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LES STATISTIQUES

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Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /2006 07:19
Il y a des courants forts qui traversent les sociétés, selon les époques. Ils s’attachent, paraît-il, à des mots ou à des formes de pensée. Ainsi des statistiques sur l’emploi d’une expression ou sur un préfixe dénotent de fortes évolutions des comportements. Le début du XXI° siècle sera marqué par une parcelle dont on méprise l’impact : anti. Désormais, pour exister, il faut absolument être anti quelque chose ou anti quelqu’un. La source de cette méthode de pensée pourrait se trouver dans la lourde période de l’affaire Dreyfus, puisque la France fut partagée en deux camps farouchement opposés.
Le problème vient de la multiplicité des prises de position négatives, dont on se demande parfois si elles ne constituent pas les seuls ferments de la solidarité. L’association, conçue à ses origines pour construire, pour améliorer, pour apporter un supplément de bien-être, grâce à des objectifs bien définis, devient essentiellement, au fil des années, un moyen de s’opposer à un projet, à tout ce qui peut traduire d’une manière ou d’une autre une facette de l’intérêt collectif.
Certes, il est louable qu’il existe, dans une démocratie, des contre-pouvoirs, mais ils deviennent très préoccupants quand ils ne sont que la conjonction d’anti tout et rien. Il suffit que durant une semaine vous suiviez attentivement l’actualité, pour vérifier que les oppositions de toutes natures prennent le pas sur le progrès. Durant ces derniers jours les " anti-ours ", les " anti-OGM ", les " anti-pub ", les " anti-tabac ", les " anti-L.G.V ", les " anti-grand contournement de Bordeaux ", les " anti-pont levant sur la Garonne " ont occupé le devant de la scène nationale ou locale. Ils se croisent d’ailleurs, se retrouvent, se confortent et finissent par accaparer les débats en cours.
UNITES COMBATTANTES SUR LE FRONT DE LA VIE PUBLIQUE
Afin que les choses soient claires, j’appartiens, moi aussi, à quelques-unes de ces unités combattantes sur le front de la vie publique, car il est inévitable de ne pas être d’accord avec chaque conception de la vie collective. Parfois, j’en perçois le caractère difficilement acceptable, surtout quand, à mon tour, je me retrouve face au " mur " des anti… Tous mes efforts de maçon de la conviction pour construire des arguments positifs me paraissent alors vains et sans grande portée.
Le débat ne repose plus, en effet, sur le raisonnable mais sur l’outrancier et l’approximatif avec très loin, là-bas, en toile de fond, l’intérêt de la majorité. On se heurte, en permanence, à une minorité plus ou moins agissante. Compte tenu du fait qu’il n’y a jamais de projets parfaits, de décisions susceptibles de rallier l’unanimité, de propositions idéales, l’armée des anti recrute en permanence. Elle se répand dans les villes et les campagnes à une impressionnante vitesse, mettant parfois en péril les fondements actuels de la représentation politique. Elle-même n’échappe pas à la crise, car les fronts anti-l'un ou anti-l'autre prolifèrent.
D’ailleurs, le principe a atteint son sommet, récemment en France, avec l’élection de Jacques Chirac, il y a exactement 4 ans ; puis iI a été confirmé par le résultat du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Bien des malheurs actuels du gouvernement ont leurs racines dans le fait que les dernières échéances électorales nationales n’ont jamais constitué une adhésion à un homme ou à un programme, mais le refus d’un autre homme et d’un autre programme. En 25 ans seul Mitterrand aura réussi la performance d’avoir deux " adhésions " incontestables, malgré tout ce que l’on peut avoir à lui reprocher, du Peuple. Depuis, on vote " contre " avant de voter " pour ". Lionel Jospin, faute d’avoir mobilisé positivement, en a fait la douloureuse expérience. Le Pen en demeure en revanche,  le principal bénéficiaire.
LES FAMEUSES COTES DE POPULARITE
Cette situation permet de relativiser les commentaires actuels sur l’élection présidentielle de 2007. En effet, ils reposent essentiellement sur les fameuses cotes de popularité positive…c’est à dire sur une vision globale, vague, de l’image portée par des personnes.
Si l’on prend un peu de recul, il faut constater objectivement que ces résultats ne correspondent pas au vote ultérieur des " sondés ". En effet, si l’on se donne la peine de revenir en arrière sur les présidentielles, et les intentions de vote plus de 6 mois avant, voici les résultats de l’IFOP avec, entre parenthèses, le score constaté au 1° tour.
1974 : Mitterrand en tête à 36 % (43,2), Giscard affiche 27 % (32,6), Chaban-Delmas 26 % (15,1). Giscard élu !
1981 : Giscard en tête avec 34 % (28,3), Mitterrand  à 19 % (25,8), Chirac à 12 % (18), Le Pen à 0,5 %. Mitterrand élu !
1988 : Mitterrand est à 38 % (34,1), Raymond Barre à 25 % et… Chirac à 18 % (Chirac à 19,9), Le Pen à 10 % (14,4). Mitterrand élu !
1995 : Balladur se promène à 33 % (18) devant Rocard à 25 % devant … Delors à 24 % (Jospin : 21), Chirac à 17 % (21). Le Pen à 11 % (15). Chirac élu !
2002 : Jospin obtient 27 % (16,2), Chirac 26 % (20) et Le Pen… 8 % (16,9). Chirac élu !
Sauf en 1988, jamais, à plus d’un an du premier tour la cote de popularité constatée n'a été confirmée par le résultat. Michel Rocard en est le plus bel exemple, Balladur le second et a contrario Chirac et Le Pen les contre-exemples. Rocard a toujours été plus populaire que Mitterrand. Balladur n’a jamais été devancé par Chirac sauf dans les dernières semaines précédant le scrutin.
Et, toutes les analyses démontrent que ce que l’on croit être la vérité, un an avant, n’a aucune réalité au moment de passer dans l’isoloir. Au passage, il faut avoir le courage de remarquer que Le Pen a, chaque fois, bien mieux fait que les intentions affichées en sa faveur un an avant. Or, actuellement, le dernier sondage lui donne 18 % selon la SOFRES… Si les tendances antérieures se confirment, on peut déjà sortir les pancartes des anti-Le Pen !
UNE MEFIANCE IMPOSSIBLE A ERADIQUER
L’angoisse de l’avenir ne facilite pas l’adhésion positive. Une méfiance qu’il devient impossible d' éradiquer sur les promesses contenues dans les programmes et sur les ménagements. La multiplicité des tromperies n'arrange pas la tâche des femmes et des hommes sincères. Les O.G.M. comportent par exemple des risques, mais il est très difficile de les connaître et les maîtriser. Faute de transparence réelle et de respect des règles élémentaires de précaution, on fabrique des anti…OGM
En proposant des tracés invraisemblables pour le grand contournement de Bordeaux, on facilite la contestation, puisque certains constituent visiblement de la pure provocation. En focalisant tous les maux de la terre sur le tabac, mais en oubliant sciemment la bière, les alcools forts, le cannabis, les produits dangereux contenus dans l'alimentation, on coupe la France en deux : fumeurs et anti-fumeurs. En inondant les boîtes aux lettres, les écrans télé, les pages des journaux, les murs des villes ou les entrées de village, de pub, on exaspère les citoyens qui deviennent anti-pub!
En fait, chaque fois qu’apparaît un renoncement à affirmer des principes clairs, que l’on détecte, sous-jacente, la notion de profit, que la concertation arrive trop tard, que l’on s’éloigne de la notion essentielle du principe de précaution, on détruit un peu plusAinsi au nom d’une conjonction d’intérêts particuliers on étouffe lentement la notion  d'intérêt général. Rançon de l’égoïsme institué en style de vie.
Mais je déblogue…
 
 
 
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 12:35
L’immigration alimente, en ce début mai, le débat national. Ce thème occupera, une fois encore, le devant de la campagne présidentielle et il suffira d’une étincelle naturelle ou artificielle pour provoquer une nouvelle déflagration raciste le moment venu. Malheureusement, sur ce sujet, comme sur bien d’autres, les personnes en ayant vécu les réalités devraient être entendues et surtout écoutées. Les gens issus de l’immigration ne sont pas conviés à cette décision, puisqu' aucun des Français possédant une expérience dans ce domaine ne siège parmi les gens chargés de rédiger la loi. Et il y a fort à parier que ce n’est pas demain ou même après demain qu’ils auront les moyens de défendre leur vision de ce phénomène, pourtant aussi vieux que la société.
En effet, il suffit de se pencher sur un livre d’histoire pour constater que, de tous temps, il y a eu des flux migratoires plus ou moins forts entre les continents. Des milliers de Français sont partis vers les Amériques pour, avec espoir, y vivre ; et découvrir la précarité, le rejet, le combat pour la vie. Ou pour bien d’autres destinations, au moment où le contexte économique les poussait à aller chercher un revenu vital minimum ailleurs. On oublie de dire que les jeunes sont d’ailleurs encore nombreux à quitter leur ville ou leur village pour trouver un boulot, plus ou moins instable, en Angleterre ou en Espagne. Logement médiocre, difficulté de communication, rythme de travail exigeant, regret du pays natal, retours fréquents vers la famille : ils traversent souvent des difficultés similaires à celles que connaissent celles et ceux qui veulent venir chez nous pour tenter, enfin, d’entrer sur le chemin de la réussite. Il faudrait les questionner, leur demander comment ils vivent ou ont vécu cette impérieuse nécessité voulant que, pour exister, il faille se rendre sur une autre terre.
L’immigration n’est vécue que sous sa facette médiatique, et donc sur celle des apparences. Elle est rarement analysée à la lumière de l’histoire, car ce serait admettre des années ou des siècles d’erreurs dont nous payons tout simplement l’ardoise. Comme la tentation française consiste à se considérer comme les seuls porteurs des grandes valeurs humanistes, il s’avère impossible de remettre en cause des pans entiers de ce qui constitue l’image d’Epinal de notre pays. Et ce, d’autant plus que tous les partis politiques actuels ne sont que les héritiers de ceux qui ont plus ou moins bien assumé les décisions, sous toutes les Républiques successives.
EN CONNAITRE LES REALITES
Les hasards de la vie font que j’ai connu, comme petit-fils et fils d’immigrés, le contexte social existant autour de ce choix de vie. Je ne l'ai pas appris dans des livres ou devant la télé. je l'ai vécu. J’ai toujours voulu en connaître les réalités, afin de pouvoir apprécier celles du présent. Ce qui m’a frappé c’est la pérennité du processus.
Tout commence toujours par une terre ne pouvant plus nourrir les personnes qui y sont nées. Une famille nombreuse, une propriété insuffisante, une rentabilité nulle et obligatoirement vient l’envie d’aller louer ses bras ailleurs. Aucun argument n’a raison de ce besoin, reposant sur une vision partielle des autres économies, obligatoirement meilleures que celle que l’on vit chaque jour. Toutes les difficultés présentées (difficulté du voyage, conditions d’accueil, rareté du travail, incertitudes administratives…) ne changent rien à ce qui constitue une obligation.
Mon grand-père, il y a un siècle, a donc été l’un de ces clandestins qui franchissent les frontières de nuit, à pied, pour ne pas se faire intercepter… Il avait accompli, à deux ou trois reprises, des voyages incertains entre la Vénétie italienne et le Nord de la France, comme saisonnier dans les immenses propriétés de Picardie. Chaque retour au pays renforçait sa volonté d’émigrer, car les jeunes autour de lui ne parlaient que de départs vers l’Amérique (pour les plus riches) ou vers d’autres contrées plus proches, ne nécessitant pas l’investissement d’une longue traversée.
Les filières existent depuis des siècles. Les passeurs aussi. Le financement de ces passeport vers une liberté "économique" n’a jamais disparu. Le premier qui réussit indique nécessairement aux autres les moyens de rejoindre ce qui est devenu un Eldorado.
Croire que ce système va disparaître, du jour au lendemain, par une loi relève de l’utopie complète. Il y aura toujours des clandestins à régulariser, sauf à dresser un mur autour de l’Europe. Allez donc durant quelques jours partager dans un village du Burkina Faso, les conditions réelles dans lesquelles vivent les candidats à l'émigration, refusez la chambre d’hôtel climatisée ou le repas aseptisé, et ensuite vous discuterez différemment de l’immigration clandestine. En rassemblant, récemment, pour une soirée conviviale, à Créon, tous les témoins de cette période d'avant-guerre où " les Italiens venaient manger le pain des Français " les participants non concernés ont pris conscience que rien n’avait véritablement changé sur l’accueil réservé aux immigrés !
LES MACARONIS
Les premiers bénéficiaires de ce phénomène social constant sont en fai t toujours les mêmes : les acteurs économiques. Mon grand-père endura le martyr dans les hauts fourneaux de Talange, tenus pas les fameux maîtres des forges. Son frère effectuait 16 heures consécutives de travail dans cet enfer, et lui ne sut jamais tenir ce rythme… Dans le quartier où s’entassaient les " Macaronis ", il ne rêvait que de rassembler sa famille constituée d’une épouse enceinte de mon père et d’une petite fille de quelques mois… Une unique pièce, au-dessus d’un café, hébergera tout le monde arrivé bien évidemment dans la clandestinité. Il fallait en passer par là... et dire que ce problème va se régler en l'interdisant par une loi, c'est une fois encore jeter de la poudre aux yeux des citoyens crédules!
L’étape du rapprochement familial n’a pas changé, et ne changera pas. Qui ose prétendre que cette envie est illégitime ? Que dirait-on si on interdisait à un Français expatrié de faire venir à ses cotés ses enfants et sa femme ? Qui peut sans cynisme assurer que la séparation familiale constitue une avancée pour le pays des droits de l’Homme ?
Légiférer sur ce sujet, comme sur bien d’autres, devrait impliquer une prise en compte des réalités, et pas seulement des batailles absurdes de mots à des tribunes, discréditées par leur incapacité à régler le sort des puissants. En se contentant de soigner les effets et pas nécessairement les causes d’un phénomène planétaire (et pas, comme on le fait croire, strictement européen) on met un cautère sur une jambe de bois !
PAPIERS TELLEMENT DESIRES
Mon grand-père mettra plus vingt ans pour obtenir la nationalité française. Quand il arrivera à "toucher" ces papiers tellement désirés, il s’efforcera par tous les moyens de les respecter. Et, lentement, il empruntera l’ascenseur social, traversant des étages plus ou moins difficiles.
Malgré tous ses efforts, il ne devint jamais réellement Français. Il resta pour certains le "Macaroni". Mon père, malgré un mariage " mixte ", comme ce fut le cas pour quasiment tous les gens de la seconde génération, restera lui aussi, durant des années, le fils du Macaroni. J’ai en mémoire les propos tenus, un soir, dans une réunion publique des municipales de Sadirac, où avaient surgi les vieux démons d’avant-guerre. Un affront. La blessure demeure.
En fait, l’immigration ne pose un véritable problème que si le Pays où elle s’exerce traverse une crise sociale. Le racisme qu’elle génère, le rejet qu’elle suscite, ont leurs racines dans l’absence d’avenir pour les femmes et les hommes qui voient arriver ce qu’ils prennent pour des hordes barbares, des sangsues sociales, des prédateurs d’emplois, des marginaux culturels.
On ne fait des lois que pour conforter l’opinion dominante. Il faut absolument, pour les gouvernants, aller dans le sens de ce que l’on croit être celui de l’histoire. La tendance s’accentue : l’Assemblée nationale ne fait que suivre ce qu’elle estime lui apporter la considération populaire, et bien évidemment le Roquet de Neuilly ne se prive pas de conforter un processus désormais incontournable. La France éternue, et les députés s’enrhument.
Ils ne régleront rien du tout avec un texte complexe, répressif, destiné à flatter l’ego d’une partie de l’électorat silencieux, inutile. Ils accentueront le désarroi de gens seulement en quête d’un espoir de vivre mieux. La loi Sarkozy va assurer aux entrepreneurs la possibilité, désormais, de proposer des Contrats Première Embauche (CPE) pour étrangers. Des femmes et des hommes malléables que l’on pourra opposer à ces jeunes Français rebelles à la flexibilité. L’intégration ne sera pas meilleure, et l’immigration se stockera aux portes de l’Europe pour aller vers des pays plus accueillants. Mais les élections présidentielles proches exigent que l’on hurle  avec les loups, qui demeurent des loups pour les hommes !
Mais je déblogue…  
 
Troisième photo : Mes grands-parents avec mon père et ma tante en 1925 à Talange
 

SI VOUS NE L'AVEZ PAS FAIT LISEZ L'ARTICLE "ZIDANE L'ALBATROS"
DANS CE BLOG SUR LA RETRAITE DE ZIZOU
 
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Dimanche 7 mai 2006 7 07 /05 /2006 11:01

Les repas entre amis politiques (je sais c’est déjà antinomique),  constituent pour moi des moments privilégiés. D’abord, parce que ce sont des haltes sur les chemins du quotidien, durant lesquelles les décisions, les faits, les propos, les gestes échappent aux règles habituelle s de la prudence. Nul n’est là pour juger, et on peut véritablement se laisser aller : on respire autre chose que l’opinion dominante habituelle. La vie publique ressemble, ensuite, à celle de l’abeille que l’entomologiste a marqué d’un point de couleur, et dont il observe en permanence les allées et venues, les comportements, les actes pour en tirer des conclusions plus ou moins vérifiables sur ses états d’âme. La pression naît de ce sentiment qui plane sur l’interprétation qui pourrait être faite de tout écrit, toute parole, toute attitude. Un soir ou un midi, de temps en temps, il devient donc possible d’échapper, dans une ruche plus ou moins fournie, à la loupe des savants du café du commerce ou de ceux formés pour justement détecter les « pailles » dans les regards des autres.

Dans ce type de moments, trop rares, se pratique le sport le plus agréable. Il devient en effet possible de se défouler en effectuant un parcours de vérité particulièrement bienfaisant, consistant à pouvoir dire ce que l’on ne peut jamais ou rarement dire. Il n’y a rien de plus agréable que ce parcours dans le quotidien qui vous affranchit de toutes les prudences. On tire à vue, avec une propension à la rafale vacharde qui porte, vous vous en doutez bien, toujours sur les absents.

D’ailleurs hier, au Lac, tous les ténors du PS avaient réservé une bout de salle de restaurant pour "dépioter" avec leurs "amis" un contexte particulièrement serré. En revanche, en dehors de ces moments de vérité, ils sont allés faire un tour sous les regards plus ou moins amènes des troupes rassemblées en faveur du projet. Les crimes parfaits ne se commentent que dans un cercle restreint, et s’effectuent dans la pénombre des cabinets. La spécialité française à laquelle on ne fait plus assez référence, repose sur cette propension à régler les choses les plus importantes de la vie, autour d’une table publique ou privée. Quand on lance à quelqu’un : « on se fait une bouffe » c’est, qu’en général, on a besoin d’en expédier aux autres…

AJUSTER LES POSITIONS

Lors de l’apéritif, première étape,  moment clé de ce type de rencontre, se confient les nouvelles les plus proches. On échange sur l’immédiat, pour éventuellement ajuster les positions qui pourraient être prises ultérieurement. Les propos se confient en tête à tête, afin de prendre la température du moment. Les groupes ne se constituent qu’autour des responsables, dont il faut absolument connaître par avance les états d’âmes, au cas où il faudrait s’exprimer un peut trop brutalement. Ce « round d’observation » est particulièrement intéressant à analyser. Il donne, en premier lieu,  la « tonalité » du menu du jour. En général, il vaut d’ailleurs mieux écouter que s’exprimer.

La durée de cette partie apéritive dépend souvent de la ponctualité des invités. L’importance se juge ainsi parfois au retard… Celui qui s’estime indispensable donne du temps au temps, sachant que nul n’osera s’installer en son absence.

Le placement à table devient alors la seconde étape de ce repas entre amis. Il faut, non pas être à coté du mentor du jour (ou supposé tel) mais le plus possible face à lui, car c’est le meilleur moyen de se positionner en tant que référence. Ces places là sont chères, et ne relèvent pas de l’appropriation sauvage. En général, elles sont vite occupées par les plus ambitieux. On les repère aisément, car ils vont discrètement effectuer un droit de préemption en plaçant un objet personnel qui ouvre ensuite, au moins, des possibilités de négociation.

Si on vous affecte une place aux cotés de la personne la plus influente, ce n’est que pour affirmer votre rôle de chef potentiel ou parfois, et c’est beaucoup plus subtil, pour ne vous attribuer qu’un rôle honorifique, et vous écarter de l’action elle-même. Il faut surtout être attentif au fait qu’en se mettant du même côté que le leader, on se privera du fait qu’il mémorise votre visage et votre prise de parole. Mieux vaut donc être visible de lui à une place plus lointaine. Autre détail à ne pas négliger : le sens du parcours des aiguilles d’une montre. C’est en effet sur cette base-là que circulera, ensuite, la première possibilité de donner son avis. En s’asseyant par exemple à côté du leader, mais à sa gauche, on est quasiment sûr que, quand votre tour arrivera, tout aura été déjà dit, et que vous risquez de ne pas faire très original…

INSTALLATION COMPLEXE ET SUBTILE

Cette installation très complexe et extrêmement subtile constitue un préalable au véritable repas entre « amis politiques », qu’il faut nettement distinguer dans la hiérarchie du « buffet entre amis », et du « banquet entre amis », beaucoup moins importants, car beaucoup moins valorisant pour les participants. Ce sont un peu ce que sont les « concerts grand public » au « soirées de cabaret ». Le nombre nuit fortement à l’efficacité du projet.

Dans un premier temps, en général, il est indispensable d’écouter l’analyse de la puissance invitante. Par respect et par tradition, c’est elle qui va donner le « la ». Ce sera, soit la confirmation de ce que l’on a glané dans la période d’attente avant de passer à table, soit la surprise totale qui va nécessiter un réajustement des positions. Ce propos liminaire se prononce très souvent après l’entrée. Il n’est jamais extrêmement agressif ou inédit. Il se contente de faire un point sans trop d’aspérités, dans l’attente des commentaires des uns et des autres. Il ne soulève que rarement de l’étonnement ou des interrogations profondes car, en France, dans un repas, il ne faut surtout pas gâcher les premiers pas dans le menu. Le repas perdra ensuite de son importance quand on entrera dans le débat si c’est l’objet du jour. Souvent, en effet, une extrême prudence autour de la table conduira les convives à … rester sur leur faim ! Ils repartiront sans avoir pu exprimer autre chose qu’un soutien appuyé à l’invitant du jour.

STRATEGIE BIEN MAITRISEE

A contrario, il arrive que, immédiatement, par une stratégie bien maîtrisée les empêcheurs de déjeuner paisiblement entre amis sévissent. Ils savent que, pour affirmer une identité, il est indispensable de faire dans la contradiction. Ils n’ont une chance de marquer des points que s’ils sont dans les premiers ou… les derniers intervenants lors du tour de table, car  ils auront le privilège d’avoir lancé la discussion, et on ne fera plus que référence à leurs propos avec ce début d’intervention dévalorisant pour les autres : « comme on l’a dit tout à l’heure… »  ou, pire : « je partage tout à fait l’analyse de… ». En fin de parcours de la parole, on peut se distinguer en prenant à contre-pied l’ensemble des intervenants et en jouant le vilain petit canard grincheux qui a la digestion des arguments difficiles. Tout dépendra, en fait, de l’ambiance générale, soit optimiste (pas de critiques et tout va bien dans le meilleur des mondes possibles) soit pessimiste (alerte générale, repli stratégique, attente de jours meilleurs…).

La manière de quitter les lieux deviendra alors primordiale : retraite discrète, après un sentiment d’échec, départ pour des raisons d’emploi du temps, quand on a constaté que rien de dangereux ne s’était produit, maintien sur place jusqu’au dernier moment pour savourer son succès ou pour, tout simplement, ne rien manquer au moment crucial du café. C’est en effet à ce moment là que se règlent les comptes, et que tombent les phrases les plus dures ou les plus significatives. Il est bien connu que c’est aussi entre la poire et le fromage que se font, en France, les véritables confidences.

Dans un repas entre amis, il vaut donc mieux ne pas trop s’absenter, car les amis qui vous veulent du bien finiront, un jour ou l’autre, par profiter de votre départ anticipé pour balancer la flèche qui tue.

Allez n’hésitez pas, si par hasard, en politique ou ailleurs, on vous invite à « faire une bouffe… » sachez que la meilleure chose qui puisse vous arriver, c’est qu’à la fin du repas on vous propose d'en faire une autre pour régler les problèmes qui n’ont pas été évoqués lors de celle-ci. Ce sera la preuve que le menu a constitué l’essentiel de la réunion.

Mais je déblogue…   

Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Samedi 6 mai 2006 6 06 /05 /2006 07:17
Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais quand un partisan du OUI au traité européen se réveille, et qu’il cherche des arguments destinés à stigmatiser l’idiotie du " mauvais " peuple, il ressuscite, un an après, deux fantômes. Le " plan B " dont il rappelle, avec un sourire narquois, qu’il n’a jamais existé, et le " plombier polonais " dont il se plait à souligner qu’il n’est jamais venu…culpabilisant le citoyen du NON. Ces épouvantails, agités sous le nez rougi par la honte de ces adversaires d’une Europe outrancièrement libérale, sont censés le faire revenir au bercail de la raison.
Hier, ils auraient pu seulement rappeler que la Grande Bretagne de cet admirable Tony Blair n’est véritablement pas prête à s’ancrer au Continent. Et, à la place de Ségolène, je me garderais bien de réaffirmer mon admiration pour celui qui vient d’essuyer un échec patent aux élections de proximité. Il serait étonnant que maintenant le beau Tony lance une consultation sur une Europe, dont les plus ardents défenseurs furent... les Polonais.
On aurait pu aussi revenir sur cette " unanimité " indispensable pour adopter toute harmonisation des statuts sociaux, fiscaux, économiques. Je me souviens avoir rappelé, dans des débats, que cette disposition conduirait à la régression dans tous les domaines. Seule la majorité qualifiée peut relancer un processus européen digne de ce nom. La preuve ? Elle a été fournie, hier, par la situation nouvelle de… la Pologne où, faute de promouvoir les plombiers, on vient de donner leur chance aux pires fachos !
Désormais, après l’Autriche qui avait installé Heider et ses partisans, après l’Italie où Berlusconi a gouverné avec l’extrême droite, il faut se rendre à l’évidence, les xénophobes, les populistes, les anti-européens viscéraux viennent d’accéder au pouvoir dans le pays de sa Sainteté feu Jean-Paul II.
Pour trouver une unanimité sociale et politique à 25, le boulot n’était déjà pas facile; désormais il relèvera de la prouesse. Dommage que nos analystes politiques ne se penchent pas sur cette situation révélatrice du virage brusque à Droite que prend une Europe désabusée, et surtout angoissée, par son avenir.
IL FALLAIT TROUVER UNE SOLUTION
Les élections législatives de septembre 2005 n'avaient pas permis, en Pologne, de dégager une majorité parlementaire. Elles ont, en revanche, rendu la vie politique très instable malgré la victoire globale d’une droite se réclamant du libéralisme économique. Il fallait donc trouver une solution.
Le frère jumeau du Président de la République, apparemment majoritaire, a échoué depuis 6 mois dans ses démarches d’alliances diverses et variées. En pactisant officiellement avec la Ligue des familles polonaises (LPR, extrême droite) et le parti populiste Samoobrona (Autodéfense), le conservateur de Kazimierz Marcinkiewicz vient de réussir à devenir majoritaire au parlement polonais. Il était lassé de diriger un gouvernement minoritaire…
Désormais, il n’y a pas plus à droite, dans toute l’Europe, que la Pologne. Le PIS a été inexorablement contraint de nouer des alliances pour parvenir à former une coalition durable. Après avoir fait entrer au gouvernement " Autodéfense ", parti des populistes antilibéraux d'Andrzej Lepper, les conservateurs sont rejoints à quelques postes clés du pouvoir par l'extrême droite de la Ligue des familles polonaises (LPR).
La coalition disposera de 218 députés sur 460. Une alliance complémentaire avec la frange " poujadiste " assurera au gouvernement une majorité à hauteur de 245 députés. Au cours d'une cérémonie retransmise à la télévision, le président polonais Lech Kaczynski a donc illico nommé, aux postes de vice-Premiers ministres, le chef de Samoobrona Andrzej Lepper et celui de la LPR Roman Giertych. Ils seront chargés respectivement des portefeuilles de l'Agriculture et de l'Education. Samoobrona a obtenu en outre les ministères du Travail et du Bâtiment, et la LPR également le ministère de la Mer, nouvellement créé. Dramatique ! Sur la scène européenne, ces Ministres là ne manqueront pas d’allure quand ils rencontreront l’élite du gouvernement de Crin Blanc.
ADMIRATEUR AFFIRME DE HITLER
De Robien accueillant, à Paris, son alter-ego polonais Roman Giertych, chargé de la défense de la laïcité de l’Europe, ça ne manquerait pas d’allure ! Quant au numéro 2 Nicolas Sark ozy, il pourrait recevoir ce " formidable " démocrate qu’est Andrzej Lepper, 50 ans, ancien syndicaliste paysan, naguère adepte des passages à tabac des huissiers, et grand admirateur des techniques de communication de... Hitler.
Ancien boxeur, éleveur de cochons et paria de la vie politique pendant des années en Pologne, ce populiste a réussi à gagner définitivement une respectabilité en accédant au poste de vice-premier ministre.
Conscient de sa nouvelle importance, Lepper fait aujourd'hui très attention à son image et à ses mots, modérant son hostilité à l'Union européenne, et affirmant qu'il ne veut plus renégocier que quelques articles du Traité d'adhésion. Moins radical sur l'économie de marché qu'il réfutait (il veut une taxe sur les supermarchés étrangers), il affirme désormais volontiers qu'il est lui-même un "capitaliste", propriétaire d'une ferme de 300 hectares. Oubliées les paroles bienveillantes sur la politique économique antilibérale d'Adolf Hitler ainsi que l'admiration pour l'homme fort de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, à qui il avait souhaité une présidence à vie. Incroyable retour de l’histoire que l’arrivée d’un " national socialiste " au pouvoir, dans un pays de l’UE et surtout, quelle claque pour celles et ceux qui rêvaient d’un Traité conduisant l’Europe vers le progrès !
Dans le fond, les deux seuls qui peuvent pousser un ouf de soulagement, sont les frères Kaczynski. Vous vous imaginez un instant, ils doivent recevoir en visite officielle fin mai de sa Sainteté Benoît XVI, et il est impossible qu’il n’y ait pas un gouvernement stable… pour accueillir le successeur très progressiste de Jean Paul II.
EN TRAIN DE CHANGER
Longtemps, dans l'Europe de l'extrême droite, le Royaume-Uni a fait figure d'exception. A la différen ce de la France, de la Belgique, de l'Italie, de la Scandinavie, des Pays-Bas, aucune formation n'était jusqu'à présent parvenue à émerger en s'attaquant à la question de l'immigration. Cela est peut-être en train de changer, avec la montée en puissance du British National Party, qui a fait une percée aux élections locales de hier. Issu du " National Front ", un ramassis de crânes rasés néonazis et de hooligans, avec lequel il jure n'avoir plus de liens aujourd'hui, le BNP est à 7ou 8 %, ce qui en Angleterre est un score exceptionnel. Il fut un temps où son leader Griffin promettait de défendre "les Blancs d'Angleterre à coups de botte et à coups de poing", dénonçait la "conspiration juive" et courtisait le colonel Kadhafi.
Si l'on en croit ce diplômé de Cambridge (élève moyen mais lui aussi bon boxeur), ce passé est révolu. Le discours s'est policé. Même s'il appelle toujours vigoureusement à mettre fin à l'immigration et dénonce "l'islam, cette religion pernicieuse", Griffin a biffé de son programme l'expulsion des étrangers, et drague des recrues plus présentables.
Toutes les études (secrètes bien évidemment) du Ministère de l’Intérieur le prouvent : la tendance va vers une consolidation de l’adhésion aux thèses défendues par Griffin ou Lepper dans de récentes campagnes électorales. Bien plus que la grippe aviaire, la peste brune menace l’Europe.
Devinez donc à qui, depuis hier, et après analyse, les résultats anglais et polonais vont donner des idées ?
Mais je déblogue…
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /2006 07:17
Hier soir n'a pas été un moment comme les autres dans la vie municipale. Je sais bien que, quand on en connaîtra le caractère exceptionnel, il provoquera l'hilarité générale. J'en ai l'habitude, et je l'assume d'autant plus volontiers qu'il va à l'encontre de l'opinion dominante. Il appartient en effet à ces histoires que l'on se contente de survoler sans en percevoir l'importance. La tendance actuelle ne s'inscrit pas dans l'approfondissement des traditions mais dans leur destruction systématique, au nom d'une modernité obligatoire. Or, rien ne saurait justifier la perte de certains éléments pouvant servir de socle à une identité rassurante. En renonçant à assumer ce que l'on a été, on finit par ne plus être ce que l'on est, ou ce que l'on doit être. Chaque jour en apporte la preuve au plus haut niveau de l'Etat.
Allez, il faut donc se lancer dans le dérisoire, au risque d'être taxé de " ringardisme " avancé.
Hier soir, lors de la réunion mensuelle du Conseil municipal, nous avons donc élu la centième Rosière de l'Histoire créonnaise. Un siècle après ce qui fut la première attribution de ce titre d'une autre époque, les élus ont procédé à cette désignation, sous l'oeil des caméras de France 3 qui va suivre cette tradition, durant six mois, pour un documentaire de 52 minutes. Une demi-heure hors du temps, hors des tabous, hors des modes, hors des préoccupations administratives ou réglementaires. Une demi-heure entièrement consacrée à une certaine idée de la jeunesse et notamment des femmes.
Affirmer que la désignation démocratique de celle qui représentera, durant une année, sa cité constitue un événement réel dans la vie locale, c'est reconnaître qu'il y en a d'autres qui sont surfaits. Par exemple il ne me viendrait jamais à l'idée de participer à un jury destiné à " élire " une miss Créon, contrairement à tout ce que promeut le système médiatique. Il ne paraîtrait pas très valorisant de penser qu'une ville puisse attacher son nom, à une personne allant s'exhiber sur un plateau de télé-réalité.
La tentation s'affirme de généraliser, dans le mauvais sens, les défauts " accidentels " de la jeunesse. Elle permet de constituer un " capital " défiance dont notre société ne sait plus véritablement comment se débarrasser. L'élection de la Rosière, quand on prend le temps d'en apprécier le contexte, va résolument à l'encontre de la double tentation du passéisme désuet et du modernisme absolu.
UN TESTAMENT DE DEPIT
Lorsque Antoine Victor Bertal, parti depuis des décennies de sa commune natale, lui offre son immense fortune dans un testament de dépit, il ne pense sûrement pas que la seule partie qui en subsisterait, 111 ans plus tard, serait celle qui a trait à une tradition très répandue au XIX° siècle. Tous ses rêves de grandeur pour Créon (dotation en oeuvres d'art exceptionnelles, construction d'un hôtel de ville, création d'un musée aussi prestigieux pour l'époque que celui que Pineau voulait il y a peu offrir à la France...) se sont évanouis, à cause du désintérêt manifeste des responsables locaux. Il n'a subsisté qu'une phrase incitant les élus à mettre en évidence la réussite d'une jeune fille.
Bien entendu, cette réussite a évolué, depuis un siècle, et l'absurdité serait de penser que, maintenant, les appréciations sont les mêmes que hier ! Elles ne reposent plus sur la même " vertu ", sur la même " sagesse ", la même sociabilité, mais elles ont le même objectif : mettre en évidence que l'on peut exister positivement !
Le débat ayant toujours lieu à huis clos, peu de Créonnaises et de Créonnais en connaissent les critères. C'est ainsi qu'il faut d'abord savoir qu'à Créon, on n'est pas candidate au "poste" de Rosière. Ca change!  Ce qui signifie qu'il ne peut y avoir d'ambition personnelle derrière cette démarche, car on est élue à l'insu de son plein gré. Ensuite, lors de la présentation des filles de 18 ans, n'est pris en compte que l'engagement citoyen et le rôle durable de la famille dans la vie sociale communale. Il s'agit avant tout de mettre à l'honneur un comportement collectif plutôt qu'un projet personnel. Hier soir, mes collègues ont donné une large majorité à une lycéenne dont la vie personnelle ne fut jamais, jusqu'à présent,  un long fleuve tranquille. Son opiniâtreté, sa volonté farouche de ne jamais renoncer face aux aléas du destin, le soutien qu'elle a sans cesse apporté... aux autres, méritaient qu'elle soit la 100° de celles qui sont entrées dans l'histoire locale.
AMBASSADRICE D'UNE GENERATION
Ce qui est frappant, depuis ce 2 septembre 1907 où Bernard Saligue, maire, couronna Suzanne Salvet, la première à recevoir les dividendes du legs Bertal, c'est qu'aucune de celles qui lui ont succédé, n'a un seul instant, regretté d'avoir accepté ce rôle d'ambassadrice d'une génération. Mieux, quels qu'aient pu être leurs choix ultérieurs de vie, elles gardent un souvenir toujours ému de cette " promotion ". Je sais que, cette année, nombreuses sont celles qui attendaient ma visite, car dans un coin de leur coeur, elles aspirent, avec leur famille, à une reconnaissance officielle de leur engagement.
Il faut bien reconnaître que, dans un système de la sélection par l'échec, les occasions sont rares de valoriser une autre réussite que celle qu'attribue de plus en plus difficilement " l'école ". A 18 ans, une certaine assurance naît après ces moments où l'on se retrouve sur le devant de la scène. Il faut assumer une autre réalité que celle que l'on croit idyllique dans la Star'Ac. La reconnaissance de proximité est tout autant valorisante par son authenticité que celle, éphémère et factice, du show bizz. Encore faut-il, qu'à l'échelle locale, il soit possible de se retrouver dans cette situation. La tradition de la Rosière ne reposant sur aucun support sexiste, sur aucune connotation institutionnelle de parité va, j'en ai conscience, à contre courant, car elle suppose des gaudrioles, des commentaires plus ou moins obscènes, des allusions plus ou moins méprisantes.
D'ailleurs, en tant que Président de l'association des villes des rosières de France, je constate que de plus en plus d'élus " importants " cèdent à la pression des idées préconçues. Ils se croient " modernes en abandonnant des principes séculaires", alors que toutes les études en cours montrent que, dans bien des villages ou des villes, il s'agit de mettre en évidence les réussites, plutôt que de stigmatiser les échecs. Peu importe que les rosières des temps présents aient perdu leur virginité, comme s'en gaussent  ceux qui ont, paradoxalement, une certaine idée perverse du comportement social. Qu'elle ait ou non un ami, un fiancé, n'altère en rien ce qu'elle peut représenter pour son entourage, ses copines, ses voisins, sa ville. Et il faudrait même beaucoup d'autres titres à attribuer, pour compenser cette image négative puissante que colporte l'opinion dominante sur la jeunesse.
CONFORTER SON IMAGE DYNAMIQUE
A partir d'aujourd'hui, nous allons tenter de bâtir les plus grandes et les plus belles fêtes dont Créon a besoin pour conforter son image dynamique, et pour cela, l'implication de toutes les générations va être indispensable. Dans les cités sans âme, il suffirait que l'on recherche des " exemples " , des références, pour que l'on change les regards portés sur ces espaces. Un chanteur, un footballeur, une danseuse, une militante associative, une mère méritante, une jeune, impliquée vers le tiers-monde... n'intéressent absomument pas les médias, dont on ne répètera jamais assez qu'ils ne mettent en évidence que les trains qui n'arrivent pas à l'heure. Dealers, voleurs, traficants, violenteurs, lâches, incendiaires de voitures : à eux la vedette d'une socité reconnaissant leur existence!
Le pari de ne pas renoncer à une tradition, mais de tenter de n'en garder que ce qu'elle peut apporter de positif n'a plus d'adeptes. On jette. On abandonne. On renonce. Hier soir, j'ai pourtant eu l'impression pour ma 24 ° année de participation à une réunion de désignation de la Rosière, que jamais nous n'avions été autant dans le vrai, car notre société a encore besoin de repères durables !
Dans les regards que je croiserai lors du défilé, le dernier dimanche d'août dans les rues de Créon, je lirai, une fois encore, de la tendresse, de l'envie, du respect. Et ce sont des éclairs rassurants dans un monde où chaque minute nous rappelle que ces valeurs foutent le camp. Pour le reste, je reconnais le droit aux " modernistes " de me traiter de vieux c.. attardé, car le seul juge de l'intérêt d'une tradition, c'est le temps. Or la nôtre aura, sans défaillance, déjà résisté un siècle. Pas si mal dans un monde du jetable, de l'instantané, de la réussite reposant sur l'anormal ou le pitoyable.
Mais je déblogue?
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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Mercredi 3 mai 2006 3 03 /05 /2006 00:23
Il y avait les secrets d’Etat, les affaires d’Etat, les raisons d’Etat. Depuis toujours il existe aussi les mensonges d’Etat, ceux que toute confession ne permet pas d’effacer de l’Histoire. Ils demeurent dans la chronologie comme des pierres noires sur le chemin de la démocratie, dont il faut absolument se souvenir sous peine de voir périr les principes auxquels on tient comme citoyen. Dommage cependant qu’il n’y ait plus de Zola pour barrer la une d’un journal télévisé ou d’un quotidien lu par des millions de personnes d’un retentissant " J’accuse ". Il est vrai que si l’on compte désormais sur Claire Chazal, Béatrice Schonberg-Borloo, Patrick Poivre d’Arvor ou David Pujadas pour lancer un défi au pouvoir trompeur, nous risquons de rester encore longtemps sur notre faim. Le temps du courage est derrière nous.
Et pourtant, ce serait le moment de restituer au journalisme ses lettres de noblesse car le réveil risque, une fois encore, d’être douloureux, et surtout la pandémie de perte de confiance va gangrener tous les étages de la société.. Les repères dévastés des électrices et des électeurs, dans un système moribond, vont conduire le pays à sa perte.
La mascarade actuelle autour de ce qui demeure l’affaire Clearstream mériterait un sursaut démocratique collectif vital. Les médias savent pertinemment, qu’à des trous de mémoire sélectifs près, il s’agit probablement de l’un des scandales les plus retentissants de la V° République, mais ils ont tellement peur de perdre leur couverture officielle qu’ils se contentent du service minimum. Accepter sans sourciller les déclarations outragées de Crin Blanc c’est rendre vérifiée l’existence du Père Noël.
Il suffira pourtant de patienter et d’attendre… les éditions prochaines du Canard Enchaîné pour en vérifier l’authenticité. Nous en sommes rendus aujourd’hui au top des pratiques politiques que je déteste : s’il y a un problème, ce n’est pas de la responsabilité de celui qui le pose, mais de celle des journalistes qui le portent à la connaissance du public. A eux l’indignité nationale, aux " coupables " la pitié du peuple !
AUCUN DEMENTI PROBANT ET CONCRET
En la circonstance, aucun démenti probant ou concret n’a été fourni, car tous les faits relatés par Le Monde ont bel et bien été confirmés. La seule divergence porte sur la citation de tel ou tel nom dans la conversation… secrète d’un certain 9 janvier 2004. Personne n’ose demander pour quelles raisons cette rencontre avec les services secrets dépendant du Ministère de la Défense, s’était déroulée au Quai d’Orsay et pas dans le Ministère de tutelle des personnes concernées ? Qui a posé la question de savoir les raisons de la présence d’un dirigeant d’EADS, d’où viennent les listings à ce brain-strorming confidentiel où, bien évidemment, aucune arrière-pensée politique n’animait les esprits sereins des participants ? Au fait comment les documents sont-ils arrivés spontanément au Ministère des affaires étrangères ? Si Crin Blanc a un tel dossier entre les mains, qui peut croire que Droopy n’en a pas été averti ?
Crin Blanc joue paroles… contre " parole ". Il oppose le verbe aux faits, les bons sentiments aux réalités, les imprécations aux accusations précises. Il tente de pratiquer le fameux principe voulant que la meilleure défense soit l’attaque ! Il a décidé de ne pas mourir les armes à la main dans Fort Matignon…assiégé par ses ennemis, de plus en plus nombreux, même dans ses troupes d’élite.
Ce système ne résistera pas longtemps à l’épreuve des dures aspérités de la vérité. Elles finiront peu à peu par éroder les plus robustes résistances, car on sait que les vocations de corbeaux sont, dans notre France démocratique, au moins aussi nombreuses que celles de redresseurs de torts. Il y gros à parier que, dans les prochains jours, les " bernés " ou les " porteurs de chapeaux " potentiels, vont laisser filtrer quelques preuves de leur bonne foi. Soyez patients, un document nouveau va arriver dans une rédaction ou une autre sans pour autant que cette perspective affole les intéressés. Et alors, le mal sera plus fort que les pansements déposés sur des jambes de bois. D’ailleurs, personne n’en parle plus : c’est une affaire classée… comme le furent celles des écoutes téléphoniques de l’Elysée, des Irlandais de Vincennes, ou du Rainbow Warrior !
PROMIS, J’ARRETE LA LANGUE DE BOIS
Ainsi, l'affaire Clearstream n'a pas été évoquée hier soir, lors d'un séminaire gouvernemental, durant lequel les ministres ont fait le point sur les "chantiers pour les semaines et les mois qui viennent", selon le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, dont on sait qu’il a écrit ce superbe livre promu par une douzaine d’émissions de télévision différentes, en raison de sa grande sincérité : " promis, j’arrête la langue de bois "… Vous pouvez lui faire confiance, ce gars-là ne peut pas raconter des bobards, tant il a été frappé par la grâce de la vérité à annoncer aux chaumières hexagonales. Lors de cette réunion, les ministres "n'ont pas parlé" de l'affaire selon Saint Copé. "Sur ce sujet, tout a été dit", a souligné celui par qui arrive la bonne parole.
Nicolas Sarkozy a certes quitté le séminaire, sa religion étant faite depuis belle lurette, avant ses collègues pour retourner place Beauvau, où il recevait, aux frais des contribuables, les seuls parlementaires de l’UMP, officiellement pour le début du débat sur l'immigration. Dominique de Villepin s’est rendu à cette réception à la gloire du " coupable blanchi ". Des mauvaises langues (et il y en a !) ont dit d’ailleurs qu’être blanchi par Clearstream, ce n’était pas une performance, car c’est la spécialité de la maison de blanchir tout ce qu’on lui adresse.
Mais promis-juré, selon l’évangile de Saint Copé, pas un seul des élus présents, une coupe de champagne à la main, n’a parlé de ce qui constitue le plus beau coup tordu dans un gouvernement depuis longtemps. Ils ne se sont préoccupés que des quotas sur l’immigration, et ceci suffit à leur bonheur électoral. Pour le reste, ils font confiance, comme Sarkozy, à la justice de leur pays…comme lors du premier procès d’Outreau !
IL DOIT JUBILER
Le problème demeure. A tout moment, le Roquet de Neuilly a la possibilité de relancer " l’affaire ". Il lui suffit d’une petite phrase, d’un mot, d’un signe, d’une fuite pour mettre ses adversaires potentiels en difficulté. Il doit jubiler car, dans le fond, ces maladresses secrètes font sa force, et nul ne peut plus l’attaquer sans risques. Il est devenu Noë pouvant sauver avec son arche une UMP au moins aussi ébranlée que le PS. Un coup de barre à droite, et il va prendre le large, car plus personne ne l’arrêtera.
Droopy Chirac fait de plus en plus le mort politique, histoire de se faire oublier dans cette histoire pour le moins trouble. Il n’a rien vu, rien entendu, rien dit, comme dans tous les dossiers compromettants. Il s’enlise lentement.
Crin Blanc, en se présentant " en victime jetée en pâture aux chiens " selon une expression célèbre, espère faire pitié et donc attirer la sympathie des victimes de tous poils. Il ne survit que grâce au fait que son mentor ne sait ni comment se débarrasser de lui, ni surtout par qui le remplacer.
Il n’y a qu’Alain Juppé qui, de sa cabane au Canada, se demande bien s’il a intérêt à mettre un pied sur le sol français, et surtout ce qu’il pourrait bien faire dans un tel contexte. Il sait lui, plus que tous les autres, que Droopy fait payer chèrement aux autres ses idées tordues et qu’il ne faut surtout pas espérer qu’il assume…ses actes. Et ça, ce n’est plus un secret pour personne.
Mais je déblogue…

Photo AP : Que peut bien apprendre Sarkozy dans Le Monde?
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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