que même en politique l'argent reste le nerf de la guerre et que les candidatures aux élections législatives ou cantonales ne relèvent pas toujours du souci de s'occuper de la vie collective mais bel et bien à mettre du bois dans la « chaudière » du parti.
Le 1° mai de Le Pen aura étrangement ressemblé à celui de Sarkozy : morose, très morose. Alors que ses « amis » italiens exultent pour voir trouvé un allié leur ayant donné la respectabilité, alors qu'en Angleterre les Travaillistes sont laminés par la Droite, alors que l'Europe de l'Est en général fait une place de choix à la Droite extrême, le FN français n'arrive plus à suivre. Dépouillé de ses slogans les plus populistes durant la dernière présidentielle, exsangue en terme d'élus et de finances il ne peut espérer qu'une réforme constitutionnelle introduisant une bonne dose de proportionnelle pour sauver un « paquebot » ressemblant au radeau de la Méduse. Et Le Pen sera probablement très attentif à ce volet d'un texte qui pourrait lui mettre (environ 11 % Présidentielles) de sauver ce qui peut encore être sauvé : l'appareil du parti !
Les chevaux de bataille du FN ont perdu de leur crédibilité : sur l'Europe comme sur l'immigration son électorat a pris conscience du fait qu'un retour en arrière pur et simple était illusoire. Nicolas Sarkozy a donc largement récupéré une partie des voix de Le Pen à l'élection présidentielle et l'UMP d'en faire autant aux législatives. La stratégie sarkozyste a été d'autant plus efficace que l'électorat du FN commençait à douter de l'efficacité d'un vote uniquement protestataire. Et le phénomène paraît durable, comme si le mouvement dont profitait antérieurement le FN s'était inversé. Au profit de qui ? L'électorat mouvant qu'il avait réussi à attirer existe encore. Il n'a pas dit son dernier mot contrairement à ce que pourraient laisser croire des apparences trompeuses de ce 1° mai !
Mais je déblogue...

 

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 1 mai 2008
Dans un contexte où les apparences comptent davantage que la réalité, peu d'analystes font référence à un « parcours ». On n'aime seulement l'instant de l'arrivée sur la scène, celle où l'on met la personne sous les feux d'une actualité plus ou moins glorieuse. On se régale de son succès ou plus encore de son échec un peu de la même manière que ces passagers de paquebots qui vont admirer du pont les icebergs. Depuis les années 60 on s'est installé dans le culte du paraître. Tout notre système social a basculé dans cette vision voulant que l'image doive résumer l'intégralité d'une vie. Un bon maquillage, un excellent éclairage, une habillage correct, une discours préfabriqué suffisent à donner un aboutissement réussi à un parcours. Or il ne peut pas y avoir de véracité dans les comportements si l'on ne revient pas sur les racines de sa construction. Il faudrait sans cesse parler du chemin parcouru avant de se référer à l'instant. Nous ne sommes que des résultantes d'une patiente construction effectuée dans le temps. Mais comme il faut aller vite, comme il faut absolument donner à « manger » à des médias avides d'instantanés spectaculaires on oublie aussi vite que l'on a appris.
En politique il n'existe que deux catégories de femmes et d'hommes : les héritiers et les conquérants, ceux à qui on a un jour conduit sur l'autoroute du pouvoir et ceux qui patiemment on dû faire leurs preuves pour se mettre au service des autres. Il suffit de constater combien le parcours est dur pour les seconds, combien dans ce contexte de l'éphémère ,a durabilité de l'ascension a des allures passéistes. Il faut tout et tout de suite dans tous les domaines et dans toutes les couches d'une société du trompe l'œil.
Si aujourd'hui, 1° mai, je fais référence à ce constat c'est qu'il est de plus en plus dur à expliquer que ce jour n'est que la face visible de longues luttes ouvrières marqués par un désir extrêmement fort chez certain de conquérir une liberté que nous perdons pas simple inconscience. Qui fera référence à celles et ceux qui sont morts à Fourmies dans ce monde où la culture politique ressemble à celle nécessaire pour être membre du jury d'une Star Ac' au rabais ? Qui parlera des souffrances endurées par celles et ceux qui ont été contraints de trimer pour simplement mal nourrir leur famille ? Qui évoquera ces luttes féroces pour arracher au monde du profit les congés payés, la retraite, le code du travail, la seule notion de contrat ? On se contentera de relever que la 1° mai 2008 n'aura pas été une fois encore celui de l'unité syndicale. On épiloguera sur le manque de mobilisation sur l'enrobé qui a englouti les pavés de mai 68 et ses 100 000 manifestants parisiens. On se contentera de l'instant sans évoquer les sentiers tortueux, ingrats, exigeants qui ont conduit certaines et certains à ce qu'ils croient être l'ivresse du pouvoir.
ASCENSION SOCIALE PERMANENTE
Aujourd'hui, 15 ans après il est un véritable parcours dont l'Histoire ne gardera pas de glorieuses traces. Comme pour expier la pire des fautes qu'est l'indifférence au sort des autres, le Parti socialiste fera devoir rapide de mémoire. On rendra un hommage à Pierre Bérégovoy. Or pour moi, bien que je n'ai jamais partagé son cheminement et même alors ses engagements au sein du PS son « suicide » devrait symboliser tout ce que la politique moderne a de désolant. Il était non pas seulement un Homme mais surtout, pour moi, un « parcours » et je préfère les parcours aux Hommes aussi importants soient ils. Je crois davantage dans le comportement dans la durée que la contemplation de la marche atteinte. Sa vie fut en effet celle d'un ouvrier accédant au poste de Premier Ministre à laquelle il devait tout ou presque mais qu'il avait farouchement défendue et servie.
Fils d'Adrien Bérégovoy, capitaine russe blanc et menchevik ayant immigré de l'Ukraine en France où il tint un café-épicerie, et de Hélène Baudelin. Elévé par sa grand-mère à laquelle il vouera un reconnaissance permanente il va effectuer le parcours standard des fils d'immigrés dont la réussite reposait sur l'obtention du certificat
d'études puis son père tombant gravement malade, il quitte le lycée, obtient un Brevet élémentaire industriel, un CAP d'ajusteur, un CAP de dessin industriel, lui permettant à l'âge de 16 ans de travailler pendant neuf mois à l'usine de tissage Fraencker.
En 1942 il entre sur concours à la SNCF en tant que cheminot. Après sa rencontre avec Roland Leroy il rejoint la Résistance via le réseau interne aux chemins de fer et s'engage également dans les Jeunesses socialistes. Aucune autoroute de la vie professionnelle et militante mais des chemins escarpés dangereux dans lesquels on ne peut pas nécessairement obtenir une place au soleil !
Après avoir physiquement participé à la libération de la banlieue de Rouen il se retrouve en 1949 au cabinet de Christian Pineau Ministre des Travaux publics et des Transports au titre... des relations avec les syndicats ce qui n'est pas une sinécure dans le contexte de cette année là. Il restera ensuite jusqu'à sa retraite dans le giron du service public avec divers postes à Gaz de France. Pas d'institut d'Etudes Politiques, pas d'ENA, pas de grands cabinets ministériels, pas de carrière toute prête, pas de casaque choisie au dernier moment comme le font les enfants gâtés de la politique.
TOUJOURS FIDELE A SON PARCOURS
Adhésion à une SFIO qu'il ne supporte plus très vite puisqu'il fonde sur les traces de Pierre Mendés France de PSU en... 1959, un épisode oublié de ce qui fut le cheminement de bon nombre de responsables socialistes actuels mais dont on ne parle jamais. Fidèle du meilleur et du plus lucide des Ministre de l'Education nationale qu'ait eu la Gauche, Alain Savary il le rejoint dans le nouveau parti socialiste à Epinay. Il ne revendique jamais rien. Il tente de rester fidèle à son engagement et s'il progresse ce n'est que par une volonté farouche d'apprendre, de toujours apprendre dans l'action au contact des autres. Il ne se rangera que tardivement aux cotés de Mitterrand car il appartient toujours à cette filière « historique » des socialistes issus de la Résistance que porte Alain Savary pour qui il vote... d'ailleurs au Congrès d'Epinay ! Il ne rejoindra celui qui allait devenir Président de la République au Congrès de Metz en 79 c'est à dire quasiment après 30 années de parcours parallèle voire aopposé.
Beaucoup de campagnes électorales perdues mais aucun mandat électif jusqu'en septembre 83 où il devient enfin maire de Nevers ! Il possède alors 40 années ininterrompues de participation aux arrières cours du pouvoir, aux négociations dangereuses où les autres ne veulent pas aller, au suivi des dossiers sur lesquels intervient le gratin de la nomenklatura bardée de diplômes et de certitudes. Tout le monde sait qu'on lui fait remarquer et que l'on ne se gêne pas pour se gausser du fraiseur cherchant à imposer une volonté politique à des cabinets rétifs ! Il fait figure d'inadapté, d'égaré dans un monde d'une technicité réputée toute puissante. Avec Jacques Delors il symbolisait dans la fameuse génération Mitterrand le coté pragmatique, concret, républicain qui manquait à bien des « arrivants ». Il ne fut jamais « admis » et jamais véritablement respecté même quand il était Secrétaire général de l'Elysée. Cet homme là totalement atypique ne correspondait plus à l'époque durant laquelle il fallait avoir davantage des références de « collaborateurs » prodiges que de grognards du monde social réel !
UNE SENTIMENT DE CULPABILITE
L'échec de la Gauche aux élections législatives de 93 était pour lui, d'une certaine manière, son échec personnel alors qu'il était arrivé au pouvoir pour tenter d'effacer l'image catastrophique du gouvernement Edith Cresson et pour tenter seulement de sauver ce qui pouvait l'être encore. J'ai toujours constaté que l'on est dans la vie politique beaucoup plus exigeant avec les « conquérants » qu'avec les « héritiers ». Ses proches le décrivaient comme dépressif depuis cette défaite du mois de mars et la polémique à propos de l'achat d'un appartement dans le XVIe arrondissement grâce à un prêt à 0 % consenti par Roger-Patrice Pelat. Je ressens ce qu'il a dû ressentir. Je partage ce sentiment de culpabilité qui a dû l'envahir quand il a constaté son échec politique qui n'était plus le sien mais celui d'une certaine idée de l'engagement républicain. Pierre Mendés France avait été lui aussi profondément déprimé par le fait que la vérité conduisait souvent à la... mise en accusation ! Pierre Bérégovoy se sentait véritablement investi d'une mission particulière : démontrer que la République pouvait aussi trouver ses serviteurs les plus efficaces dans le monde du travail, celui dont parle beaucoup les « grands » de ce monde sans jamais en avoir connu les contraintes et les limites !
« Pour toute décision importante, Pierre Bérégovoy réfléchissait longtemps avant de prendre une option et, une fois son choix arrêté, il s'y tenait et allait jusqu'au bout. Tel semble aussi avoir été le cas pour sa décision de mettre fin à ses jours. C'est la conclusion unanime à laquelle sont arrivés, dimanche, les proches collaborateurs de l'ancien premier ministre, qui l'ont accompagné pendant dix ans à la municipalité de Nevers. » trouvait-on dans le Monde daté du 4 mai 1993. On pourra se livrer à toutes les hypothèses sur sa mort mais je demeure convaincu qu'il n'a pas supporté cette pression que vous mettent directement ou indirectement ces amis bien placés qui vous ne vous veulent jamais du bien, ces ennemis intimes que votre conquête du pouvoir a déstabilisé, ces donneurs de leçons qui affirment après les événements qu'ils les avaient prévus. Il ne faut garder de ce 1° mai différent des autres la fin du discours discutable de François Mitterrand aux obsèques de celui qui, bien que lui ayant été d'une scrupuleuse fidélité n'avait jamais véritablement été reconnu pour tel : « J'ai moi-même tant et tant parcouru ces chemins que je reconnais la vieille terre fidèle où il va reposer, et je pense à ces derniers mots du grand savant Jacques Monod que chacun répète en soi-même jusqu'à la fin : «Je cherche à comprendre.» Pierre Bérégovoy avait bien compris que dans la vie publique on n'est souvent qu'un Kleenex au service du parcours des autres. Il a préféré ne pas connaître la poubelle de l'Histoire.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : PERSONNEL
Mercredi 30 avril 2008
La société actuelle révèle un nouveau principe de vie collective : mettez ailleurs ce que je ne veux pas chez moi. Dans tous les domaines on élude le problème éventuel pour le repoussez ailleurs. Il est ainsi très aisé de pouvoir éluder le traitement de ce qui peut représenter une gêne réelle ou supposée. On se mobilise pour rejeter toute situation conflictuelle. C'est valable dans le domaine des grands équipements structurants. C'est évident dans le secteur de l'urbanisation. C'est inéluctable dans tous les schémas qui dérangent : les SDF, les bruits divers, les centres d'accueil pour personnes en difficulté, les jeunes... Il faut « chasser » tout ce qui dérange et quand la puissance publique n'arrive pas à le faire on recherche des solutions individuelles spectaculaires. On vit actuellement une évolution spectaculaire de cette mentalité dominante. Celle du fameux boîtier anti-jeunes.
Le produit, fabriqué par l'entreprise Compound Security Systems, est désormais commercialisé en France sous le nom de « Beethoven » (Mosquito, outre-Manche). Les adolescents français peuvent donc désormais subir ce « son qui adoucit les moeurs », comme le décrit, avec un sens de la formule très étudié, le distributeur IPB France.
L'idée de Beethoven est d'émettre un son suraigu uniquement audible par les moins de 25 ans. La méthode ne fonctionne pas à 100 % : certaines personnes plus âgées, selon leur système auditif, peuvent quand même - plus ou moins - le percevoir.
En pratique, Beethoven se présente sous la forme d'un cube de 12 cm sur 12. L'émetteur produit par intermittence un son à 17 000 hertz sur une portée d'une vingtaine de mètres. Il peut être actionné à distance par une télécommande ou grâce à un détecteur de présence. Chaque salve dure une vingtaine de minutes avant de cesser et de recommencer.
« Même si ce bruit n'est pas douloureux, il devient extrêmement irritant après une exposition de cinq à dix minutes. Résultat : la majorité des jeunes quittent les lieux », promet dans sa plaquette commerciale IBP France.
S'il peut surprendre, le principe de l'appareil n'a, en fait, rien de mystérieux. « En vieillissant, l'oreille se dégrade naturellement. Dès 25-30 ans, les êtres humains ne sont plus capables de détecter les fréquences très aiguës supérieures à 16 000 hertz, explique un audioprothésiste installé à Vincennes. Ce principe est déjà utilisé par l'ultrasonnerie, une sonnerie de portable émettant des ultrasons autour de 17 000 hertz. Les jeunes peuvent alors entendre qu'ils reçoivent un appel ou un SMS, pas leurs parents. » Ni leurs professeurs...
UN SYSTEME DANGEREUX
Sur son site Internet, Compound Security Sytems n'affirme pas que son invention est inoffensive sur le plan sanitaire. Tout juste explique-t-il que les ultrasons ne sont pas douloureux, même après une longue exposition. « Les fréquences aiguës ne sont pas nocives en elles-mêmes. Tout dépend du niveau sonore auquel elles sont émises », explique l'audioprothésiste. Or, le boîtier a été conçu pour émettre entre 5 et 8 décibels de plus que le niveau sonore environnant. Autrement dit, plus il y a de bruit, plus le volume des ultrasons est élevé.
Autre problème : il est techniquement impossible de choisir des fréquences qui ne soient entendues que par les adolescents. « Ces sons supérieurs à 16 000 hertz sont aussi entendus par les enfants et les nourrissons. Si une maman reste à discuter dans un hall d'immeuble équipé d'un tel procédé, elle ne sera pas dérangée par les ultrasons, mais son bébé oui », souligne l'audioprothésiste. Pour se dédouaner, Compound Security Systems livre avec son boîtier un petit panneau pour alerter les passants que la zone est équipée. Celui-ci ne sera pas d'une grande utilité à nos animaux de compagnie, sensibles eux aussi aux ultrasons. D'une phrase sibylline sur son site Internet, le fabricant évacue la question : « Des tests intensifs ont montré que ces [ultrasons] ne paraissaient pas les déranger. » En tous cas sa vente a été autorisée en France et l'on suppose que les certifications indispensables ont bel et bien été examinées avant sa mis en rayons. Les Ministres de la santé et de la jeunesse estiment que « l'utilisation de ce type de procédé est inacceptable d'un point de vue éthique et moral dans notre société et ne peut que conduire à la stigmatisation et à l'exclusion des jeunes. Ils appellent solennellement tous les bailleurs et les syndics qui auraient recours à ces boîtiers à les retirer dans les plus brefs délais." Roselyne Bachelot-Narquin et Bernard Laporte "condamnent fermement une telle attitude, qui pourrait conduire à penser que certaines difficultés sociales pourraient être résolues par des moyens électroniques aussi choquants. Rien n'est plus important que les valeurs de dialogue, d'échange et de partage avec les jeunes générations. Cette voie doit être privilégiée par tous, c'est celle que le ministère chargé de la jeunesse entend privilégier, au quotidien, dans son action ». Dont acte mais n'empêche que déjà des syndics et des commerçants ont installé le boîtier qui doit expédier ailleurs les gêneurs potentiels.
UNE ARME ILLICITE
Dans la journée une décision a cependant remis provisoirement les « pendules à l'heure ». Le problème c'est qu'il faille que la justice pallie, une fois encore la lâcheté du politique. Le tribunal de Saint-Brieuc a en effet interdit pour la première fois en France, l'installation par un particulier d'un boîtier « anti-jeunes » à ultrasons, dénoncé comme une « arme sonore illicite » par les commerçants d'une station balnéaire bretonne.
Saisi en référé, le tribunal a estimé que ce boîtier, censé émettre des ultra-sons perceptibles uniquement par les jeunes et destiné à les « disperser », constituait « un trouble anormal du voisinage », selon l'avocat de l'association Val Tonic regroupant des commerçants de Pléneuf-Val-André (Côtes d'Armor), Me Jacky Voisin.
Le tribunal a interdit au résident secondaire, sous astreinte de 1.000 euros par jour, de réinstaller l'appareil, qu'il avait été fixé sur la façade extérieure de sa maison en plein centre de la petite station balnéaire. Le boîtier, qui fonctionnait « en continu », avait pourtant été retiré lorsque son propriétaire avait reçu l'assignation.
« Nous sommes très satisfaits, c'est une décision de principe. Le tribunal a reconnu que l'appareil constituait une gêne auditive pour toutes les personnes », les jeunes comme les moins jeunes, s'est réjoui l'avocat. « Très satisfait » lui aussi, le président de l'association des commerçants, Yvon Gauthier, juge que cette décision « défend la liberté de circulation dans les rues sans qu'on soit agressé par des ondes sonores » et espère qu'elle « fera jurisprudence ». Après l'éclatement de l'affaire, le maire de Pléneuf-Val-André avait pris un arrêté d'interdiction du boîtier dénommé « Beethoven » en France sur la base du code de la santé publique.
Une employée de 23 ans d'une boutique de cadeaux, s'est déclarée « heureuse » que l'appareil soit reconnu comme « une arme sonore discriminatoire créant des nuisances ». Cette jeune femme avait affirmé avant l'audience qu'elle souffrait de micro-lésions à l'oreille interne du fait de son exposition pendant une semaine aux ondes. Une boîte a également été découverte en Belgique, où un jeune homme souffrait de violentes migraines depuis qu'un objet étrange avait été disposé à proximité d'un arrêt de bus de son école. Le boîtier faisait en fait parti d'un procédé de sécurité d'une banque voisine. Mais dans le fond son cas n'avait guère ému les installateurs car l'objectif n'était que d'éloigner de la résidence secondaire ou de la banque des jeunes troublant l'ordre établi.
DEGOUT POUR DES ODEURS
On a encore un autre dossier intéressant : celui du Malodore. Ce produit de la firme française Firchim, spécialisée dans la fabrication de produits d'entretien est un répulsif nauséabond conçu afin d'éloigner les humains en laissant une rémanence nauséabonde pendant plusieurs semaines. Il est livré sous forme de concentré à diluer et à pulvériser avec une pompe.
En août dernier, l'AFP révélait que le maire UMP d'Argenteuil voulait faire diffuser du Malodore dans sa ville afin d'éloigner les personnes sans domicile fixe. Cependant, les agents municipaux ont refusé de l'épandre. Le répulsif a alors été directement donné aux agents d'entretien du centre commercial Côté Seine d'Argenteuil afin qu'ils le diffusent eux-mêmes aux alentours des sorties de secours où se regroupaient les SDF. Selon un agent de la mairie, un carton de produits répulsifs a été acheté en juillet. Le carton précisait que le produit était toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer... sauf pour les SDF. Mais est-ce si grave que cela ?
Le maire UMP d'Argenteuil, Georges Mothron, prenait chaque été des arrêtés municipaux pour interdire la mendicité dans le centre. En 2005, la préfecture du Val-d'Oise avait annulé une de ces arrêtés qui évoquait une... « gêne olfactive anormale » liée à la présence des SDF. Il avait l'habitude de se distinguer pour démontrer médiatiquement que l'on pouvait n'avoir que du dégoût pour ses odeurs !
La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme participant mardi soir au meeting du maire UMP sortant d'Argenteuil avait déclaré sur une chaîne locale de télé : "Il faut tout tenter dans une ville". Le soutien de Rama Yade n'a pas été très salutaire pour Georges Mothron, député tombeur des Communistes qui a pris un coupe de Malodor électoral puisqu'il a été... battu aux municipales par un conseiller général socialiste. La preuve qu'on ne peut pas toujours berner les gens en se contentant de « repousser » les problèmes. Il vaut mieux en général s'attaquer aux causes, aux racines qu'aux effets. Passer le mur de l'ultra... (ç)on ou donner un « parfum » fascisant à sa ville ne constituent pas toujours les clés du succès.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 29 avril 2008
Le phénomène le plus grave qui se produit en France depuis quelques années n'est pas nécessairement l'évolution globale des prix mais l'aggravation de l'écart entre pauvres et riches qu'elle provoque. En fait au moment même où le Parti Socialiste élimine de sa déclaration liminaire « la lutte des classes » on est bien obligé de constater qu'elle se reconstitue dans son dos. Ce constat devrait interpeller le monde politique car il met en évidence une inversion lente mais inéluctable de la notion de progrès social. C'est le contraire qui se produit : l'ascenseur conduit certaines catégories de plus en plus haut alors qu'il ne va que vers le sous sol pour les autres. Cette tendance annonce des événements graves dans un avenir plus ou moins proche car la situation finira par être insupportable pour une partir de plus en plus grande de la population.
les pauvres de plus en plus pauvres et des riches de plus en plus riches. C'est l'un des constats dressés par l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale dans un rapport remis mardi 29 avril dernier au gouvernement. L'ONPES note en effet qu'entre 2002 et 2005 les difficultés des plus pauvres se sont accrues tandis que les revenus des ménages les plus riches n'ont cessé d'augmenter. Cette réalité n'a pas ému le Ministre de l'Economie ou celui du budget qui ont offert à leur électorat il y a quelques mois le paquet fiscal et le bouclier. La notion fondatrice de la République qu'est la solidarité n'a plus lieu d'être. Elle est mise en pièces par des réformes apparemment sans lien mais qui finissent par miner le pacte républicain.
Le rapport note également que la baisse du chômage s'est accompagnée d'une hausse du nombre de travailleurs pauvres et du nombre de demandeurs d'emploi non indemnisés. On couche davantage qu'avant dans sa voiture quand on est salarié. On est en situation de surendettement de plus en plus souvent quand on est travailleur précaire. « En 2005, une personne pauvre sur deux avait un niveau de vie inférieur à 669 euros par mois », pour un seuil de pauvreté fixé à... 817 euros, selon ce rapport remis à la ministre du Logement Christine Boutin et au Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté Martin Hirsch. Ce dernier le sait bien puisqu'il a eu à s'occuper personnellement en lieu et place de l'abbé Pierre de tous ces paumés d'une vie marquée par la seule notion de rentabilité économique. Il n'envisage pas pour autant faire payer par ces « de plus en plus riches » son RSA qui ne résoudra que des cas extrêmes au détriment des légèrement plus à l'aise en leur supprimant la prime pour l'emploi. Comme pour les franchises médicales qui conduisent à faire payer par les plus malades les frais médicaux des moins malades qu'eux on va assister aux pauvres qui paieront pour les plus pauvres qu'eux !
D'ailleurs Laurent Fabius effectue lucidement la même analyse. Se pose d'abord la question du coût. On a entendu les chiffres les plus divers : au départ, c'était 10 à 12 milliards ; puis le ministre du budget nous a dit que ce serait 5 milliards ; M. Hirsch tient pour 3 milliards ; et l'autre jour Le Président de la République a parlé de 1 ou 1,5 milliard. Laquelle de ces excellences contradictoires faut-il croire ?
QUELLE SOLIDARITE ?
Se pose ensuite la question du financement explique l'ancien Premier Ministre. « Les départements se demandent en effet s'ils ne vont pas avoir à payer. Les titulaires de la prime pour l'emploi sont quant à eux très inquiets : nous avons cru comprendre qu'au-dessus de 1,2 fois le SMIC, vous supprimeriez la PPE. « S'il n'y avait que moi qui m'inquiétais, peu importerait ; mais permettez-moi de vous citer une intervention sur France Inter du début du mois d'avril : « Le projet qui est proposé par Martin Hirsch a deux inconvénients : il est coûteux - de l'ordre de 3 milliards - et il conduit à diminuer la prime pour l'emploi pour un certain nombre de Français. » L'auteur de cette intervention frappée au coin du bon sens est M. le Premier ministre ! »
Quelle est donc la conception gouvernementale actuelle de la solidarité ? Dans tous les cas elle ne consiste pas à financer les revenus des plus pauvres en taxant les pauvres ! Ce RSA risque de devenir un « revenu de solidarité absente ! » a ajouté devant les députés Laurent Fabius. « Vous avez dit que nous étions hostiles à tout. Pas du tout : nous sommes contre les injustices, mais nous sommes pour la solidarité, la vraie solidarité ! » Ce n'est pas une Affirmation dénuée de fondement quand on connaît la situation actuelle.
Selon l'ONPES, l'indicateur d'intensité de la pauvreté (c'est-à-dire le revenu moyen des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté) n'avait cessé de baisser entre 1996 et 2002, « associé à une conjoncture favorable (...) traduisant une certaine amélioration de la situation des ménages pauvres ».Mais depuis 2002, « l'évolution s'est inversée, avec une augmentation continue de 16,3% en 2002 à 18,2% en 2005". Résultat, les inégalités ont fortement augmenté entre les très hauts revenus (...) et le reste de la population. Et le système du RSA va tirer vers le bas des catégories jusque là épargnée.
INEGALITES TERRIBLES
Calculé sur sept ans (1998-2005), le revenu des personnes disposant de plus de 201.423 euros par an a enregistré par contre une augmentation de 19,4%. Cette évolution, relève le rapport, est encore plus nette lorsqu'on considère le revenu réel des 0,01% de foyers les plus riches: entre 1998 et 2005, il a augmenté de 42,6% contre une augmentation de 4,6% pour les 90% de foyers les moins riches. Colossal ! Et la tendance ne s'inversera pas en 2006 et plus encore 2007 !
Selon l'ONPES, cette divergence s'explique par la forte croissance des revenus du patrimoine (+31% en huit ans pour les capitaux mobiliers), qui composent une part importante des revenus les plus élevés, mais aussi par une croissance plus forte qu'auparavant des inégalités de salaire. Sur cette période, les salaires les plus élevés ont en effet connu une progression de 14%, contre 4% pour les salaires les plus bas.
L'étude très approfondie de l'ONPES met en évidence que le taux de demandeurs d'emploi non indemnisés augmente dans un contexte de baisse des demandeurs d'emploi. Ce taux connaît une augmentation marquée de 2,6 points au cours de la période récente (de 37,7% en 2004 à 40,3% en 2006), dans un contexte global de baisse du nombre de demandeurs d'emploi et de développement de l'emploi précaire.
« Seuls six demandeurs d'emploi sur dix sont indemnisés », souligne l'Observatoire. « Parmi eux, la part des bénéficiaires du régime d'assurance-chômage géré par l'Unedic a diminué. Les réformes intervenues en 2004 et 2006 ont en effet restreint les conditions d'accès et limité les durées d'indemnisation ».
L'ONPES relève également une hausse du nombre de travailleurs pauvres dans une fourchette de 30.000 à 100.000 personnes entre 2004 et 2005. La grande majorité d'entre eux (78%) occupent un emploi toute l'année. Toutefois, 21% d'entre eux occupent principalement un emploi à temps partiel. Concernant leur salaire, les travailleurs pauvres ont perçu 775 euros par mois en 2005 au titre de leur activité, soit environ la moitié des revenus d'activité moyens de l'ensemble des travailleurs. Ces constats mettent en évidence que la société française coule à pic car la paupérisation est en marche et on ne voit pas comment elle va s'arrêter quand tout augmente à une allure vertigineuse. D'autant que demain matin il faut noter que la tendance va s'accélérer !
GAZ EN HAUSSE. MORAL EN BAISSE
Les tarifs réglementés de Gaz de France pour les particuliers augmenteront en moyenne de 5,5% demain selon un arrêté des ministères de l'Ecologie et de l'Economie publié ce matin au Journal officiel. Une première annonce avait indiqué que l'augmentation interviendrait à compter du 17 avril, date à laquelle l'arrêté avait été signé.
« Les tarifs réglementés de vente hors taxes du gaz naturel fourni à partir des réseaux publics de distribution par l'opérateur (...) en vigueur à la date du présent arrêté, augmentent de 0,264 centimes d'euros/kWh en moyenne », selon l'arrêté. Le gouvernement avait annoncé le 8 avril avoir proposé une telle hausse. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a rendu un avis favorable.
Le gouvernement avait indiqué que cette hausse se justifiait par un « contexte international de hausse du coût d'importation du gaz naturel » due à l'envolée des prix du pétrole. En fait pour tous les abonnés mensualisés c'est une « dépression » de leur pouvoir d'achat à retardement car ils auront la note à payer en fin d'année 2008. En novembre ils verront une forte amputation de leur pouvoir d'achat avec la régularisation de leur consommation... et ce sera trop tard pour protester !
Le moral des ménages français, déjà très mauvais, a encore baissé en avril à un nouveau plus bas historique, notamment à cause de l'inflation, ce qui ravive des craintes pour la consommation, traditionnel moteur de la croissance, selon les chiffres publiés aujourd'hui par l'Insee. L'indicateur résumé qui le mesure s'est établi à -37 contre -36 en mars en données corrigées des variations saisonnières, soit la dixième baisse consécutive. Après un rebond en février, la consommation des ménages français a de nouveau décroché en mars, reculant de 1,7%.
Autre sujet d'inquiétude: le ralentissement du marché immobilier. Les mises en chantier de logements en France ont baissé de 9,9% entre janvier et mars, à 92.110 unités, alors que les permis de construire ont chuté de 15,5%, à 120.528 unités. Jamais la pauvreté n'a été aussi prégnante dans notre pays et pourtant Nicolas Sarkozy continue à parader comme si de rein n'était. A croire qu'il ne lit aucun des rapports sur la situation d'un pays qu'il croît encore préparer à l'avenir !
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
Lundi 28 avril 2008
Dans l'affaire des travailleurs sans papiers socialement irréprochables je ne peux m'empêcher de penser à ce que je sais depuis maintenant longtemps. En effet j'ai eu à de multiples reprises l'occasion de vérifier que la méthode que tout le monde dans le monde médiatique décrit avec délectation comme étant exceptionnelle a des racines anciennes. Dans la vie quotidienne de Maire on possède des indices sans pouvoir toutefois intervenir sur des cas concrets. Par exemple, lors de la construction d'une ensemble immobilier les sapeurs-pompiers conduits à intervenir pour des accidents ordinaires du travail avaient simplement constaté, à trois reprises, en remplissant la fiche de transport que trois victimes avaient exactement le même nom, la même date de naissance en Turquie ! Il n'appartient pas aux secouristes de se pencher sur ces réalités et ils ont assuré le déplacement des blessés sans aucun problème, vers les urgences où personne n'a probablement réagi.
Même constat, avec un système un peu plus sophistiqué dans le milieu viticole où travaille souvent sur des propriétés importants des entreprises spécialisées dans les tâches spécialisées. D'abord il n'y a que fort peu de contrôles durant les périodes comme les vendanges ou les travaux saisonniers. Un propriétaire avait monté un stratagème simple mais efficace en partant du principe que si les inspecteurs du travail peuvent contrôler la légalité des conditions ils ne peuvent pas contrôler l'identité des personnes présentes au travail. Bien entendu aucun de salariés présents, majoritairement retraités ou en situation irrégulière, n'avait de papiers sur lui mais recevait un nom et un prénom pré-établis. Il confiait cette identité aux inspecteurs en sachant que des contrats de travail étaient établis à l'avance. il aurait fallu dans ces deux cas que les fonctionnaires viennent en compagnie de la gendarmerie afin d'effectuer des contrôles d'identité légaux... ce qui est très rare compte tenu de la difficulté de mobiliser tout le monde au même moment sans avoir al certitude de détecter des comportements frauduleux.
Il n'appartient pas en effet aux inspecteurs du travail de remplir le rôle d'un fonctionnaire de police. D'ailleurs ils se défendent farouchement d'avoir à jouer cette fonction. Il n'est pas également question de demander aux agents de l'Urssaf de coopérer avec les services de police. Ces agents s'intéressent avant tout aux employeurs qui ne versent pas les cotisations sociales qu'ils devraient verser. Ils n'ont pas pour mission de dénoncer les travailleurs illégaux à la Police. La situation est exactement la même pour les inspecteurs du travail. Un décret va pourtant permettre au ministère de l'immigration de « disposer » des services de l'inspection du travail afin de lutter plus efficacement contre le travail illégal des étrangers.
SALARIE OU DELINQUANT
De concert, le 20 juillet dernier, les syndicats ont déposé un recours en annulation auprès du conseil d'Etat. Dans le code du travail, le travailleur illégal (qu'il soit immigré clandestin ou non) est d'abord considéré comme une victime. Ils ont des droits comme par exemple celui de lancer des procédures aux prud'hommes. Selon Luc Beal-Rainaldy, secrétaire national de la FSU au ministère du travail, « L'approche du ministère de l'immigration nie le statut de victime du travailleur étranger sans papiers. Contrairement aux lois Sarkozy, le Code du travail prescrit que le travailleur sans papiers a des droits. Pour un policier qui contrôle le droit du séjour, c'est un délinquant qui doit être reconduit à la frontière. De plus, on invente un délit qui n'existe pas en droit, celui du travail illégal des étrangers en confondant allègrement de manière démagogique le travail illégal qui recouvre des situations juridiques qui prennent des formes diverses (prêt de main d'oeuvre, travail dissimulé... ) avec celui de l'emploi des étrangers sans papiers, qui ne recouvre qu'une petite partie du travail illégal". Il y a donc obligatoirement confusion de deux statuts : celui de salarié et celui de citoyen. On peut en effet parfaitement en règle sur le premier volet mais ne pas être reconnu sur le second. Les inspecteurs du travail, de l'URSAFF, de la MSA ne doivent s'attacher qu'au premier volet alors que les policiers et les gendarmes n'ont pas à le prendre en considération dans leur appréciation du droit à être sur le territoire français. Si un individu a constitutionnellement le droit au travail il n'a pas constitutionnellement le droit de résider en France pour l'exercer alors qu'il y est depuis longtemps. Encore une fois on ne peut constater que le « politique » cède le pas à « l'économique » au nom des nécessités pour les entreprises d'être performantes et rentables. Comme il n'y a en France que 1 366 inspecteurs et contrôleurs du travail en France. La création de 700 postes était prévue sur les 4 prochaines années... mais dans le contexte actuel on en est moins certain. Pour le syndicat, c'est en s'attaquant à la sous-traitance en cascade que l'Etat lutterait le plus efficacement contre le travail illégal sous toutes ses formes. « Il nous est impossible de remonter jusqu'aux donneurs d'ordre qui se défaussent de leur responsabilité tout en bénéficiant de tous les avantages du travail illégal. Il manque un cadre juridique qui interdise les cascades de sous traitants que l'on retrouve dans les secteurs du bâtiment ou encore du nettoyage », explique Luc Beal-Rainaldy, porte parole des inspecteurs du travail.
QUI EST RESPONSABLE ?
« Les inspections du travail vont être amenées à effectuer leur travail de vérification de manière plus rigoureuse » pour débusquer les travailleurs sans-papiers, a prévenu hier la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Je suis sûr que, sensibilisés à la question, les employeurs (...) vont probablement avoir à coeur de vérifier la nature des papiers et l'identité de l'ensemble de leurs salariés, a estimé celle qui n'est pas de fait leur patronne.
La ministre a rappelé que « la responsabilité pénale » des employeurs « peut être engagée dans de multiples circonstances » et qu'il « faut respecter la loi ». je suis certain qu'ils vont trembler quand ils entendent des propos aussi menaçants. Il faut rappeler que beaucoup de sans-papiers vivant en France ont un travail déclaré qu'ils ont obtenu en présentant des faux papiers ou des papiers empruntés, avec parfois... l'indulgence de leur employeur. Depuis le 1er juillet dernier, ces derniers doivent toutefois vérifier lors de l'embauche que les étrangers qu'ils engagent sont en règle mais c'est illusoire car il n'y a pas une photocopie qui ressemble davantage à une photocopie. Par ailleurs on sait qu'avec les technologies modernes il faut parfois être très habile pour détecter une imperfection dans un document fourni. Christine Lagarde a observé que certains sans-papiers « paient l'impôt » sur le revenu ce qui démontre qu'ils ne sont pas toujours employés sur des postes non spécialisés et sous-payés. Ils ont même droit aux heures supplémentaires défiscalisées. « On peut s'en féliciter », a déclaré, la Ministre alors que son collègue de l'Immigration Brice Hortefeux avait dénoncé à ce sujet une « hypocrisie » de l'Etat. lui il est partisan de méthodes plus expéditives. Concernant cette régularisation, François Fillon affirme qu'elles ne seront en aucun cas massives et toucheront quelques centaines de personnes. "Nous sommes totalement opposés aux régularisations massives", rappelle le chef du gouvernement, qui précise que les travailleurs concernés seront "quelques centaines, pas plus". "Régulariser tous les salaries en situation illégale serait une incitation à les recruter plutôt que d'embaucher ceux qui ont des papiers. Ce serait la négation de toutes les lois de notre pays", a-t-il ajouté. Il ne pose surtout pas la question de la responsabilité des centaines d'entreprises qui les... ont déjà embauchés.
DES PATRONS HUMANISTES
Ce sont quelque 930 dossiers dont 600 travailleurs en grève depuis dix jours, auxquels se sont joints plus de 300 autres personnes qui devront être pour l'instant examiné au cas par cas. Les chiffres sont conformes à ce qu'attendait le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Vendredi soir, 830 dossiers de salariés sans-papiers qui participaient au piquet de grève avaient été déposés dans cinq préfectures d'Ile-de-France, selon la CGT qui a orchestré le mouvement. Une centaine d'autres dossiers devraient l'être aujourd'hui. Ainsi, 20 salariés du traiteur US Passion de Colombes (Hauts-de-Seine) ont reçu dès vendredi une autorisation provisoire de séjour avec un permis de travail jusqu'au... 8 mai. Il ne leur manque plus que la régularisation définitive.
La préfecture des Hauts-de-Seine a été la plus rapide pour l'instant selon la CGT, qui évoque le cas de ces neuf salariés ayant obtenu une autorisation provisoire de séjour jusqu'au 6 mai : des employés du Café de la Jatte à Neuilly, un établissement fréquenté par un certain Nicolas Sarkozy à l'époque où il était maire de Neuilly sont désormais en règle avec la loi. Au moins durant quelques jours !
La CGT compte sur un règlement de tous les dossiers avant le 8 mai. Tout en espérant que ces déclarations en préfecture ne précipitent pas l'expulsion de certains sans-papiers. En effet le paradoxe c'est qu'en régularisant leur situation de salarié ils mettent en évidence le fait que sur le plan « citoyen » ils ne sont pas en règle. Il suffirait d'une copie de leur déclaration soit transmis à la Préfecture de Police ou même transfère à l'intérieur même de la Préfecture pour que tout s'effondre. Il suffira de les attendre à la sortie du boulot pour les mettre dans un centre de rétention et les renvoyer dans leur pays pour des congés payés définitifs.
Il faut bien avouer que cette situation française est à l'image de la politique sarkosyste ne sachant jamais prendre une décisions claire. Avec l'appui des sondeurs « maison » (Opinionway par exemple) on va bien trouver un moyen d'expliquer qu'il ne faut pas les régulariser, tout en les régularisant et surtout en les laissant travailler chez de gentils patrons désintéressés adeptes du « travail humanitaire ». Ce ne sont plus des entreprises mais des ONG !
Mais je déblogue... 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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