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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Mercredi 12 octobre 2005

La sécurité préoccupe de plus en plus les Français. Elle a même lourdement pesé sur les dernière échéances électorales. Le problème, c’est qu’au cours de l’année 2005, le danger qui menaçait notre société réputée paisible, a largement évolué. Quand on parlait de la menace de bandes organisées, de jeunes ne respectant rien, des dangers de la route, des cambriolages, des agressions sur les personnes âgées on évoquait les périls graves dont souffraient dans la quotidien les enfants, les femmes, les hommes de notre pays.

Les images de TF1 ont beaucoup fait pour transformer des formes de délinquance classique en fléau insécuritaire électoraliste. La menace était partout. Dans les banlieues, dans la rue, dans les campagnes, dans les transports publics, dans les gares, dans les aéroports… Quelques candidats à l’élection présidentielle ont cyniquement surfé sur cette vague, transformant des faits divers en psychose rentable. De retour au Ministère de l’Intérieur, le "Roquet de Neuilly" a vite modifié le calcul des statistiques et a vite exigé des mesures spectaculaires pour donner l’impression au bon peuple que le Karcher constituait l’arme la plus efficace pour remettre de l’ordre dans des zones où rien n’a profondément changé. Un bémol télévisé a suffi à redonner confiance au pays, comme si miraculeusement l’âme humaine s’était apaisée, comme si miraculeusement les événements d’avant 2001 n’existaient plus.

DES FORMES MASSIVES

Le problème c’est que désormais l’insécurité a muté et que plus personne, ne peut prétendre la maîtriser puisqu’elle échappe totalement au contrôle des hommes. Elle ne touche plus à l’arrachage du sac à main, à la rayure sur la voiture neuve, au pillage de massifs floraux ou à la falsification de cartes de crédit. Autant de phénomènes traumatisants mais qui ne remettent pas en péril l’essence même de la vie. L’insécurité déboule sous des formes massives dans le quotidien de pays entiers. Elle aligne les cercueils ou les tombes. Elle cause plus de dégâts que les grandes offensives des récentes guerres mondiales. Même le pire des terroristes n’avait pas imaginé provoquer des ravages aussi dramatiques, aussi dévastateurs.

Le tsunami a lancé une année cauchemardesque. L’horreur de cette vague gigantesque a ému l’Europe des vacances pas chères au soleil. Elle a lancé la pire période du dernier demi siècle.

Les ouragans ont eux aussi causé probablement plus de morts que tous les attentats antérieurs sur le sol des Etats-Unis, mettant, en plus, à nu la faiblesse d’un pseudo géant dont le libéralisme avait occulté toute structure collective solidaire.

Les tempêtes gigantesques, les typhons se multiplient, comme les orages sur le Sud-est de la France, toujours plus soudains, toujours plus violents provoquant la panique, l’angoisse de millions de personnes, le chagrin des sinistrés à répétition.

La raréfaction de la ressource en eau potable aggrave la fragilité des populations africaines. Elle affaiblit, elle effraie, elle tue dans l’indifférence majoritaire.

Les incendies ravagent les forêts affolant des populations ne trouvant plus leur salut que dans la fuite…

Les coulées de boue, les tremblements de terre se succèdent laissant derrière eux des villages engloutis ou rasés, des familles décimées, des enfants désemparés et des vieillards hagards.

LE SPECTRE DE LA GRIPPE AVIAIRE

Et voici que surgit de partout le spectre de la grippe aviaire…Quel terroriste a inventé cette menace planétaire qui met en exergue la faiblesse d’une organisation sociale mondialisée inquiète de voir arriver les oies, les canards, les grues cendrées et les bécasses sauvages ? La crainte d’une pandémie envahit les écrans. On tremble devant les petits écrans. On se voile la face en affirmant que, comme pour les invasions historiques, une armée de sans culotte médicaux arrêteront le virus aux frontières du pays… Un Pasteur des temps modernes est attendu pour mettre un terme à une effroyable menace collective. Le poulet va devenir l’ennemi public numéro un !

En 2005, si l’on cumule les victimes de toutes ces catastrophes, on atteindra des records statistiques. Les victimes sont tellement nombreuses qu’elles n’offrent plus un caractère sensationnel. La fameuse théorie du " kilomètre macchabée " qui a servi à déterminer la " une " des grands quotidiens, durant des décennies, et qui gère le rituel quotidien du 20 heures de TF1, n’a plus de sens. On compte désormais en millions de morts et en milliers de kilomètres…On entre dans la catégorie de la catastrophe massive !

L’insécurité a donc brutalement changé de face. Elle découle de la gestion du monde et non plus de l’augmentation des effectifs de la Police ou de Gendarmerie. Les risques encourus, par chacune et chacun d’entre nous, n’ont plus de dimension individuelle mais prennent une ampleur planétaire. Le danger n’est plus au coin de la rue mais quelque part, ailleurs, sur une planète déglinguée échappant au contrôle de ses apprentis sorciers…

La grippe aviaire va éclipser le SIDA, la famine, la soif, la pluie diluvienne, le feu et parions le, bientôt, la neige. Elle va nous placer, face à face, avec cette mort que nous voulons de moins en moins admettre. Le sauve qui peut, comportement d’une société de moins en moins solidaire, va se révéler un aveu collectif d’impuissance face aux réalités incontournables des désastres naturels ou provoqués. On attend une déclaration solennelle de Droopy !

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Mardi 11 octobre 2005

La vie réelle s’accompagne souvent du secret. Il faut aller gratter sous le vernis du quotidien pour mieux comprendre comment fonctionne des personnes dont on ne perçoit que l’apparente gentillesse. Ainsi il paraît probablement provocateur d’affirmer que, pour certaines familles, le " vieux " est devenu une source appréciable de revenus. Ecrire cela c’est probablement devenir iconoclaste mais pourtant, force est de reconnaître, que le comportement autour de la personne âgée, se modifie. Il évolue avec la dégringolade des situations sociales, avec un environnement paupérisé, avec le sentiment que, dans le fond, toutes les opportunités de s’en sortir sont bonnes à saisir.

D’abord, le système actuel favorise des dérives que, peu de monde, ose dénoncer. Tout ce qui touche au quatrième âge est tabou. L’institution de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (APA), destinée à conforter le maintien au domicile de gens plus ou moins valides a vite connu ses déviances. Arrivant le 5 du mois, du Conseil général, en bloc, sur le compte bancaire, elle suscite parfois des convoitises détestables. Force st de constater que, dans quelques cas, dès que la somme, destinée à régler les heures de soutien accordées, est encaissée, quelques proches peu scrupuleux, s’étant fait attribuer une procuration, ponctionne le mini pactole. Depuis que nous gérons plus de 200 dossiers de ce type, via le Centre Communal d’Action Sociale, nous avons ainsi vu, la personne attributaire de l’APA, régler la facture du téléphone portable du petit-fils, acheter le cadeau de mariage de la nièce ou donner les étrennes à sa belle-fille…Mieux le Percepteur, en est arrivé , pour la première fois, à mettre en recouvrement contentieux, avec vente des biens par huissier, des prestations effectuées mais non payées par de braves papis ou mamies inconscients du fait que l’on n’a pas géré les factures arrivées. On est alors très loin de la finalité d’une aide destinée à financer un soutien rassurant pour la personne âgée.

Ensuite, compte tenu du libre choix, laissé à l’attributaire, del'embauche de  la personne susceptible de remplir les tâches nécessaires à réduire sa dépendance, il arrive que l’embauche se prote sur une petite-fille, une nièce ou une bru dont la compétence n’est nullement reconnue. On remarque alors que la personne concernée ne voit guère sa situation antérieure s’améliorer. Elle n’ose pas réclamer car, psychologiquement, elle ne souhaite pas remettre en cause la manière avec laquelle elle est traitée…Elle se tait même quand on lui demande un avis. Douloureux pour elle d’avouer que rien n’a véritablement changé dans sa vie quotidienne. D’autant qu’elle sait que son A .P .A . met bien du beurre dans les épinards de la famille…

Enfin il y a les profiteurs. Celles et ceux qui utilisent le temps donné au père, à la mère, à la grand-mère ou au grand-père pour l’ensemble du groupe. Il y a quelques temps, nous avons appris que, dans une famille nombreuse, le père avait obtenu du Conseil général, trois heures le dimanche pour la préparation de son repas et son suivi. La maisonnée avait sauté sur l’occasion obligeant, non seulement, l’aide à domicile à préparer le repas dominical pour tout le monde mais aussi à faire la vaisselle et à ranger. Le père invalide ne pouvant manger seul, il fallait même, à la personne de service, lui donner son repas, sous l’œil du reste de la troupe indifférente…Une situation dramatique par son caractère sordide mais pas très exceptionnelle. La solidarité familiale explose dans la facilité du transfert de responsabilité vers l’intervenant extérieur.

Pour ne pas perdre le bénéfice de l’A .P.A ., certaines familles luttent parfois d’arrache-pied pour éviter le départ, pourtant nécessaire, de la mamie ou du papi vers la Maison de retraite. Ils sont, encore plus arc-boutés sur cette position, quand ils savent, en plus, que la retraite ne suffira pas à faire face au coût du séjour et qu’ils pourraient être mis à contribution. L’intérêt de la personne âgée devient vite secondaire.

Ces constats ne remettent pas en cause une mesure généralement utile. Ils posent simplement la question de sa mise en œuvre en passe de plomber à mort les finances des Conseils généraux. Pourquoi ne pas unifier les modalités de l’application de l’A.P.A. pur juguler des dérives moralement insupportables. S’il faut maintenir indiscutablement le principe de l’attribution, il devient urgent de l’assortir de règles claires : embauche obligatoire d’une employée d’un service collectif agréé, versement direct de l’AP.A. au service prestataire. Suivi de la prestation, vérification de la qualité du service, accompagnement réel du bénéficiaire et plus encore moins de souci de sa part car, bon nombre, ne savent pas faire face aux déclarations d’un(e) employé(e). Au nom de la liberté absolue du choix on a perverti un concept social de solidarité capital dans une société de l’indifférence.

Chaque jour ou presque il nous faut rectifier les comportements, éviter les abus (dans un sens ou dans l’autre), repérer la maltraitance morale insidieuse de personnes âgées dépendantes, répondre à des demandes insatisfaites sur le lever, le coucher, la toilette que plus personne ne veut assurer dans le monde paramédical agréé.

La vieillesse, sans être un naufrage, n’en devient pas moins un moment de la vie de plus en plus douloureux. En ouvrant la perspective d’un allongement de la durée du passage sur terre, le progrès a oublié en chemin les dégâts collatéraux. Ils s’appellent solitude, désespoir, angoisse de déranger. Et ce n’est pas le versement d’une allocation qui les estompera totalement. Le propre de la vieillesse est de plaindre le présent, de vanter le passé, et de craindre l'avenir dit-on. Jamais on aura été aussi proche de la réalité de notre époque moderne !

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Dimanche 9 octobre 2005

Depuis que je me suis lancé dans l’aventure de " L’autre quotidien ", je mesure combien il faut être inconscient pour marcher hors des sentiers battus. L’incitation de Silvain et de Julien d’Empreintes graphiques (1) me poussant à entrer, dans ce monde totalement inconnu, de ma part, des blogueurs m’aura forcé à prendre en compte des paramètres dont je pensais qu’ils avaient été oubliés. Je les retrouve pourtant intacts comme autant de " réflexes " inévitables d’une société de la communication truquée ou maîtrisée par ses composantes les plus habiles. Le blog m’a replongé dans ces 30 années plus ou moins professionnelles consacrées à la presse écrite, à la radio et plus marginalement à la télé. Il a ressuscité de vieux démons. Il fait remonter à la surface des agacements toujours similaires. Il pose des constats identiques comme si les supports évoluent mais la mentalité demeure.

En rangeant mon stylo de " journaliste " occasionnel j’avais une lourde appréhension. J’abandonnais le " troisième pouvoir ", celui que j’avais patiemment conquis, celui que j’avais exploré, celui qui m’avait fait rêver. Du statut d’observateur je passais à celui d’observé… Un peu comme l’entomologiste qui, après avoir longuement scruté, à travers son microscope, les abeilles se retrouveraient brutalement sous l’œil inquisiteur de celles dont il a critiqué les pratiques sociales. Le " savant " a toujours du mal à devenir objet d’étude.

Sait-on à quoi pense la fourmi quand elle voit depuis sous la loupe un gros œil penché sur elle ? Cet œil inquisiteur a de quoi effrayer par sa puissance. Or il est indispensable. Or on ne peut plus s’en passer pour exister. Or la multiplication des blogs démontre que le besoin de s’exposer s’accroît bizarrement. Tous sont omniprésents : œil humain du journaliste de la presse écrite, " œil aveugle " du micro ou œil beaucoup plus angoissant de la fascinante caméra. Celle ci prolifère, se niche partout, se multiplie, s’incruste, se déploie sans cesse. Elle devient l’outil le plus terrible d’une société du voyeurisme sommaire, la fleur empoisonnée de la sécurité, Le trompe l’œil des réalités sociales.

J’avais été respecté, voire craint pour mes capacités à jouer au petit rapporteur " morpion ". Je m’étais suffisamment fâché avec mes " amis " pour savoir combien il était difficile de ne pas, tôt ou tard, entrer en conflit avec celles et ceux que j’abandonnais en entrant en politique. Mes anciens confrères savent que je sais et ce n’est pas forcément rassurant pour eux… et, sachant ce que je sais, il m’est difficile de ne pas devenir méfiant à leur égard… Je me suis retrouvé dans la position du chat devenu souris ou du chasseur devenu lapin. Une position pourtant extraordinairement démoralisante car elle permet de mesurer en permanence tout ce que ma conscience a oublié sur les chemins du troisième pouvoir. Elle ne renforce pas ma confiance en tout ce que vous lisez, vous écoutez, vous entendez et me plonge donc dans le doute permanent.

Imaginez, un instant, que vous soyez un excellent prestidigitateur et que vous regardiez, en connaissant toutes les astuces les tours de passe-passe d’un confrère. Que feriez vous ? Faire semblant de vous extasier en vous sentant coupable de cette lâcheté ou révéler à tout le monde les subterfuges utilisés et devenir un traître ?

En rangeant mon stylo, je me suis senti soulagé. J’ai constaté que les regards changeaient. Les conversations se débridaient. Les confidences sincères revenaient. Je pouvais davantage croire en des signes d’amitié moins intéressés. Je n’avais plus cette étrange sensation de trahir mon idéal. Libéré en quelque sorte de cet extraordinaire face à face entre les " politiques " jamais satisfait des " journalistes " et des " journalistes " toujours méprisant pour les " politiques ". En fait, il faut être honnête et reconnaître que personne ne fait véritablement son travail lorsqu’il n’en est pas ainsi. Mais c’est de plus en plus rare car les interférences deviennent monnaies courantes. Mariages officiels ou officieux entre hommes politiques influents et journalistes (Kouchner, Strauss-Kahan, Borloo et... dans quelques jours Sarkao), travail procuré aux épouses, mutation de journalistes vers les postes de cabinets, incapacité financière des journaux à assurer leur indépendance, création par les institutions politiques de médias qu’elles contrôlent… La confusion grandit, renforçant la méfiance.

En publiant ce blog j’ai réussi à ma brouiller avec les journalistes et à provoquer les inquiétudes de quelques politiques. " Mais que veut-il ? Que cherche-t-il ? " demandent à mes amis les premiers et les seconds.

Ils ne peuvent pas comprendre. J’ai simplement retrouvé grâce à ce blog " l’Autre quotidien " la liberté d’expression personnelle que j’ai toujours recherchée. Liberté de ton journalistique puisque je ne dois de comptes à personne et surtout pas à un chef sourcilleux de sa carrière. Liberté de penser car je ne suis redevable de rien, comme citoyen, à un référent partisan…

A la place des penseurs de la presse, à la place des penseurs politiques, je serais très inquiet car demain les citoyens peuvent prendre la bastille des médias avec leurs seules petites mains tapant sur un clavier si l’on continue à les prendre pour des cons. " La liberté d’expression est une emmerdeuse. Elle n’est jamais tendance. La liberté d’expression, en somme, est pari solitaire. Aucun d’entre nous n’est assez présomptueux pour imaginer qu’il est capable de gager ce pari-là à tous les coups. Ainsi arrive-t-il qu’on perde et qu’on ne soit pas à la hauteur. D’où l’utilité des critiques et des lecteurs… "

Pourvu que tous les journalistes et, notamment les patrons des journaux en perdition, aient lu, découpé et encadré sur leur bureau cet article de Jean Claude Guillebaud.

Mais je déblogue…

(1) contact@empreintes.graphiques.fr

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Samedi 8 octobre 2005

Le " Roquet de Neuilly " semble avoir eu peur, mercredi dernier, de se retrouver, un soir de 2007, à la Société Protectrice des Animaux Politiques (SPAP). Cette association, filiale de la Fondation Brigitte Bardot, recueille, en effet, dans son refuge de Saint-Tropez, aux cotés des ânes, des chèvres et des cabots, les délaissés du suffrage universel. Elle se préoccupe aussi, fortement, des conditions d’abattage des plus âgés d’entre eux par des tueurs peu scrupuleux. Tout un programme politique d’un intérêt supérieur.

Elle avait donc sollicité le privilège de rencontrer, un mercredi matin, pourtant jour chargé, le plus qualifié des Ministres, pour évoquer, en tête à tête, ces perspectives douloureuses. Victime d’une violente prise de tête, cet homme providentiel, n’a accepté, selon la version officielle, que vers midi, de confier ses états d’âme à BB alors qu’il n’avait pas eu assez de forces pour se rendre au conseil de classe hebdomadaire de l’Elysée.

Brice Hortefeux, fidèle des fidèles, à sa sortie de la salle des " Profs en Sciences politiques ", a tenu à préciser que son mentor était " souffrant ". "Il est couché", a-t-il ajouté, comme un bon copain tentant d’excuser une absence douteuse d’un pote à une interrogation écrite. Il espérait ainsi obtenir un billet d’absence justifiée du " surgé " Droopy, sûrement très suspicieux, en entendant cette excuse éculée de potache . Certains fourbes avaient en effet, immédiatement, transformé la migraine…en bouderie car il était improbable que Brigitte ait accepté d’être reçue dans une antichambre et encore moins, désormais, dans une chambre !

Le Roquet, qui prône la "rupture" dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007, avait récolté, la veille, un zéro pointé, de la part de " Crin Blanc ", excédé des commentaires proférés alors qu’il était en plein cours de " politique friction " à la télé. De là, à penser, qu’il refusait de s’asseoir à la même table que de honteux " libéraux réformistes ", il n’y avait qu’un pas que ces foutus journalistes avaient allègrement franchi. La migraine devenait alors, l’arme politique suprême, consacrant un terrible et retentissant " je vous aime, moi non plus ! ". Le prétexte pour un divorce spectaculaire le jour où, malencontreusement, deux de ses amis, occupaient la une de l’actualité. Alain Delon allait passer des examens… médicaux et, le toujours fin Depardieu, avait proprement assommé un paparazzi indélicat. Le coup d’éclat ayant peu de chance d’éclipser ces deux infos retentissantes, il semble que la prise de tête médiatique fut vite résolue par deux Doliprane 500 encore remboursés (pour peu de temps) par la sécurité sociale. Une tempête dans un verre d’eau effervescente.

En fait, j’ai pensé, à ce moment là, aux matins où j’ai bien du mal à décoller, où je me réveille miné par un pan ou un autre de la vie publique, tourné et retourné, dans ma tête, durant une bonne partie de la nuit, où je suis tenté par le renoncement. Les gens ne supposent pas combien je doute de moi même de mes décisions, de mes choix, de mes intuitions ; combien j’envie ceux qui n’ont que des certitudes, que de la constance dans leurs qualités personnelles, que des ambitions. Alors, beaucoup plus que la fameuse tentation de Venise, c’est celle de la migraine qui pointe.

Elle me permettrait de tourner le dos, durant quelques heures, aux responsabilités, aux obligations, aux inévitables confrontations. La grippe n’est pas mal aussi et la gastro constitue aussi un recours possible car moins durable. Prisonnier du respect des engagements pris, je finis par repousser l’idée même de la fausse vraie excuse pour traverser la Place et aller au contact des problèmes. Car forcément ce ne sont que des problèmes qui affluent en quelques instants. Et, il faut le reconnaître, la migraine, la vraie, est tellement terrible qu’il vaut mieux ne pas l’appeler de ses vœux.

Chaque jour, dimanche compris, je préfère aller chercher l’énergie d’affronter la réalité les mains nues, sans filet, sans autre soutien réel que celui que peut vous procurer l’amitié, la vraie, celle qui vous rassure. Elle devient cependant d’autant plus rare que vous demeurez authentique. Dans la vie publique actuelle il ne faut ni innover, ni exister, ni afficher ses faiblesses, ni surtout aller contre les idées dominantes. Il est indispensable de paraître avant d’être.

La proximité, tellement souhaitée par les électrices et les électeurs, les a transformés en vampires de la vie personnelle de leurs élus de la France d’en bas. Je ne songe absolument pas à le leur reprocher car je ne peux concevoir autrement mes mandats mais ils ne se rendent pas comptent que le cumul de toutes leurs ponctions énergétiques qu’ils font à leur seul profit, affaiblit les forces que je peux consacrer à l’intérêt général. Mais nul ne peut se plaindre. Les annonces de renoncement programmé se succèdent donc chez mes collègues. Ils préfèrent la fuite à la pression! 

Je comprends donc que la migraine puisse constituer un refuge pour le " Roquet ". Il a le droit de n’être qu’un homme. Il a le droit de ne pas supporter le regard inquisiteur de ses copains de classe. Il a le droit de bouder dans son coin ministériel. Il a le droit de chercher à se soustraire à la pression de sa pesante ambition. Il a le droit, lui aussi, à certains moments, de se retirer du monde.Je le comprends car je suis certain que, sous sa couette, sans son épouse, avec de la glace sur la tête, osant à peine ouvrir les yeux dans une chambre aux volets mi-clos, il a pensé à ces pauvres gens qu’il fait expulser d’un squat lamentable pour les expédier dans l’incertitude, à ces immigrés ayant cru en notre pseudo Eldorado et qu’il met de force dans l’avion du retour, à Jean Louis Debré son ami de trente ans qui a ironisé en déclarant : "J'espère qu'il va mieux mais ça se soigne la migraine". C'est sympa...On se croirait revenu à l'époque de Chirac et Blladur!

C’est probablement ce qui lui a redonné le courage de se lever vers midi pour retrouver BB qui défend, avec vigueur, ces pauvres animaux de compagnie sans toit, sans nouriture, séparés de leurs petits et plus encore sans amis alors qu’ils seraient 30 millions. Quant aux femmes et aux hommes... C'est une autre histoire!

Mais je déblogue…

BLOG SUP  : Aujourd'hui je vous autorise à lire autre chose que ce blog (je plaisante). Amis de tous horizons, lisez "Qu'est-ce que la liberté d'expression?" le blog hebdomadaire de Jean Claude Guillebaud dans Sud Ouest Dimanche. Remarquable. Splendide. Exceptionnel moment de vrai éditorialiste!

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Vendredi 7 octobre 2005

Ce soir, les ressorts des canapés vont souffrir. Les stocks de bière diminueront. Les manifestations sonneront creux. Les femmes auront du mal à imposer leur choix de programme télévisé. La France du ballon rond vivra intensément, le rendez-vous le plus important de l’année. Elle attendra le miracle suisse, celui qui mettrait la bande à Zizou à l’heure du mondial allemand…Pour la durée d’un match, on retrouvera l’union sacrée. Bizarre signe du destin, tout se jouera sur la capacité des Bleus à faire sauter un coffre fort bernois. Fini le blocus du port de Marseille. Oubliés les marins corses. Enterrées promesses télévisées de "Crin Blanc". Banalisées les bisbilles internes des socialistes. Le sort du pays repose sur le bout de la godasse d’un milliardaire fragile des adducteurs.

Jamais dans notre société le foot n’a eu une telle importance. Il faut reconnaître que ce sport là occulte l’autre. Le foot spectacle étouffe celui des clochers. Bizarrement, celui des étoiles, n’a plus aucun lien avec le terrain où sont implantées ses racines nourricières. Il n’est fait que pour faire rêver ou pour être voué aux gémonies. Le bleu de notre ciel dépend de la réussite de gars pour qui le moindre pas, le moindre geste technique, la moindre inspiration, la moindre inspiration peuvent déchaîner les passions. Les millions se déversent sur la tête d’idoles peu regardantes sur les difficultés de ceux qui les adorent. Pour elles, le résultat ne changera qu’en mieux des exils dorés ou des parcours déjà glorieux. S’ils vont en Suisse d’habitude, c’est de manière plus anonyme, pour y visiter quelques consignes ou pour réaliser des placements moins hasardeux que ceux que leur demandera tout à l'heure Monsieur Raymond. Ce soir, ils ne mettront en jeu que leur réputation, sur un but en or.

Dimanche après-midi des joueurs de villages, de moins en moins motivés, entreront majoritairement sur des champs de patates pour des matchs incertains. Eux, ils ne jouent pas leur image sur une rencontre. Dans des clubs rongés par le pillage organisé de leurs finances par une Fédération, une Ligue, un District nourrisseurs de multiples parastes ils tentent de garder leur passion pour un sport en perdition. Submergés par la vague des débutants, par le piaillement des " poussins ", par les besoins des " pupilles " les dirigeants voient fondre leur investissement bénévole quand arrivent les + de 14 ans. Le foot ordinaire ne les attire plus. Ils sont usés par des saisons exigeantes reposant sur des entraînements réguliers, intensifs, par des matchs trop nombreux, par des émotions de victoires ou de défaites présentées par les parents comme les égales de celles des vedettes. Ils ont accompli les rites des " grands ", brandissant des coupes au-dessus de leur tête, effectuant des tours d’honneur retentissants, fêtant leurs exploits au Coca…Le sport cède alors la place à la facilité de l’inactivité, de la sortie avec les copains, de la liberté retrouvée. Parfois la pression des résultats scolaires achève les espoirs de poursuite d’une carrière que les parents (maman souvent davantage que papa) avaient espérée prometteuse si ce n’est rentable. Ils iront parfois, dans leur vie, se réfugier dans le virage sud du stade Chaban Delmas pour brailler collectivement leur soutien inconditionnel à des Bordelais ayant un amour chaotique de leur maillot. Là, ils se construiront un statut désastreux de supporteur, celui qui vous fait oublier que le football professionnel n’est qu’un spectacle avant d’être un sport. Ils reviendront encore, plus tard, dans cette enceinte quand leurs moyens leur permettront de passer sur les rangées des tribunes latérales. Un salaire ou une retraite modestes, mais assurés, les conduiront dans celle dite " de face "… Une profession libérale, un statut de cadre, des relations dans le milieu économique ou politique, les feront peut-être un soir, s’installer dans celle dite " d’honneur ". La consécration qui débouchera sur une esprit plus critique. Jusqu’au soir où ils se décideront à rester sur le canapé devant Canal + car ils auront enfin les moyens de s’éviter un déplacement compliqué…Ils ne joueront plus au foot que par procuration, soit avec leur fils soit devant la télé.

A moins que le virus les reprenne et qu’ils rechaussent, vingt ans après, des crampons usagés. Le temps de " vétérance ", condense tous les plus mauvais cotés des pratiques collectives. Il leur permet surtout, simplement, de conter au travail des exploits dont ils avaient oublié les bienfaits depuis belle lurette. Des groupes se forment, hors fédération, sortes d’équipes identitaires issues de bars, de " marque " d’apéro, de métiers, de retrouvailles d’un maillot d’antan... Le plaisir principal réside dans ce sentiment obscur de ne plus vieillir. S’ils perdent des points, c’est, plus souvent, sur leur permis de conduire, après des soirées trop arrosées, que sur les terrains.

Les Bleus porteront, ce soir, en Suisse, tous les espoirs de cette famille disparate du ballon rond, celle des fistons admiratifs, celle des pères réputés fins tacticiens, des grands-pères blasés. Tous attendront le hold-up parfait, celui qui augmenterait le capital incertain de la " petite entreprise " Zizou & Co.

Si par hasard le "blues des Bleus" s’empare de l’Hexagone, la France manquera le rendez-vous de sa…glorieuse mondialisation. Nul ne peut prévoir l’incidence que ce désastre aura sur les échéances électorales prochaines. Il faudra bien que quelqu’un paie. " Droopy " rangera son télégramme sur la France qui gagne ! " Crin Blanc " n’ira pas demain " à la Clairefontaine "…pour serrer les mains. Le " Roquet de Neuilly " convoquera immédiatement un colloque de l’UMP sur les mesures à prendre pour redonner du souffle aux Bleus. Henri, Arnaud, Vincent, Laurent, Jean Luc, Alain rédigeront un amendement à leurs motions pour stigmatiser une tactique ayant renoncé à déborder par la gauche, la défense suisse. Jack, François, Dominique, Ségolène, Martine jureront que c’est la volonté, le pragmatisme, l’efficacité qui ont manqué à une équipe déséquilibré sur justement son flanc gauche. A Marseille la grève montera d’un cran. Les ferries corses resteront encore longtemps à quai… Le dimanche n’aura pas le même goût.

Alors, ce soir, habillez vous en bleu, achetez une corne de brume, croisez les doigts et lâchez vous. " Nous aurons gagné… ou ils auront perdu ! ". C’est l’enjeu de cette escapade d’un soir en Suisse.

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Jeudi 6 octobre 2005

In vino véritas…La vérité sera, pour combien de temps encore, à Bordeaux, dans le vin. Faute de lire l’avenir dans le marc de café, les économistes girondins le prédirait dans le marc des fins de fermentation ou de pressage. Le cru 2005 aurait ainsi l’horrible privilège d’être abondant, de très grande qualité et plus encore fort prometteur pour son avenir. Autant de qualités qui inquiètent le " marché " car il aurait préféré une " mauvaise " année permettant de résorber les excédents dont regorge une majorité de chais. Chacun sait que les pénuries favorisent la hausse alors que l’abondance n’a  jamais amélioré les affaires.

Le vin, seule production sur laquelle la FNSEA, n’impose pas sa loi en raison de la gestion historique des syndicats réputés indépendants et d’un conseil pluridisciplinaire (le CIVB) où les acheteurs côtoient les producteurs, ne va pas globalement pour le mieux. Les viticulteurs les plus fragiles titubent face aux aléas d’un marché mondial de plus en plus concurrentiel. Mais quand on parle de " viticulteurs " il faudrait se mettre d’accord sur une définition économique et sociale de cette noble profession. En effet, dans les domaines de la production de vins de plus ou moins célèbres, il y a des catégories très diverses dont on fait semblant de croire qu’elles recouvrent des réalités communes.

Par exemple, peut-on considérer que des assurances, des mutuelles, des grands brasseurs, des armateurs, des chirurgiens, des avocats, des entrepreneurs… sont réellement des " exploitants agricoles " ou même de véritables viticulteurs ? Ils amortissent les éventuelles crises dans une globalité de leurs affaires dans laquelle le " vin " correspond parfois seulement à une garantie patrimoniale, une " danseuse " ou à un " supplément potentiel de revenus ". Dans le contexte actuel ils pourront, quoiqu’il advienne, tenir dans la tourmente. Comme, en plus, très souvent, ils possèdent les clés de la commercialisation de leur produit " haut de gamme " ces exploitants regardent les difficultés des autres avec condescendance. La crise ne touche pas leur petite entreprise !

Que dire de ceux qui ont largement déployé leur fortune accumulée durant la période dorée, sur tous les continents producteurs, afin de se constituer des " para…chutes des cours " ? Ils se sont constitués un " catalogue " large, polyvalent, déclinant les divers tarifs, la gamme mondiale de Mondovino et les autorisant à ne pas craindre les fluctuations des goûts de la clientèle. Sont ils encore des " viticulteurs " ou des " multinationales du vin " du style de celles qui pratiquent, par succursales interposées, la délocalisation ?

Il faudrait donc restituer au monde " agricole " sa spécificité originelle, celle, reposant sur une adéquation réelle entre les revenus et la production. Les vrais viticulteurs souffrent puisqu’ils ne peuvent ni compenser l’effondrement de leurs ressources par d’autres profits ni pallier la faiblesse des cours français par une montée de leurs ventes de productions extérieures. Les prochains mois risquent donc d’être dramatiques pour ceux d’entre eux qui ont porté depuis des années leurs efforts sur le " produit " et pas nécessairement sur le " commerce ".

En faisant trop confiance au négoce pour assurer communication, diffusion et recherche des débouchés ils se sont livrés, pieds et poings liés, à cette loi du marché ayant tué des pans entiers de l’économie dans d’autres secteurs spécialisés. Dans l’Entre Deux Mers, la Caisse de recouvrement des créances du Crédit Agricole aurait en instance le sort d’une centaine d’exploitations à bout de souffle financièrement… Et les prévisions de la " banque verte " ne virent pas au rose ! Paradoxalement le Crédit agricole se retrouve avec deux types de clientèle parmi ses sociétaires attitrés : ceux qui placent des revenus et n’empruntent plus et ceux qui ne peuvent plus faire face à leurs échéances et réclament des exonérations ou des prêts sans fonds !

Ce soir, lors d’un débat lénifiant, ou les langues de bois n’ont pas fait sept tours dans toutes les bouches politiques, j’ai eu le tort d’affirmer que les rapports entre la politique et l’économie avaient besoin d’être clarifiés, soulevant illico des déclarations de vierges effarouchées de ceux qui sont prêts à jurer que jamais au grand jamais ils accepteraient une subvention des pouvoirs publics. " Laissez nous entreprendre. Votre argent nous n’en n’avons pas besoin " a clamé, outragé, un maire entrepreneur qui, quelques minutes auparavant avait décrit son parcours méritant, idyllique, exceptionnel dû uniquement à… son talent personnel consistant à vendre à la grande distribution. " Les subventions du Conseil régional en faveur des entreprises sont inutiles et doivent être supprimées "  a renchéri une Conseillère régionale dopée par le parterre néo-libéral ! La salle l’a d’ailleurs applaudie comme si, jamais au grand jamais, ses supporters d’un soir n’avaient eu recours aux politiques pour les soutenir dans leurs demandes diverses…

Ils n’attendent rien des élus, foi de libéral sincère. a part que ces élus leur laissent faire le maximum de profit tant qu’ils peuvent en faire, qu’ils les laissent virer qui ils veulent, quand ils veulent et qu’ils viennent à leur rescousse quand la conjoncture est moins favorable.

Je propose donc immédiatement d’appliquer ces mesures, présentées comme un fondement de la libre entreprise, au monde viticole : suppression des aides de toutes sortes (primes à l’arrachage ou à la distillation payées avec mes impôts par exemple) sous le prétexte que " les canards boiteux " doivent disparaître.

J’attends maintenant avec impatience des déclarations médiatisées de ces élus de terrain affirmant que plus un € d’argent public ne doit aller en soutien au monde des entreprises ou à celui de l’agriculture. Chiche qu’ils vont écrire à Crin Blanc dans ce sens !

Pour avoir osé dire qu’il faudrait un jour poser clairement le lien qu’il doit y avoir entre l’économie et la politique, j’ai déchaîné, hier soir une tempête dans un verre de vin… L’économie est pure, loyale, saine, indépendante et plus encore capable s’assumer sa survie. Si c'était vrai ça se saurait!

Pour ces élus UMP, la réponse à cette interrogation absurde de l’un de leur collègue gauchiste ne souffre aucune doute… Tellement que je me suis pincé en me demandant ce qu’ils étaient venus faire à une réunion de compte rendu d’une étude territoriale essentiellement consacrée au rôle possible des élus dans le développement économique… Etude dont le financement n’avait été assuré que par des fonds publics !

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Mercredi 5 octobre 2005

Jacques Chirac ne recule devant rien. Il a cette énorme capacité consistant à s’approprier n’importe quelle position politique afin de surfer sur les événements et les récupérer à son profit. Tout le monde se souvient, avec quel aplomb, il avait promis de " réduire la fracture sociale ". Aussitôt dit, aussitôt oublé. Parfois, certains exégètes de son propre parti, lui reprochent des déclarations calculées comme si leur mentor affichait des penchants inassouvis pour une certaine forme de radical socialisme. Le Figaro de mercredi matin en était tout retourné! Droopy joue habilement sur ce registre servant à le démarquer, opportunément, d’une image libérale, de plus en plus pesante, portée par les décisions politiques d’un gouvernement dont il semble suivre, de loin, les décisions ou les prises de position. Ce Chirac là, est social opportuniste!

Il a tout de même tapé fort, hier, dans le plus pur style des poujadistes d’antan. Une défense et illustration du manque de courage désastreux de la France d’en haut. Droopy, triste et isolé, a renoué avec la stratégie du bouc émissaire, celle qui consiste à se défausser de ses propres responsabilités sur des décideurs lointains et inconnus. En général, elle est efficace.Surtout quand elle est utilisée au bon moment, celui précedent le départ d’une offensive potentielle. La meilleure défense demeure toujours l'attaque. Il le sait. Il l'a toujours pratiqué!

La France d’en bas, celle du travail, défilait dans les rues. Elle réclamait, aux responsables du Pays, des mesures de protection de son statut et de son pouvoir d’achat. Rien de bien nouveau. Il y avait certes des partisans du non mais aussi des défenseurs du oui échaudés et meurtris. Il a donc fallu que, de son Palais transformé en bunker pour éviter les attaques convulsives du " Roquet de Neuilly ", il détourne le " tir massif " vers… Bruxelles, en déclarant, sérieux comme un pape du mensonge, : " nous avons une commission qui évolue de concession en concession et qui ne défend pas les intérêts de l’Europe!"  Excusez du peu mais il ne serait jamais venu à l'idée de François Hollande, Dominique Strauss Kahn ou même de l'incontournable Jack Lang de prononcer pareil anathème.

Extraordinaire déclaration d'un défenseur zélé de cette Commission européenn, qui, il y a encore quelques mois. Il appelait avec une émouvante sincérité, les Françaises et les Français à se prononcer pour un Traité constitutionnel encore plus libéral, encore plus tolérant pour les plans sociaux massif. Quand certains affirmaient, courageusement, que ce document indigeste figerait définitivement un système économique européen résolument tourné vers le libéralisme triomphant, Droopy  répondait, avec le chœur des vierges effarouchées, que ce n’était que procès d’intention… Mieux, les choristes affirmaient que les " délocalisations " n’existaient pas et que de toutes manières elles étaient globalement " profitables " à la France. Mieux, on entendait l’argument qui devait tuer les tenants du non : être pour le non, c’était être anti-européen ! Or voici que, désormais, les plus farouches partisans de ce " oui résigné " reprochent  à " leur Europe " de ne pas pallier leurs propres carences et de ne pas être interventionniste.

José Manuel Barosso, lui aussi défenseur d’un libéralisme intégral, ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Fidèle à sa vision de l’Europe il a eu, de ce point de vue, totalement raison de renvoyer la France à la gestion de ses affaires intérieures. Et surtout de faire remarquer, à son Président de la République, que la Commission avait proposé de créer un fonds doté de sept milliards d’€ pour amortir le choc des restructurations et que… la France s’y est opposée avec une "virulence particulière".  Ce que n’ignore pas Jacques Chirac. Ce direct du droit ne l’a pas ému outre mesure puisque son effet d’annonce était loin derrière ! Le Droopy a du coffre.

Il n’a pas davantage perdu son aplomb puisque, en conseil des Ministres, au lendemain de la forte mobilisation syndicale sur l'emploi et les salaires, il a demandé à Crin Blanc " de faire un point à la fois sur les enseignements à tirer de la journée d'action et par ailleurs sur la SNCM ". Chirac aurait même lourdement insisté, dans un moment de lucidité extrême, sur le fait " qu'il était absolument indispensable d'écouter l'ensemble des Français, ceux qui avaient manifesté comme ceux qui ne l'avaient pas fait, ceux qui avaient fait la grève comme ceux qui ne l'avaient pas faite ". Il a poussé le bouchon un peu plus loin en infligeant des devoirs du soir relatifs à la " crise du logement " à ces moins que rien, peu travailleurs, que sont les copains du fougueux " Crin Blanc " agacé par des morsures permanentes aux jarrets du " Roquet de Neuilly ".

Chirac ne recule devant aucune déclaration d’intention. Il connaît bien la phrase voulant que " les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent ". Il sait qu’elle est d’un certain Charles Pasqua. Et le bougre, en la matière, il en connaissait un rayon…

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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