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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Mardi 1 novembre 2005

Il va falloir choisir. Et, croyez-moi, jamais choix n’aura été plus difficile. La période approche où vous devrez, après de longues discussions, prendre parti. Certes, vous aurez à trancher, entre ce qui se fait de mieux dans le genre, entre ce qui a le plus de consistance et ce qui n’a que la valeur des apparences, entre ce qui est épicé, fort, musclé et ce qui est doucereux, atone. Toute la palette des couleurs sera présente et nul ne pourra rester indifférent aux multiples promotions destinées à le faire pencher d’un coté ou de l’autre. Chaque élément vante ses avantages, affiche ses défenseurs, ses méthodes de préparation, ses labels rouges ou dorés. Impossible de se murer dans l’indifférence face à un tel déploiement de forces sauf, à laisser les autres, décider à votre place. Une attitude que vous regretterez amèrement le moment venu quand il s’agira de passer à l’action. Vous vous retrouverez dans l’obligation de repousser justement un résultat qui ne sera pas le vôtre, de manifester votre mécontentement, de regrouper autour de vous les insatisfaits, mais il sera trop tard. Le remords ne suffira pas à effacer les désillusions. Vous avez un rôle capital dans le grand soir qui se prépare !

Je suis certain que les femmes vont vous jouer le coup de la parité car elles détiennent une part prépondérante dans l’issue de la consultation. Elles ont toujours su, mieux apprécier, les situations compliquées que les hommes. Elles mettront en évidence, j’en suis certain, la nécessité d’aller vers leur option, basée sur le désir de faire, avant tout, bouillir la marmite. Elles n’ont jamais autant été l’avenir de l’homme.

En fait, dans les prochaines semaines vous allez être consultés sur un extraordinaire et inédit casse-tête : le menu du réveillon ! Et, croyez moi, dans la période actuelle, vous n’êtes pas sorti de… l’auberge. La situation est extrêmement délicate. Tous les textes qui pleuvent, les contributions qui tombent, les arrêtés qui s’écrivent ne cessent, en effet, de restreindre les options possibles. La crainte s’installe jusqu’à conduire certains à douter déjà de la possibilité de regroupements accordés aux humains le soir de la Saint Sylvestre. Que nous réserve en effet l’influenza en terme de liberté d’action ? Ne doit-on pas craindre un couvre-feu aviaire ? Pourra-t-on, sans y laisser des plumes, réserver un menu de roi ?

Tenez accepterez-vous sans risque d’y voir figurer la dinde dodue ou le chapon privé de ses attributs ? Votre confiance dans le poulet de proximité a considérablement chuté et même si le Roquet de Neuilly lui donne désormais droit de cité il n’est plus recommandable. L’oie, même blanche, ne fait plus saliver. La pintade, surtout dépourvue de titres de noblesse avérés, génère la méfiance. Le canard, même enchaîné, n’offre plus assez de garanties sur son innocuité vis à vis des influences extérieures. Comme les œufs figurent sur la liste des " produits interdits " et que le foie gras paraît suspect…il vous faudra veiller à ce que le menu soit dépouillé de tous noms d’oiseaux. C’est la plus élémentaire des précautions…vous dira-ton!

Inutile d’envisager le porc dont on se souvient opportunément qu’en 1918 il colporta vers l’Homme la fameuse grippe dont on nous dit maintenant, qu’elle n’était pas plus espagnole que vous et moi. D’office le cochon, payant ou non-payant, doit disparaître des propositions honnêtes. Comme vous étiez à peine remis de vos angoisses sur la " vache folle " des steaks hachés basiques sont venus relancer la suspicion. Leclerc va avoir à se blinder car l’épisode récent de l’intoxication des enfants du Sud-Ouest constitue une bombe à retardement. Le soir du réveillon, le bœuf ne sera donc que dans les cabarets. Les ris de veau sont interdits de sauce pour le plus grand bonheur des champignons de Paris. Là encore la méfiance sera de mise : lisez par le menu toutes les propositions aux noms plus ou moins sibyllins.

La lotte n’étant meilleure qu’à l’américaine, par principe, en raison de l’intervention des USA en Irak, vous ne saurez accepter de cautionner un tel plat. Il vous reste à espérer que les autres poissons disponibles n’aient pas été dopés aux OGM ou aux farines sur vitaminées ou aux péchés dans des eaux mazoutées. Le saumon n’a pas bonne presse car, paraît-il, son passage, plus ou moins naturel, dans la pièce des fumeurs porte le cancer en germe. Si vous êtes certains de tenir le coup rapprochez vous du bar car c’est un lieu où l’on noie toujours avec plaisir son angoisse. Les huîtres n’ayant pu se fermer à la Dinophysis, microscopique algue, elles n’inspirent plus confiance. Mais là encore ne gardez que les menus plaisirs, ceux que l’on déniche dans les mets ordinaires.

Ne demandez pas trop aux fromages de montrer pâte blanche car elle dissimulerait un quelconque subterfuge chimique dont vous ne vous remettriez pas. Le salut réside peut-être dans le port du camembert avec lequel vous n’avez pas intérêt à être coulant. Comme il n’y a plus de " Pyrénées ", que la tome de Savoie ne se trouve plus qu’en centrales, que les chèvres sont toutes sur le pelouse du Parc des Princes, que les brebis sont suspectées d’être galeuses il vous faudra faire l’impasse sur le plateau de fromage. Et conseil d’ami, évitez les salades car, compte tenu des déclarations gouvernementales actuelles, vous finirez par en avoir une indigestion.

Alors il vous reste le dessert. Prendre une bûche relèverait du masochisme. Fut-elle norvégienne l’omelette faite sans casser d’œufs paraît trop suspecte pour être inoffensive. Une île flottante, en cette année de tsunami, n’est guère recommandée. Ne rêvez pas : un pain perdu ne vous en vaudra pas dix de retrouvés. Une pyramide montée de toutes pièces ne doit pas vous tenter tant elle recèle parfois dans ses choux ce que l’on prend pour la crème alors que seule la pâtissière en connaît la modeste origine. Les fruits sont plus que jamais défendus car leur superbes formes extérieures ne sont que les résultats d’un dopage avéré.

Le menu du réveillon va être un véritable casse-tête mettant à mal toutes nos certitudes. La révolution est en marche. Moins de deux mois vous séparent encore des vœux de Droopy. Ils constitueront le hors d’œuvre de la soirée de tous les dangers : celle où, pour la première fois, vous risquerez de ne plus vivre pour manger. Pas plus que de manger pour vivre !

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Lundi 31 octobre 2005

Il n’y a probablement pas de lieux plus révélateurs de la vie réelle que les cimetières. Paradoxe de notre société ils portent, davantage que tout autre espace public, les stigmates d’une évolution profonde des mentalités dont personne ne veut mesurer les conséquences. L’âme d’un peuple, d’une ville ou du plus reculé des villages, se reflète ainsi dans l’endroit qu’ils consacrent à leurs morts. Une promenade solitaire dans les allées, avec un œil curieux, permet d’en apprendre beaucoup plus sur les changements ayant affecté le monde que toutes les études socio-historiques les plus sophistiquées.

A l’ombre du clocher, blotti contre une église ou à flanc de coteau, à l’écart du hameau, ce n’est plus le même cimetière. Avec des herbes folles ou des allées goudronnées il ne respire plus les mêmes vérités. Son ordonnancement rigoureux ou la diversité poétique des implantations traduisent la philosophie des vivants. Le nombre de grilles repeintes, de pierres tombales couvertes de mousse, de croix descellées, de pots de fleurs oubliés, de plaques brisées varient nettement d’un région à l’autre. Les cyprès, les chênes verts, les bouleaux ou les pins parasols ne portent pas la même vision du compagnonnage d’éternité. Globalement monumental, cossu, démonstratif, le cimetière transpire l’aisance économique, passée ou présente, de grandes familles locales ayant la volonté de continuer à paraître dans l’au-delà. Champêtre, dépouillé, caché, il illustre la sincérité des rapports entre les vivants et les morts et plus encore le souci collectif de ne pas verser dans le déraisonnable.

LA VERITE DES DOULEURS

Les noms et les commentaires portés sur les plaques m’émeuvent toujours car parfois ils sortent des poncifs pour aller vers la vérité des douleurs. Les mêmes mots, gravés dans la douceur fragile de la pierre blanche, dans la dureté inaltérable du marbre ou dans le fil rustique du bois ne revêtent pas la même signification, ne témoignent pas de la même confiance dans la durée du souvenir. Ils portent, avec un pourcentage d’erreurs faibles, la saga d’une famille, des parcours de chair et d’os, qui, je suis certain, peupleraient sans effort des chapitres de romans.

Je ne peux jamais m’empêcher, dans le silence, de chercher à dénicher, à travers des dates de naissance et de disparition, la fugacité d’une vie reliée à un prénom plus ou moins désuet ou la durée exceptionnelle d’une autre, perdue dans un siècle passé. J’ignore souvent tout de ces disparus et je peux donc librement interpréter ces signes extérieurs de richesse posthume. Tous ont participé à l’histoire du village. Tous ont aimé ou haï. Tous ont souri ou pleuré. Tous ont espéré et perdu… Le cimetière constitue la plus fabuleuse des bibliothèques si vous avez les clés de l’imagination.

J’ai toujours eu mal au cœur, en ces journées précédant la Toussaint, en constatant que l’oubli le plus froid côtoie le souvenir idolâtre. L’abandon forcé ou volontaire se remarque en effet davantage au cœur d’un déluge luxuriant de chrysanthèmes. Les ravages du temps sont encore plus redoutables, pour les morts, que pour les vivants. Ils les expédient dans un anonymat oublieux, dans le néant absolu. Les jardiniers des mémoires ne cultivent pas nécessairement les " bonnes " fleurs. Celles qui s’épanouissent à une date fixe accaparent tous leurs efforts alors que les plus précieuses sont celles qui poussent naturellement le long des chemins quotidiens du souvenir. Encore une fois l’apparence supplante la sincérité mais dans le fond l’essentiel demeure.

LES CIMETIERES SONT PAVES DE BONNES INTENTIONS

La mort devient de plus en plus discrète. Les prêtres se raréfient. Les cérémonies se simplifient et la crémation entre lentement mais sûrement dans les mentalités. Les familles explosent sous la pression du divorce et de l’éloignement lié à la quête du travail. Le recul de l’âge des décès, avec son cortège d’invalidités, rend la disparition moins douloureuse.

Les cimetières sont, eux aussi, pavés de bonnes intentions. Ils se parent de leurs plus beaux atours quand le respect des conventions l’exigent et sombrent ensuite dans la grisaille. On y retrouve cette peur planant sur notre société vis à vis d’un instant appartenant pourtant pleinement à l’essence même de la vie. Chacun d’entre nous est, en effet, persuadé qu’il découvrira l’élixir de jouvence. Les produits miracles avec Oméga 3 ou DHEA se vendent comme jamais. Les magazines traitant de la santé s’arrachent comme des petits pains. Les médecins sont sensés faire des miracles. Les campagnes de communication tentent de nous persuader qu’en renonçant à quasiment tout nous pouvons éviter le pire.

Alors, les cimetières apparaissent désormais comme les lieux des échecs suprêmes : ceux où l’on ne trouve que des gens qui n’ont pas su ou pas pu éviter la mort. Si vous y allez, prenez donc bien soin de regardez les autres, de leur donner une seconde d’éternité supplémentaire en lisant leur nom, en regardant leur photo éventuelle, en s’intéressant, en définitive, à leur triste sort. Ca remplacera tous les chrysanthèmes du monde !

Mais je déblogue…

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Dimanche 30 octobre 2005

Elle pleure. Elle cache son visage émacié dans des mains torturées et sanglote. Je suis là, idiot, silencieux, incapable de prendre en compte son désarroi, derrière mon bureau de " brocanteur " encombré de dossiers. Tous sont inutiles. Pour elle, ils parlent d’un avenir top lointain pour qu’ils la préoccupent. Ils me servent de ligne Maginot entre son malheur et mon statut de Maire. Ses larmes n’ont cure de ce barrage et me perturbent. A midi,après une douzaine d'audiences éprouvantes, c’est la seconde de cette matinée de la permanence " libre " qui s’effondre dans mon bureau. Je marmonne quelques mots de réconfort qui ne calment pas sa détresse. Brutalement elle exprime son angoisse. " Je ne veux pas qu’ils me prennent ma petite. Par pitié trouvez moi un logement. Depuis quatre mois je galère et si je ne trouve pas un logement ils vont me prendre ma petite… Aidez moi. " Je me tais car je ne suis plus capable de prendre en charge cet aveu. Femme de cristal, aussi fragile physiquement qu’un fétu de paille ballotté par la tempête d’une vie, elle m’a d’abord conté avec volubilité un parcours comme pour se libérer du poids d’une culpabilité palpable. Elle croule sous des tonnes d’angoisse. Elle ploie sous une responsabilité qui la dépasse.

Abandonnée comme un Kleenex par un mari oublieux des engagements elle s’est retrouvée à la rue. Partie avec sa plus jeune fille elle a dû laisser ses deux autres enfants à la garde de leur père car, chez ses parents, il était impossible de les héberger. Quelques semaines chez eux, et nouvelle rupture qui la conduit à se réfugier chez un ami… logé dans un T3. Chaque errance l’éloigne davantage des assistantes sociales ayant son dossier parmi beaucoup d’autres. Le transfert est compliqué et aussi aléatoire que l'envoi d'un colis au Tibet.  Pas de revenus. Evidemment pas de boulot. Elle n’a aucun espoir de dénicher un logement pour reconstituer autour d’elle une famille monoparentale en éclats…Elle court. Elle crie. Elle menace mais rien n’y fait. Elle voit arriver le week-end avec anxiété car il lui faut aller par le bus (elle n’a pas de voiture) chercher ses deux autres enfants chez leur père pour les accueillir dans un appartement exigu où il n’y même pas de lit permanent pour les coucher. Aucune institution, aucun élu, aucune travailleuse sociale n’a le pouvoir de réaliser un miracle. Ils sont totalement démunis en matière de logement…Alors elle vient me voir comme, celles et ceux, qui, après avoir consulté les médecins et les spécialistes, s’en remettent à un rebouteux pour les soulager du mal qui les ronge. Elle me prend pour un " guérisseur " social ! Seulement, voilà, je ne suis ni le génie de la lampe, ni l’enchanteur Merlin. Elle est la quatrième, ce matin, venue me demander de résoudre un cas exceptionnellement délicat et je n’ai pas eu d’autres solutions de leur dire de patienter. Ces femmes abandonnées qui ne vivent que dans un quotidien désespérant, ne comprennent pas que je n’ai pas le pouvoir de régler rapidement leur situation. La patience elles ne savent plus ce que c’est !

Comment leur expliquer que, le matin même, j’ai reçu un courriel d’une habitante, arrivée il y a un an, et protestant véhémentement contre l’urbanisation jugée outrancière du Créonnais. Elle ne veut plus voir une habitation neuve gâcher " son " paysage. Elle a acquis une grosse ferme de gardien de château qu’elle restaure. Son tout nouveau cadre de vie, " acheté " à prix d’or, lui confère le droit de revendiquer que les élus refusent aux autres le droit à l’accession à la propriété (pour les plus chanceux), au logement privé (pour les plus mesurés) ou à l’habitat au loyer modéré (pour les plus démunis). Tant pis pour eux, ils n’ont plus qu’à aller chercher un toit ailleurs… Il faut tout stopper. Selon elle, l’élu local lambda vend son âme aux promoteurs. L’élu local du Créonnais effectue la course au pouvoir avec des cohortes d’habitants venus de nulle part comme des sauterelles affamées d’espaces verts. L’élu local, qu’elle ne connaît pas, méprise totalement la protection de l’environnement. Elle n’a jamais croisé, comme moi, sept à huit fois par semaine, une jeune femme ou un jeune couple à la dérive faute de trouver une solution acceptable pour se loger. Elle traverse sa vie sans partager leur inquiétude. Quelle chance!

Elle pleure à nouveau. " Ils vont venir me prendre ma fille car je n’ai pas de domicile fixe. Je ne veux pas qu’on me l’enlève…Aidez-moi ! " Pourquoi je ne peux pas mettre en contact ces deux femmes aux destins différents pour qu’elles confrontent leur point de vue. En ouvrant, sans aucun filtre préalable, une permanence au public, je me cogne aux murs de la réalité. Je voudrais tellement qu’une caméra filme ces moments de vérité… J’enverrais la cassette à celles et ceux qui discourent sur l’urbanisation, celles et ceux qui ne voient apparemment pas la gravité de la situation, celles et ceux qui pérorent sur les plateaux télé.

Elle pleure moins. Je lui donne une annonce pour un T3 libre à Langoiran. " Faites moi un mot car la propriétaire ne voudra pas de moi. Je n’ai que le FSL (Fonds social du Logement) et le Locapass. Il verra que je n’ai pas d’autres revenus que l’allocation de personne isolée… " Le piège permanent. Pas de larges revenus : pas de logement. Pas de logement : pas de travail donc pas de revenus et donc jamais de logement.

Pour celles et ceux, au chaud devant leur cheminée restaurée, regardant La Cinq après avoir tondu leur pelouse et ramassé les feuilles mortes de l’indifférence le problème n’existe pas. Seul le paysage compte ! Circulez il n'y a rien à percevoir.

Mais je déblogue…

Blog + : C'est un événement : L'AUTRE QUOTIDIEN est sur le podium national des 1112 blogs de la rubrique politique d'oevr-blog.com puisque hier il est arrivé en trosième position...derrière ceux liés à Sarkhozy et De Villepin... Merci!

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Samedi 29 octobre 2005

Il n’y a pas pour moi de mot plus inquiétant que celui d’épuration. Les pires tyrans, qu’ils aient été populaires ou impopulaires, l’ont utilisé lorsqu’ils voulaient se débarrasser de leurs opposants et même d’une part de leurs peuples. Dans la vie quotidienne d’un Maire il est heureusement précédé d’un mot " station " ce qui le rend, à priori, moins dangereux. Et encore…ce n’est pas sûr ! Ce lieu, dans lequel les habitants expédient leurs eaux usées, n’est pas le plus visité de ceux de la commune mais, dès qu’il connaît une défaillance, il fait causer. Il s’inscrit avec les structures d’élimination des déchets ménagers dans la fameuse liste des " cachez ce problème que je ne saurais voir ! " de notre époque. Alors il faut admettre quand on est élu qu'il faut se débrouiller seul quelles que soient les circonstances.

La station d’épuration fait l’objet de toutes les sollicitudes des… contrôleurs officiels ou moins officiels. Elle focalise les vérifications, inspections destinés à déterminer si ses effluents sont aussi purs que de l’eau de source. Des résultats de ces investigations dépend, régulièrement, la légèreté du sommeil du Maire.

D’abord il n’est pas inutile de préciser qu’il peut se trouver devant autant de verdicts que de techniciens, ce qui ne…clarifie pas le contexte. Le SATESE, organisme conseil du Conseil général, a un avis. La Direction Départementale de l’Agriculture en affiche un autre. La Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales se contente de mesurer ce qui sort dans le ruisseau. La société fermière se plaint de ne pas gagner assezd'argent sur une installation jamais assez performante. Le cabinet spécialisé dans la maîtrise d’œuvre tente de répondre à mille et une propositions techniques sans avoir la certitude d’obtenir un satisfecit. Et le Maire là, au beau milieu, du bassin de décantation de positions contradictoires, tente de garder le moral et le cap.

Un dossier administratif fort coûteux, nécessitant des mois de travail, permet de solliciter une autorisation dite de rejet. Il a été déposé auprès de la Police des Eaux pour instruction il y a exactement… 2 ans! Resté sans réponse durant ce laps de temps il m’a obligé à convoquer… les différents services pour savoir s’il n’était pas définitivement perdu corps et biens. Or, miracle de l’administration, une personne décisionnaire l’a ramené en avouant, 24 mois plus tard qu’elle l’avait survolé et qu’il était, en fait incomplet puisqu’il y manquait ce qui avait été réalisé par la commune depuis 2 ans et que donc il fallait absolument recommencerà zéro ou presque. D’ailleurs elle allait rencontrer le bureau d’étude pour lui demander encore des pièces absentes pour commencer peut-être à l’étudier.

Je me suis tassé sur mon siège et j’ai tourné, retourné, re-retourné ma langue dans ma bouche pour éviter d’être désobligeant mais… la moindre remarque aurait eu des conséquences désastreuses pour la station d’épuration. Principe de base pour un Maire de base : ne jamais contrarier un fonctionnaire pouvant à chaque instant trouver un prétexte pour remettre votre dossier sous la pile. Au contraire demandez lui des conseils même si visiblement il est incapable de formuler un avis fiable. On sait, avec l’expérience, qu’un " inspecteur " blessé dans son amour propre, devient vite dangereux, alors mieux vaut avaler sa salive…et attendre un verdict simple : il est urgent de continuer à attendre. Ce sera suffisant dans l’immédiat mais on ne peut guère espérer mieux. La matinée aura révélé la réalité d’une fonction publique, coincée entre ses obligations de contrôle et son incapacité humaine à les assumer. En résumé nous nous sommes séparés en nous disant qu’à Pâques ou à la Trinité nous aurions, peut-être, une réponse positivement temporaire engendrant des millions d’€ de travaux à réaliser sur lesquels nous n’aurions l’accord des uns, une moue dubitative des autres et la certitude qu’ils ne seront jamais satisfaisants. Ah ! j’oubliais pendant que la comédie dure, une plainte a été déposée contre moi pour pollution du cours d’eau où va le rejet… Le juge, lui, sera le seul fonctionnaire, au rendez-vous si la station d’épuration n’est pas en règle.

En attendant, au même moment, lors d’une conférence de presse mitonnée par son " service de com ", Crin Blanc a annoncé de profondes réformes de la fonction publique dont le paiement au rendement et donc au mérite. Il a sûrement prévu que ça ne lui coûterait pas très cher car il mène un double jeu pervers. D’abord il multiplie les textes, règlements, précautions sanitaires, économiques, sociales. Il promet une sécurité renforcée, un système éducatif encore plus performant, une lutte acharnée contre le travail au noir, une vérification accrue des atteintes à l’environnement, une évaluation permanente de la gestion des collectivités locales…et que sais je encore ? Ensuite il annonce des suppressions permanentes de postes, le non renouvellement des départs en retraite, le transfert de pans entiers de ses responsabilités vers des communes submergées ou de les exercer ce qui rend tous ces objectifs totalement utopiques. Imaginez qu’il vous faille rouler de plus en plus loin et de plus en plus vite avec un réservoir de moins en moins plein et que votre commanditaire annonce partout qu’il vous paiera selon votre performance.

Ce bougre de Crin Blanc a inventé la mort joyeuse du fonctionnaire à la fois par " submersion " et par " épuration ". Et le pire c’est que le bon peuple s’en esbaudit croyant à une farce. La recette est vieille comme la République ou comme l’époque où, Guignol a appris à faire rire la foule en décochant des coups de bâtons sur le gendarme.

Mais je déblogue…

Blog + :  L’AUTRE QUOTIDIEN était, hier, classé quatrième des 1 100 blogs répertoriés dans la rubrique politique d’over-blog.com Ce 29 octobre il a également passé le cap des 5 000 connexions uniques et a atteint 15 145 pages lues depuis sa création. Merci du temps que vous lui consacrez !

par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Vendredi 28 octobre 2005

Tous les coups sont permis dans les mêlées socialistes précédant les Congrès. Depuis celui de Tours, les premières lignes peuvent se relever à tous moments et s’expédier, durant quelques minutes, les pires horions sous les yeux d’aucun arbitre puisqu'il n’y en a plus. Les fourchettes dans les yeux, les effondrements prématurés, les coups de boule, les poussées de travers (depuis la droite ou la gauche) : rien n’est interdit.

Il existe pourtant une certaine confraternité entre les piliers qui les conduit, jusque là, le plus souvent, à se réconcilier par de longues nuits de troisième mi-temps. Certes l’eau minérale remplace le " jaune " ou le " rouge " mais l’ambiance monte au fil des heures pour accoucher, dans un matin blafard, du fameux et inapplicable texte de synthèse. Et il fut, jusque là, véritablement de synthèse, ce pensum, car arrivé de nulle part avec des produits préfabriqués, loin, très loin du naturel. Les " talonneurs " prennent, ces nuits là, toute leur importance dans ce ratissage des idées qu’ils expédient plus ou moins prestement vers les lignes arrières.

 Il paraît que dans quelques semaines on oubliera cette tradition venue du Sud-Ouest. Le " test match " du Mans n’aura plus rien à voir avec ceux qui l’ont précédé. Le " bourre pif " prendra la place de l’arbitrage vidéo. La télé tiendra lieu de pelouse. Les réconciliations paraissent pour le moins incertaines. Les diverses étapes d'entraînement auront déjà laissé des traces sur les organismes.

Le moment essentiel d’un Congrès devient en effet, de plus en plus, celui de la publication des équipes. Dans le monde du football, les entraîneurs, tiennent secrets, jusqu’au dernier moment, leurs choix. Ceux du PS n’hésitent pas à mettre le plus de joueurs possibles sur leur feuille de match pour peser sur le moral du camp opposé et ne pas se tromper. Les caractères gras indiquent les grands titulaires alors que les petits ne sont réservés qu’aux remplaçants éventuels de telle manière que l’on puisse aligner de fortes équipes potentielles. Malheur à celui qui n’a pas de troupes à aligner au bas de son programme. Il part battu d’avance puisqu’on le suspecte de ne pas avoir les moyens d’imposer son choix tactique. Alors, on transfère une poignée de professionnels du dribble déroutant, on achète un ou deux espoirs, on échange des buteurs ou des récupérateurs, on ajoute aussi des " sans licence ", des " inédits " ou des " non consentants " afin d’impressionner les tacticiens adverses. Actuellement la période est terminée. Les listes sont bloquées, photocopiées, archivées pour être ressorties le moment venu. Le devoir de mémoire ne s’applique pas qu’aux grandes causes. Il servira, après la bataille, pour désigner les victimes à présenter aux pelotons d’exécution ou pour récompenser les héros des barricades.

Plus on approche du grand rendez-vous officiel et plus les fleurets ne sont démouchetés. Discrètement les armes sont aiguisées et il y a intérêt à mettre un masque de protection. Sabre au clair pour les plus convaincus, épée académique pour les plus traditionnels, poignard dissimulé dans la chaussette pour les plus tordus : chacun a sa technique pour gagner un tournoi marqué par son intensité. Peu importe où vous touchez : l’essentiel réside dans le nombre de touches affichées et dans votre capacité à enchaîner les points gagnants. La particularité d’un Congrès c’est que ce qui devrait être un duel d’idées se transforme inexorablement en un affrontement fratricide de femmes ou d’hommes. Tout le monde sait pourtant qu’il n’y a jamais eu de véritables morts sur le tapis. Regardez Rocard il a échappé à toutes les blessures (même les pires : celles d’amour propre) pour se refaire une santé ou même, dans certaines occasions, pour ressusciter. Et Dieu sait si l'on a tiré sur lui dans tous les soins. Mieux, dans les matchs, il joue désormais les donneurs de leçons que, certes, plus grand monde prend au sérieux.

Le PS a aussi une spécialité dont il répète à l’envi la recette : mieux vaut parfois être dans un condiment d’appoint qu’un produit de base pléthorique. Vous êtes courtisé, récompensé, sélectionné beaucoup plus aisément le moment venu si vous avez su vous vendre efficacement. Le problème c’est que la technique ne surprend plus et les ralliements se négocient avant et plus rarement après. Vincent Peillon l’a bien compris, lui qui sait qu’il pourra échanger son " partenariat " contre un fauteuil de Premier Secrétaire si tout se passe comme prévu. Il a fait de la Résistance productive malgré les pressions de son copain Montebourg.

Le Congrès s’apparente aussi à une Olympiade : on y pratique, durant quelques temps, tous les sports de combat. Boxe avec coups en dessous de la ceinture rouge autorisés, judo avec prises non répertoriées, lutte gréco-romaine avec corps enduits d’huile pour ressembler à une insaisissable anguille des idées, karaté avec envol spectaculaire mais inefficace, pieds en avant, au-dessus du sol, sont au programme des soirées des militants (pour ce Congrès on parle plutôt d’adhérents que de militants). Ils regardent, parfois avec désintérêt, ces " pugilats ", ils suivent avec désespoir ces " rings " mais, le plus souvent, il se délecte des coups échangés. Il aime la " castagne " tout en clamant qu’ils sont pour le rassemblement (voir ci contre) et plus encore pour l’unité. Ils savent que les vaincus sont toujours plus estimés que les vainqueurs. Ils ne veulent plus de querelles de personnes mais font le maximum pour l'entretenir.

" Unité ! Unité ! Unité ! " clament-ils comme pour exorciser le spectre d’une division qui n’arrivera jamais tant que les intérêts seront finalement convergents. Mais unité pour quoi faire ? Ce devait être l’enjeu du Congrès. On verra ce qu’il en restera dans quelques jours…

Mais je déblogue…

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par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Jeudi 27 octobre 2005

Un match des Girondins : combien de fois ai-je rêvé dans ma vie de gamin ou de jeune de pourvoir assister à l’une de ces grands rencontres dont parlait le journal ? Les circonstances ont fait que j’ai du attendre très longtemps avant de m’offrir ces moments réputés intenses. Les Bordeaux Nantes des années soixante m’ont gavé de plaisir avant que de nombreux autres rencontres entrent dans le panthéon de mes soirées bordelaises les plus exceptionnelles. Ayant atteint, grâce à mon passage dans le journalisme sportif, ce que j’espérais de mieux je me suis même, durant une bonne dizaine d’années, " gavé " de ce monde pour le moins factice du sport professionnel. J’ai acquis, au fil des passages dans feu le " stade vélodrome ", un certain détachement par rapport au contexte. Mon enthousiasme débordant a lentement fait place à un exercice critique de plus en plus " objectif " du spectacle offert.

Ecrire sur des centaines de comptes-rendus de matchs plus ou moins glorieux, rencontrer en tête à tête les idoles du virage Sud ou des écrans télévisés, observer les complots d’un monde beaucoup plus impitoyable que celui de Dallas, vivre de l’intérieur l’évolution du sport vers le spectacle : autant de facettes d’une vie que je croyais susceptible de renforcer ma passion. Tout au contraire elle s’est estompée et me permet maintenant de me sentir comme un extra-terrestre dans ce Parc Lescure devenu Stade Chaban-Delmas.

Depuis l’abandon normal de mon coupe file, je n’ai donc jamais remis les pieds en tribune de presse pour redevenir l’un de ces lecteurs auquel je m’adressais autrefois. J’espérais y gagner une vitalité supportrice nouvelle pour succéder à un trop accaparante vision analytique. Le cœur finirait bien par s’imposer à la raison. D’ailleurs, pour m’aider dans cette mutation, les hasards de quelques invitations font que je me suis, au cours des quatre dernières saisons, retrouvé dans la tribune faisant face à celle où je m’asseyais pour tenter de conter les joies ou déceptions des rencontres.

Hier, en fin d’après-midi, après plus de 18 mois de sevrage je suis donc retourné voir " un " Bordeaux Marseille" de Coupe de la Ligue, présenté comme un sommet de la saison.

Le stade affichait, sous un soleil d’été indien, un visage souriant et bon enfant. Partagé entre spectateurs et supporteurs il constituait l’écrin idéal pour une télévision propriétaire réelle du " bijou " potentiel : deux des perles d’un championnat de l’argent roi. Toutes deux devaient potentiellement briller de mille feux puisque classées parmi les plus huppées de la Ligue 1. J’avais véritablement envie de ressentir cet enthousiasme du temps passé.

Banderoles, fumigènes, oriflammes, slogans putrides appelant " aux armes ", insultes scandées entre " partisans ", gestes collectifs menaçants : j’ai eu très vite du mal à accepter cette apparente mobilisation populaire dans laquelle les plus jeunes apprennent à croire en ceux qui n’ont plus rien de chevaliers de la balle ronde. Toute victoire ne résulte, certes, que d’une confrontation. Mais quand cette dernière prend des allures guerrières elle ne correspond plus à ma vision du sport. Si l’on ajoute des compagnies de CRS harnachées, policiers matraqueurs, ceintures de sécurité constituées de " stadiers " aux allures de cerbères : le stade Chaban-Delmas n’avait pas amélioré ses comités d’accueil. Comment peut-on encore feindre d’ignorer que le football finira par mourir de ses exagérations financières ou de comportements plus proches des jeux du cirque que de l’amour du jeu ? Le racisme exprimé dans des enceintes internationales, le hooliganisme latent, le nationalisme outrancier collent désormais aux crampons des footballeurs professionnels. Même s’ils n’étaient pas à Bordeaux hier soir le virus est bien toujours là. Je l’ai repéré…

Si, en plus, le spectacle avait été au rendez-vous j’aurais peut-être éprouvé un zeste de regrets sur mon " paradis " perdu. Or, ce Bordeaux-OM, que la télé a dû vendre comme un " régal " (France Télévision sevrée de foot ne peut pas prétendre vous refiler un ersatz de compétition) ressemblait à un " Chamadelle-Puisseguin " emballé dans du papier de soie. Joué sur le rythme de danseurs de slow évoluant sur un parquet mal ciré, haché par les trilles harmonieuses d’un arbitre sanctionnant des fautes permanentes d’antijeu, indigne d’une épreuve professionnelle avec des maladresses de débutants, animé par aucune autre passion que celle de ne pas perdre, le match constituait une parodie ennuyeuse.

La Coupe qui, à priori, engendre enthousiasme et esprit d’entreprise n’était même pas pleine de bonnes intentions. Pour les spectateurs lucides, le sommet n’aura été qu’un entraînement télévisé payant… Réactions sporadiques pour… quelque gestes déplacés des adversaires, rumeurs de déceptions pour des occasions manquées ou gâchées, applaudissements sollicités par le " chauffeur de stade " présent constituèrent l’essentiel des réactions avant chaque mi-temps, sifflets envers Fabien Barthez : le stade, fort de ses certitudes, ne vibra que quand, pour la seule fois de la soirée, de raccroc, les filets marseillais tremblèrent. Ouf ! Tout le reste fut jeté aux oubliettes de la passion.

Dans la presse on évoquera la fatigue, la pression, les absences, la température, la pelouse, les tactiques pour vous convaincre, pour la énième fois, que l’important, pour Bordeaux, était de gagner ! D’ailleurs dans notre société on sait bien que seul le résultat compte ! Ce fut fait et mal fait ! On n’avait pas eu le flacon et encore moins l’ivresse…mais les caisses étaient remplies.

Non décidément je n’ai plus de plaisir a vivre ce football là. Mes Dieux de ce stade gardent leur place dans mes souvenirs moins rutilants. Et la nostalgie est bien ce qu’elle était… En regardant La Corogne-Real de Madrid en rentrant  je l’ai vite retrouvée de l’autre coté des Pyrénées !

Mais je déblogue…

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par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
Mercredi 26 octobre 2005

La rigueur intellectuelle et morale n’appartient plus aux valeurs porteuses. Il faut bien se rendre à l’évidence, le temps est aux apparences. Malheureusement cette mutation ne doit rien à la spontanéité. Elle repose sur l’exemplarité de certains comportements liés à la nouvelle religion : celle des effets d’annonce. Peu importe les réalités des contenus, l’essentiel c’est ce que quelques grandes lignes transparaissent pour être assimilées par le citoyen moyen. La forme prend le pas sur le fond dans la nouvelle gouvernance ! Ainsi, si l’on se réfère à la vie publique, le " Breton Assurancetourix " vient de réaliser une prouesse en matière de rigueur sûrement modelée par son habitude de la gestion des grandes entreprises. A France Télécom on en sait quelque chose !

En effet, le plus modeste des élus, ayant en charge, la plus petite des collectivités, a eu l’occasion d’entendre de la part de son Percepteur, un principe fondateur de son action : le budget communal doit être sincère et véritable. D’ailleurs le Maire qui le présente sera immédiatement rappelé à l’ordre par l’autorité de tutelle, bras séculier du Ministère des Finances, si la moindre suspicion existe dans ce domaine là. Il n’est pas question pour un quidam communal de minorer ses dépenses par omission volontaire ou de majorer ses recettes par optimisme coupable. Le fondement de la crédibilité d’un premier magistrat repose sur sa capacité à bien évaluer les sommes dont il disposera. Sa malhonnêteté en la matière peut même lui valoir une contestation du budget présenté s’il est démontré qu’il a sciemment triché. Le Tribunal administratif ne le manquera pas. Cette règle de base ne semble pas s’appliquer au " Breton Assurantourix ".

Il a réussi l’exploit inégalé jusqu’à ce jour de mettre le doute dans la tête d’un Béarnais. Son budget, dans sa partie recettes est tellement faux et non sincère, non véritable que le Bayrou en a fait un caprice. Il n’a pas mâché ses mots : au moins aussi violent que… Jean Marc Ayrault, Président du groupe socialiste à l’assemblée dans sa critique du gouvernement. C’est dire ! "Le budget est-il fiable, est-il juste, sera-t-il efficace pour sortir le pays de la crise", a questionné l’entêté de Pau . "A ces trois critères, l'analyse nous a conduits à répondre non. La situation de la France aujourd'hui est si grave et la responsabilité politique si lourde de conséquences qu'on ne peut pas se contenter de demi-mesures. Il faut dire clairement les choses comme elles sont ".

Durant le débat, son compère de cour de récréation parlementaire, Charles de Courson n’y a pas été avec le dos de la cuillère à garbure : "Etat gangster", "Etat prédateur" et "Etat vampire", a lancé le vénérable député pourtant peu porté sur la vindicte populiste. Pour lui, le budget proposé par le " Barde de Bercy " est " porteur de menace pour l'avenir des finances publiques", et "concentre les cadeaux fiscaux sur les plus gros contribuables". Si ce sont eux qui le disent je ne vois pas pour quelles raisons on en douterait… Ils ont été élus avec les voix des électrices et électeurs soutenant cette présentation trompeuse. On ne peut donc pas les suspecter de parti pris.

Vous savez, vous vous dites que nous sommes bien loin, chez nous, au quotidien, ces arguties politiciennes et que vous, vous n’avez aucun élément pour apprécier un budget de l’Etat. Ecoutez donc un peu…

Après le Préfet qui m’a déjà écrit qu’il ne pourrait pas, en 2005, honorer ses dettes de… 2003 vis à vis de la commune de Créon, ses services ont répondu aujourd’hui que, non seulement, cette sombre prévision était confirmée ses services viennent de recevoir comme consigne de ne pas signifier aux collectivités les aides décidées pour 2005. " Tous les crédits sont gelés ! " expliquent-ils, désolés de constater la catastrophe. Les décisions devraient " peut-être " parvenir dans les Maries en 2006 et au mieux être payées… en 2007 ! Ce qui, traduit en clair, signifie que " Breton Assurancetourix " fait simplement de la… cavalerie. Les crédits ouverts en 2006 ne seront pas utilisés pour les dépenses 2006, comme le veulent les règles élémentaires de la comptabilité publique mais… pour faire face aux impayés des années antérieures ! " Sincère et véritable " vous dis-je…

L’extraordinaire paradoxe, c’est que pendant que le navire coule à pic, " l’armateur " continue à faire comme si tout allait pour le mieux. Ainsi ce soir en Conseil communautaire j’ai été obligé de solliciter des élus présents, une splendide délibération, sur injonction du Percepteur. Elle me permettra de verser … 25,10 € de pénalité à une entreprise pour avoir dépassé les 45 jours légaux dévolus désormais au règlement d’une facture… Un retard non imputable à une quelconque erreur de ma part mais tout simplement lié aux… vacances de l’architecte. Précisons que le maçon concerné ne réclame rien. Rassurez vous entrepreneurs l’Etat veille sur vos intérêts et avec tous les fonds qu’il ne donnera pas aux communes… vous êtes certain d’avoir du travail en 2006 !La rigueur intellectuelle et morale n’a plus cours en politique puisqu'il vous suffit de faire, avec une gueule de " Barde de Bercy " que l’on a envie de bâillonner et d’attacher aux arbres du splendide jardin intérieur de son Ministère, une déclaration annonçant : " les impôts vont baisser ! " Répétez le à satiété. Mieux, en douce, faites que les impôts baissent, uniquement pour les plus aisés, et de telle manière que l’on soit certain, qu’ils puissent acheter des actions d’EDF ou défiscaliser le reste dans l’immobilier De Robien (au fait lui, le pauvre, devenu Ministre de l’Education multinationale, trouve le budget " sincère et véritable "). Quant à celles et ceux qui n’en paient pas on les inscrira dans la colonne " parasite " de Maurice Druon et on leur permettra de s’acheter de la " Marie Rose sociale " pour se " dépouiller " du peu qu’il leur reste !

Rigueur pour la France d’en bas… rigueur et intransigeance pour les élus d’en bas… Pour les autres, circulez il n’y a rien à voir. D’ailleurs que voulez vous leur reprocher : ils font les lois pour les autres mais ne se les appliquent jamais à eux-mêmes. Elles sont trop rigoureuses !

Mais je déblogue…

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par Jean-Marie Darmian publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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