L'Autre Quotidien page d'accueil

 

MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Mercredi 28 février 2007

Aujourd'hui je suis sur le toit des Andes dans le cratère du Tatio, volcan aux geysers. Lever de très bonne heure mais quel spectacle à près de 5 000 m d'altitude au lever du soleil. Mon père apprécierait mais désormais il est pétrifié par la maladie de Steele et Richardson. Un drale pour lui et pour moi...

Qu’y a t il de plus terrible que de voir son père sombrer peu à peu vers la dépendance totale ? Je croyais que, dans la vie, on pouvait affronter cette dure réalité avec un certain fatalisme. Malheureusement, le contexte philosophique actuel porte à nier la mort et à espérer qu’elle ne touchera jamais celles et ceux que vous aimez. Les médecins ne sont plus chargés de soigner des maux plus ou moins graves mais deviennent comptables de notre longévité considérée comme un dû. Ils ont même une obligation de résultat. Ce qui fait, de la vraie vieillesse, une étape de plus en plus douloureuse du passage sur terre car, souvent, elle témoigne d’une déchéance mal supportée et de l'impuissance médicale.

En entrant, le plus souvent possible, dans la maison de retraite, afin d’aller apporter quelques mots de distraction à mon père installé depuis quelques mois dans ce lieu d’où on ne ressort définitivement que mort, j’éprouve toujours un inévitable mal être. Beaucoup des gens, qui y terminent leur parcours, appartiennent à mon enfance. Ils me plongent, à la fois, dans les souvenirs de jours insouciants et dans la peine de les voir, pour certains, immobiles, prostrés, absents. Les regards perdus dans un ailleurs dont on ne devine pas les contours, ils n’attendent  rien d’un jour qui tarde à passer. Le moindre signe de leur part, le moindre regard, la moindre esquisse de sourire, la moindre main tendue possèdent une valeur inestimable car ils tissent un lien furtif entre leur passé et mon présent.

LA HAINE D'UN SORT INJUSTE

Pétrifié par une maladie " orpheline " dégénérative, mon père ne peut quasiment plus communiquer que par de petits repères discrets et inconnus pour les non proches. Sa souffrance n’est pas physique mais elle est, bel et bien là, quelque part dans sa tête, terriblement silencieuse. Nous n’avons pas besoin d’échanger des mots pour nous comprendre. Dans la lumière encore vive de ses yeux, je lis sa haine d’un sort qui le cloue dans un fauteuil. Lui qui ne supportait pas une seconde d’inutilité, le voici fossilisé par un mal inconnu. Le supplice de l’inactivité absolue pèse sur la durée de chaque minute. Elle couvre d’un linceul immaculé ses journées. Elle l’a enseveli vivant dans le monde des statues. Sa lucidité intacte lui permet cependant de jeter un regard de plus en plus impitoyable sur ce monde qu’il perçoit désormais exclusivement à travers les images de la télé. Il se forge, alors qu’il n’a jamais antérieurement regardé cette étrange lucarne, son jugement sur les journaux télévisés. Il est d’autant plus sévère sur ce qu’il voit que sa vie n’a jamais été marquée par la facilité.

Fils d’immigrés italiens mon père est passé par toutes les phases de cette fameuse intégration qui ruisselle dans les discours et les débats. D’abord ce fut dans le monde impitoyable de l’industrie sidérurgique lorraine. Là-bas dans la pièce unique du " ghetto " transalpin de Talange, au-dessus, du café où l’on évoquait les espoirs et les nostalgies, il a appris ce qu’était la pression des autres sur celles et ceux qui voulaient réussir ailleurs que chez eux. Il sait ce que " relégation " veut dire et dans ses yeux je lis la réprobation furieuse qu’il voudrait formuler quand on semble présenter ce phénomène comme une nouveauté du XXI° siècle. La France oublie facilement qu’elle n’a jamais été tendre pour les immigrés de toutes origines. Le racisme anti-italien a été virulent, mortel, farouche. Les " macaronis " s’en souviennent… et les chasses à l’homme pratiquées, avant guerre, dans les Bouches du Rhône ne constituent pas les pages les plus glorieuses de notre histoire que l'on ne cite jamais!

LA MEUTE DES BRAVES GENS EST LA PLUS REDOUTABLE

Les contrôles d’identité, l’angoisse de ne pas avoir des " papiers " en règle, les difficultés de trouver sa place dans une école " méprisante ", le logement taudis de domestique (le mot n’existe même plus tant il fait maintenant honte) agricole au sol en terre battue de Cursan, remontent dans sa mémoire quand il voit Sarkozy " aboyer. " Racaille ", " voyou ", " bandit ", " chenapan " et bientôt" assassin" ressasse le fils d’immigré hongrois ayant eu la richesse pour favoriser son installation. Ces mots uniquement lâchés pour faire bien, pour gagner des voix, pour flatter les oreilles de celles et ceux, d’autant plus sévères, qu’ils ne les ont jamais entendus prononcés à leur égard, le révulsent, le meurtrissent.

Mon père sait que la meute des braves gens demeure la plus redoutable car elle ne cherche pas à juger mais qu’elle condamne aveuglément. Elle pourchasse physiquement et moralement. Elle généralise hâtivement. Elle se construit des certitudes sur des éléments ténus, qu’elle présente comme des preuves. Mon père l’a vécu, l’a éprouvé sans savoir se révolter.

Il ne dit toujours rien. Il ne peut plus manifester sa colère que par les éclairs d’un orage intérieur traversant ses yeux. Il ne comprend pas pourquoi, comme lui, ces jeunes en perdition ne sont pas animés par la farouche volonté de démontrer ce qu’ils sont car c’est la seule solution qui leur permettrait de se sortir des sables mouvants de l’inactivité. Le reste n'est  que poudre pour les yeux des caméras.

BRISER LES CHAINES DE LA MALADIE

Il voudrait leur crier que, lui aussi, n’a jamais réussi dans une " communale " déjà préoccupée par le mythe de la seule prouesse scolaire. Il voudrait briser les chaînes de sa maladie qui le condamnent au bagne éternel pour leur expliquer qu’il a travaillé la terre dès 5 ans, qu’il a été charpentier a 20 ans, qu’il a curé des fossés, taillé des haies, goudronné des routes, réparé tout ce qui pouvait être réparé, qu’il a absolument tout fait pour justifier la confiance placée en lui l'immigré par des Français bien pensants, qu’il a cultivé sa vigne, son jardin, qu’il n’a jamais refusé une seule minute de boulot au service des autres… Il meurt d’envie de leur expliquer qu’il faut parfois mettre un mouchoir sur sa fierté, sur son ego, sur ses prétentions pour aller chercher la reconnaissance par l’exemple. Il ne souffre plus pour lui, mais pour eux. 

Il n’admet pas cependant leur comportement car il ne s’est jamais révolté. Il a sans cesse prouvé… Il a certes subi mais pour mieux se hisser, malgré tous les obstacles, à force de volonté, de travail, de loyauté vers une intégration conquise mais surtout pas octroyée. Les larmes envahissent son regard quand il contemple de sa " cellule " de prisonnier de la maladie, ce monde où l’on brûle des voitures. Lui qui a mis quarante ans, avant de pouvoir acquérir une 4 chevaux d’occasion, ne peut pas admettre que, pour témoigner de sa révolte, on incendie celle de braves gens ayant peiné pour acquérir leur indépendance. Il vit le désarroi des victimes… mais ressent la douleur de ceux qui peinent à trouver une place dans une société de l’indifférence. Il est partagé, tiraillé, écartelé. Il a du mal à garder un espoir en un monde qu’il sait inexorablement moins positif que celui qu’il a traversé depuis 80 ans !

Mais je déblogue…

Chronique publiée le 11 novembre 2005

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 27 février 2007
 
La seule chose qui ne va pas nécessairement couler à flots dans les prochains jours c’est l’eau du robinet. On lui préfère celle qui, à prix d’or, vient de sources réputées pures ou celle qui est enrichie de bulles réconfortantes. Il est vrai que quelques litres valent un m3 de l’autre dont l’anonymat absolu n’est brisé qu’au moment où arrive dans la boite aux lettres la fameuses facture. Rares sont les citoyens qui, dans le sillage de personnalités comme Danielle Mitterrand, tentent de persuader les autres de l’importance fondamentale de cette ressource. Il est pourtant certain que les générations futures se battront pour l’eau potable avec la même dureté que les nôtres le font pour le pétrole. L’échéance approche et ce ne n’est qu’une histoire d’une poignée de décennies.
En cette fin d’année je viens de vivre la réalité de demain à l’échelle communale car la situation locale constitue une simple anticipation des problèmes qui attendent nos pays industrialisés : la qualité et la quantité des nappes. Apparemment Créon n’avait pourtant, depuis des années, aucun problème en la matière puisqu’elle était dotée d’un forage suffisant à l’alimentation de sa population. Personne ne se préoccupait guère de cet aspect de la vie quotidienne sauf en ce qui concernait le prix du service.
Le premier coup de semonce est venu de l’absolue nécessité en Gironde d’économiser la nappe dite de l’Eocène qui traverse le département de La Réole à Soulac en passant sous Bordeaux à entre 100 et 500 mètres de profondeur. Les roches qui composent notre sous-sol peuvent être très âgées, jusqu’à plusieurs centaines de millions d’années. L’eau qui y circule et se renouvelle, même si elle est parfois très âgée, à l’échelle humaine. Au droit de Bordeaux, ces roches dites de l’Eocène sont âgées de 33 à 65 millions d’années alors que l’eau qu’elles contiennent n’a elle que 20 000 ans. Cet âge correspond au temps nécessaire pour que de l’eau de pluie tombée du temps des hommes préhistoriques s’infiltre jusqu’à la verticale de Bordeaux. Elle n’est pas, contrairement aux apparences, fossile car elle se renouvelle en permanence bien que très lentement. Malheureusement le puisage actuel pour doter partiellement la Gironde des… 310 millions de m3 dont elle a besoin conduit à de vives inquiétudes sur l’avenir de cette ressource. Il faut collectivement économiser 10 % alors que la demande est sans cesse plus importante. Inverser une tendance liée à un comportement n’est pas chose aisée mais la ramener en arrière relève du défi.
L’autre facette de l’avenir tourne autour de la qualité de cet eau qui relève des normes de l’eau minérale mais pas de celles qui, en Europe, ont été arbitrairement fixées pour l’eau potable. En lavant les roches qui la conservent comme une éponge le ferait, l’eau se charge de sels minéraux en doses légèrement au-dessus des normes. Et c'est làson malheur! Celle distribuée à Créon est bactériologiquement et chimiquement irréprochable mais elle contient trop de fluorures (210 microgrammes/ litre) et trop de sulfates (350 microgrammes/litre) alors que les doses admises sont respectivement de 150 et 250… Ces dépassements ont conduit les administrations concernées à donner à la Mairie responsable de cette situation la date butoir du 31 décembre 2006 pour se mettre en conformité sous peine de se voir interdire de distribuer cette eau dont les dangers sont strictement théoriques pour la santé des consommateurs. Nul n’est censé s’opposer à une norme sanitaire européenne.
Cette double préoccupation, économiser et standardiser, deviendra celle de très nombreux élus dans les cinq prochaines années. Le temps presse et faute de décisions concrètes le retard pris sera dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, extrêmement dangereux.
IL N’Y A PAS DE PETITES MESURES
Le fondement d’une politique d’économie réside dans le sentiment simple : il n’y a pas de " petites " mesures mais c'est justement le cumul de certaines dispositions qui permet d’atteindre les objectifs. Deux volets ont donc été décidés par l’équipe municipale avec d’abord les usages publics de l’eau et ensuite ceux ayant trait aux usagers domestiques. L’un repose sur des investissements et il est donc aisé à réaliser. L’autre s’appuie sur des modifications de comportement et c’est beaucoup plus délicat.
Nous avons donc recensé tous les postes sur lesquels la mairie pouvait réduire sa consommation. La pus importante de toute était celle de l’arrosage de la pelouse du stade municipal qui représentait, selon les années, l’équivalent du puisage annuel sur le réseau de 30 foyers. Un luxe dont il fallait se priver.
Créon a donc été l’une des premières si ce n’est a première à mettre en place un bassin de récupération de toutes les eaux reversées dans la nature ou venant de la nature pour, lorsque le besoin est là, remplacer l’apport unique d’eau potable. Ce système a permis selon les années une économie de 2 à 3 000 m3. Tous les systèmes d’arrosage de massifs floraux ont également été temporisés et programmés la nuit : économie environ 400 m3. Dans les bâtiments publics comme à la maternelle les salles d’eau ont été rénovées avec des systèmes empêchant le gaspillage par négligence. Bien évidemment rien n’est parfait et la marge de manœuvre paraît toujours infime par rapport au 250 000 m3 puisés annuellement dans l’Eocène mais pourtant Créon a été considérée comme pilote en la matière.
Par ailleurs afin d’inciter tous les abonnés à surveiller leur consommation un tarif incitatif inversé à été mis en place. Il est unique en Gironde. En effet toute consommation annuelle supérieure à 150 m3 est surtaxée ! Une mesure impopulaire qu’il a fallu assumer mais qui permet à la commune d’avoir la plus faible consommation par compteur de toute la zone avec seulement 107 m3 quand les autres sont à… 160 m3. Ce comportement représente une véritable fierté car elle démontre qu’il ne faut jais désespérer du comportement citoyen quand les enjeux sont expliqués et clairs. La maîtrise de la quantité se traduit maintenant par un puisage sans rapport avec l’augmentation démographique de la commune et le renforcement de ses équipements.
UN IMMENSE PARTAGE DES EAUX DISPONIBLES
Il restait les normes à respecter. Un immense partage des eaux disponibles sur un vaste territoire a donc été inventé afin que des mélanges deviennent possibles. Créon avait anticipé en se liant par des connexions importantes aux réseaux voisins mais il lui restait à assumer aussi son fluor en trouvant une ressource autonome dans une autre nappe. La commune a proposé de tenter un forage dans la nappe beaucoup moins minéralisée de l’oligocène. Discrètement un forage a été réalisé pour trouver à 65 mètres une eau potable… dénuée de tous fluorures et de tous sulfates sur l'espace du stade municipal. Elle permettra à terme par mélange de régler le problème de la ressource actuelle. En attendant environ un kilomètre de canalisation a été tiré depuis le réseau du syndicat voisin de Bonnetan pour assurer une mixité des eaux.
Hier matin cette opération a été bouclée dans les délais et, la semaine prochaine, l’eau des robinets créonnais sera donc en conformité avec les normes européennes ce qui ne changera absolument rien à son goût et à son aspect mais qui évitera bien des problèmes administratifs. La mission aura été menée à bien en moins de deux ans. Elle représente une masse de soucis et de travail invisible pour les usagers.
Là encore les investissements ont été significatifs dans un contexte où il n’est pas concevable d’augmenter la part publique sur le m3. Ils ont servi à satisfaire des problèmes de " riches " pouvant se permettre chipoter sur des microgrammes de minéraux alors que dans bien des endroits de la planète on ne se poserait même pas la question de la potabilité ou de la "minéralité"
L’EAU DOUCE EST DEVENUE EXTREMEMENT RARE
L’eau conforme ou non conforme va manquer. C’est une certitude que la majorité ne veut pas reconnaître. L’eau douce facilement disponible est devenue en effet extrêmement rare (0.65%) et très mal répartie. Dans certains pays du Sahel, on arrive difficilement à trouver 10 litres d’eau par jour et par personne. Or, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 30 litres par jour serait le minimum nécessaire à une personne pour vivre et 50 litres par jour seraient suffisants. La consommation aux Etats-Unis est en moyenne de 400 litres par jour et de 150 litres par jour en France soit environ 50 m3 par an.
Aujourd’hui, 40% de la population mondiale souffre déjà de pénurie d’eau. 1.5 milliard d’êtres humains (400 millions d’africains, plus de la moitié de la population du continent) n’a toujours pas accès à l’eau potable. 2.5 milliards ne bénéficient d’aucun service d’assainissement. Avec l’augmentation rapide de la population, la quantité d’eau disponible par personne s’en trouvera réduite. De 1940 à 1990, la consommation d’eau dans le monde a quadruplé. Et d’ici 2050, 65 pays manqueront d’eau (ou 7 milliards de personnes) soit 65% de la population mondiale.
Les difficultés créonnaises sont bien évidemment sans aucune mesure avec cette situation catastrophique mais cette " goutte " démultipliée sur tout le territoire finira par constituer un enjeu vital. Il y aura une énorme effort pédagogique à effectuer pour persuader les plus jeunes des usagers qu’une part de leur avenir sur la planète dépendra de ce qui coule au robinet de leur domicile. Au moment du réveillon, à Créon, on pourra en consommer sans modération. C'est déjà ça!
Mais je déblogue… 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 26 février 2007
Je suis aujourd'hui arrivé à san Pedro de Atacama dans le fameux désert au ciel pur au Nord du Chili. On se sent dans un autre monde. Je ne compte pourtant pas m'y exiler... comme Johnny en Suisse.
Quand je suis allé, à mes frais, au Chili pour découvrir la campagne électorale de Michèle Bachelet j’avais été ébahi de constater le pourcentage extrêmement fort de maisons sur lesquelles s'affichaient ouvertement la conviction de leur propriétaires. Dans des zones absolument à l’égard de toutes les grandes routes, dans les magasins perdus dans la campagne ou en pleine ville, dans les restaurants, les hôtels, sur une fenêtre, dans les jardins, des affiches de Michèle Bachelet ou plus rarement de son adversaire annonçaient la couleur. Inimaginable chez nous de voir des citoyens, des commerçants, des médecins, des boulangers... oser proclamer ouvertement leurs convictions. là-bas où on a été privé de citoyenneté personne ne détourne la tête. On assume ses convictions. Mieux on les proclame.
En France, depuis hier, le climat évolue favorablement et la démocratie a fait un grand pas en avant puisqu’une nouvelle exceptionnelle est tombée parmi les dépêches des agences : trois membres de la famille Hallyday, parmi les plus célèbres -Johnny, Laetitia et David- ont adhéré au parti de Nicolas Sarkozy!
"Ca fait longtemps que je suis au courant de cet engagement de Johnny Hallyday", a déclaré Nadine Morano, députée UMP, sur RTL. "Nicolas Sarkozy me l'avait dit, je savais très bien que Johnny Hallyday avait adhéré à l'UMP (...), nous sommes très, très heureux, effectivement de l'accueillir". Elle a ajouté que Johnny sera "à Marseille dimanche matin lors du discours de Nicolas Sarkozy" pour la clôture de l'université d'été de l'UMP. Il "soutient l'action de Nicolas Sarkozy, c'est un chanteur populaire que j'apprécie énormément, que beaucoup de Français apprécient, comme d'autres artistes, comme Jean Reno, comme Christian Clavier, j'en aurais beaucoup d'autres à citer qui ont rejoint Nicolas Sarkozy", a indiqué Nadine Morano.
"Des artistes de gauche comme de droite ont salué en Nicolas Sarkozy l'action qu'il a prise pour lutter contre le 'peer to peer' et pour la protection intellectuelle des artistes", a-t-elle ajouté… Avouez que pour un soutien idéologique de poids, c’est un soutien de poids. Johnny qui est citoyen belge et qui le revendique va devoir vite demander sa naturalisation. Gageons que Sarkozy ne s’y opposera pas. Et que pour l'affaire des billest évaporés de son concert landais ou pour ses contrôles fiscaux ça ne fera pas de mal.
L'INTENTION DE M'IMPLIQUER
"Nicolas doit absolument être notre président. Et je ne vais pas me contenter de voter pour lui, je vais lui donner un coup de main dans la mesure de mes moyens", a-t-il déclaré au quotidien régional Nice-Matin. "J’ai vraiment l’intention de m’impliquer." Et d’ajouter qu’"on pourra parler politique et seulement politique". Johnny st un éminent spécailiste de la politique puisque il soutint antérieurement Chirac et qu'il est l'inventeur du fameux "A que coucou!" Au moins lunid les Guignols (mais jusqu'à quand?) vont nous régaler!
Et quoi de mieux qu’une petite visite du papy du rock - 63 ans - pour promouvoir la politique lors d’une "université d’été des jeunes, tournée vers la jeunesse", ainsi que la veut Luc Chatel, porte-parole de l’UMP. Quelque 4.000 militants de moins de 30 ans devraient être présents pendant les trois jours de rassemblement. Il y a fort à parier que la foule sera au rendez-vous pour voir arriver l’idole et donc pour acclamer le Ministre de l’Intérieur.
LA GOUVERNANCE POLITIQUE DU KLEENEX
L’autre changement " réconfortant " de la démocratie vient de surgir en France s’est produit à Bordeaux. D’ailleurs il est totalement impossible que vous l’ignoriez tant les télévisions, les radios vous en ont abreuvés (et regardez Sud Ouest de ce matin !) et ce n’est pas fini. J’espère que vous avez bien regardées les images et que vous avez remarqué les tronches enthousiastes d’Hugues Martin et de Jacques Valade qui devaient découvrir ce que l’on ressent quand l’on est une fois encore cocus! Tous deux auront avalé autant de couleuvres qu’un Italien devant un plat de spaghettis. Ils ont du mal à digérer!
Une preuve de la nouvelle gouvernance politique dite du kleenex a été administrée en Gironde. Le principe en est clair : vous utilisez sans état d’âme les gens qu’il vous faut au moment où il vous les faut pour les jeter quand ils deviennent usés ou inutiles ! Ensuite il suffit, faute de leur trouver une récompense à la hauteur de leurs mérites, vous les abandonnez au bord du chemin et en passant devant eux vous oubliez même leur existence. Eux les déçus ils mettent simplement un Kleenex sur leurs déceptions ou leurs ambitions.
Un sondage récent (confidentiel bien évidemment) a été commandé par un candidat potentiel afin de connaître son éventuelle notoriété sur la ville centre de Bordeaux. Impossible en effet maintenant de tenter une aventure électorale sans avoir le secours d’une étude d’opinion. C'est obligatoire car les idées ne sont pas le fondement de l'action. On est candidat que si on est sûr d'être élu. Les sondages fleurissent actuellement et les résultats se commentent sous le manteau. En l’occurrence celui de l’opération faite sur Bordeaux a dissuadé son commanditaire d’aller tenter sa chance : il n’apparaissait pas dans les trois premiers nomminés pour la Mairie (Alain Juppé, Michel Duchène et Pierre Hurmic,étaient  dans cet ordre) et il est donc revenu sous sa tente ! Pas question d’afficher une conviction profonde, d’aller au combat pour soutenir ses " camarades ". Courage fuyons !
Un autre sondage donnerait Juppé en difficulté s’il n’y a pas mobilisation de son électorat. L’abstention pourrait être aggravée par, justement, le sentiment généralement répandu que la liste Juppé n’aurait qu’une promenade de santé à effectuer. Cette éventuelle démobilisation constituera le risque principal de cette opération dont je vous avais dévoilé la réalité dans une chronique du… 23 octobre 2005  soit il y a huit mois!
AMERICANISATION DE LA VIE SOCIALE
Comme la France évolue à grands pas vers une "américanisation" de sa vie sociale et politique, la personnalisation devient essentielle dans toute échéance électorale. Celle ou celui qui, lors des présidentielles bénéficiera du soutien de Zinédine Zidane compensera toutes les carences de son programme, Laurie éminente spécialiste de l'emploi sera sur la scène, Douillet se monterta avec une tirelire de pièces jaunes... On  pardonnera tout aux candidats comme certaines fans sauront le faire déjà avec Sarkozy s’il s’exhibe avec le chanteur du " Pénitencier ", " Que je t'aime…, " Allumer le feu ", " Requiem pour un fou " ou de… " Je te promets "… Seules les apparences comptent dans un contexte de déficit civique désastreux et les principaux responsables en sont d’abord les militants de tous bords qui se rallient essentiellement à des " vedettes " et pas nécessairement à des " idées ". L es électeurs s’apparentent de plus en plus à des supporteurs.
Au Chili leur engagement était profond, sincère, durable car les soutiens de Michèle Bachelet savaient où ils étaient passés mais surtout où ils ne voulaient pas aller. Chez nous les porteurs d’opinons (élus locaux, vedettes, journalistes, sportifs…) ont un art consommé de la volte-face. En général ils ne se décident que quand les jeux sont faits ou presque. Les ralliements à l’une ou l’autre sont passionnants à observer. Si l’on traçait le parcours de quelques personnalités locales il ressemblerait à ces jeux embrouillés que publiait Mickey consistant à partir d’un point de départ pour arriver au trésor. La tactique du zig-zag pour récolter ou conserver une place se pratique au fur et à mesure que les sondages donnent leur verdict.
Le chemin politique le plus efficace ne devient pas, jour après jour, la ligne droite. Mais comme apparemment personne ne s’en préoccupe l’avenir appartient à ceux qui savent rejoindre au bon moment les troupes supposées victorieuses. On se tait! On accepte tout! Même de cohabiter avec ses pires ennemis pourvu que l’on préserve son patrimoine. Il est étonnant de constater la composition des listes de soutien tant elles recèlent de mystères de la réconciliation permanente ou de l’absolution bienfaisante.
Les Kleenex ne servent en politqiue qu'à sécher les larmes des crocodiles. Pour les autres un revers de la manche suffira !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 25 février 2007

Je suis de retour aujourd'hui à Valparaiso... où je retrouverai mon mythe et ce port où se construsaient les rêves. Voici une chronique écrite l'an passé avant mon précédent voyage au Chili.

Quand vous découvrirez cette chronique, je serai, du moins je l’espère, quelque part au Chili. En milieu de journée, après 14 heures non stop de trajet, je poserai le pied sur le sol chilien pour y respirer un grand bol d’air politique. Simplement, à mes frais, je m’offrirai une cure de rajeunissement. L’une de celles que même les plus dorées, les plus onctueuses des madeleines de Proust ne peuvent créer.

Dans mon jardin secret j’entretiens en effet jalousement quelques illusions dont les graines ont été récupérées auprès de mes grands-pères. Elles sont fragiles et ont, plusieurs fois, été gelées par les durs frimas de la réalité, ceux qui soufflent le dimanche soir aux sorties des urnes. Chaque fois le traitement a été impitoyable : couper au plus près du terrain les fleurs de la passion avec le secret espoir que leurs racines redonneraient vie à l’espoir. Chaque fois que l’une d’entre elles arrive à éclosion, en revanche, le plaisir est le même. Je le savoure désormais avec l’intense satisfaction des jardiniers de l’idéal. Je sais qu’elles appartiennent forcément à l’éphémère. Elles finissent inéluctablement par faner, par s’étioler et par devenir insaisissables. Plus leur venue au monde a été exigeante plus je regrette profondément ne pas avoir su ou ne pas avoir pu prolonger leur existence. Manque d’eau de vie, trop peu de motivation, une trahison des autres, une mauvaise tempête : la culture déjà délicate ne résiste pas aux intempéries extérieures. Le Chili reste pour moi le plus formidable terrain pour l’éclosion des fleurs de la passion. J’en rêvais depuis tellement longtemps.

L’ESCALE MYTHIQUE 

D’abord parce que mon enfance a été nourrie des récits écrits des périples de ces marins rudes, durs au mal dont je partageais la quête des baleines ou l’inquiétude du passage du cap Horn. Valparaiso, l’escale mythique avec ses bars louches et ses collines la ville du paradis m’a toujours tenté car c’est de ses rives que sont partis des milliers de conquérants des océans, tous sûrs que la fortune, ou tout au moins la réussite, se trouverait au bout du voyage. Nul n’envisageait le pire. Tous avaient l’optimisme chevillé au corps. Valparaiso, pour moi, un nom magique !

 .- D’abord parce que mon enfance a été nourrie des récits écrits des périples de ces marins rudes, durs au mal dont je partageais la quête des baleines ou l’inquiétude du passage du cap Horn. avec ses bars louches et ses collines la ville du paradis m’a toujours tenté car c’est de ses rives que sont partis des milliers de conquérants des océans, tous sûrs que la fortune, ou tout au moins la réussite, se trouverait au bout du voyage. Nul n’envisageait le pire. Tous avaient l’optimisme chevillé au corps. Valparaiso, pour moi, un nom magique !

Heureux d’avoir vaincu les terribles vagues de la fin des terres ou les traversées trop pacifiques d’un interminable océan, ils ont créé l’extraordinaire légende du port du bout du monde, celui des illusions de jours forcément meilleurs quelque part au-delà de l’horizon.

Il y a eu aussi les Andes que d’autres conquérants avaient eu à vaincre. Mermoz. Combien de fois ai-je contemplé le visage d’ange de cet acrobate des airs ? Combien de fois ai-je relu l’exploit que représentait le franchissement d’une " Cordillère forteresse " avec un " avion de papier " ? Il fut l’un des premiers effectuer cette périlleuse traversée postale que Guillaumet effectuera plus de 400 fois en service régulier.

Marins ou aviateurs ont su transformer, en arrivant ou en partant de cette longue bande de terre, leurs rêves les plus fous en exploits pour l’humanité.

Le Chili a aussi cet extraordinaire privilège d’héberger les plus majestueux oiseaux de la planète, étrangement similaires dans leur allure : l’albatros et le condor. L’un et l’autre glissent interminablement dans les airs pour seulement prendre de la hauteur vis à vis d’une terre de pesanteurs et de mesquineries Peu de pays ont été aussi inaccessibles, ont aussi longtemps tourné le dos au reste du monde, se sont autant mérités que celui-ci.

LE PLUS BEAU PRINTEMPS

Ensuite parce que c’est au Chili qu’était né le plus beau printemps de l’hémisphère sud. Celui qui me permit de croire que la fleur du socialisme pouvait aussi éclore naturellement. Le 4 novembre 1970, Salvador Allende était élu Président de la République et s'engagea à corps perdu dans la transformation de son pays, obsédé par le respect pointilleux de la démocratie et de ses institutions.

.- Ensuite parce que et s'engagea à corps perdu dans la transformation de son pays, obsédé par le respect pointilleux de la démocratie et de ses institutions.

J’y ai appris dans son aventure qu’un pays pouvait rêver, pouvait espérer, pouvait se rebeller par son vote. La France y a peut-être compris grâce à l’exemple chilien que la Gauche n’était pas vouée à l’opposition aux grands militaires providentiels. Salvador Allende avait eu la patience, l’opiniâtreté d’attendre son heure. Il était amoureux de la loi, de la démocratie, du Peuple.

Le Chili, deux ans après que j’ai pu m’exprimer comme citoyen pour la première fois de ma vie, m’ouvrait une perspective nouvelle : celle du combat politique démocratique. Elle se referma cruellement, atrocement le 11 septembre 1973 après seulement trois années d’espoir. Le malheur permit à tous les véritables démocrates de comprendre que rien n’est jamais définitif et a redonné son visage hideux au fascisme. Une douloureuse leçon, un coup de froid terrible qui paradoxalement ne détruisirent pas mes illusions mais leur donnèrent une vigueur accrue, une envie nouvelle de faire payer cette mort.

Les tortures, les exécutions, les exactions diverses ont transformé le Chili, terre d’asile des voyageurs des rêves les plus fous en terre de souffrance et d’angoisse. Une mutation entrée dans ma chair et plus encore dans mon esprit pour laisser une cicatrice douloureuse à l’évocation chez nous de quelques idées noires. Elle reste vive et je suis certain que tout à l’heure ou dans quelques jours elle se réveillera dans le silence de ma conscience.

QUELQUES FLEURS D’ILLUSION SUPPLEMENTAIRES

Enfin, je vais respirer les quelques jours ayant précédé le 10 mai 1981. Du moins je l’espère. Dans les voix, les regards, les gestes, je vais chercher les repères qui ont annoncé la victoire. Je suis déjà profondément heureux de vivre, de l’intérieur, anonymement mais intensément, les derniers moments clés de la campagne de Michelle Bachelet.

Le puzzle très complexe de l’histoire qui s’assemble sous mes yeux ne peut qu’avoir les couleurs du bonheur. Je veux en effet encore puiser de quoi nourrir quelques fleurs d’illusion supplémentaires pour agrémenter mon jardin du quotidien. Je veux retrouver le goût sucré de la victoire perdu un soir de 2002.

" Le printemps est inexorable " expliquait Pablo Neruda. Faisons lui confiance pour qu’à mon retour je puisse vous ramener une brassée de roses d’espoir fraîches, sincères, flamboyantes cueillies au pied des Andes.

Mais je déblogue…

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 24 février 2007
Je suis aujourd'hui dans la villa de Pablo Neruda au bord du Pacifique à Isla Negra : un lieu magique que j'aimerai bien un jour montrer à mon petit-fils. Voici son arrivée sur terre! 
Il y a 130 ans Victor Hugo écrivait " l’art d’être grand-père " une œuvre dans laquelle il parlaît de Jeanne sa petite fille. Cette approche de la " grand parentalité " étonna car rares, à l’époque, étaient ceux qui pouvaient avoir conscience de ce statut beaucoup plus aléatoire que maintenant. On mourrait en effet avant d’avoir la certitude qu’une continuité familiale était assurée. Même si les femmes enfantaient plus tôt, il fallait avoir un santé solide pour espérer un jour croiser le regard d’un(e) petit(e) fil(le)s et encore plus d’un(e) arrière petit()e fil(le)s. Désormais, ce plaisir devient heureusement courant mais il demeure néanmoins moralement véritablement exceptionnel. Il y a de la jubilation à voir arriver sur cette terre un petit " vermisseau " dont on imagine les sensations. C’est un enchantement que de partager ces moments porteurs d’un avenir réputé heureux. Je l’avoue, l’arrivée de mon second "petit enfant" m’a redonné un brin d’espoir oublié, un rai de lumière pour éclairer la route du quotidien, un motif de me battre contre ce en quoi je ne crois plus.
Julien me permet d’aimer différemment la vie car même si je n’a pu le voir que 4 jours après sa venue au monde en raison d’un emploi du temps très chargé, au service des autres, j’ai eu, les larmes aux yeux en mesurant ce dont je lui suis maintenant redevable. En le regardant si fragile dans son berceau de verre en une maternité du CHU de Bordeaux Pellegrin en plein travaux, j’ai pourtant éprouvé un étrange mélange de plaisir et d’inquiétude. Il ne me semble pas l’avoir ressenti lors de la naissance de mes propres enfants car je ne savais pas alors quelles étaient les exigences de la paternité.
J’ignorais combien il était difficile de mener vers l’âge adulte un enfant. Le moindre accroc, la moindre faiblesse, la plus petite erreur peuvent avoir des effets désastreux. Et ceci on le sait… quand on est devenu grand-père grâce au recul de l’expérience. Avoir un enfant à l’époque actuelle c’est s’engager courageusement dans une lourde responsabilité . Il faut savoir que l’on devra se contenter parfois de boucher des " trous d’air " en permanence, d’essayer d’accompagner une évolution délicate, de tenter de conjuguer tendresse et rigueur, de vivre encore plus dans l’inquiétude de l’avenir.
RESPONSABLE QUE DU SUPPLEMENT DE BONHEUR
En tant que " Papidou " comme m’appelle Léa, ma petite-fille, je n’ai aucun état d’âme de ce genre : je ne se sens responsable que du supplément de bonheur que je peux donner à ce petit bout d’homme. Mon statut a évolué de celui du " père fouettard " à celui de " papi gâteau " et inutile de vous dire qu’il s’est amélioré et qu’il est devenu plus agréable. N’empêche que j’éprouve, malgré moi, une étrange angoisse car j’imagine (mais c’est mon caractère réel) toutes les épreuves qui attendent Julien sur ce qui ne sera, quoi qu’il fasse, qu’un sentier escarpé vers d’éventuels sommets. Tout concourt à mon inquiétude. Elle est renforcée par le manque total de lisibilité de l’avenir. Quel monde l’attend ? Quelle sera sa vie sur cette planète en voie d’auto destruction ? Quelle place y trouvera-t-il ? Mon incapacité totale à répondre à ces interrogations absurdes car démesurées me rend pessimiste. Ma douleur vient de ce mélange paradoxal entre mon bonheur de le serrer contre moi et ce besoin de lui garantir des lendemains qui, faute de chanter, se contenteraient de murmurer paisiblement.
L’éclatement géographique ou social de la famille prive les enfants de cette relation inter générationnelle dont ils ont grand besoin pour leur équilibre affectif. Dans ma vie personnelle mes grands-pères ont eu une influence décisive sur mon évolution. Quand je doute, quand je patine, c’est à eux que je pense car ils avaient une stature morale rassurante, un parcours tellement difficile que le mien ne pouvait être que meilleur, un avoir vivre qui m’impressionnait par sa vraie simplicité. Ils m’ont apporté le propre déroulé de leurs existences qui ont constitué les références dont j’ai eu besoin pour me construire. Je crois que ce contact entre un " être en devenir " et un autre en " voie de disparition " constitue la plus enrichissante des expériences. Le " contact " demeure irremplaçable.
DU GRAIN A MOUDRE POUR SA CONSCIENCE
Seulement je me rends compte que Julien aura tout juste dépassé ce moment où l’on n’a pas tous les jours 20 ans quand moi j’approcherai celui où l’on a chaque jour quatre-vingts ans ! Et je ne suis pas certain que j’aurais eu le temps de l’imprégner, comme l’ont fait mes aïeux, des valeurs auxquelles je tiens. Il me tarde de pouvoir dialoguer avec lui, lui donner modestement du grain à moudre pour sa conscience en devenir. Rien de sentencieux ou de formel mais plus efficacement en étant tel que je suis, sans fard et sans contorsions car on ne se construit que dans la confrontation jamais dans le mimétisme.
J’ai envie déjà de le lui écrire, sans forfanterie aucune, non pas une pseudo lettre poétique à Elise mais un billet à Julien. Il y découvrirait un jour qu’il est arrivé au beau milieu de l’affrontement royal au sein du PS, moment que tout le monde feint de considérer comme décisif pour son avenir. " Te rends-tu compte mon petit-fils que tu seras arrivée l’année du lancement de la démocratie participative, de la fin de la carte scolaire, de l’ordre juste et du jury citoyen ? Autant de concepts qui marqueront toute ta génération et dont tu seras forcément l’héritier. Te rends-tu compte Julien que tu as pointé ton petite museau entre deux débats télévisés sur LCP qui ont mis en émoi la bulle médiatique boursouflée de s’être emparée du pouvoir de décision ? Te rends-tu compte mon petit-fils que, chaque année, tu pourras désormais fêter l’anniversaire de la révolte des banlieues françaises ? Te rends-tu compte gamin que la semaine où tu es revenu à Sadirac où je suis né, le Président de ce qui fut la République, arpentait la Chine réveillée depuis belle lurette pour vendre nos réalisations industrielles ?… " Ces faits là seront les tiens, ceux auxquels, les uns et les autres nous accordons une importance particulière. Quand on débute avec une telle " intensité " dans la vie, on ne peut que se retrouver un jour ou l’autre sur le devant de la scène.
LA MESURE DE L’ENJEU
Hier, lorsque je suis allé le chercher à la maternité et que je t’ai fait franchir la porte d’entrée j’ai brutalement pris la mesure de l’enjeu. Nous avancions dans le bruit d’un chantier, sur un parking gavé, vers l’habitacle d’une automobile dont on sait que c’est le lieu le plus pollué dans lequel nous pouvons survivre, sous un soleil voilé et je songeais à ce que tu pourras éprouver dans des circonstance similaires dans un demi-siècle.
Que restera-t-il de cet environnement tellement différent de celui, que l’on prétend merveilleux, du placenta ? Tout laisse à croire que ton petit-fils, Juilen, aura dès ses premiers jours un masque à particule, qu’il sera placé dans un milieu purifié par des filtres et qu’il ne connaîtra pas un hôpital public !
Il faudra que tu lui expliques que, de ton temps, on discutait de l’accord de Kyoto et qu’un certain Georges Bush gouvernait le monde, que le réchauffement climatique perceptible la semaine de ton arrivée n’inquiétait que des Nostradamus sans crédibilité selon Claude Allègre. Tu porteras probablement le bien le plus précieux qui existe : un nouveau petit d’homme dont l’arrivée sera due simplement à l’amour mais pas à la science ce qui fera de lui un être à part dans un monde standardisé. Impossible dans le fond d’avoir des certitudes sur ce que tu ressentiras en franchissant le seuil d’un lieu de naissance dont je ne peux même pas imaginer un instant les contours… Et dans le fond je ne sais absolument rien de ce qui t’attend.
Je ne pourrais Julien te raconter que des histoires de mon passé comme ces vieux que j’ai connus qui radotaient sur un banc devant une porte. Je suis condamné à te parler de ce qui a été car je suis incapable de savoir ce qui sera. L’absence de certitudes à très court terme sur l’évolution probable de ce monde où tu es désormais, me culpabilise car elle va te condamner à vivre à tâtons. Et je ne sais pas, face à ce que je vois chaque jour, si dans le fond, égoïstement je suis pas heureux que tu sois là car je pressens que j’aurai peut-être davantage besoin de toi que l’inverse. En m’apportant l’espoir tu as réouvert la fenêtre de ma maison sur l’avenir. Rien que pour ceci je suis le plus gâté des papis gâteux.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 23 février 2007

Je suis dans l'avion quelque part entre Paris et Santiago du Chili... Voici mon premier best blog à relire si vous le voulez bien

L’un de mes premiers fidèles lecteurs vient d’ajouter un commentaire à double sens à la suite de mon texte sur l’automne et les pommes. Il me propose de consacrer mes chroniques seulement à la nostalgie car j’y serai,selon lui, plus performant qu’en... politique. Est-ce un reproche ou un compliment? Il a sûrement raison et je lui rends grâce de sa lucidité. En effet, je crois qu’il est actuellement incompatible de penser au passé et participer avec enthousiasme à la vie publique. Je lui concède que même si selon Simone Signoret la nostalgie n’est plus ce qu’elle était elle garde dans mon cœur une place particulière.
D’ailleurs, je vais lui faire une confidence : je crois bien que sans elle je n’aurai plus la sincérité nécessaire pour affronter le quotidien. Je demeure plus que jamais persuadé que seul mon passé me porte vers l’avenir et que, sans lui, aucune des convictions qui m’animent ne seraient vivantes. ElLES auraient été tuées depuis belle lurette par l par la médiocrité du présent.
Impossible, par exemple, pour moi, d’entendre parler d’immigration sans me remémorer que mon propre grand-père était arrivé en France sans papiers. J’entends sa fierté d’aller voter lors des grands scrutins de la fin des années 50 et au début des années 60. Il s’habillait avec ce que la penderie comptait de plus élégant. Il coiffait son feutre et venait en mairie joindre sa voix à celle des Français. le bonheur absolu pour lui, l'Italien traité de "sale macaroni" ou au mieux de Rital. Lui, qui avait tremblé en attendant que sa femme et ses enfants bénéficient d’une naturalisation . Mon penchant pour la nostalgie, cher lecteur, m’a conduit à garder précieusement un certificat de naturalisation en date du 4 décembre 1933. Mon père avait donc 9 ans quand il a pu enfin craindre de quitter le sol français qu’il n’aurait plus à fuir…
Mon enfance ne fut jamais marquée par autre chose que l’insouciance, le bonheur du partage, la joie de la liberté d’agir à ma guise pour construire ma vie. Faute de penser,de temps en temps, à ces moments privilégiés que les enfants des 6 964 familles " régularisés " de Sarkozy viennent de découvrir je ne ferai pas de politique de la même manière. Quand on a entendu vècu la misère, a peur, l’échec, les insultes racistes et plus encore quand les faits les ont pas inscrits dans votre mémoire je suis certain que l’on a du mal à parler avec ses tripes de la loi sur l’immigration ou sur le pouvoir d'achat ou sur la police.
 La nostalgie me permet de ne pas être un politicien de salon ou de couloirs mais plus certainement un homme parmi d’autres dont les paroles ressemblent à ses actes. Alors, c’est vrai, je n’ai jamais appris les grandes théories sur les mouvements sociaux des peuples, je n’ai jamais été dans un amphithéâtre de l’institut d’Etudes Politiques et encore moins dans une séance de brain-storming de l’Enarchie triomphante. Je n'ai aps choi mon idéal : c'est lui qui m'a choisi! Leur nostalgie à eux ne doit certainement pas être la même que la mienne et croquer une pomme de chez Fauchon ne saurait éveiller, dans leur tête artificiellement  trop pleine, des saveurs de mûres glanées sur un roncier ou des odeurs fines de " bourrut " volées dans au pressoir.
L’APPARENCE DES COMPORTEMENTS MEDIATIQUES
La nostalgie me permet aussi de penser que flatter le cul d’une vache au salon de l’Agriculture, une fois l’an, ne suffit pas à prouver que vous appartenez au monde des paysans qui souffrent. Ces retours fugaces sur mon passé m’autorisent à relativiser les déclarations fracassantes ou à détecter la vérité sous l’apparence pailletée des comportements médiatiques.
Quand je dois me prononcer sur l’éducation il m’est impossible de ne pas penser à Georges Vasseur ou à André Meynier, hussards noirs d’une République fusionné avec son école laïque. Une parole, une anecdote, un conseil, une image venus d’eux ont beaucoup plus de poids dans mes convictions qu’un effet d’annonce ou une déclaration de tribune un jour de Congrès, un débat entre Royalistes et Fabiusiens sur l'avenir car je ne sais pas si les promesses seront tenues alors que je sais ce que leur présence m'a apporté!
Oui, c’est indéniable je n’ai pas besoin de lire le projet socialiste pour savoir ce que je pense de la suppression de la carte scolaire, de l’inégalité d’accession au savoir, de la nécessité de restaurer au plus vite une image positive de l’enseignant, des vertus de la laïcité, des tromperies sur l'école privée... Toute est déjà en moi. Je n'ai pas été quinze ans instituteur dans feu les classes de transition ou classes pratiques, dans les quartiers difficiles de La Benauge ou de Lormont Génicart sans être porté par le souvenir de ce que m’avait apporté ces deux hommes.
La politique a ses racines dans l’enfance ou l’adolescence pas dans le passé social récent de chacune et chacun et ne se forment pas  nécessairement sur le canapé du salon en regardant LCI ou France 2. Je ne suis ce que je suis que parce que j’ai été ce que j’ai été ! Et ce n’est pas de la nostalgie : c’est un constat !
NUIT ET JOUR DURANT TRENTE ANS
Ce soir lors de l’inauguration de la quatrième maison intercommunale de l’enfant construite en dix ans sur le Créonnais j’aurai une pensée pour André Lapaillerie, maire de Sadirac. Je garde une profonde nostalgie des rencontres avec cet homme de petite taille, banquier et radical socialiste à l'ancienne que ma mère et mon père ont servi nuit et jour durant presque 30 ans. C’est vrai que vivre des dizaines d’années dans une mairie, en lien direct avec la population allant du propriétaire à particule à l’ivrogne illettré, ça forge le sens du service public !
Je l’admets cher lecteur, lorsque l’Assemblée nationale discute de privatisation, de 35 heures aménagées, de décentralisation je " fume " un joint de nostalgie pour voir la vie autrement. Je ne supporte pas que l’on discourre de manière tout à fait artificielle de sujets dont on n’a pas mesuré l’importance et seul le passé permet de emsurer le progrès ou la régression. 
Que voulez vous je suis devenu méfiant quand je compare le monde actuel totalement surfait et totalement artificiel. Je suis certain, au contraire, que c’est ainsi que l’on sombre dans l’opinion dominante et donc dans la béatitude contemporaine, dans l'idolâtrerie rassurante. A force de ne plus savoir d’où l’on vient on a du mal à expliquer où l’on va… J’ai estime et respect pour André Lapaillerie, qui ne fut ni un gourou, ni un philosophe, ni un apparatchik, ni un élu à la proportionnelle en un rang sécurisé et je sais, pour l’avoir vu perdre deux élections cantonales face à des élus peu respectables que, dans la politique, ceux qui perdent la mémoire en courant après les voix finissent par trahir leur ombre.
CETTE MADELEINE QUE PROUST N’A PAS CONNUE
Quand on a connu que des fins de mois confortables, des tables garnies, des buffets officiels il devient ardu de mesurer ce que c’est que se régaler avec des sardines à l’huile et des pommes de terre nouvelles cultivées dans le jardin familial. Le poids du pouvoir d’achat et les euros du porte-monnaie  n’ont pas la même valeur selon la nostalgie à partager avec les autres.
C’est donc exact et je ne songerai pas à le nier : parfois je me replonge volontiers dans cette " madeleine " dont Proust n’a jamais connue. Elle me permet simplement de mesurer le chemin parcouru qui me permet de manger au restaurant avec la sensation que ça ne durera pas et de vérifier qu’une rasade de nostalgie n’a jamais occulté la réalité d’un parcours. Au contraire elle met du goût dans la platitude des discours convenus. Et ainsi bien d’autres actes simples appartiennent à mon livre d’histoire.
Le social anarchisme de mon autre grand-père maçon " rouge " qui faute de nourriture, enfant, avait mangé dans la gamelle des chiens du propriétaire qui exploitaient ses parents me hante. Il m’a appris à douter de tout, à ne vivre que de mes propres certitudes et à ne jamais faire totalement confiance aux gens qui prétendraient parler en mon nom.
Oui je l'admets : j’aimerai le voir me dire ce qu’il pense de mon parcours. Ce serait tellement beau de pouvoir le retrouver avec les autres autour d'une table : Silvio darmian, Georges Vasseur, André Meynier, Camille Gourdon, Ernest Monlau, respectivement directeur du collège de Créon et directeur de l’Ecole normale de la Gironde. Jes erais tellement heureux de deviner leur fierté dans leurs yeux en constatant que je ne les ai pas trahis pour un plat de lentilles électorales. je jubilerai de leur dire justement que je pense souvent à eux, que ma nostalgie de leur soutien demeure ma meilleure idée politique, que ma peur de les décevoir reste le meilleur garde fou devant la facilité de choisir le camp majoritaire sur uen impression ou une collusion d'intérêt.
Je le maintiens, cher lecteur commentateur, je suis vraiment meilleur en nostalgie qu’en politique et, je le confesse, je préfère écrire sur mon passé que sur 2007, Ségolène et Nicolas, l'expulsion des sans papiers ou les SDF. Je crains pourtant que Léa ma ptite fille pour laquelle j'ai écrit un livre de pure nostalgie n’ait pas, en effet, les mêmes souvenirs que les miens à partager dans son blog  dans cinquante ans! 
Mais je déblogue… nostalgiquement !
Chronique publiée le 22 septembre 2006
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 22 février 2007
Les valises ne sont pas encore fermées mais elles n’attendent qu’une décision énergique, prenant en compte le fait qu'à l’arrivée il n’y aura pas d’oubli dramatique, soit prise. Un départ constitue toujours un moment d’inquiétude car il faut imaginer ce qui de toutes manières est… inimaginable. On cherche les situations les pires qui nécessiteront justement ce que l’on n’a pas amené pour finalement laisser dans les bagages une bonne partie de ce que l’on a pensé à amener. Les grands voyageurs ne partent, paraît-il, qu’avec leur brosse à dents car ils savent qu’il est toujours possible de trouver une solution sur place à un problème quotidien.
Il est vrai que la valise pour le Chili devient aisée à boucler puisqu’il s’agit d’un retour, à peine plus d’un an après le premier périple et les choix sont plus faciles à faire. L’an passé nous y partions avec l’envie de vivre les derniers jours d’une campagne présidentielle marquée par l’éclosion de Michelle Bachelet. Le formidable meeting en plein rue à Santiago, la soirée électorale dans la salle officielle du Ministère de l’Intérieur, la liesse d’un dimanche d’été dans les rues d’une capitale authentiquement populaire demeureront comme des moments émouvants d’un voyage porteur d’espoir. Cette participation aux présidentielles chiliennes m’aura servi maintes fois de référence durant les derniers mois. A partir de demain on vivra dans la réalité de la gestion.
En effet, Ségolène Royal, dans un déplacement éclair du 8 au 12 janvier 2006 a largement puisé tactiquement dans le parcours de celle qui devint la première femme élue à un poste présidentiel sur le continent américain. Combien de fois ai-je retrouvé dans la " méthode Royal " ce que j’avais observé au Chili ? Tout ou presque a été inspiré par l’approche politique de Michelle Bachelet. Rien n’aura été oublié et les moindres détails viennent de cette rencontre avec une équipe chilienne ayant joué l’image contre les appareils, ayant construit une proximité avec les citoyens face au pouvoir d’un maître de médias, ayant contourné l’extrême gauche pour la marginaliser, ayant donné à sa candidate la dimension d’une véritable mère du peuple. On retrouve les mêmes choix vestimentaires (beaucoup de blanc), les mêmes mots clés (" juste " notamment) et la même facilité à faire utiliser le prénom comme identifiant affectueux. Je demeure persuadé que Ségolène a calqué son parcours (avec d’inévitables adaptations) sur celui de l’occupante de la Moneda que nous retrouverons vendredi.
UNE FOULE COLOREE, JOYEUSE, POSITIVE
J’avais été personnellement conquis par la ferveur que " Michelle " avait généré dans son sillage. Elle avait su réunir autour de son prénom le Peuple qui existe encore sociologiquement dans son Pays. Cette soirée sur la plus grande avenue de Santiago, englouti dans une foule colorée, joyeuse, positive ne sera jamais reproduite en France car l’engagement chez nous reste une affaire de culture pas de nécessité. Il n’y avait plus de barrières entre les genres : ils étaient venus par dizaines de milliers soutenir celle en qui ils…croyaient. Notre pays étant celui du doute et pas nécessairement celui de l’enthousiasme, la recette Bachelet trouve donc ses limites depuis quelques jours mais ce fut le cas également au Chili durant la campagne de Bachelet.
Elle aussi avait ses éléphants à expédier au cimetière. Elle avait promis du nouveau. Elle a fait de l’inédit en annonçant qu’elle ne prendrait dans son gouvernement aucun des " anciens " ministres. Une promesse qui lui avait valu la hargne contrite des grands leaders traditionnels. Elle avait aussi exigé la parité intégrale dans son équipe ce qui, au Chili, où la loi sur la parité n’existe pas, avait une valeur toute particulière. En ne reculant jamais, en ne transigeant pas avec ses principes, en restant impassible dans la tourmente, en répétant inlassablement qu’elle ferait ce qu’elle promettait Michelle Bachelet a conquis la pouvoir.
" Nous sommes heureux qu'une femme soit candidate pour le Parti socialiste français ", avait déclaré la présidente chilienne aux journalistes en marge du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Hanoï en apprenant la désignation de celle qu’elle avait entraperçue en janvier dernier. Cette joie est liée d'abord au fait que c'est une femme et ensuite aux relations qu'elles entretiennent toutes les deux, a-t-elle insisté. " C'est une grande joie qu'elle soit candidate, et surtout qu'elle soit candidate avec beaucoup de possibilité d'être la prochaine présidente de la France ", a estimé Michelle Bachelet.
En janvier dernier, en soutien à la candidate de la gauche à la présidence chilienne, la tournée au Chili de la députée socialiste, déjà au sommet des sondages, avait fortement contribué à renforcer sa stature internationale dans l'optique de la course à l'Elysée. Tout au long de sa visite, elle n'avait cessé de faire l'éloge du rôle de la femme en politique, érigeant Michelle Bachelet en "modèle de courage" face aux "attaques machistes" de ses adversaires. Elle espère en recevoir les dividendes pour peu d’un message fort vienne un jour de Santiago.
avait déclaré la présidente chilienne aux journalistes en marge du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Hanoï en apprenant la désignation de celle qu’elle avait entraperçue en janvier dernier. Cette joie est liée d'abord au fait que c'est une femme et ensuite aux relations qu'elles entretiennent toutes les deux, a-t-elle insisté. "  ", a estimé Michelle Bachelet.En janvier dernier, en soutien à la candidate de la gauche à la présidence chilienne, la tournée au Chili de la députée socialiste, déjà au sommet des sondages, avait fortement contribué à renforcer sa stature internationale dans l'optique de la course à l'Elysée. Tout au long de sa visite, elle n'avait cessé de faire l'éloge du rôle de la femme en politique, érigeant Michelle Bachelet en face aux de ses adversaires. Elle espère en recevoir les dividendes pour peu d’un message fort vienne un jour de Santiago.
LA PREMIERE ANNEE DU MANDAT
Dans quelques jours (le 11 mars) le Chili célèbrera la première année du mandat de sa présidente. Elle n’aura pas été de tout repos car bien des illusions se sont envolées. D’abord celles de croire en l’efficacité de mise en place d’une équipe gouvernementale dénuée de toute expérience. Ensuite une révolte des " Pingouins " (surnom donné aux lycéens en raison de leur costume obligatoire) a mis à genoux les ministres de l'éducation, de l'intérieur et de l'économie qui, après des manifestations ont purement été renvoyés à leurs études. 100 jours après son accession au pouvoir, Michelle Bachelet avait pourtant mis en place les 36 mesures qu’elle estimaient urgentes. Son credo n’a pas varié : "elle dit ce qu’elle va faire et elle fait ce qu’elle a dit". Mais les mouvements d’impatience se sont néanmoins faits nombreux : les lycéens ont été les premiers à descendre dans la rue pour demander des politiques plus ambitieuses et plus rapides. Ils ont été entendus après des semaines de manifestations violentes réprimées par une police ravie de coller une mauvaise image à sa Présidente mais Michelle a perdu… 7 points d’opinion favorable en rien de temps.
La principale difficulté de la présidente chilienne a pris naissance dans sa propre campagne électorale. Fondée sur les enquêtes d’opinion et les actions purement médiatiques, celle-ci n’a pas permis une clarification de ses positions sur les grands thèmes de société ou les relations internationales. La grande idée de la candidate était celle d’un gouvernement citoyen, à l’écoute du peuple. Et ses conseillers de rappeler sa formation de médecin et sa capacité à formuler un diagnostic avant de proposer des solutions. Le problème fut qu’après trois mois de gestion, les difficultés de coordination ont été plus pesantes. Chacun a eu sa propre idée du gouvernement citoyen. Comme il fallait s’y attendre, les demandes des "organisations citoyennes" ne peuvent pas toutes être prises en compte. D’où des tensions à l’intérieur de la majorité, attisées par les calculs politiques de ceux qui se positionnent déjà pour les prochaines élections (le mandat est de quatre ans non renouvelable). Il faudra en tenir compte et il y a fort à parier que Ségolène Royal dans son annonce aujourd’hui de modification de son équipe de campagne va revenir sur des concepts beaucoup plus directifs. Elle sait en effet que le plus dur arrive et l’idéal doit se formater dans le moule de la réalité.
FEMME D’ACTION A FEMME D’ACTION
Difficile d'occulter les ressemblances entre ces deux quinquagénaires, quand Ségolène Royal, au Chili, évoquait elle-même "son soutien de socialiste à socialiste, d'élue à élue, de démocrate à démocrate, de femme d'action à femme d'action". Elles sont toutes deux filles d'officier, nées à deux ans d'écart, et anciennes ministres. L'une, Michelle Bachelet, est mère célibataire de trois enfants, nés de deux pères différents dont elle est séparée. L'autre, Ségolène Royal, est la compagne du Premier secrétaire du PS, François Hollande, dont elle a eu quatre enfants. Toutes deux sont passées par-dessus les préjugés défavorables pour imposer leur candidature. Toutes deux ont enfoncés des habitués du pouvoir pour asseoir leur autorité. Toutes deux ont du lutter contre le pouvoir médiatique et surtout contre celui de l’argent. Toutes deux assument une farouche volonté de voir la politique autrement. Toutes deux tentent d’imposer une image. Etrange similitude de destins entre des femmes que la distance ne pouvait pas nécessairement rapprocher mais qui peuvent dans quelques semaines se retrouver face à face dans des fonctions présidentielles. Un doute subsiste : si les femmes se ressemblent les pays sont tout de même très différents !
Demain  en entrant à la Moneda j’aurai probablement une émotion particulière. Il est vrai qu’il m’est paradoxalement plus facile d’accéder au palais présidentiel chilien qu’à… l’Elysée dans mon propre pays. Les traces de balles qui restent encore sur une façade et la statue de Salvador Allende sur la place toute proche attestent que rien n’est jamais acquis dans un monde instable. Les événements qui deviennent des symboles prennent une force supérieure. Michelle Bachelet en accédant à la magistrature suprême chilienne est donc devenue exemplaire pour bien des femmes politiques. Il me reste à vérifier que le temps n’a pas altéré l’image que j’avais ramenée en janvier 2006 de Santiago car mon moral en prendrait un coup. Et en ce moment il n’a aps besoin de cela !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

REJOIGNEZ NOUS

Inscription à la newsletter

LES "UNES"

Aux commentateurs… Tous les commentaires sont les bienvenus, sauf les propos grossiers, racistes ou hors sujet qui seront exclus.

AU JOUR LE JOUR

Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

Catégories

GRAINS DE SEL

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus