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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Jeudi 31 mai 2007
Plus les jours passent et plus il faut se demander s’il est utile d’organiser des élections législatives les 10 et 17 juin prochains. Les frais engendrés par un tel scrutin sont tels qu’une économie substantielle serait fait par cet Etat appauvri que le gouvernement UMP de de Villepin a laissé au pauvre Fillon. Bercy s’esbaudirait de pareille décision qui éviterait de payer les personnels mobilisés, les frais liés aux démarches officielles alors qu’Alain Juppé pourrait avec jubilation économiser des milliers d’arbres massacrés pour imprimer tracts, programmes, bulletins de vote inutiles. Deux week-ends probablement ensoleillés seraient libérés dont celui de la fête des Pères. Par ailleurs on en finirait définitivement avec une parodie démocratique qui ne satisfait pas des centaines de candidates et de candidats obligés de se coucher tard et de battre une campagne parfois bien désertique. Tout concourt à ce que ces votes soient véritablement une formalité inutile.
Nicolas Sarkozy et tout un système médiatique aux ordres ressassent sans arrêt à leur manière que cette bagatelle est d’ores et déjà réglé. Une simple formalité pour couillons du suffrage universel qui iront confirmer qu’ils sont béatement satisfait de toutes les mesures pas encore prises par un gouvernement style ferme des célébrités et surtout présentées par un Président courant plus vite que son ombre. Extraordinaire pays qui va plébisciter celui qui a comme programme unique : faire ce qu’il a été incapable de faire durant les cinq années antérieures et qui réussit avec les plus grosses ficelles à juguler toute opposition. A croire que la France s’est mise à fumer des joints labellisés UMP… Elle plane.
LA GLOIRE DE L’ETRE SUPREME
Tous les commentateurs cultivant l’opinion dominante vous le répète sur toutes les chaînes de télé, à toutes les heures, en toutes occasions : demain Sarkozy rasera gratis ! Il y pensait, chaque fois en se regardants dans sa glace non seulement au poste qu’il occuperait mais surtout à la manière dont il s’installerait sur ce qu’il faut bien désormais appeler un trône républicain.
Si le 17 juin au soir, 80 % de la représentation nationale d’un pays ayant donné à peine 5 % de voix de plus à un candidat qu’à un autre est monocolore, nous devrons le pays le plus autocratique du monde occidental. Aucun d’entre eux, même pour les moins démocratique, se trouve dans un tel contexte : tous les hauts fonctionnaires (justice, police, finances, administration d’autorité), tous les organismes de contrôle ou de régulation (cour des comptes, conseil constitutionnel, Conseil supérieur de l’audiovisuel, Sénat), tous les grands groupes industriels ou médiatiques seront exclusivement consacrés à la gloire de l’Etre suprême, du Spiderman de la politique. Il ne s’agira même plus de la main mise d’un parti mais celle d’une personne, via des relais, des prête-noms, des complices, des comparses… sur tous les secteurs d’un pays.
Pourquoi aller voter pour les potes de Sarkozy le 10 et le 17 juin ? Inutile. Absurde. Désobligeant. Le résultat a été déjà publié. Le Peuple exulte : il a trouvé son roi. Le moral des ménages français a connu une très nette embellie en mai, l'indicateur qui le mesure grimpant de 6 points à -14, son plus haut niveau depuis 2002, après -20 en avril et -22 en mars, en données corrigées des variations saisonnières, a indiqué l'Institut national de la statistique et des études économiques. La vie est devenue brutalement meilleure avec des places dans les crèches et les maisons de retraite, des prix dans les rayons des supermarchés qui baissent, des enfants ne rencontrant aucun problème d’orientation scolaire, des viticulteurs ne sachant où donner de la tête pour vendre leur récolte, des retraités qui seront exonérés de droits de succession qu’ils ne payent pas, des contribuables non assujettis à l’ISF qui se réjouissent de voir ceux qui ne savent quoi faire de leurs profits en être exonérés, des immigrés ayant eu leurs papiers s’en prendre à ceux qui ne les auront plus… Remarquable. Un véritable conte de fées avec Merlin l’enchanteur à l’Elysée ou mieux un coupage entre Peter Pan et Harry Potter !
UN MORAL DE FER
"C'est l'état de grâce présidentiel !", s'exclame avec délectation Alexander Law, de la société d'études Xerfi, pour qui "il y a bien eu un effet Sarkozy sur le moral des ménages ". Car si le solde entre les pourcentages de réponses positives et négatives reste négatif, il n'a jamais été aussi élevé depuis 2002 (ou depuis fin 2003 si l'on s'en tient au nouveau mode de calcul de l'indicateur). Pour Marc Touati, de l’Association pour la connaissance et le dynamisme économiques), il faut remonter à "juin 1997, lors de l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon" pour retrouver une " telle progression ". Le solde avait alors progressé de neuf points, selon l'Insee. En mai 2007, la quasi totalité des soldes d'opinion composant l'indice ont évolué " très favorablement ", a souligné l'institut. Pourvu que ce ne soit pas un mauvais signe et que Sarkozy ne finisse pas comme Jospin exilé à Malte !
L'amélioration la plus notable concerne l'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution du niveau de vie en France, avec un solde d'opinion qui progresse de 15 points à -2. Les ménages sont aussi plus nombreux à penser que le niveau de vie en France s'est amélioré au cours des mois précédents. Mais où ont-ils vu cette amélioration ? Sur quelles bases objectives repose leur sentiment ?
En hausse depuis le début de l'année, le solde sur la situation financière actuelle des ménages "progresse sensiblement" en mai. Et les ménages se montrent également beaucoup plus optimistes sur les perspectives d'évolution de leur situation financière (solde en hausse de six points).
" Attention toutefois à ne pas tout mettre au crédit " de l'élection présidentielle, nuance Nicolas Bouzou (Asterès), pour qui "l'évolution de la conjoncture économique a aussi joué un rôle", avec notamment la baisse continue du chômage. Le solde d'opinion sur l'évolution du chômage dans les douze prochains mois s'améliore de 17 points en mai et de 30 points sur l'ensemble des deux derniers mois. Le gouvernement n’a pas fait un egste concret et tout va pour le mieux. C’est Majax !
ORANGE Ô DESESPOIR
Il reste à vérifier si cette sensation se traduira pas un tsunami UMP dans les urnes. Alors là aucun doute : 75% des Français (NDLR : vous avez bien lu 75 %, seul Français sur 4 résisterait) pensent que la nouvelle Assemblée nationale comportera une majorité de droite, selon un sondage BVA pour Orange et la presse quotidienne régionale, publié aujourd’hui. Orange ayant été un spécialiste de la diffusion de sondages sensationnels poursuit avec les fonds de ses abonnés une vaste campagne de propagande via les téléphones portables ; Et dire que Bayrou a choisi cette splendide couleur pour porter son message d’espoir. Après le jaune, l’orange deviendra le repère des cocus ! 47% des personnes interrogées souhaitent que la droite soit victorieuse, à l'issue des élections législatives des 10 et 17 juin. 37% voudraient la victoire de la gauche. Ces chiffres concordent avec ceux d'un précédent sondage BVA, des 14 et 15 mai, qui donnait à l'UMP et à ses alliés entre 317 et 381 sièges à l'Assemblée. Inutile de se déplacer dans votre circonscription puisque le verdict sera le même partout. Les législatives, c’est pourtant 577 élections différentes mais… réglées nationalement par les sondages. Une vision scandaleuse qui dénie toute valeur personnelle aux candidates et aux candidats. Une " chèvre " UMP est certaine d’obtenir son billet pour 5 ans au Palais Bourbon… car les sondeurs l’ont adoubé !
BVA relève que cette tendance " s'apparente de plus en plus à un état de grâce " pour le nouveau pouvoir. En effet, 50% des Français estiment qu'avec Nicolas Sarkozy, la société française va changer " plutôt en bien ". 20% seulement sont d'un avis inverse et 25% pensent que la société " ne va pas vraiment changer ". Moins de la moitié des électeurs de Ségolène Royal le 6 mai (45%) s'attendent à une dégradation. Par ailleurs, la majorité des électeurs affirment qu'ils se détermineront avant tout en fonction d'enjeux nationaux (52%), 44% privilégiant… encore les enjeux locaux. Une contradiction de plus dans le sondage car on imagine mal des gens répondre qu’ils estiment que la Droite l’emportera alors qu’ils votent pour le socialiste qu’ils connaissent au quotidien !
Concernant le cumul des mandats, le fait qu'un maire soit candidat aux élections législatives est considéré comme plutôt une bonne chose pour les habitants des villes concernées, aussi bien à droite (70%) qu'à gauche (53%). Ces personnes estiment que leurs intérêts seraient ainsi mieux défendus au niveau national. Dommage pour Ségolène Royal qui en avait fait son cheval de bataille et qui a héroïquement renoncé à revenir à l’Assemblée nationale. Ce n’était pas tendance… et d’ailleurs il est inutile d’aller à l’encontre de l’opinion préfabriquée sous peine de se retrouver marquer au fer rouge de l’échec.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 30 mai 2007
Il y a eu le Nouveau monde découvert par les grands explorateurs mandatés par le Roi d’Espagne. Il y aura désormais le nouveau centre. Les événements sont comparables dans la démarche puisqu’il s’agit de quitter ce qui est vieux et étriqué pour partir pour des aventures lointaines sans réellement savoir ce que l’on peut trouver au bout du chemin. Les " navires " ont un mission identique : aller à la conquête de territoires inédits pour les rattacher à la couronne du commanditaire et ainsi renforcer son pouvoir initial. Il y a certes une part d’inédit dans cette démarche mais elle est ô combien louable. Les équipages recrutés sur de belles promesses ont l’enthousiasme qui sied aux conquérants même s’ils partent avec l’appréhension de se heurter au vide. Durant des semaines ils ont ressassés les arguments hostiles à celui qui les commande. Dans les auberges, les estaminets, les tripots, en public, ils ont clamé le danger qu’il ferait courir à celles et ceux qui lui feraient aisément confiance avant… d’embarquer au premier appel venu. L’appât du gain se révèle en fait plus fort que leur sincérité. Ils ont abandonné leur Christophe Colomb pour tenter de trouver la route de la réussite.
Les députés UDF ralliés entre le samedi et le lundi du second tour des présidentielles à Nicolas Sarkozy ont donc lancé le Nouveau centre, présenté comme "le pôle centriste de la majorité présidentielle", dont les 84 candidats aux législatives affronteront ceux du Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou. Pour présenter ce parti de convenance à la presse, dans les locaux de l’Assemblée nationale, le nouveau ministre de la Défense Hervé Morin était entouré d’une dizaine de députés et de… deux sénateurs beaucoup plus présents car sachant, eux que 2008 passera par là ! Les autres attendent à quai pour savoir ce que donnera le voyage lancé depuis quelques jours. Ils ont mis les voiles mais ils sont encore loin d’être certain que le cap choisi sera le bon. En tous cas ils pensent que Captain’ Bayrou fait fausse route dans l’hypothèse où il aurait une objectif précis à atteindre. Ce qui n’est pas sûr !
Il s’agit d’une "démarche constructive, dans laquelle nous souhaitons entrer pour la durée de la législature qui s’engage", a déclaré Hervé Morin, l’ex-président du groupe UDF à l’Assemblée… et pourfendeur attitré durant des mois de celui qu’il va servir ! "Quand la maison brûle, on ne regarde pas les pompiers agir, on essaie de prendre en charge une partie du fardeau", a-t-il dit, dans une critique implicite du MoDem, engagé selon lui dans "une démarche d’opposition". Le problème c’est que personne n’a osé lui demandé les raisons pour lesquelles la maison brûlait et surtout qui y avait mis le feu. On a souvent vu les pyromanes seconder les pompiers dans leur action et lutter avec un acharnement exceptionnel contre l’incendie qu’ils avaient allumé ou attisé !
BIEN DANS NOS BASKETS
" Nous ne sommes pas des dissidents, nous sommes l’UDF ", a affirmé le député-maire d’Issy-les-Moulineaux André Santini. " C’est François Bayrou qui a décidé, pour des raisons de stratégie personnelle, d’aller sur une trajectoire individuelle. Nous sommes très bien dans nos baskets", a-t-il assuré. On aurait préféré qu’il parle de godillots plutôt que de baskets mais le résultat est le même
Pour expliquer leur position, 18 députés UDF ont signé un texte distribué à la presse, et publié sous forme de tribune dans le journal Le Monde, assurant que leur choix n’est " pas un reniement, ni un ralliement à l’UMP ".
Le député-maire de Rouen Pierre Albertini a pour sa part décidé de ne plus appartenir… à aucun parti politique. L’ex-ministre de l’Education Gilles de Robien n’était pas non plus à la conférence de presse. " Il est avec nous ", a toutefois assuré M. Morin qui lui a piqué sa place de " supplétif " au sein du gouvernement. Il est probable que de Robien s’attendait à davantage de reconnaissance de la part de celui dont il n’avait cesser, bien avantels autres, de louer les mérites de grand commandeur de la flotte d’Occident !
" L’attitude de François Bayrou entre les deux tours, en décidant de se rallier à Ségolène Royal (sic) et en conduisant à un renversement des alliances, a rompu avec les valeurs du centre. Nous entendons les incarner ", affirment les signataires du texte qui ne manquent pas d’audace et qui mériterait une baffe bayrouesque !
Mais alors qu’en l’absence d’alliance le MoDem n’est crédité que d’un faible nombre de députés par les sondages, le Nouveau centre peut en espérer " autour de 25 ", a dit Hervé Morin. Les candidats, inscrits sous l’étiquette PSLE (parti social libéral européen) n’auront en effet pas à affronter de candidat UMP. Ce nouveau parti, qui a lancé hier une campagne d’adhésions notamment sur l’internet tiendra son Congrès constitutif à l’automne, pour notamment définir son organigramme. Ils ont besoin de quelques conseils pour leur avenir. Qu’ils se méfient donc des adhésions par internet surtout si elles sont à 20 € car lors de leur Congrès ils risquent de se retrouver face à des " consommateurs " intéressés mais peu motivés.
CA FERME SA GUEUELE OU CA DEMISSIONNE
En fait ce ne sera pas ce groupuscule qui pourra influer réellement sur la politique sarkoziste. Il fait penser à ces groupies qui ont obtenu in-extremis un billet pour un concert de leur nouvelle idole et qui courent après elle pour obtenir la gratification d’un sourire. Les transfuges savent que, tout au tard, ils devront pourtant rentrer dans le rang selon le fameux principe chevènementiste qu’un " Ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ". Et selon ce que l’on voit déjà de Sarkozy, les ministres ne seront que des chefs de bureau chargé d’exécuter les ordres venus du palais présidentiel. Cette mutation rend toutes les nuances d’une majorité totalement inutiles.
Le Nouveau centre n’est donc qu’une chaloupe de secours empruntée par des capitaines et des officiers plus prompts que les autres à sauver leur poste au moment où le Titanic coule. Bayrou a convoqué la fanfare pour démontrer son héroïsme. Il fait jouer la Marseillaise en illustrant la valeur de référence voulant que le commandant soit le dernier à quitter le bord. Quitte à disparaître avec ses fidèles et le navire. En l’occurrence les autres ont préféré s’en tenir à la règle : les femmes et les enfants d’abord, en l’adaptant aux députés et aux sénateurs d’abord. Ils savent que dans le contexte actuel il vaut mieux ne pas trop jouer aux héros.
La vie politique est bouleversée car elle n’a plus horreur du vide puisqu’elle pratique désormais le trop plein. Le fameux centre du ni droite, ni gauche n’existant pus ce sont des créations permanentes de pseudos partis de défense d’intérêts particuliers qui se fondent.
En fait ils vont s’offrir un luxe incroyable : si Bayrou décide, une fois encore de jouer à Ponce Pilate quand la démocratie est en danger, il leur donnera ipso facto son soutien. Pourra-t-il expliquer encore longtemps que ses troupes sont totalement indépendantes alors qu’il y a fort à parier que certains des survivants qui l’ont suivi en exil seront conduits à solliciter un camp ou l’autre pour survivre. Ira-t-il négocier avec le… Nouveau centre et l’UMP ou préfèrera-t-il hara kiri politique du plus bel effet ?
CE N’EST PAS NOUVEAU
" Chaque fois que quelqu'un abandonne ses idées pour aller se ranger derrière le pouvoir, ce n'est pas nouveau, c'est complètement ancien", a déclaré, François Bayrou, au sujet de ce nouveau mouvement rallié à la majorité présidentielle. "C'est hélas des attitudes politiques que nous avons connues pendant longtemps. Je ne veux pas les qualifier parce que le jugement des électeurs est, lui, très sévère sur ce genre de ralliement et d'abandon de ce qu'on a de plus précieux". Pauvre François Bayrou il croit encore que le Peuple haït les traîtres ! Il ne sait pas encore que dans le fond il suffira d’un bon sondage bien fait pour légitimer ce réalisme… L’idéal ne s’use que quand on s’en sert.
"Je voudrais des députés qui assument leur mission et qui soient capables de dire avec force ce qu'est leur jugement sur des enjeux importants pour l'avenir: franchise pour les dépenses de sécurité sociale, fin de la carte scolaire, avantages fiscaux aux Français les plus riches... Vu l'importance de ces questions, rien n'est plus important que d'avoir des députés libres, pour défendre les Français au sein de l'Assemblée, pour y porter le débat". Il ne lui reste plus qu’à appeler à votre socialiste au second tour… car je ne vois pas quelle crédibilité aurait toute autre position. A moins que certains de ses amis se lancent dans la création du nouveau MoDem !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 29 mai 2007
Selon certaines informations, les députés UMP qui font le tour de conseils municipaux en fin de mandat, auraient la tentation de fêter Noël avant la date officielle. Vêtu du bleu horizon sarkozien, ils dispensent, en effet, avant l’heure des cadeaux virtuels. Les sortants prétendent qu’ils vont transformer en manne providentielle la fameuse " réserve parlementaire " et d’autres osent se recommander d’un ami Ministre pouvant accorder des subventions à gogo. En rencontrant les conseils municipaux ils distribuent avec une ardeur sans pareille les promesses de fonds miraculeux tombant grâce à eux du ciel parlementaire. Bien évidemment ces candidats ajoutent subrepticement que les autres n’auront pas les appuis nécessaires pour obtenir de pareils subsides.
Il faut bien avouer que, dans une situation de pénurie, cette transformation en mécène providentiels des parlementaires attire quelques convoitises. Elle illustre surtout la déliquescence de la vie politique qui relève désormais de l’alchimie moyenâgeuse supposée pouvoir transformer le plomb de l’indifférence en or pour cassettes royales. Le reste est vite passé par pertes et profits puisque la seule véritable passion de la société actuelle c’est le profit immédiat qui a été érigé en valeur référence. Tout le monde s’adapte donc avec plus ou moins de plaisir à cette chasse au trésor permanente.
Quand, dans une réunion, on veut parler " politique " à droite comme à gauche on est vite contraint à remballer ses arguments. Il faut surtout ne pas parler de l’adversaire et ne pas le critiquer publiquement sous peine de rompre ce climat paisible voulant selon une phrase célèbre de Jean Yanne que " tout le monde il est beau, il est gentil ! ". La campagne électorale relève du jeu de pistes pour boys scouts toujours prêts à effectuer une B.A. Si elle est financière elle est estimée. Si elle est tournée vers les valeurs elle ne passionne que quand elle a trait à une somme particulière. Pour impressionner, les vieux routiers du Palais Bourbon sortent alors de… leur réserve. Ils saupoudrent ces crédits d’état dont personne ne sait véritablement comment ils sont attribués si ce n’est par la seule vertu du " copinage ". Quelques-uns d’entre eux plus habiles que les autres, publient sur leur site les heureux " gagnants " et ils le font avec d’autant plus de plaisir qu’ils ont eu le plaisir d’en donner à leurs adversaires du jour !
LE FAIT DU PRINCE
Ce système pose pourtant les stigmates d’une organisation opaque relevant de ce que l’on appelait autrefois le " fait du Prince ". Tous les crédits non affectés dans les Ministères, tous les fonds plus ou moins secrets relèvent également de cette propension française à ne rendre aucun compte réel de la gestion publique si ce n’est à constater qu’il faut qu’ils soient dépensés pour être renouvelés l’année suivante. Il est par exemple certain que des parts importantes de certaines campagnes électorales présentes sont financées sur ces " comptes occultes " mais nul ne protestera véritablement en sachant que la règle d’aujourd’hui fut celle de hier. Billets d’avion ou de TGV, repas ou buffets divers, imprimerie surfacturée… constituent des avantages précieux quand il s’agit de communiquer avec les électrices et les électeurs peu informés du système. Ils ne voient que le résultat et surtout ils se félicitent de la débrouillardise de leur élu qui débusque des fonds inédits !
Quel est par exemple le point commun entre les réverbères d'Alba-la-Romaine, le centre petite enfance du canton de Pompey, l'orangerie du château de Grouchy, les posters de l'hôpital pour enfants de Nancy et la piscine de L'Isle-Adam ? la nouvelle salle de judo de Créon , l’école de Saint Germain du Puch ? Tous ont été partiellement financés par la "réserve parlementaire", véritable manne républicaine.
" C'est un pouvoir de subvention donné aux élus", explique un conseiller du ministre de l'Intérieur pour les relations avec le Parlement. Chaque année, quand elles votent le budget, les deux chambres s'allouent en effet des crédits d'investissement : environ… 90 millions d'euros pour l'Assemblée nationale et seulement… 55 pour le Sénat. Ces sommes sont ensuite réparties entre les groupes politiques.
UN CIRCUIT AVEC BEAUCOUP D’EMBUCHES
Pour en faire bénéficier les communes et les associations de leur circonscription, les parlementaires doivent constituer un dossier, qu'ils confient au président de la commission des Finances de leur assemblée ou au rapporteur général du budget, lesquels le transmettent au ministère concerné - l'Intérieur, le plus souvent. " La réserve suit les mêmes règles que n'importe quel autre crédit, souligne Gilles Carrez, rapporteur général du budget au Palais-Bourbon. Avec la même rigueur et la même transparence. " Chante beau merle… Qui pet croire en une telle affirmation ? Surtout pas celles et ceux qui savent comment sont traités les dossiers !Tout n'est pas si simple en effet.
Gilles Carrez et Pierre Méhaignerie, président sortant de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, ont beau se présenter comme de simples " passeurs ", ils effectuent bel et bien une sélection. " Tout le monde n'a pas ce qu'il souhaite, reconnaît par un questeur de l'Assemblée. C'est pourquoi il existe plusieurs relais, qui sont autant de facteurs équilibrants. " En effet, si un député peut s'adresser directement aux membres de la commission des Finances, il passe le plus souvent d'abord par le président de son groupe ou celui de la commission dont il fait partie.
Le fonctionnement de la réserve est méconnu de bien des élus qui ne savent pas l’utiliser à leur profit. Ainsi certains ignorent totalement qu'elle est gérée par la commission des Finances et croit que, comme lui, tous les députés bénéficient chaque année de 100 000 € forfaitaires. Des "bizuts" ignorent parfois même son existence. " Il faut se renseigner, être tenace ", explique un habitué des bancs du Palis Bourbon. Pascal Terrasse, député PS de l'Ardèche, qui n'a pu dépasser 40 000 €, s'estime, lui, bien servi pour un membre de… l'opposition.
" La réserve se démocratise depuis une dizaine d'années; elle devient plus accessible au député lambda ", se félicite l’autre socialiste Didier Migaud, rapporteur général du budget à l'Assemblée de 1997 à 2002. Pour Claude Gaillard, une certaine équité règne: " La présence dans l'hémicycle, le travail fourni en commission, les responsabilités sont des critères de choix, au même titre que l'importance du projet. " mais on sait bien que les copains sont servis d’abord dans une Assemblée dans laquelle si on se tutoie on se fait aussi bien des crocs en jambe.
Le Sénat, lui, préfère rester discret sur sa réserve. Il est vrai qu'elle fournit aux sénateurs, vis-à-vis de leurs principaux électeurs - les maires - un argument de poids... qu’ils utilisent dans une discrétion totale.
LES COCUS DE LA DEMOCRATIE
En fait ce système discrétionnaire permet ainsi de contourner les dispositifs classiques de l’état républicain. Une association ou une commune peut avoir, par exemple, un dossier refusé car n’entrant pas dans les critères de l’Etat et le voir revenir approuvé via la réserve parlementaire. Il est à l’image de notre pays qui doit être, derrière l’Italie, celui du contournement de la règle le mieux organisé. Le phénomène s’amplifie comme par exemple avec les dérogations attribuables dès la rentrée à la règle de la carte scolaire. Bientôt il ne sera possible d’obtenir son dû que par exception personnalisée à la règle générale faite pour les " cocus " de la démocratie.
Malheur à celui qui respecte les lois, les décrets et les normes car il se condamne lui-même à des échecs retentissants. Par contre gloire à celui qui bénéficie d’un passe-droit pour un boulot, un logement, une construction, un achat… il est respecté et respectable au prétexte qu’il sait de débrouiller alors que le pauvre couillon végète dans la file d’attente.
Même si cette affirmation va faire bondir celles et ceux parmi vous qui ne jugeaient pas l’actualité comme moi, je prétends que l’élection de Sarkozy repose en grande partie sur sa propension à s’affranchir de toutes les règles habituelles, de toutes les conventions antérieures. Il le sait et il accentue avec plaisir cette volonté de transgresser comme tout un chacun le protocole. Ce soir il tiendra par exemple meeting pour la campagne des législatives signifiant clairement qu’il n’est pas le Président de tous les Français mais celui de l’UMP. Il sait que cette montée au créneau est totalement inutile mais il se l’offre comme un nouveau défi aux habitudes établies.
Une seule question : l’organisation de cette réunion sera-t-elle imputée à la campagne des candidat(e)s présent(e)s dans la salle comme le veut la règle ? Sera-t-elle payée ultérieurement via la réserve parlementaire ou les crédits non affectés du Ministère du développement durable du sarkozisme ? Les déplacements figureront-ils dans les aides reçues par l’UMP comme ce fut le cas pour des voyages payés en liquide par une main secourable en d’autres temps ? Peu importe diront les admiratrices et admirateurs de " Sarkoléon " lui, au moins, il ne s’embarrasse pas de formalités !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 28 mai 2007
Dans la vie sociale il y a toujours les vrais problèmes et les fausses solutions. En général on recherche à régler les premiers avec les secondes et comme ça ne marche pas on décide de transformer le tout en préparant une réforme superficielle à laquelle on attribue son nom. La technique ne varie pas quel que soit la tendance du gouvernement en place. Il faut d’abord créer une mission ou un " groupe de réflexion " ce qui permet de nommer un de ses proches " chargé de mission " et de décaler les mesures à prendre quelques mois après. Malgré les apparences ce mode opératoire a encore de l’avenir puisque, jour après jour, les flamboyantes envolées initiales du gouvernement se transforment en probables ajustements circonstanciels. Ainsi, après être parti plein gaz dans l’effet d’annonce sur la carte scolaire, le Ministre de l’Education nationale, nommé pour ne pas avoir donné a majorité à Sarkozy dans sa bonne ville de Périgueux, s’aperçoit qu’il y a encore du chemin à parcourir.
Certes il est incontestable que le système actuel d’affectation dans les établissements du second degré n’est pas parfait. Nul ne songerait à le contester et surtout pas celles et ceux qui se débrouillent pour en contourner les effets présumés néfastes. En fait encore une fois pour une minorité agissante contournant les fondements d’un règlement mis en place pour garantir une orientation aussi égalitaire que possible. Bien évidemment plutôt que d’effectuer une analyse objective des dysfonctionnements constatés, on a effectué des déclarations de principe mettant à mal le concept lui-même. Tout le monde sait en effet que ce n’est pas la " carte scolaire " qui est contestable mais plutôt deux aspects très différents impossibles à estomper : les fameuses options et le domicile. En fait ce sont ces deux paramètres qui faussent la fonctionnement réel du système actuel. Et il ne faut pas être inspecteur général de l’éducation nationale pour savoir que c’est en trichant sur l’un ou l’autre des paramètres que les familles, voulant que leur géniale progéniture aille dans un collège ou un lycée plutôt qu’un autre, obtiennent satisfaction. C’est l’inégalité totale qui s’est installée puisque les élèves bénéficiaires des " dérogations " sont celles et ceux qui ont le meilleur niveau et dont les parents ont pleinement conscience des enjeux. Dans la pratique, les obstacles pour y arriver sont nombreux. "Actuellement, la carte scolaire - principe selon lequel un enfant est inscrit dans un établissement en fonction de son lieu d'habitation - ne concerne que les familles des milieux populaires, ceux qui y dérogent le plus sont les personnels de l'Education nationale et les journalistes !", explique Bernard Toulemonde, ancien inspecteur général et spécialiste du dossier de l'enseignement privé au ministère entre 1981 et 1984.
Ils savent en effet aussi ces fans de la réussite à tout prix qu’ils ont encore la possibilité de choisir un établissement privé sous contrat qui se moque totalement du critère " domicile " et qui sélectionne soigneusement via les options sans connaître de problème de nomination. Avant de détruire le principe même de la mixité sociale appliquée aux établissements d’enseignement général il vaudrait mieux examiner la carte des options ainsi que celle du recrutement propre à chaque établissement et on s’apercevrait très vite que les deux paramètres sont… que théoriquement ajustables.
UNE EXPERIMENTATION ABANDONNE IL Y A 20 ANS
Bernard Toulemonde connaît bien le dossier. Entre 1981 et 1987, à la demande d'Alain Savary, ministre de l'Education (selon moi le meilleur ministre qu’ait eu l’éducation nationale depuis 50 ans) à l'époque, il a conduit une expérimentation de l'assouplissement de la carte scolaire dans cinq départements. Il est apparu dans cette expérimentation, abandonnée depuis, que "seulement" 10% des parents avaient demandé un changement d'établissement et que les principaux demandeurs étaient issus des classes favorisées. Plusieurs ministres ont voulu ensuite s'attaquer à la carte scolaire", relate Bernard Toulemonde, mais ils ont vite abandonné l'idée de la réformer en profondeur, pour des raisons financières et toujours d'actualité.
Par exemple, choisir son collège implique des réaménagements et des financements que ne maîtrise plus l’Etat: "un collège qui sera très demandé à cause de la désectorisation devra faire des travaux ou assurer les transports scolaires", détaille Bernard Toulemonde. Or depuis la loi de décentralisation de 2004, la sectorisation ne relève plus de l'Etat mais des conseils généraux pour les collèges. Donc si un département refuse de désectoriser, les autorités ne pourront pas l'y contraindre, assure le spécialiste. On aura le même problème avec les lycées et les régions qui seront toutes d’accord pour reconstruire des établissements qu’elle vient tout juste d’ajuster aux effectifs.
Qui va imposer à une collectivité territoriale de créer des locaux pour recevoir des élèves qui auront fait des choix personnels que les autres n’auront pas pu ou pas su faire. Comment justifier l’inflation de certains collèges ou lycées alors que par ailleurs on s’accorde à reconnaître qu’au-delà de 600 élèves pour les uns et 1500 pour les autres ils deviennent des entités délicates à gérer.
UNE FAUSSE LIBERTE
"J'attends de voir comment la suppression de la carte scolaire, peut marcher car je ne vois pas dans ce que propose le ministre les réponses au problème qu'il pose", a réagi Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Il affirmé que la désectorisation totale serait " une fausse liberté pour les familles car celles qui vivent dans les conditions les plus difficiles ne bougeront pas à cause des transports et des moyens ". Comment veut-on par exemple qu’une famille choisisse vraiment pour son enfant un collège différent de celui qui est déjà parfois à 15 kilomètres de son domicile ? A Paris, dans les grandes agglomérations les conséquences ne seront forcément pas les mêmes que dans les zones rurales ou péri-urbaines dépourvues de tout système souple de transports collectifs de proximité.
Il serait préférable, avant toute modification, de discuter de ces secteurs géographiques déjà totalement abstraits et rappeler que depuis le 1° janvier 2006 ce sont les Conseils généraux qui déterminent les territoires des collèges puisqu’ils financent en grande partie le ramassage qui les " ravitaille " et qu’ils doivent en gérer les évolutions démographiques. Le Créonnais a vécu lors de la rentrée 2006-2007 une situation illustrant parfaitement ce qui découlera de cette mesure de désorganisation territoriale de l’enseignement secondaire avec un redécoupage du secteur ayant généré de vives réactions de la part de parents refusant que leur enfant aille dans un collège de banlieue plus proche, totalement rénové et obtenant d’excellent résultat. Bien évidemment les élus UMP se sont emparés de cette situation en prétextant que cette décision allait générer un départ massif des collégiens potentiels vers le privé alors que dans d’autres commune il n’y a eu aucun problème. En fait on constate que la mixité sociale ne constitue pas un obstacle réel à la réussite scolaire alors qu’à l’inverse les ghettos condamnent celles et ceux qui y sont enfermés.
NEGOCIATON AU CAS PAR CAS
Une concertation départementale sur les secteurs de recrutement reposant sur la taille des établissements, les moyens mis à leur disposition, les options possibles constituerait une avancée bien supérieure à celle de la suppression des critères actuels. Cette négociation pluriannuelle établissement par établissement, validée par les conseils d’administration, permettrait de mettre fin aux ratios, aux a priori, aux fuites ou aux afflux intempestifs.
Pour Faride Hamana, président de la fédération de parents d'élèves FCPE, qui revendique 325.000 adhérents, la suppression de la carte scolaire entraînera " la possibilité d'être librement choisi par le chef d'établissement sera la voie ouverte au règne de l'arbitraire ". En effet il semble que, pour une première étape, à la prochaine rentrée, les demandes de dérogations seraient laissées au chef d’établissement qui pourrait les accepter ou les refuser. On irait vers une véritable " marchandisation " déguisée en introduisant de fait la concurrence dans le secteur public.
Inutile de prévoir car actuellement tout le monde espère, sur n’importe quel sujet, obtenir une dérogation. On ira voir le Maire pour qu’il intervienne ou le député pour qu’il intercède créant ainsi une éducation nationale pour deux mondes différents : celui des " contraints " et celui des " libres ". C’est vrai que c’est déjà le cas mais à un degré pas si alarmant qu’on se plait à la croire. Il s’agit bien d’un débat élitiste qui illustre la volonté de s’intéresser au sort de certaines catégories sociales avant de plancher sur le véritable problème : quels moyens sont mis à la disposition des établissements pour bien accueillir tous les élèves qui doivent le fréquenter ?
Selon une étude de l'Ifop que publie Ouest France, les Français sont à 54% favorables au maintien de la carte scolaire et 43% prônent sa suppression. Pour une fois un journal honnête donne un résultat honnête. Darcos en tiendra-t-il compte ou demandera-t-il un autre sondage pour inverser une tendance ? Il va d’abord créer un groupe de travail pour savoir si une adaptation de la carte scolaire va conduire à la loi de la jungle scolaire, à l’anarchie arbitraire ou à une prime à la réussite par la combine… et désigner un transfuge de la gauche pour s’en occuper. Il faut bien qu’un fonctionnaire fasse le sale boulot. A suivre.
Mais je déblogue…
 
JE VOUS AVAIS PREVENU MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU
Alors lisez cette chronique et allez sur
le blog temps réels
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 27 mai 2007
A de multiples reprises ces chroniques ont tenté de démonter le véritable système médiatico-politique de manipulation de l’opinion via des relais de plus en plus complaisants mis quotidiennement en place par un pouvoir aux multiples facettes. Impossible de lutter face à ce tsunami quotidien qui s’abat via les postes de télé, les ondes des radios et les unes des journaux sur un pays qui serait en extase. L’irrationnel a pris le dessus. Le premier ministre commente ainsi durant de longues minutes à la tribune d’un meeting politique le drame que vivent les employés de l’Elysée peu habitués à voir un Président de la République en short gravir les marches du sacro-saint perron. Les analyses fortes déferlent sur les week-ends familiaux du Président au fort de Brégançon. On repasse en boucle les images de maman et la tribu issue de 3 mariages différents comme une illustration du penchant présidentiel pour… la libération des mœurs née de mai 68 ! La religion catholique pourtant parfois invoquée comme référence sociale et dont les adeptes ont semble-t-il majoritairement voté au second tour pour celui qui l’incarnait le mieux par les valeurs travail, famille, patrie n’y retrouve pas ses principes. Peu importe. L’état de grâce prend ses racines dans des images symboliques mais jamais dans une réalité effective.
Pour accentuer cette sensation d’une nouveauté ébouriffante totalement déconnecté des véritables préoccupations des gens on gave le pays de sondages. Il adore savoir à l’avance comme il le fait chaque matin en regardant son horoscope ce qui va lui arriver sans qu’il ait à faire l’effort d’avoir à choisir. Quand il faut masquer ce qui fâche on le sait depuis des siècles, il faut offrir du rêve. Le Sarkozisme se résume à une mutation fondamentale de la vie sociale : on ne propose même plus de promesses électorales mais on distille du rêve électoral. Il s’étale chaque jour sous une forme nouvelle de telle manière que l’on puisse s’en approprier la part qui convient à chacun.
Même les empereurs romains l’avaient déjà compris en promettant du " pain et des jeux " à celles et ceux qui contestaient parfois leur pouvoir absolu. Une variation démocratique se met en place avec d’autres symboles : le Fouquet’s, le yacht, le jet privé, le soleil, la Résistance, les visites tous azimuts, un gouvernement style " ferme des célébrités ". Pas une minute de répit. La machine produit un ou plusieurs événements par jour conforté par une annonce plus ou moins incertaine mais présentée comme celle que fit l’archange Gabriel à Marie ! Autant de rêves inaccessibles que le Président procure aux autres par télé interposée. Plus les gens sont pauvres plus ils rêvent de vivre comme les riches et plus ils admirent ceux qui y arrivent ! Surtout dans une société du profit roi.
LA TECHNIQUE DE LA PSEUDO REVELATION
Il faut ensuite transformer en vérité cette impression permanente des esprits. L’astuce relève de la plus élémentaire des techniques de propagande : celle de la pseudo révélation. Les gens aiment en effet qu’on les conforte en permanence dans le fait qu’ils ne se trompent pas. Ils adorent la révélation que les idées qu’ils n’osent pas formuler sont celles du plus grand nombre. La bible politique ne contient plus les évangiles selon Marx, Engels ou Mao mais repose sur le sermon dominical du Journal du Dimanche (JDD pour les initiés) qui diffuse les sermons selon Saint IFOP, Saint CSA, Saint OpinionWay ou selon Saint . Tenez ce matin dans toutes les chapelles médiatiques on va vous prêcher la raison : comment peut-on encore être hostile à Sarkozy alors qu’il est adulé par une France en extase !
Voici comment d’ailleurs vous sera annoncé, mot à mot, la révélation : Nicolas Sarkozy enregistre une cote de popularité de 65%, selon un sondage Ifop réalisé pour "Le Journal du Dimanche". Seul le général de Gaulle a fait mieux lors de son arrivée à l'Elysée, il y a près de 50 ans ! Le nouveau chef de l'Etat, qui a pris ses fonctions le 16 mai, obtient une cote de satisfaction totale de 65% - 23% très satisfaits, 42% plutôt satisfaits - auprès des personnes interrogées dans cette enquête réalisée du 18 au 26 mai. En juillet-août 1958, après son retour au pouvoir, Charles de Gaulle avait obtenu 67%, et 61% en janvier 1966 après sa première élection au suffrage universel pour un second mandat.
Les autres présidents de la Ve République ont lors de leur arrivée à l'Elysée et dans l'ordre chronologique obtenu les cotes de popularité suivantes : Georges Pompidou 54%, Valéry Giscard d'Estaing 44%, François Mitterrand 54% (à la fois en 1981 et 1988), Jacques Chirac 59% en 1995 et 51% en 2002.
De son côté, François Fillon enregistre une cote de popularité de 62%, selon le même sondage. Seul Alain Juppé a fait mieux en tant que nouveau Premier ministre de la Ve République, en 1995. Le locataire de Matignon est, d'après cette enquête, nettement plus populaire au même stade que son prédécesseur, Dominique de Villepin, qui avait obtenu 44% d'approbation il y a deux ans.
UN PRESIDENT DEJA BEATIFIE
A titre de comparaison, le prédécesseur de ce dernier, Jean-Pierre Raffarin, avait eu un score de 60%, le socialiste Lionel Jospin, en 1997, 47% et Pierre Mauroy, premier chef de gouvernement du président François Mitterrand en 1981, 53%. Après cela comment voter autrement aux législatives pour un autre parti que celui de ce président " béatifié " par une opinion tellement dominante ? Quels sont les idiots, les benêts qui ne voient pas dans cet avènement un espoir pour le peuple ? Qui ne rêvera pas d’être dans l’église UMP pour être protégé des foudres divines ? La machine sarkoziste carbure au sondage et elle a l’immense avantage d’avoir les moyens financiers de les susciter, de les offrir et surtout ensuite de le relayer.
Dans le camp adverse on semble hypnotisé par ce déferlement et on annonce déjà la défaite. Empêtrés dans des querelles byzantines sur l’élection du " pape " les agnostiques du sarkozisme donnent un piètre image : ils accréditent dans tous leurs discours la thèse portée par les sondages. Ils admettent implicitement la défaite en parlant " d’opposition ", comme si la perspective d’une victoire les effrayait. Ils font le dos rond avec l’espoir qu’individuellement ils échapperont au ras de marée en se repliant au sommet de la tour de leur " château. ". Il est vrai que les bannières ont été rangées depuis longtemps et que de là-haut ils scrutent l’horizon pour espérer voir arriver des renforts encore hésitants sur la direction à prendre.
Les uns veulent négocier un accord à tout prix. Les autres souhaitent attendre un ralliement de fait. Plus que jamais un improbable plan d’urgence semble s’imposer pour tenter d’écorner le syndrome de la fatalité qui s’installe. ce matin Laurent Fabius a senti que la nature avait horreur du vide, même si hier Ségolène Royal a fait des offres pour en combler une partie, celle qui lui convient. Il est lui aussi passé par la JDD pour exprimer sa rage de voir le combat ne pas être menée alors que rien n’est véritablement perdu. A moins que la défaite programmée arrange celles et ceux qui veulent débarquer le plus vite possible le " général " actuel pour lui piquer sa place après une déroute.
DENONCER D’UNE MÊME VOIX LA PROPAGANDE
Je parcours la France pour soutenir de nombreux candidats socialistes, et je sillonne ma propre circonscription. Partout, je sens monter chez nos concitoyens, et d'abord chez ceux qui ont le cœur à gauche, de l'exaspération et même une certaine colère. A quinze jours du premier tour des législatives, ils nous demandent avec force deux choses : pas de divisions, mais de l'unité ; pas de défaitisme mais de la combativité. Une élection n'est pas perdue ou gagnée à l'avance. Le résultat est affaire de volonté et de pugnacité.
Les Français n'ont que faire des querelles internes du PS et des positionnements. Ils veulent nos propositions pour l'emploi, l'école, la santé, le logement, les services publics, l'environnement, l'Europe sociale. Ils veulent que nous dénoncions d'une même voix la propagande gouvernementale, l'augmentation de la franchise sur les soins médicaux qui va priver les moins favorisés de l'accès aux soins ou encore le contrat de travail unique, sorte de CPE généralisé, qui risque un peu plus de précariser la vie.
Je suis d'un naturel courtois et mesuré. Mais là, compte tenu de l'urgence, c'est non seulement d'un appel à la raison mais d'un véritable coup de gueule qu'il s'agit. Je demande aux dirigeant(e)s socialistes combativité et unité.
Le PS appartient à tous ceux qui ont besoin d'une gauche forte pour faire progresser notre pays et pour défendre leurs droits. J'espère, enfin, être entendu. "
La diatribe vient des tripes mais a peu de chance d’être entendue autrement comme le barrissement d’un éléphant que l’opinion veut absolument conduire vers le cimetière. Et pourtant il vaudrait mieux se rendre compte que la nouveauté ne s’impose qu’avec du temps et qu’en attendant pour expédier les affaires courantes les grognards peuvent encore tenir la baraque.
Ségolène Royal, qui a reconnu avoir entendu parler de démobilisation, n'a pas dit autre chose en affirmant que "les électeurs ne doivent pas rester chez eux . Il est important que Le mouvement de fond qui s'est lancé aux présidentielles, cette énergie, cet enthousiasme se transforment aux législatives", a-t-elle dit. "Quelque chose s'est déclenché qui ne doit pas s'arrêter", a-t-elle ajouté. Ségolène Royal a dit voir dans le scrutin législatif des 10 et 17 juin "un enjeu démocratique majeur pour que tous les pouvoirs ne soient pas dans les mêmes mains", allusion à une possible victoire écrasante de l'UMP prédite par les sondages. Allez, chiche, tout le monde sur le pont… car le désir d’avenir de bien des gens passe encore par le 10 et le 17 juin. Après il sera trop tard !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 26 mai 2007
Trois jeunes filles corses ont tenté de mettre fin à leurs jours. Ces faits ont affolé la France qui a semblé découvrir un phénomène pourtant de plus en plus courant mais dont on ne parle pas. Voici une chronqiue sur le sujet publiée il y a un an. Je ne retire rien car cette information n'a fait que mettre en lumière un mal profond qui m'inquiète beaucoup. 
 
 
 
Il existe encore des sujets tabous dont il ne faut absolument pas évoquer la réalité sous peine de se voir taxer de pessimisme exagéré. Et, comme beaucoup des gens de mon entourage, m’accusent de voir la vie en noir (elle serait superbe et généreuse) je refreine mes chroniques moroses. Pourtant, ce matin, je suis bien obligé d’évoquer un sujet qui me préoccupe beaucoup et dont le contenu ne dopera pas l’audience de L’AUTRE QUOTIDIEN. Bien au contraire. Car il est toujours extrêmement délicat de mettre sur la place publique un pan entier de la société dont on ne cause guère.
En effet, depuis seulement dimanche matin sont par exemple arrivés sur mon téléphone portable, trois messages des sapeurs-pompiers relatifs au nouveau fléau des temps présents : le suicide !
En posant des radars automatiques sur le bord des routes " rentables " le gouvernement a enrayé, semble-t-il, la montée de la moralité due aux comportements irresponsables d’automobilistes touchés au porte-monnaie. Le nombre des victimes aurait baissé en 2005. Mais pour les autres grands sujets dramatiques de la vie, circulez il n’y a rien à voir et ce n’est pas … rentable !
FAITS VERITABLEMENT TRAUMATISANTS
La situation n’a rien pourtant de comparable entre les nombres loués par la Prévention Routière et ceux de ce que l’on appelle, dans le langage spécialisé, les T.S. (tentatives de suicide) ou les tentatives réussies car on se garde bien d’effectuer des statistiques précises sur le sujet. C’est la meilleure manière d’éluder le problème : ne pas l’identifier ! Ainsi les interventions des services d’urgence ne comptabilisent pas concrètement ce phénomène.
Tout le monde s’efforce de fausser les pistes pour qu’aucun tableau précis condamne une évolution sociale génératrice d’atteintes individuelles plus ou moins irréversibles à son intégrité physique.
Quand je lis, par exemple, sur une fiche d’intervention du centre de secours: absorption de médicaments ou assistance à personne je décode une triste réalité dont je suis ensuite prévenu oralement. Depuis le début de la semaine, pas moins de 3 sorties sur Créon, ont été consacrées à ces faits véritablement traumatisants pour les personnes ressources qui, discrètement, en ont connaissance.
L'incidence annuelle des T.S. n’a donc encore jamais pu être véritablement estimée. Il y a quelques années l'INSERM, seulement à partir de diverses enquêtes épidémiologiques, surtout hospitalières a effectué une évaluation. Elle serait de 2 à 2,5 pour 1000 habitants de 15 ans et plus, soit entre 90 000 et 115 000 tentatives de suicide chaque année en France. Mais il s'agit là d'une estimation minimale, dans la mesure où elles ne sont pas systématiquement recensées et où, un certain nombre d'entre elles, ne nécessitent pas une hospitalisation.
Le nombre de décès par suicide a cependant connu, en France, une augmentation importante au cours des vingt dernières années pour se stabiliser actuellement aux alentours de 12 000 par an. Depuis le début des années 80, il y a plus de décès par suicide que… par accident de la circulation sans susciter de campagne aussi forte que celle dédiée à ces derniers. Ces constats très sommaires donnent pourtant une image globale du fléau souterrain et semble-t-il honteusement camouflé.
REEL PROBLEME DE SANTE PUBLIQUE
Les caractéristiques des personnes qui décèdent, sont différentes de celles qui effectuent une tentative. Schématiquement, les premières sont plus souvent âgées et de sexe masculin et les secondes jeunes et de sexe féminin. Le suicide constitue donc un réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines qu'il provoque que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne. Mais le silence généralisé masque ce qu’il faut bien considérer comme le mal de la décennie écoulée. L’obésité étant celui de celle qui s’ouvre. En France par culture religieuse on évite, par tous les moyens, d’évoquer ces décès dramatiques, non seulement pour ne pas culpabiliser les gens qui font basculer leur vie et en réchappent mais, aussi, pour ceux qui se sentiront plus ou moins responsables de ne pas avoir vu venir la défaillance.
En dix ans de mandat de maire j’ai été conduit, personnellement, à constaté sept morts (aucune femme) par suicide, sur le territoire communal. Deux d’entre eux avaient mis fin à leurs jours par une arme à feu, trois s’étaient pendus et deux avaient usé de médicaments. Chaque fois j’ai été fortement secoué car il s’agissait d’hommes dont la souffrance n’était pas physique mais exclusivement morale car due, d’une manière ou d’une autre, à une forme de trahison. Dans ces cas là, le sentiment d’abandon, de mépris, d’exclusion constituait la raison fondatrice de l’acte fatal. Le suicide repose sur une sorte de conspiration du silence avant qu’il intervienne, un repli terrible sur soi et plus encore une incapacité tragique à communiquer. La société égoïste actuelle admet aisément que l’on peut rester seul dans la foule, seul dans la masse et seul face à un destin que l’on se révèle incapable d’assumer.
SEUL FACE A SA PROPRE IMAGE
Notre société ne présente que des réussites individuelles idéalisées et il est parfois bien difficile pour certaines et pour certains de se retrouver seul face à sa propre image ou à son propre parcours.
La ruine financière constitue ainsi une cause de suicide, la déchéance professionnelle en est une autre et l’échec scolaire (ou ressenti comme tel) constitue la cause essentielle des T.S. chez les jeunes. Là encore le sujet demeure tabou mais pourtant il existe comme si les exigences sociales pesaient lourdement sur le moral des lycéens ou des étudiants.
Quelques milliers de moins de 20 ans disparaissent ainsi chaque année dans la mesure où tout reposant sur une certaine forme de réussite normalisée, ils se considèrent comme inaptes à poursuivre sur le chemin de la vie. Les cellules ados des hôpitaux spécialisés affichent complet sans pour autant que l’opinion publique ne se pose des questions sur cette réalité bouleversante.
On attend que Mireille Dumas ou Jean Luc Delarue fassent un spécial " suicide " pour que le sujet devienne tendance !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 25 mai 2007
Les promesses seront tenues. Le message a été maintes fois répété. Nicolas Sarkozy le maintient et François Fillon le ressasse chaque fois qu’il fait un pas de premier Ministre VRP de l’UMP. Celles qui concernent les salariés attendront des concertations, des Genelle plus ou moins éloignés, des ajustements budgétaires indispensables. Au nom de la concertation toutes les décisions sont habilement renvoyées après le législatives selon le principe : il est urgent d’annoncer, de promettre, de gratifier mais il est prévu d’attendre la concrétisation car si toutes les commissions mises en place ne corroborent pas la vision sarkoziste on en rendra responsable les partenaires réfractaires aux réformes ! Le tout c’est de communiquer, de communiquer, de communiquer !
En revanche il semble que la fameuse concertation sarkoziste ne s’applique pas à tous les domaines et qu’il n’y ait pas besoin de patienter outre mesure pour mettre en place les… bonnes nouvelles concrètes. La perspective du collectif budgétaire en juillet offre une opportunité de récompenser, par exemple, les classes laborieuses du CAC 40. Les syndicats ne seront pas présents à la table des comités interministériels ou des salons de l’Elysée quand il s’agira de se prononcer sur l'impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente. Là on agit vite et de manière très directe. On ne repousse pas à la rentrée et aucun ultimatum n’est lancé.
Au final, la politique fiscale immédiate menée par le gouvernement Fillon au pas de charge, va selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, " profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu'ils vont en bénéficier ". Et ça c'est fort : faire voter par les plus pauvres des mesures destinées aux plus riches sous prétexte que ces gens là sont malheureux et brimés! Le doute n'est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s'apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus. Il y aura au moins une catégorie sociale dans ce pays qui verra son pouvoir d’achat augmenter en un temps record !
JOHNNY SERA CONTENT
On sait que le fameux bouclier fiscal qui permettra aux fans de Johnny de le revoir sur le sol français et à ces pauvres malheureux exilés de revenir au pays comme ce fut le cas durant la période historique de la Restauration figurera parmi les premières mesures prises. Dès juillet, la majorité UMP envoyée au parlement pas les cochons de payants contribuables ordinaires va le faire passer de 60 % à 50 %. En clair, selon un slogan simple, un contribuable ne pourra pas donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l'Etat par l'impôt. Populaire. Mais le Snui (Syndicat national unifié des impôts) relativise la portée de la mesure.
" Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches", explique Vincent Drezet, le secrétaire national du Snui ( de dangereux gauchistes le dirigent) qui n’a probablement pas été invité à donner son avis sur ce sujet ! " Il profitera à… 93 000 foyers, dont 16 000 contribuables assujettis à l'ISF. Alors que 18 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu... " ajoute cet homme qui sera taxé (le comble pour un employé du trésor) de parti pris hostile à ces entrepreneurs remarquables que sont ces 16 000 lève-tôt de la bourse.
Ces contribuables déjà super privilégiés ont déjà reçu en… trop-perçu de l'administration fiscale près de 350 millions d'€ en remboursement mais ils se sont bien gardés de le crier dans les rues. Ce boni incontestable renforce le sentiment qu’une France des nantis a pris le contrôle de la République !
A cette mesure il faudra vite ajouter la réforme de l'impôt sur la fortune, qui touche les contribuables qui déclarant plus de 760 000 € de patrimoine net, soit… une infime " caste " de 500 000 foyers en France. Si en juillet (ce sera le mois de tous les dangers) le gouvernement met en place une nouvelle déduction contre un investissement dans les PME, ce sont… plusieurs nouveaux milliards qui s'envoleront pour le budget de l'Etat dont on vous a prédit un désendettement rapide et sérieux.
UNE SUCCESSION ENVIEE
Mais les cadeaux fiscaux ne s'arrêteront pas là, puisqu'une réforme des droits de succession viendra compléter le pactole. Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d'impôts. Cette mesure qui a fait un tabac dans les chaumières sous hypnoses télévisuelles n’aura pas que des effets lénifiants pour le bon peuple surtout chez les contribuables qui ne sont pas assujettis à ces prélèvements.
Aujourd'hui, selon les chiffres du ministère des Finances, seules… 25 % des successions à la suite d'un décès sont imposées. Alors quel est intérêt, au-delà de la popularité ? Là aussi, un cadeau aux plus riches. Mais on se gardera bien de le dire durant la campagne : histoire que le monde rural des petits propriétaires votent bien en croyant que les enfants profiteront de cette idée géniale qui consiste à offrir au peuple la possibilité de consolider les nantis.
Ces mesures risquent en effet de coûter près de 4 milliards d’€ à l'Etat. " Le bouclier à 50 %, plus la modification de l'ISF et les successions, auquel il faut ajouter la défiscalisation des heures supplémentaires et la déduction des intérêts d'emprunt, vont coûter pas loin de 13 milliards d'€ ", selon Drezet. Ce qui revient à tirer un trait sur le produit annuel de la taxe d'habitation... Que la gauche et les syndicats s'offusquent n'est pas surprenant ni choquant. Leur problème c’est qu’ils auront du mal à faire entendre leur analyse face à un pays subjugué par les yachts, les avions privés, le Fouquet’s et l’Euromillion !
En instituant la " pipolisation " comme idéal politique, les " sarko golden boys " ont réussi à diffuser un rideau de fumée dissimulant les contours exacts d’un programme désastreux pour celles et ceux qui l’ont approuvé. Comment expliquer que des pauvres retraités ne payant ni impôts sur le revenu, ayant transmis leur patrimoine, non assujetti à l’ISF ait soutenu un homme qui se dépêchera de les oublier et d’enfoncer ceux qui l’ont soutenu comme on soutient le Messie? A moins de penser que ne restera dans quelques mois de cette agitation médiatique que des photos dans VSD, Voici ou Gala qui sont véritablement devenus des journaux d’opinion !
SORTIE DES CALCULETTES
Ce qui est encore plus étonnnant, c'est que même à droite on traîne des pieds. Les orthodoxes budgétaires sortent les calculettes et arrivent peu ou prou aux mêmes chiffres que la gauche. " C'est une révolution fiscale qui peut coûter très cher, note un député UMP qui préfère rester anonyme (on le comprend). Surtout si tout ça n'a pas les effets espérés sur la croissance." Derrière, difficile de tenir les engagements européens, de désendetter l'Etat, de baisser le taux de prélèvements obligatoires. Bref, de mettre en œuvre l'autre volet économique du programme de Sarkozy. Mais manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF. Johnny a donc intérêt à plier ses bagages en Suisse dans les plus brefs délais. Ce retour au pays des brebis fiscales égarées sera toujours plus médiatique qu'un impôt plus juste ou une comptabilité publique plus équilibrée.
En 2008 les impôts locaux augmenteront en raison du désengagement de l’Etat, de la fin des soutiens de la CAF, de la dure réalité de l’inflation sur les prix des services, de la perte des ressources liées à un réforme de la taxe professionnelle enclenchée par Chirac ! Peu importe les conséquences sur les élus locaux qui passeront devant les électrices et les électeurs quelques jours plus tard.
Il reste pourtant un espoir : les Sarko technocrates vont tellement vite dans les effets d’annonce que les pas en arrières vont être nombreux ! les démentis arrivent. Tenez le ministre du Budget Eric Woerth a précisé que le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt pour les transactions immobilières n'était pas " un arbitrage gouvernemental " mais " une opinion personnelle ", que le gouvernement et l'Assemblée devront confirmer.
" Je ne me suis pas avancé un peu vite, mais il fallait très très vite pouvoir débloquer les transactions ", a expliqué Eric Woerth sur RTL. "
Ce n'est pas un arbitrage gouvernemental, c'est une opinion personnelle et c'est aussi une piste lancée ".
La veille, il avait annoncé que " les intérêts d'emprunt pour des biens immobiliers pourront être déduits des revenus, à hauteur de 20%, ce qui correspond au taux d'imposition moyen des ménages. Elle sera applicable aux résidences principales, dont l'acte authentique de vente a été signé après le 6 mai 2007 ". Dommage pour celles et ceux qui ont cru à cette bonne nouvelle. Il leur faudra patienter derrière le bouclier UMP, placer l'argent pour se faire une rente et espérer être touché par l'ISF. Voter pour les députés sarkoziens c'est surtout ne pas se montrer trop exigeant sur la vérité.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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