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Dimanche 23 octobre 2005

Un secret de polichinelle peut faire l’effet d’une bombe médiatique. Surtout quand l’actualité est creuse et que l’on s’ennuie le samedi. En officialisant le retour d’Alain le Magnifique, béatifié par un tribunal injuste, la présidente girondine de l’UMP a réalisé, (par inadvertance?) le scoop de sa vie. Face aux caméras, aux micros, aux porteurs de stylos de permanence la fée Carabosse de Gujan jubilait. Elle agissait sur ordre de Droopy et grillait ainsi la politesse au Roquet de Neuilly obligé de s’esbaudir sur ce come-back exclusivement destiné à lui compliquer la route de la candidature à la candidature.

En effet toutes les rédactions " généralement bien informées " savaient que l’Elysée préparait cette annonce faite au Pays : le condamné au bagne québécois dont le blog était depuis quelques temps d’un ésotérisme absolu devait annoncer son retour aux affaires. Le déplacement ébouriffant du journal Sud Ouest dans la Belle Province avait rassuré tout le monde : le mortifié de la démocratie gardait le moral , mieux il y accomplissait une retraite politique vivifiante, il y vivait dans un anonymat bienfaisant. Il y attendait simplement qu’il y ait du nouveau à l’Est, là-bas, où l’on gardait un souvenir ému de lui. Quelques pages bien senties, quelques images décontractées, un zeste de " pipolerie ", un ou deux compliments de son homologue de la ville de Québec, un peu de sirop d’érable dans les tuyaux médiatiques : la préparation apparemment poétique était soigneusement programmée. " Le meilleur d’entre nous " ne pouvait pas décemment laisser, Crin Blanc et le Bouledogue du Perchoir, tenir seuls la boutique. Il fallait qu’il donne un signe fort, un coup de semonce, un espoir aux partisans de Droopy, ragaillardis par la récente descente de leur favori dans la " fosse de Lyon ".

LA SIMPLICITE DE LA DEMARCHE

En confiant le soin de jouer l’ange Gabriel, à la plus innocente des messagères, il a voulu jouer à fond la carte de la simplicité de sa démarche. L’émule de Jacques Cartier a privilégié la proximité, de telle manière que les cœurs du Peuple frémissent de cette émouvante modestie. La nature politique ayant horreur du vide, elle appréciera cette révélation rassurante à sa juste valeur. Lui qui, pendant des années, a annoncé et soutenu les candidatures des autres a laissé le soin de le faire, cette fois, à la base. La fée Carabosse de Gujan y a gagné en notoriété. Elle a acquis une soudaine légitimité face à la meute sarkosistes nichée à Arcachon, grâce une confidence calculée venue d’Outre Atlantique. Elle a aussi, au passage, enterré Jacques Valade puisque " Saint Martin de Bordeaux" partagera, une fois encore, son manteau d’élu du Peuple avec un pauvre erre. Il recevra probablement un nouveau dédommagement de cette reprise en mains du patrimoine bordelais. La tête de liste aux sénatoriales en Gironde lui permettrait par exemple de goûter aux joies du Luxembourg en 2008 après celles du Parlement européen et celle du Palais Bourbon… Il deviendrait ainsi le premier Girondin a réaliser le grand Chelem et le premier à s’appliquer à lui-même le Contrat Nouvelle Embauche. Encore deux ans et il ira chercher du boulot ailleurs… mais avec la certitude de trouver un job ! Cette annonce n’a pas du paire à tout le monde.

Claire Chazal, si souriante vendredi soir face à " Black Jack ", a dû, par exemple, pleurer toutes les larmes de son corps en constatant qu’on ne lui avait pas réservé la primeur de cette info. Comment Alain a-t-il pu lui faire une crasse pareille ? Comment a-t-il pu contourner son 20 heures de TF1, alors qu’un direct, avec en arrière-plan les rives rouges et or du Saint Laurent, aurait été si romantique ? C’est à désespérer du journalisme. Même le tire-bouchon n’a rien vu venir. Injuste et déprimant alors qu’ils avaient réalisé le maximum pour qu’Alain le Magnifique ne soit pas oublié de ses ouailles.

ICI QUEBEC ALAIN PARLE AUX FRANCAIS

La résistance va maintenant s’organiser autour du revenant potentiel. Chaque jour des messages codés seront transmis via le blog " alljup.com ". Soyez attentifs et je vous en révèle quelques-uns dans le genre : " Ici Québec. Alain parle aux Français "…" Attachez l’âne au pied du chêne et donnez lui son picotin " ou " Prévenez le Pape Clément que la récolte n’est pas encore dans le chai et qu’il reste chez lui " ou " Le Père Noël n’a plus qu’à bien se tenir chez les morues " ou " Jetez la Lyonnaise à l’eau que je n’ai point à le faire " ou " Amstram, tram, tram, pique et pique et colétram… Je répète pour la deuxième tranche : amstram, tram, tram , pique et pique et colétram ! " ou " la rose ne fleurira pas sur la Garonne " ou encore " Remboursez le le Nicopriv ou ça va fumer ! "… Les initiés sauront préparer le terrain, selon ces consignes directement inspirées du Gaullisme historique. Ils le baliseront pour un atterrissage en douceur en septembre 2006 en pleine campagne. Quelques coups de feu à droite ou à gauche, quelques conseils secrets échappant aux limiers du Ministère de l’Intérieur, une ou deux embuscades pour piéger les bataillons enthousiastes du Roquet, une citation à l’ordre de la Nation attribuée par Droopy dans son entretien du 14 Juillet 2006 (je vous le rappellerai en temps opportun) et le tour sera joué.

Toutes les élections basées sur un retour le prouvent : l’électeur a la mémoire courte, une capacité d’indulgence énorme, un sentiment d’injustice latent, une envie irrépressible d’être aimé des grands, une indifférence insondable. Dans un tel contexte toutes les " victimes " deviennent des héros potentiels. Il leur suffit d’attendre le bon moment pour tenter leur chance. Saint Alain, celui qui a enduré, sans mot dire, le supplice du Tribunal, pour sauver les autres, revient. Effeuillez les roses pour lui faire piétiner les pétales épars. Préparez la jonchée de lauriers. Que les chorales des RPA s’entraînent pour chanter ses louanges. Ce n’est plus qu’une question de mois.

Il y a un Jédaï qui sommeille dans le cœur de tous les hommes politiques. Il ne demande qu’à se réveiller pour venir au secours des déshérités, des opprimés, des gens menacés. Droopy, qui est dans ce cas, a su le convaincre de reprendre le chemin du combat. Admirable de loyauté et de reconnaissance désintéressée.

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Samedi 22 octobre 2005

Les journées d’information, les rencontres, les assemblées générales, les salons, les colloques, les symposiums, les congrès nationaux ou européens prolifèrent au fil des ans. Chaque semaine arrivent en Mairie des offres plus ou moins spécialisées destinées aux élus et aux cadres des collectivités. Chacune d’entre elles se positionne dans une ville clé du territoire mais très souvent elle se réfugie dans des espaces parisiens. Les tarifs destinés à aspirer les crédits ouverts par les " grandes " collectivités ne sont pas donnés. Il est vrai que les lois prévoient que les budgets publics doivent inscrire, pour la formation des élus, une ligne obligatoire qu’il faut bien, d’une manière ou une autre, dépenser.

Ces événements, plus ou moins médiatiques, ont leur utilité dans la mesure où elles permettent des prises d’information, des retours d’expérience et souvent se révèlent profitables en terme de réflexion sur des orientations de gestion. N’empêche qu’il n’est pas humainement (et surtout financièrement quand comme moi on se paie absolument tout, des droits d’inscription au voyage et à l’hébergement) possible de suivre toutes les offres. Tant que l’on n’aura pas eu le courage de régler le statut des élus locaux il faut aussi prendre en compte le fait que rares sont les " actifs " qui peuvent distraire sur leur emploi du temps des journées entières consacrées à des débats plus ou moins éloignés de leurs préoccupations quotidiennes.

Ces rencontres ont, pourtqnt de plus en plus de mal, à faire le plein et la concurrence devient sévère. Les Congrès n’attirent plus la foule sauf quand il existe des enjeux électoraux forts comme le renouvellement de leurs instances. La première réunion rassemble la foule des prétendants à un poste d’administratrice ou d’administrateur mais les autres, par la suite, laissent des fauteuils vides. Les syndicats, les mutuelles, les partis politiques, les associations connaissent ce phénomène dit de " la carte de visite " consistant à augmenter les lignes d’affichage d’une activité débordante sans pour autant, ensuite, justifier la délégation que l’on a reçue.

Ce type de réunion rassemble donc, des habitués qui écoutent religieusement les prises de position des… habitués des estrades. En effet, le système finit par ronronner dans la mesure où les " représentatifs " sont répertoriés par les organisateurs qui leur doivent souvent leur propre statut. Le discours est convenu. Les positions stratifiées. Les temps de débat limités car les intervenants ont souvent " d’autres obligations " et ils mangent tout l’espace ouvert pour traiter un sujet. L’arrivée d’un " intrus ", d un " empêcheur " de discuter en rond, fait vite tache dans le milieu. On se mettra vite d’accord pour le renvoyer dans ses pénates. Le parler vrai s’accommode mal de l’irremplaçable " Power Point ". Essayez donc de faire preuve d’imagination, dans un syndicat intercommunal et vous verrez comment vous serez accueilli par vos propres collègues pressés de rentrer chez eux ! Alors, à l’échelle nationale, il faudrait avoir les pouvoirs de l’enchanteur Merlin pour renverser la montagne de la pensée unique.

Les Ministres en ont bien conscience car ils ne se déplacent même plus dans ces manifestations. Si ce malheureux Raffarin, tel Charlemagne, avait voulu les transformer en missi dominici de la politique gouvernementale, il semble que " Crin Blanc " ait bien du mal. Par exemple, à Lille, lors du Congrès des villes cyclables aucun d’entre eux n’a voulu aller au… charbon pour la première fois depuis de longues années. Signe des temps, ils avaient expédié, dans la fosse " verte " aux lions un " directeur adjoint " et une " conseillère de cabinet ". Ces délégations sont extrêmement révélatrices d’une évolution des pratiques politiques : elles se fonctionnarisent. L’élu ne se met plus en danger. Il fait recevoir, sur les problèmes chauds, par ses " collaboratrices ou collaborateurs " de telle manière à ne pas s’exposer. Et quand il y a le moindre risque il expédie en mission un pauvre malheureux " punching-ball ", qui en prend plein la gueule et justifie ainsi son salaire. Il écrira, à son retour dans son bureau, une note qui finira sa course en classement vertical !

" Voyez ma secrétaire " lâche le PDG pressé… " Voyez mon cabinet " dit le Ministre gêné. Beaucoup devraient s’inspirer d’un conseil que m’avait confié André Labarrère, Député Maire de Pau. " Mon garçon, la technique est simple. Tu reçois tout le monde. Mais quand tu sens que tu as affaire à un cas douteux, tu lui fixes rendez-vous un matin à 6 heures. Tu verras vite s’il a véritablement besoin de te voir ou pas. En général si c’est important il confirme. Si c’est futile il ne fera pas l’effort de se lever ". Le problème c’est qu’il lui fallait respecter l’engagement pris. Et, lui, il le faisait.

La démocratie s’englue dans la complexité de son propre fonctionnement. Celles et ceux qui ont en charge de la faire vivre en maîtrisent, de moins en moins, les leviers car ils ne réussissent plus à maîtriser leur principal adversaire : le temps. Ils courent d’une réunion à un Congrès, ils donnent quelques minutes à des délégations et offrent leur savoir, en quelques secondes, à la télé…Ils saupoudrent leur présence. Ils comptent sur le système médiatique pour décupler leur présence sur ce fameux " terrain " où ils descendent sur la pointe des pieds. Enfin pas tous !

Il paraît, selon le Canard Enchainé (ma lecture favorite) que Dame Bernadette de Corrèze ait été obligée de tirer par la manche le Ministre des Transports sur ses terres afin qu’il lui accorde des aides pour la construction d’une gare TGV essentielle aux liaisons européennes à Brive. Mieux, elle a réussi, elle, modeste Conseillère générale, à déplacer le Commissaire européen Jacques Barrot pour qu’il annonce qu’il trouverait les crédits refusés à la Bordeaux Pau ou à la LGV structurante de Bordeaux vers l’Espagne. Comme quoi quand ils le veulent les Ministres sont présents sur le terrain auprès des élus locaux…

C’est pour ça, comme l’écrirait, avec son humour quotidien si rafraîchissant, Christian Seguin, dans Sud-Ouest, que… " Rien n’est perdu ".

Je suis certain que l’exemple venant de la France d’en Haut, la brillante descente dans une ANPE sur Lyon de Droopy fera école. Lui qui s’est préoccupé de savoir s’il fallait qu’une aide ménagère sache " repasser deux chemises en 20 minutes " a, une fois encore, montré le chemin de la proximité avec le Peuple. Les Ministres n’ont plus qu’à bien se tenir…et à retrouver, au minimum, le chemin des Congrès.

Mais je déblogue…

 

 

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Vendredi 21 octobre 2005

J’ai toujours essayé d’imaginer ce que les anthropologues (mais les appellera-t-on encore ainsi ?) dans des millions d’années, s’ils en ont la possibilité, garderont de notre époque. Ils devront à partir d’infimes bribes d’une société de l’éphémère reconstituer ce qui prétend être une civilisation. Celle de l’information.

 Jamais sur la planète on a  en effet expédié, sur tous les supports imaginables un tel flot d’informations en tous genres. Et paradoxalement jamais les hommes ont été aussi peu informés car il leur faut face à ce déluge avoir les clés permettant de se repérer, de savoir décoder pour enfin savoir apprécier. Soigneusement les « dominants » évitent de lui fournir les repères utiles et dans notre propre système scolaire on continue à penser que la culture se joue sur la connaissance des œuvres du répertoire classique alors qu’on éduque que rarement un enfant ou un adolescent à détecter les arnaques du monde audiovisuel. Quant et où apprend-on les arcanes de la fabrication d’un journal télévisé ? Quand et où forme-t-on à apprécier la différence entre images d’archives, images d’état, images de reportages, interviews de complaisance ou véritable enquête ? Quand et où fournit-on au futur citoyen les outils nécessaires pour se débattre dans la jungle de la sur information ? Quand et où lui explique-t-on le rôle des professions de la communication ? Le citoyen est réputé avoir la connaissance infuse, devenue fondamentale, des subtilités d’un système extrêmement sophistiqué et pervers influant quotidiennement sur son comportement. Il absorbe, il admire, il se réfère à des journaux télévisés ou non qui comportent moins de textes écrits que deux pages de leur quotidien, qui utilisent majoritairement les mêmes sources, qui vendent les mêmes sujets au nom du sacro-saint audimat.

Les anthropologues dans des millions d’années, à partir des découverets des archéologues, écriront des « livres » virtuels sur « l’homo journalisticus » qu’ils déclineront en plusieurs sous-catégories identifiables à des restes plus ou moins interprétables. Cette espèce , malheureusement menacée, dans le secteur de l’écrit prolifère en revanche sur les autres supports. Il faudra étudier ses mœurs de près pour en comprendre les mutations tant elles auront été rapides bouleversantes, transgéniques.

En observant une chaussure, trouvée à proximité d’un foyer d’édition de n’importe quel journal, les scientifiques, j’en suis certain, mettront en évidence une forte diminution de l’usure des semelles. En effet « l’homo journalisticus proximus » décline lentement mais sûrement. Il n’arpente plus les réunions, les colloques, les campagnes, les stades, les lieux dramatiques ou heureux… Il se contente désormais de passer quelques instants, de téléphoner, de travailler sur document ou de regarder la télé, d’acheter des images venues de nulle part et sans s’assurer de leur sincérité, de faire son boulot sans aller sur place pour en mesurer l’impact réel… Il ne vit qu’avec les yeux et les oreilles des autres. Il parle souvent de choses entrevues, saisies par d’autres qu’il accommode selon le menu du jour, selon les besoins de la maison mère. S’il faut du scandale il trouve du scandale. S’il faut du sang il trouve du sang. S’il faut du naturel il fabrique du naturel. S’il faut de la couleuir locale, il transcrit de la couleur locale.

Le « Canard Enchainé » de cette semaine révèle un exemple parfait de la fin prochaine de « l’homo journalisticus proximus ». Le quotidien « le Parisien », pour la bonne cause, a réussi l’exploit, jamais égaléà ma connaissance, de faire écrire, par le même reporter, des articles différents sur la rencontre de football « Marseille Paris Saint Germain ». L’une triomphante pour son édition des Bouches du Rhône, l’autre style « mur des lamentations » pour celle, plus lucrative, de Paris.

Le même mec, réputé fiable et honnête, à vu des faits différents (permettant à son rédacteur en chef de faire des titres totalement opposés) avec les mêmes yeux, pleins de larmes de triomphe après la victoire de l’OM d’indignation après l’affaire des gaz lacrymogènes répandus dans le vestiaire parisien…Redoutable pour la sincérité. Désastreux pour la survie de  « l’homo journalisticus proximus » qui creuse sa tombe. Il ne survivra pas face à « l’homo journalisticus commantarus ».

Celui là, les anthropologues, le retrouveront fossilisé, assis face à la carcasse rouillée d’une caméra, les coudes appuyés sur une table. Il aura un regard fixe, des restes de vêtements de qualité ou de jeans « populaires » et sera toujours en compagnie d’autres squelettes au même profil. Ils finiront par découvrir que cet « homo journalisticus commantarus » avait un avis sur tout. Il pérorait sur des plateaux télé, il commentait même ce qu’il ne connaissait pas, il avait un avis sur le moindre recoin de l’actualité. En général, il dépérit très vite le jour où on le prive de sa notoriété et que sa bobine n’apparaît plus sur le petit écran. Cette espèce parasitaire se nourrit sur le dos des politiques, des sportifs, des vedettes, des gens qui comptent. Il lui fallait vendre le journal dans lequel il ne s’exprimait plus que très rarement, en exposant son savoir, son talent, obligatoirement supérieurs à celle ou celui qu’il avait en face de lui. Cet « homo journalisticus commantarus » se plaçait dans le haut de l’arbre de la race. Il avait un statut largement supérieur à ses autres collègues. Lui il aura survécu à toutes les révolutions des palais. On trouvera sa trace dans des studios de télé, dans ceux des radios, dans des fauteuils de rédaction. Il sera passé par ici. Il sera repassé par là…selon les chefs de tribus.

Probablement que les anthropologues, dénicheront d’autres spécimens dont celui de « l’homo journalisticus guignolus » sur lequel on retrouvera une oreillette fichée dans le trou du conduit auditif.

Je suis certain qu’il finiront bien par déterrer les restes d’un « homo journalisticus ordinarius » en qui on pouvait avoir confiance, dont on admirait la qualité de l’écriture, la méthode d’enquête, la courageuse indépendance tant à l’égard de sa hiérarchie que des chefs en tous genres. Il aura les semelles usées, un stylo Bic et un carnet dans une main et qui sait si près de lui on ne retrouvera pas un verre avec une marque bizarre qui laissera les anthropologues pantois : Ricard…

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Jeudi 20 octobre 2005

Il faudra apprendre à réviser tous les poncifs en vigueur sur les meilleurs amis de l’Homme. Le cheval est en effet selon toutes les statistiques le préféré des femmes qui accourent dans tous les centres hippiques. Si le chien résiste encore à la poussée affectueuse de la gent féminine c’est uniquement parce que les chaussures sont moins en voie de disparition que les gibiers qu’ils poursuivent. Alors une place libre apparaît et comme, c’est bien connu, la nature a horreur du vide elle a doté les mâles d’une compagne modeste mais désormais irremplaçable. Durant des années elle fut affublée du surnom de « Petite Reine » comme si les « grandes Reines » avaient existé. Elle n’avait pourtant réalisé aucune percée particulière dans le monde des têtes couronnées au contraire plutôt dédaigneuses à l’égard de sa compagnie. Et il serait bien présomptueux de prétendre qu’elle avait gagné ce titre de noblesse par une alliance calculée avec celles et ceux qui roulaient carrosse.

Née dans l’esprit inventif d’hommes soucieux d’avancer plus vite que leurs concitoyens, elle ne grandit que quand on sut justement éviter le fameux supplice de la roue pleine et en démultipliant sa révolution. Lentement la Draisienne avait cédé la place au Célérifère, nom barbare engloutit, à son tour, par la notoriété montante du Vélocipède dont les utilisateurs ne retiendront que les deux premières syllabes pour s’approprier un déplacement synonyme de liberté absolue.

Apprendre à conquérir son autonomie, a constitué, durant des décennies, l’objectif de millions d’enfants impatients de caracoler au-delà des limites d’un monde étriqué. Le premier « quad » pédalant apporté dans la hotte d’un Père Noël utilitaire créait donc le ravissement. Il restait à l’apprivoiser. En boucle, dans les jambes des adultes, autour de la table de la salle à manger, dans des allées caillouteuses et malaisées, sur des pelouses chaotiques, le débutant fonçait vers d’improbables lignes d’arrivées. La première étape vers la liberté débutait dès qu’il s’attaquait à la suppression des roues auxiliaires de la stabilité. Une rude épreuve dont les genoux colorés au mercurochrome témoignaient de la difficulté. La joie de zigzaguer sous le regard inquiet d’un mentor prévenant ressemblait à celle de ces rapaces quittant l’aire de leur falaise natale. L’émancipation passée d’abord par la capacité à marcher se confortait par celle de rouler. 

Désormais la moto électrique et le 4x4 motorisé ont envahi les têtes de gondole, le jeu vidéo de « racing car » est entré dans le salon… Le tricycle ou le vélo appartiennent aux déceptions de Noël. Croire que tous les gamins de 6-7 ans savent se déplacer sur deux roues appartiendrait à une vision sociale optimiste. On ne rêve plus de pédaler mais de ses faire transporter. D’ailleurs comment les cadeaux seraient-ils différents quand, en France, seulement 2% des écoliers viennent dans leurs établissements sur deux roues et, qu’à Créon 85 % d'entre eux, habitant pourtant à moins de 800 m de l’école, y sont déposés, matin et soir, par la voiture de maman ou de papa.

Et qu’espérer de mieux à un âge plus avancé quand vient l'heure de frime.

Le vélo n’a plus aucune chance de se montrer sauf s’il porte l’audace ou l’aventure. L’émancipation viendra avec le scooter puis le fameux permis de conduire sésame vers la liberté de déplacement au moins aussi capital dans la vie que le bac !. Elle ne passe plus par la bicyclette (snob) ou par la « Petite Reine » (ringarde) ou par le vélo (peuple mais manquant de moyens financiers).

 

 

Il faudra alors attendre la quarantaine frémissante pour que se réveille le cycliste qui sommeille en tout adulte brutalement préoccupé par ses artères, son cholestérol, son cœur ou ses rhumatismes. S’ouvre alors la période de la fameuse remise en selle. Celle qui va constituer peu à peu le défi hebdomadaire que l’on se lance à soi-même en présence des autres.

Certains retrouvent alors leurs sensations oubliées, celles qui les conduisent à martyriser leur dos, leurs genoux, leurs cuisses, leurs mollets pour aligner des kilomètres de ruban noir. Les Jean Valjean des pelotons du dimanche revendiquent le statut de forçats de la route. Ils en sont fiers comme les pénitents expiant une faute lointaine. Les coursiers au grand plateau deviennent des boulimiques de la route, des obsédés du chronomètre, des pousseurs haut du col., des maniaques du dérailleur. Ils essaient de durer portant haut les couleurs et surtout les marques de leurs héros.

D’autres se ruent dans la boue des chemins creux, plongent dans les flaques stagnantes, escaladent des raidillons poussiéreux avec en mémoire les images des envolées miraculeuses des « varicelleux » du Tour. Ils dévalent, tels des Indiana Jones essoufflés, des sentiers ravinés, murant dans un silence apeuré les oiseaux des sous-bois. La période laborieuse des petites roues béquilles ne fait plus partie de leur vécu. Le vélo luxueux, sophistiqué, technologique leur fournit souvent une revanche sur leur passé hésitant. Le VTT s’affirme comme un outil de conquête de ce qu’il pense être la liberté absolue.

Si ces croyants du vélo sont d’authentiques pratiquants, ils trahissent parfois leur engagement en redevenant des ayatollahs de l’automobile à qui ils accordent, sans sourciller, leurs faveurs dans le moindre déplacement.  « utilitaire ». Ils conduisent leur rejeton footballeur au stade en voiture, vont parfois à la salle de gym en voiture,  Ils imposent des comportements contraires à la santé de leurs propres enfants avant, dans les conversations institutionnelles ou privées de se plaindre qu’il n’y a pas assez de sport à l’école.

Ils approuvent massivement la campagne nationale contre l’obésité, la défense de l’environnement, le développement durable, les économies d’énergie…

Le vélo redeviendra, de gré ou de force, le meilleur ami de l’homme. Le pétrole n’a plus de beaux jours devant lui. Les mollets en ont à créer. Les fesses mobiles remplaceront tôt ou tard les pots d’échappement dans la ligne de vue de celles et ceux qui rouleront vers demain.

Mais je déblogue…

 

 

 

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Mercredi 19 octobre 2005

J’ai toujours beaucoup aimé et j’aime encore lire le splendide sonnet que José Maria de Heredia a consacré aux Conquérants. Au-delà du formalisme parfait de sa composition, il illustre mon envie inassouvie de partir parfois vers des horizons inconnus. Il parle à mon espoir caché de découvrir, en permanence des espaces inhabituels, des paysages et des visages inédits, des vies étonnantes avec lesquels je pourrais me reconstruire un monde différent. J’ai toujours adoré rencontrer la différence, prendre mon temps pour l’observer, pour la comprendre, pour l’apprécier et plus encore pour la jauger.

Je n’ai pourtant jamais eu le privilège de partir de " Palos ou de Moguer " pour des courses lointaines. Je n’ai jamais éprouvé le sentiment de ces " routiers et capitaines " s’embarquant, " fatigués de porter leur misère hautaine " pour aller conquérir " le fabuleux métal ". Je n’ai pas eu le plaisir du frisson parcourant l’échine des aventuriers laissant derrière eux leur terre natale. Mais j’ai un vide en moi, comme, un besoin permanent de ne pas me contenter des sentiers battus et rebattus. Il me faut donc une dose de voyage car " chaque soir, espérant des lendemains épiques " je les cherche dans la morosité du quotidien…Rassurez-vous, amis lectrices ou lecteurs irréprochables, je n’ai jamais eu recours à des produits illicites et que je n’ai donc pas eu ce plaisir exceptionnel de voir " monter en un ciel ignoré, du fond de l’Océan, des étoiles nouvelles ". Je me contente donc de chercher ailleurs ces sensations enivrantes.

Je suis certain que votre surprise sera grande quand je vous indiquerai que je me suis trouvé mon voyage au long cours…dans le tram bordelais. J’y monte en effet au quai de Galin, chaque fois que je dois me rendre vers un horizon bordelais connu, avec une profonde jubilation. Certes désormais le contexte ne m’étonne plus, je commence à connaître les rivages du sillon tracé sur l’avenue Thiers mais n’empêche que je déniche sans cesse une image furtive inconnue. L’étrave du tram fend la ville rejetant sur les cotés les obstacles éventuels. Il avance, à la vitesse d’une caravelle, ouvrant la route sans que l’on ait la certitude… d’atteindre le but. Un " pot au noir " peut vous encalaminer sur les rives de la Garonne ou vous laisser désespéré au creux de l’océan urbain. L’aventure plane sur le voyage. Elle réside également dans la légère anxiété que l’on éprouve en allant attendre le passage de la rame du retour.

Lorsque je me retrouve enfermé dans la cale en compagnie des autres voyageurs, le plus superbe des périples débute. Je me prends à observer minutieusement chacune de mes voisines, chacun de mes voisins pour tenter de deviner ce qu’ils dissimulent sous des visages tristes ou enjoués. Rien n’est plus révélateur de la société que leurs regards dans lequel je devine la peur d’un moment difficile, la crainte d’un rendez-vous improbable, l’angoisse de la solitude au milieu des autres, le bonheur du partage, la volonté de réussir, l’éclat de l’insouciance. Certains sont là, perdus dans le lointain de leurs pensées, scrutant les murs et façades gris du coté droit d’une avenue à laquelle on n’aurait jamais dû donner le nom de ce " Adolf " Thiers fossoyeur de la Commune de Paris. D’autres recherchent la communication par une réponse muette à mes interrogations. Toutes les nationalités, toutes les ethnies, toutes les couleurs de peau et tous les signes religieux ostensibles se mêlent, se côtoient, cohabitent, avec le même regard absent, dans cet espace réduit. Miracle de l’embarquement pour le même voyage, tout le monde s’ignore mais se respecte. Arche d’une France de la diversité, la rame porte le Monde.

Je l’avoue humblement : j’essaie de capter des bribes de conversations, des mots isolés me permettant de renforcer mes certitudes sur cette vie réelle dont j’ai besoin pour comprendre le présent. Futiles échanges de Lolita de banlieues, considérations sur le travail entre copines habituées de la traversée, propos provocateurs de jeunes en mal de reconnaissance, considérations télévisuelles de retraitées préoccupées par les programmes de TF1 du soir, dialogues discrets d’amoureux transis, conversations dans des langues mystérieuses, silences pesants… Je suis sous le charme de ces papotages savoureux lâchés dans la foule. Je me gave d’inédit. Je glane des bons mots, des prises de position cocasses, des querelles sourdes, des jugements péremptoires. Je baigne dans le Peuple où je suis aussi heureux que dans l’eau chaude d’un atoll. Parfois je songe à ce pauvre Balladur descendu dans le Métro et qui ne savait pas comment composter son ticket… On devrait obliger toutes celles et tous ceux qui ont une responsabilité à faire, anonymement, durant une journée, l’aller retour sur une ligne A du tram.

Ils verraient alors ces paumés du petit matin, ce allumés de la fin de matinée, ces tricheurs impénitents, ces inquiets de la nuit, ces fatigués du boulot et ces fatigués de ne rien faire, ces ados transportant leurs packs encombrants de bière, ces gens modestes comptant et recomptant leur note d’Auchan en trimballant leurs courses du jour avec boites des conserves les moins chères, raviolis, produits de première nécessité, ces collégiens en rupture de cours … A chaque jour ses peines. A chaque heure sa clientèle. A chaque instant sa vérité. Le périple me comble.

Je ne reviens jamais sans une image, sans un mot, sans un sentiment sur l’air du jour. Je scrute qui descend, qui monte, qui laisse sa place (contrairement aux bêtises répandues ce ne sont pas les jeunes les impolis ou les discourtois), qui oublie de payer. L’exercice se révèle plus instructif que tous les reportages des magazines, tous les sondages, tous les rapports sociologiques.

J’ai des regrets en touchant terre ferme à Mériadeck ou en revenant à Galin. Je descends dans le monde réel. Je redeviens prisonnier de mon quotidien. J’abandonne mon esprit de conquérant…

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Mardi 18 octobre 2005

La propriété demeure le souhait français le plus partagé. Avoir un jour, un appartement ou une maison à soi, constitue le socle des rêves des jeunes et des moins jeunes. Ils espèrent sauter la case " départ dans la vie " (via le locatif compte tenu du coût exorbitant des loyers) pour se lancer dans la construction d'une maison neuve  ou l’achat de la " fameuse vieille bâtisse à retaper ". Un processus s’engage alors pour celles et ceux qui ont une confiance inébranlable dans leur avenir. Malheureusement il conduit, de plus en plus, vers des échecs redoutables et durables.

Dans un premier temps il faut en effet trouver… un terrain. Dans la " couronne bordelaise " la quête de l’espace constructible relève de celle du Graal. La Communauté urbaine ayant adopté un Plan Local d’Urbanisme encore trop restrictif sur la densité d’urbanisation, elle a provoqué, à la fois une flambée du foncier sur son territoire, mais aussi dans la proximité immédiate des grands axes de communication girondin. Peu de monde sait, par exemple, que Bordeaux est l’une des villes, les plus " basses " de France en matière de règlement d’urbanisme ce qui affaiblit la rentabilité des achats de terrains et génère des prix prohibitifs des constructions non aidées ainsi que l’impossibilité d’implantation de logements dits " sociaux ". Forcément l’onde de choc s’élargit et la " chasse au terrain " se pratique désormais à 30, 40, voir 60 kilomètres du cœur de l’agglomération afin de trouver une opportunité convenable de construction. Le pré que les vaches ont abandonné, la vigne que la crise a fait disparaître, le bois sans intérêt deviennent les proies des accédants à la propriété ou plus sûrement des constructeurs ou des lotisseurs. Les plus petits villages, sans aucun service de proximité, et sans aucun document d’urbanisme, sont les plus recherchés car on y pratique encore des prix abordables. Les autres ont été écumés depuis belle lurette. Quand le terrain revenait à 30 % du total de la construction il atteint maintenant 50 % avec en plus des frais, souvent non évalués.

En effet, il devient, de plus en plus rare, de voir des acheteurs prendre en compte toutes les autrs dépenses liées à leur acquisition : sortie réglementaire vers le domaine public, branchements à l’eau, à l’électricité, au gaz, à l’assainissement collectif (quand il existe !) ou installation de l’assainissement non collectif conforme à la nature du terrain…La note s’allonge mais, rares sont ceux, qui l’établissent préférant hurler à posteriori quand les factures arrivent et qu’elles les surprennent par leur montant. La liberté " maison, gazon, télévision " n’a pas de prix jusqu’au moment où l’on plonge le nez dans le relevé du compte en banque !

Justement, la seconde étape passe par les bureaux climatisés des banquiers, prêts à tout, pour placer des prêts " très intéressants ". Ils triturent les revenus, ne se soucient pas trop des autres endettements de courte durée (crédits dits revolving, cartes des grandes surfaces) des charges induites de l’accession (longueur et facilité du trajet domicile travail -une ou deux voitures-, lieux de scolarisation ultérieure des enfants…) et des situations provisoires pour placer des emprunts à 20 (rare), 25 (ordinaire), 30 ans (courant depuis peu) qui vont peser durablement sur la vie quotidienne du demandeur. L’essentiel demeure de placer le prêt car le banquier sait pertinemment qu’il pourra récupérer au moins le capital avec plus-value en cas de vente anticipée. L’augmentation du foncier lui garantit de ne pas, au minimum, perdre un € dans l’affaire.

Trop souvent sont là encore " oubliés ", du calcul total, les taxes liées au permis de construire : taxe locale d’équipement (personne ne vient se renseigner en Mairie sur le taux communal), la taxe sur les espaces sensibles à protéger (voir le Conseil général), la participation pour le raccordement à l’égout (communale et donc très variable) et, à la réception du document, c’est la panique devant les sommes figurant au bas du permis…Et quand on les lit ! Le prêt complémentaire à un taux supérieur aux autres devient alors nécessaire. Les contrats de prêt bancaire de courte et de longue durées sont à revoir. Qui osera le faire ?

Troisième étape : la construction elle-même. Elle nécessite une présence permanente et un nombre élevé de courriers recommandés tant le travail peut-être bâclé par des tâcherons payés au m² ou des sous-traitants pressurés par le signataire de contrats à bas prix avec le " vendeur de maisons en prêt à habiter ". Les assurances croulent sous les recours, sous les contentieux, sous les demandes d’expertises car, dans la plupart des cas, les réalisations sont scandaleusement faibles. Sachant que les acquéreurs sont pris à la gorge par les premiers remboursements et un éventuel loyer à régler ou par un logement précaire, les constructeurs arrachent des consentements moyennant des promesses de retour sur les malfaçons pénible à obtenir. Le système de la sous-traitance, antichambre des délocalisations, devrait être beaucoup plus sévèrement réglementé.

Entre 3 et 4 ans après l’installation, la fracture arrive. Elle commence par des fissures dans le couple n’ayant aucune autres possibilités d’épanouissement commun que celui de rester dans la maison (finances obligent) figés devant le petit écran. Ces fêlures insidieuses débouchent sur les premiers effondrements en fin de mois quand arrivent l’angoissante question des échéances. Elle s’élargit lorsque les feuilles automnales des impôts locaux, celles estivales et hivernales de l’eau, celles régulières des deux portables, du téléphone, du chauffage électrique ou au gaz tombent dans les boites aux lettres…Elle finit malheureusement parfois par séparer les couples, faire éclater les familles, provoquant la " vente " du rêve.

Dans certains lotissements créonnais, 3 ans après les constructions, 10 % des habitations ont déjà été revendues et dans les plus anciens, 40 % n’appartiennent plus au propriétaires d’origine… Combien ces statistiques dissimulent-elles de problèmes sociaux et humains non mesurés : dépressions, tentatives de suicide, répercussions sur la scolarité des enfants et sur leur comportement, recherche stressante de logement de substitution, remise en cause parfois du travail lui-même ? Les dégâts ne sont pas mesurés car ils contrarieraient le développement du marche de la construction.

Du rêve à la réalité le chemin n’est pavé que de bonnes intentions et les malheureux qui rongent leur désillusion sur les bas-côté de la société de consommation deviennent des aigris de la vie collective. Ils ne comprennent pas comment ils ont été obligés de poser le sac de leurs espoirs si loin du but. Ils ruminent leur colère ou leur désespoir sincère. Au CAC 40 les banques, Bouygues et autres grands groupes possédant la filière du fameux " pavillon ", vont bien. Merci pour eux !

Mais je déblogue…

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par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Lundi 17 octobre 2005

Samedi, fin de matinée. Le téléphone portable vibre. Sur l’écran s’affiche " Pompiers ". L’information n’est jamais annonciatrice d’une bonne nouvelle. " Monsieur le Maire ?.. Un piéton a été renversé, route de La Sauve. Pouvez-vous vous rendre sur les lieux ". Abandon immédiat des affaires en cours, pour constater qu’une brave dame a traversé une route à grande circulation et a été heurtée par un véhicule n’ayant pu l’éviter. Les blessures ne paraissent pas trop graves. Départ vers les urgences.

Samedi début de nuit. " Monsieur le Maire ?.. Nous intervenons sur un malaise sérieux à domicile, route de Régano. Votre présence est souhaitée … ". Impossible je suis à 80 km de là. Téléphone portable. Appel d’un adjoint tiré de son domicile pour aller constater la gravité de la situation. Difficultés pour trouver un médecin (nous en reparlerons dans ce blog) et envoi au CHR.

Dimanche 6 h 30.. ; " Alerte à la Résidence pour personnes âgées… les poubelles extérieures brûlent ". Comme ça c’est déjà produit à la maternelle cet été, les sapeurs-pompiers sont réveillés, rassemblés en quelques minutes, pour se déplacer en urgence absolue. Pour rien ! Un débile a cru malin de téléphoner uniquement pour… faire sortir les " soldats du feu ". Il ne leur reste plus qu’à se recoucher et à tirer un trait sur la grasse matinée des autres !

Dimanche. Tout début de matinée. " Monsieur le Maire ?.. Rue Geynet, un malaise à domicile. Nous avons des difficultés pour évacuer le malade qui refuse d’aller à l’hôpital?.. ". Je connais le contexte " quart monde " de ce cas sur lequel j’ai déjà été appelé à de nombreuses reprises. Passage sur place pour sermonner le fils et lui rappeler que nous serions responsables de non-assistance à personne en danger si son père venait à décéder (coma diabétique) et que personne n’ait décidé d’une hospitalisation indispensable compte tenu de son état de santé catastrophique. Cette fois, les pompiers de Targon (l’ambulance de Créon est déjà partie ailleurs) vont réussir à transporter le moribond, très gravement malade, vers le CHR.

Dimanche, quelques minutes avant que l’OM affronte le PSG. " Monsieur le Maire ?.. Accident de la circulation mettant en cause 2 VL avec un blessé. " Le veston, les chaussures et départ sur les lieux pour retrouver l’un des bénévoles ayant géré tout le week-end de Vélo Passion dans le VSAB. Il est fortement commotionné, après un violent choc arrière de son véhicule, l’ayant expédié sur un poteau électrique en béton situé juste en face. Deux jeunes, pourtant habitués des lieux, sont responsables de ce carambolage.

Cette réalité vérifiable d’un week-end constitue un volet de la fonction de Maire dont peu de candidats au poste honorable de premier magistrat ont conscience. Elle est exigeante et cause bien des malaises si l’on n’a pas le recul indispensable en pareilles circonstances. Le Maire, d’une commune de la taille de Créon, sans police municipale structurée, sans services de permanence, doit s’attendre à tout, à tout moment et se préparer quand le téléphone sonne à partir vers une situation nécessitant obligatoirement une forte dose de solidarité active. Un week-end avec les sapeurs pompiers volontaires vous forge le moral. Il faut, en effet, apprendre, sur le tas, à affronter toutes les formes du malheur. Vous comprenez alors, très vite, l’importance du rôle de ces femmes et de ces hommes, très jeunes pour la plupart, devant être disponibles en permanence pour répondre aux maux de leurs concitoyens.

Durant l’été ils sont, sans cesse, sur le devant de la scène des incendies de forêts. La population, rameutée par les images saisissantes des journaux télévisés, leur accorde un capital de sympathie débordant. Ensuite arrive le " quotidien ", moins télégénique et en apparence moins glorieux. Il ne s’étale plus à la une de l’actualité. Peu de monde imagine la catastrophe que serait une diminution, sur Créon, du nombre de volontaires. Pour faire face à une demande croissante (accidents de bricolage, querelles intra-familiales, tentatives de suicide, accidents de la route, secours à personne…) une cinquantaine de sapeurs-pompiers est indispensable pour compléter la demi-douzaine de professionnels maintenant affectée au Centre de secours créonnais.

La sécurité " civile " repose en Gironde sur ce réseau " citoyen " incomparable. Départementalisé il sera financé en 2008, en totalité, par le Conseil général. L’assemblée départementale va devoir déjà, en 2006, sortir plus de 60 millions d’€ (plus de 52 % du fonctionnement) de son escarcelle déjà vidée par tous les transferts de charges d’un Etat faisant des promesses avec… l’argent des autres !

Jusqu’où pourra-t-on aller dans le mythe d’une réponse rapide, performante, efficace, irréprochable des secours en tous lieux et en toutes circonstances ? La France, grand pays de l’embrouille totale, a réussi l’exploit de bâtir un système tellement complexe pour la prise en charge des secours, que, désormais, il faut décoder les temps de réaction et les responsabilités pour juger des faits. Ainsi, en cas d’urgence au domicile, seul le médecin régulateur du SAMU a le pouvoir de mobiliser soit les ambulances privées, soit les pompiers en cas de carence de ces derniers, soit le SAMU en cas d’urgence absolue… Ce micmac a déjà fait des dégâts. Or il n’est pas inutile de savoir qu’il est le fruit indirect du déficit de la Sécurité sociale puisque maintenant (décentralisation oblige) les hôpitaux doivent régler la note de la mobilisation des pompiers… sur leur propre budget déjà exsangue. Il est récemment arrivé que l’on n’envoie pas des secours, pourtant à moins de dix minutes du lieu d’intervention, pour attendre, durant demi-heure, de trouver une réponse du secteur privé qui n’arrive pas… Les pompiers se voient alors mobilisés, trois quart d’heure, après l’appel initial. Inutile de préciser que le blessé ou le malade, ainsi que sa famille, apprécient ce " retard " dont les arrivants ne sont en rien responsables mais ils prennent les critiques de plein fouet. Leur motivation en prend alors un coup…

Heureusement la Sécu va aller mieux (dixit le Ministère de la santé) et ces problèmes vont disparaître…Parole de Ministre!

Mais je déblogue…

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par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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