MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on
respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
La fameuse " peopolisation " de la campagne électorale des Présidentielles a été niée par bien des exégètes qui voyaient dans cette analyse de basses attaques contre les deux candidats finalistes. La vie politique française ne vit pourtant plus qu’à l’heure américaine, calquant ses évolutions sur l’événementiel, l’effet d’annonce et la négation totale de tout débat idéologique jugé comme dépassé. Tout est imaginé et bâti de telle manière que les élections se jugent sur des critères n’ayant absolument rien à voir avec des principes essentiels mais avec images superficielles n’apportant rien à la vie collective. Le mal est fait et il est certain que l’on ne reviendra plus en arrière.
Même si les lois, fondements de notre démocratie, qui ont été adoptées par la majorité sarkoziste ou qui vont l’être en cette fin de semaine, éclipsent totalement les effets antérieurs sur lesquels se sont joués la désignation d’un Président de la République. Oubliées les frasques matrimoniales diverses et variées puisque désormais on débat des atteintes au droit de grève. Oubliés les amis du show-bizz ayant réussi sur des scènes autres que celles des meetings car désormais on adopte des textes lançant la privatisation de l’enseignement supérieur n’ayant rien à voir avec les succès de la Star Ac’ ! Oubliés les vacances dorées car désormais on a bouclé le fameux paquet fiscal permettant à une minorité d’accentuer ses possibilités de profiter des yachts, des châteaux et des paradis ensoleillés. Oubliés les déclarations rassurantes sur la valeur du travail puisque désormais on va le raréfier en favorisant les heures sup’ officielles au noir par disparition des charges sociales. On est passé aux choses sérieuses sans être totalement assuré que la majorité sarkoziste silencieuse ait bien compris que c’était pour ces mesures là qu’elle avait voté. Il n’est pas du tout certain que les militants socialistes aient aussi véritablement choisi entre deux membres d’un couple se déchirant et réglant leurs comptes via la politique. Et pourtant rien n’arrêtera plus la magie en route. Des Etats-Unis vient la vérité et en observant bien les débuts de la campagne présidentielle outre Atlantique on s’aperçoit vite qu’en France on aura du retard. Là-bas les journalistes ont donné le ton : on ne parlera pas de l’affreuse guerre en Irak, de la paupérisation dramatique du pays, des atteintes permanentes à l’environnement, de la main mise américaine sur les ressources énergétiques, du scandale des réfugiés des tornades de Louisiane parqués dans des bungalows aux émanations mortelles mais… on se concentre immédiatement et avec férocité sur les quelques centimètres de peau dénudée d'Hillary Clinton a laissé transparaître lors d’une émission venue du Sénat ! Imaginez donc l’importance de ce constat semblable à une photo en bikini ou d’un cliché d’une épouse partie se promener avec un nouveau copain. Le débat devient fondamental pour les Américains autour d’un décolleté !
UN DECOLLETE EN V QUI POSE PROBLEME
A l'origine de la polémique, un article du Washington Post, paru le 20 juillet dernier critiquant sévèrement la tenue vestimentaire de la femme de l’ex-Président des Usa ayant lui aussi défrayé la chronique par ses frasques non politiques mais polissonnes. La critique de mode du journal, Robin Givhan, revient en effet sur le décolleté de la candidate démocrate à l'élection présidentielle lors d'un débat au Sénat, la semaine précédente. Un événement décisif pour la planète ! L'auteur relate en effet qu'Hillary Clinton, qui était vêtue d'un tailleur rose sur un haut noir avec un col en V, laissait apparaître un " indéniable " décolleté plongeant au cours de ce débat retransmis à la télévision… La journaliste affirme avoir été "étonnée par cette petite affirmation de sexualité et de féminité au sein du Congrès, conservateur -esthétiquement parlant -".
"On est tenté de dire que ce décolleté provoque la même gêne que si la chemise (du candidat républicain) Rudy Giuliani était déboutonnée un peu trop bas. Personne n'a envie de voir ça. En réalité, c'était comme surprendre quelqu'un la braguette ouverte. On préfère regarder ailleurs! ", affirme le texte extrêmement délicat. J’espère que vous mesurez la gravité de la situation le jour où les USA affirment par ailleurs qu’ils allaient renforcer la militarisation de leurs alliés au Moyen Orient afin de préparer le grand jour.
affirme le texte extrêmement délicat. J’espère que vous mesurez la gravité de la situation le jour où les USA affirment par ailleurs qu’ils allaient renforcer la militarisation de leurs alliés au Moyen Orient afin de préparer le grand jour.
Les Etats-Unis prévoient des nouveaux contrats d'assistance militaire avec les pays du Golfe, Israël et l'Egypte pour contrer les influences " négatives " d'Al-Qaïda, du Hezbollah ainsi que de la Syrie et l'Iran, a annoncé la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. " Pour soutenir notre engagement diplomatique continu dans la région, nous préparons de nouveaux contrats d'assistance (militaire) avec les pays du Golfe, Israël et l'Egypte ", a déclaré la secrétaire d'Etat qui s'apprête à quitter les Etats-Unis pour une tournée au Proche-Orient avec le secrétaire à la Défense Robert Gates. Cette mesure " permettra de soutenir les partisans de la modération ainsi qu'une stratégie plus large destinée à contrer les influences négatives d'Al-Qaïda, du Hezbollah, de la Syrie et de l'Iran ", a-t-elle précisé dans un communiqué.
76 MILLIARDS DE DOLLARS POUR LA GUERRE DE DEMAIN
Condoleezza Rice a notamment affirmé que les Etats-Unis discutaient avec l'Egypte du renouvellement d'un accord d'assistance militaire d'une valeur de 13 milliards de dollars sur dix ans. Washington " a entam é des discussions avec le gouvernement d'Egypte sur le renouvellement d'un accord d'assistance militaire d'une valeur de 13 milliards de dollars et d'une durée de 10 ans qui renforcera la capacité de l'Egypte à répondre aux objectifs stratégiques communs ", a-t-elle dit. Elle a également confirmé l'accord avec Israël annoncé dimanche qui prévoit une aide militaire de 30 milliards de dollars sur 10 ans. D'après la presse américaine, les contrats avec l'Arabie Saoudite ainsi qu'avec les Emirats arabes unis, le Koweït, Qatar, Bahreïn et Oman, s'élèveraient pour un montant total d'au moins 20 milliards de dollars. On n’en a pas encore lu, sur le sujet, de papier critique du Washington Post alors que celui relatif au décolleté a soulevé une tornade de commentaires.
L'article a en effet suscité les réactions indignées de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton qui l'a qualifié " d'insultant " et " totalement inapproprié ", ainsi que de nombreux lecteurs, se disant " offensés " ou " déçus ". La conseillère de la candidate, Anne Lewis, a estimé cet article " totalement inapproprié ". La conseillère ne manque pas toutefois d'en faire un argument de campagne. Elle appelle en effet les électeurs à " prendre position contre ce type de grossièreté et de bassesse dans la culture américaine " en apportant leurs contributions à la candidate Clinton. Ce n’est pas chez nous que pareille révolte serait lancée !
La féminité d'Hillary Clinton est au centre des attentions depuis cet été. Lors du débat CNN/YouTube entre les candidats démocrates, l'ancienne First Lady a été interpellée par une internaute : Hillary Clinton est-elle assez femme pour parler aux Américaines ? Elizabeth Edwards avait affirmé plus tôt que son mari, le candidat démocrate John Edwards, était le mieux placé pour défendre la cause des femmes. Dans le propre camp de la dame au décolleté on n’hésite pas à exploiter cette supposée faiblesse. On a déjà vu cela chez nous. On a déjà entendu cela chez nous. On a déjà vécu cela chez nous. Même ce brave Michel Rocard qui, après avoir retrouvé heureusement ses esprits, dévoile dans… Paris Match, magazine de haut niveau s’il en est, avoir proposé à la candidate désignée par le PS de se " désister " en sa faveur alors que la guerre est terminée depuis belle lurette.
DES PRINCIPES REPUBLICAINS
En fait la France n’est qu’un bon élève des Etats Unis. Jour après jour le système social français prend la tangente : universités réservées à celles et ceux qui pourront se les payer, grèves programmées avec l’obligation de les faire durer et donc de prendre le risque de plonger financièrement pour celles et ceux qui s’y lanceraient, fortunes luxuriantes grâce à la mort des impôts de solidarité, alignement sur l’Atlantisme dans le cadre d’une Europe de la concurrence… Tout cela vous rappelle sûrement des principes républicains, pas de chez nous mais de chez Bush. Il suffit d’un rideau de fumée médiatique soigneusement disposé pour que le virage soit pris dans l’indifférence générale.
On va s’efforcer à partir de vendredi soir, fin de la session parlementaire menée tambour battant de cacher ces saints principes que personne n’a besoin de voir. Il faudra " peopoliser " au maximum les information afin de faire oublier ce qui attend les étudiants, les fonctionnaires, les contribuables à la rentrée.
Dès la semaine prochaine vous aurez droit aux images de la famille présidentielle en vacances quelque part dans le monde. Vous aurez le plaisir de quelques déclarations senties sur le bonheur du partage de ces moments privilégiés. Vous aurez des caravanes tapageuses sur les plages. Vous mangerez des produits avec OGM d’une qualité supérieure dans les vertes campagnes. Vous scruterez une météo hésitante avec l’espoir que votre bronzage soit à la hauteur de vos espérances. Vous pleurerez sur les malheurs de votre équipe de football favorite dès samedi soir. Vous vous régalerez de voir les ralliements contrits des frustrés du pouvoir. Vous suivrez avec angoisse la détresse les cocus de l’Ile de la Tentation. Le magazine américain Vanity Fair a en effet classé, mardi 31 juillet, le président français parmi les hommes les mieux habillés et les plus élégants de la planète. Il côtoie ainsi le footballeur britannique David Beckham, l'acteur Brad Pitt ou le chanteur Lenny Kravitz. Incroyable honneur pour la France qui souffre. Là voici rassurée!
Et si l’actualité offre aux éditorialistes un décolleté vertigineux à commenter vous entrerez dans le saint des saints du débat politique. Avouez que ce n’est pas en France que nous aurions pareille chance ! Surtout au…Sénat !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Les vraies vacances sont celles qui donnent enfin une dimension correcte au temps ordinaire. Celui que l’on ne voit jamais passer quand il vous conduit de rendez-vous en rendez-vous, de souci en souci, de rencontre en rencontre mais qui du jour au lendemain n’a plus la même vitesse. Celui que l’on vous impose sur un rythme ne tenant jamais compte de vos envies, de vos forces et de votre rythme n’existe plus. Je ne connais pas d’autre valeur réelle à ces périodes où l’on est censé récupérer de semaines et de semaines de contraintes diverses et variées. J’ai du mal à admettre que l’on puisse réellement profiter des congés payés quand on y vit sur des bases extrêmement rigides ou permettant d’oublier celles que l’on doit imposer aux autres le reste de l’année. Les vraies vacances ne peuvent être que celles de l’improvisation permanente, de l’humeur changeante, de la paresse thérapeutique, des décisions illogiques, des approfondissements indispensables.
Les vraies vacances ne peuvent se concevoir que dans la liberté retrouvée avec un détachement réel du regard que peuvent poser les autres sur les décisions prises puisqu’elles ne les concernent plus nécessairement. Il faut donner du temps à ses passions.
Durant une petite dizaine de jours, je me suis offert ce luxe de devenir entomologiste de la vie sociale. Certains aspirent à la sérénité dans l’isolement absolu et se prévalent de leu capacité à faire le vide en coupant tout lien avec les soubresauts quotidiens de la société. Cette cure de silence doit leur permettre de décompresser en passant de tout à rien. Ils choisissent un ermitage destiné à nier leur implication dans le devenir d’une période pourtant réputée paisible. Cette fuite des réalités ne correspond pas à ma vision des vacances car justement j’apprécie par dessus tout avoir le temps de décoder ce que le reste de l’année je ne peux que survoler à la hâte. Récupérer le maximum de journaux locaux, régionaux, nationaux pour tenter de percer les mystères de l’opinion dominante a, pour moi, durant les vacances, autant de valeur que tout séjour dans un monastère loin de l’actualité. J’adore faire une cure médiatique intense à l’inverse de tout ce que l’on recommande en pareille période car elle prend toute sa valeur quand elle repose sur la comparaison et surtout sur l’obtention du temps nécessaire à sa réalisation.
Mon véritable plaisir de vacances consiste donc à… scruter les insectes de la plume, du micro ou de la caméra ayant en charge l’information des autres ! Les voir transporter ces bribes d’actualité, les triturer, les présenter, les installer dans les greniers des mémoires vaut bien tous les autres plaisirs habituels des vacances. Plus que jamais il serait nécessaire que la vie permette à chaque citoyen de s’offrir ce luxe véritable consistant à ne mesurer la différence entre les vessies médiatiques et les lanternes démocratiques. Plus que jamais je rentre convaincu que la situation s’aggrave de jour en jour et que demain la République des apparences balaiera toutes les convictions profondes.
LA REALITE LOCALE
En Aveyron, demeure, un merveilleux département aux multiples facettes climatiques, économiques, sociales. Des gigantesques exploitations agricoles tenues par des empereurs terriens sacralisés par le type de leur 4x4 aux anciens mineurs prolétaires du bassin de Decazeville accrochés à ce socialisme historique qui les a toujours défendus en passant par ces éleveurs préoccupés par la santé de leur troupeau de brebis rasées sur un Larzac toujours aussi émouvant dans sa rudesse ou par celle de leurs paisibles vaches sur les riants monts d’Aubrac on trouve le panel complet d’une France sarkoziste épanouie. Le Midi Libre, Centre Presse font chaque jour cause commune et quasiment contenu commun face à La Dépêche pour donner une information dite locale qui tourne autour d’un lien social en voie de disparition car sans grand retentissement en dehors des villages. Impossible de ne pas ressentir en se penchant sur cette lecture le formidable décalage existant entre cette traduction de la réalité locale et le besoin de sensationnel qui alimente les étranges lucarnes télévisuelles.
La véritable fracture politique se situe dans ce précipice séparant désormais deux sociétés portées réciproquement par une télé approximative, tapageuse, racoleuse, partisane et une presse de la micro information concrète, modeste, ordinaire, sans ambition. Celles et ceux qui tirent les grosses ficelles de l’une se moquent comme de leur première trahison de ces efforts consentis par des centaines de personnes qui font l’autre dans le moindre recoin du territoire pour faire vivre le partage, la rencontre, la différence. Le décalage devient angoissant avec une constante : les élus locaux de tous les bords demeurent la cible favorite de cet étage médiatique. Il n’y a aucune alternative car soit ils en font trop, soit pas assez et de toutes les manières ils sont quasiment sans défense face aux événements qu’ils sont réputés devoir maîtriser en toutes circonstances.
L’impossibilité croissante de nouer une communication authentique avec les gens, de les intéresser aux " choses ordinaires de la vie ", de les mobiliser dans une autre perspective que " je suis contre… " transparaît fortement dans la presse quotidienne départementale qui ne prospère désormais que sur l’opposition. Centre presse a publié un excellent éditorial à ce sujet sur l’avenir de la démocratie représentative face à la contestation croissante de son efficacité par la montée des associations " anti ". A quoi bon élire des représentants à quelque échelon que ce soit quand on sait que leur pouvoir de décision sera fatalement remis en cause à tout moment au nom d’un égoïsme coordonné par un groupuscule sans aucune autre légitimité que celle qu’il s’est auto-accordée ?
DU LOCAL AU GLOBAL
La campagne présidentielle a visiblement fait des ravages car il existe une perception du concept de la démocratie participative bien différente ce qu’elle doit être. On tombe dans la caricature et dans la rivalité destructrice. Un exemple : le parc d’éoliennes installé au Nord de Millau… menacé par un groupe prétendant le faire " sauter " au nom de son opposition à ce qu’il considère être une agression à " son " paysage ! Opposition également à l’installation d’un établissement de traitement des boues des stations d’épuration venant de leur propre mode de vie. Opposition aux antennes de téléphonie alors que maintenant plus personne ne souffre une " zone blanche " dans sa commune rurale isolée… La lecture minutieuse des quotidiens sur une période pourtant restreinte permet de mesurer ce phénomène ou participation rime essentiellement avec opposition.
Ensuite il faut bien convenir que Nicolas Sarkozy, parfaitement conseillé, a bien senti qu’entre le local et le global il n’y avait plus aucun lien. Il exploite férocement cette séparation en occupant sans défaillance le créneau offert par un système médiatique national ravi de meubler ses antennes et ses pages avec les multiples opérations montées par un Président de la République ayant compris que la nature journalistique a horreur du vide. Il est certain que chaque lundi matin lors des réunions du gouvernement bis constitué autour de lui il planifie ses activités non pas en fonction des besoins réels du pays mais des retombées qu’il est en droit d’attendre. Pas un seul jour sans que la manne Sarko offre de belles histoires à cette France qui ne rêve plus depuis longtemps mais qui se fait plaisir avec de belles histoires, du genre de celles qui permettent de s’endormir heureux.
D’ailleurs le besoin de surnaturel est devenu tellement fort que même les comportements les plus condamnables n’entachent pas ce besoin inextinguible de vedettariat. Si l’Elysée en doutait les péripéties du Tour de France sont venues le rassurer : le spectacle prime sur toutes autres considérations !
UNIQUEMENT DU PAIN, DES JEUX ET DES IMAGES
Les millions de spectatrices et de spectateurs massés le long du parcours où est censée se dérouler la légende des cycles prouvent à l’évidence que la société a besoin de pain, de jeux et d’images. Le concept TF1 porté désormais avec empressement et opiniâtreté par ce que plus personne ne peut appeler le service public de télévision a gangrené les esprits. Il constitue le fondement idéologique du système Sarkoziste basé sur le culte de la victoire par l’image, par l’apparence, par le trucage. Il faut l’emporter à tout prix et il faut surtout devenir riche par sa notoriété acquise via la télé. Le tour n’a été que le reflet désastreux de la campagne présidentielle française.
Les pisse froids antidopage ont, pour le peuple, des urines écrites détestables dans la mesure où elles contiennent que des produits non hallucinogènes pour fans de l’Île de la Tentation, les Experts, Heroes, Intervilles, Fort Boyard, Secret Story… et la montée vers Beille ou le sommet de l’Aubisque ! Dans Libé durant 15 jours un scientifique a démontré chaque jour que les performances des vainqueurs d’étapes de montagne étaient humainement impossible sans dopage. Nul ne l’a cru car rares sont celles et ceux qui l’ont lu ! Qu’il aille écrire ailleurs puisqu’on ne l’a pas vu à la… télé. La Ligue 1 de foot va reprendre ses droits et là, c’est sûr quand on regardera les exploits de Valenciennes-Strasbourg, le rêve sera assuré car si les acteurs sont dopés à l’insu de leur plein gré, ce ne peut être qu’au Whisky, à la Vodka ou à la Tequila avant les matches !
La télé dégouline de vérités préfabriquées, de manipulations idéologiques, de désastres éthiques mais comme on peut y vendre sans vergogne des images frelatées autant en profiter. L’affaire des otages odieusement condamnés par le plus contestables de dictateurs de la planète échangés en fait contre une centrale nucléaire qui ne fera pas que traiter l’eau de mer sans que le moindre nuage envahisse les images idylliques pour Paris Match donne raison à tous les tricheurs de la planète.
Qui lira dans Le Monde, Libé ou Marianne la face cachée d’une négociation que personne n’osera contester dans la mesure où il est impossible de regretter l’issue qu’elle a eue ? Qui osera dénoncer cette opinion dominante qui refuse qu’on la prive de ce qui la nourrit et donc la fait vivre et prospérer ? Peu de monde… car la mauvaise foi ne se détecte pas à l’analyse d’urine ! Sur les plages, au bord des piscines privées, dans les campings ou les refuges on se contentera des certitudes de l’instant même si les lendemains déchantent.
Sarko l’a compris : il en profite avec un plaisir non dissimulé et il ne laissera personne lui voler une part du pactole qu’il s’est patiemment créé. Il invitera au festin, ses pseudos ennemis bien conscients que pour continuer à exister il leur faut se placer dans le sillage de celui qui exploite la complaisance des médias décisifs comme dans le peloton il est indispensable d’être dans l’équipe du leader.
Au fait encore une fois je me suis distingué durant cette coupure estivale puisque je n’ai pas amélioré les ventes de Voici, Gala, Closer, VSD qui ont atteint des records historiques cette semaine approchant pour certains d’entre eux les… 800 000 exemplaires. Si vous passez par une Maison de la Presse jetez donc un œil pour savoir qui était en couverture ? Vous serez surpris.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Chère lectrice, cher lecteur
Je vais vous faire une infidélité durant 15 jours puisque je vais me réfugier en Aveyron loin d’Internet, loin de la pression du quotidien. En ayant doublé hier, 14 juillet, jour de la citoyenneté, le cap des 3 millions de pages consultées, la fréquentation de L’AUTRE QUOTIDIEN a dépassé mes plus belles espérances grâce à près de 1500 visiteurs quotidiens différents.
Pour moi c’était un phénomène inimaginable il y a maintenant 2 ans quand j’ai accepté de relever le défi d’une chronique quotidienne inspirée de faits réels venant des dépêches d’agences ou de ma vie d’élu local. Depuis des mois L'AUTRE QUOTIDIEN a toujours été, grâce à vous, dans les 50 premiers blogs sur les 595 000de la plate-forme d’over-blog.
Ma première satisfaction aura été que, tout le monde est au moins d’accord sur un fait : L’AUTRE QUOTIDIEN dérange parfois trop. Comme j’ai toujours dérangé car je demeure atypique je n'en suis pas mécontent. Et le pire c’est que je l’assume et que j’en suis parfois fier et heureux. Certes cette situation me vaut plus souvent des ennuis que des facilités. Les sentiers escarpés du doute sont beaucoup plus difficiles à parcourir que les autoroutes des certitudes. Mais parfois quand vous découvrez, après des heures d'efforts, un "point de vue" que les autres n’ont jamais vu la satisfaction personnelle efface tout le reste et qui existe je ne vous dis pas la joie intérieure.
Je sais que je suis plus souvent dans le collimateur des tireurs d’élite qui aiment bien se tapir dans l’ombre de tous les pouvoirs.
Je sais également que parfois je mets mes amis dans la difficulté. Mais c’est plus fort que moi, je ne peux me contenter des apparences. Il me faut ma dose de sincérité quotidienne comme à d’autres leur cigarette ou leur café. Si je ne la trouve pas je souffre physiquement et moralement car j’ai l’impression désastreuse de manquer à mon devoir.
Alors durant quinze jours, je vais tenter d’oublier ce besoin de rencontre avec les autres. Avec les amis comme avec les inconnus, avec les ennemis comme avec les indulgents, avec les convaincus comme avec les traitres . J’ai en effet décidé de mettre la clé sous la porte de L’AUTRE QUOTIDIEN et de laisser chaque matin l’écran vide jusqu’au 1° août en confiant le soin, aux gens qui le veulent, de revenir eux-mêmes sur les textes qu’ils souhaitent relire.
L’AUTRE QUOTIDIEN se met au vert. Il a véritablement grand besoin de vacances, de se vider l’esprit, de retrouver confiance dans son idéal, dans ses véritables amis, dans son avenir. Une cure de silence qui sera consacrée pour partie à l’écriture d’une suite à La Sauterelle bleue…si l'inspiratio vient !
A bientôt donc.
Avec mon estime et toute ma reconnaissance pour votre fidélité ou pour votre simple volonté de découvrir autre chose que l’opinion dominante. Rendez-vous le 1° août au matin !
Jean Marie DARMIAN
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Le couturier Yves Saint-Laurent, le basketteur Tony Parker et la journaliste Christine Ockrent figurent notamment dans la promotion du 14 juillet de l'Ordre national de la Légion d'honneur publiée au Journal Officiel ce matin.
Yves Saint-Laurent et l'ancien champion olympique Alain Mimoun ont été élevés à la dignité de grand officier. La journaliste Christine Ockrent a été promue au grade d'officier de la Légion d'honneur.
Tony Parker, qui vient de se marier avec l'actrice américaine Eva Longoria, vedette de la série "Desperate Housewives", a été fait chevalier.
Le président du groupe d'assurances italien Generali, le Français Antoine Bernheim, a été élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur.
Jean-Bernard Raymond, ancien ministre des Affaires étrangères, ainsi que Jean Lacouture, journaliste et écrivain, ont été promus au grade de commandeur.
L'ancien coureur cycliste Bernard Hinault et l'ancien secrétaire d'Etat à l'intégration Koffi Yamgnane sont promus au grade d'officier.
La journaliste Elise Lucet et l'économiste Nicolas Baverez ont été faits chevalier… Ils sont des centaines en ce 14 juillet en recevant cette décoration qui symbolise, depuis plus de 200 ans, un comportement remarquable à l’égard de la République. L'admission et l'avancement dans l'ordre sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du Président de la République pour une période de trois ans. Ces contingents sont répartis entre le Président et les différents ministres qui adressent leurs propositions au Grand chancelier.
L'attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les Préfets honoraires ou en activité, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les hauts magistrats et les membres du corps diplomatique. L'obtention d'une médaille d'or aux Jeux olympiques est une promotion spéciale.
L'armée obtient toujours cinquante pour cent des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes. Depuis quelques années il faut noter une évolution avec une peopolisation des attributions : journalistes et vedettes du show-bizz sont souvent présents dans les listes des récipiendaires. On y trouve aussi quelques membres influents des comités de soutien constitués lors des élections présidentielles. Il faudra éplucher la liste paraissant au Journal officiel pour les trouver répartis au gré des ministères.
De plus, à l'origine, les descendants de trois générations successives de décorés de la Légion d'honneur obtenaient ladite décoration par… l'hérédité. Cette disposition, tombée en désuétude depuis, n'a cependant jamais été abolie. Elle s’applique en catimini mais garantit à des familles la présence permanente d’un " légionnaire ".
DES ADVERSAIRES RESOLUS
La légion d’honneur, tant enviée par certains, a également ses détracteurs très sévères, ses adversaires résolus qui considèrent qu’elle ne représente rien d’autre qu’un hochet destiné à accroître l’estime en faveur de celui ou celle qui vous l’ont attribuée. Certains sont d’ailleurs devenus plus célèbres en refusant avec fracas le ruban rouge qu’en l’acceptant.
Par exemple dans le monde des médias les collaborateurs du Canard Enchainé doivent refuser depuis toujours les décorations, au premier rang desquelles la Légion d'honneur (Pierre Scize journaliste, sera renvoyé du journal en 1933 pour l'avoir acceptée). D’autres personnes de grande notoriété refusèrent la décoration : le dramaturge Néponucème Lemercier refusant de prêter serment à l'Empereur et à sa dynastie, La Fayette et le poète, Gérard de Nerval, l’écrivaine George Sand, l’artiste Honoré Daumier, le célèbre linguiste Littré puis ensuite le peintre Gustave Courbet, l’écrivain Guy de Maupassant, le musicien Maurice Ravel, les scientifiques Pierre et Marie Curie et bien d’autres personnalités de notre temps comme Eugène Le Roy, Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Antoine Pinay, Brigitte Bardot (qui est décorée en 1985 mais refuse d'aller la chercher) ou Catherine Deneuve.
Des poètes anarchisants comme Jacques Prévert, Georges Brassens qui en fit une chanson ou Léo Ferré, qui a brocardé " ce ruban malheureux et rouge comme la honte " ont également décliné l’offre qui leur était faite. Distingué fin, l'écrivain Bernard Clavel a fait savoir qu'il refusait de recevoir la Légion d'honneur, préférant rester " dans le clan de ceux qui l'ont refusée ". Il a ajouté que son oncle Charles Clavel l'avait reçue parce qu'il avait abondamment versé son sang pour son pays dans une terrible guerre : " Je pense qu'il se retournerait dans sa tombe en me voyant porter le même ruban que lui. " . C'est également le cas de Philippe Seguin, dont le père instituteur fut décoré de la Légion d'Honneur seulement… à titre posthume lors de la Seconde guerre mondiale.
Lors d'une rencontre, le président de la République Vincent Auriol proposa la Légion d'honneur à Marcel Aymé. En retour, l'écrivain lui indiqua sans ménagement tout le mépris que lui inspire son interlocuteur. Puis il termine par ces mots, demeurés célèbres : " Quant à votre Légion d'honneur, monsieur le président, sauf votre respect, vous pouvez vous la carrer dans le train... " L’anecdote reste encore d’actualité puisque ceux qui ont été " récompensés " cette année l’auront été grâce à la signature de Nicolas Sarkozy. Ils doivent l’assumer.
UNE PROCEDURE PAR FILTRAGE
Il faut bien avouer que cette liste historique non exhaustive a au moins aussi fière allure que celle des gens ayant accepté de recevoir le titre qui leur a été attribué. Beaucoup d’entre eux ne cessent par exemple de répéter qu’ils n’ont rien demandé alors qu’il faut absolument fournir une foule de témoignages, de renseignements administratifs permettant d’affirmer que même si vous ne quémandez pas la Légion d’honneur vous savez pertinemment que d’autres le font en votre nom au moins pour le grade de chevalier.
Contrairement aux idées reçues, "on ne demande pas" en effet la Légion d'honneur, ni pour soi-même, ni pour un autre : on "propose" un dossier, insiste le secrétaire général de l'Ordre de la Légion d'honneur. Des proches, collaborateurs ou collègues doivent signaler la situation exceptionnelle d'une personne auprès d'élus locaux, d'associations ou d'entreprises. Ce sont eux qui seront les plus à même de déposer un dossier de proposition au service des décorations de la préfecture (des formulaires peuvent généralement être téléchargés en ligne).
Le premier "filtre" se situe à la préfecture : c'est le préfet qui sélectionne les dossiers recevables et les adresse aux ministères concernés par les activités du "candidat". La sélection est évidemment très " politique " car il faut franchir un obstacle lié aux retombées éventuelles de cette proposition. Le ministre réalise ensuite son choix en fonction de la qualité des dossiers. Il ne doit toutefois pas excéder le nombre annuel de nominations qui lui a été attribué.
Il adresse alors ses propositions à la Grande Chancellerie, située au Palais de Salm à Paris. Les 16 membres du Conseil de l'Ordre et le Grand chancelier étudient les dossiers avant de transmettre leur sélection au Président de la République. "Il faut être irréprochable dans son métier et faire quelque chose en plus, qui sorte de l'ordinaire et nous distingue : être créatif et donner aux autres en général" explique le secrétaire général de l’ordre de la Légion d’Honneur. C'est alors le Président, qui est aussi le Grand maître de l'ordre, qui donne l'accord définitif par décret.
Ses collaborateurs peuvent donc fort bien rayer ou ajouter sur la liste des personnes à leurs convenances d’autant qu’ils possèdent au titre de la Présidence un nombre de décorations attribuables par la seule volonté présidentielle. Cette procédure rend toute nomination forcément suspecte car entachée d’une connotation politique forte.
UN CARACTERE COLLECTIF
En fait toute décoration est contestable car elle n’a une valeur sociale que pour celles et ceux qui attachent une importance dans la mesure du devoir. J’ai été personnellement confronté à cette situation voulant que je sois destinataire de ces médailles plus ou moins importantes. Chaque fois je me suis posé la question de savoir ce qu’il m’appartenait de faire. En fait chaque fois j’ai surtout pensé que toute distinction n’est acceptable que si on lui donne un caractère collectif et que l’on ne tombe pas dans l’individualisme forcené. Il est indispensable, quand on a été redevable aux autres, de ce que certains considèrent comme une réussite professionnelle ou sociale, de ne pas les mépriser.
C’est toujours en pensant à celles et ceux qui se sont parfois sacrifiés ou dévoués, celles et ceux qui m’ont accordé à un moment ou à un autre leur confiance, à celles et ceux auxquels on a imposé des contraintes ou des manques que j’ai accepté. On doit toujours beaucoup plus aux autres qu’à soi-même. Ne pas l’admettre ou le reconnaître serait une preuve d’une vanité incommensurable.
Je crois donc qu’il y aurait pour un enfant du peuple un certain orgueil mal placé, un certain mépris indécent dans le fait de refuser de voir honoré un parcours personnel jugé comme un brin exemplaire. On ne peut pas ignorer la valeur de l’exemple quand il est en conformité avec les vertus républicaine.
J’entends par ailleurs les reproches qui tombent des censeurs. Il suffit d’avoir accompli son devoir pour ne pas avoir besoin d’un hochet. La simple satisfaction morale doit suffire à celui qui agit dans l’intérêt collectif. Comment accepter de se trouver mis dans le même sac que les " fayots ", les " calculateurs ", les " lèche bottes ", les " tricheurs ", les " flambeurs ", les " m’as-tu-vu ? " ? Toutes ces remarques sont fondées mais à partir du moment où on assume ses choix, il est inutile de revenir sur sa propre responsabilité.
L’essentiel reste de ne pas avoir craché sur les médailles des autres pour laisser croire que la sienne est au-dessus et que l'on devient un parangon de modestie. C’est peut être là que se situe la plus grande vanité.
Tenez parmi la liste de ce 14 juillet on trouve Christine Ockrent qui, j’en suis certain, ne peut oublier qu’elle a écrit dans " la mémoire du cœur " en 1997 : " Les grimaces et les hochets du pouvoir, occupent plus volontiers les hommes, qui vont moins vite à l'essentiel ". Il est certain qu’elle placera cette pensée sentencieuse quand le Président de la République lui remettra sa décoration car pour elle c’est certain, il fera un effort pour la décorer en présence de son mari Bernard Kouchner adversaire résolu de... la légion d'Honneur!
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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" La presse est en danger ". L'ensemble des syndicats de journalistes tirent le signal d'alarme, dans une tribune parue dans l'Humanité car elle n’a pas nécessairement été bien accueillie ailleurs. Selon le Syndicat national des journalistes (SNJ), les syndicats avaient transmis ce texte à tous les quotidiens nationaux. Seul le journal proche du Parti communiste la publie alors qu’elle revêt pourtant une importance particulière dans le contexte social actuel. Les organisations interpellent en effet les pouvoirs publics pour qu'un cadre légal garantisse le respect des règles déontologiques. Un doux rêve dans un milieu où les journalistes ont perdu le pouvoir au détriment des gestionnaires qui tentent de maintenir à flots des titres sous influence économique et donc politique.
"Une information malade, c'est une démocratie en danger", avertissent absolument tous les syndicats de la profession (SNJ, SNJ-CGT, CFDT, SGJ-FO, SPC-CFE-CGC et SJ-CFTC) dans cette tribune. Ils dénoncent, depuis des mois "l'accumulation de faits alarmants qui représentent une menace fondamentale pour l'indépendance et le pluralisme de l'information en France". Il ne se passe pas en effet un jour sans que des exemples significatifs témoignent de cette dure réalité au pays des droits de l’Homme. "Des émissions sont supprimées (voir ci-dessous), des journalistes sont privés d'ondes ou de faisceaux hertziens sans que puisse être mis en cause leur travail", dénoncent-ils sans que personne ne veuille faire face à cette situation ! Dernier cas alarmant en date, les Echos et la Tribune sont " transformés en enjeux d'une vaste partie de Monopoly entre les propriétaires des groupes de médias", qui "affichent sans complexe leurs liens avec le pouvoir", estiment-ils. Peu de citoyennes ou de citoyens se passionnent par cette bataille pour contrôler des quotidiens influents pouvant mettre à mal la notoriété des patrons qui veulent donc les… acquérir ou dénoncer les fausses statistiques d’un gouvernement obsédé par les " résultats ". Qui se soucie véritablement en ce week-end prolongé de l’indépendance de la presse ? Dans ce contexte désastreux pour la démocratie réelle, les syndicats décident " d'unir " leurs forces. Ils demandent aux responsables politiques que soit instauré un " cadre légal " garantissant le " respect des règles déontologiques " de leur profession. Les syndicats militeront ensemble pour que " les principes éthiques deviennent juridiquement opposables, via le rattachement des chartes des droits et devoirs des journalistes à leur convention collective" et pour que " l'indépendance des journalistes " soit réinscrite dans la partie législative du Code du travail. Dans le cadre de la recodification du code du travail, qui doit entrer en vigueur d'ici mars 2008, une partie du statut des journalistes, notamment les articles concernant la clause de cession (qui prévoit le versement d'indemnités au journaliste qui rompt son contrat de travail en cas de cession ou de changement d'orientation du journal), est passé du cadre législatif au cadre réglementaire.
Les syndicats dénoncent également une modification de la définition du journaliste, alors que la réécriture devait se faire à " droit constant ". Ils renouvellent leur demande d'une " rencontre urgente " avec la ministre de la Culture, Christine Albanel, qu'ils ont sollicitée dès la "mi-mai". Il est vrai qu’il y a urgence pour cette dernière à ne pas répondre… car le moment n’est pas terrible en ce moment avec l’affaire " d’Arrêt sur images " et alors que les achats concentrationnaires se multiplient ! On murmure aussi que dans la presse quotidienne régionale, les grandes manœuvres se préparent.
ARRET DEFINITIF SUR IMAGES
À la fin de la saison 2005/2006 des informations avaient circulé sur un possible arrêt de l'émission " Arrêts sur Images ". Après quelques semaines d'indécision la direction de France 5 annonça qu'elle maintenait l'émission pour la saison suivante. Cependant en septembre 2006, la direction de France 5 demanda à la direction de France Télévision Interactive de supprimer la version intégrale non montée accessible sur le web, qui fut remplacée par la version montée, c'est à dire celle qui passait à la télévision.
En juin 2007, Daniel Schneidermann laissa entendre sur son blog que l'émission pourrait ne pas être reconduite par France 5 à la rentrée de septembre. Il invita alors les téléspectateurs d'Arrêt sur images à se mobiliser et à faire entendre leur craintes auprès de Patrick de Carolis , PDG de France Télévisions dont on sait qu’il fut en son temps choisi par Bernadette Chirac ! Un contentieux existait entre les personnes.
Daniel Schneidermann fut ensuite interviewé dans le Journal du Dimanche qui parut le 17 juin (c'est à dire avant la notification officielle par la chaîne de l'arrêt de l'émission). À la question suivante : " Sur votre blog, vous vous en prenez violemment à votre direction, Patrick de Carolis (PDG de France Télévisions) et Patrice Duhamel (directeur des programmes). Ne cherchez-vous pas le bâton pour vous faire battre ? " Daniel Schneidermann répondait : " Non, il ne faut pas le voir comme cela. Mais il faut les remuer. Pour tout dire, la direction est nulle, c'est tout " Il était allé trop loin d’autant que dans son blog du 18 juin, il commenta sans détour et surtout avec une extrême franchise la situation : " Enfin, je pense à eux, (les dirigeants de la Chaîne et de France Télévisions) évidemment, au quatuor des assassins tremblants. Tous ces mois à ronger leur frein, à attendre l’heure, avant de porter enfin le coup de poignard. Tous ces mois, ou toutes ces années. Ah, Carolis, depuis quand rêviez-vous secrètement de prononcer les mots que vous venez de prononcer ? Depuis que nous avions mis en lumière votre petit bidonnage sur France 3, quand vous aviez vendu des images de reconstitution d’un sauvetage en montagne, comme celles d’un sauvetage réel ? Depuis qu’il vous a fallu piteusement venir vous expliquer devant les téléspectateurs de la médiatrice de France 3 ? Quel effet ça fait, Carolis, de porter si longtemps votre vengeance ? Il parait que Vilamitjana avait déjà demandé l’arrêt de l’émission à Carolis l’an dernier (l’an dernier, c’est à dire après que nous ayons traité dans l’émission du problème de Mme Borloo, présentatrice de journal, et que Arlette Chabot s’en soit fort énervée). Je n’en sais rien. À vrai dire, ça m’est égal. Claude-Yves Robin (directeur général de France 5), Philippe Vilamitjama (directeur de l’antenne), Patrice Duhamel (directeur général de France Télévisions), Patrick de Carolis (PDG) : je ne sais pas, dans le quatuor, qui a tenu le poignard, qui a tenté de retenir la main de qui, qui s’est caché derrière qui. À vrai dire, ça m’est égal. Tous quatre sont à mes yeux responsables. " Dans la lettre recommandée qu'il a reçue samedi 30 juin la direction de France 5 annonce à Daniel Schneidermann qu'il est licencié pour "faute grave". Il lui est notamment reproché d'avoir mené "de façon délibérée une campagne de dénigrement à l’encontre des dirigeants de la chaine et du Groupe (France télévisions)allant jusqu’à des attaques personnelles envers son président Monsieur Patrick de Carolis dans le but de faire pression" et d'avoir "insinué que la décision de l’arrêt de l’émission résultait d’une volonté de vengeance". Fermez le ban. L’affaire est pliée. On ne parlera plus de la télé qui fâche ! Huerusement Ségolène Royal est prête à mettre de l’argent des contribuables de Poitou-Charentes pour, paraît-il, relancer l’émission ! A voir…
LA CHASSE AUX ECHOS
Dans la presse écrite on gamberge aussi sur l’avenir quand on constate que trois candidats seraient bien placés, un Européen et deux Français dont l'industriel Bernard Arnault, propriétaire de La Tribune pour racheter " Les Echos ". Leader de l'information économique et financière, le groupe Les Echos a réalisé un chiffre d'affaires de 126,2 millions d'euros en 2006 (en hausse de 4,2 % par rapport à 2005), pour un résultat d'exploitation de 10 millions d'euros en 2006 (+18,4%). La diffusion totale payée du quotidien, qui fêtera ses cent ans en 2008, a légèrement progressé (+0,38%) en 2006, à 119 178 exemplaires. Le milliardaire Bernard Arnault offrirait plus de 200 millions en jurant, foi de financier directement concerné par les articles, qu’il laissera ces braves journalisets écrire ce que bon leur semble sur son groupe, ses résultats et ses décisions stratégiques.
Cette hypothèse suscite de nombreuses inquiétudes. "Le choix d'un actionnaire ayant des intérêts industriels ou financiers sur lesquels les rédactions écrivent quotidiennement créerait des risques majeurs de conflits d'intérêts", souligne la Société des Journalistes qui vise l'industriel, présent dans le luxe, les vins et spiritueux (Château Yquem notamment)... De plus, Bernard Arnault est un proche du président de la République. Présent à son investiture, Bernard Arnault était aussi témoin du mariage de son ami Nicolas Sarkozy. Le numéro deux de LVMH, Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet du premier ministre Edouard Balladur, est aussi un proche de Nicolas Sarkozy. Ce qui gêne la rédaction. Et quand on connaît les habitudes on est au moins aussi sceptique !
Est-ce le phénomène déclencheur Les Echos avaient publié début juin une tribune, parue dans le Financial Times , signée par le célèbre éditorialiste Martin Wolf, sur la vente possible du Wall Street Journal à Murdoch ? "Les journaux économiques sont là pour informer. Le moindre doute quant à leur rigueur et à leur indépendance dans le traitement de l'information détruit leur valeur. (...) Le monde a besoin d'au moins deux quotidiens économiques de langue anglaise, indépendants, respectés et faisant autorité. Un seul ne saurait suffire. Aucun, ce serait une catastrophe", prévenait Martin Wolf, qui devait également penser aux Echos en écrivant ce texte. L’enjeu est donc beaucoup plus large que voudraient le faire croire les avaleurs de couleuvres.
Vous allez dire que bien des hommes politiques n’ont pas besoin qu’un copain dépense sa fortune afin d'acquérir un journal qui les ennuient ou les égratigne car il suffit qu’ils claquent du doigt pour être entendus. Mais ce n’est pas en France que pareille situation existerait. Chez nous les rédactions sont farouchement indépendantes et les syndicalistes qui les représentent les défendront au nom de l’éthique journalistique. Vous pouvez au moins le croire... comme tout ce qu'il n'y a jamais dans vos journaux!
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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Alastair Campbell, collaborateur de Tony Blair se dépêche de publier ses mémoires. Il égratigne au passage quelques dirigeants européens, comme l'ancien Chancelier allemand Gerard Schröder qui, lors des négociations budgétaires européennes en 1999, aurait suggéré à Tony Blair "d'aller se faire foutre". Le livre rapporte par ailleurs l'attitude "extraordinairement impolie" de l'ex-président français Jacques Chirac à Tokyo lors d'un sommet du G8 en juillet 2000. Alors que le secrétaire américain au Trésor Larry Summers se lançait dans une longue intervention, "Chirac s'est renversé sur sa chaise, la tête en arrière, il a ronflé bruyamment, puis après quelques minutes il a poussé un grognement sonore selon Tony Blair et il a crié 'trop long, trop long' en anglais pendant que Summers n'arrêtait pas de parler", raconte-t-il. Un témoignage pathétique sur les grands de ce monde. Tony Blair "a dit qu'il n'avait jamais vu une manifestation aussi impressionnante d'impolitesse et d'anti-américanisme", poursuit Campbell. Cette anecdote révèle une facette du talent diplomatique de Chirac que personne de soupçonnait. Avec lui l’expression " ça va ronfler " n’a pas le même sens qu’avec les autres. Le ronflement, fléau de la vie de couple, témoigne donc parfois d’un véritable anti-américanisme primaire ! Il faut en convenir c’est un signe au moins aussi fort que le fameux moment où Nikita Khrouchtchev tapa sur la table du conseil permanent de l’ONU avec sa chaussure ! On reste pantois devant un tel esprit de résistance. En plus il pouvait mettre en péril la vie même du Président et si Blair avait été un véritable ami de la France il aurait réveillé son voisin au lieu de l’accabler.
Le ronflement chronique ne doit en effet plus être traité comme un phénomène normal, un objet de dérision ou la cause assez fréquente d'une mésentente conjugale. Il s'agit en réalité d'une asphyxie chronique, d'autant plus sévère que le bruit émis est plus intense, et dont les conséquences physio-pathologiques multiples paraissent si évidentes que ce symptôme pourtant bien banal doit maintenant être considéré comme une véritable maladie. Chirac était donc bel et bien malade !
SOMMEIL PROFOND
La plupart des gens savent pourtant que le ronflement est souvent en rapport avec des problèmes respiratoires durant le sommeil. Ces difficultés surviennent notamment lorsque les muscles de l'arrière-gorge, du palais, de la luette et de la langue, se relâchent pendant le sommeil profond et vibrent bruyamment au passage de l'air durant l'inspiration. Le passage de l'air est d'autant plus limité quand la luette et le voile du palais sont plus relâchés et volumineux. Si la personne qui ronfle présente également un problème de congestion nasale, l'air aura encore plus de difficultés à passer dans les voies respiratoires, ce qui ne fera qu'intensifier le ronflement et donc la nuisance sonore pour son entourage.
Sur le plan social, le ronflement est une gêne qui peut… détruire un couple, obligeant les conjoints à "faire chambre à part", entraînant une irritation croissante de l'entourage et rendant les voyages et les vacances souvent infernales. On dit d’ailleurs qu’à l’Elysée Bernadette avait pris ses distances depuis belle lurette ! Elle n’avait pas envisagé de passer ses nuits avec un résistant…aux théories économiques libérales américaines. Bernadette savait pourtant que son mari ne manquait pas d’air et qu’il pouvait, à tout moment, endormir toute méfiance de son auditoire.
Son ronflement en pareilles circonstances a les brillantes apparences du défi alors qu’il est considéré comme une nuisance fréquente puisqu'on estime que plus de 40 % des adultes de plus de 50 ans ronflent de manière régulière. Il est plus fréquent chez l'homme d'âge moyen que chez la femme du même âge, mais à la ménopause il devient aussi fréquent dans les 2 sexes. Il peut atteindre une intensité de 90 à 100 dB équivalent au passage d'un… camion à proximité, et avoir des conséquences sociales importantes dans les relations avec l'entourage. En l’occurrence on ne sait pas trop si Blair a dénoté dans l’intensité sonore un geste fort de contestation.
On a bien vu cependant que cette dramatique histoire met à mal le concept même de la diplomatie. Dans le fond, bien plus que des discours interminables, Chirac a résumé en quelques grognements ses positions sur l’efficacité de ce type de rencontres purement théoriques entre gens de ce que certains considèrent comme du beau monde !
HYGIENE DE VIE
Il existe pourtant aujourd'hui plusieurs solutions qui ont fait leur preuves pour éviter pareil drame de la vie sociale. Ils vont du simple régime à l'acte chirurgical. Une seul fois Chirac a eu recours à le seconde solution en dissolvant l’assemblée national et en provoquant des dégâts collatéraux beaucoup plus grave que le mal lui-même !
En adoptant une bonne hygiène de vie on peut aussi atténuer, voir arrêter les ronflements, mais pour les cas de ronflements accompagnés d'apnées du sommeil, il y a d'autres méthodes plus lourdes mais très efficaces.
D'une façon générale, il vaut mieux éviter ou modérer toutes les substances telles que le tabac, qui irrite la muqueuse nasale, l'alcool, qui diminue la force des muscles de la gorge (qui se rétrécit alors) et les somnifères, qui font sombrer dans un sommeil très profond et favorisent ainsi le relâchement musculaire. Ces conseils pourraient induire que notre Président bien aimé, élu massivement pour effecteur une politique de droite dissimulait des défauts relativement lourds.
Il fumait. On le savait. Il buvait des Corona. On l’avait vérifié. Mais nous avons ignoré très longtemps qu’il prenait du Lexomil lors des grands rendez-vous internationaux pour masquer son angoisse. Les hommes "légèrement enveloppés " étant également très souvent confrontés au ronflement on pressentait que la situation globale n’était guère brillante. En effet, alors que les femmes ont tendance à s'arrondir du bas, les hommes, eux, stockent le surplus de gras dans le haut du corps, d'où le charmant râle nocturne.
Pour certains d'entres eux, un régime peut s'avérer suffisant pour pallier à ce problème. Là on savait que ce n’était pas le genre de la maison depuis que l’on connaissait le montant des frais de bouche quotidien du couple présidentiel dans son ancienne demeure de l’Hôtel de ville de Paris ! C’est en mangeant trop de tête de veau que Chirac a donc basculé dans l’incorrection diplomatique et l’antiaméricanisme primaire. Il est vrai que Tony Blair ne peut pas comprendre cette situation : bien manger avant de ronfler n’appartient pas évidemment à la culture britannique.
PERTE D’UN ART DE VIVRE
Au-delà des appréciations politiques sur cette attitude de celui qui fut le Président d’une République endormie, il faut convenir que l’attaque des Anglais mérite d’être disséquée. Elle met en effet en péril la vision de l’Europe portée par bien des responsables actuels : homogénéisation des systèmes de vie. On approche de l’américanisation détruisant un art de vivre appartenant à notre patrimoine culturel. Jacques Chirac a ce jour-là publiquement défendu la sieste à la Française dont on sait combien elle se pratique en n’importe quelles circonstances après un bon repas ! Le mot sieste vient du latin "sixta" qui signifie "la sixième heure du jour" appartient en effet à une longue tradition de l’Europe du sud réputée inactive, peu sérieuse et donc peu efficace.
Elle désigne ainsi le sommeil pris en milieu de journée, vers la sixième heure du jour, mais aussi, plus généralement, toute forme de repos (avec ou sans endormissement) pris en cours de journée par opposition au sommeil de la nuit.
La vie est une succession de périodes de repos et d'activité et Chirac n’a donc rien effectué de condamnable car il a simplement appliqué les principes de l’horloge biologique car il est essentiel d'organiser correctement ces alternances pour vivre heureux, en bonne santé et rester au maximum de ses possibilités.
Une sieste par jour c'est obéir à nos rythmes biologiques fondamentaux, pour une santé optimale et un mode de vie sain et naturel ! Une interruption de 5 minutes dissout le stress, augmente les performances physiques et psychiques, et fait gagner du temps en réduisant la durée du sommeil de la nuit suivante d'une durée pouvant aller jusqu'à une ou deux heures.
Nul ne songerait à part les Anglais à critiquer un comportement qui n’a pas d’autre but qu’augmenter la vitalité et la créativité comme ce fut le cas pour Napoléon, Leonard de Vinci, Edison, Einstein... et désormais grâce à un " mouchard " de sa Gracieuse Majesté pour Chirac ! Le problème c’est qu’on ne s’en est véritablement pas aperçu durant son mandat présidentiel. Comme quoi l’hyper activité de son succeseur apparait comme de plus en plus inquiétante. Il n'est pas prêt de ronfler et de faire la sieste. C'est l'exception qui confirme la règle.
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par Jean-Marie DARMIAN
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Il y a des tendances qui ne traversent pas que le parti socialiste mais aussi parfois la société elle-même. Elle sont parfois identiques à ces rivière souterraines qui apparaissent à un moment ou un autre après avoir parcouru des centaines de mètres de manière invisible. Les " sourciers ", en l’occurrence les sociologues, cherchent à détecter leur présence afin d’anticiper les résultats des… sondages futurs. Il faut absolument déterminer la manière dont on doit se positionner pour parvenir à surfer sur l’opinion dominante. Depuis plusieurs mois la vague dominante est celle de l’inutilité de la vie politique et notamment celle reposant sur l’expérience, la durée et la réussite populaire. Ces critères ne semblent plus correspondre à la mentalité bien pensante.
Depuis plusieurs mois monte une nouvelle donne : la notoriété suffit à la réussite et notamment si elle possède une valeur exemplaire. On cherche d’abord à exister avant de prouver. On affirme avoir des droits donnés par les circonstances avant même avoir rempli ses devoirs. Cette attitude a constitué le fondement de la tactique politique mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et par son adversaire lors de la campagne. Tout ce qui est formel n’a aucune valeur car il est devenu important de transcender les repères habituels. On doit diluer l’idéal dans l’eau de rose de la " peopolisation " et surtout adapter son discours aux objectifs à atteindre.
Quand on est devant les élus locaux on vante leurs mérites mais on affirme aussi face aux militants qu’il faudra faire le ménage parmi ceux qui détiennent depuis trop longtemps un poste. On prône la diversité quand on veut accaparer un espace vacant mais on la contourne quand elle constitue une menace pour son propre sort ?
La charge permanente contre tout ce qui constituerait une méthode passéiste, à proscrire, à détruire conduit la société globalement à ôter toute valeur à la solidité de connaissances acquises sur le terrain, dans le travail au profit de l’intérêt collectif. Il est certain que le milieu politique ressemble étrangement à celui de l’entreprise où l’on de hâte parfois à se débarrasser de celles et ceux qui ont un tant soit peu d’ancienneté. La chasse aux " vieux " au nom de la nécessaire relève avait débuté dans une confidence faite dans un avion par Lionel Jospin aux journalistes sur Jacques Chirac dans un avion. " Il est trop vieux ! " avait-il lâché avant d’être à son tour lâché par les… vieux !
PROMOTIONS ET OUVERTURES
En fait dans certaines civilisations là où on constitue un conseil des " sages ", chez nous on les oublie du jour au lendemain comme s’il n’y avait aucun intérêt dans leur maintien sur le devant de la scène. Sarkozy a donc voulu faire du neuf , rien que du neuf pour faire oublier qu’il était historiquement le descendant direct du gouvernement précédent. Il a été cherché des inconnus qu’il a expédiés sans grands risques dans l’aréne. Il manie avec aisance l’alternance : promotion de jeunes médiatiques et ouverture sur les vieilles gloires ! N’empêche qu’il s’apercevra qu’il vaut mieux s’appuyer sur le métier que sur l’ambition.
Selon la presse un désaccord sur le comportement de la ministre le justice vis-à-vis de son équipe serait, par exemple, à l’origine de départs précipités. Michel Dobkine, magistrat chevronné dont l’expérience de sous-directeur à la direction des affaires criminelles du ministère de la justice, de procureur général, de directeur de l’Ecole nationale de la magistrature va cruellement faire défaut à Rachida Dati en une période de réformes institutionnelles à la fois très techniques et importantes : lutte contre la récidive, refonte de la carte judiciaire, réforme constitutionnelle, réforme pénitentiaire. Il est souhaitable que la ministre, novice en politique et juriste peu expérimentée, ne se coupe pas des compétences techniques indispensables à l’accomplissement de sa tâche.
Elle sera maintenant encadrée par un directeur de cabinet qui a déjà rempli ces fonctions auprès d’un autre ministre, qui est ancien recteur de l’académie de Bordeaux, ancien directeur d’administration centrale, ancien maire de Vincennes, ancien conseiller régional d’Ile-de-France, fondateur du collectif des étudiants libéraux de France.
Pour la présentation de son projet de loi renforçant la lutte contre la récidive, elle a été cornaquée au Sénat par le très expérimenté Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, président du groupe UMP au conseil régional d’Ile-de-France, ancien sénateur et ancien député européen.
POUSSE DANS LES CORDES
Quand peu des Ministres actuels ont une expérience électorale, quand beaucoup n’ont jamais présidé un cabinet, quand une forte minorité ne connaît qu’un conseil d’administration comme instance à convaincre il y a un certain danger. Les " oubliés " du gouvernement vont se faire un malin plaisir à les pousser habilement dans les cordes. Cet épisode prouve en effet que l’expérience politique, syndicale, professionnelle et les heures passées avec les militants ne sont pas un luxe et que le marketing politique et la politique de " peopolisation " atteignent leurs limites.
Il arrive aussi que les plus expérimentés ne puissent pas se passer des lumières médiatiques. Ils s’accrochent à tout prix à un poste ou un honneur et ce sont eux qui souvent portent une lourde responsabilité dans l’appréciation faite par les gens sur la politique. Ce comportement n’est pourtant pas plus condamnable que celui des " vedettes " allant d’un camp à l’autre pour, selon eux, faire bouger les lignes ! En fait ils ne font que céder à un chant des sirènes qu’ils ont parfois eux-mêmes pratiqué. Le grand mot c’est " renouvellement " et donc on tente, par tous les moyens, avant d’être limogé, de sortir par le haut.
Jack Lang saura parfaitement exploiter ce filon. Il va se " victimiser " durant quelques jours afin de justifier son acceptation de partir sans l’accord de son parti. Il est vrai que quand il a entendu que la candidate socialiste avait défendu le programme de son parti dans lequel elle ne croyait pas… il se dit qu’il ne risque pas grand chose. Réélu député facilement, n’ayant aucune échéance électorale prochaine, boudé par les éléphants, habile manipulateur médiatique, il sait qu’au cœur de l’été plus personne ne parlera de son départ mais qu’en revanche il trouvera une tribune différente comme l’ont eue avant lui Kouchner, Besson, Bockel, Hirsch, Amara, Védrines… Il existera alors que les autres vont s’engoncer dans des luttes fratricides destinées à désigner celle ou celui qui deviendra Calife à la place du Calife.
FACILITER LES EVASIONS
Le véritable problème c’est que Sarkozy a parfaitement compris l’intérêt de la manœuvre : faciliter les évasions en faisant croire qu’elles étaient spontanées. Il faut pourtant les théâtraliser. Et là Jack Lang sait faire. Voici sa lettre à ce pauvre François Hollande dont on se demande combien de temps il va résister à cette vague de départs : "Au cours de ces cinq dernières années, j'ai travaillé sans relâche auprès de toi et pour notre parti avec loyauté et solidarité. J'ai participé activement à de nombreux combats: campagnes régionales, européennes et présidentielles, ouverture de notre parti à de nombreux adhérents, élaboration du projet socialiste, inscription des jeunes sur les listes électorales. Aujourd'hui, je ne me reconnais plus à travers les méthodes de direction qui sont les tiennes, en conséquence je te présente ma démission de Secrétaire National et je suspends ma participation aux travaux du Bureau National. Militant socialiste je suis, militant socialiste je reste fidèle à mon idéal de toujours. En particulier, je continuerai à combattre vigoureusement la politique économique et sociale de la droite. Citoyen libre, je servirai mon pays selon les règles de conduite que seule ma conscience me dictera et fort de la confiance populaire qui m'est accordée." En fait si l’on décode le langage politique on en arrive à une conclusion simple : le parti ne sert qu’à se faire élire et ensuite on devient un " citoyen libre ". Le léger problème c’est qu’il y aura un léger décalage avec l’électorat qui ne l’a probablement pas élu pour qu’il aille voir ailleurs qu’au P.S. C’est la privilège de l’âge qu celui de savoir que la vérité d’aujourd’hui n’a jamais été celle de demain !
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par Jean-Marie DARMIAN
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LES "UNES"
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AU JOUR LE JOUR
Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan : "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant
de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut
envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.
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