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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Mardi 31 octobre 2006
Dans à peine plus de 15 jours se déroulera le vote interne de désignation du présidentiable socialiste. Bien plus qu’un choix strictement partisan, les militants à cotisation variable mais à vote égal, vont donner un espoir au peuple de gauche. Ils le feront, parce que je les côtoie depuis maintenant trois décennies, avec le sentiment d’être des éclaireurs sur un chemin qui s’annonce cahoteux et malaisé. Un certain nombre s’exprimeront au nom d’un clan mais, comme l’a reconnu sans aucune arrière pensée l’ex-révolutionnaire Julien Dray, chez Denisot sur Canal +, mais beaucoup choisiront entre deux visions du socialisme. Une qui serait moderne, dynamique, attractive, compétitive et l’autre archaïque, médiocre, impopulaire, inefficace. Une sorte de lutte intemporelle entre le bien pensant et le mal famé.
Or il suffirait pour approcher d’un semblant de lumière que l’on mette sur la table trois dates et trois phrases sorties de leur contexte qui ont provoqué, selon moi, le séisme du 21 avril 2002. Elles pourraient utilement donner à réfléchir aux gens devant glisser un bulletin dans une urne. Le problème c’est qu’elles sont douloureuses et mettent en cause un système de pensée dont personne n’avait prévu qu’il conduirait à la catastrophe. Le malheur c’est que, dans toute campagne électorale, la moindre erreur se transforme en faute collective, se paie cash et qu’on ne le sait qu’après. Les militants ne pardonnent jamais leurs échecs à ceux qui portent leurs espoirs et ils évitent de revenir sur le passé au nom de leur volnté de ne préparer que des lendemains qui chanteraient pour les autres. Pourtant il n’y a rien de plus précieux que l’analyse des erreurs. Celles de 2002 tiennent en trois dates précises, oubliées car peu glorieuses.
LE 13 SEPTEMBRE 1999
.La première se situe le 13 septembre 1999 quand celui qui était premier ministre a expliqué aux salariés de Michelin, et à bien autres à travers eux, que " la politique n’y peut rien " quand leur patron réalise des profits considérables et les met à la porte dans le même mouvement. La multiplication de ses situations portait pourtant une forte angoisse populaire. Cet aveu d’impuissance face aux licenciements massifs aux plans sociaux a conforté l’idée de l’inéluctable installation d’une insécurité sociale beaucoup plus redoutable que l’insécurité physique.
En effet, un " socialiste " en avouant publiquement que les décisions des grands patrons étaient supérieures à ses moyens d’action creusait une brèche infranchissable dans la confiance entre lui et ses électeurs potentiels. D’une certaine manière il leur conseillait implicitement d’aller voir ailleurs à gauche si quelqu’un pouvait répondre à leurs aspirations de... sécurité sociale !
Je demeure persuadé qu’en cette période apparemment plus paisible ce sentiment existe encore car bon nombre de personnes ajoutent, malgré les staistiques du chômage, à l’incertitude générale qui pèse sur leur emploi, celle liée à leurs revenus engagés dans la spirale de la consommation. Il est illusoire de croire que les valeurs de gauche n’ont plus de sens et doivent être englouties dans un maelström idéologique réputé moderniste. Le politique doit retrouver ses couleurs et ne pas avoir honte de les afficher.
Ce n’est d'ailleurs pas pour rien que Sarkozy, habilement conseillé en matière de communication a choisi de ressasser le mot de " rupture ", une sorte de lutte des classes promise à ses partisans, pour bien prouver qu’il n’appartient pas au monde des " couilles molles ". Ce n’est pas pour rien que François Bayrou grimpe dans les sondages car il apparaît paradoxalement comme étant passé du " centrisme moelleux " au " centrisme dur " en une période où les socialistes font… le chemin inverse. Ils réduisent eux-mêmes leur espace de recrutement ! Ils barbotent dans un marigot dénué de profondeur.
LE 22 FEVRIER 2002
Chacun devrait aussi avoir en mémoire le 22 février 2002 où le candidat Jospin a explicité sa candidature à la présidentielle en proclamant : " Mon programme n’est pas socialiste " avec l’espoir que cette affirmation lui ramènerait les voix hésitantes. Depuis il a justifié cette formule choc en expliquant que son programme n’était pas que… socialiste puisqu’il devait porter les propositions de la gauche plurielle. Le problème c’est que personne ne l’a compris ainsi. Et même si l’on peut croire en son explication alambiquée, électoralement posthume, il a commis pour le moins une imprudence notoire.
Cette phrase reste dans certaines mémoires. Elle ressort de temps en temps quand le programme socialiste balbutie. Elle demeurera dans l’histoire comme une " citation " à porter au débit de la carrière par ailleurs remarquable de Lionel Jospin. Elle lui colle à la peau bien plus que son départ du soir du premier tour.
La date du 22 février 2002 constitue en effet le socle de l’échec du 21 avril 2002. Elle pèse au minimum 5 à 6 % de voix évaporées vers l’extrême gauche ou même malheureusement le FN. On parle que rarement de cette erreur entre camarades car elle pose le véritable enjeu de la désignation d’un présidentiable. C’est sur l’appréciation de son impact électoral passé et futur que se jouera le vote interne car de manière je l’avoue beaucoup trop lapidaire, il s’agira de savoir si le socialisme existe encore ou si l’on doit lui préparer un enterrement en bonne et due forme.
Les partis politiques subissent la loi de l’évolution et ils ne peuvent évidemment rester en l’état face aux mutations mais nul ne mesure véritablement le moment précis où elle doit se produire. Face à une droite qui sera encore plus dure, encore plus redoutable, encore plus tentée par l'extermination des valeurs de gauche, il est certain que l’affrontement devra être frontal, n’en déplaise aux prophètes médiatiques qui souhaitent une confrontation plus " people ". Le moindre doute sur le socialisme proposé ne procurera aucun ralliement centriste mais coûtera à nouveau cher à gauche. Il ne faudrait pas la moindre réminiscence de la formule du 22 février… et c’est mal parti !
LE 9 MARS 2002
L’évolution sociologique de la France n’avait pas également été vraiment prise en compte par Lionel Jospin qui avait cru que le succès des emplois jeunes lui permettrait de faire dans le jeunisme et de se permettre des libertés avec l’âge de son concurrent. Lionel Jospin recueillait environ 22 % des intentions de vote au meilleur de sa campagne. La légère diminution de ce score, imputable à ses déclarations concernant l'âge de Jacques Chirac, s'observa dans quatre sondages réalisés du 14 mars au 16 mars… Encore une fois une phrase mal placée avait dressée la France des seniors contre lui. Tout avait commencé dans la nuit de samedi à dimanche 9 mars 2002 vers 1 heure du matin. Lionel Jospin s’entretenait avec les journalistes chargés de suivre sa campagne. " C’est du off ", dit-il, convaincu que cette " conversation privée " sera… largement répercutée dès le lendemain. Le premier ministre se lance alors dans une description peu avantageuse de l’actuel président de la République : " Il manque d’énergie. Il a vieilli. L’exercice du pouvoir l’a usé. Il est d’une grande passivité. Utiliser un prompteur, c’est faire croire qu’on improvise, mais en réalité c’est tromper les gens. "
La France n’est pas prête pour une cure politique de jouvence. Je sais que ce n’est pas glorieux mais son fond conservateur finit toujours l’emporter sur la peur de l’aventure. Elle a sans cesse besoin d’être rassurée (voir le retour de De Gaulle, la "force tranquille" de Mitterrand, la bonhommie apparente de Pompidou...) et ce depuis que la République existe. Giscard d’Estaing a laissé de mauvais souvenirs. Il fut l’exception qui confirme une règle historique voulant qu’il y a eu en France aucun Président âgé de moins de 60 ans. Un peu comme si l’inconscient populaire hésitait au dernier moment à confier des responsabilités à des personnalités manquant d’expérience.
Les Françaises et les Français ont en effet chaque fois un désir superficiel  de renouvellement. Ils le formulent dans des enquêtes d’opinion mais sont assez inquiets quand ils manquent de repères. On sait qu’une élection présidentielle se joue sur un déplacement, dans un sens ou dans l’autre, de 5 à 6 % du corps électoral. Autant écrire que la marge de manœuvre entre l’innovation totale et le conservatisme absolu est beaucoup plus mince qu’on l’imagine.
Tous ces paramètres bien différents des apparences ont coûté son élection à Lionel Jospin. Il ne l’a pas " digéré " mais pourtant en entamant sa crédibilité il a écorché aussi celle des socialistes. Ce n’est qu’en retrouvant leurs fondamentaux et pas en s’engageant dans une fuite éperdue en avant qu’ils peuvent espérer effacer ces trois dates de leur parcours collectif. Le reste ne sera que pari osé sur le verdict du seul jury citoyen qui vaille : le suffrage universel. Celui ci attend, malgré l’opinion dominante, davantage de repères que d’apparences.
Mais je déblogue… 
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS ET VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...
Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "Sectes à risques" puis allez sur
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 30 octobre 2006
L’Ecole normale dans laquelle j’ai été interne durant 4 années d’avant 68 constituait un formidable creuset pour la citoyenneté et l’esprit de corps. On parlait alors de séminaire laïque d’où je n’ai pas vu, jusqu’en juillet 67, sortir autre chose que des instituteurs convaincus de leur mission. Ce creuset d’une extraordinaire efficacité ne prétendait pas à fournir au pays des ténors de la pédagogie mais des gens simplement prêts à apporter un savoir avec une rassurante conviction. Certes, beaucoup d’entre eux, fils de petits fonctionnaires, d’enseignants, de petits commerçants de modestes exploitants agricoles savaient ce que leur avait apporté l’école de la République et ils s’en considéraient simplement comme redevables. Bien entendu ils symbolisaient la diversité d’un pays grâce à un recrutement à un niveau évitant une sélection universitaire dont on sait combien elle est forcément de plus en plus élitiste. Souvent sans l'EN leurs études se seraient arrêtées au collège. 
Les instits de mon époque étaient, comme moi, des maîtres ouvriers des esprits et pas des ingénieurs dépités par l’idée d’avoir à mettre les mains dans le cambouis social. Ils savaient d’où ils venaient et se contentaient d’être ce qu’ils étaient. Beaucoup d’entre eux ont ensuite cherché à progresser mais sur les 70 de ma promotion seulement 2 ont abandonné la voie de la fonction publique. Tous les autres servent à leur façon et avec leurs convictions cette République dont ils étaient censés être les hussards noirs.
Du Préfet de région au directeur d’hôpital en passant par le major de gendarmerie ou l’infatigable instituteur adjoint en CE2 ils ont tenus bon malgré les aléas du demi siècle écoulé. Les valeurs enseignées se retrouvent dans tous leur parcours. Ceux qui ont " trahi " l’idéal laïque se comptent sur les doigts d’une main.
UN BOUILLON PERMANENT DE CULTURE
L’Ecole normale constituait alors une formidable marmite pour un bouillon permanent de culture. On s’y confrontait à travers les 4 promotions présentes aux combats politiques, aux choix littéraires, musicaux ou cinématographiques. Il y avait des affrontements de clans constitués, de groupes secoués par les soubresauts de l’adolescence, des individualité brillantes. Dans un internat strict nous nous imprégnions de la vertu de l’échange, du débat, du partage, de la solidarité fondement de la liberté de pensée sans véritablement le sentir. Les discussions étaient interminables, les confrontations parfois intellectuellement musclées, les divergences souvent durables mais n’empêche que chaque année nous essayons encore de nous retrouver autour du socle commun de notre formation citoyenne.
Bizarrement, le plus musclé des combats ne se situaient pas entre marxistes (ils étaient bien évidemment nombreux et actifs) et anti-marxistes mais, selon moi, autour de Georges Brassens. Au début des années "yéyé" on assista à un clivage profond entre les admirateurs du chanteur à la moustache pour amateur de " chabrot " et fans du rock and roll dévastateur. La lutte fut sévère et incessante. Elle tenait de la guérilla pour le contrôle des quelques transistors.
Majoritairement les partisans de celui qui rêvait d’être enterré sur la plage de Sète se situaient dans une gauche plurielle ayant besoin d’un chantre. Jean Ferrat avec Potemtkine, Nuit et brouillard ou les merveilleux poèmes d’Aragon restait dans le cercle restreint des communistes purs et durs. Et quelques-uns finissaient un jour ou l’autre par rejoindre ce parti qui contrairement à ce que l’on affirme souvent ne faisait pas recette dans les écoles normales. Les autres étaient beaucoup plus instables.
Georges Brassens avait pour eux une toute autre dimension. Il rassemblait les amoureux de la liberté voire d’une certaine forme d’anarchie de la pensée. J’en étais et par exemple alors que la Gauloise, la Gitane (avec ou sans papier maïs) étaient majoritaires nous étions un certain nombre à bourrer nos pipes d’Amsterdamer. La bouffarde allait de pair avec l’admiration pour le chantre du gorille. Les " philos " tenaient Brassens en haute estime mais il avait aussi ses partisans parmi les " matheux ". Les "Sciences Ex" étaient ebaucoup plus diversifiés. Mais je vous parle d'un temps que els moins de 40 ans ne peuvent aps connaître
IMPERTINENCE, HUMANISME, INSOLENCE
J’ai vu une fois ce fils de maçon, qui travailla comme ouvrier chez Renault avant de se lancer dans la chanson qu'il marqua de son impertinence, de son humanisme, de son insolence calculée, sur la scène du Fémina à Bordeaux, il y aura exactement 40 ans dimanche prochain. La simplicité même. La modestie personnifiée. Une souffrance vraie pour cette exhibition à laquelle il n’était pas prêt.
Une guitare, deux musiciens, un éclairage minimum et des textes que personne ne pouvait s’empêcher de murmurer. Il était malheureux de ne pas pouvoir mieux faire, comme ces merveilleux ouvriers qui ne savant pas parler autrement qu’avec le talent de leurs mains. Brassens était un ébéniste qui sculptait les mots dans le chêne de la vie auprès duquel il se plaisait.
Comment ignorer la modernité de sa " chanson pour l’Auvergnat " dont certaines paroles ont une signification intemporelle qui pourrait inspirer bien des politiques actuels de gauche. Relisez les ou écoutez Georges les égrainer et vous aurez un hymne vivant à la solidarité vis à vis de tous les exclusions que notre société n’a non seulement pas su éliminer mais qu’elle a même accentuées. Il n’a pas composé de chansons qui ne puissent résister au temps, qui n’ait une valeur universelle.
La tendresse des amoureux qui se bécotent sur les bancs publics est pourtant devenue rare. Il y a certes de moins en moins de ports où un bateau embarque, pour des périples amicaux, uniquement des copains à bord. Ce n’est plus à la mode. Je sais aussi qu’avoir mauvaise réputation ne gêne plus pour dominer dans les sondages où s’installer dans un fauteuil présidentiel. Vous savez d’ailleurs si vous êtes un habitué de cette chronique quotidienne que " les braves gens n’aiment que l’on suive un autre route qu’eux "… Il aurait combattu l’effet des serre lui qui préférait qu’on lui parle " de la pluie et non pas du beau temps car le beau temps " le dégoûtait et lui faisait " grincer les dents " alors que " le bel azur le mettait en rage… " et chacun sait "qu’un p’tit coin de parapluie" vaut encore plus actuellement " un p’tit coin de paradis ". Chasser le papillon ou voir "Margot donner la gougoutte à son chat" symbolisait à merveille cette France à la fois simple mais riche de douces émotions. Brassens en véritable poète transformait un brin de vie en scène merveilleuse.
DOUTE VIS A VIS DE L’ORDRE ETABLI
A l’Ecole normale nous étions un certain nombre à nous inspirer de ce barde de l’anarchie, mort il y a un quart de siècle hier, pour manifester notre doute à l’égard d’une société de l’ordre établi. Les autres se plongeaient dans le rock de Chuck Berry, Elvis Presley ou de Gene Vincent pour contester un monde qui ne leur convenait pas. Ils cassaient les fauteuils, ils laissaient pousser leurs cheveux et ils fumaient des Lucky Strike ou des Camel. Une autre vision sociale se profilait. Elle annonçait le virage de l’américanisation et du yéyé !
Brassens dut résister et sut le faire. Le salut les copains d’alors ne disait rien de lui. Brassens était notre José Bové de la chanson. Il nous permettait d’entrer en résistance et de devenir révolutionnaire grâce à ce gorille défiant le pouvoir judiciaire ou en fréquentant le marché de Brive la gaillarde. Quelques refrains imagés suffisaient à notre soif d’indépendance et à notre envie de défier quelques convenances.
Aucun autre auteur compositeur interprète n’a pris la place de celui qui exaspérait " les gens honnêtes ", qui était incompris parfois des " gens du peuple ", mais qui ravissait les gens " mal pensants ". Dans le fond "tout le restant m’indiffère", car Brassens, j’aurai un jour ou l’autre rendez-vous avec vous, quelque part. Il me suffira de "passer le pont c’est tout de suite l’aventure"… je me "ferai tout petit", dans un coin où brûlera une cheminée. Je suis certain que je retrouverai vite le chemin de cette école normale où, heureux comme Ulysse, je rêvais d’un monde meilleur et où je croyais que les combats les plus désespérés étaient les plus beaux. Gräce à toi Georges je le crois encore :
Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente…
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Dimanche 29 octobre 2006
Le grand débat autour de la fusion Gaz de France-Suez tourne sur le principe de l’indépendance énergétique de la France. Pas un seul expert, tant soit peu honnête, ne peut affirmer le contraire : cette capacité sera décisive en cette première moitié du XXI° siècle alors que la maîtrise des ressources en eau sera celle de la fin du XXI° siècle. L'épuisement programmé de ces éléments clés du progrès approche et aucun événement stratégique, en ce monde actuel, n’a pas comme base cette réalité. Les grandes manœuvres planétaires tournent autour des zones pétrolières ou de celles qui contiennent encore des réserves potentielles de gaz comme, dans cinquante ans, il sera indispensable de " tenir " les lacs et les zones glaciaires.
Or, dans ce contexte extrêmement préoccupant, le gouvernement fait un enjeu idéologique pur de la privatisation des entreprises qu’il maîtrise un peu plus que les autres. Faut-il que les lobbies soient puissants pour qu’une volonté politique confine à l’autisme. Il accélère toutes les procédures, il bouscule les ordres du jour, il se hâte à boucler, à six mois désormais d’une échéance électorale capitale pour ce genre de sujet un dossier pourtant peu urgent.
LA COUPE DU MONDE SUEZ
Cet empressement à conclure a paru au moins suspect à un " pauvre " sénateur vert Jean Desessard qui a annoncé son intention de saisir la justice sur l'invitation par le groupe Suez d’une vingtaine de parlementaires lors de la Coupe du monde de football. Il a relié ce lobbying à l'examen par des élus pressés du projet de loi sur l'énergie qui prévoit la privatisation de Gaz de France en vue de sa fusion avec Suez. "Ces cadeaux, coûteux, posent la question des limites déontologiques et légales à ne pas dépasser à ce sujet. C'est pourquoi nous demandons au Procureur de la République d'ouvrir une enquête sur le lobbying de Suez". Au-delà de ce fait précis, les Verts demandent la création d'une commission d'enquête parlementaire au sujet du lobbying en général, "afin de nous doter de règles aptes à départager le lobbying légitime du trafic d'influence".
Le gouvernement a illico demandé l'urgence sur le projet de loi sur l'énergie afin de réduire le nombre de navettes entre les deux assemblées en vue d'une adoption rapide et définitive le 8 novembre. Y’a-t-il cause à effet ? Dans tous les cas c’est une réalité…française. Rien n’empêchera la privatisation forcenée de se dérouler et surtout de voir une "russification" de la fourniture d’énergie s’installer puisque un seul patron possèdera le pouvoir d’en décider. Suez achètera un club de football et n’aura plus de problème pour inviter les parlementaires à contempler les prouesses des grandes vedettes du ballon rond.
Pendant ce temps sur d’autres continents, les nouveaux dirigeants font exactement le chemin inverse de la France. Ils tentent,avec une conviction de chaque instant, de verrouiller leurs sources d’énergie afin de ne plus être tributaires des grandes multinationales promptes à les piller au prix le plus bas. L’exemple vient de la Bolivie où l’on retrouve alors les Français… de l’autre coté de la table des négociations.
L’ENERGIE EXCEPTIONNELLE DE MORALES
Avec une… énergie exceptionnelle Juan Evo Morales ce leader syndical et politique né sur l’Altiplano dans le village de mineurs d’Orinoca n’a pas cessé de se battre pour que son pays dépossède les grandes compagnies de leurs droits à exploiter sans aucune retombées pour la Bolivie accordé par son prédécesseur il y a dix ans. Cet attachement aux maigres richesses du sous sol vient probablement de ses origines amérindiennes inspirant son action et qui ont profondément marqué sa campagne présidentielle. Son programme plus que de Gauche avait provoqué le déchaînement de la CIA et du système Bush. En pure perte. L’indien Aymara pris pour un rustre par l’élite internationale a tenu parole.
otal, le fleuron des entreprises françaises, a cédé la première… et a signé le protocole de renationalisation de l’industrie pétrolière d’Amérique du Sud… Bizarre qu’un PDG tricolore n’ait pas réussi son lobbying en… Bolivie alors que son collègue de Suez soit sûr de son coup en France !
La signature symbolique, dans la même salle où l'ancien président Gonzalo Sanchez de Lozada avait décidé de la privatisation des secteurs du pétrole, des télécommunications ou de l'électricité, a eu lieu avant-hier en présence d’Evo Morales, de dirigeants de Total et de la firme américaine Vintage lors d'une cérémonie exceptionnelle à La Paz. Depuis hier soir le délai de six mois fixé autoritairement par le " politique " pour reprendre la main sur " l’économique " a expiré. Les multinationales devaient abandonner la majorité du contrôle de leurs opérations en Bolivie sous peine de quitter le pays… Efficace et conforme aux… promesses électorales. Rare !
Si Evo Morales a reconnu en toute franchise que la présence de sociétés étrangères en Bolivie était cruciale pour le développement des réserves de gaz de son pays, il a réaffirmé avec conviction son engagement à protéger le contrôle national sur ses réserves d'hydrocarbures. "La Bolivie a réellement besoin d'investissement", a-t-il déclaré. "Nous n'avons que deux voies: nous endetter ou trouver des partenaires. Et ce soir, nous signons des contrats avec ces compagnies afin qu'elles deviennent des partenaires, et pas les propriétaires de nos ressources naturelles". Il faudrait qu’il vienne convaincre les députés UMP français de cette notion fondamentale. Une leçon de politique donnée par un Président hors normes...  des élus inféodés aux désirs libéraux européens.
PERTE DE LA MAITRISE PUBLIQUE SUR SON APPROVISIONNEMENT
Quand la Bolivie garantit sa maîtrise sur ses ressources, la France perd celle publique sur son approvisionnement qui est encore plus difficile à gérer. N’en déplaise au gouvernement et aux promoteurs de la fusion, celle-ci n’engendrera pas en effet un " gazier " pouvant peser que le marché mondial. Les griefs de Bruxelles et les réponses que propose d’y apporter la direction de GDF montrent que la nouvelle entité perdra la maîtrise des infrastructures d’importation, de transports et de distribution de gaz et qu’elle ne représentera que 14 % de plus que les capacités de l’actuelle entreprise nationale puisque l’Europe l’obligera à céder à la concurrence des parts du marché évaluées à 21 %. Il n’y a absolument aucun effet de " masse " et donc aucun espoir de bénéficier de meilleures conditions d’achat de cette privatisation comme elle n’aura que des effets pervers sur le prix de vente.
Les exigences de verser les meilleurs dividendes possibles aux actionnaires vont obligatoirement modifier les critères de gestion de GDF. Actuellement 90 % des approvisionnements de l’entreprise nationale se font sous forme de contrats d’une durée de vie comprise généralement entre vingt et trente ans. Ils offrent au producteur une visibilité à long terme pour la commercialisation de sa production ce qui lui permet d’effectuer les investissements colossaux nécessaires à l’amélioration de ses capacités. En échange, il concède des tarifs inférieurs aux distributeurs capables d’écouler son gaz. Le coût d’achat du mégawatt pour GDF est ainsi inférieur à 20 € alors que le prix du marché avoisine les 40 €.
Pourquoi GDF-Suez privatisé continuerait-il à vendre son gaz au tarif " administré " alors qu’il peut réaliser une juteuse plus-value en profitant de ces accords encore en activité ? En fait le profit sera immense car Suez qui est également fortement implantée sur le marché de l’électricité va pouvoir profiter du fichier de GDF (11 millions de foyers) pour proposer avec le gaz une offre complète ce que ne pourra pas faire EDF… Car dans le fond c’est là que se situe le véritable enjeu : affaiblir EDF et la rendre " privatisable " dans une seconde étape… avec en toile de fond le contrôle de la production d’énergie via le nucléaire.
Si Morales pouvait être candidat aux élections présidentielles en France peut-être que l’on se remettrait à croire au pouvoir du " politique " pour préparer l’avenir. Car le laisser totalement entre les mains des commissaires européens et des PDG de multinationales c’est tout bonnement suicidaire.
Mais je déblogue…
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...
Ma chronique L'AUTRE QUOTIDIEN "Un Fabius génétiquement modifié" et allez sur
 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Samedi 28 octobre 2006

Pas moins de cinquante unités de forces mobiles (CRS et gendarmes mobiles), soit 4.000 hommes, ont été mobilisés en renfort sur l'ensemble du territoire français pour la nuit dernière, un an jour pour jour après le début des émeutes en banlieue. Ce dispositif pourrait être prolongé ou renforcé en fonction des événements de la nuit… C’est dire si, comme on le disait autrefois dans mon village, on a eu le " trouillomètre " à zéro au Ministère de l’Intérieur. Aux aguets de la moindre sonnerie du téléphone, les cadres sarkozistes dans chaque coin de France, ont passé une nuit blanche avec la crainte d’en voir l’écran noir s’illuminer de quelques incendies divers.

Tous les observateurs indépendants et lucides s’accordent en effet à reconnaître que toutes les déclarations provocatrices, toutes les annonces apaisantes, toutes les promesses électoralistes ont été lettres mortes et que véritablement rien n’a changé dans ces cités où se concentrent les problèmes actuels de la société : chômage, renoncement parental, inculture, surendettement, communautarisme excessif… Comme les mêmes causes produisent tôt ou tard les mêmes effets, les Renseignements généraux, véritablement peu efficaces dans ce secteur difficile à infiltrer car très différencié, ont donné l’alerte. Au cas ou…

Le Préfet de la Gironde en recevant récemment le nouvel Inspecteur d’Académie lui a bien précisé qu’il lui donnait toute latitude pour gérer le système éducatif mais… qu’il exigeait un suivi permanent de la politique de la ville. Les consignes sont formelles car un nouvel embrasement coûterait probablement son élection à Sarkozy ! Malheur au Préfet de police qui cette nuit aurait dormi uniquement du sommeil du juste. Et donc celui qui aura pris des vacances de Toussaint pour aller sur la tombe de sa famille risque bien d’aller se recueillir un jour sur celle de sa carrière. Il valait mieux rester éveiller pour réagir au plus vite. Le danger était partout.

IL N’Y A PAS D’ANNIVERSAIRE

Pas " populiste " pour un centime d’Euro Sarkozy avait, hier, fait sa déclaration de " Rieufort sur Rançon " qui demeurera selon moi, dans l’histoire comme le top du top de la démagogie. " Pour moi, il n'y a pas d'anniversaire. Il y a une France qui est multiple et chacun doit se sentir considéré et respecté. Ce n'est pas parce qu'on ne brûle pas de bus qu'il n'y a pas de souffrance, d'inquiétude, de besoins, d'aspirations et de demandes", La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait déjà critiqué "l'agitation médiatique" autour d'un "pseudo-anniversaire" comme s’il était étranger à ce processus ayant conduit à convoquer des dizaines de caméras et de micros lors de ses opérations commandos .
Le " président-ministre-candidat " de l'UMP a ajouté : "l'Etat républicain ne peut pas se préoccuper uniquement de ceux qui se comportent mal, mais aussi de ces millions d'anonymes qui vivent sans rien demander mais qui entendent être respectés" devant des habitants a mille lieues de ces problèmes qu’ils en connaissent que grâce à la vérité selon Saint PPDA "Cette France-là, elle compte aussi. Etre là en Lozère aujourd'hui, c'est une façon de dire que ce n'est pas parce qu'elle ne casse rien qu'elle ne doit pas avoir la parole. Vous avez fait beaucoup d'efforts. On ne donne pas assez à ceux qui veulent construire et un peu trop à ceux qui veulent empoisonner la vie des autres". Même Poujade ou De Villiers parangons royaux du populisme sont relégués au rang d’amateurs. La Lozère pour faire une déclaration sur le thème " Aux armes citoyens, formez vos bataillons " relève de la manipulation intégrale au moment où jacques Chirac lui se pavane en Chine !

Or, il se trouve que ce beau département de Lozère a fait récemment partie de ceux dans lesquels la délinquance s’était brutalement aggravée. Il faut y voir certainement la véritable raison de ce déplacement du " candidat officiel " qui avait fait expédier un questionnaire au Préfet responsable, selon lui, de ces statistiques catastrophiques. Celui de Seine Saint Denis s’était rebiffé… et celui de Lozère a donné une explication implacable à ce mal des banlieues : le commissariat de Mende, qui avait connu un triste record de hausse, avec +200 % de vols enregistrés sur les six premiers mois de l'année fournit une superbe réponse. Le vol d'une paire de chaussettes, de bonbons et de magazines dans quatre magasins différents avait été la cause de ce bond des chiffres de la délinquance. Sur la même période de 2005, le commissariat de Mende n'avait en effet enregistré qu'un seul délit de ce type : le vol d'un pot de yaourt dans un hypermarché ! C’était le lieu rêvé pour parler des problèmes des banlieues et les journalistes n’ont pas manqué de questionner le "président-ministre-candidat " sur la fiabilité de ses statistiques ! L’appel de Rieufort sur Rançon (sic) était le bienvenu pour ramener le calme.

DANS LES CITES DITES DE GAUCHE

Vers 18h 15, hier soir, devant la gare du Blanc-Mesnil deux individus cagoulés ont mis le feu à un premier autobus après avoir fait descendre, sous la menace d'une arme, le conducteur et une quinzaine de passagers. Le conducteur, comme les occupants, n'ont pas été blessés, a précisé la compagnie Transports rapides automobiles (TRA, du groupe Veolia transports), propriétaire du bus. Les assaillants ont répandu de l'essence dans le véhicule avant de mettre le feu. Même scénario s’est déroulé quelques heures plus tard dans la même ville… dirigée par un Maire communiste. Précision importante car vous constaterez que ce genre de faits ne se produisent majoritairement que dans des cités dirigées par la gauche. C'était le sixième bus incendié en France en quarante-huit heures, dont cinq en région parisienne et tous dans des villes dites de gauche. A droite tout est calme ! Mais bien évidemment : c’est un pur hasard!

Inutile de préciser que de tels faits n’ont rien à voir avec la crise des banlieues mais plus prosaïquement avec une forme larvée de guérilla " urbaine. Ce que Sarkozy ne reconnaîtra jamais c’est qu’il y a dans chaque acte collectif de rébellion des groupes chargés de mettre le feu au sens figuré. Expliquer ce rôle connu de certains agitateurs semi-professionnels ce serait admettre l’existence d’un réseau intra-français organisé pour lancer des émeutes et donc l’échec complet de la politique de répression. La vérité est plutôt là.

Il existe des mouvances qui ont intérêt à ce que l’anniversaire soit dignement fêté dans les prochains jours, ne serait-ce que les dignitaires religieux proches de l’extrémisme qui ont clairement été mandatés en 2005 pour secourir le pouvoir républicain défaillant. S’ils s’avèrent que ce rôle leur incombe, ils peuvent fort bien pacifier une nuit d’anniversaire et donner un signe fort de puissance sur le terrain. C’est ce qui s’est passé la nuit dernière.

En revanche l’attaque des autobus avec des armes de poing relève d’une pratique éloignée de la simple manifestation collective de " haine " à l’égard des policiers. Il est certain que, dans un avenir plus ou moins lointain, on déplorera un " accident " avec une confrontation armée directe. Alors, il faudra bien se pencher sur le problème extrêmement difficile : celui de la circulation préoccupante d’armes à feu dans les " cités ". Mais ce sera plus tard !

GROUPES RESTREINTS CONSTITUES

Toutes les communes ont leurs phénomènes banlieues et les maires qui prétendent le contraire ne sont pas crédibles. La différence c’est que médiatiquement les habitants n’en ont pas conscience dans la mesure où ces faits ne sont pas diffusés. Ils restent dans un cercle réduit et ainsi leur importance sont minimisés. Par exemple, sur Créon, nous savons que, la nuit, sans que ce soit au pied des immeubles mais dans divers points de la commune se retrouvent des groupes restreints constitués qui attendent on ne sait quoi en vidant quelques packs de bière ou une bouteille d’alcool fort. Les parents abandonnant tout contrôle et ne se pose aucune question sur les heures auxquels ces mineurs regagnent leur domicile.

Les têtes mal pensantes ont déjà été interpellées pour des broutilles ou sont en passe de l’être mais… ils ne renoncent pas pour autant à changer de manière de se comporter. La semaine dernière les grilles de protection des locaux collectifs du stade municipal ont été arrachées avec les murs eux-mêmes, toutes les protes ont été forcées pour finalement voir dérober… 2 packs de bière et 1 d’Orangina ! Coût des dégâts : 3 000 € P pour la collectivité ! De temps en temps des bacs poubelles brûlent la nuit quand dans leur vagabondage les troupes ont froid. Parfois ils cassent quelques panneaux de signalisation ou taguent des murs innocents. Certains vivent de petits trafics comme ailleurs sans que les familles cherchent à savoir d’où vient leur train de vie. Inutile de le nier même la plus petite commune a son abri bus où se rassemblent les désabusé(e)s du quotidien.

Nous avons donc tous notre phénomène banlieue qui ne passe pas heureusement par la caisse de résonance médiatique et qui ne bénéficie pas heureusement d’une publicité gratuite. Si l’on admettait notre responsabilité collective dans cette réalité un pas en avant serait franchi. Résoudre les problèmes au pied des immeubles ou sous les abris bus ruraux relève d’un changement des comportements et pas nécessairement d’une circulaire sarkoziste de plus. Et l’on sait que les comportements sociaux ne se modifient jamais par un texte mais par un lent et complexe processus solidaire. Et, là on en est véritablement très loin surtout quand on le voit de... Rieufort sur Rançon !

Mais je déblogue…  

JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...

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par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Vendredi 27 octobre 2006
Il y a 130 ans Victor Hugo écrivait " l’art d’être grand-père " une œuvre dans laquelle il parlaît de Jeanne sa petite fille. Cette approche de la " grand parentalité " étonna car rares, à l’époque, étaient ceux qui pouvaient avoir conscience de ce statut beaucoup plus aléatoire que maintenant. On mourrait en effet avant d’avoir la certitude qu’une continuité familiale était assurée. Même si les femmes enfantaient plus tôt, il fallait avoir un santé solide pour espérer un jour croiser le regard d’un(e) petit(e) fil(le)s et encore plus d’un(e) arrière petit()e fil(le)s. Désormais, ce plaisir devient heureusement courant mais il demeure néanmoins moralement véritablement exceptionnel. Il y a de la jubilation à voir arriver sur cette terre un petit " vermisseau " dont on imagine les sensations. C’est un enchantement que de partager ces moments porteurs d’un avenir réputé heureux. Je l’avoue, l’arrivée de mon second "petit enfant" m’a redonné un brin d’espoir oublié, un rai de lumière pour éclairer la route du quotidien, un motif de me battre contre ce en quoi je ne crois plus.
Julien me permet d’aimer différemment la vie car même si je n’a pu le voir que 4 jours après sa venue au monde en raison d’un emploi du temps très chargé, au service des autres, j’ai eu, les larmes aux yeux en mesurant ce dont je lui suis maintenant redevable. En le regardant si fragile dans son berceau de verre en une maternité du CHU de Bordeaux Pellegrin en plein travaux, j’ai pourtant éprouvé un étrange mélange de plaisir et d’inquiétude. Il ne me semble pas l’avoir ressenti lors de la naissance de mes propres enfants car je ne savais pas alors quelles étaient les exigences de la paternité.
J’ignorais combien il était difficile de mener vers l’âge adulte un enfant. Le moindre accroc, la moindre faiblesse, la plus petite erreur peuvent avoir des effets désastreux. Et ceci on le sait… quand on est devenu grand-père grâce au recul de l’expérience. Avoir un enfant à l’époque actuelle c’est s’engager courageusement dans une lourde responsabilité . Il faut savoir que l’on devra se contenter parfois de boucher des " trous d’air " en permanence, d’essayer d’accompagner une évolution délicate, de tenter de conjuguer tendresse et rigueur, de vivre encore plus dans l’inquiétude de l’avenir.
RESPONSABLE QUE DU SUPPLEMENT DE BONHEUR
En tant que " Papidou " comme m’appelle Léa, ma petite-fille, je n’ai aucun état d’âme de ce genre : je ne se sens responsable que du supplément de bonheur que je peux donner à ce petit bout d’homme. Mon statut a évolué de celui du " père fouettard " à celui de " papi gâteau " et inutile de vous dire qu’il s’est amélioré et qu’il est devenu plus agréable. N’empêche que j’éprouve, malgré moi, une étrange angoisse car j’imagine (mais c’est mon caractère réel) toutes les épreuves qui attendent Julien sur ce qui ne sera, quoi qu’il fasse, qu’un sentier escarpé vers d’éventuels sommets. Tout concourt à mon inquiétude. Elle est renforcée par le manque total de lisibilité de l’avenir. Quel monde l’attend ? Quelle sera sa vie sur cette planète en voie d’auto destruction ? Quelle place y trouvera-t-il ? Mon incapacité totale à répondre à ces interrogations absurdes car démesurées me rend pessimiste. Ma douleur vient de ce mélange paradoxal entre mon bonheur de le serrer contre moi et ce besoin de lui garantir des lendemains qui, faute de chanter, se contenteraient de murmurer paisiblement.
L’éclatement géographique ou social de la famille prive les enfants de cette relation inter générationnelle dont ils ont grand besoin pour leur équilibre affectif. Dans ma vie personnelle mes grands-pères ont eu une influence décisive sur mon évolution. Quand je doute, quand je patine, c’est à eux que je pense car ils avaient une stature morale rassurante, un parcours tellement difficile que le mien ne pouvait être que meilleur, un avoir vivre qui m’impressionnait par sa vraie simplicité. Ils m’ont apporté le propre déroulé de leurs existences qui ont constitué les références dont j’ai eu besoin pour me construire. Je crois que ce contact entre un " être en devenir " et un autre en " voie de disparition " constitue la plus enrichissante des expériences. Le " contact " demeure irremplaçable.
DU GRAIN A MOUDRE POUR SA CONSCIENCE
Seulement je me rends compte que Julien aura tout juste dépassé ce moment où l’on n’a pas tous les jours 20 ans quand moi j’approcherai celui où l’on a chaque jour quatre-vingts ans ! Et je ne suis pas certain que j’aurais eu le temps de l’imprégner, comme l’ont fait mes aïeux, des valeurs auxquelles je tiens. Il me tarde de pouvoir dialoguer avec lui, lui donner modestement du grain à moudre pour sa conscience en devenir. Rien de sentencieux ou de formel mais plus efficacement en étant tel que je suis, sans fard et sans contorsions car on ne se construit que dans la confrontation jamais dans le mimétisme.
J’ai envie déjà de le lui écrire, sans forfanterie aucune, non pas une pseudo lettre poétique à Elise mais un billet à Julien. Il y découvrirait un jour qu’il est arrivé au beau milieu de l’affrontement royal au sein du PS, moment que tout le monde feint de considérer comme décisif pour son avenir. " Te rends-tu compte mon petit-fils que tu seras arrivée l’année du lancement de la démocratie participative, de la fin de la carte scolaire, de l’ordre juste et du jury citoyen ? Autant de concepts qui marqueront toute ta génération et dont tu seras forcément l’héritier. Te rends-tu compte Julien que tu as pointé ton petite museau entre deux débats télévisés sur LCP qui ont mis en émoi la bulle médiatique boursouflée de s’être emparée du pouvoir de décision ? Te rends-tu compte mon petit-fils que, chaque année, tu pourras désormais fêter l’anniversaire de la révolte des banlieues françaises ? Te rends-tu compte gamin que la semaine où tu es revenu à Sadirac où je suis né, le Président de ce qui fut la République, arpentait la Chine réveillée depuis belle lurette pour vendre nos réalisations industrielles ?… " Ces faits là seront les tiens, ceux auxquels, les uns et les autres nous accordons une importance particulière. Quand on débute avec une telle " intensité " dans la vie, on ne peut que se retrouver un jour ou l’autre sur le devant de la scène.
LA MESURE DE L’ENJEU
Hier, lorsque je suis allé le chercher à la maternité et que je t’ai fait franchir la porte d’entrée j’ai brutalement pris la mesure de l’enjeu. Nous avancions dans le bruit d’un chantier, sur un parking gavé, vers l’habitacle d’une automobile dont on sait que c’est le lieu le plus pollué dans lequel nous pouvons survivre, sous un soleil voilé et je songeais à ce que tu pourras éprouver dans des circonstance similaires dans un demi-siècle.
Que restera-t-il de cet environnement tellement différent de celui, que l’on prétend merveilleux, du placenta ? Tout laisse à croire que ton petit-fils, Juilen, aura dès ses premiers jours un masque à particule, qu’il sera placé dans un milieu purifié par des filtres et qu’il ne connaîtra pas un hôpital public !
Il faudra que tu lui expliques que, de ton temps, on discutait de l’accord de Kyoto et qu’un certain Georges Bush gouvernait le monde, que le réchauffement climatique perceptible la semaine de ton arrivée n’inquiétait que des Nostradamus sans crédibilité selon Claude Allègre. Tu porteras probablement le bien le plus précieux qui existe : un nouveau petit d’homme dont l’arrivée sera due simplement à l’amour mais pas à la science ce qui fera de lui un être à part dans un monde standardisé. Impossible dans le fond d’avoir des certitudes sur ce que tu ressentiras en franchissant le seuil d’un lieu de naissance dont je ne peux même pas imaginer un instant les contours… Et dans le fond je ne sais absolument rien de ce qui t’attend.
Je ne pourrais Julien te raconter que des histoires de mon passé comme ces vieux que j’ai connus qui radotaient sur un banc devant une porte. Je suis condamné à te parler de ce qui a été car je suis incapable de savoir ce qui sera. L’absence de certitudes à très court terme sur l’évolution probable de ce monde où tu es désormais, me culpabilise car elle va te condamner à vivre à tâtons. Et je ne sais pas, face à ce que je vois chaque jour, si dans le fond, égoïstement je suis pas heureux que tu sois là car je pressens que j’aurai peut-être davantage besoin de toi que l’inverse. En m’apportant l’espoir tu as réouvert la fenêtre de ma maison sur l’avenir. Rien que pour ceci je suis le plus gâté des papis gâteux.
Mais je déblogue…
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS ET VOUS N'AVIEZ PAS CRU...
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par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 26 octobre 2006
Il y a des moments étonnants dans la sphère politique. Ils éclatent brutalement comme une grenade lancée dans un casemate sécurisé. Souvent les mots servent eux-mêmes, dans ce milieu d’embuscades permanentes, d'armes redoutables dont on ne mesure les dégâts qu’à posteriori. On ne meurt pas d’une petite phrase lancée par un adversaire alors qu’un " balle " d’un tireur d’élite, en claquant dans l’air du temps, suffit à mettre à mal une réputation. L’affront peut être cinglant et durable. La blessure d’amour-propre ne cicatrise pas facilement.
Mardi soir, Laurent Fabius a probablement expédié le mot qui ne tue pas encore mais qui fait mal en commentant la mesure royale surréaliste qui concerne " l’évaluation des élus par un jury citoyen tiré au sort ". Il a osé lancer ce que tout le monde pense tout bas mais n’osait formuler tout haut : populisme ! Quelle que soit son appréciation des personnalités et de leurs propositions il faut bien convenir que là il a visé juste tant cette conception de la démocratie " réputée participative " vire au ridicule.
Pour bien comprendre le bien fondé de cette affirmation il faut obligatoirement en connaître la signification exacte. Le populisme est en effet une attitude politique et un style rhétorique qui affirment que l'élite de la société trahit les intérêts de la plus grande partie de la population, et qu'il y aurait donc lieu de retirer l'appareil d'Etat des mains de cette élite égoïste voire criminelle pour le "mettre au service du peuple" tout entier. Ca colle parfaitement!
Un populiste, dans une démocratie supposée, affirme donc que cette démocratie fonctionne mal, qu'elle ne tient pas ses promesses de servir "le peuple", ou même qu'elle ne peut pas les tenir étant donné les institutions existantes. Le pire c’est quand de tels propos sont justement prononcés par… une personne qui a toujours appartenu cette élite qu’elle voue aux gémonies car ils confinent à l’opportunisme le plus complet.
En effet, comment justifier que quelqu’un élu n'étant pas en situation de resposnabilité locale (maire, président de communauté de communes...) puisse aboyer avec les loups et solliciter que l’on institue le règlement de comptes, hors de toute référence républicaine, et que l'on puisse mettre en cause la fiabilité du mandat reçu du plus grand nombre? On instaurerait la démocratie de la Française des Jeux, celle qui donne un pouvoir grâce au vertus du hasard… 
Elle pourrait, avec autant d’efficacité, s’appliquer pour la désignation d’un conseil municipal ou celle des autres collectivités. Il est vrai que le concept de la comparution devant un aréopage n’est pas neuf puisque Pol Pot et Mao l’ont utilisé au moment de l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges et de la révolution culturelle. Mais qu’il vienne de la Gauche, garante de la responsabilité vis à vis du suffrage universel a de quoi étonner !
LEURS IMPRESSIONS SONT DES CERTITUDES
Le populisme prend son fondement dans la révélation. On essaie en effet par tous les moyens de persuader les gens que leurs impressions sont des certitudes. Le mot se réfère d'abord à un mouvement organisé dans la seconde moitié vers 1850 aux Etats Unis par des agriculteurs confrontés à des tarifs prohibitifs qu'un accès privilégié au domaine public avait permis aux compagnies de chemin de fer de leur imposer. D'autres mouvements ouvriers se sont organisés contre des taux d'intérêt qu'ils jugeaient abusifs, sans forcément dénoncer les privilèges de monopole qui permettaient de gonfler les marges bancaires. L'égoïsme à courte vue, assorti d'une confusion idéologique, aura empêché ces deux types d'intérêts organisés de s'unir contre la distribution par l'Etat de privilèges sur le dos des masses. On se cristallise sur les effets mais jamais sur les causes. On frappe sur l'apparent (les élus ne valent rien) mais on n'évoque surtout pas le réel (leur statut et leurs responsabilités).
En l’occurrence il faut avoir une belle dose de culot pour affirmer qu’une quinzaine de personnes tirées au sort aurait le pouvoir de mettre à mal un élu investi par le suffrage universel… et l'obliger à rendre compte de ses actes ce qui suffirait à l'exempter de toute critique!  
J’en arrive même à me demander si l’organisation d’un scrutin présidentiel est bien utile. Un conclave composé de PPDA, Arlette Chabot, Michel Denisot, Alain Duhamel, et de Laurence Parisot pourrait se réunir pour effectuer une présélection sur la base des idées que veulent recevoir les Françaises et les Français et Ensuite ILS réglereraient définitivement la problème dans un émission grand public avec un vote par SMS.
 OPPORTUNITES D’EXPLIQUER, DE DIALOGUER, DE PARTAGER
Il ne me viendrait jamais à l’idée de refuser de m’expliquer sur les gestions publiques que j’assume. Au contraire je recherche par tous les moyens les opportunités d’expliquer, de dialoguer, de partager avec le maximum de gens les réalités des mandats qui sont les miens. Que l’on exige des comptes rendus publics annuels de mandat, non par l’édition d’une plaquette sur papier glacé, mais par des invitations directes au débat, me paraît obligatoire. Que tous les élus, sans exception, (surtout ceux qui ont des délégations au deuxième niveau -syndicats intercommunaux, communautés de tous bords-) députés compris aient une obligation légale de présenter leur action devant toutes les personnes qui souhaitent la connaître autrement que par la presse ne peut que redonner un élan à la démocratie tout court. Contraindre les élus à créer des structures largement ouvertes de concertation pour décider des orientations de leur action, me paraît indispensable. Ces propositions sont constructives et cohérentes. Et je les approuve. 
Le problème c’est que l’exercice ne suscite pas l'enthousiasme des citoyennes et des citoyens en général car il est extrêmement exigeant en temps et en réflexion. En revanche, la seule idée de devoir plancher devant un " jury fut-il citoyen " ne m’inspire la même crainte que celle d’être traduit en cour d’assises par anticipation. Je n’ai pourtant jamais eu peur de me confronter à l’opinion des autres de tous les autres ou au moins de celles et ceux qui veulent bien spontanément partager cette volonté mais l'institutionnalisation d'un groupe de censeurs tiré au sort me reste en travers de la gorge.
Les populistes critiquent généralement la démocratie dite représentative quand elle leur est défavorable. Jusqu’à présent ils s’en prenaient le plus souvent aux milieux d'argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative etc.), ou aux élus censée avoir accaparé le pouvoir. Désormais il n’y a plus d’ambiguïté les élus de tous bords, de toutes tendances, sont maintenant des suspects officiels. Insupportable pour moi !
Il faut bien admettre que la recette a déjà servi depuis longtemps car les populistes leur ont toujours opposé une majorité postulée, qu'ils courtisent… au mépris de toute raison à une majorité qu'ils n'arrivent pas à obtenir dans les urnes (ce qui n'est aps le cas je le concède de la porteuse de cette proposition).
UN NUMERO DE CARTE BLEUE FAVORABLE
Si le  principe marche pour les élus, il faut donc aller plus loin. Je propose que toute personne investie d’une responsabilité publique soit aussi déférée annuellement face à un jury évaluateur. Tenez, puisque le débat est d’actualité, j’avance la théorie que les juges soient contraints de s’expliquer devant un jury tiré au sort parmi ceux qui peuvent siéger en cour d’assises et eux-mêmes tirés au sort, comme c’est le cas actuellement, sur les listes électorales… Les commissaires de police des banlieues pourraient aussi être soumis à une garde à vue populaire et, sommet de la gloire, des citoyens ayant bénéficié d’un numéro de carte bleue favorable pourraient aller questionner le Ministre des finances sur l’évolution du budget de l’Etat. On pourrait même imaginer un tirage au sort de cartes Vitale pour demander des comptes sur la sécu au ministre de la santé ou une opération avec les cartes d'identité nationales pour rencontrer Sarkozy. Les sans papiers seraient ainsi évités!
Réfléchissez bien : le système démultiplié à l’infini permettrait d’économiser beaucoup d’argent. Diminution des frais des assemblées diverses qui n’auraient plus de contrôles à effectuer de la cour des comptes que redoutent, quoi qu’ils en disent, les élus locaux, des commissions d'enquête parlementaire inutiles, des scrutins divers de représentativité au second dégré.  
Le boulangisme, le péronisme ainsi que le poujadisme ont fait leur choux gras avec quelques idées simplistes de ce genre. André Laignel le secrétaire général de l' Association des maires de France n’a pas été tendre en soulignant que de tels propositions faisaient " reculer les frontières de la République car juger à intervalle rapproché", sans attendre la sanction électorale, "ce serait abandonner l'intérêt général aux humeurs et aux modes. Désigner, ainsi, par avance, dans la veine de l'antiparlementarisme le plus sommaire, les élus comme des irresponsables potentiels qu'il faudrait mettre en examen permanent, pour flatter les électeurs, relève de la démagogie… "
Il y a, en effet, beaucoup d’autres solutions (rencontres citoyennes, comités consultatifs locaux, conseil des sages, groupes de travail…) pour résoudre le déficit démocratique avant de proposer le tirage au sort. D’ailleurs si c’était la bonne idée, on pourrait organiser, pour désigner le (la) candidat(e) socialiste un tirage à la courte paille et ensuite de le présenter au vote d'un panel de militants désignés comme représentatifs par l'IFOP. Dans le fond ce serait mieux qu’un Star’Po récurrente qui autorise toutes les surenchères.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 25 octobre 2006
Le problème des sectes dans notre société a une fâcheuse tendance à s’estomper discrètement. Il semble que le véritable problème que pose l’existence de groupements extrêmement divers niant dans les faits le libre arbitre des individus, ne préoccupe plus grand monde. Or, probablement jamais, la tache sociale ne s’est aussi efficacement répandue. Désormais discrètement, sous le couvert de diverses organisations, le phénomène sectariste prolifère et s’installe tranquillement dans le paysage, dans notre environnement immédiat. De temps à autres il réapparait dans l’actualité mais on n’assiste plus à ces grandes mises en cause que l’on a connues il y a une quinzaine d’années. La banalisation rampante des sectes est en marche. Et les rares personnalités politiques ou de réfence morale qui tentent de lutter contre ce véritable cancer social ne sont plus entendues. Ce n'est plus médiatiquement à la mode.
Le secret pèse sur tous les réseaux qui bénéficient, pour certains, d’une véritable indulgence officielle et de soutiens au plus haut niveau. Je peux affirmer sans amnages qu’ils sont extrêmement actifs et que peut-être ils n’ont jamais eu autant d’influence. La difficulté pour les identifier c’est qu’ils ont compris, contrairement à ce que leurs "gourous" avaient fait antérieurement, qu’il y avait des lignes blanches à ne pas franchir. Le prosélytisme tient compte des anciens errements en la matière mais il demeure extrêmement efficace. Il arrive pourtant que des événements rafraîchissent les mémoires sans pour autant distraire l’opinion dominante des ses certitudes.
LE RAPPEL DE FAITS SANGLANTS
Ainsi le procès de Michel Tabachnik, qui s'est ouvert hier devant la cour d'appel de Grenoble, a débuté par le rappel des faits sanglants ayant émaillé l'existence de l'Ordre du Temple Solaire. Le chef d'orchestre franco-suisse est poursuivi après la mort de 16 adeptes de l'Ordre du temple solaire (OTS) en 1995. Entre octobre 1994 et décembre 1995, des "tueries suicides" de membres de l'OTS ont fait 68 morts en Suisse, en France et au Canada, dont le gourou de la secte, Jo Di Mambro, et le "rabatteur", le docteur Luc Jouret. Le 22 décembre 1995, dans une forêt du Vercors, les corps calcinés de 16 personnes tuées par balles avaient été retrouvés sur un bûcher.
Quatorze d'entre elles avaient été tuées à l'aide de deux pistolets 22 long-rifle retrouvés sur place, et leur corps étaient disposés en rond, les pieds vers le centre du foyer. Parmi elles, se trouvaient les trois enfants de deux couples d'adeptes, ainsi qu'Edith et Patrick Vuarnet, l'épouse et le fils cadet de l'ancien champion de ski Jean Vuarnet. Les corps de deux chefs de la secte, l'architecte André Friedli et le policier Jean-Pierre Lardanchet, avaient été disposés autrement, tués à l'aide de deux magnum 357 retrouvés sur place.
Les écrits de Michel Tabachnik, incompréhensibles pour le commun des mortels, mêlent des notions tirées de l'alchimie, de la Kabbale, de l'astrophysique. Ils évoquent "l'imminence de grands cataclysmes et de profondes mutations accompagnant le passage de l'humanité du 4e au 5e règne identifié à la notion de retour vers le père". Cet ésotérisme n’a pas disparu et la civilisation de la raison fait place à celles des croyances. Ce procès ne permettra pas de mettre en évidence la dangerosité de certaines idées pseudo religieuses car il focalise sur une " énormité " caricaturale alors que le sectarisme dissimule les faits répétés du quotidien.
INFILTRATION DES STRUCTURES DE FORMATION
Désormais, leur objectif porte sur le système éducatif par infiltration des structures de formations ou plus encore par noyautage des associations de parents d’élèves dont on connaît l’efficacité dans le domaine des relations personnelles. Dans des rapports parlementaires officiels et lucides ont note une forte inquiétude sur ces méthodes dignes de celles des révolutionnaires dans un autre siècle. Il est dans la nature même des mouvements sectaires d’essayer d’intervenir dans le domaine éducatif puisque celui-ci offre au prosélytisme des possibilités d’expansion considérables. L’embrigadement des enfants avait déjà été relevé par une commission d’enquête, qui avait répertorié 28 organisations caractérisées par cette pratique. Le phénomène ne vous faites pas d’illusion s’est encore accentué : il ressort des informations recueillies par la Commission qu’une soixantaine de mouvements sectaires interviennent auprès des enfants sous des formes multiples.
On peut estimer aujourd’hui qu’environ 50.000 enfants subissent, à des titres et à des degrés divers, une influence sectaire, que 500 mineurs environ vivent dans des communautés fermées et qu’à peu près 6.000 enfants sont astreints à une scolarité hors normes. Ainsi, plusieurs mouvements sectaires refusent la scolarisation des enfants et dispensent leur propre éducation, complétée parfois de cours par correspondance.
C’est notamment le cas de La Famille (anciennement Les Enfants de Dieu), de la Fédération française pour la conscience de Krishna, de La Ferme (anciennement Tabitha’s place), d’Horus et d’Ogyen Kunzang Chöling. D’autres organisations s’efforcent d’infiltrer le monde de l’enfance par la formule des stages et des séminaires dans le domaine des loisirs mais aussi du soutien scolaire et du développement culturel. Il en va notamment ainsi d’Anthropos (stages " d’activation mentale "), de la méthode Silva (séminaires d’amélioration des performances scolaires), d’Invitation à la vie (pélerinages et activités artistiques pour enfants), du Mouvement du Graal (séminaires sur le thème de la sexualité et du spiritisme), de l’Office culturel de Cluny (nombreux séminaires et enseignements dans le domaine artistique) et de la Méditation transcendantale (qui a créé une structure pour " enfants méditants " et propose des cours afin de " mieux connaître son intérieur ").
L’entrée des sectes dans l’éducation se fait selon trois voies principales : le recrutement d’enseignants (la laïcité n’est plus une valeur référence), la commercialisation de méthodes éducatives (cours de soutien ou du soir), la prise de contrôle effective mais discrète d’établissements (nomination des responsables). Par ailleurs, le recrutement des assistantes maternelles peut poser problème si les parents ne sont pas très attentifs à la confiance qu’ils délèguent à des personnes qui leur sont parfois totalement inconnues.
LES TURBULENCES DES SECTES
Créon, comme la plupart des autres communes, a connu les turbulences des sectes et s’est retrouvée parfois dans des situations secrètes fort difficiles. Croire que dans la vie de chaque jour, dans son immeuble, dans son lotissement, à la sortie de l’école ou dans la vie associative, il n’y a aucun doute à avoir, c’est pratiquer la politique très répandue de l’autruche. On serre parfois la main à des femmes ou des hommes égarés ou sous influence. Tenu par l’obligation de ne pas trahir les informations que l’on peut me confier j’observe avec inquiétude les agissements de quelques personnes. Je ne peux que tenter d’enrayer leur influence mais sans jamais avoir le droit de porter sur la place publique les éléments en ma possession. Créon, malgré tous mes efforts (1), avec sa vie associative intense constitue un territoire de chasse privilégié. Deux exemples peuvent illustrer cette situation dont on n’ose plus parler.
D’abord, bien qu’ils se défendent avec hargne de constituer une secte, les Témoins de Jéhovah ont installé, il y a plus d’une décennie leur temple au cœur de la ville bastide. Malgré mon opposition technique ils ont obtenu l’agrandissement de leur lieu de culte et régulièrement je suis conduit à réduire leur campagne de recrutement qui exaspère logiquement les habitants. Leur intégration douce dans le canton n’a soulevé aucune objection majeure. Ils ont même une présence forte dans certaines communes voisines. Une lettre sollicitant le fléchage de leur temple pour lui donner une existence officielle, une demande de rendez-vous pour évoquer leur situation, des tentatives d’installation sur le marché du mercredi matin : autant de signes que le souci de leur association loi 1901 consiste bien à obtenir une statut social reconnu.
L’Ordre du Temple Solaire a également utilisé le biais de la vie associative pour se faire reconnaître par la puissance publique et il a été officiellement présent sur Créon en une époque antérieure aux faits décrits ci-dessus. Ce support légal aura permis de financer, de gérer, de développer de ce qui a relevé purement et simplement d’une activité économiquement structurée. D’ailleurs on ne sait pas trop où sont passés les fonds collectés en faveur de l’OTS. La seule certitude c’est qu’ils n’ont pas été perdus pour tout le monde. Comme pour la très grande majorité des sectes l’OTS avaient des finalités financières. Il est également totalement surprenant d’imaginer que l’Eglise de Scientologie a quelques adeptes disséminés sur le territoire communal. Eux aussi jouent à fond la carte de la respectabilité avec l’espoir de se faufiler dans les parcours électifs potentiels.
Il traîne aussi dans la communedes groupuscules qui recrutent via des pseudos techniques médecinales discutables. Pas un jour, sans qu’en mairie, parviennent des annonces, des affichettes, des propositions diverses qui dissimulent parfois des mouvements pour le moins suspects en quête de personnes à la dérive et prêtes à se raccrocher à une planche plus ou moins douteuse. ils suffit d'ouvrir les yeux pour s'en apercevoir.
Le silence officiel va s’accentuer avant les échéances politiques. Sarkozy a donné des gages très forts à l’Eglise de scientologie via son ami Tom Cruse. Les fondementalistes religieux de tous bords attendent leur heure pour agiter les chiffons verts, rouges ou jaunes. Les intégristes ne dorment que d’un œil. Le sectarisme s’installe dans la vie quotidienne. La laïcité se meurt. La place est libre.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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AU JOUR LE JOUR

Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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