L'Autre Quotidien page d'accueil

 

MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Samedi 31 mars 2007
 Hulot revient sur le devant de la scène...
Au volant de sa vieille auto pétaradante, Monsieur Hulot part en vacances : sa conduite pour le moins originale lui vaut les injures de nombreux automobilistes. Il s'installe dans un hôtel semblable à tous les hôtels de vacances et y retrouve les mêmes baigneurs, les mêmes pâtés de sable que partout ailleurs. Son arrivée provoque quelques bouleversements dans la petite communauté... C’est le résumé officiel du film de Jacques Tati.
On sait depuis quelques jours qu’il pourrait y avoir une suite, encore plus comique, qui pourrait s’appeler " le retour de Monsieur Hulot " sur le même thème sauf que l’automobile serait un splendide 4x4 climatisé qu’il se garerait sur un trottoir et q’en descendra un conducteur déjà pré bronzé aux U.V. de son SPA personnel. Son arrivée, escortée de caméras et de micros, sèmera le trouble dans un lieu réputé jusque là réservé à la haute société des candidats aux présidentielles. Une sorte de bunker où, pour y entrer, il faut obligatoirement montrer une recommandation signée par plus de 500 spectatrices ou spectateurs appréciant le jeu de rôles.
Le scénario étant écrit d’avance on sait qu’il ne fera qu’un petit tour pour montrer sa force et obtenir la juste récompense de ses efforts grâce à un contrat tenant compte de sa notoriété.
D'UN HULOT A L'AUTRE
Le premier Hulot avec son "visage à la Prévert sur le corps de De Gaulle" va promener sa silhouette dégingandée sur une plage qui n’avait que du sable chaud pour légionnaire et pas de mazout pour tortionnaire ; arbitre dans "Mon oncle" l'éternel conflit de l'ancien et du nouveau comme en une revue de deux mondes ; plonge avec le courage de l'inconscience dans l'univers cybernétique de "Playtime" et affronte dans "Trafic "le terrifiant monstre automobile aux cent gueules de chauffards. Il avait déjà incontestablement un profil écolo, une allure à ne pas déranger les mouches et une naïveté de militant vert au moment de choisir un(e) candidat(e) aux élections présidentielles. Il vit dans un contexte où l’on sait donner du temps au temps. Il ignore la pression d’une société dans laquelle la parole est d’argent quand l’image est d’or et le silence de plomb.
Le Hulot de Tati n’est en effet qu’un personnage échappé du cinéma muet dans le monde du parlant. Il se heurte à la technologie, à un univers impersonnel et gadgétisé. Il ne sait jamais comment réagir dans un contexte où tout paraît pour le moine agressif ou surprenant. Il ne semble pas avoir de famille sauf que, quand on connaît un brin la vie de son successeur, le petit Nicolas, on y retrouve un incoyable lien de parenté historique : " Mon grand-père était l'architecte de l'immeuble dans lequel habitait Jacques Tati. Chaque fois qu'il y avait un problème, la gardienne lui disait : " Il faut appeler Monsieur Hulot ! " Cela revenait comme un leitmotiv. Il semble que mon grand-père avait une silhouette particulière, qui a frappé Tati. Aussi, lorsqu'il a créé son célèbre personnage, il s'est souvenu du nom et a demandé l'autorisation de l'utiliser. " explique celui qui vient de débouler dans l’arène politique, dans l’hebdomadaire l’Express du 7 février 2005. Etrange destinée que celle qui permet au petit-fils de prendre la relève dans un tout autre domaine que celui du cinéma (bien qu’entre la politique et le cinoche, il n’y a pas beaucoup d’écart).
TAXES ET IMPOTS EN TOUS GENRES
N’étant jamais si bien servi que par soi-même Jacques Tati se mettait en scène. L’autre aussi, ce qui lui donne une indépendance redoutable mais qui fait aussi sa faiblesse car il lui faut se produire, se diffuser, se vendre au plus offrant. Déjà la super production fabiusienne lui a promis un contrat d’exclusivité comme " assistant réalisateur " et celle de Chiraquie, gérée par de Villepin lui a donné une "avance sur recettes" ce matin lors d’une conférence de presse à faire verdir de rage, Dominique Voynet.
En fait, le Nicolas, héritier de l’autre, a déjà semé le trouble parmi ses rivaux potentiels puisque lui qui ne rêve de nêtre que le second des Ministres du culte écologique a vu le Premier affirmer qu’il fallait un renforcement de la fiscalité écologique avec la création d'une taxe sur la consommation de charbon et l'augmentation de 10% de la taxe sur la pollution industrielle et les déchets et celle sur les nuisances aériennes. Rien que ça dans la même journée alors que par ailleurs ce même de Villepin réclame une baisse des impôts et taxes diverses mais dans le fond rien n’est trop beau pour séduire Monsieur Hulot ! La taxe sur la consommation de charbon, seul combustible exempté jusque-là de toute taxation spécifique alors qu'il est l'un des plus polluants, sera donc notamment être instaurée en 2007. Cette taxe sera acquittée principalement par… EDF, c’est à dire vous et moi sur sa facture, pour ses centrales électriques au charbon.
Autre impôt acquitté lui par les industriels, le taux de la taxe générale sur les activités polluantes va par ailleurs être revalorisé de 10% pour prendre en compte l'inflation. La TGAP sera désormais indexée sur l'inflation. Il s'agit de "renforcer le principe pollueur-payeur", a déclaré, en réponse à la "Hulomania" qui risque bien de supplanter la Ségolénomania dans quelques semaines, et d’affecter les ressources découlant de ces deux taxes, de l'ordre de 50 millions d’€ prioritairement à de nouvelles actions de lutte contre le changement climatique, comme " le soutien à la chaleur renouvelable ". Un programme joliment mis en scène et qui relègue l’autre Nicolas et son impôt pollution européen ou Laurent et de son offre de second rôle, à des statuts d’acteurs de série B ! L’appétit venant en mangeant Monsieur Hulot a décliné l’offre du second et s’est empressé de prendre ses distances avec les propositions jugées insuffisantes du premier.
SENTIMENT DE PUISSANCE DETENU PAR LE MEDIATIQUE
On assiste en effet à la " vedettarisation " de la campagne présidentielle et ce n’est pas la réélection triomphale de Arnold Aloïs Schwarzenegger,en plein déroute de son parti, qui va annihiler ce sentiment de puissance détenu par le médiatique sir le politique. Monsieur Hulot a en effet imposé son aura par l’iamge que lui a procuré il y aura vingt ans l’an prochain son émission télévisée Ushuaïa, diffusée sur… TF1.  Il devient en effet grâce à cette émission un " ami " respectable des téléspectateurs et un des grands porte paroles français de la sauvegarde de la nature, de ces 20 dernières années. En 2005 un sondage le place d’ailleurs à la soixantième place dans l'émission télévisée Le plus grand Français de tous les temps.
Il est l'inspirateur de la nouvelle chaîne Ushuaïa TV, lancée sur le câble en mars 2005 et appartenant, tiens donc, au... Groupe TF1  avec tous ses produits dérivés grand public dont le magazine mensuel Ushuaïa qui voit le jour en 2006 (ne voyait aucun lien de cause à effet entre l’annonce de sa candidature et les chiffres faibles de vente du journal). Il crée aussi en 1990 la Fondation Ushuaïa qui devient en janvier la fondation Nicolas Hulot la nature et l’homme, reconnue d'utilité publique depuis dix ans.
En 2005, il lance avec l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie l’opération "Défi pour la terre". Elles invitent le public, les collectivités ou les entreprises à être dans les gestes de la vie quotidienne, plus respectueux de l’environnement. En fait il est en parfait accord avec son annonce du 7 novembre dernier sur le Pacte Ecologique afin d'imposer l'écologie dans la campagne présidentielle française. Il souhaite ainsi interpeller les candidats, mobiliser les citoyens et nourrir le débat public… et peut-être aussi son compte en banque.
SUICIDE COLLECTIF DU MONDE POLITIQUE
L’irruption de Monsieur Hulot dans la campagne (pas celle de nos douces provinces car il cultive l’exotisme) mais dans celle des présidentielles s’inscrit dans ce suicide collectif du monde politique qui préfère la notoriété des uns aux convictions des autres. Le précurseur de cette innovation consistant à faire entrer la fameuse " société civile "dans le jeu électoral pour en récupérer directement les bénéfices quantitatifs aura été François Mitterrand quand il impose la montée aux affaires de Bernard Tapie à ce " pauvre " Bérégovoy.
Ensuite le phénomène a été vite accentué avec des événements aussi incroyables que l’arrivée dans le Conseil régional de Picardie sur la liste UMP-UDF de Gilles de Robien d’une certaine Elodie Gossuin qui, il est vrai avait une belle expérience des élections car elle avait été successivement royalement couronnée reine du Muguet, miss Oise puis miss Picardie et enfin miss France à Monaco devant… 14 millions de téléspectateurs et, en 2001, Miss Europe 2001 ce qui lui aura permis de se prononcer valablement… en faveur du Traité constitutionnel européen ! Le problème c’est que dans une République Française des jeux, il faut se contenter de ce que l’on vous offre avec l’espoir que le tirage au sort vous sera favorable afin d’approcher l’une de ces stars des étranges lucarnes !
Imaginons un instant que Nicolas Hulot accède à l’Elysée. Avez-vous imaginé comment il ferait pour obtenir aux législatives suivantes une majorité parlementaire susceptible de mettre en œuvre ses propositions… Il lui faudrait faire un gouvernement d’union nationale écologique. Mais avec qui ? Il pourrait garder De Villepin car il n’est élu nulle part et ensuite se fournir dans la liste des 50 Français les plus populaires sur la base d’un sondage télévisé en direct sur TF1 afin de  remercier cette chaîne de ce qu'elle a fait pour lui.
Jean Pierre Foucaud organiserait un "Qui veut gagner des Millions?" spécial pour le budget et Julien Lepers ferait un " Question pour un Champion " pour déterminer le Ministre de la culture, Laurence Boccolini choisirait le Ministre de l’Intérieur avec une superbe séance du " Maillon faible ", le magnifique Arthur distillerait un splendide " A prendre ou à laisser " pour, ainsi de suite, émission après émission arriver au montage parfait ! Inutile de voter. Lé vérité sortirait de la télé!
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 30 mars 2007
 Il n’y a plus aucun pays de la planète dans lequel l’immigration, plus ou moins clandestine, ne constitue pas un enjeu électoral. De partout les mouvements de population liées à la misère ou à l’insécurité provoquent des craquements dans les démocraties. Et si, comme en Belgique dimanche dernier, les partis xénophobes ne parviennent pas au pouvoir ce n’est qu’après des efforts terribles effectués par des militants convaincus du danger. Chaque fois on pousse un ouf de soulagement et on passe à autre chose comme si tout était réglé en ayant évité le pire. Or le danger perdure et renaît à chaque scrutin.
En France il est impossible de masquer la vérité : le pays devient de plus en plus xénophobe et convaincu que la mixité sociale va altérer l’identité nationale. Des paroles imprudentes confortent malheureusement ce point de vue latent lorsque leurs auteurs confondent volontairement la République et la Nation. Laurent Fabius a parfaitement rappelé dimanche la différence fondamentale entre ces deux visions globales d’un territoire. Il a en effet souligné que "la nation, lorsqu'il s'agit de la France, s'identifie à la République. Il ne faut jamais laisser croire, laisser dire, par je ne sais quelle dérive de la parole ou de la pensée, que la nation (...) pourrait dériver vers le nationalisme", a-t-il prévenu. En effet le péril est de plus en plus patent car, à force de s’approcher du feu, on finit par s'y brûler les ailes de la liberté et y perdre son idéal.
UNE COMMUNAUTE HUMAINE IDENTIFIEE
Il faut ne jamais oublier qu’une nation est "une communauté humaine identifiée installée dans des limites géographiques" ayant souvent évoluées au cours de l'histoire, et dont le patrimoine commun supposé serait "la conscience d'appartenir à une même entité humaine". Ce groupe peut avoir en commun distinctif sa culture qui définit pas toujours, à elle seule, une communauté nationale quand les mœurs diffèrent. La langue ne peut pas toujours servir à définir une nation. La Suisse par exemple reconnaît quatre langues officielles. L’Espagne accepte l’utilisation du catalan et du basque.
Malheureusement il devient aussi de plus en plus répandu que la religion commune serve de fondement à ce qui se prétend être une nation. Mais il est aussi fréquent de voir s'opposer des nations se réclamant de la même religion que de voir des guerres de religion dans une même nation. L’Irak ou l’ex-Yougoslavie en sont des illustrations flagrantes… toutes ces réalités ne permettent pas que l’on utilise ce mot sans dangers réels.
En fait, sa base en est constituée sur des questions que l'on appelle fréquemment "des valeurs", ces valeurs étant parfois illustrées dans une devise nationale : liberté, égalité, fraternité. Les divergences dans la nation ne portent alors pas souvent sur le contenu philosophique de cette devise mais sur les modalités de sa mise en œuvre Elle ne devrait donc surtout pas se confondre avec la citoyenneté, hormis en français, où le terme " nationalité " au sens de " ressortissant " juridique, notion de droit international découle d’une application du fondement même de la République. On peut dire par exemple qu’il y a une nation kurde alors qu’il n’y a pas d’état kurde et donc pas de citoyen kurde. En Afrique j’ai découvert une nation mossi alors qu’il n’y a plus d'état mossi et de citoyenneté mossi.
LA NATION REDEVIENT A LA MODE
On oublie trop que ce débat a des conséquences politiques fondamentales et ce n’est pas par un pur hasard si la Nation redevient un mot à la mode, un mot que l’on lance sur des estrades ou devant les caméras. Il permet, par une utilisation habile, de s’approprier le résultat de l’interminable débat sur le "droit du sol" et le "droit du sang" et surtout laisse planer un doute fort sur l’immigration. Ce mot autorise à surfer habilement sur la xénophobie ambiante en faisant référence à des "valeurs" mais surtout pas à un "statut". Or la conception française républicaine actuelle repose encore sur le " droit du sol " qui va avec les doits de l'Homme et du Citoyen mais pas avec une apparteance innée à la Nation.
On a enfoui dans nos mémoires fragiles que la Révolution, elle même, avait malheureusemnt  institué le " droit du sang " contre le " droit du sol " qui faisait de l'individu la " propriété " du roi mais finalement la République a fini par rétablir le " droit du sol " afin de combler l'écart démographique qui se creusait avec l'Allemagne et surtout récupérer dans ses colonies des soldats pour défendre son sol. Bizarrement pour l’époque révolutionnaire la notion de " droit du sang " affaiblissait la citoyenneté qui devenait indépendante de la volonté des individus et elle était contraire au principe même de la volonté d’appartenance à une communauté régulée par des textes institutionnels.
On en est arrivé, lentement mais sûrement, en France et dans bien des pays, à une confusion entre les principes de la Nation et ceux de l’Etat. Ce qui fait que non seulement une Nation devrait posséder une réalité géographique mais aussi de plus en plus une structure institutionnelle et une existence politique. Cette évolution a lentement conduit à interpréter la notion… de nationalité comme l’appartenance à un Etat. Et c’est là que débute la pente savonneuse car on en arrive à ne plus distinguer très clairement ce que recouvre la fameuse carte nationale d’identité. On l’a bien vu dans l’ex-Yougoslavie ou malgré un passeport yougoslave il n’y avait rien de commun entre des nations différentes. L’attribution d’une nationalité ne devrait plus dépendre de la culture, de la langue et encore moins de la religion mais elle devrait être acquise par un acte volontaire qui s’appelle une demande de " naturalisation ".
C’est parce que nous acceptons les uns et les autres, Bretons, Basques, Catalans, Flamands, Alsaciens, immigrés, filels ou fils d'immigrés… de vivre sous les lois républicaines que nous pouvons nous réclamer de la nationalité française. Si l’on se met à exiger la même culture, la même religion, la même langue (c’est ce qui a été fait pour les fausses régularisations Sarkozy) on s’éloignera à grandes enjambées de la valeur française fondamentale : liberté , égalité, fraternité. Il faut exiger le respect des lois de la République mais pas un modèle culturel ou religieux dominant.
NON APPLICATION DU DROIT DU SANG
Il y a déjà une innocente victime de ce débat qui reviendra à la une de l’actualité dans les prochaines semaines, soyez-en sûrs. Un homme simple qui a choisi de soutenir les positions sur l’immigration choisie et l’expulsion des sans papiers (donc des sans nation) de Nicolas Sarkozy se trouve victime de la non application du droit du sang qu’il voudrait vois règner en France. En effet, le pauvre Johnny Halliday qui souhaitait obtenir, pour convenances personnelles, la nationalité belge vient de se faire jeter… Il croyait ce brave Johnny, partisan pour le coup de l'émigration choisie, que le fait que son papa ait eu une carte d’identité belge au nom de Smet allait lui permettre, sans problème, d’obtenir son passeport. Ses espoirs d’une double nationalité avantageuse semble compromis car Outre Quiévrain on campe sur le " droit du sol " dans une nation où les langues, les cultures et les religions sont différentes entre Wallons et Flamands.
Suite à la demande de naturalisation de Johnny Hallyday, l'Office des étrangers, qui dépend du ministère belge de l'Intérieur (un copain de Sarko ?), a en effet précisé avoir informé la Chambre des représentants chargée de se prononcer que le chanteur n'avait pas eu "sa résidence principale en Belgique durant les trois ans précédant sa demande". Posséder sa résidence principale en Belgique depuis trois ans est en effet "l'une des conditions pour l'acquisition de la nationalité belge par naturalisation", a rappelé Fernand Simon, conseiller général à l'Office des étrangers.
A la Chambre des représentants, on  a souligné que le dossier du chanteur serait examiné au cours d'une des prochaines réunions de la commission des naturalisations, en observant que… quelque 6.000 dossiers sont "administrativement prêts" pour être étudiés.
Bigre 6 000 dossiers de naturalisations ce n’est pas le nombre des régularisations que son copain Sarkozy avait fixé pour les sans papier ? Johnny va pour voir écrire une chanson de soutien aux sans papiers belges. Il saura au moins maintenant de quoi il parle ! Chirac pourra qui lui avait obtenu une adoption rapide ne bougera plus pour son ex-pote Johnny. Il ne lui reste plus qu'à aller prendre la file d'attente des sans papiers belges ou à s'installer dans un gymnase de Brixelles avec Laetitia et sa fille!
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 29 mars 2007

Je suis toujours en panne d'Internet (problème de modem) et j'ai donc des difficultés à assumer la gestion de L'AUTRE QUOTIDIEN. Par ailleurs je m'absente jusqu'à dimanche pour présider le rassemblement national des villes des Rosières de France à Aubières (63). Je suis donc désolé de ne vous proposer un best blog qui je l'espère vous permettra d'attendre la fin de ces incidents techniques indépendants de ma volonté.

Je vous convie absolument à regarder ce soir sur France 3 un téléfilm indispensable à votre culture et qui vous permettra peut-être de comprendre les raisons qui m'ont entrainé il y a maintenant plusieurs décennies dans le sillage de Célestin Freinet. POur une fois regardez la télé et "Le maître qui laissait les enfants rêver". Toute ma culture personnelle et professionnelle est née dans l'esprit de ce téléfilm. Si j'avais pu écrire une chronique je l'aurais fait sur ce film... Délaissez la campagne etrejoignez Célestiin Freinet.

 

 FREINET REVIENS VITE

La bibliothèque d’Izon a brûlé hier matin. Plus de 10 000 ouvrages ont été détruits volontairement, par un ou plusieurs individus. Des autobus de ramassage scolaire ont été incendiés à Mourenx. Des écoles maternelles ont déjà été la proie des flammes dans des banlieues. Des collèges, des lycées ont été plus ou moins touchés. L’espace culturel de Créon avait été, dans un passé récent, à plusieurs reprises, vandalisé. L’école maternelle Alice Delaunay, courant août, avait eu chaud une nuit où les poubelles du tri sélectif avaient servi de boute feu….

Chaque fois, je suis profondément choqué. Chaque fois je m’interroge sur les motivations profondes pouvant conduire des enfants, des adolescents ou des adultes, à incendier les espaces dans lequel, à priori, tout est tenté pour justement aider les plus défavorisés à se sortir de leur triste sort. Ils assassinent leurs rares espoirs !

Faut-il, en effet, que leur perception de la vie sociale soit erronée pour qu’ils mettent en péril leur propre outil de promotion ? Y-a-t-il gestes plus absurdes que ceux qui consistent à détruire les espaces pouvant conduire justement à la liberté, à l’égalité, à la fraternité ? Nourrissent-ils une telle haine des structures dans lesquelles ils ont vécu ? Sont-ils, à ce point, inconscients pour ne plus se rendre compte qu’ils saccagent les liens les plus précieux qu’ils entretiennent avec leur avenir ? Ils brûlent sûrement le symbole de leur échec !

LE MUR DE L'IGNORANCE

Les pires barbaries ont commencé par des autodafés. Les moments les plus terribles de l’histoire ont toujours été ceux, durant lesquels, anonymement on s’en est pris à l’éducation et la culture. Les atrocités les plus douloureuses touchent certes les corps mais elles peuvent également marquer les esprits. Quel mur est plus infranchissable que celui de l’ignorance ? Un pays dans lequel on trouve des jeunes ou des moins jeunes prêts à brûler les établissements qui leur apportent le savoir et la culture ne peut pas uniquement répondre par un couvre feu. Il doit s’interroger sur le fonctionnement de son système éducatif… et pas uniquement applaudir à une mesure purement conjoncturelle qui ne résoudra pas le fond des problèmes.

En effet, cette ignorance totale du poids réels des actes vient essentiellement d’un défaillance de ce que l’on appelle encore provisoirement l’éducation nationale. En fait, sous la pression des demandes parentales et sociales, on est passé de plus en plus de la notion ambitieuse " d’éducation nationale " pour revenir au concept réducteur " d’instruction publique ". Il faut certes appendre mais pas nécessairement à comprendre. La compétition sauvage a supplanté la réussite personnelle.

Célestin Freinet doit se retourner dans sa tombe…en voyant l’hécatombe générée par une école de plus en plus élitiste, travaillant, bonheur suprême, à auto reproduire la pseudo réussite de ses enseignants. Le système se rengorge de produire le major de l’ENA, de Polytechnique, l’Ecole normale supérieure. Il ne se préoccupe pas des dégâts terribles collatéraux que génère ce culte de la réussite par le seul savoir.

REMETTRE EN CAUSE LES METHODES

De Villepin annonce sentencieusement des moyens nouveaux, des assistants de vie scolaire qui vont aider les collégiens à faire leurs devoirs, qui vont dispenser des cours de rattrapage… Catastrophique car malheureusement ces décisions, du toujours plus, ne changeront rien aux réalités. Si on ne remet pas en cause les méthodes pédagogiques c’est poser un cathéter sur une jambe de bois ! Mais comme il n’y a plus aucune débat au sein du corps enseignant sur la manière d’enseigner (merci la suppression des écoles normales !)et que l’on se contente de constats, rien n’évolue. On constate et on continue. Le film désuet " L’école buissonnière " devrait être projeté et commenté par des enseignants qui ont risqué leur carrière en allant, dans les années soixante, au nom d’un idéal éducatif…

J’ai été formé et j’ai exercé durant vingt ans mon métier d’enseignant avec passion selon les concepts de la pédagogie Freinet : individualisation maximum de l’enseignement, valorisation maximum de la réussite, travail à son rythme, refus de tout jugement péremptoire sur la réussite, départ de tout enseignement sur le milieu de vie et pas sur des clichés standardisés, formation à la responsabilité, au dialogue, au respect des différences, progression même minime toujours jugée positive… Les postes supplémentaires ne suffiront pas s’ils ne s’accompagnent pas d’un énorme effort d’adaptation aux réalités, du système éducatif ! Personne n’ose poser ce véritable enjeu social car ce serait reconnaître l’inefficacité absolue de cette " Education nationale " excluant celles et ceux qui ne peuvent pas entrer, pour de multiples raisons, dans le moule. Les outils même les plus performants, l'amlioration même la plus formidable eds conditions de travail, la quête des effectifs els meilleurs ne changeront pas nécessairement le comportement des élèves. Il faudrait considérer que la pédagogie est une technique, un savoir faire propre aux enseignants et boulevreser totalement les baes de celle qui est actuellement majoritaire. Tout ce que je sais de la vie je le dois aux méthodes Freinet qui m'ont imprégnées et m'ont permis d'être en permanence un citoyen en devenir.

UNE VERITABLE FORMATION CITOYENNE

Le milieu associatif ne pourra jamais, par ailleurs, compenser la carence d’une véritable formation citoyenne. Au lieu d’enseigner la démocratie il paraît indispensable de la faire pratiquer dès le plus jeune âge. Or le gouvernement vient d’annoncer la suppression des enseignants mis à disposition des associations périscolaires (800 postes en France) qui, justement, ont en charge le soutien aux initiatives pédagogiques formatrices pour la solidarité (Pupilles de l’Enseignement public), la coopération (OCCE), la culture (Ligue de l’Enseignement), le sport (USEP, UNSS …), la citoyenneté (CEMEA). On les étrangle, on les pille, on les prive de leur base active et aujourd’hui à la tribune de l’Assemblée, devant les caméras de télé, on annonce des crédits… pour 2006 alors qu’on ne leur a pas encore payé les subventions de 2005* ! Comment peut-on en toute conscience tromper l’opinion publique avec autant d’aplomb ?

Le " couvre feu " ne recouvrira qu’une marmite bouillonnante. On n’en verra plus l’eau chaude. On ne verra plus les flammes du feu. On cachera la réalité, sous un couvercle, durant 12 jours (ou plus), en ressortant un état d’urgence " matériel " alors que l’urgence à traiter est d’abord " morale ".

Le couvre feu, les mesures répressives ne sont que de  misérables caches misère, des réponses dilatoires à un échec social profond, des placebos pour soigner un cancer des esprits. Les incidents graves de la gare de l'Est, comme tous les autres avant d'être un échec de la Police sont tout simplement le reflet d'une citoyenneté en péril. Rien, absolument rien n'est entré dans les esprits. Le système éducatif qui exclut mais refuse de valoriser finira par emporter la société dans son désarroi.

Mais je déblogue...

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 28 mars 2007
Oui, je le confesse, pour une fois je suis pleinement d’accord avec une enquête d’opinion. En effet, si je conteste farouchement la valeur des sondages destinés à prédire un vote lointain, je ne nie pas l’intérêt de ces travaux qui estiment les variations des comportements sociaux. Les enjeux ne sont pas les mimes et ils ne prétendent dégager que des tendances et pas nécessairement des résultats chiffrés. Je suis d’ailleurs certain que si vous lisez cette chronique tardive vous approuverez mon choix. Parmi tous els programmes que j’entends depuis plusieurs semaines il n’en est qu’un seul auquel je donnerai ma voix sans barguigner : celui porté par le lobby le moins puissant mais pas le moins intéressant et qui touche à l’importance fondamentale de la sieste. D’abord parce que son utilité sociale est indiscutable et qu’elle recueille l’assentiment de tous les plus grands spécialistes des rythmes biologiques. Ensuite parce qu’il a été démontré que, dans un contexte économique exigeant, elle améliorait grandement la productivité de celles et ceux qui peuvent la pratiquer. Enfin il faut bien reconnaître que c’est un avantage social qui reste à conquérir en France et qui aurait pu faire, au point où l’on en était, d’un alinéa supplémentaire dans l’ex-traité constitutionnel européen de elle manière qu’il n’y ait pas de disparités fortes entre l’Espagne et le reste du continent ! Le malheur c’est que je ne trouve jamais le temps de mettre en pratique salutaire cette conquête que la retraite m’a apportée. Tous les jours, ou presque, je ne rêve que d’un quart d’heure réparateur au milieu d’un océan de rêves. Tous les jours je ne cesse de me promettre qu’il y aura des lendemains qui… dorment. Tous les jours je cours après le temps comme Sarkozy après Le Pen, sans me rendre compte que les occasions perdues de m’arrêter ne se restent jamais. Je suis atteint du syndrome de l’activisme permanent qui permet en fait de tenter d’échapper à ses soucis ou ses angoisses.
UNE JOURNEE QUI DEVRAIT ETRE FERIEE
Or voici qu’arrive en ce mercredi la journée qui devrait être inscrite comme un jour férié, celle du sommeil. Dommage en effet qu’en ce jour de la célébration de moment fort de notre vie on ne nous ait pas accordé l’heure que l’on nous a volée dimanche matin car je vous l’assure, malgré Bayrou qui essaie en permanence votre méfiance, la situation globale du pays est grave, très grave. Une enquête d’opinion en atteste. Et cette fois croyez-la ! Près de la moitié des Français (47%) jugent en effet qu'ils ne dorment pas assez, soulignent les spécialistes, à l'occasion de la 7e journée nationale du sommeil. Et de rappeler l'importance de rester à l'écoute de nos besoins de sommeil pour vivre comme Alexandre le bienheureux dans un film qui est devenu culte.
La dernière enquête TNS Healthcare, réalisée en février pour l'Institut national du sommeil et de la vigilance (ISV), révèle que les Français dorment, en moyenne, 1h 30 de moins qu'il y a 50 ans alors que nous sommes censés ne travailler que 35 heures. La preuve que les adages sont faux : le travail n’est pas la santé, c’est les sommeil qui la protège ! Les horaires de travail, les temps de trajets et la multiplication des loisirs peuvent en définitive expliquer cette diminution des heures de repos.
L'étude précise que nous dormons, en moyenne, 7 h 10 sur 24 heures. 54% des personnes interrogées dorment entre 7 et 8 heures, 28% dorment 6 heures ou moins, et 16% dorment 9 heures et plus. Si 47% des personnes interrogées estiment dormir moins qu'elles ne le souhaiteraient, presque autant (45%) estiment dormir autant que nécessaire.
DUREE DU SOMMEIL CRUCIALE
Les spécialistes rappellent aussi, sans réveiller les consciences, que la durée du sommeil est cruciale pour le « fonctionnement cérébral ». L'insuffisance de repos induit en effet « un risque accru d'hypertension artérielle, de diabète et d'obésité ». TF1 qui est responsable globalement, par ses programmes, de cette baisse du sommeil réparateur de la Française et du Français moyens a donc bien atteint son objectif consistant à diminuer l’activité cérébrale de celles et ceux qui badent la Star Académy… par le manque de sommeil !
« Il n'y a pas de durée type », expliquent pourtant les docteurs. La durée de sommeil est propre à chaque individu et variable selon l'âge, mais les gens éprouvent une « certaine difficulté à dormir suffisamment par rapport à leur propre besoin estimé ». L'étude met en cause les changements de mode de vie, avec la multiplication des "tentations" à rester éveillé, comme la télévision ou l'Internet.
Pour ces spécialistes du sommeil, « le conseil à donner c'est: dormez autant que vous en avez besoin », avec des horaires de coucher et de lever réguliers. Le manque de sommeil peut se rattraper sur le court terme, mais pas quand il s'accumule. Rien ne vaut donc une petite sieste pour compenser une nuit raccourcie.
En effet la première conséquence du manque de sommeil n’est autre que la fatigue. 33% des Français se déclarent donc de plus en plus fatigués. Les autres constats se succèdent : 17% des personnes interrogées souffrent de somnolence ; 38 ; citent le manque de sommeil comme première cause de fatigue. 45% des personnes fatiguées et 48% des individus souffrant de somnolence mettent en cause leur manque de sommeil pour expliquer leur fatigue.  Par ailleurs, 28% des Français souffrent de troubles du sommeil. 18% des personnes interrogées souffrent ainsi d'insomnie, 5% déclarent souffrir du syndrome des jambes sans repos, et 5% du syndrome d'apnée du sommeil.
LE FAMEUX DOMICILE TRAVAIL
Les modifications des habitudes de vie pénalisent gravement le sommeil réparateur. En effet l’un des fléaux de l’époque actuelle concerne la durée du fameux déplacement pendulaire quotidien « domicile-travail » le matin et « travail-domicile » le soir. Cette contrainte liée à une urbanisation mitant l’espace et fortement éloignée des lieux d’activité, pèse fortement sur la qualité de vie. Une autre étude a évalué sa durée moyenne à près de 35 minutes dans un sens. Il est certain que ce temps n’était pas il y a un demi-siècle pris sur le sommeil.
Avec donc une heure par jour, dans une automobile, rarement dans un transport en commun, les actifs augmentent nettement la part de la journée qu’ils consacrent à leur…boulot. La très célèbre formule parisienne «  métro, boulot, dodo » a pris du plomb ans l’aile car les équilibres supposés ont été rompus puisque désormais dans bien des lieux en France on a évolué vers « auto, boulot, dodo » ce qui n’a pas amélioré la situation. Il arrive que des cadres attirés par la nature dans des villages réputés paisibles aient plus de deux heures de trajet quotidien !
D’ailleurs les évaluations ne tiennent pas compte des risques de thrombose liées aux bouchons et bien malin celui qui peut prétendre que sur la rocade bordelaise il effectuera le parcours dans un temps précis.
Cette pression permanente liée à des choix opposés (éloignement de la ville pour le domicile et concentration économique dans le pourtour des villes pour l’emploi) se traduit par une aggravation induite des problèmes de santé non prise en compte dans les coûts induits. Le profit ne se juge jamais sur sa qualité mais sur sa quantité.
Le monde vit sur les nerfs, sur la vitesse, sur l’activité, sur le rendement. Il ne repose plus sur l’efficacité réelle, l’économie de temps et de moyens naturels, la mesure et la qualité de vie.
Malheureusement je suis pris dans une spirale qui fait que chaque fois que je goûte aux délices d’une sieste volée. Ce mot qui vient du latin "sixta" signifiant "la sixième heure du jour".  La sieste désigne ainsi le sommeil pris en milieu de journée, vers la sixième heure du jour, mais aussi, plus généralement, toute forme de repos (avec ou sans endormissement) pris en cours de journée par opposition au sommeil de la nuit. La vie est une succession de périodes de repos et d'activité (je commence à en douter). Il est essentiel d'organiser correctement ces alternances pour vivre heureux, en bonne santé et rester au maximum de ses possibilités.  Une sieste par jour c'est obéir à nos rythmes biologiques fondamentaux, pour une santé optimale et un mode de vie sain et naturel.
Electrices et électeurs, une sieste de 5 minutes dissout le stress, augmente vos performances physiques et psychiques, et vous fait gagner du temps en réduisant la durée du sommeil de la nuit suivante d'une durée pouvant aller jusqu'à une ou deux heures… Votez pour le candidat qui vous en parlera et restez éveillés car les promesses ressemblent parfois à des rêves de sieste !
Mais je déblogue…
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 27 mars 2007
Les dix derniers mois de ce qui tient lieu de campagne présidentielle aura mis en exergue la difficulté des relations entre la majeure partie des représentants de la vie politique avec les médias. Les polémiques ont été nombreuses et les propos n’on pas toujours été empreints d’aménité. François Bayrou a même bâti une bonne part de sa renommée grandissante sur sa capacité à s’en prendre à TF1 réputée jusque là intouchable. Il a affronté le mastodonte se transformant en David de la démocratie luttant pour ne pas mourir écrasé par des journalistes réputés intouchables. Depuis très longtemps, en privé, les ténors critiquaient ouvertement l’influence de la première chaîne privée d’Europe mais personne n’avait osé aller jusqu’au clash. Il est vrai que se priver d’un 20 heures de PPDA devient suicidaire par les temps qui courent. Cette réalité fait avaler des couleuvres à des femmes et des hommes pourtant massacrés par un système qui choisit ouvertement ses priorités et les applique avec cynisme. Toute sanction étant, par avance, vouée à l’échec TF1 sait qu’elle ne sera jamais rattrapée pour tous les coups tordus déjà délivrés.
En Italie, cet affrontement entre des médias dominés par des puissances de l’agent et des responsables engoncés dans leur passivité a pris un tour nouveau. Berlusconi a accédé au pouvoir grâce à l’influence prédominante de son groupe de presse. Il a muselé toute opposition ne laissant qu’une portion congrue à des journaux et à une télévision dont la vie aura été en permanence difficile. Hier, le " cavaliere " a tremblé mais il sait déjà que la sanction n’ira pas jusqu’au bout car il y aura prescription. Le parquet de la cour d'appel de Milan a cependant requis, 5 ans de prison à l'encontre de Silvio Berlusconi, accusé de corruption de magistrats.
Le procureur Piero De Tetris a déclaré : "Silvio Berlusconi a été l'élément moteur de cette affaire" de corruption de magistrats, jugée lors du procès SME. Le "cavaliere" avait été relaxé en première instance en décembre 2004, grâce à des circonstances atténuantes, dans le cadre d'une affaire qui remontait aux années 80. Sa holding Fininvest s'était opposée au rachat par une société concurrente de l'entreprise agroalimentaire semi-publique SME… et la presse bien évidemment avait oublié d’en parler.
A Madrid le ton vient brutalement de monter dans la guerre que se livre par médias interposés " El Mundo " journal de droite et " El Païs " appartenant à une mouvance de gauche. On ne s’économise pas et on ne risque pas de se faire exclure pour avoir pris position pour un candidat du centre ! Le " parti populaire " de droite vient de créer un scandale en appelant au boycott de tous les titres du groupe Prisa propriétaires de multiples supports d’information.
UNE AMBIANCE POLITIQUE CRISPEE
Jesus Paloncoprésident du groupe Prisa, lors de l'assemblée générale, avait souligné la difficulté pour son groupe de travailler dans une ambiance politique crispée, marquée par un "désir de revanche" du Parti Populaire (PP, opposition de droite) face au gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero. Il a ajouté que les récentes actions de protestation du PP, sur la question basque et la politique antiterroriste de Jose Luis Zapatero, pouvaient être assimilées à "du franquisme pur et dur. Il y en a qui veulent revenir à la guerre civile".
Le moins que l’on puisse écrire c’est que ces déclarations sans nuances n’ont pas plu aux dirigeants du P.P. Un peu comme si en France un directeur du Monde avait sévèrement taclé Sarkozy après ses décaration sur l’immigration et l’identité nationale ! Le carton rouge a été sorti : "En raison des intolérables déclarations du président de Prisa, le PP informe tous les citoyens, et plus particulièrement, les actionnaires, les annonceurs, et les clients de ce groupe de communication que, (…) tant que M. de Polanco ne rectifiera pas publiquement et clairement ses lamentables déclarations, le Parti populaire cessera d'accepter les entretiens, débats et émission du groupe Prisa. On est loin des propos de Bayrou mais l’Espagne n’est pourtant pas si loin que cela du Béarn. Paradoxalement c’est le P.P. qui est sorti affaibli de cet affrontement de grande ampleur.
María Teresa Fernández de la Vega, première vice-présidente du gouvernement, a fustigé "une atteinte à un droit fondamental de la démocratie : la liberté d'expression". Dès samedi, Jose Luis Zapatero, président socialiste du gouvernement espagnol dénonçait "une mesure du passé restreignant les libertés comme le droit à l'information et la liberté d'expression". Autant de propos que nous n’entendrons pas en France. Bien au contraire.
De son côté, El Pais, principale cible de ce boycott, soutenu notamment par des écrivains comme Carlos Fuentes, condamnait le "chantage" de l'opposition de droite. Une position partagée par Reporters Sans Frontières qui s'indigne d'un "recours à un procédé indigne des démocrates". A droite, seul Alberto Ruiz Gallardon, maire de Madrid, s'est élevé contre ce boycott : cette décision représente "une solution anormale qui n'aurait jamais dû se produire". "Il faut travailler pour trouver des solutions pour résoudre au plus vite cette situation qui ne plaît à personne". Et rapidement on en est revenu à la raison ou on va y revenir.
DES RAPPORTS PLUS PAISIBLES
En France les rapports sont apparemment beaucoup plus paisibles. On déjeune ensemble. On se fait des confidences. On se promeut réciproquement. On se critique quand personne ne peut entendre. Les " politiques " ont tellement la main mise sur les supports médiatiques qu’ils pensent en être les maîtres. Sans doute grisé par les sondages qui le placent en tête du premier tour, Sarkozy s'est ainsi récemment laissé aller à une petite crise d'autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de caprice régalien que l'on croyait appartenir à d'autres temps, ceux de la vénérable ORTF et de Peyrefitte. Il a en effet menacé de " virer " la direction. Comme
ça, sur un coup de tête. Parce qu'elle n'a pas daigné lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il est venu, A peine arrivé, le candidat UMP s’est laissé d'abord aller à quelques grossièretés, estimant que cette émission " l'emmerdait " et qu'il n'avait pas envie de la faire !
Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3 pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d'une salle de maquillage). Coupable de ce " crime de lèse-Sarkozy ", voici notre direction sur la sellette. " Toute cette direction, il faut la virer ", a lâché le roi de TF1 où il est chez lui. " Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder ". Les Français sont désormais prévenus ! L'une des priorités de Nicolas Sarkozy s'il est élu président de la République sera de couper des têtes à France 3. A la trappe ces directeurs qui tardent à exécuter les courbettes.
Le candidat avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile. Comme cette récente provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du service politique " ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est journaliste de
gauche ! ". Désormais, c'est à la direction qu'il veut s'en prendre ! Un climat différent et similaire : quand les journalistes ne sont pas gentils on les renvoie  et s’ils ne sont pas dociles on les karchérise ! Le débat est vite clos !
TOUTE INDEPENDANCE PARAIT SUSPECTE
En fait il ne peut pas y avoir de rapports simples entre le médiatique et le politique. Toute indépendance récurrente du premier pouvoir devient forcément suspecte pour le second. Le problème réside donc dans le mélange des genres ou dans justement l’absence de confrontation. La démocratie a véritablement besoin de journalistes indépendants désireux de donner une tonalité crédible à leur comportement. Chaque fois qu’une femme ou un homme politique craint un groupe de presse ou un média il fait un pas en avant vers le respect de ses engagements. Le problème c’est qu’en Espagne ou en Italie les positionnements restent clairs : chacun défend ses idées ou combat celles des autres. Chez nous le méli-mélo s’accentue.
Malgré toutes les alertes citoyennes, le système qui se drape dans sa dignité offensée chaque fois qu’on l’égratigne dans son comportement, sombre peu à peu dans l’hypocrisie. Les Françaises et les Français ne sont pas passionnés par la presse écrite et ne lui donnent pas, contrairement à tous les pays européens, l’importance qu’elle mérite. Ils lisent peu de journaux et surtout refusent totalement de soutenir ceux qui sont clairement et honnêtement engagés. Ils achètent de moins en moins de presse quotidienne la rendant dépendante de la publicité et donc du pouvoir économique. Peu de supports ne peuvent survivre par les seules ressources nées de leur métier de base : informer. Il n’y aura donc pas de clash comme en Espagne. D’ailleurs le groupe Prisa est actionnaire du Monde et lorgne vers divers quotidiens régionaux du Sud de la France (La Provence, le Midi Libre…) en situation de faiblesse. En fait l’écrit s’étiole, se délite, s’anémie, déprime mais ne réagit surtout pas.
En France toute velléité d’indépendance, toute transparence, toute affirmation simple tournant autour de l’affirmation simple : " Voici les faits. Voici mon analyse. Voici mes commentaires. " deviennent vite des éléments suspects. Ce n’est pas absolument dans les mentalités.
Notre société préfère le médiatiquement correct ou les apparences du médiatiquement correct. Elle se rassure comme ces troupeaux d’autruches citoyennes qui ne veulent pas voir les problèmes pour ne pas avoir à se prononcer. Ils ne croient plus en rien. Ni dans le médiatique. Ni dans le politique. Ils sont entrés dans le monde de l’indifférence.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 26 mars 2007
Valérie Boukobza, la directrice de l'école maternelle Rampal à Paris, longuement gardée à vue vendredi, raconte dans une lettre qu'elle est accusée d'avoir traité de "connard" un policier après l'interpellation d'un parent d'élève sans papiers devant son école, ce qu'elle réfute catégoriquement.
Cette lettre, écrite après sa garde à vue et intitulée "des nouvelles et des remerciements", a été affichée, hier sur le mur d'une des quatre écoles du groupe scolaire Rampal-Lassalle, rue du général Lassalle (XIXe arrondissement).
Au cours de sa garde à vue, ajoute-t-elle dans cette lettre signée de sa main, la directrice a été confrontée à "cinq policiers ayant mis en cause" son attitude lors de violents incidents mardi, liés à l'interpellation d'un grand-père chinois venus chercher ses deux petits-enfants à la sortie de son école, rue Rampal. Cette affaire qui paraît totalement anodine pose un problème de fond.
Une garde à vue pour un fonctionnaire n’a jamais rien d’innocent et surtout représente un acte vexatoire dont l’impact psychologique n’est pas négligeable. Cette femme surtout écœurée par l’utilisation probable du fichier constitué durant l’été 2006 lors de la régularisation partielle, méritait probablement ce placement en garde à vue puisqu’elle aurait, selon les accusations de… 5 policiers mobilisés pour la maîtriser, accompli des actes d’une gravité exceptionnelle.
Valérie Boukobza est en effet soupçonnée d'avoir frappé de… nombreuses fois contre la vitre d'une voiture de police et d'avoir agressé… verbalement un policier avec une intervention du type 'libérez-le, libérez-le, c'est un grand-père espèce de connard, on voit bien que tu n'as pas d'enfant toi ". Vous imaginez un instant une directrice d’école pacifique être embarquée manu militari pour avoir simplement tenté de raisonner ces acteurs de l’enlèvement calculé d’un paisible grand-père devant un établissement scolaire, lieu où l’on doit former à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. Si tous les fonctionnaires traités de " connards " obtenaient le placement en garde à vue des auteurs de ces paroles, chaque jour les commissariats ne désempliraient pas. Un seul mot de colère et c’est la garde à vue !
DERISOIRE OU DRAMATIQUE
Soyez rassuré(e) un enseignant qu’un policier parent d’élève avait traité de " connasse ", les forces de l’ordre se seraient déplacées en force et seraient immédiatement intervenues pour le placer dans une cellule au poste. Et encore, Valérie Boukobza conteste même avoir prononcé cette injure de droit commun que le policier concerné a entendu dans son véhicule dont… les vitres étaient fermées. Soyez rassuré(e) quand, dans une banlieue, des quolibets et des cailloux fusent, les fonctionnaires n’hésitent pas un instant à embarquer les auteurs de ces faits pour les placer en garde en vue. Même quand un élu local, officier de police judiciaire, va porter plainte pour avoir été insulté dans la rue, il y a illico une réaction du Procureur de la République. Absurde. Jamais personne n’a obtenu une réaction aussi éclatante.
Cette arrestation, sur la voie publique, d’une enseignante reconnue comme non-violente, selon une procédure de flagrant délit, a un goût de dérisoire ou de dramatique. Dérisoire car c’est une caricature du comportement de policiers mécontents d’avoir rencontré une opposition lors d’une opération sans risques. Dramatique car c’est l’illustration de ce que peut produire le syndrome de l’immigration jointe à l’identité nationale, une catastrophe pour la citoyenneté. En fait une analyse simple convaincra les hésitants que nous vivons dans une société à plusieurs vitesses faisant que la loi ne s’applique que selon le bon vouloir de ceux qui l’ont en charge. Le grand-père chinois et la directrice d’école n’appartiennent pas aux références sarkozistes et donc policières. Tous deux sont des ennemis de l’opinion dominante.
Je suis de ceux qui ne cessent de répéter que dans le contexte actuel n’importe quel citoyen peut sombrer pour une faute prévue par les textes et règlements. Et il y a fort à parier que la pression ne s’arrêtera pas tant que l’opinion dominante considèrera que les règles sont faites pour les autres et jamais pour soi.
REQUISITIONS POUR CONTROLES D’IDENTITE
La réaction du Parquet de Paris est à cet égard sans ambiguïté. Selon le procureur adjoint, l'opération de mardi ne visait pas l'école, mais s'effectuait dans le cadre juridique de "réquisitions de contrôle d'identité" sur un secteur assez large du XIXe arrondissement, dans le but de rechercher notamment des infractions au séjour sur le territoire.
Les policiers seraient donc arrivés… par hasard dans le bar où le Chinois de 57 ans, sous le coup d'un arrêté d'expulsion, attendait la sortie de son petit-fils de l'école en jouant aux dominos. Un dangereux malfaiteur que l’on va au hasard chercher dans un café ! "Ce sont des réquisitions usuelles contre la délinquance de voie publique", a dit le procureur, qui souligne que le Chinois a été arrêté à 17 h10, bien avant la sortie de l'école.
Les échauffourées qui ont suivi ont vu la dégradation d'un véhicule de police (la directrice aurait violemment frappé aux vitres du véhicule) et un policier a reçu un détergent qui l'a brûlé au visage. Les policiers affirment que la directrice de l'école a injurié les policiers, ce qu'elle nie mais elle n’est pas crue. Un policier a fait usage de gaz lacrymogène mais assure ne pas avoir touché d'enfants mais il est cru ! En fait pour connaître la vérité sur les motivations des forces de l’ordre, sur leurs informations et sur leur comportement il faudra une enquête interne qui se traduira par un non lieu. Pour savoir ce qui s’est réellement passé, dans une manifestation filmée et dont les images sont disponibles sur Internet, ce sera beaucoup plus facile (1).
On peut y constater le déroulement des faits suivant  : le mardi 20 mars , la veille de l’annonce du départ de Nicolas Sarkozy du Ministère de l’intérieur, à la sortie de l’école, des parents d’élèves et des enfants ont assisté à l’arrestation musclée d’un grand-père d’origine chinoise, suite à un contrôle d’identité dans un café qui jouxte quatre écoles, à l’angle des rues Rampal et du Général Lasalle. Cette personne qui s’apprêtait à aller chercher l’un de ses petits-enfants dans une autre école, située impasse Piver (11°), a été arrêtée par un grand nombre de policiers, accompagnés d’un chien.
Alors qu’il n’opposait aucune résistance, il a été menotté et jeté violemment dans une des trois voitures qui bloquaient le carrefour. Cette arrestation spectaculaire et musclée, survenue sous le regard des enfants, a entraîné l’indignation des parents rassemblés devant l’école Rampal.
UNE BAVURE NON ASSUMEE
Face à cette protestation, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à brandir leurs matraques et auraient répandu massivement des gaz lacrymogènes. Les enfants qui sortaient des écoles n’ont pas été épargnés par les gaz, entraînant toux et brûlures, selon des témoins. Parents, enfants et enseignants ont dû se réfugier dans les écoles maternelles et primaires ouvertes par les enseignants en attendant la dissipation des gaz. Le reste n’est qu’excuse officielle pour une bavure non assumée. D’ailleurs quand on sait que le grand-père en cause a été relâché mercredi et que la directrice a passé 7 heures au commissariat il faut bien convenir que la montagne policière a accouché d’uns souris judiciaire. Le seul problème c’est qu’elle a fait augmenter les statistiques de la délinquance, qu’elle démontre qu’il y a les apparences des consignes du Ministère de l’Intérieur et la réalité du terrain, que la justice et la police travaillent en mauvaise intelligence. Secrètement on avait mis en place, à partir des renseignements puisés dans les dossiers des sans papiers qui ont honnêtement fourni leurs noms et leurs adresses pour obtenir de demeurer sur le territoire français, une sorte de capture homéopathique des parents indésirables. Les enfants servent d’appâts. Ce fait en est l’illustration parfaite.
Conséquence de cet acte de bravoure policière : Valérie Boukobza a été mise en examen pour " outrage " et si elle est condamnée elle risque de perdre son emploi puisqu’un fonctionnaire doit avoir un casier judiciaire vierge de toute condamnation pénale. Le grand-père chinois restera chez lui et n’ira plus chercher la progéniture de la famille à la sortie de l’école. " La France d’après " de Sarkozy se profile dans ces opérations qui donnent un relief particulier à ses déclarations de principe. Les médias oublieront vite la directrice d’une école maternelle parisienne qui aurait eu un comportement hystérique et outrageant et le papi entrera dans la clandestinité.
Georges Brassens doit se retourner dans sa tombe et demander que sa " Chanson pour l’Auvergnat remplace dans les meetings La Marseillaise car elle a une valeur beaucoup plus conforme avec les réalités sociales. Je propose concrètement que tous les professeurs des écoles de France la fassent symboliquement apprendre aux élèves. Ils chanteraient ensuite leur réprobation concrète vis à vis de comportements pour le moins critiquables. Ca aurait de la gueule comme forme de protestation. Surtout quand on arriverait à :
…Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui sans façon
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris
Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener …
Ca vaudrait toutes les formes de résistance physique. Mais qui donnera un tel mot d’ordre. Une personnalité de gauche ? Chiche !
Mais je déblogue…
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 25 mars 2007
La semaine écoulée j’ai participé à une bonne dizaine de réunions de nature différentes mais toutes en relation directe avec les citoyennes et les citoyens. Qu’elles soient de lotissement, de gestion sociale, politiques, de travail… elles ont toutes eues une dominante commune qui m’inquiète beaucoup. J’ai tenté, dans tous les cas d’écouter le plus possible, de prendre des notes, pour établir un diagnostic de cette opinion que les sondages présentent comme établie. L’exercice devient difficile car la constante de ces quelues jours aura été le… silence. En effet, malgré les incitations réitérés des responsables des rencontres les présents refusaient l’interrogation , l’échange… " Avez-vous une question à poser ? Qui veut s’exprimer ? Qu’en pensez-vous ?… " Des questions qui ont eu un impact extrêmement limité comme si les participants perdus ne pouvaient pas ou ne voulaient pas s’exprimer. Il semble que la tendance actuelle soit à la méfiance ou plus sûrement à la volonté sournoise de demeurer muet afin de ne pas voir ses certitudes remises en cause.
Contrairement à tout ce que j’ai entendu antérieurement sur les débats participatifs en milieu militant, je n’ai pas eu le sentiment que cette volonté irriguait la société. La diversité des situations (âge, contexte, motivation…) ainsi que le nombre des gens rencontrés (250 à 300) me permet au minimum de penser que cette attitude se traduit dans la campagne des élections présidentielles. On ne s’interroge plus que seul sur son canapé devant une émission de télévision mais on ne se prononce absolument pas publiquement dans tous les domaines. Cette manière de vivre, qui n’a rien d’un art, va à l’encontre de la politique au sens noble puisqu’elle ne repose que sur l’acceptation du discours magistral ou sur le refus de le contester.
En 40 ans de militantisme ininterrompu j’ai participé à des dizaines de campagnes électorales et à des centaines de réunions publiques. Il fut une période où les interpellations étaient vives, les affrontements musclés, les affirmations virulentes mais elles portaient sur des idées, des concepts, des mesures d’intérêt général. On n’hésitait pas, pour faire court, à exprimer ce que l’on pensait. Ce comportement a lentement été aseptisé comme s’il était révélateur d’une agressivité malsaine. Un paradoxe s’est installé : le citoyen se plaint de ne pas être consulté, s’affirme muselé mais ne profite pas des opportunités qui lui sont données d’exister autrement que virtuellement devant sa télé ou dans des résultats d’échantillons supposés le représenter. Il a la trouille d’être lui-même et ne rêve qu’appartenir à ces extraits de panel qui vont sur un plateau pour exposer leur cas particulier et demander une réponse d’ordre général qui convienne à sa situation.
UNE PAROLE POUVANT RESOUDRE UN PROBLEME PERSONNEL
Durant cette semaine cette propension à rechercher une parole pouvant résoudre un problème personnel m’a paru faire des ravages. Le " moi, je " a pris le pas sur le " nous ". Ecoutez bien autour de vous et vous le constaterez sans difficulté. On a tellement rabâché que le rôle des responsables élus consistait à apporter une réponse aux difficultés du quotidien qu’on ne lui demande plus de perspectives, d’inventivité, de révolutions mais tout bonnement un miracle pour un emploi, un logement, une subvention, une interdiction concernant son environnement immédiat. Il n’y a plus du tout débat sur les idées mais des catalogues de revendications individuelles qui, cumulées, traduisent des tendances matérielles et tuent ainsi le débat de fond.
Les exemples ne manquent pas. Partout où je suis allé je n’ai souvent entendu que des monologues sur des analyses nombrilistes. J’ai toujours tenté de revenir aux principes mais inévitablement j’ai été happé par le cas personnel. Dans les lotissements c’est patent : le trou dans le trottoir devant son portail, le chien du voisin, les autres qui roulent trop vite, le nombre de balayages effectué par la collectivité, le nombre de tontes du gazon… passent avant les enjeux réels. Dans le domaine de la culture on ne vient que pour exprimer ses besoins, ses difficultés à mobiliser les bénévoles, la qualité de ses propositions non reconnues par les institutions sans se rendre compte que c’est la citoyenneté dans sa conception fondamentale qui est menacée. Si l’on prend le social on vient exprimer sa déception sur la prise en charge de son gamin mais à aucun moment on évoque le désengagement désastreux de l’Etat dont les conséquences seront catastrophiques à terme pour les structures d’accueil. Dans le domaine de l’économie on ne supporte pas la concurrence personnelle avec un refus d’admettre que le libéralisme ne protège pas des projets similaires qu’airaient des investisseurs. Et tout évolue ainsi.
Le principe est simple : je veux le privilège de voir l’intérêt général préserver mon intérêt personnel. Les candidats aux présidentielles consomment donc outrancièrement des symboles destinés à répondre aux " envies " globales de la majorité et ils ajoutent des mesures catégorielles. Ils traitent le global par des images et le particulier par des chiffres. La puissance du verbe pour convaincre a disparu.
UN IMPACT DIRECT SUR LA COLLECTIVITE
Les grands enjeux environnementaux ne sont perçus que quand ils ont un impact direct sur un territoire, sur la proximité absolue, sur les individus et pas sur la collectivité. Combien de Girondins iraient par exemple défiler à Bordeaux pour le ferroutage s’il n’y avait pas, sur leur commune, le passage éventuel du grand contournement ? Combien de personnes assisteraient spontanément à une réunion d’information sur les déchets ménagers si ne se profilaient pas, derrière, une facture salée ? Qui est prêt à donner de son temps pour soutenir une politique locale d’économie d’eau alors qu’il se déplacera sans hésiter pour exiger des explications sur les tarifs ? Impossible de convaincre de l’utilité des transports collectifs quand on a une automobile pour aller où l’on veut… ils sont considérés comme inutiles aux plus grand nombre. On en arrive même à des positions hostiles de retraités vis à vis des équipements destinés aux… jeunes ou un refus d’aménager une école par des élus n’ayant pas eux-mêmes d’enfants à scolariser. Chaque jour la réalité des oppositions prend le pas sur toute vision à long terme.
Nicolas Hulot a senti le virage et il a eu raison de revenir au premier plan pour rappeler qu’il faut parfois avoir du courage pour imposer une vison planétaire sur les particularismes locaux. Il ne sent qu’il ne sera entendu que durant la campagne car après les égoïsmes reprendront le dessus. Qu’ils soient " individuels ", de clans, de castes ou de lobby… ce sont eux qui ont pris le pouvoir ! Cette nouvelle donne se traduit dans tous les comportements détruisant lentement tous les repères historiques antérieurs. D’ailleurs si l’on effectuait un sondage utile pour refléter un état des lieux de la démocratie française il faudrait demander : " que préférez vous, que la (le) futur(e) président(e) de la République défende vos intérêts ou vos idées ? ". Je ne parierai pas sur le résultat !
REFUS D’AFRONTEMENT DES IDEAUX
Ce refus de l’affrontement des idéaux au nom de l’efficacité gestionnaire stérilise la démocratie. Il n’y a rien de rétro à expliquer que l’élection présidentielle se joue sur un projet global de société. Les décisions du gouvernement devront ensuite s’inscrire dans cette ligne générale par la négociation ou la concertation. Il existe n’en déplaise à François Bayrou une différence entre le camps du progrès et celui du conservatisme. Et, c’est une constante il faut beaucoup plus de courage pour défendre la rénovation que la réaction.
Le projet de Ségolène Royal se tient. Il est cohérent et complet. Certes il peut déplaire à gauche et surtout à droite mais il a le mérite d’exister. Il devrait donc être considéré comme tel mais malheureusement dans toutes les réunions auxquelles je participe on pense son temps à en feuilleter les pages pour dénicher la ligne qui répond au cas précis soumis à l’assemblée.
L’enseignant, le policier, la mère au foyer, le cultivateur, le malade, le lecteur, le sportif, le retraité, l’étudiant, le demandeur d’emploi, le divorcé, l’homosexuel, le chef d’entreprise, le musulman ou le laïque… attendent un mot, un signe, un chiffre qui répondent à leur demande expresse. Le reste ne les attire que s’il offre un intérêt immédiat pour eux. Et certains en profitent en restant sur du catégoriel instauré en raison nationale. Le jour où en revient à la globalité ils se démasquent.
Il faut ainsi constater que dès que Sarkozy s’aventure sur le terrain des idées il s’affaiblit. " L’identité nationale ", " l’immigration ", " la laïcité ", " la liberté ", " l’écologie ", " le profit ", " la délinquance "… sont les véritables révélateurs de son comportement. L’affrontement doit donc porter sur le poids des mots et pas nécessairement sur le choc des photos.
Bayrou a brillamment exploité, pendant un certain temps, ce climat voulant que l’apolitisme soit la meilleure des solutions pour régler les difficultés du quotidien. Or il n’y a jamais eu de personnes apolitiques qui n’aient pas été finalement de droite et qui se soient révélées incapables de mener à terme un projet de société. Tôt ou tard le stratagème du candidat virtuel, avec un programme virtuel, un gouvernement virtuel se transformera donc en score virtuel. En effet le silence et l’égoïsme ne profitent qu’aux " esquiveurs " de débat. Et, si en plus la Gauche reprend des couleurs.
Mais je déblogue… 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

REJOIGNEZ NOUS

Inscription à la newsletter

LES "UNES"

Aux commentateurs… Tous les commentaires sont les bienvenus, sauf les propos grossiers, racistes ou hors sujet qui seront exclus.

AU JOUR LE JOUR

Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

Catégories

GRAINS DE SEL

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus