L'Autre Quotidien page d'accueil

 

MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Dimanche 30 avril 2006
La France va entrer dans une phase qui ne va surtout pas arranger son sort. En effet, la seule usine qui va embaucher sera celle des " coups tordus ". Elle vient d’ailleurs, durant la semaine écoulée, de créer des emplois de haut niveau à temps plein. les meilleurs techniciens, les cadres d’élite, les spécialistes éminents n’ont plus besoin de pointer à l’ANPE ils ont eu (et auront) du boulot. La fin de 2006 et le premier trimestre 2007 devraient même être extrêmement prometteurs. Et, pour une fois, ce ne seront pas seulement les officines parisiennes qui profiteront de cette embellie.
Les élections présidentielles génèrent, bien entendu, des embauches anticipées pour constituer des " staffs " ou des " écuries ". Pour recruter le salaire n’a pas d’importance car il s’agit surtout d’un investissement potentiellement rentable qu’espèrent celles et ceux qui se présentent au guichet. Ils se retrouvent dans la situation des représentants ayant un " produit nouveau " à vendre et en lequel ils croient pour obtenir, une fois le succès assuré, une " rémunération " convenable ou une promotion intéressante. Lentement les offres des services arrivent donc chez Sarkozy et chez Royal. Ils n’auront bientôt que l’embarras du choix.
A l’échelon départemental le cheminement devient le même. Pas un seul d’entre eux n’échappe à l’ambiance spécifique aux périodes préélectorales. Il faut avancer prudemment en pensant que toute circonscription est minée, qu’il y a derrière tous les isoloirs un comploteur tapi dans l’ombre, que désormais à la nuit tombée il est fortement déconseillé de se promener seul. Le principe libéral de la concurrence frappe dans toutes les familles politiques car désormais la règle veut que le plus performant soit celui qui peut gagner.
LE GENIE FRANÇAIS DES AFFAIRES LOUCHES
A l’échelon national les services secrets ont ainsi été mis à contribution pour expédier dans le décor les adversaires potentiels. Dans notre pays, on a pu, ces derniers jours, constater que, s’ils sont associés à des manœuvres aussi fortes, il doit leur être aisé de couler n’importe quel élu de base ou n’importe quel citoyen dérangeant. Cependant, notre fierté nationale ne sort pas grandie de cette cuisine épicée par des haines personnelles surtout, quand il y a quelques jours sur Canal + il était possible de découvrir les tristes réalités rétrospectives de l’opération du Rainbow Warrior.
Celle de Clearstream relève de la même veine… Un réel triomphe du génie français des affaires louches. Un loupé monumental qui, dans bien des pays, provoquerait un séisme politique comme ce fut le cas, en Espagne, avec les fausses accusations sur les auteurs des attentats. Et nous qui avons cette détestable habitude de donner des leçons au monde il faut bien convenir que nous aurons désormais bien du mal à redorer une image pathétique.
Croire que nous échapperions, " à la base ", à ces tristes réalités, serait purement angélique. La France d’en bas, est également entrée dans la période des… services secrets (ou discrets) que l’on se rend entre amis ou même, le plus souvent, lors d’entrevues ou de coups de téléphone discrets, entre ennemis supposés. La machine à prendre " les pouvoirs " est en route. Elle fonctionne sur des principes enfantins dont je suis certain que vous vous souvenez : celui du jeu des chaises musicales. L’adaptation politique de cet amusement de fin de repas de mariage ou de communion est légèrement plus sophistiquée car elle introduit depuis peu la parité mais elle devient un sport national.
BIEN VISER LE SIEGE QUE VOUS SOUHAITEZ
Il faut exactement les mêmes qualités que dans les salles des fêtes en fin de soirée: bien viser le siège que vous souhaitez, ralentir ou accélérer la course selon la distance qui vous en sépare et bondir au signal pour écarter les rivaux potentiels. Tout est plus facile quand vous avez détecté à l’avance les habitudes de l’arbitre, que vous savez bien observer bien à la fois le lieu que vous guignez et la réaction potentielle de l’organisateur.
En général vous avez deux " écoles " pour réussir : celle basique qui consiste à tout faire soi-même le moment venu et l’autre, plus sophistiquée, reposant sur des partenariats ou des échanges de service. En général plus on surveille un poste élevé et plus cette solution devient indispensable.Les bases de cette combine n’ont rien de très compliqué. Il suffit d’un brin d’esprit de complot et d’un état d’esprit audacieux.
Vous réunissez , dans un endroit confidentiel, (chasse privée, bergerie, restaurant éloigné ou carrément chez vous) un certain nombre de joueurs (amis ou adversaires), vous effectuez une juste répartition préalable des " fauteuils " avec comme discours : " je te laisse celui là quand je serai arrivé ici. En échange tu t’engages à ne pas y aller ou mieux à m’aider. Et si je fais un croc en jambe à mes rivaux pour y parvenir tu ne vois rien… ". Les plus habiles dans cet art de la distribution anticipée sont celles et ceux qui visent le plus haut au nom d’une ambition planifiée. Ils calculent toutes les conséquences de leurs actes. Pour eux, ce qui est un jeu pour les autres, devient une occupation permanente et quasiment professionnelle. Ils sont devenus des stars des " fauteuils électoraux " et n’hésitent absolument plus à afficher leurs ambitions. Prenons des exemples concrets.
SIX FAUTEUILS SENATORIAUX
En Gironde, au sein de l’UMP, les six fauteuils sénatoriaux sont disposés dans l’un des salons du Palais Rohan. Ce sont de beaux fauteuils dont l’électeur moyen ne sait pas qu’il sont confectionnés sur mesure lors de l’entrée sous les ors du Palais du Luxembourg. Ils sont donc enviés. Dans la salle, en 2008, on laissera entrer, malgré leurs âges très différents : Jacques Valade, Gérard César, Xavier Pintat, Hugues Martin… qui disputeront la première manche réservée aux hommes. Enjeu : deux fauteuils avec, à chaque tour, un éliminé de poids ! Ils le savent et s’observent désormais du coin de l’œil.
Le duo César-Martin va tout tenter de faire glisser sur le parquet ciré, les deux autres… Et d’ailleurs Xavier Pintat voyant le danger venir multiplie les fêtes, voyages, repas et cérémonies vis à vis d’éventuels supporteurs grâce aux moyens que lui confèrent les présidence du Syndicat Départemental d’Energie Electrique de la Gironde (SDEEG) ou mieux encore la Fédération nationale de ces mêmes syndicats… La lutte sera chaude mais dépendra en grande partie des résultats de 2007. Même si le départ n’a pas été officiellement donné, toutes les décisions actuelles tiennent compte de cette " partie " en cours. En tous cas il y a fort à parier que les " coups tordus " se préparent entre amis avec ou sans l’aide de petits services discrets voire secrets  !
On trouve à l’UMP un autre volet original de ce jeu à la mode : le fauteuil tournant réservé . La technique en est beaucoup plus sommaire mais pas forcément aussi aisée à pratiquer qu’on le croît. On doit, en effet, entrer dans la ronde des prétendants au moment opportun sans donner l’impression que le retour s’effectue en brimant l’un ou l’autre. Très délicat quand il faut le décider à des milliers de kilomètres de la salle retenue pour l’action. D’autant que vous ne maîtrisez pas les paramètres nationaux.
En acceptant que les journalistes locaux (France 3 d’abord, Sud Ouest ensuite) viennent dans les prochains jours recueillir au Canada ses intentions, Alain Juppé va… décider du lieu, de l’heure et des modalités de cette pièce prévue à l’origine en deux actes mais réduite (effet CPE oblige) en un seul !
DROIT D’ENTRER DANS LA SALLE
A gauche, rien n’est plus simple. En effet il faut dans les deux semaines qui s’ouvrent obtenir le droit d’entrer dans la salle des " fauteuils électoraux ". Et là, il faut, une carte à jour et un sens inné de l’anticipation car normalement, si les propriétaires actuels, ne se lèvent pas volontairement, de leur siège il leur demeure acquis. Mardi soir au bureau national du PS on pourrait en décider autrement…et ouvrir la " salle aux exceptions ".
En effet, il avait été convenu antérieurement que si un " sortant " abandonnait sciemment son poste il serait proposé à une femme…Comme ce soir là seront définitivement réglés les cas litigieux de parité, place sera faite aux dérogations permettant d’éjecter " manu militanti " un homme et de le remplacer, par la force des " baïonnettes ", par un concurrent qui piaffe d’impatience dans l’antichambre depuis longtemps. Si le principe était retenu pour une circonscription (par exemple et à tout hasard la 5° en Gironde) il ferait éventuellement jurisprudence sur la Blayais ou à Mérignac ainsi que dans de nombreux autres lieux ce qui arrangerait tout le monde.
Au P.S. il faut avoir, en plus des qualités requises pour les chaises musicales, le don du joueur de billard à trois bandes et toujours chercher à qui va profiter le " crime " organisé. Réfléchissez chaque fois : si un tel obtient satisfaction, il libère une chaise ou un strapontin… donc il peut le promettre à un autre, déçu de ne pas avoir pu participer au jeu ailleurs. En cascade en tentant sa chance un joueur contente parfois en cascade trois adversaires et s’en fait des alliés… Observez bien les 15 prochains jours et vous allez vérifier que les effets collatéraux d’une seule décision ne seront pas tous négatifs pour tout le monde. Et si vous êtes élu, surveillez votre… siège !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 29 avril 2006

Il est à peu près certain que dans le face à face entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, l’avenir de l "Europe va s’inviter autour de la table et il serait étonnant que l’adhésion de la Turquie ne surgisse pas au détour d’une question. Ce pays qui a tant préoccupé l’an passé la classe politique française vient en effet d’entrer de plain-pied dans la campagne des présidentielles françaises alors que les médias hexagonaux se gavent ce matin de " pipoleries " consistant à comparer les présences de certains grands intellectuels du show-bizz (Johnny, Bigard, Clavier, Doc Gynéco…) au meeting sarkoziste avec ceux annoncés à Charlety pour demain. Il est vrai que ce qui s’est passé à Istambul, en comparaison avec cette brochette de grands artistes modeleurs de la culture actuelle, n’offre pas grand intérêt. Et pourtant…

La Turquie est en effet en passe de se choisir son Président de la République ce qui dans le contexte actuel revêt une importance fondamentale pour l’avenir même de l’Europe compte tenu de la position stratégique de ce pays sur l’échiquier mondial actuel. Les Turcs ne s’exprimant pas au suffrage universel pour effectuer ce choix vont sûrement basculer dans le camp de la nouvelle donne politique du proche et du Moyen Orient mêlant religion et politique.

Après un premier tour de scrutin vendredi au Parlement, qui n'a pas permis de désigner le nouveau chef de l'Etat à cause du boycottage des députés de l'opposition, un deuxième vote sera en principe organisé mercredi. Le Premier ministre Tayyip Erdogan, qui a finalement renoncé à se présenter à la présidence, et son poulain Abdullah Gül démentent vouloir faire de la Turquie un Etat islamiste. Ils rappellent qu'ils sont au pouvoir depuis près de cinq ans, période marquée par une forte croissance économique, et qu'ils ont engagé les discussions en vue de l'adhésion du pays à l'Union européenne, signe de leur volonté d'ouverture. Mais leurs discours ne semblent pas convaincre dans un pays où la laïcité demeure une valeur fondatrice de l’émancipation du pays.
Issu de la mouvance islamiste, Abdullah Gül, ministre turc des Affaires étrangères, n'entend pas en effet retirer sa candidature à l'élection présidentielle, malgré les pressions de l'armée et une nouvelle manifestation monstre de partisans de la laïcité dimanche à Istanbul. "Le processus (d'élection d'un président) a débuté et va se poursuivre (...). Il n'est pas question que ma candidature soit retirée", a-t-il dit à des journalistes à la télévision ce qui ne laisse planer aucun doute sur l’issue du scrutin qui n’a été que retardée par les parlementaires de l’opposition.
Le Parti républicain du peuple (CHP), principale formation laïque d'opposition, a ainsi saisi la Cour constitutionnelle pour obtenir l'invalidation du premier tour de scrutin vendredi dernier. Cette demande sera examinée aujourd’hui mais on ignore si la décision sera rendue instantanément. Si la Cour donne raison au CHP, Tayyip Erdogan devra convoquer des élections législatives anticipées dans un délai de 90 jours. Le chef de l'Etat sortant, le laïque Ahmet Necdet Sezer, conserverait ses fonctions à titre provisoire dans l'attente de l'élection de son successeur par la nouvelle assemblée. Si en revanche elle donne raison au gouvernement, Abdullah Gül devrait l'emporter au troisième tour, fixé au 9 mai, car alors, il n'aura besoin que de la majorité simple, soit 276 voix, ce que l'AKP peut obtenir sans aucun problème et il en serait terminé du principe ayant permis à Mutafa Kémal, le premier président d’ancrer la Turquie dans la modernité.

DES LAICARDS DEPASSES

Le résultat de la démarche de l’opposition risque d’avoir une importance dépassant largement les frontières turques car rares, très rares, sont les peuples qui s’emparent de la laïcité pour en faire un principe fondateur de leur vie commune. Même en France il semble parfois que l’impact du concept soit en perte de vitesse constante sous la forte influence de la marchandisation du service public d’éducation, la promotion sarkoziste du communautarisme, le rôle souterrain des sectes diverses et variées (au fait quels ont les positions de l’Eglise de Scientologie vis à vis de Sarkozy ?), la montée constante des intégrismes de tous bords. D’ailleurs j’ai souvenir de m’être fait traiter dans une commentaire de L’AUTRE QUOTIDIEN de " laïcard dépassé " en rappelant des principes simples de vie en commun propres à l’état républicain.

En constatant qu’à Istambul, hier, plus d'un million de personnes se sont rassemblées pour clamer leur crainte que l'élection d'Abdullah Gül, le candidat de l'AKP (Parti pour la justice et le développement), qui dispose de la majorité à l'assemblée, ne marque le début de la fin pour la Turquie moderne voulue par Mustafa Kemal, son premier président. Les protestataires agitaient des drapeaux turcs et des affiches portant des slogans anti-gouvernementaux.
"La Turquie est laïque et le restera", a scandé le cortège qui a défilé dans les rues de la première ville du pays. "Tous unis contre la loi de la charia", ont répété les manifestants, en faisant référence à la loi coranique qu'ils refusent de voir imposer un jour en Turquie. "Nous sommes ici pour protéger la République. Nous ne faisons pas confiance à ce gouvernement, nous savons d'où il vient. Ils veulent mettre en place une République islamique" a déclaré l’un des instigateurs de ce mouvement de fond dans un état pourtant parfois méprisé par le reste d’une Europe ayant tendance à voir la paille dans l’œil de ses voisins afin d’éviter que l’on repère la poutre dans le sien.

Les militaires turcs, qui ont mené quatre coups d'Etat en cinquante ans et se considèrent comme les garants sourcilleux des institutions laïques, ont également fait part de leur "inquiétude", dans un communiqué en forme de mise en garde… ce qui constitue tout de même un extraordinaire paradoxe. L’alliance du sabre et du goupillon pour mener des guerres saintes semble réservée à ce grand pays démocratique que sont les… Etats Unis d’Amérique 

FAIRE SAUTER UN VERROU DECISIF

La Turquie posera cette semaine un véritable problème à l’équilibre du monde. Si elle sombre dans le politique religieusement correct elle fera sauter un verrou décisif ouvrant la porte à d’autres événements de ce type. Il est certain qu’il sera ensuite difficile en Extrême Orient par exemple d’éviter des affrontements ou des ambitions reposant exactement sur le même concept. Jamais la laïcité n’a revêtu une telle importance à l’échelle de la planète. Jamais elle n’a été autant malmenée au prétexte qu’elle serait le refuge d’antireligieux fanatiques et arriérés. Jamais la laïcité n’aura autant été le vrai antidote au terrorisme. Jamais elle n’aura pourrant constitué une base moderne des démocraties de demain. Jamais la France n’aura eu autant besoin de rappeler qu’il s’agit au même titre que l’égalité, la liberté et la fraternité de l’un des piliers de son système social. Même si en Turquie la réalité est différente de la nôtre il faut admettre que l’ambition initiale de Mutafa Kémal ressemblait beaucoup à celle des Républicains du XIX° siècle puisqu’il faut souligner que le mot turc Laiklik vient directement du français.

La Turquie, depuis sa Constitution de 1921 (article 2), est en effet un État laïc ; Elle est le seul pays laïc dans le monde musulman. Cependant, la séparation entre les Églises et l'État n'est pas réciproque comme en France ou aux États-Unis. Si les Églises ne peuvent avoir d'influence sur l'État (interdiction du port du voile à l'école publique...), l'État, au contraire, peut se permettre d'édicter des règles en matière de religion. Autre divergence de conceptions, alors qu'en France, la laïcité est une exigence formelle et un principe traditionnel (corollaire, notamment, de la liberté de croyance), elle est en Turquie une exigence d'ordre public, comme l'a rappelé la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Leyla Sahin contre Turquie (2004-2005).

Il sera intéressant de constater à combien de reprises les mots de laïque ou de laïcité seront prononcés dans le débat de mercredi soir et surtout par qui car l’une des véritables divergences entre les deux candidats passent par leur capacité à faire vivre ce concept dans une société dans laquelle l’indépendance de penser est battue en brèche. D’ailleurs il serait éminemment souhaitable de rappeler que pour beaucoup il ne s’agit pas seulement de préserver l’indépendance de l’Etat vis à vis de la religion. Les présences conjuguées de Martin Bouygues et du fiston Lagardère à la grande messe sarkoziste témoignent d’un danger latent beaucoup plus angoissant pour la République. Tous les " papes " ou les " imams " ne sont pas identifiables ! Mais probablement seront nous aussi forts que les Turcs, un jour, quand il sera trop tard, pour aller dans les rues de Paris protester contre la confiscation de cette liberté absolue donnée par la raison et pas par la croyance.

Mais je déblogue…

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
Vendredi 28 avril 2006
Ce fut une journée d’information tout à fait ordinaire. L’une de celle qui le soir vous permet de juger de la véracité de ce que vous avez pensé la veille. Ce sentiment précieux constitue un véritable réconfort, un bonheur qui vous rassure sur le défi du parler vrai. En effet, quand on est assailli par le doute on a parfois du mal à se sécuriser, à se rassurer sur la démarche que l’on a choisie. Ainsi en m’exprimant (sans soulever beaucoup de passion) sur le sujet des rapports entre le politique et le médiatique, je ne pensais que, hier, j’aurais la possibilité de mesurer sa déliquescence complète.
Les hasards de quelques minutes passées à la maison m’ont permis, de découvrir le Journal télévisé de 13 heures sur France 2 et ensuite de regarder celui de 20 heures sur TF1. Deux grands moments de déontologie et d’équité qui m’ont offert une nouvelle occasion de m’inquiéter de la dérive extraordinaire de la télévision. Elle se " berlusconise " à vue d’œil sans que personne ne réagisse mais, dans l’ambiance sociale actuelle, chacun a d’autres sujets de préoccupation. Des sujets éminemment essentiels pour le quotidien des gens qui souffrent ou pour l’avenir des jeunes tentant de récupérer les heures de cours évaporées dans la lutte contre le CPE
Le P.S. va se pencher sur son projet totalement inutile, mort né car maintenant il faudrait être idiot pour comprendre que seuls les sondages en faveur de Ségolène ont une importance politique. Ses pourcentages de popularité ravalent en effet les éléphants au rang de souris. Et ils vont finir au cimétière de la rue de Solérino ôù meurent els pachydermes!
L’Ump lave, pendant ce temps, son linge secret sur la place publique avec un relent de l’époque des avions renifleurs, des diamants de Bokassa ou de la feuille d’impôts de Chaban… Vous savez, ces amabilités que l’on envoie dans une enveloppe blanche anonyme vers une rédaction ou que l’on passe sous la table à un journaliste compréhensif. On perquisitionne les bureaux ministériels puis on se fait une bouffe (à moins qu’on les distribue) dans celui du Premier d'entre eux. On se réconcilie sans être fâché. On se menace pour rien et on se moque en définitive de l’image que l’on donne de la politique.
Le point commun c’est que, dans les deux cas, on est entré dans l’ère des crocs en jambe et des pignes sous la mêlée. Alors, pensez donc que, quand se déroulent les petits meurtres entre amis… la tendance est forte de tourner son regard vers ailleurs pour ne pas voir ce spectacle désolant. Hier je me suis donc tourné vers le petit écran.
UN MENU DE CHEF
A 13 heures sur une chaîne du service au public (ne riez pas !) la joviale présentatrice a concocté, hier, un menu de chef. Elle a ouvert son message au retraité rétif à Jean Pierre Pernaud par un sujet d’une haute importance : la sécurité (2 000 policiers payés par le contribuable) qui seront dévolus à la surveillance de la finale de la Coupe de France entre le PSG et l’OM… Je suis certain que, dans les chaumières de Domrémy, dans les bergeries de la vallée d’Aspe, dans les T4 de Sarcelles ou les lofts de Neuilly on s’est extasié de constater que celui qui avait remis de l’ordre dans un monde du ballon ne tournant plus rond n’était autre que Nicolas Sarkozy. Résultat le Roquet triomphant filmé sous toutes les coutures entre les Présidents des deux clubs sur le perron de la Place Beauvau. Le sauveur du supporteur a même réussi à les mettre autour d’une même table. Un exploit exceptionnel qui devrait lui valoir une nomination au Prix Nobel de la Paix 2006 car c’est autrement plus ardu que de rassembler le chef du gouvernement palestinien et le Premier Ministre israélien ! Un coup de brosse à reluire sur les crampons de Sarko qui, n’en doutons pas, sera au stade samedi soir pour se montrer au bon Peuple qu'il aura sauvé du massacre organisé! Quelle émotion, quel courage, quel tonus…
J’étais à peine remis de cette séquence intense, que notre éminente titulaire d’une carte de presse lançait le sujet suivant : un déjeuner exceptionnel dont le plat principal était la tarte aux gnons ! Un convoi de superbes voitures noires filmé au télé (pas très objectif !) entrant dans Mati…gnon annonçait l’arrivée du Roquet de Neuilly chez son nouveau grand pote Crin Blanc ! L’info était d’importance :  le duo allait manger gratos en tête à tête pour régler un sujet préoccupant pour l’avenir du Pays : Quel salaud (inconnu des deux bien évidemment!) avait bien pu balancer des accusations injustifiées sur le compte de quelques présidentiables ? Vous ne le saurez jamais car personne n’assistait au repas ! En attendant, on revoit Sarko, souriant, détendu sur les marches d’un palais où il laisse s’éteindre à petit feu Galouzeau de Villepin !
Emoustillé par la violence de ces images, je me préparais à découvrir le volet social de ce JT dont même feu Peyrefitte n’aurait pas osé rêver du temps de l’ORTF. Objet du reportage : le rachat par Bouygues des parts de l’Etat dans Alsthom et… le retour du Petit Nicolas en images d’archives scellant tout sourire le sauvetage de l’entreprise nationale en faillite. Juste histoire de rappeler son rôle sur ce pan de la vie publique comme ce fut le cas lors de la crise du CPE.
Au bout du compte : trois séquences dans le même JT pour la même personne présentée dans trois rôles positifs pour trois publics différents ! Qui fait mieux ?
LE CARNASSIER AUX DENTS LUISANTES
Comme le reste du journal n’offrait pas d’opportunités de causer du Roquet de Neuilly je suis passé à autre chose. Hier soir, à 20 heures, en ouvrant la télé avant de repartir vers d’autres préoccupations j’ai eu la chance de tomber sur Nicolas Sarkozy, invité, durant … 22 minutes en direct, par PPDA ! Costume sombre, teint hâlé, le Roquet venait s’expliquer sur son projet de loi extrêmement urgent pour redresser le pays : l’immigration choisie.
Le " carnassier " au dents luisantes comme les lames du poignard de son ambition, sait que ses proies sont derrière l’œil de la caméra : il faut les conforter dans leurs impressions racistes et xénophobes. Et le bougre n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il assume d’autant plus volontiers qu’il sait que chaque mot porte et que le climat est favorable au développement printanier des ses ambitions. Bien évidemment il est chez lui… Bouygues vient de rafler les actions d’Alsthom et d’acquérir un grand cru classé de Montrose : ça s’arrose avec du Sarko qui, malgré la fin des questions de PPDA, poursuit ses conseils à la France de ses amours sans aucune retenue. Il n'est pas venu pour si peu!
Sur France 2 je n’ai pas pu voir s’ils avaient repris les mêmes images du 13 heures… pour ajouter la cerise sur le gâteau ! Ouf en fin de soirée Arlette Chabot,sur cette chaîne, n’avait pas eu l’idée de le convier à un débat susceptible de faire fuir la moindre citoyen lucide. Elle n’avait pas cependant pas oublié de réserver un fauteuil à François Fillon, le meilleur ami du Roquet dont le blog constitue un monument de suffisance personnelle !
2007 : les vrais enjeux " annonçait le bandeau " d’à vous de juger "… Difficile de croire que l’on nous offre la capacité de le faire quand on sème toujours les mêmes graines de l’opinion dominante pour faire germer le chiendent de l’indifférence. En tous cas la télé s’occupe au moins du sort du Roquet de Neuilly. Ce qui doit vous rassurer sur votre avenir !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 27 avril 2006

Il est à peu près certain que dans le face à face entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, l’avenir de l "Europe va s’inviter autour de la table et il serait étonnant que l’adhésion de la Turquie ne surgisse pas au détour d’une question. Ce pays qui a tant préoccupé l’an passé la classe politique française vient en effet d’entrer de plain-pied dans la campagne des présidentielles françaises alors que les médias hexagonaux se gavent ce matin de " pipoleries " consistant à comparer les présences de certains grands intellectuels du show-bizz (Johnny, Bigard, Clavier, Doc Gynéco…) au meeting sarkoziste avec ceux annoncés à Charlety pour demain. Il est vrai que ce qui s’est passé à Istambul, en comparaison avec cette brochette de grands artistes modeleurs de la culture actuelle, n’offre pas grand intérêt. Et pourtant…

La Turquie est en effet en passe de se choisir son Président de la République ce qui dans le contexte actuel revêt une importance fondamentale pour l’avenir même de l’Europe compte tenu de la position stratégique de ce pays sur l’échiquier mondial actuel. Les Turcs ne s’exprimant pas au suffrage universel pour effectuer ce choix vont sûrement basculer dans le camp de la nouvelle donne politique du proche et du Moyen Orient mêlant religion et politique.

Après un premier tour de scrutin vendredi au Parlement, qui n'a pas permis de désigner le nouveau chef de l'Etat à cause du boycottage des députés de l'opposition, un deuxième vote sera en principe organisé mercredi. Le Premier ministre Tayyip Erdogan, qui a finalement renoncé à se présenter à la présidence, et son poulain Abdullah Gül démentent vouloir faire de la Turquie un Etat islamiste. Ils rappellent qu'ils sont au pouvoir depuis près de cinq ans, période marquée par une forte croissance économique, et qu'ils ont engagé les discussions en vue de l'adhésion du pays à l'Union européenne, signe de leur volonté d'ouverture. Mais leurs discours ne semblent pas convaincre dans un pays où la laïcité demeure une valeur fondatrice de l’émancipation du pays.
Issu de la mouvance islamiste, Abdullah Gül, ministre turc des Affaires étrangères, n'entend pas en effet retirer sa candidature à l'élection présidentielle, malgré les pressions de l'armée et une nouvelle manifestation monstre de partisans de la laïcité dimanche à Istanbul. "Le processus (d'élection d'un président) a débuté et va se poursuivre (...). Il n'est pas question que ma candidature soit retirée", a-t-il dit à des journalistes à la télévision ce qui ne laisse planer aucun doute sur l’issue du scrutin qui n’a été que retardée par les parlementaires de l’opposition.
Le Parti républicain du peuple (CHP), principale formation laïque d'opposition, a ainsi saisi la Cour constitutionnelle pour obtenir l'invalidation du premier tour de scrutin vendredi dernier. Cette demande sera examinée aujourd’hui mais on ignore si la décision sera rendue instantanément. Si la Cour donne raison au CHP, Tayyip Erdogan devra convoquer des élections législatives anticipées dans un délai de 90 jours. Le chef de l'Etat sortant, le laïque Ahmet Necdet Sezer, conserverait ses fonctions à titre provisoire dans l'attente de l'élection de son successeur par la nouvelle assemblée. Si en revanche elle donne raison au gouvernement, Abdullah Gül devrait l'emporter au troisième tour, fixé au 9 mai, car alors, il n'aura besoin que de la majorité simple, soit 276 voix, ce que l'AKP peut obtenir sans aucun problème et il en serait terminé du principe ayant permis à Mutafa Kémal, le premier président d’ancrer la Turquie dans la modernité.

DES LAICARDS DEPASSES

Le résultat de la démarche de l’opposition risque d’avoir une importance dépassant largement les frontières turques car rares, très rares, sont les peuples qui s’emparent de la laïcité pour en faire un principe fondateur de leur vie commune. Même en France il semble parfois que l’impact du concept soit en perte de vitesse constante sous la forte influence de la marchandisation du service public d’éducation, la promotion sarkoziste du communautarisme, le rôle souterrain des sectes diverses et variées (au fait quels ont les positions de l’Eglise de Scientologie vis à vis de Sarkozy ?), la montée constante des intégrismes de tous bords. D’ailleurs j’ai souvenir de m’être fait traiter dans une commentaire de L’AUTRE QUOTIDIEN de " laïcard dépassé " en rappelant des principes simples de vie en commun propres à l’état républicain.

En constatant qu’à Istambul, hier, plus d'un million de personnes se sont rassemblées pour clamer leur crainte que l'élection d'Abdullah Gül, le candidat de l'AKP (Parti pour la justice et le développement), qui dispose de la majorité à l'assemblée, ne marque le début de la fin pour la Turquie moderne voulue par Mustafa Kemal, son premier président. Les protestataires agitaient des drapeaux turcs et des affiches portant des slogans anti-gouvernementaux.
"La Turquie est laïque et le restera", a scandé le cortège qui a défilé dans les rues de la première ville du pays. "Tous unis contre la loi de la charia", ont répété les manifestants, en faisant référence à la loi coranique qu'ils refusent de voir imposer un jour en Turquie. "Nous sommes ici pour protéger la République. Nous ne faisons pas confiance à ce gouvernement, nous savons d'où il vient. Ils veulent mettre en place une République islamique" a déclaré l’un des instigateurs de ce mouvement de fond dans un état pourtant parfois méprisé par le reste d’une Europe ayant tendance à voir la paille dans l’œil de ses voisins afin d’éviter que l’on repère la poutre dans le sien.

Les militaires turcs, qui ont mené quatre coups d'Etat en cinquante ans et se considèrent comme les garants sourcilleux des institutions laïques, ont également fait part de leur "inquiétude", dans un communiqué en forme de mise en garde… ce qui constitue tout de même un extraordinaire paradoxe. L’alliance du sabre et du goupillon pour mener des guerres saintes semble réservée à ce grand pays démocratique que sont les… Etats Unis d’Amérique 

FAIRE SAUTER UN VERROU DECISIF

La Turquie posera cette semaine un véritable problème à l’équilibre du monde. Si elle sombre dans le politique religieusement correct elle fera sauter un verrou décisif ouvrant la porte à d’autres événements de ce type. Il est certain qu’il sera ensuite difficile en Extrême Orient par exemple d’éviter des affrontements ou des ambitions reposant exactement sur le même concept. Jamais la laïcité n’a revêtu une telle importance à l’échelle de la planète. Jamais elle n’a été autant malmenée au prétexte qu’elle serait le refuge d’antireligieux fanatiques et arriérés. Jamais la laïcité n’aura autant été le vrai antidote au terrorisme. Jamais elle n’aura pourrant constitué une base moderne des démocraties de demain. Jamais la France n’aura eu autant besoin de rappeler qu’il s’agit au même titre que l’égalité, la liberté et la fraternité de l’un des piliers de son système social. Même si en Turquie la réalité est différente de la nôtre il faut admettre que l’ambition initiale de Mutafa Kémal ressemblait beaucoup à celle des Républicains du XIX° siècle puisqu’il faut souligner que le mot turc Laiklik vient directement du français.

La Turquie, depuis sa Constitution de 1921 (article 2), est en effet un État laïc ; Elle est le seul pays laïc dans le monde musulman. Cependant, la séparation entre les Églises et l'État n'est pas réciproque comme en France ou aux États-Unis. Si les Églises ne peuvent avoir d'influence sur l'État (interdiction du port du voile à l'école publique...), l'État, au contraire, peut se permettre d'édicter des règles en matière de religion. Autre divergence de conceptions, alors qu'en France, la laïcité est une exigence formelle et un principe traditionnel (corollaire, notamment, de la liberté de croyance), elle est en Turquie une exigence d'ordre public, comme l'a rappelé la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Leyla Sahin contre Turquie (2004-2005).

Il sera intéressant de constater à combien de reprises les mots de laïque ou de laïcité seront prononcés dans le débat de mercredi soir et surtout par qui car l’une des véritables divergences entre les deux candidats passent par leur capacité à faire vivre ce concept dans une société dans laquelle l’indépendance de penser est battue en brèche. D’ailleurs il serait éminemment souhaitable de rappeler que pour beaucoup il ne s’agit pas seulement de préserver l’indépendance de l’Etat vis à vis de la religion. Les présences conjuguées de Martin Bouygues et du fiston Lagardère à la grande messe sarkoziste témoignent d’un danger latent beaucoup plus angoissant pour la République. Tous les " papes " ou les " imams " ne sont pas identifiables ! Mais probablement seront nous aussi forts que les Turcs, un jour, quand il sera trop tard, pour aller dans les rues de Paris protester contre la confiscation de cette liberté absolue donnée par la raison et pas par la croyance.

Mais je déblogue…

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 26 avril 2006
Il y a dans, paraît-il, quasiment tous les villages des Pyrénées forcément un homme important. En général sous un grand béret, des yeux plissés et  un visage buriné par l’air pur des montagnes, on trouve un personnage un tantinet taciturne. Il ne parle pas aisément sauf s’il est en confiance et après qu’un ami très proche l’ait incité à se livrer. Il possède le secret, le mystère, la mémoire d’un événement que peu d’autres peuvent compter : il est l’homme qui a rencontré l’homme qui a vu l’ours!
Lui seul peut raconter avec les détails rares, réservés, précieux cette étrange confrontation entre un humain et un plantigrade, comme lui, mais doté d’une force herculéenne. Il a recueilli, autour d’une table, devant une cheminée, près d'un comptoir, ces souvenirs d’une peur ou d’un affrontement ayant forcément tourné à l’avantage du conteur.
Désormais, il faut bien admettre que ce moment précieux appartenant à la fois à la légende et à la réalité sans que l’on puisse en garantir les frontières, devient de plus en plus rare. En effet, depuis des années, lentement mais sûrement, les villageois susceptibles d’offrir, lors d’une soirée, une évocation de ce type, ont disparu. Les raconteurs pouvaient, à partir de ces petits clichés d’antan de chasseurs posant fièrement sur une dépouille amorphe, vous transporter en une époque où la nature ne se concevait pas encore  aseptisée.
Les ours appartenaient donc à un monde fait de peurs, de respect, de domination ou de mort mais surtout conçu autour de la vie sous toutes ses formes. Ils ne peuplaient pas que les rêves des enfants ou ceux des tireurs d’élite. Ils vivaient aux cotés des hommes qui en acceptaient souvent avec désespoir les égarements leur permettant ainsi de se construire des récits héroïques. Or, le climat a radicalement changé : l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours n’a pas intérêt à trop se manifester.
Ainsi l'ours femelle " Palouma " qui devait initialement être relâché hier en début de soirée sur la commune d'Arbas (Haute-Garonne), a été "mis en sécurité et à l'abri, entourée de spécialistes" dans un "endroit tenu secret" (sic) selon les déclarations tenues sur place, par la ministre de l'Ecologie Nelly Olin. A la suite d'une action d'opposants à la réintroduction du plantigrade dans la montagne, l'animal capturé en Slovénie sera relâché plus tard dans la discrétion.
Précisant que l'ours femelle ne serait pas une nouvelle fois anesthésié, la ministre n'a pas voulu donner davantage de précisions sur les conditions du lâcher, qui sera cette fois confidentiel et hors des caméras. Rares sont ceux qui y assisteront car on a cru entendre, hier soir, des coups de feu menaçants démontrant que, dans le fond, on a changé le principe : maintenant chacun veut être celui qui connaît l’homme qui a vu un autre homme tuer l’ours ! Nous vivons dans un grand pays incapable de garantir la sécurité... d'un ours!
NOTRE DETERMINATION RESTE ENTIERE
Cette affaire qui a justement mis en colère le jeune et sympathique maire d’Arbas victime, comme sa commune, du sens de la nuance des hordes chasseresses du plantigrade n’a pas fini d’alimenter une polémique jamais située dans son véritable contexte. " C'est une triste journée", a estimé hier soir François Arcangeli. "C'est une péripétie de plus mais notre détermination reste entière pour accueillir l’ours", a-t-il déclaré, s'interrogeant sur une telle opposition, et avançant qu'en Italie, 10 ours avaient été réintroduits dans un climat bien plus pacifique". J’avoue que son courage et sa volonté m’impressionnent car beaucoup d'élus auraient préféré se ranger sous la bannière de l’opinion dominante représentée par des groupes d’opposants au lâcher disséminés dans la montagne pour affoler la bête haïe.
En fait l’ours appartient aux "morts pour le profit" érigé en argument suprême. Il y a eu, ainsi, en France, une forte volonté d'extermination de celui qui était appelé " un prédateur ", jusqu'en 1960 puis ensuite un laisser faire, un laxisme jusque dans les années 1980. A une époque, il était payé une prime pour toute personne tuant un ours.
De 1942 à 1957, dans les Pyrénées Atlantiques, il a ainsi été tué 17 ours. Il y a donc eu volonté d'extermination jusque vers 1960. La chasse à la " récompense " sonnante et trébuchante a présidé à la première phase de sa disparition. Ensuite est arrivée la seconde et récente période marquée par les " compensations économiques " insuffisantes aux dégâts commis par les " fauves ".
De 1968 à 1996, il y a eu 1193 attaques de l'ours soit en moyenne 41 par an pour 1966 victimes, soit 67.8 par an et 0.1 % du cheptel concerné. C'est moins que la mortalité en estive par accidents, maladies ou attaques de chiens errants. 90 % des attaques de l'ours concernent des brebis et chaque attaque cause la mort de 1.64 ovins en moyenne. Chaque ours a tué 3.4 animaux par an alors que l'homme consomme… 22 Kg de viande par an soit approximativement la valeur d'une brebis. Mais tout cela n’a guère d’importance car le sort du " tueur " est scellé. Il doit être exterminé au nom du principe de précaution !
DIFFICILE D’ADMETTRE DE DEVOIR CHANGER SES PRATIQUES
Les bergers ne sont pas tous hostiles à la réinstallation de " Palouma ". Il en existe un dont la vision n’est pas outrancière. " Le monde agricole a souvent été caractérisé par son immobilisme, son refus de changement. En cela aussi l'ours dérange. Il est difficile d'admettre l'idée de devoir changer ses pratiques pastorales, et pourtant les pratiques ont déjà plusieurs fois changées. Que de différences entre les fruitières d'antan et la gestion actuelle où l'on trouve un pâtre pour 1000 à 2000 brebis, un vacher pour 100 à 300 vaches! N'y a-t-il pas là matière à réflexion, d'imaginer un partage de la montagne avant que celui-ci soit imposé de l'extérieur avec tous les inconvénients que cela induira automatiquement. Apprendre à partager son lieu; avant il y avait un seul utilisateur: l'eleveur-berger. Maintenant il y a l' éleveur propriétaire des animaux, le pâtre de plus en plus souvent simple salarié, le chasseur quelque fois citadin, les différentes formes de tourisme, les différentes catégories de "techniciens" aux conceptions plus ou moins floues concernant les pratiques environnementales de gestion de l'espace, les écologistes plus ou moins intégristes etc... " Ce constat a forcément une résonance particulière dans l’évolution actuelle du monde.
LA PLANETE VERAAIT DISPARAITRE 50 000 A 100 000 ESPECES
Richard Leakey, ancien directeur des services civils du Kenya, célèbre depuis des décennies pour sa défense des grands singes d’Afrique a une position globale sans ambiguïté. Au cours d’un conférence prononcée en Afrique du Sud, il a lancé un chiffre effarant : la planète verrait disparaître entre 50 000 et 100 000 espèces (animaux, végétaux, insectes, poissons, etc.) chaque année. Un chiffre qui serait deux fois plus élevé que ce qu’il avait lui-même estimé, il y a quatre ans. Alors que pèse notre querelle sur l’ours ?
Autant d’espèces qui disparaissent, et c’est la Terre elle-même qui est en péril. Parce que chacune de ces espèces est liée à des dizaines d’autres : soit parce que c’est un herbivore qui sert de garde-manger à un carnivore, soit parce que c’est un insecte qui contribue à l’équilibre entre les plantes et les insectes ravageurs dans une région donnée. Et des espèces qui disparaissent à un tel rythme, on n'a vu ça, selon Leakey, qu’à cinq reprises dans toute l’histoire de notre planète : les cinq extinctions de masse que celle-ci a connu au cours de son histoire, la dernière en date étant celle qui a vu mourir les dinosaures, il y a 65 millions d’années. Autrement dit, "à ce rythme, nous approchons probablement un niveau similaire à une extinction de masse".
Si la tendance actuelle ne s’inverse pas, ajoute Richard Leakey, le monde perdra quelque 55% de ses espèces d’ici un siècle. Une telle catastrophe écologique dépasse en ampleur tout ce qu’on peut imaginer, et ses conséquences sur les espèces survivantes sont impossibles à prédire.
Les dinosaures ne sont plus là pour en parler...et bientôt il n’y aura même plus d’hommes ayant vu l’homme qui n'avait pas vu l’ours pour en parler: il aura disparu! C’est dire si nous sommes menacés… Pas nécessairement par les plantigrades que l’on croit !
Mais je déblogue…
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 25 avril 2006
Cette nuit à 1 h 23 il y aura exactement 20 ans que la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé. La plus grande catastrophe de ce type qu’ait enregistré le monde ne va pas pourtant provoquer immédiatement un vent de panique. Dans la nuit ukrainienne quand la " machine " s’emballe personne ne mesure en effet l’ampleur réelle du drame qui vient de se dérouler.
La catastrophe de Tchernobyl est consécutive à la fusion, par élévation excessive de température, des barres constituantes du combustible d'un réacteur, un des accidents les plus graves qui peut survenir dans une centrale électrique. Lorsque la chaleur produite n'est plus évacuée en quantité suffisante par le système de refroidissement, le combustible se met à fondre, ce qui provoque la libération de grandes quantités de gaz radioactifs. C'est ce phénomène qui s'est produit à Tchernobyl sur le fameux réacteur numéro 4. En quelques secondes le pire événement pouvant se produire dans une telle structure va faire basculer le site de Tchernobyl dans la terreur.
La radiolyse de l'eau a conduit à la formation d'un mélange détonnant d'hydrogène et d’oxygène. De petites explosions en série se produisent, éjectant les barres permettant le contrôle du réacteur. " En 5 secondes, sa puissance a augmenté plus de 1000 fois ". Les mille tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur ont été projetées en l'air et sont retombées de biais sur le cœur de réacteur. Celui-ci a été, dès cet instant, fracturé. Un incendie très important s'est déclaré, tandis qu'une lumière aux reflets bleus se dégageait du trou formé.
PAS SAISI L’AMPLEUR DE LA CATASTROPHE
Il est à noter que les techniciens présents sur place et le directeur réveillé à 1 h30 n’ont pas saisi immédiatement l'ampleur de la catastrophe. Celui-ci appelle le ministère de l'énergie seulement à 4 h en déclarant que " Le cœur du réacteur n'est probablement pas endommagé " alors qu’un gigantesque incendie s’est déclaré. Afin de le juguler, le responsable mobilise simplement les pompiers de la caserne située à 3 km de la centrale. Ils interviennent sur les lieux sans équipement particulier. Au matin, avec un courage totalement inconscient, ils parviennent à juguler les flammes. Gravement irradiés, ils sont aussitôt évacués et mourront pour la plupart dans des conditions atroces dans les jours ou les semaines suivantes.
En fait, ils ne sont que les premiers d’une longue liste de " sacrifiés " qui vont être les pauvres ouvriers envoyés quasiment sans protection récupérer des débris sur le toit, puis les pilotes et mécaniciens des hélicoptères obligés d’aller déverser plus de 80 tonnes de mélanges divers pour tenter de stopper la fusion nucléaire en cours.
C’est une noria réalisée à partir d'appareils militaires de transport. Un millier de pilotes y participeront. Il s'agit de larguer dans le trou béant des milliers de tonnes de sable, d'argile, de plomb de bore… La mission est difficile, car elle revient à lâcher des sacs à une hauteur de 200 mètres dans un trou de 10 mètres de diamètre environ, et le plus vite possible, car les personnes reçoivent des radiations 3000 fois supérieures à la dose maximale tolérée par an en France pour une personne… La véritable catastrophe ne fait que débuter sans que le système médiatique occidental accorde l’importance qu’il aurait fallu à ce que personne ne savait réellement maîtriser.
ON EST POURTANT LOIN DE LA VERITE
Dans les premières heures qui suivent la catastrophe, chacun s’efforce de cacher la vérité. Gorbatchev n'est informé officiellement que le 27 avril. Le rapport qui lui est transmis parle d'une explosion, de la mort de deux hommes, de l'arrêt des tranches 1, 2 et 3. Rien d’autre ! C’est certain l'accident a été totalement sous-évalué. Volontairement ou non!
Dès le 28 avril au matin, une radioactivité anormale est constatée dans une centrale nucléaire suédoise, ce qui entraîne l'évacuation immédiate de l'ensemble du site. Les premières analyses montrent que l'origine de la contamination est extérieure à la centrale et provient de l'Est. On est pourtant encore loin de la vérité. Même sur place on maintient toujours le secret. La population locale n’a pas été prévenue immédiatement et a poursuivi ses activités habituelles plusieurs heures, sans prendre de précautions particulières ni être évacuée.
Le 28 avril les 45 000 habitants de Pripiat sont évacués par l'armée. Ils avaient été informés quelques heures auparavant par la radio locale, qui leur demandait de ne prendre que quelques affaires et leur promettait qu'ils seraient de retour sous 2 ou 3 jours. Ils furent hébergés dans des conditions précaires dans une région, elle-même hautement touchée par les radiations. Les premiers symptômes d'une forte exposition aux radiations (nausées, diahrées, etc.) apparaissaient déjà chez beaucoup d'entre eux. Début mai, 100 000 personnes placées dans un rayon de 30km du site furent évacuées. C’est trop tard beaucoup d’entre elles ont été fortement irradiées et sont condamnées. Lentement le cercle s’est élargi et l’Europe entière est touchée.
LES GAZ BRULANTS RADIOCATIFS SE SONT ECHAPPES
La pression des gaz provenant de la fusion du réacteur a fait exploser la dalle de béton couvrant le réacteur car l'enceinte n'était pas conçue pour résister à une telle pression, si bien que les gaz brûlants radioactifs se sont échappés et se sont condensés dans l’atmosphère pour former un nuage radioactif qui s’est déplacé sous l’effet du vent vers l’ouest et le nord-ouest sur plusieurs milliers de kilomètres pendant les jours qui ont suivi. Les particules radioactives sont retombées sur une large zone géographique couvrant une grande partie du continent. Aucun commentaire particulièrement alarmiste ne met en garde les populations concernées. À l’époque où le nuage survole l’Europe, il atteint notamment la France le 29 avril, les systèmes de détection de la radioactivité encerclant la centrale de Cattenom près de la frontière luxembourgeoise donnent l’alerte, mais le gouvernement français estime qu’aucune mesure n’est à prendre.
Le Professeur Pierre Pellerin éminent spécialiste annonce le 29 avril une élévation générale du niveau général de radioactivité sur le territoire français. L’information n'est pas reprise par la presse que le vendredi 2 mai, tout simplement parce qu'il n'y a pas de journaux… le 1er mai. On attendra ! En fait le nouveau gouvernement Chirac s’installe et a d’autres chats à fouetter !
Le 6 mai, un fameux communiqué de presse du Ministère de l’Agriculture avoue maladroitement : " Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radioactives consécutives à l’accident de Tchernobyl " tout en contredisant cette affirmation dès la phrase suivante: " A aucun moment les hausses observées de radioactivité n'ont posé le moindre problème d'hygiène publique. " C'est la première phrase seule qui sera retenue.
L’ANTICYCLONE DES ACORES
La présentatrice de télévision Brigitte Simonetta a annoncé, dans un bulletin météorologique que la France, était protégée du nuage par l’anticyclone des Açores (sic). Pour appuyer ses dires, elle a fait ajouter un signal " STOP " sur la carte de France au niveau des Alpes. Cependant il s’avère que l’anticyclone s’est déplacé pendant cette période, infirmant la prévision. Il s’en est suivi une polémique, souvent résumée par " le nuage s’est arrêté à la frontière ".
Tchernobyl symbolisera désormais définitivement le " mensonge d’Etat ", celui qui se représente par trois singes avec l’un qui se bande les yeux, l’autre qui se bouche les oreilles et le dernier qui met sa main sur la bouche. La responsabilité des dirigeants de l’ex-URSS est certes engagée mais elle n’est pas la seule.
Le vendredi 25 mars 2005 la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy communique aux parties civiles le rapport qui vient de lui être remis par deux experts, Paul Genty et Gilbert Mouthon. Les conclusions sont accablantes pour le gouvernement français de l'époque : le Premier ministre était… Jacques Chirac. Le porte-parole du gouvernement était… Alain Juppé. Il n'y a pas eu "erreur" de la part de ces autorités, mais bien un mensonge délibéré.
Une évaluation du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), un organe de l'OMS, évoque 16.000 décès par cancers attribuables à la catastrophe, soit 4 fois plus. Deux scientifiques britanniques citent, dans une étude réalisée à la demande des Verts du Parlement européen, une évaluation de 66.000 décès, soit 15 fois plus que les prévisions des Nations unies. Selon les auteurs de cette étude, Ian Fairlie et David Sumner, un total de 3,9 millions de km2 ont été contaminés à travers toute l'Europe par les retombées de Tchernobyl. 
On n'en fera pas une nouvelle affaire d’Etat… pour si peu !
Mais je déblogue
 
Chronique écrite avec la documentation Wikipedia 
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 24 avril 2006
Lorsque, dans quelques-unes de ces chroniques quotidiennes, je parle de " droitisation " de la France, je soulève parfois des commentaires acerbes ou sceptiques de la part des optimistes de service. Ils s’appuient sur les récentes manifestations, la mobilisation contre le CPE , leurs souvenirs des défilés anti FN d’il y a quatre ans. Ils croient au sursaut citoyen, au vote massif pour la gauche des déçus de " l’Umpisme ", à une sorte de purification idéologique de tous les miasmes réactionnaires, racistes ou populistes. Ils pratiquent la méthode Coué de la politique, celle qui consiste à éviter les analyses pour se contenter d’imprécations médiatiques déconnectées d’une réalité qu’ils ne veulent pas ou ne souhaitent pas voir ou entendre.
Or les récents sondages (dont on dit qu’ils ne contentent que ceux qui les commandent) viennent de démontrer l’ancrage fort des idées et du représentant emblématique du Front national. Ils ne semblaient pas tellement s’émouvoir de ces prises de position plaçant le vote FN à déjà 10 % alors qu’en 2002 il était un an à un niveau beaucoup plus faible. Par pur calcul électoraliste Mitterrand leur a en effet appris qu’un vote fort pour l’extrême droite affaiblit d’autant la Droite. Enfin, la tactique était bonne jusqu’au 21 avril 2002 où on a brutalement pris conscience de la dangerosité du procédé quand la Gauche est incapable de se mobiliser fortement.
SI CERTAINS N’AIMENT PAS LA FRANCE…
Le seul qui ait immédiatement réagi sans vergogne et sans aucun complexe n’est autre que le Roquet de Neuilly. Sarko n’a pas laissé aux exégètes le soin de rechercher les causes de ce renforcement de l’impact des idées frontistes. S'exprimant, samedi à Paris, devant les nouveaux adhérents de l'UMP, il a lancé, lui le Ministre de l’Intérieur, garant des libertés républicaines : "Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter". Il a également annoncé son intention d'aller chercher "un par un" les électeurs du Front national et de la "gauche populaire, Parti communiste en tête " conscient que les déçus de la gauche caviar se réfugient eux aussi dans l’extrémisme de droite comme ce fut le cas dans de nombreux scrutins antérieurs.
Tablant sur une année 2006 "passionnante", le président de l'UMP a promis qu'il ne "fuirait pas le débat" sur l'immigration, évoquant notamment un durcissement des conditions du regroupement familial. "Il y a encore quelques années, prononcer le mot et déjà vous étiez un raciste", s'est-il exclamé sous les ovations de militants ravis. "Je n'accepte pas cette pensée unique qui empêche de parler des problèmes (...) Ne pas avoir le courage de parler, c'est faire le lit des extrêmes". Une position tellement proche de celles de ses concurrents sur les territoires délimités par son propos qu’elle a provoqué l’ire de…Philippe de Villiers accusant Sarkozy de plagier de son slogan "La France, tu l'aimes ou tu la quittes". En fait, par cette critique, il a décerné au Roquet son brevet nationaliste de chien de garde et en plus il a enfoncé le clou du lien possible, au second tour, dans 14 mois entre l’Ump et le MPF.
L’INCAPACITE DE LA CLASSE POLITIQUE …
Dans un entretien (1) Jean-Yves Camus, chercheur associé à l'IRIS spécialiste de l'extrême droite pose remarquablement le problème : " …il y a un vivier d'extrême droite et il y a un niveau élevé de sentiments xénophobes dans ce pays. Ce constat est avant tout la conséquence de l'incapacité de la classe politique à tirer les conclusions du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005. Ceci s'explique également par le sentiment très répandu que les carrières des politiques français sont extrêmement longues, qu'ils sont inflexibles. C'est enfin l'impression que la classe politique n'est plus décisionnaire. A force d'entendre que toutes les décisions se prennent à Bruxelles, les électeurs concluent que les politiques français sont inutiles …"
Qu’ajouter de plus à cette réflexion d’une criante vérité et que bien évidemment personne n’entendra car elle remettrait en cause ses propres ambitions. Et si j’ajoute ces remarques que je partage sans aucune modification ont a une idée précise de la gravité du contexte sur lequel il faudrait une " oxygénation " considérable des pratiques actuelles en donnant enfin la parole aux gens du terrain. La distance qu'ils mettent entre la classe politique et eux est véritablement énorme. A force de se sentir ringardisés, de s'entendre dire que leur choix est impertinent, les électeurs se tournent vers celui qui représentent selon eux ces thématiques-là. Jean-Marie Le Pen est le candidat de ceux qui s'opposent ". Lors de leurs interventions publiques les plus ardents défenseurs de Lionel Jospin (une de mes amis m’a interdit de l’appeler Yoyo) ou ceux qui prônaient le OUI au traité européen ne cessent de stigmatiser l’ignorance de ce peuple qui n’a pas reconnu les bienfaits d’un programme non socialiste et qui, par dessus, a refusé d’entrer les yeux fermés dans le système libéral outrancier. En France on garde un mauvais souvenir de l’école quand le maître n’arrête pas de vous marteler que vous ne comprenez rien à rien qu’il est inutile de vous expliquer quoi que ce soit… Pour exorciser ce sentiment coupable de nullité collective, le choix est vite fait : on se tourne vers celui qui maltraite les donneurs de leçons. Et plus ces derniers insisteront et plus ils renforceront la fuite des plus fragiles vers des horizons incertains.
SURFER SUR LES ANGOISSES, LES CONTESTATIONS
Sarko n’a pas attendu longtemps pour s’engouffrer dans la brèche . Il n’a pas besoin de raisonner sur la base d’un idéal ou même d’un programme mais simplement de surfer sur les angoisses, les contestations, les conflits en se prononçant dans le sens de l’opinion dominante. Le contexte mondial renforce la crainte de l’autre et, pourquoi ne pas clairement le dire, de tous ceux qui se réclament de l’Islam. Les déclarations iraniennes, la crise pétrolière, la situation entre Israël et la Palestine, les appels à la Croisade de Ben Laden constituent des événements qui influent sur l’inconscient des gens. Et ce, d’autant plus fort, qu’ils sont isolés, vulnérables et sous forte influence télévisuelle. Le Roquet spécialisé dans les effets d’annonce va multiplier les " phrases chocs " sur l’immigration de telle manière qu’il accrédite fortement ce principe très populaire dont Coluche avait fait un sketch : "  retenez moi où je fais un malheur ! ".
Une manière comme une autre de ne pas être jugé sur les résultats mais seulement sur des intentions. Rares sont en effet les remarques formulées à l’égard du bilan réel de Sarkozy. Quelques statistiques plus ou moins fiables mais concrètement il n’a réglé aucun des problèmes de fond auquel il a été confronté. Crise des banlieues : rien n’a fondamentalement changé ! Décentralisation des responsabilités mais pas des crédits : le fossé entre les besoins et les crédits se transforme en abîme ! C.P.E. : dialogue social promis et retrait simple sans pour autant écouter les propositions ! Immigration : coups d’éclats mais aucune maîtrise réelle ! Tout est à l’avenant mais l’essentiel demeure le relais médiatique qu’ont ses propos.
Il convoque la presse comme Ministre. Si ça ne marche pas, il l’invite comme président de l’Ump à assister à ses réunions nationales diverses. S’il arpente la France profonde sous l’œil des caméras il leur paie le voyage pour être certain que leur rédaction acceptera de les laisser partir. Lui aussi sait que, beaucoup plus que le savoir faire c’est le faire savoir qui compte désormais en politique
Mais je déblogue…
 
(1) permanent.nouvelobs.com
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

REJOIGNEZ NOUS

Inscription à la newsletter

LES "UNES"

Aux commentateurs… Tous les commentaires sont les bienvenus, sauf les propos grossiers, racistes ou hors sujet qui seront exclus.

AU JOUR LE JOUR

Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

Catégories

GRAINS DE SEL

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus