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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Samedi 30 septembre 2006
Brutalement mon père vient de décider d’aller ailleurs. Epuisé par une lutte disproportionnée il semble vouloir tourner une nouvelle page, moins dense, moins noire aussi, de sa vie. Hier, il a été installé dans son lit et il a entamé la plus longue des attentes celle qui vous conduit vers le plus bref et le plus infini des voyages. Dans ma vie publique ou privée je rencontre souvent la mort chez les autres. Je ne l’ai cependant jamais vue arriver lentement, sournoisement pour me prendre l’un des miens. Je n’ai que le souvenir des périodes ayant précédé la disparition de mes grands parents sans avoir pleinement conscience de la dureté de ces situations.
Mon père s’efface lentement comme s’il était tombé dans des sables mouvants l’empêchant de s’exprimer et le privant même du droit à appeler au secours. Cette lente agonie me perturbe car elle me place face à moi-même et à une affreuse contradiction : tout faire pour ne pas qu’il disparaisse physiquement et le savoir enfin soulagé de ne plus avoir à résister à un adversaire invisible qui le torture.
MON IMPUISSANCE ABSOLUE
Ces minutes silencieuses, dans sa chambre, seulement meublées par le faible rythme de sa respiration me confinent dans une impuissance absolue. Rien n’est pire que l’attente d’un événement que l’on redoute mais dont on ne connaît ri le début et encore moins la fin. Je cherche vainement à apprendre de ce filet de vie qui le relie encore au monde. La moindre anicroche, le moindre soupir, le moindre signe d’anormalité me plongent dans le doute. Je ne sais pas comment il me faudra réagir pour tenter de l’accompagner du mieux possible. Et, chaque départ vers ma vie publique me culpabilise au plus haut point. Il m’est impossible de ne pas penser que, quelques secondes après que j’ai franchi la porte, il peut nous quitter discrètement sur la pointe d’un souffle plus court que les autres alors que, paradoxalementquand je suis assis à ses côtés je ressens un dramatique sentiment d’impuissance.
Ses yeux fermés sur ce monde de supplices masquent une réalité intérieure difficile à imaginer. Revoit-il sa vie entièrement tournée vers les autres ? Qu’espère-t-il retrouver dans son monde du silence ? Quelles images passent sur l’écran désormais noir de ses journées sans soleil ? Qu’attend-il de moi ? Que puis je lui donner comme signe fort de l’amour que j’ai pour lui ? L’incommunicabilité pèse terriblement sur près de 60 années d’échanges peu démonstratifs mais suffisants pour se comprendre. Je souffre de ne plus pouvoir partager avec lui le moindre signe de reconnaissance. Plus de paroles. Plus de regards. Plus de silences constructifs. Et je songe à tout ce que je voudrais maintenant lui confier et que comme un idiot je n’ai jamais su lui dire.
Notre société renforce le concept de l’immortalité. Elle s’accroche au progrès comme le naufragé à une bouée. Elle espère secrètement que le médecin trouvera une solution à l’inéluctable. Elle se cache derrière la technicité de ses spécialistes afin de ne pas voir le gouffre qui se profile tôt ou tard.
UN VERITABLE SUJET DE DEBAT
C’est exact que je ne crains pas la mort car je sais qu’elle est probablement moins pénible pour soi (ne serait-ce que parce qu’on ne la ressens pas toujours) que chez les autres. On n’est jamais impuissant pour son propre destin puisque l’on a toujours la possibilité de lui donner la direction que l’on veut. Abréger sa propre souffrance devrait être reconnu et admis tant que l’on en a la lucidité intellectuelle. En revanche quelle terrible décision à prendre pour aller au devant des appels de l’autre. Une situation d’autant plus exigeante que nul ne sait quelle est la part de désespoir ou de volonté réelle dans une pareille demande.
L’euthanasie deviendra un véritable sujet de débat. Je suis certain que personne n’osera le relever car il va à l’encontre de l’opinion dominante, celle qui veut qu’une existence se poursuive dans toutes les circonstances au nom de la souffrance expiatoire de ses comportements antérieurs. Des brèches dans cette position ont été imposées par des circonstances exceptionnelles mais demeurent extrêmement marginales pour pouvoir imposer à la société de se pencher sur ce qui deviendra une vision humaniste de la fin de vie.
L’euthanasie est revenue d’actualité depuis le XIXe siècle, à partir du moment où les progrès de la médecine au niveau des traitements physiques et du prolongement de la vie ont poussé l’État, la profession médicale, les philosophes et les théologiens à débattre du sujet de la qualité de la vie. Il fleur faudra tôt ou tard se pencher sur les droits pour un être humain de déterminer le moment où cette qualité s’est dégradée tant qu'il devient acceptable et licite de mettre un terme à son agonie et sa souffrance. Le nier en cette période où l’on atteint des âges avancés mais avec de graves dégradations de l’intégrité physique c’est pratiquer la politique de l’autruche.
ELLE AVAIT TIRE SA REVERENCE
Dans la soirée, alors que j’écrivais ces lignes avec un coupable retard, le téléphone m’a replongé dans mes incertitudes. Il me fallait me rendre chez une personne décédée. Bizarre circonstance qui m’obligeait à aller à la rencontre de ce que je redoutais pour mon père. Une dame de 82 ans avait abandonné son époux (95 ans) en s’endormant définitivement sur sa chaise dans une cuisine d’une autre époque et une maison sans eau chaude. Sans crier gare elle avait tiré sa révérence comme une princesse qu’elle n’avait jamais été.
Cette mort qui m’oblige à me plonger dans des démarches administratives et surtout, avant son évacuation vers les funérarium, à lui poser une bracelet plombé au poignet ne me perturbe pas. Elle est nette, propre, simple, facile à admettre car elle tue l’espoir en une fraction de seconde. Elle était là figée sur son siège comme ces personnages de cire que l’on place dans les musées pour illustrer le monde paysan. La table couverte d’une toile cirée luisante attendait un repas qui ne viendrait plus. La vie s’était figée. Elle me rappelait qu’en d’autres lieux elle pouvait "s’éterniser" comme diraient celles et ceux qui croient qu’elle n’est qu’un éternel recommencement.
DIMENSION INTEMPORELLE
Les voisins rassemblés devant la porte lui donnait sa première dimension intemporelle en évoquant sa personnalité, son quotidien, son courage au service de son mari dans un contexte pour le moins fruste. Leurs conversations valaient toutes les homélies à venir. Je reste en effet persuadé que la mort n’est définitive que quand l’on n’existe plus dans les souvenirs d’une personne sur terre. L’éternité se limite selon moi à la fragilité des mémoires. Sombrer dans le néant passe par l’oubli des autres. Il suffit que quelque part dans un esprit vous existiez en image, en anecdote, en histoire plus ou moins graves pour considérer que vous êtes provisoirement immortel.
Là bas, dans son lit, mon père glisse. Il ne cherche même plus à se cramponner au regard des autres. Lui qui n’a jamais refusé de tendre, en n’importe quelles circonstances, la main aux autres, il n’a plus la force de tenir la mienne. C’est moi qui m’accroche à la sienne comme si je pensais être capable de lui restituer une part de la vie qu’il m’a donnée. Vanité impardonnable que celle ci. Aussi absurde que celle qui voudrait que nous puissions retourner en arrière pour n’accomplir que des actes fondamentaux et oublier les scories minables que nous impose un perception étriquée de ce que nous croyons être notre destin.
Mais je déblogue… 
JE VOUS AVAIS PREVENUS ET POURTANT VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...
(Chronique à relire : "COMPRENNE QUI POURRA)
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 29 septembre 2006
Lionel Jospin vient de jeter l’éponge. Il abandonne, après avoir fait un tour dans le ring et s’être rendu compte qu’il y avait plus de coups à prendre que de supporteurs à gagner. Il est vrai que son retour dans l’arène ne réjouissait pas outre mesure les combattants actuels qui y voyaient une intrusion destinée à démontrer qu'ils n’avaient rien compris au match. Un peu comme ces vétérans qui se permettent de damer le pion aux nouveaux arrivants il venait narguer les vedettes du moment. Dans le monde des artistes on connaît cette haine féroce que nourrissent les étoiles montantes à l’égard des anciens qui ne cessent de faire leurs adieux. Vivement que ces gars là débarrassent le plancher de la scène…
En fait Jospin s’est tout simplement trompé d’époque. Il a cru que le Parti socialiste était encore constitué de... militants. Il l’avait quitté ainsi, avec des gens de débat, prêts à prendre le risque de faire passer leur idéal avant le résultat et il l’a retrouvé quatre ans après avec des... adhérent(e). Il a cru dans une fidélité aux concepts socialistes et il a retrouvé des groupies ayant qu’une seule idée en tête : être de ceux qui auront eu le privilège de donner une leçon de réalisme aux vieux cons du PS dont il était.
Jean Luc Mélenchon hier soir sur LCI clamait son inquiétude en constatant que grâce à un clic sur internet des gens pouvaient, en quelques semaines, sans aucune culture politique socialiste vérifiée, venir défier des gens qui, depuis parfois des décennies, ont débattu, agi, travaillé pour faire passer leurs idées. A ses yeux, le PS serait devenu un "hall de gare", ouvert à des "supporters" ou des "sympathisants tardifs" venus "voter comme à la "Star Ac"".
Il y a une forme d’injustice flagrante dans cette opposition latente entre des gens venus de nulle part et des " enracinés " ayant résisté aux bourrasques des défaites, ayant été portés par les vents chauds des victoires. Tout cette constance morale (rester militant alors que tout s’écroule autour de vous) ou matérielle (cotisations d'élu depuis des décennies, ce que beaucoup de donneurs de leçons ne font pas) apparaît comme totalement inutile et donc dévalue particulièrement l’investissement personnel durable. la vie politique n'en sortira pas indemne.
JOSPIN N’AVAIT PAS PREVU
Incontestablement Lionel Jospin n’avait pas prévu que ces gens là prendraient, d’une manière aussi prompte, le pourvoir au nom de la vérité des sondages. Ils n’ont cure du passé et, pour eux, Jospin appartient au passé. Ils veulent croire au futur et en voir pour leur argent sans se rendre compte qu’une élection ne se gagne pas par un clic ou un bulletin mais plus prosaïquement par la distribution de tracts dans les boîtes aux lettres, par la présence assidue dans les réunions, par le courage d’affirmer la priorité des consciences sur les consignes, par l'action solidaire partagée.
L’unité sur la candidature Jospin en 2002 avait masqué la réalité disciplinée des déceptions nées de son affirmation sur " son programme qui n’était pas socialiste ". Elle reviendra, c’est une certitude, malgré les cris effarouchés des vierges qui crient au loup sans l’avoir vu et Jospin s’est aperçu qu’il ne symbolisait absolument pas cet espoir unitaire face à Sarkozy. Il en a tiré lucidement les conséquences !
Son bilan est oublié depuis belle lurette. Il ne restait de lui que son image austère, cassante, prude et surtout il n’a pas su incarner, comme les autres, un avenir illusoire mais prometteur. Ce gars là ne relevait plus ni du temps des cerises, ni de celui des lendemains qui chantent !
DU STATUT D’ADHERENT A CELUI DE MILITANT
Les nouveaux arrivants devront passer du statut d’adhérent(e) à celui de militant(e). Un véritable challenge car il leur faudra sûrement, pour certains, assumer les affres de la défaite et plus encore se préparer à être au rendez-vous pour bosser dans une campagne au service d’un(e) candidat(e) qui ne sera pas le leur. En trente ans de pratique politique je n’ai jamais connu de pire épreuve pour la sincérité des idées.
Personnellement j’ai toujours été confronté à cette situation. Rocardien de coeur et de conviction je me suis défoncé pour que Mitterrand l’emporte. Déçu par la non-désignation de celui qui me semblait le plus apte à représenter le canton, j’ai avalé ma colère pour participer à la victoire de son concurrent interne. J’ai toujours signé des appels en faveur de celle ou celui qui portait les couleurs de la gauche et pire j’ai toujours voté en faveur du meilleur d’entre eux.
En revanche j’ai vu passer bien des gens qui quittaient le navire dès que le cap ne correspondait pas à leurs ambitions ou qui se cachaient quand il fallait donner de sa personne. Mais je suis certain qu’il n’en sera pas ainsi les arrivants de 2006 et qu’on les trouvera pour distribuer lors des présidentielles ou des législatives. On peut avoir une absolue confiance dans leur motivation et leur connaissance profonde eds exigenecs du miltantisme. J'ai pourtant quelques doutes.
Le délai de présentation dans les sections du PS pour valider son adhésion était fixé à hier soir minuit. Il a expiré et a laissé sur le carreau des milliers de candidats au vote interne. Problème : la semaine dernière, 60% des nouveaux adhérents des Bouches-du-Rhône ou de l'Essonne, 40% de ceux de la Gironde n'avaient toujours pas montré patte blanche. A Paris, submergé par 9 500 nouveaux adhérents, on a tout simplement décidé de s'asseoir sur le règlement. Au-delà de ces constats techniques, c'est la philosophie de la campagne de recrutement qui est dénoncée et qui se trouve mise en cause.
Hier soir, en effet, il y a eu des litiges dans de nombreuses fédérations et l’établissement des listes électorales mettra en évidence la réalité de cette campagne qui étouffe le militantisme et provoquera certainement une dangereuse démobilisation car l’expérience prouve que le temps est le véritable juge de l’engagement. Le plus dur au PS ce n’a jamais été de remplir son bulletin d’adhésion : c’est de le renouveler !
DES DECISIONS COUPS DE COEUR
En fait la réalité actuelle des comportements sociaux repose sur le zapping. Ce sera la manière de vivre des adultes de demain qui, dans beaucoup de domaines, prendront des décisions " coups de cœur ". Il est loin le temps où une conception de la vie permettait d’avoir adhéré aux jeunesses socialistes à 16 ans et de partir avec sa dernière carte du parti dans le cercueil.
Rares étaient, par exemple, les instituteurs qui, au sortir de l’école normale, ne s’engageaient pas dans feu le Syndicat National des Instituteurs (SNI), ne signait pas leur première contrat d’assurance à la MAIF, ne sollicitait pas immédiatement une adhésion à la MGEN ou n’achetait pas leurs meubles à la CAMIF. Pour ma part cette forme de participation à la mise en place concrète d’un idéal solidaire date maintenant de 40 ans, sans aucune défaillance. Cette fidélité dans l’engagement me semble bien désuète ou ringarde. Selon des modes, des emportements passagers, des calculs de rentabilité, des décisions strictement affectives, le va et vient est incessant entre les structures collectives de réflexion ou d’action et les individus. Hier par exemple le mouvement de grève dans ce qu’il reste de l’éducation nationale a démontré le profond décalage entre le respect de consignes et la perception de l’efficacité d’une action solidaire.
LE CONSOMMATEUR POLITIQUE EST ARRIVE
Le consommateur politique est arrivé sur le marché. Il faudra non seulement savoir l’attirer, le séduire mais aussi le garder. Il vient en effet consommer un produit nouveau, s’offrir le droit de participer à une victoire, prendre sa part dans un montage à sa convenance et il espère avoir la staisfaction de gagner. Dans le stade des idées ils ‘est installé dans le virage sud en supporter farouche et motivé avec l’espoir de voir son équipe l'emporter. Mais supportera-t-il la désillusion d’une éventuelle défaite ? Reviendra-t-il soutenir " son camp " quel que soit l’adversaire ou les soirs de mauvais temps ? Restera-t-il un abonné ou un spectateur occasionnel ? Acceptera-t-il aisément de ne jamais voir son ou ses favoris l’emporter durant des décennies ?
La versatilité de l’électorat, exacerbée par les médias, constitue en effet un phénomène méconnu dans ses causes et ses effets. Elle rejaillit sur le fonctionnement de syndicats ou de partis où l’on passe picorer quelques mois ou quelques semaines d’enthousiasme pour ensuite repartir s’installer ailleurs ou tout simplement se mettre à la diète de l’action.
De très nombreux responsables associatifs confirmeront cette instabilité que l’on ressent d’ailleurs de plus en plus parmi les jeunes générations dans le domaine sportif, dans les études, dans la vie affective, dans les choix culturels. Impossible de prévoir un développement durable car à la moindre déception, au moindre incident, au moindre échec, les gens se désengagent.
Il n’en sera pas ainsi au PS où , 2007 et 2008 étant des années électorales porteuses d’ambitions personnelles et collectives fortes:  tous les adhérents de 2006 passeront le cap du renouvellement de leur soutien à des idées, à un programme et deviendront j’en suis certain des militants actifs s’inscrivant dans la continuité. Il serait en effet extrêmement dommageable que leur engagement se résume à un passage dans la soirée du 16 novembre 2006… et à une présence sur une éphémère liste électorale.
Mais je déblogue… 
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 28 septembre 2006
Si l’on en croit le Canard enchaîné il y aurait une sacrée envolée lyrique de Nicolas Sarkozy. Lors d’un énième déplacement "télé réalité", il y a une semaine, en Seine Saint Denis il aurait réuni à huis clos l’ensemble des responsables départementaux ayant en charge la sécurité. Certes il s’était légèrement défoulé devant les stylos, les micros et les caméras aimablement conviés à venir entendre la bonne parole et surtout à la diffuser. Sa diatribe contre les magistrats du 93 restera comme un grand moment professionnel car elle dénote, de la part de celui qui brigue une place de " maître du monde ", un sens aigu du dialogue et de la démagogie triomphante.
Le " ministre-candidat-président " de l’UMP aurait secoué son auditoire médusé puis accablé après avoir reçu " un savon" aux malheureux présents. Eux qui se faisaient une joie d’accueillir le chantre de la Police répressive en ont été pour leurs frais. D 'après des policiers, un peu secoués mais tout de même soucieux de conserver l’anonymat, Nicolas Sarkozy a piqué une somptueuse colère, à Bobigny, face à un parterre de cadres de l’Etat dont le Préfet ravi de se voir sérieusement tancé devant ses subordonnés. Le ministre de l'Intérieur les avait réunis après la divulgation d'une note courageuse de son représentant dans l’un des départements les plus sensibles de France, sur une délinquance non maîtrisée dénotant la possibilité de voir la crise des banlieues reprendre à tout moment.
"CRETINS, CONARDS, INCAPABLES..."
Le Canard enchaîné rapporte également les propos d'un des fonctionnaires présents à cette réunion : "Nicolas Sarkozy a invectivé à coup de "crétins !", "connards", "incapables"' les… personnalités présentes. Il était intenable", poursuit le fonctionnaire au Canard, "il s'est mis à hurler, à prononcer des mots très durs et blessants". Un autre policier rapporte à l'AFP : "C'était assez hard. Nicolas Sarkozy était très excité et énervé par la publication de la note du préfet. Il a eu des mots durs, moralisateurs, mais il n'a pas été grossier".Un collaborateur du ministre parle même de traitements "comme des gardés à vue".
Selon le récit du Canard, le ministre a repris le thème de la "parano" … qui semblé être son leitmotiv dès que les faits ne sont pas conformes à ses souhaits. "Il nous a sorti la grande thèse du complot", explique un chef de service présent à la réunion. "A savoir que ses ennemis (…) cherchaient à s'en prendre au candidat à l'Elysée", poursuit-il dans les colonnes du Canard. "Ce sont des choses qu'il faut se dire entre nous, mais pas écrire", a-t-il ajouté, faisant allusion à la note du préfet Jean-François Cordet qui dénonçait notamment une recrudescence de la délinquance dans le département. Il a dû avaler sa casquette ce pauvre fonctionnaire aux ordres d’avoir été aussi idiot de porter sur un document… la réalité des choses. Il a d’ailleurs, selon ce policier, "a accusé le coup, puis a dû lui réaffirmer sa loyauté".
LE SYSTEME DU TRIBUNAL POPULAIRE
Voici une toute nouvelle méthode de gouvernement qui n’est autre qu’une transposition des méthodes marxistes léninistes : on convoque le coupable devant ses pairs et on l’oblige à effectuer son autocritique que l’on accompagne d’un acte d’allégeance. Le système du tribunal populaire a toujours été le meilleur moyen de broyer les consciences et de les inféoder à des personnes.
Nicolas Sarkozy a dévoilé une face de sa personnalité qui, de temps en temps, de manière récurrente le conduit à déraper. Cette " racaille " policière aurait mérité d’être karchérisée mais dans le fond mieux vaut lui montrer qui est le véritable patron du pays en frappant fort sur la tête de ceux qui… en doutent ! La personnalité d’un chef d’état compte au moins autant que ses idées.
Dans ce marathon qui doit conduire vers l’Elysée chaque concurrent doit tenir la distance et démontrer une parfaite maîtrise de soi, du temps et de l’espace politique. Incontestablement les deux premiers dans les sondages manquent singulièrement de recul. Ils tirent quasiment à mitraillette sur tout ce qui bouge au prétexte qu’ils sont en situation de légitime défense. Impossible de les attaquer sur quoi que ce soit : ils ont décrété qu’ils jouissent d’une immunité spéciale. Nul ne peut douter de leur action tant ils se montrent agressifs. Mieux ils accusent les autres de malveillance ou d’agressivité coupable à la moindre critique.
UN SERIEUX ATOUT
Nicolas Sarkozy, " ministre-candidat-président de l’UMP " possède une parade importante qui calme toute velléité offensive à son égard : il nomme ou destitue les principaux fonctionnaires d’autorité. Or, quand on est candidat à l’élection présidentielle, c’est un sérieux atout. Il possède également le pouvoir régalien d’attribuer les subsides aux partis politiques et, ce qui est plus paradoxal, d’en contrôler l’utilisation. Il peut aussi susciter des candidatures, obtenir des renseignements sur les uns ou les autres, monter des opérations discrètes sur le compte de tout le monde, mettre l’appareil de l’Etat à son service. Au moindre bruissement ou pour un brin de contestation on agite le spectre de la répression potentielle.
La séance musclée de Bobigny va constituer une référence pour les prochaines semaines : le prochain qui bronche paiera l’addition ! " Sarko la Menace " pèse sur le pays de manière indirecte et c’est extrêmement inquiétant pour la démocratie. Alors que, depuis le mois de juin, tout candidat potentiel aux législatives doit réfléchir au moindre des ses actes par crainte de les voir imputés à ses comptes de campagne dans un an, le " Ministre candidat président " sillonne l’Hexagone, déplace des meutes de caméras, utilise le personnel de son ministère pour construire l’image qui lui servira dans maintenant 6 mois ! Heureusement qu’il dérape dans cet exercice et que, par souci de trop plaire à l’opinion dominante, il en oublie que l’exagération fait davantage peur qu’elle ne rassure.
IMPOSSIBLE D'ESQUISSER LE MOINDRE DEBAT
Dans l’autre cas l’immunité est conférée d’une manière beaucoup plus subtile. La " zappaterreur " de Poitou Charente utilise en effet la protection que lui confère sa féminité. Grâce à une hallucinante série people du style Martine (Martine à la maison, Martine à la plage, Martine en bateau, Martine sur son lieu de naissance…) elle cherche à se construire un blockhaus féminin ! Impossible d’esquisser le moindre débat d’idée car il est écourté par une réplique cinglante que j’ai déjà entendue : " vous dites cela parce que c’est une femme !… " ou alors formulée de forme interrogative : " est-ce que vous diriez cela à un homme ? ". Impossible d’oser la moindre critique sans recevoir une sanction suprême, pire que celle de naître en Inde dans la caste des intouchables : " misogyne, tu es misogyne ! ". C’est le bouclier absolu.
Comme par ailleurs en criant assez fort que l’on vous assassine et que l’on vous malmène en profitant de votre faiblesse physique vous recueillez la sympathie du plus grand nombre car votre courage face à ces " éléphants " vaut bien toutes les preuves de solidité. Elle ose leur répondre, leur résister, les agacer pour ensuite battre en retraite quand les ton monte. C’est bien connu David a toujours été plus populaire que Goliath !
En tous cas quand ce matin sur RTL Lionel Jospin aura annoncé sa non candidature, que dimanche à Fleurance Laurent Fabius aura confirmé officiellement la sienne, que lundi Jack Lang aura une fois encore changé de camp en rejoignant sa concurrente, que mardi la volonté de DSK d’aller jusqu’au bout aura été entérinée il faudra avoir une autre carapace que celle de la féminité outragée pour détourner les balles mortelles des réalités. Mais l’image aura été construite et ne s’effacera pas aisément... C'est tout bénéfice! 
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 27 septembre 2006
Quand on pratique, depuis pal mal de temps, les moments références de la vie publique on ne se fait guère d’illusion sur l’éloge funèbre qui sera prononcé le jour où vous aurez quitté physiquement le monde des vivants. En effet, quelle que soit la personne, lors de la cérémonie, elle est couverte de fleurs au sens propre et au sens figuré. On lui adresse tous les compliments possibles sur son caractère, son action, ses résultats, son sens du devoir. Il n’a accompli que des actes parfaits et a été le meilleur … d’entre nous. C’est une constante sociale. Hier soir encore lors de la cérémonie de départ de Roger Savajols Inspecteur d’Académie de la Gironde, muté à Rouen, j’ai eu l’impression que ces principes s’appliquaient aussi dans des circonstances moins tristes. Sincères, profonds, les hommages qui se succédèrent ressemblaient pourtant par trop à ceux que l’on rend lors d’une fin de carrière.
Il en est un autre hier qui a eu droit à "son enterrement de première classe". Un peu comme le Cornélius de la chanson de Bécaud ce sont ses amis qui l’ont accompagné, en fanfare, à sa dernière demeure "politique". Celui qu’il y a encore quelques semaines était présenté, en France, comme le modèle du socialisme moderne triomphant, a été en effet enterré "royalement" par ses camarades avec fleurs et … couronnes à Manchester. Tony Blair a été prié d’annoncer qu’il partait en vacances prématurément afin de ne pas hypothéquer les chances de sa formation de l’emporter aux prochaines élections. Il a même eu le privilège de prononcer lui-même son oraison funèbre. S’il fallait chercher une inspiration dans le blairisme voici une décision qui devrait figurer dans les premières à retenir.
En France on n’est pas du tout dans cette logique puisque les recalés du suffrage universel, ayant solennellement annoncé leur retrait " définitif " vont effectuer, d’un jour à l’autre, leur grand retour… Le Premier Ministre britannique n’attend pas qu’on le supplie de rester. Il prend les devants puisque le ciel se couvre et qu’on va le mettre à la porte sans ménagements. Il devance, non pas l’appel, mais le départ.
REMERCIER LE PEUPLE BRITANNIQUE
Dans son ultime discours comme dirigeant du parti travailliste, Tony Blair a donc remercié "le peuple britannique", saluant le bilan de près de dix ans de présence du Labour à la tête du gouvernement. Avec humour et aisance, Tony Blair, dynamique, a mis en avant "la plus longue période de croissance économique dans l'histoire britannique".
Le Premier ministre a été vivement applaudi lors de son entrée dans la salle du congrès, de même pendant son discours. Ses affirmations soigneusement hiérarchisées provoquèrent émotion et enthousiasme dans une salle qui pourtant avait décidé de se passer de lui dans l’avenir. " Il est juste que ceci soit mon dernier congrès en tant que dirigeant du parti ", a-t-il déclaré, ajoutant qu' " on ne peut pas rester éternellement en fonction. Bien sûr que ce sera difficile de s'en aller ",a-t-il ajouté, la voix cassée. " Mais ce sera juste, pour le pays, pour vous, pour le parti ". Interrompu plus de cinquante fois par des applaudissements, le premier ministre a cherché à galvaniser des travaillistes dont les divisions profitent au parti conservateur. Tiens donc : dans ce domaine nous ne sommes pas meilleurs.
Une bien belle leçon anglaise cependant que celle qui consiste pourtant à tirer sa révérence sans acrimonie et plus encore sans aucune arrière-pensée, sans regrets éternels, sans savonner la planche pour la suite. Mieux, Tony Blair, au lieu de dégommer son successeur, a rendu hommage à Gordon Brown, pressenti pour le remplacer. "Un homme remarquable", selon lui, sans qui le Labour "n'aurait jamais remporté trois victoires électorales"… Impossible d’imaginer autant de fair play sur notre territoire où l’on constate souvent celui à qui l’on a bien voulu, à reculons, laisser la place, n’a jamais les qualités requises, ne fera jamais aussi bien, ne sera pas capable d’assumer une responsabilité que l’on abandonnée. Les successeurs ont tous les défauts de la terre car ils ont usurpé un poste que l’on quitte sans le quitter moralement tout en le quittant physiquement. La période actuelle au P.S. en constitue une parfaite illustration.
FORMATION RESOLUMENT CENTRISTE
Tony Blair avait pris la tête de son parti en 1994, à 41 ans, le réformant de fond en comble pour en faire une formation résolument centriste et plus du tout orienté vers la gauche. Pour son premier congrès travailliste en tant que leader, ce brillant orateur et ce spécialiste de la communication avait été applaudi debout par les délégués pendant six minutes Son parcours n’aura pas été ensuite des plus aisés car il a accumulé des maladresse ou des erreurs. Mais, tout lui a longtemps été pardonné, tant que le chef des travaillistes restait une formidable machine à gagner, qui a amené à ses troupes, sur un plateau, trois victoires historiques successives aux élections alors qu’ils sortaient de 18 ans d'opposition.
Lentement son aura " intérieure " s’est néanmoins effacée face aux réalités de sa gestion. Lors de la guerre en Irak en 2003, son alignement sans faille sur la position des Etats-Unis, et sur le plan intérieur certaines réformes controversées comme celle de la santé publique ont inexorablement terni sa popularité médiatique.
L'impatience de son rival et ministre des Finances Gordon Brown a fait le reste, réussissant finalement à le pousser vers la sortie en s’appuyant lui le libéral bon teint… sur l’aile gauche très critique du parti travailliste.
Le chanceler de l’Echiquier illustre aussi le sentiment anti-européen de la majorité des Britanniques car il est persuadé qu’à l’échelle de la mondialisation (qu’il ne condamne pas du tout), l’Europe est un échelon inutile. Alors autant dire que le Traité constitutionnel n’est pas prêt de revenir sur le tapis des rencontres au sommet. Dans ce domaine on ne se réclamera plus du… blairisme mais d’un brownisme encore plus hostile à l’usine à gaz européenne.
Depuis l'arrivée de Tony Blair au 10 Downing Street et Gordon Brown au numéro 11, l'économie britannique affiche pourtant une belle santé. Certains socialistes français les plus pragmatiques ne veulent retenir que cette embellie pour encenser le leader des Travaillistes. Le volet social de son action est soigneusement occulté car il est beaucoup plus discutable. Cette réussite économique d'autant plus remarquable que, les années passant, les autres puissances européennes, la France, l'Allemagne et l'Italie, ont montré d'inquiétants signes de faiblesse doit être cependant tempéré l’enthousiasme des admiratrices potentielles.
RENTRER DANS LE RANG
La Grande-Bretagne risque en effet de rentrer dans le rang à brève échéance en raison de signes patents de faiblesse : baisse de la production manufacturière, fort ralentissement du pouvoir d'achat ménages, objectif d'une croissance supérieure à 3 % paraissant extrêmement optimiste… Une situation certes meilleure que celle de la France, mais cependant inconfortable pour Gordon Brown, qui va devoir faire des choix douloureux (hausse de la pression fiscale ? baisse des dépenses publiques déjà très comprimées ?) s'il veut respecter le budget dont il a tracé les grandes lignes. Pour l'éternel dauphin, une dégradation de la situation économique aurait un effet quasi arithmétique sur sa cote de popularité et... sur ses chances d’apporter une quatrième victoire aux Travaillistes.
Il va falloir ranger les photos avec Tony. Elles n’ont plus grande valeur sur le marché des présidentiables socialistes. D’autant qu’il s’est plu à rappeler que l’on n’est jamais élu sur un bilan mais sur une image et un projet.
Pour celui qu’il a côtoyé sans trop d’affinités, Lionel Jospin la leçon est dure car le bilan ne suffira donc pas. Pour Laurent Fabius, malgré un projet cohérent, aussi car l’image reste extrêmement floue et ce sera difficile d'éviter aussi le bilan. Ségolène Royal, pourtant groupie de Blair, n’est pas mieux lotie : certes elle n’a pas de bilan donc elle n’a rien à perdre, elle possède une image soigneusement polie et en revanche avance à tâtons dans un projet qu’elle tente de coller à l’opinion dominante. C’est incontestablement la meilleure élève française de Tony… le retraité. Reste à savoir si ce n'est pas trop tard.
Mais je déblogue…
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU
(voir la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "LE MIRACLE INDIGENE")
(voir la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "SURENDETTEMENT ABYSSAL")
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 26 septembre 2006
Incroyable : on vient de découvrir l’incroyable!. Bernadette Chirac, émue par la projection privée à l’Elysée du film " Indigènes" de Rachid Bouchareb a décidé son mari le grand Jacques Chirac à revaloriser les pensions des combattants venus des anciennes colonies françaises pour libérer le territoire de leurs ancêtres les Gaulois de la domination nazie. Une sacrée découverte effectuée par le Président d’une... République peu regardante sur les remerciements qu’elle doit à ceux qui l’ont servie.
Dans tous mes discours, pour le 8 mai ou le 11 novembre, je n’ai pas une seule fois manqué d’évoquer cette injustice détestable faite à des hommes qui ont eu, en définitive, le tort de ne pas se faire trouer la peau sur des champs verdoyants, des espaces enneigés ou dans la boue des tranchées. Ils voulaient tellement marcher vers une citoyenneté française reconnue qu’à chaque guerre ils affrontèrent la mort pour l’acquérir.
 Ils furent les victimes d’une immigration non choisie… avant qu’on ne les oublie. Heureusement, pour leur mémoire, que Bernadette Chirac vient de décider sur l'oreiller son mari à leur envoyer... quelques pièces jaunes complémentaires. Elle aurait pu le confier à Sarkozy afin qu’il fasse une belle annonce à Dakar car là-bas il existe des hommes qui n’ont pas perdu la mémoire.
LES FAMEUX TIRAILLEURS SENEGALAIS
La mobilisation des troupes coloniales pour la guerre 1914-1918 y fut en effet sans précédent : environ 800 000 hommes ont été incorporés, plus de 70 000 y perdirent la vie. Lors de la bataille des Dardanelles, par exemple, les fameux " tirailleurs sénégalais " représentaient, à eux seuls, la moitié des effectifs engagés. Cet enrôlement de gré ou de force ne s'est pas fait sans difficultés, la solde et les avantages traditionnels n'étant plus suffisamment convaincants pour décider des hommes ne voyant jamais revenir les premiers partants on usa de méthodes plus coercitifs.
Le premier député du Sénégal (de la ville libre de Saint-Louis), Blaise Diagne fut ensuite appelé à la rescousse au début de l'année 1918 pour convaincre ses électeurs. Il se prononça pour une généralisation de la conscription qui, dans son esprit, devait s'accompagner d'une marche progressive vers la citoyenneté : à l'égalité dans les tranchées et devant la mort devait correspondre celle dans la société. Du moins le croyait-il ! Ses arguments ne suffirent cependant pas à convaincre les réfractaires au départ sur les champs de bataille européens… et pour la première fois ils avaient raison contrairement à ceux qui partirent fiers de devenir Français et ne revinrent jamais.
En effet, durant de longs mois, l'intérieur de l'Afrique Occidentale Française fut agitée par des révoltes contre les enrôlements forcés. Ces émeutes, réprimées par… les tirailleurs restés sur place, prirent une telle ampleur, que le gouverneur dût suspendre un temps les recrutements militaires et suggérer au gouvernement de mettre davantage l'accent sur la contribution économique des colonies. On ajouta donc une contribution importante en termes de main-d'œuvre afin de pallier les manques. L'exemple des travailleurs chinois est maintenant bien connu, mais ce sont plus de 200 000 travailleurs coloniaux (dont plus de 50 000 Indochinois seulement) qui vinrent assurer la relève des conscrits dans les usines françaises. Il en fut de même lors de la seconde guerre mondiale. La leçon avait été retenue en Afrique noire mais pas encore en Afrique du Nord…
UN LOURD TRIBUT DES 1940
Avant 1939, la situation fut tout autre : les troupes coloniales furent d'emblée massivement intégrées aux plans de bataille et, placées en première ligne, elles payèrent un très lourd tribut lors des combats de mai et juin 1940 mais furent vite oubliées dans les camps de prisonniers allemands où la mortalité fut terrible. On oublie totalement d’en parler. En 1944, ils représentaient là encore, la moitié des troupes ayant débarqué en Provence qui furent cependant " blanchies "au fur et à mesure de leurs avancées. De Gaulle privilégia l'intégration des groupes de résistants à la célèbre Première armée et choisit, face à la pénurie de moyens, de désarmer une partie des bataillons de tirailleurs afin d'équiper ces nouveaux combattants.
La frustration de se voir déposséder d'un rôle central, les suspicions des autorités françaises sur leur loyauté à l’égard de la République et surtout les promesses matérielles non tenues furent, par exemple, à l'origine du soulèvement du camp de Thiaroye (banlieue de Dakar). Le 1er décembre 1944, les troupes françaises ouvrirent le feu sur 1 280 tirailleurs en cours de rapatriement. Le lourd bilan (35 tués, 35 blessés graves...) suffit, à lui seul, à démontrer la complexité du rôle des troupes coloniales à la Libération. Fêtées en métropole par la population en liesse mais réprimées et ayant toutes les difficultés pour faire valoir leurs droits dès lors qu'elles réintégraient leurs régions d'origine, elles portaient en germes les révoltes ultérieures.
La fraternité qu’ils avaient rencontré, sur le terrain, au combat disparaissait brutalement. L’égalité face aux balles ennemies, aux rations quotidiennes, laissaient la place à l’inégalité de la colonisation triomphante. La liberté qu’ils avaient défendue en métropole leur était refusée dans leurs villages. Mieux on fit tout ce qui était possible pour les ignorer et surtout les priver des droits fondamentaux qu’ils avaient contribué à redonner aux autres.
LA CRISTALLISATION MAINTENUE
Notre société ne vivant désormais, non pas sur des réalités mais sur l’apparence des images, il aura fallu un film, que peu de monde a d’ailleurs accepté de financer, pour que reviennent sur le devant de la scène des combattants octogénaires, malades, oubliés. Depuis le 29 décembre 1959, les autorités françaises avaient en effet " cristallisé " le montant des pensions des ressortissants des anciennes colonies ayant servi dans l’armée française. L’écart des pensions entre les titulaires français et étrangers n’a alors cessé de croître. Aujourd’hui, l’injustice est à son comble puisque les étrangers reçoivent de… 3 % à 30 % de la somme versée à leurs anciens collègues français, suivant leur nationalité
Au retour de son voyage au Sénégal où elle avait été vertement interpellée, la ministre de la Défense avait déclaré, le 9 septembre 2002, que " les décisions concernant les pensions des anciens combattants des pays de l’ex-Union française devraient être prises avant la fin de l’année ".
Le problème c'est que la décision avait déjà été prise depuis plusieurs années. Le Conseil d’État dans son arrêt Diop du 30 novembre 2001, suivi de dizaines d’autres arrêts, a tranché en jugeant que le fait de verser des prestations " cristallisées " aux anciens combattants et aux anciens fonctionnaires civils ou militaires violait la Convention Européenne des Droits de l’Homme et constituait une discrimination illégale. Les personnes concernées devaient donc enfin bénéficier de l’égalité des droits si le gouvernement ne s’évertuait pas à contourner les règles de droit pour faire des économies sur le dos des étrangers l’ayant servi. Le gouvernement a joué le pourrissement et a bafoué les décisions de justice ;
"NOUS AIDER A LIBERER NOTRE PAYS DU NAZISME"
"Il y a eu près de 40 ans pendant lesquels il n'y avait pas de reconnaissance du tout du rôle de ceux qui étaient venus nous aider à libérer notre pays du nazisme", a rappelé Michèle Alliot-Marie. Puis "nous avons essayé" d'établir "une équité par rapport au pouvoir d'achat de chacun des pays. Aujourd'hui, et à la demande du président de la République, nous allons essayer de passer (sic)à une phase suivante qui sera une reconnaissance au même niveau nominal de la reconnaissance de la Nation à ceux qui sont intervenus", a-t-elle dit. "Bien entendu, cela représente un coût relativement important, mais je crois que la reconnaissance que nous leur devons le mérite", a ajouté la ministre, précisant que l'argent nécessaire au financement de la mesure doit encore être débloqué par... le ministère de l'Economie. " Selon le ministère des Anciens combattants, le coût d'une telle mesure serait en effet de l'ordre d'environ 400 millions d'€ par an et interviendrait dès... le 1er janvier 2007. Quelque 80.000 personnes de plus de 65 ans, originaires de 23 pays (Maghreb, Afrique noire francophone, Madagascar et ancienne Indochine), pourraient bénéficier d'une telle "décristallisation".
En attendant encore un an on peut espérer à Bercy qu’ils soient encore moins nombreux… il suffira que le débat traîne un peu, que le film sorti soit éclipsé par un autre, que Bernadette perde la mémoire et ils ne seront plus que 70 000 ! Patience : un film n’est pas éternel surtout si personne ne va le voir et demain soir TF1 aura à vanter les mérites de Sarkozy. L’idée n’est pas de lui. Alors autant revenir à cette " racaille de Cachan " qui attend que l’on se rappelle que l’un d’eux a peut-être son grand-père qui est mort pour la France !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 25 septembre 2006
La précarité dans le monde du travail devient une règle permanent. Pour diminuer les statistiques du chômage, il est indispensable de considérer que tout travailleur qui décroche le moindre contrat est un demandeur d’emploi en moins. Et, il faut voir avec quelle hâte, les statisticiens de l’ANPE font disparaître les malheureux qui ont pl pleuré pour obtenir plus de 15 jours de boulot. Il y a pourtant un métier plus exposé que les autres : celui d’entraîneur de club de football professionnel. C’est fou la vitesse avec laquelle vous vous retrouvez condamné à regarder votre équipe à la télé depuis un canapé qui n’a pas les charmes du banc de touche. Si les mêmes principes existaient dans le monde politique les Ministres n’useraient guère le fauteuil de leur bureau.
Ainsi Nantes, Créteil et Istres viennent de demander, à celui en qui ils avaient entièrement confiance il y a quelques semaines, d’aller chercher fortune ailleurs alors que nous n’en sommes pas encore à des moments décisifs des championnats. On murmure que d’autres pourraient vider leur casier durant les jours qui viennent. On ne connaît pas de contrat plus précaire que celui-ci puisque, en quelques jours, vous passez de la pression du résultat à la morne attente qu’une place se libère ailleurs pour démontrer votre talent. Il est toujours vrai que le malheur des uns contribue au bonheur des autres.
Dans mes contacts avec le milieu du football professionnel, j’ai connu de très nombreux personnages qui avaient en charge un groupe de joueurs souvent mieux payés qu’eux. Tous avaient conscience que leur horizon se découvrait après chaque match et qu’une mauvaise passe les condamnerait immédiatement. Ils devenaient sombres, méfiants, réservés et surtout irritables car persuadés que les médias portaient une part de responsabilité dans leur échec. Ils avaient oublié que parfois ils n’avaient pas craché dans la soupe quand tout allait pour le mieux dans le meilleur du monde du ballon rond. Mais j’ai eu beaucoup d’admiration pour quelques-uns car il faut un sacré talent pour parfois gérer un groupe de "nombrils" riches sans même le vouloir.
A Bordeaux, par exemple, depuis 2001 je n’ai jamais remis les pieds dans un milieu où j’ai passé plus de 20 ans et je me suis arrêté à... Elie Baup. J’en ai croisé ou rencontré quelques autres plus ou moins longuement mais sur des dizaines d’entre eux je n’en ai vu qu’un seul qui ne doutait jamais : Guy Roux. Les autres avaient peur du week-end suivant.La plupart du temps ils ont d'ailleurs été limogés avant la fin de leur contrat et quasiment jamais dans des conditions très claires car le complot couvait avant leur départ. En fait, on sent les choses se gâter quand le dialogue n’est plus possible, quand le silence l’emporte et que les critiques sous le sceau du secret se font précises. Certains le devinent et devancent le camouflet en allant tenter leur chance ailleurs (Elie Baup vient de le faire cette saison entre Saint Etienne et Toulouse, Jean Fernandez également entre l’OM et Auxerre…) à l’intersaison. Ils sont rares. D’autres attendent la sentence avec fatalisme en sachant que ça fait partie des risques de leur métier. Ce n'est pas pariel en politique !
UN PERSONNAGE DE ROMAN
Au Haillan le premier que j’ai pu rencontrer fut ce vieux renard de Raymond Goethals. Une figure, un monument, un personnage de roman de Siménon. D’abord fumeur invétéré il grillait cigarette sur cigarette tout en parlant avec son interlocuteur qui n’avait même pas de question à poser. Il parlait tout seul en utilisant sur la table du café tous les objets à sa disposition pour donner de longues et passionnantes conférences tactiques. Il déplaçait, tel un général sorti du rang, les cendriers, les couverts, les verres pour vous convaincre qu’il avait déniché le coup imparable pour terrasser l’adversaire. Pas un cheveu blanc car il se faisait régulièrement teindre pour éviter que l’on voit qu’il se faisait du… mauvais sang et surtout qu’il avait un âge respectable. Doté surtout un accent inimitable, " Raymond la science " m’impressionnait par son sens extraordinaire du détail. Rien ne lui échappait. Il connaissait tous les joueurs, tous les clubs sur le bout du doigt et ce que l’on prenait pour de la sorcellerie ne reposait que sur une parfaite connaissance du milieu. Il ne livrait ses secrets qu’aux véritables amis et pour gagner sa confiance il fallait absolument devenir un ténor de la… belote car il passait tout son temps libre à regarder tous les matches possibles à la télé et ensuite disputer quelques " mille " avec des complices de circonstances ou des habitués. C'était un autre temps!
Il avait redressé une situation désespérée laissée par un autre personnage, Luis Carnaglia arrivé d’Argentine par le miracle d’un ou plusieurs transferts plus ou moins louches. Lui, ne faisait absolument rien. Il était en vacances en Europe et vivait sur sa légende argentine. Lors du premier entraînement au stade de Galin, il avait pris un ballon, pieds nus et torse nu, pour faire le tour du terrain en jonglant. Puis, il s’était approché du groupe de journalistes pour lui signifier dans un français d’opérette qu’il n’était pas question, vu la démonstration effectuée, de mettre en doute son talent technique. Il restera en poste… une vingtaine des semaines et sera viré avec une belle indemnité.
L’ECOLE DE L’EXIGENCE
Dans un tout autre genre Aimé Jacquet arriva au Haillan sur les conseils du plus merveilleux des joueurs que j’ai pu rencontrer : Bernard Lacombe, actuellement dans l’ombre à Lyon mais pourtant décisif dans le choix des hommes. Anxieux au possible, méticuleux jusqu’au bout des ongles, consciencieux, sérieux, travailleur infatigable, observateur avisé, le nouveau venu péchait par son manque de charisme dans ses relations avec les médias. Ce fut l’opposé de Goethals.
Joueur de devoir, il avait été formé à l’école Snella, celle de l’exigence et pas celle des paillettes. Il avait connu le travail manuel, la réalité de la vie car son professionnalisme venait d’une ascension sociale réelle. Il appartenait à la génération des gens qui savaient tout devoir au sport et pas à celle qui arrivera plus tard des pros à qui le sport devait tout. Il ne parvenait pas se dépêtrer des micros et caméras qui l’assaillaient quand les Girondins accumulaient les titres et les campagnes européennes. Il ne sortait que des phrases stéréotypées dont l’impact s’usa au fil des neufs saisons passées à Bordeaux.
Il eut la chance de diriger un groupe extraordinaire constitué de joueurs de devoir (Girard, Tigana, Dropsy, Bracci, Domenech, Thouvenel, Specht, Tusseau, Trésor, Battiston…) et de vedettes ne se prenant pas pour des vedettes (Giresse, Lacombe notamment). Tout se gâtera pour lui quand on lui imposera des joueurs moins fiables, avec des têtes mal faites et vides, et que des histoires, sans rapport avec le football, émailleront la vie du groupe. Sans que ceci ait quoi que ce soit de péjoratif Aimé Jacquet était un " laborieux ". Opiniâtre, ancré dans ses choix, parlant simplement mais directement à son groupe, suscitant par sa droiture le respect autour de lui il ne m’a pas laissé la même impression quand je l’ai retrouvé brièvement à la tête de l’équipe de France. Il était déjà beaucoup plus distant et avait appris à se protéger davantage ce qui fit que la presse ne lui pardonna rien. Il fut limogé des Girondins par un Claude Bez dans la spirale de la faillite et sans avoir compris Pourquoi tout à coup on avait engagé des artistes alors qu’il ne réclamait que des ouvriers qualifiés ayant une solide expérience. Ce sont eux qui ont eu sa peau car ils ne respectaient plus rien sur le terrain et hors du terrain. Lui qui finira Champion du monde quitta Le Haillan après tout ce qu’il avait fait comme un malpropre ! Il n’ira même pas au bout d’une saison ! Il aura sa revanche mais la blessure était en lui.
UN SOLIDE BON SENS PAYSAN
Elie Baup ressemble à cet Aimé Jacquet des débuts mais en moins introverti, en plus roublard et avec un humour capable de sauver toutes les situations. Il adore instituer des rapports de forces mais quand il accorde sa confiance elle est durable. En revanche son regard noir sous la visière de la casquette peut foudroyer quiconque du regard. Solitaire, doté d’un solide bon sens paysan ariégeois, matois, capable de prêcher le faux pour connaître le vrai il a fini par être victime de tueurs internes, de tueurs avisés qui visaient tout simplement sa place sur le banc de touche ou qui ne souffraient pas de voir leur recrutement mis en doute. Elie Baup, a la rudesse de son Ariège natale et il faut se lever de bonne heure pour le faire changer de cap. Il saura toujours dynamiser un groupe ou le faire progresser car il ne pardonne pas l’infidélité ou la trahison sur la pelouse ou en dehors. Il sait tenir dans la bourrasque et ne pas se tromper de route.
A l’inverse le plus fragile de tous aura été Alain Giresse que Charles Bietry, Président du PSG couvrait de fleurs avant... quatre mois plus tard le virer, lui aussi, comme un bon à rien. Le plus pittoresque restera Rolland Courbis dont la faconde, la malice, le parler vrai et le sens inné de l’embrouille pouvaient faire croire provisoirement qu’il réalisait des miracles. Il sortait des résultats de son chapeau ou dénichait des talents qu’il savait faire… fructifier sur de courtes périodes. Rolland Courbis est le César du ballon rond. Toujours en train de jouer une énième pièce de théâtre et fataliste quand tombait prématurément le rideau. Etre viré ne lui pose aucun problème car il sait que ça viendra tôt ou tard et qu'on le fera revenir pour réaliser un miracle!
Bizarrement je n’ai pas vu l’un d’entre eux quitter les Girondins, la tête haute, le regard fier. Ils ont tous été virés au nom de la dure loi de la rentabilité. Je suis certain que les entraîneurs actuels seront rassurés. Ils pourront bientôt travailler tranquillement puisque les clubs de football vont entrer en bourse et l’on sait que, par les temps qui courent, les actionnaires préfèreront la belle incertitude du sport au… détriment de leurs dividendes.
Mais je déblogue...
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...
http://permanent.nouvelobs.com/medias/20060925.OBS3300.html (cf chronique "Taisez-vous Elkabach" de L'AUTRE QUOTIDIEN)
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SPORT
Dimanche 24 septembre 2006
Chaque fois que j’entends le nom de Ben Laden, je ne peux m’empêcher de penser à la fameuse marque de machine à laver et j’ai du mal à imaginer l’existence même d’un homme aussi dangereux sur la planète. Il est pourtant encore bien vivant si l’on en croit Jacques Chirac ou parti vers le paradis des Musulmans selon le quotidien L'Est Républicain. Il y trouvera si l’on en croit le Sourate 37 dans ses versets 38/39 à 47/49 du courant de la manière suivante : " Vous ne serez récompensés de ce que vous faisiez, excepté les dévoués serviteurs d'Allah. Ceux-là auront une attribution connue, des fruits. Ils seront honorés dans les Jardins du Délice sur des lits se faisant face. On leur fera circuler des coupes d'une boisson limpide, claire, volupté pour les buveurs, ne contenant pas l'ivresse, inépuisable. Près d'eux seront des vierges aux regards modestes, aux yeux grands et beaux, et qui seront comme des perles cachées." Un programme qui devrait vite lui faire oublier sa vie traquée dans les grottes d’Afghanistan. Le problème c’est que l’on aura bien du mal à obtenir confirmation de cette information réputée… secrète!
Le numéro un du réseau terroriste Al-Qaïda, Ousama Ben Laden, serait donc mort, selon des informations des services de sécurité saoudiens transmis à la Direction générale des services extérieurs (DGSE), rapporte le quotidien lorrain L'Est Républicain. On a véritablement l’impression d’être dans le sketch de Coluche sur les " sources autorisées qui s’autorisent à penser que… " car ce qui pose problème c’est encore une fois la véracité de l’information divulguée.
"Selon une source habituellement fiable, les services saoudiens de sécurité auraient acquis la conviction qu' Oussama Ben Laden est mort", précise ce document récent de la DGSE classée (et c’est très rassurant pour notre sécurité) "confidentiel défense". La note, précise le quotidien, aurait toutefois été enregistrée dans les informations "non recoupées" par la DGSE car bien entendu le poids des mots a son importance : il ne s’agit que d’une conviction degré éloigné de la certitude. D'après ce texte, "le chef d'Al-Qaïda aurait été victime, alors qu'il se trouvait au Pakistan le 23 août 2006, d'une très forte crise de typhoïde" et y aurait succombé dans les jours suivants. Les services français du renseignement auraient transmis cette note au le 21 septembre. Pour un scoop, c’est un scoop ! Il reste à voir s’il résiste à l’épreuve des faits.
MULTIPLES FUITES A REPETITION
Le citoyen français moyen devrait se poser quelques questions sur cette publication. Elle vient, en effet, après de multiples " fuites " relatives à répétition à l’affaire " Courant clair " (Clearstream) dont on sait dans " les milieux généralement bien informés " qu’elles ont été soigneusement organisées. Il faudrait donc un peu s’interroger sur la fiabilité d’une DGSE qui ressemble de plus en plus à une passoire alors qu’elle devrait être un véritable coffre-fort à infos. Ses agents ne sont plus trop secrets. Ses chefs prennent soigneusement des notes sur des carnets qu’ils emportent dans leur pavillon personnel. Leurs constats confidentiels sont publiées dans tous les journaux. Les " collaborateurs extérieurs " travaillent pour le compte de tel ou tel ministre et appartiennent à un clan politique avéré. Une situation affligeante qui doit bien faire sourire les autres services occidentaux.
Cette information "n'est en rien confirmée d'aucune façon que ce soit", a assuré Jacques Chirac, qui a donc confiance dans ses services secrets et qui a illico  demandé l'ouverture d'une enquête pour déterminer l'origine de la fuite de la note en question. C’est le moins qu’il pouvait faire même si en d’autres circonstances il a été moins regardant sur la technique de la " fuite perlée " utilisée sur d’autres sujets franco-français.
Le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a évdemment renchéri pour tenter de déterminer l'origine des fuites susceptibles de constituer " un délit passible de sanctions pénales". Vous pouvez qu’en chargeant les services secrets d’enquêter sur une fuite des services secrets c’est la certitude d’avoir un résultat concret rapide. D'utant que la note a été je vous le rappelle, transmise à Chirac, de Villepin, MAM et... Sarkozy (tiens donc). Ils vont dons à nouveau enquêter les uns sur les autres!
Tout comme vous l’avez constaté on vous a rapidement donné les résultats de celle qui a été lancée dans l’affaire Clearstream pour " violation du secret de l’instruction " par le Ministre de la justice le 15 mai dernier… Impossible de croire à la fiabilité de ces effets d’annonce jamais suivis des faits car en mettant sur la place publique les noms des " sources journalistiques " on détruirait des réseaux considérables diversifiés qui servent à tous les hommes (ou femmes) politiques soucieux de faire carrière.
FAIRE DISPARAITRE LE GRAND SATAN
Il devrait s’interroger sur l’intérêt pour les Etats-Unis d’officialiser la mort de Ben Laden. En effet, il y aurait de la naïveté à croire que George Bush va faire médiatiquement disparaître le grand Satan contre lequel il mobilise depuis des mois son opinion publique. Ben Laden mort c’est, dans l’esprit de ses électrices et ses électeurs, les priver de celui qui symbolise au plus au point le terrorisme dévastateur. Comment expliquer l’occupation de l’Irak, les efforts financiers considérables engagés pour traquer le chef d'Al-Qaïda, s'il est décédé naturellement ?
Une analyse basique de la politique mondiale de communication actuelle se résume de manière simpliste :  tout ce que font les Américains et leurs alliés sur la planète trouve sa justification dans un combat entre le bien (nous) et le mal (Al-Qaïda). Il y a des variantes, des adaptations mais la ligne générale de varie pas. Je ne peux pas résister à la tentation coupable de vous livrer cette phrase de Nietzsche : " Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt de le laisser en vie "…
En acceptant la disparition depuis des mois de Ben Laden ce serait se priver, pour une part du monde occidental, de son fond de commerce idéologique qui sert à conserver le pouvoir au nom de la sécurité de la planète. Or la fuite de la DGSE française fait très mauvais effet : si elle est vérifiée elle est prémâturée! 
TROUVER D’URGENCE UN AUTRE ENNEMI PUBLIC
Il faudra donc trouver d’urgence, dans la presse, un autre ennemi public numéro un pour pouvoir justifier la prise de contrôle du Moyen Orient au nom d’une croisade du monde occidental contre les fanatiques musulmans. Cette info probablement exacte n’avait pas à être diffusée aussi tôt car elle place les USA dans une situation de " bourrage de crâne " à reprendre et à reformater. La CIA a besoin de quelques manipulations médiatiques pour redonner un visage au Grand Satan. Il faut en effet absolument un personnage symbolique , une figure, un porte parole car on ne mobilise pas contre une idéologie mais contre un homme ! Et pourtant…
Le général Henri Bentegeat, chef d'état-major des armées, avait déclaré la semaine dernière qu'il n'était pas certain que le chef d'Al-Qaïda soit encore vivant. Oussama Ben Laden "n'est certainement pas aujourd'hui en Afghanistan", avait-il déclaré au "Grand Jury Europe-1, TV5, Le Parisien/Aujourd'hui en France". "Personne n'est complètement certain qu'il est encore vivant. Ça fait déjà quelques temps, de longs mois qu'on n'entend plus parler de lui", avait-il ajouté. Et ce gars là sait de quoi il parle… publiquement, à visage ouvert.
Pourquoi ne s’est-on pas intéressé à sa déclaration ? Maintenant il ne vous reste plus qu’à attendre la résurrection de Ben Laden via une cassette vidéo ou un message enregistré… authentifiés par la CIA ! Gardez confiance les services secrtes veillent ur vous!
Mais je déblogue...
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par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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