MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on
respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
Lorsque l’on prend le temps, comme je l’ai fait, de lire attentivement plus d’un siècle de comptes-rendus des réunions du conseil municipal d’une petite ville comme
Créon on est ébahi de constater que ce que nous prenons pour des problèmes d’une actualité brûlante a forcément meublé les débats des édiles. Le non respect des règles civiques élémentaires
n’appartient pas à notre époque mais à toutes les époques. Les abus de circulation, les soucis liés à l’éclairage public, les communications les horaires du train, les crédits aux écoles, les
querelles sur le privé et le public, les baisses ou les hausses des impôts locaux, le sort à faire aux " bourriers ", l’entretien des routes, les subventions qui se raréfient, le taux des
emprunts… Impossible de ne pas retrouver ce présent que nous croyons unique dans un passé porteur de nombreuses leçons de modestie.
J’adore prendre une année au hasard et lire ces textes narrant les péripéties d’une vie que certains estiment meilleure mais qui n’était guère différente et que
d’autres rangent au rayon des moments désastreux alors qu’ils avaient l’avantage de porter le progrès. Fabuleux ces lectures pagnolesques car elles rendent modestes en permettant de vérifier que
la modernité n’est en fait qu’une adaptation sociale d’un comportement oublié. En ressurgissant dans une actualité factice les fameux " problèmes " se refont une virginité.
Par exemple les élus créonnais furent préoccupés par le manque de propreté de leur ville et le fait que leurs mandants oubliaient sur les trottoirs les épluchures de
légumes, la paille des étables ou les objets dont ils ne voulaient plus ans leur environnement immédiat. Ils firent des déclarations tonitruantes contre les maires incapables de faire respecter
un minimum de discipline après les marchés laissant la cité sous les détritus.
Le conseil municipal décida donc, grande nouveauté pour le siècle dernier, de mettre en place " la collecte des bourriers " deux fois par semaine. Il trouva même un muletier qui acheta
ces déchets pour fabrique du terreau qu’il revendait ensuite aux agriculteurs. Les créonnais avaient inventé le tri sélectif avec fabrication de compost alimentée par un système écologique. La
chaîne parfaite dont rêverait un grenelle de l’environnement et n’importe quel adepte du développement durable. Malheureusement un jour on décida que la mule et son tombereau n’étaient plus dans
l’air du temps et l’on inventa le camion poubelle… Mais avouez que c’est assez cocasse de découvrir parmi les dépêches de constater que parfois on présente comme à la pointe de l’ingéniosité ce
qui a été ridiculisé des décennies avant.
LE RECOURS AUX ANES COMMUNAUX
Par exemple la commune de Castelbuono en Sicile, qui compte 10.000 habitants, a annoncé hier utiliser des ânes pour rendre le ramassage des ordures plus écologique,
plus économique mais aussi plus efficace. Six ânes remplacent depuis février dernier les quatre camions poubelles de cette ville située dans la province de Palerme.
" En remplaçant les moyens de transport qui consomment du carburant polluant par des ânes ... nous faisons des économies, mais nous contribuons surtout à rendre le monde plus
propre ", se félicite le maire de Castelbuono, Mario Cicero, dans un communiqué. Une sacrée idée qui va faire le tour du monde et qui va redonner ses lettres de noblesse à
l’ânier !
Un âne coûte en effet environ 1.200 € à l'achat, plus 2.000 € par an pour la nourriture et l'entretien, contre… 30.000 € pour un camion poubelle auxquels il faut ajouter entre 7.000 et 8.000 €
d'entretien par an, souligne-t-il.Or, les ânes de Castelbuono ont ramassé depuis février près de 140.240 kilos d'ordures en plus que l'année dernière pendant la même période, note encore le maire
qui a acquis une notoriété sans pareille.
Flanqués de deux caisses en bois où sont stockées les ordures, les animaux sont accompagnés tout au long de la journée par des éboueurs… rebaptisés " opérateurs écologiques ",
se glissant dans toutes les ruelles, contrairement aux camions, obligés de s'arrêter fréquemment. Avouez que l’idée est géniale car elle correspond au modernisme le plus absolu. Plus d’âniers ou
d’éboueurs, fonctions dévalorisantes s’il en est dans une société ne reconnaissant que la technicité et le titre. Ces collecteurs de déchets sont devenus par la magie du vocabulaire des agents de
développement durable !
UN ANIMAL SYMBOLIQUE
Tantôt symbole de sagesse et de douceur, l'âne est pourtant souvent raillé, car on se moque de ses grandes oreilles. Michel Ange métamorphose, sous son pinceau, les
hauts fonctionnaires en ânes pour se moquer du clergé et retrace une nouvelle fois l'histoire du roi Midas et ses grandes oreilles. Au XIXe siècle, l'âne bateleur, véritable personnage de la
commedia dell'arte, s'impose à la tête du cortège de Polichinelle. Nombres de gravures imposent sa caricature. Dessiné par les fabulistes, croqué par les étudiants, il reste le symbole de
l'ignorance, très présent pendant les fêtes médiévales en dirigeant, costumé, les fous du roi. Même constat, au début du siècle, pour l'âne écolier, stigmatisé par Hachette, les bonnets d'ânes
faisant la couverture des fascicules d'orthographe.
En revanche, quant il s'agit services rendus, l'âne respectable pose avec les femmes de marins bretons, normands... les fermiers ou les gens de la ville et s'illustre
sur de multiples photographies transportant poissons, victuailles... convoyant familles à l'église ou au marché. Immortalisé sur les archives, aux quatre coins du monde, on le voit œuvrer aussi
aux champs pour les petits travaux de labour.
Notons l'aquarelle du peintre François Flameng montrant l'importance du rôle décisif de l'âne dans les tranchées de la Guerre 14-18, pour transporter soupe et
munitions. Il a activement participé à la victoire. Ouvrages, romans, poèmes, contes, art pictural... si l'âne est partout, il apparaît sur des monnaies grecques, gauloises, représente le blason
de certaines armes de familles nobles du Moyen âge, fusionne aussi avec les bronzes animaliers du XIXe siècle. De tous temps, il poursuit son chemin en se faisant remarquer par des artistes de
secteurs différents. L'opéra d'Offenbach, théâtres, chansonniers, marionnettistes, poètes de notre temps... Tout le monde s'intéresse au petit âne, et en s'inspirant de la période biblique, les
sculpteurs l'érigent également haut et fort.
Désormais il va devenir un acteur de la sauvegarde de la planète et si l’idée sicilienne vient aux oreilles de Nicolas Sarkozy, il va inclure son utilisation dans le
processus de lutte contre le réchauffement climatique. Un âne à la place des camions poubelles économiserait des tonnes de CO2 et question carburant il marche aux bio carburants ! Une
revalorisation de son image serait une œuvre prometteuse. Barnier secoué par Borloo va vous concocter une plan pour aliborons éboueurs ! En Egypte j’en ai vu des dizaines de milliers attelés
à toutes les tâches, tant dans la mégalopole de Le Caire que sur les vertes rives du Nil. Ils servent au transport des personnes, des marchandises et des idées car ils ne sont pas aussi têtus
qu’ils en ont l’air !
UNE REVANCHE PARMI D’AUTRES
Celui qui fut banni, ignoré, snobé, méprisé après avoir été respecté, aimé, exploité tient peut-être sa revanche. Elle naîtra sur les âneries des hommes incapables de
gérer le problème contradictoire voulant que pour éliminer leurs déchets il pollue toujours plus par la collecte et le traitement. Il y a des décennies que l’on essaie de maîtriser les
difficultés liées au coût sans cesse croissant des liens entre la surconsommation et le respect de l’environnement. Et voici que le bourricot s’impose comme la solution idéale. Il ne risque pas
en plus de culpabiliser quelconque comme la vache sa voisine de prairie. A part ça, même à notre humble niveau, l'action n'est pas simple.
L'ennemi est partout. Manger son bifteck serait si l’on en croît les spécialistes dommageable, parce que l'élevage produit énormément de méthane. Par leur seule
digestion les bovins polluent autant que les bagnoles et depuis que j'ai appris cette nouvelle stupéfiante, je comprends mieux pourquoi Chirac avait un respect particulier pour le cul des vaches
que j’ai toujours pour ma part approché avec le plus de prudence possible. On a toujours le sentiment d'être dépassé par une cause tellement plus immense que soi et comme élu je me pose désormais
des questions. Dois-je encore servir du steak frites au restaurant scolaire ? Ne serait-il pas souhaitable d’imposer aux employés municipaux de se déplacer à dos d’âne dans la commune ?
Puis-je faire effectuer la collecte des déchets par des " opérateurs écologiques " ?
Le résultat serait imparable : le monde entier tournerait ses regards vers Créon et son maire dynamique qui avec un gadget se donnerait une image nostalgique de
sa ville ! Ce ne serait en fait que justice. Il est en effet certain que l’on a profondément méprisé des méthodes de travail (par exemple pour la vigne et la vinification) ainsi que certains
matériaux (la paille, la terre cuite, certains métaux, le bois…), produits (l’alcool de distillation végétale…), animaux (poissons) ou plantes (roseaux…) avant de se rendre compte qu’ils
pouvaient avoir une extraordinaire efficacité avec un infime coût et une efficacité écologique remarquable. Lentement, trop lentement, on revient en arrière et l’on transpose des techniques
hérité de pratiques anciennes mais il faut bien reconnaître que dans de nombreux secteurs le savoir-faire a disparu. On a asphyxié des filières en les privant des apprentissages
indispensables.
Les ânes de Castelbuono procure une véritable revanche à tous ceux qui ont été oubliés dans une vague moderniste exagérée. Ils collectent des objets en plastique que
l’on croyait immortels, des débris d’une société qui se rend compte tardivement qu’elle est animée d’une tendance suicidaire se traduisant par une frénésie de nouveauté. Alors même si la
nostalgie n’est plus ce qu’elle était il faut convenir que parfois elle bouscule nos certitudes sur l’avenir.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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SOCIAL
La France n’a jamais véritablement réglé les rapports entre la politique et l’argent. Elle traîne comme un boulet des poncifs voulant que tous les élus s’en mettent
plein les poches et ne méritent absolument pas la confiance que leur accordent les citoyennes et les citoyens. Il y a chez nous une survivance de l’époque de la noblesse et du clergé voulant que
les revenus soient la conséquence d’une charge obtenue du pouvoir. Il est vrai que les " affaires " ont, sous tous les régimes, contribué à forger des certitudes populaires dont il est
parfois difficile de se débarrasser. Impossible de persuader l’opinion publique que pour un comportement condamnable il en existe des dizaines de milliers d’autres qui ne prêtent à aucune
suspicion.
La sincérité n’est plus un gage d’honnêteté. La transparence n’apparaît plus comme une preuve de démocratie. Il faut sans cesse être aux aguets et se préparer à se
justifier ou pour éviter de tomber dans un traquenard possible. Le seul véritable problème c’est l’échelle des constats car pour bien des gens il n’y a pas de différence entre les divers niveaux
d’exercice du pouvoir. Ils accablent autant l’élu de base que le Ministre ou le Chef de l’Etat !
Que dirait-on si un maire rural décidait par exemple d’augmenter son indemnité de fonction de… 140 % ? Il serait vite accusé de mégalomanie ou mieux d’être un
pilleur des deniers publics. Il circule tellement de contre-vérités sur ce que les journalistes appellent de manière inappropriée les " salaires " des élus alors qu’il ne s’agit pour
l’immense majorité d’entre eux que d’une compensation des dizaines d’heures qu’ils passent, parfois jour et nuit, au service des autres. Et, plus encore, il faudrait absolument mettre à coté les
avantages en nature de certain(e)s par rapport à d’autres.
A quoi sert donc leur indemnité ? Elle disparaît souvent dans le quotidien de leur fonction car certains que je connais bien payent tout : leur téléphone
mobile, leur essence, leur inscription à des formations ou des congrès, leurs billets de train, leurs repas, leur cartes dans les associations, leur entrée au stade ou au spectacle, leurs
costumes, les aieds sociales diverses mais on ne verra à l’arrivée que le montant initial du dédommagement versé pour leur investissement dans la vie publique. La méconnaissance réelle qu’ont les
contribuables sur le rôle et les obligations de celles et ceux auxquels ils ont confié la gestion de leurs deniers efface tout le reste. Peu d’entre eux mesurent en effet l’investissement réel
que représente un mandat véritablement exercé. Ce n’est pas pour autant que tout doit être absous ou que les condamnations doivent être systématique.
MOINS PAYE QUE SON COLLABORATEUR
Nicolas Sarkozy s’est par exemple aperçu qu’il était moins payé que François Fillon. Une disparité qui ne devrait plus exister pour très longtemps. Selon une note que
l’hebdomadaire Profession Politique s’est procuré, rédigée par Emmanuelle Mignon – la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy – et transmise à l’Assemblée nationale, le salaire du
Président pourrait augmenter de 140%.Nicolas Sarkozy touche en effet actuellement 8.300 € brut par mois. Il est un des chefs d’états européens les moins payés en Europe, très loin derrière Angela
Merkel et ses 21.262 € mensuels. Mais le chef de l’Etat n’a aucune facture à payer, il ne règle pas les dépenses courantes (électricité, taxe d’habitation, costumes…).
L'explication d'une telle augmentation est simple pour la directrice de cabinet du Président: il faut que la rémunération de Sarkozy "soit fixée par la loi à un
niveau comparable à celle du Premier ministre et des homologues étrangers du président de la République française". Il pourrait donc passer à 20.000 € brut, le même salaire que son Premier
ministre. Et être ainsi mieux payé plus que ses ministres et secrétaires d’Etat, qui gagnent respectivement 13.471 € et 12.795 € tous frais payés. Jean-Louis Bianco, ex-codirecteur de campagne de
Ségolène Royal, s’est déclaré "choqué" que l’on puisse envisager d’augmenter le salaire du président Nicolas Sarkozy. " Quand on a des gens qui sont précaires, qui n’ont même
pas le Smic, l’histoire de s’aligner sur le Premier ministre ou les chefs d’Etat étrangers, c’est surréaliste. Ca ne tient pas la route, c’est très choquant ", a précisé celui qui fut
secrétaire général de l’Elysée sous la présidence de François Mitterrand.
" Dans les entreprises, il y a des patrons qui sont aussi moins bien payés que des collaborateurs, il y a vraiment des milliards d’injustices à réformer dans
ce pays avant de réformer le salaire du président ",
UN REVENU PITOYABLE
Il faut également rappeler, au passage, que ce " salaire " est de l’argent de poche pour un homme qui vit en permanence à l’Elysée, et surtout qui possède
toujours 33 % des parts d’un cabinet d’avocat portant son nom et se portant à merveille ces derniers temps. Mais cette facette de son train de vie n’entre pas en ligne de compte ! Nicolas
Sarkozy s’appuie sur le vérité des salaires dans le mondé économique et il peut se plaindre de la médiocrité de ses émoluments. Les revenus des patrons français ont en effet encore progressé en
2006, avec pour les 50 mieux payés de France, un revenu moyen de 3,8 millions d’€ sur l’année, soit l’équivalent de… 316 années de Smic chacun !
" En comparaison de la hausse du pouvoir d’achat des ménages (+2,3%), les dirigeants de grand groupes français se sont accordés l’an dernier des
augmentations de Père Noël, jusqu’à 25% pour les mieux lotis ", Cette " envolée va de pair avec une explosion des résultats des
entreprises ", avec notamment des bénéfices de près 100 milliards d’euros et des cours de Bourse en hausse de 17% pour les sociétés du CAC 40, mais cela " n’explique pas tout ",
selon Capital. On est encore loin des 140 % présidentiels mais il est vrai qu’il existe un tel retard entre le politique et l’économique que même 280 % ne suffirait pas à remonter le handicap
des… 8 300 € mensuels actuels !
Le PDG de Renault, Louis Schweitzer, arrive en tête avec des revenus 2006 de 11,9 millions d’euros, notamment grâce à une " belle plus-value de stock-options ". Il est suivi de Daniel
Bouton (Société Générale, 10,8 millions d’euros) et Bernard Charlès (Dassaut Systèmes, 10,3 millions d’euros). Notre malheureux président de la République avec ses… pauvres 99 600 € annuels
semble faire la mendicité. Heureusement qu’il a un nombre élevé de… fonctionnaires payés par les impôts des PDG qui le narguent pour lui faciliter la vie. La note est d’ailleurs extrêmement salée
pour 2008 !
100 MILLIONS D’EUROS
La note précise en effet par ailleurs que "le budget de l’Élysée va tripler en 2008", la présidence réintégrant dans son budget plus de… 800 personnes
actuellement "prêtées" par les administrations. Une "opération de transparence" pourqui "conduira mécaniquement à une augmentation de la dotation grosso modo de 32 à 100
millions d’euros."La loi de finances prévoyait une enveloppe de 32 millions, les crédits accordés devraient finalement s’élever à 100 millions... par souci de transparence. Dans une note
adressée au rapporteur de la mission budgétaire Pouvoirs publics à l’Assemblée nationale, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, estime que l’Élysée " sera en
mesure, en principe avant la fin de l’année 2007 pour un budget clarifié et transparent dès 2008, de demander au Parlement une consolidation de sa dotation ". Actuellement seulement 159
postes sont rémunérés directement par l’Élysée (98 contractuels et 61 mis à disposition par différents organismes ou entreprises publiques). Cette opération de transparence conduira
"mécaniquement" à une augmentation de la dotation "grosso modo de 32 à 100 millions d’euros", écrit Emmanuelle Mignon, qui insiste sur la nature "purement comptable de l’opération".
" Elle sera sans effet sur le montant réel des dépenses de la présidence et compensée par une réduction correspondante des crédits actuellement alloués aux
ministères pour financer les activités de la présidence ", précise la note. L’Élysée paiera donc les salaires et les charges de tous ses
collaborateurs, " aussi bien le personnel permanent que les collaborateurs directs du Président ". Une somme en moins à payer pour les administrations (Quai d’Orsay, police
nationale, Défense...). Cette pratique devrait être étendue à l’ensemble des cabinets ministériels, comme devrait le préconiser le comité Balladur sur les institutions. indique le magazine Capital dans son palmarès des plus hautes rémunérations. a-t-il ajouté, soulignant que le président n’était
" pas malheureux à l’Elysée ". On veut bien le croire car il ne doit guère se préoccuper de la gestion de son quotidien et de celui des autres si ce n’est pour insister sur les
efforts de gestion à effectuer pour éviter la faillite des régies de retraite, de la sécurité sociale et même plus largement de l’Etat !
Faute de temps, l’Assemblée nationale ne pourra pas intégrer les modifications concernant le budget de l’Élysée. C’est donc le Sénat, en deuxième lecture, qui devrait
accorder l’augmentation de la dotation souhaitée par la présidence. Il vaut mieux car c’est moins dangereux pour les Sénateurs UMP que pour les députés qui devraient affronter la colère de leurs
mandants parfois réduits à espérer le sauvetage de leur entreprise " délocalisable " ou délocalisée. Ah ! La transparence c’est tout de même beau quand ça remontre jusqu’au sommet
du pouvoir.
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par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Un jour il faudra bien que la société se penche sur la place qu’elle accorde globalement à l’enfant. Elle en fait souvent un cœur de cible économique ou un objet de
désir jetable. Ces visions prennent de plus en plus de place sans pour autant véritablement sensibiliser les adultes. Ils pensent tous que leur progéniture échappe à ces tristes réalités qui
seraient réservées aux pays émergeants ou sous-développés. Or le mal ronge lentement les esprits comme le démontre deux " affaires " exemplaires du comportement global qui règne en France
ou ailleurs. Dans un cas il s’agit simplement de l’exploitation de l’enfant par l’homme et dans l’autre la mis en œuvre d’une activité présumée humanitaire de ravitaillement des filières
d’adoption. Impossible de ne pas imaginer que ces faits connus ne mettent en lumière que des centaines de situations plus discrètes.
D’abord il est vain d’espérer que dans une période où le culte de la concurrence constitue la sacro-sainte règle de vie commune, les consommateurs songent un seul
instant à vérifier que ce qu’ils achètent à bas prix puisse être le fruit du travail d’enfants esclaves. Or, le quotidien britannique The Observer accuse la chaîne de magasins de prêt à
porter, " Gap ", de faire travailler des enfants d'un atelier de New Delhi en Inde pour fabriquer ses vêtements pour Noël. Le journal affirme avoir découvert des enfants dont certains
sont à peine âgés dix ans dans l'atelier lors d'une enquête sur place.
Les enfants déclarent avoir été vendus par leurs familles dans des Etats indiens et ne pas être autorisés à rentrer chez eux tant qu'ils n'auront pas remboursés leur prix de vente. Certains
d'entre eux, qui travaillent 16 heures par jour pour coudre à la main des vêtements vendus par la marque, affirment ne pas être rémunérés par le fournisseur de Gap, qui n'a pas été identifié. Ils
expliquent que leur employeur les présente toujours comme des stagiaires. Selon un jeune garçon, cité par le quotidien, les jeunes employés qui pleurent ou ne travaillent pas suffisamment, sont
frappés ou forcés de garder dans la bouche des tissus gras. Ce triste constat révèle que derrière chaque étiquette se cache une méthode extrêmement critiquable. Les propositions de la commission
Attali ne feront que renforcer cette destruction complète des méthodes de production et iront à l’encontre de toutes les affirmations officielles.
TOUJOURS A L’INSU DE LEUR PLEIN GRE
The Observer rapporte que l'atelier est " recouvert de saletés ", avec des " couloirs où
dégoulinent les excréments d'un toilette bouché ". Une photographie d'un des enfants accompagne l'article, alors que la BBC a diffusé un enregistrement vidéo réalisé par une équipe de
télévision allemande, sur lequel on voit les jeunes dans l'atelier. Un porte-parole de Gap, précise qu'il est " inacceptable " pour la compagnie de faire travailler des enfants.
" Il est clair qu'un de nos fournisseurs a violé cet accord et une enquête approfondie est actuellement en cours. Après avoir été informés de la situation, nous avons immédiatement pris
des mesures pour mettre fin à la commande et empêcher que les produits (fabriqués dans cet atelier) ne soient vendus dans nos magasins ", a ajouté le porte-parole. " Nous avons
également convoqué une réunion de nos fournisseurs au cours de laquelle nous renforcerons notre interdiction sur le travail des enfants ". L’enfer de la concurrence n’est pavé que de
bonnes intentions mais on peut se demander si les contrôles promis auraient été organisés sans la dénonciation de ce scandale. Et ce n’est pas en France que pareil problème serait mis à
jour.
Selon le rapport du BIT (2001), dans le groupe des enfants de 5 à 17 ans, un sur six - soit 246 millions - est astreint au travail. Plus préoccupant encore,
un sur huit - soit 179 millions d'enfants - est encore assujetti aux pires formes de travail, celles qui mettent en danger sa santé physique ou mentale ou sa moralité.
Par ailleurs environ 111 millions d'enfants de moins de 15 ans sont astreints à des travaux dangereux et devraient y être immédiatement soustraits; 59 millions de jeunes de 15 à 17 ans eux aussi
affectés à un travail dangereux devraient bénéficier de toute urgence d'une protection ou être soustraits à ce travail; 8,4 millions d'enfants sont assujettis à des travaux relevant des pires
formes de travail des enfants, car il s'agit d'activités intrinsèquement condamnables: esclavage, traite, servitude pour dettes et autres formes de travail forcé comme le recrutement forcé en vue
de la participation à des conflits armés, la prostitution, la pornographie et autres activités illicites.
DES MILLIONS D’ENFANTS EXPLOITES
Le travail des enfants reste un phénomène mondial, auquel aucun pays ni aucune région n'échappe. Les crises de toutes sortes - catastrophes naturelles, chocs
économiques, pandémie du VIH/SIDA, conflits armés - ont notamment pour effet de pousser un nombre croissant de jeunes vers des formes de travail débilitantes, parfois illégales et clandestines
comme la prostitution, le trafic de drogue, la pornographie et d'autres activités illicites. Ces statistiques sont extrêmement affolantes mais nous posons nous véritablement la question en
achetant un vêtement, un jouet, un objet de décoration, un outil… de savoir s’il n’est pas la résultante de l’activité de l’un de ces ateliers découvert par The Observer ? La seule
chose qui nous passionne dans ce monde du profit c’est le prix… d’achat alors que le distributeur ne regarde que sa marge.
D'un bout à l'autre de la Terre, on retrouve donc des enfants dans les champs, dans les mines, les ateliers ou dans les cuisines. L'agriculture est encore la plus
grande utilisatrice d'enfants.
Ce travail est souvent organisé de telle manière que les enfants doivent travailler aussi longtemps et durement que leur parents qui ne peuvent pas faire autrement. La mortalité, la malnutrition
et l'analphabétisme sont presque partout plus élevés dans les campagnes que dans les villes. Ce aussi le cas des petites entreprises ou des petits ateliers non déclarés qui utilisent abusivement
cette main-d'œuvre très économique. On trouve des enfants qui fondent des tôles d'acier, tissent des tapis ou fabriquent des allumettes. Les locaux sont souvent sans air et sans lumière : on les
appelle les "ateliers à sueur". Les enfants qui travaillent comme domestiques sont en général loués ou même vendus à des familles plus riches. Dans l'immense majorité, il s'agit de fillette,
souvent de moins de 13 ans, qui habitent chez l'employeur. Ce sont peut-être, de tous les enfants au travail, ceux qui sont le plus exploités et qui peuvent le moins se défendre car ils vivent
totalement isolés.
Et puis il y a tous les enfants des rues : certains jeunes chassés de chez eux par la misère, ou orphelin, vivent entièrement dans la rue. Ils survivent en vendant des cigarettes ou des
chewing-gums, cirent des chaussures, lavent des voitures, chantent sur les trottoirs ou bien mendient. On en trouve parfois chez nous…de manière moins provocante mais bien réelle !
DES ENFANTS INADOPTABLES
L’enfant devient aussi un " besoin " psychologique pour certains couples prêts à tout pour en adopter. Le système français extrêmement drastique conduit à
rechercher des solutions " exotiques " moins regardantes et plus rapides. Le caractère pour le moins confus de l’action de l’Arche de Zoé au Tchad illustre ce que Bernard Kouchner a
défendu avec fougue durant des années, le droit d’ingérence. Il semble, pour peu que l’on puisse y voir clair, dans ce déplacement surréaliste, que le résultat final soit un fiasco total… pour
plus de 110 enfants en bas âge " déportés " de leurs villages d’origine dans un but que l’on ne saisit pas encore très bien.
D’abord on assiste à un mépris total de la culture d’origine de ces enfants auquel on promettait le bonheur occidental. En effet le Coran rejette l'adoption plénière.
Dans la région du Tchad concernée, les règles d'autorité sur les enfants qui ont perdu leurs parents naturels sont régies par la "kafala", un système comparable à la tutelle ou à la délégation
d'autorité parentale. Ce principe n'est pas du tout comparable au système de l'adoption, qui créé un vrai lien de filiation entre l'enfant et l'adoptant, ce qui est proscrit par la Charia.
" Le Tchad comme le Soudan, dont ces enfants pourraient être originaires, sont des Etats souverains qui n'autorisent pas l'adoption. Il est aujourd'hui impossible pour une famille
française de lancer une procédure d'adoption d'un enfant tchadien ou soudanais", a déclaré officiellement le Quai d'Orsay ce qui confirme que les responsables de cette opération n’avaient
pas une connaissance parfaite des conséquences de leurs actes.
Une adoption d'enfants de ce pays est donc impossible, mais l'ONG l'Arche de Zoé, mise en cause par les autorités tchadiennes, a expliqué cette opération
" d’évacuation présentée comme sanitaire " des enfants par la nécessité de " les sauver d'une mort certaine " dans une région soudanaise du Darfour ravagée par la guerre. Le
problème c’est que la frontière n’est pas très nette quand on constate le désespoir des familles qui attendaient cette arrivée massive de gosses sur notre territoire.
Des sources diplomatiques tchadiennes et françaises convergent en effet pour affirmer que le but de l'association était bien de faire adopter ces enfants par des
familles françaises, qui avaient déboursé entre 2 800 et 6 000 €, selon des sources diplomatiques. Une somme destinée à couvrir les frais de l'opération, selon l'association. "Le moins qu'on
puisse dire c'est que les gens d'Arche de Zoé étaient très loin de ne pas savoir que ce qu'ils envisageaient était d'abord fortement déconseillé, et éventuellement, s'il s'agissait d'adoption,
illégal", ajoutait la source diplomatique… sur le site du JDD.
Il faut donc se rendre à l’évidence, dans tous le cas du travail forcé ou du départ forcé les enfants n’ont jamais leur mot à dire : un peu comme si en voulant
faire leur bonheur malgré eux les adultes finissaient par les plonger dans le plus grand des malheurs pour un profit ou un autre.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Ce matin j’espérais profiter de la journée de 25 heures pour rattraper les heures de sommeil qui me manquaient d’autant plus que la nuit s’annonçait courte.
Malheureusement il n’y a pas eu d’effets " heure d’hiver " puisque je me suis réveillé à quelques minutes près comme chaque jour. La preuve que nous avons bien une horloge interne qui se
moque bel et bien des modifications annuelles du parcours des aiguilles des rares montres qui en ont encore. L’une des rares mesures qui demeure du mandat de Valery Giscard d’Estaing est toujours
aussi discutable car elle ne repose pas sur des principes scientifiques mais sur des pseudos nécessités économiques. Ceux qui comme moi ont vécu dans leur enfance, à " l’heure du soleil "
que connaissaient les gens de la terre privés de tout instrument de mesure temporelle autre que le clocher de l’église du village réglé sur l’Angélus, savent que les ajustements humains n’étaient
pas déjà tolérés. Il aura parfois fallu deux ou trois générations dans certaines régions pour que les familles se mettent dans le moule d’une journée organisées sur d’autres bases
techniques.
L'heure nous permet seulement de mesurer l'écoulement du temps au cours de la journée. Elle mesure une durée depuis le début du jour contrairement aux numéros des
jours, des mois, des années, des siècles, des millénaires, qui indiquent un numéro d'ordre dans une chronologie. La seule heure naturelle que nous pouvons percevoir reste quel que soit le lieu où
l’on se trouve l'heure donnée par le Soleil liée à l'alternance jour-nuit : le Soleil nous indique le " midi " (c'est le moment où il est au plus haut dans le ciel) d'où nous déduisons
le " minuit ". Ce n’est pourtant pas si simple que cela.
Par convention, nous décomptons 24 heures au cours d'une journée de midi à midi ou de minuit à minuit. Pendant des siècles, l'heure du Soleil fut pourtant la seule
accessible grâce aux cadrans solaires. On définissait ainsi le temps solaire vraien un lieu comme l'angle horaire du Soleil en ce lieu pour un instant donné. C’était une notion hybride qui
traduit a la fois le mouvement de la Terre autour de son axe et son mouvement de révolution autour du Soleil.
L'heure solaire présentait cependant plusieurs inconvénients : tout d'abord elle était purement locale, c'est-à-dire qu'elle dépendait du lieu où on se trouve.
Ensuite, elle n'était pas uniforme du fait de l'excentricité de l'orbite terrestre. Ce dernier inconvénient a été résolu en utilisant un temps moyenrésultant d'une moyenne sur une année dont on
connaît l'écart au temps solaire vrai par l'équation du temps. Il restait encore le problème d'une heure qui dépendait donc du lieu où on se trouvait.
POUR LES COMPAGNIES DE CHEMIN DE FER
Ce problème a été résolu au XIXème siècle sous l'impulsion des compagnies… de chemins de fer. On a donc trouvé préférable d'utiliser la même heure partout,
l'heure de Paris définie par le " temps civilde Paris ", défini lui, comme étant le " temps moyen de Paris augmenté de… 12 heures. Cette stipulation vient du fait que le temps
moyen fait commencer le jour à midi (c'est le seul instant observable), ce qui n'est pas pratique dans la vie de tous les jours...
Cette méthode de temps unique pour un pays réglé sur le temps moyen de l'une des villes pose à nouveau le problème de coordonner une heure dans le monde entier. Mais
s'il est possible d'imposer l'heure de Paris dans toute la France (l'écart au temps solaire vrai ne dépasse pas 30 minutes environ), il sera plus difficile de l'imposer au reste du monde du fait
du décalage au temps solaire vrai qui ira grandissant en s'éloignant du lieu de référence.
Cela a amené les états à se mettre d'accord pour définir un temps universel, référence pour tous, et des temps locaux qui ne différeraient que d'un nombre entier
d'heures, par la création de "fuseaux horaires". Cet échafaudage compliqué n’a jamais tenu compte de l’horloge biologique que tout humain a en lui.
Selon la loi du 9 mars 1911 en vigueur jusqu'en 1978, l'heure légale en France était l'heure du temps moyen de Paris retardée de 9 minutes 21 secondes. Cette
définition voulait signifier en fait que l'heure légale en France était le temps universel (mais l'heure en usage pouvait différer de l'heure légale comme en témoignent les heures d'hiver et
d'été qui ont été utilisées pendant certaines périodes) . La loi de 1911 a été remplacée par le décret du 9 août 1978 qui stipule que le temps légal est obtenu en ajoutant ou en retranchant un
nombre entier d'heures au temps universel coordonné" . Un décret fixe ce nombre pour chaque partie du territoire de la République Française en fonction des fuseaux horaires. Il peut l'accroître
ou le diminuer pendant une partie de l'année. Ce nouveau décret prévoit donc l'usage d'une heure d'été, apparue pour la première fois en… 1916. Mais j’ai souvenir qu’à Sadirac rares étaient les
éleveurs qui l’appliquaient en partant tout simplement du constat que leurs bêtes se moquaient totalement de ces calculs savants.
DES ECONOMIES DISCUTEES
Ce matin, tout comme l'ensemble des pays européens, nous avons donc reculé leur montre d'une heure, dans la nuit pour passer à l'heure d'hiver, pratique
incontournable depuis…1976. En France, dimanche, à 03 h 00 (heure d'été), il était donc 02h 00 (heure d'hiver). Par rapport à l'heure GMT, la différence n'est plus que d'une heure au lieu de
deux. Seulement en raison des fuseaux horaires, il n'est pas la même heure partout en Europe. Certains pays dont le Portugal, l'Irlande, la Grande-Bretagne ainsi que les Iles Canaries ont une
heure de moins que la France alors que la Grèce, la Finlande et les pays baltes ont une heure d'avance sur l'Hexagone. L’harmonisation n’est donc plus rationnelle mais génératrice d’un principe à
géométrie temporelle variable.
Il faut rappeler que cette pratique a été instaurée en France par Giscard. Le système de double horaire avait été mis en place afin de faire des économies d'énergie, en faisant coïncider les
horaires d'activité avec ceux de l'ensoleillement et ainsi limiter les besoins en éclairage. Depuis 1997, l'Union européenne a ainsi adopté trois directives successives afin d'harmoniser le
système au sein des pays de l'Union. En 2006, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie chiffrait à 1,3 milliard de kWh les économies d'électricité grâce à cette mesure, ce qui
revient à 290.000 tonnes équivalent pétrole en énergie primaire. Selon l'agence, ceci correspond à peu près à 4% des consommations d'éclairage en France soit la consommation totale d'électricité
en une année d'un ville de 200.000 habitants. Encore des calculs savants que certains contestent au nom de l’équilibre des personnes et non pas de la balance commerciale de la France.
Des associations dénoncent pour leur part ces changements d'heure en insistant sur les effets nocifs sur la santé, (somnolence, consommation abusive de somnifères et autres calmants) mais aussi
sur les perturbations que provoquent ces changements d'heure sur le comportement des animaux. Ces associations jugent également discutables les économies d'énergie réalisées. L'Association contre
l'heure d'été double, (ACHED), a présenté un rapport complet sur le sujet à la Commission Européenne et au ministère de l'Industrie, estimant que les changements d'heure ont " un solde
énergétique à peu près nul ".
En France, la situation de l'heure légale est exceptionnelle : en effet, en " hiver ", l'heure légale du pays est déjà avancée d'une heure par rapport à l'heure du
méridien. Ainsi, l'heure légale française cumule un avancement d'une heure en période " hivernale " et un avancement de… deux heures en période " estivale ", à la suite de cet avancement par
rapport au méridien central du fuseau horaire géographique. Ce qui n’est donc véritablement pas totalement inoffensif sur la vie biologique des êtres vivants quels qu’ils soient.
Ce constat est d’ailleurs quasiment incontesté et mon ami le Professeur pédiatre émérite du CHU de Bordeaux Boris Sandler a dépensé une… énergie considérable pour en persuader les responsables
politiques français et européens. Il a créé, en 1983, l'Association contre l'horaire d'été (ACHE). Celle-ci a lancé une forte campagne médiatique et a fait éclore la polémique. Mais elle
n'a jamis débouché sur une annulation du principe des changements annuels d'heure.
SEGOLENE ET JUPPE ETAIENT CONTRE
La liste des adversaires de l'heure d'été s'est allongée au fil des ans. En 1989, dans son livre Vive l'heure d'hiver !,
Claude Michelet mettait en lumière les problèmes liés au changement d'heure. Dans ce pamphlet, l'auteur revendique le temps de la " pendule interne " sur celui des " technocrates
". Et en décembre de la même année, une étude menée par la commission du Conseil européen sur l'efficacité économique du changement d'heure en été, lui donne raison.
De même, un rapport du 20 mars 1990 rédigé par une certaine… Ségolène Royal, parlementaire en mission sur le sujet, met en évidence des phénomènes de "
chronoruptures " et de " chronofatigues " induits par le changement d'heure. En 1995, le Premier ministre, Alain Juppé, se déclare également hostile au maintien de l'heure
d'été.
Mais en 1996, contre toute attente, le changement d'heure est normalisé dans toute l'Union européenne. Un rapport du Sénat de la même époque déclare pourtant que
l'intérêt économique du système reste à démontrer. Certains détracteurs soulignent que l'argument de la baisse de 0,3 % de la consommation d'électricité
en France ne tient absolument pas compte de ce qui est perdu quand il faut se lever plus tôt le matin et réchauffer les maisons après la nuit. Par ailleurs, le rapport du Sénat établit que
l'horaire d'été n'est pas le facteur unique favorisant la pratique de loisirs d'extérieur. Une accumulation de rapports scientifiques rendent le choix de cette nuit pour le moins discutable
surtout au moment du basculement estival.
L'heure avancée modifie en effet notre rapport à l'environnement : les matinées sont plus obscures, plus froides et plus brumeuses, les débuts d'après-midi trop
chauds, les soirées plus claires et chaudes… L'équilibre de notre repos et de nos activités vis-à-vis de l'environnement est rompu dans la mesure où l'avancement de l'heure déplace les horaires
traditionnels qui étaient naturellement établis et à peu près optimaux.
Les pics d'ozone sont dus à la circulation et à l'activité industrielle qui commencent plus tôt : les polluants réagissent plus longtemps sous la lumière du soleil
pour former des photooxydants. Compte tenu des alertes fréquentes à la pollution atmosphérique en situation de canicule, la réduction de l'avancement exceptionnel de l'heure française devient une
priorité indiscutable. La chaleur est plus forte tout l'après-midi, l'évaporation plus importante… ce qui explique pourquoi on dépense souvent plus d'eau pour arroser, si on le fait pendant la
journée de travail normale. Le sommeil est le grand perdant de l'heure avancée.
Les familles savent que le soir il sera plus difficile de s'endormir…et en période de mutation d’endormir les enfants. La mélatonine, hormone naturelle du sommeil est sécrétée pendant
l'obscurité. Il faut 2 h de lumière atténuée pour que la mélatonine atteigne le niveau nécessaire pour déclencher le sommeil dans l'organisme. Or il existe un décalage artificiel que l’organisme
a du mal à compenser. Je comprends mieux pourquoi mes nuits sont si courtes même si ce n’est pas toujours dû au changement des horaires. Je verrai ce soir comment ça se passe. Mais dans le fond
cette heure rattrapée ce matin m’arrange car comme je suis toujours à courir après le temps, elle m’offre au moins un jour plus paisible. Mon horloge interne finira bien par s’arrêter à un moment
ou à une autre !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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SOCIAL
Il est une filière qui se fait du mouron. On y broie du noir depuis quelque temps et on commence à maltraiter le libéralisme européen sur lequel repose pourtant une
bonne partie des fortunes qui font l’attrait de cette profession. On y vit sur la crédulité des centaines de personnes qui espèrent devenir aussi… riches que les autres en quelques minutes. C’est
là tout l’attrait pour les premiers qui vivent en fait des espoirs des seconds.
Récemment, lors du prix de l’Arc de triomphe, trois membres du gouvernement ont ainsi fait le déplacement à l’hippodrome de Longchamp. Il y avait Michel Barnier, le
ministre de l’Agriculture et de tutelle de la "filière équine", Eric Wœrth, ministre du Budget en charge des jeux d’argent et maire de… Chantilly, et le Premier ministre François Fillon,
dont on ne sait pas assez, car c’est tout à son honneur, qu’il témoigne d’un intérêt particulier pour les chevaux puisqu’il est encore président de la société de courses de…
Sablé-sur-Sarthe.
Ce trio était là pour délivrer un message à une profession qui commence singulièrement à haïr l’Europe. Pas question de voter oui, chez ces gens là au traité européen
car ils ont constaté que ces textes vagues et sans véritablement d’intérêt concret sont en passe de détruire la prospérité de leurs établissements ou de leurs métiers. En ce qui me
concerne je n'ay jamais versé un euro au PMU dont je me moque totalement.
La Commission européenne, souhaite en effet ouvrir le monopole du PMU à la concurrence des paris en ligne. Autant dire que la tirelire va se casser et les revenus de
l’Etat en prendront un sacré coup tout comme ceux des propriétaires, des entraîneurs et de tout le monde du cheval de course. Le pactole des parieurs " prolos " réduits à verser leur
obole dominicale ou … quotidienne au seul PMU et donc indirectement à cette filière équine très fermée va s’envoler. La France, ont juré les ministres, défendra jusqu’au bout le particularisme de
ce système bien rôdé car actuellement tout le monde est gagnant. Il est vrai que le temps presse et que le branle-bas de combat contre "la dictature de Bruxelles et son bonheur
obligatoire" comme le clame Paul Essartial, président du Conseil des chevaux.
Eleveurs, propriétaires et autres entraîneurs ont menacé d’" envoyer mille chevaux et plus " défendre à Bruxelles le PMU et son système de paris mutualisés
dans la ligne de mire du commissaire irlandais au marché intérieur, Charlie McCreevy. Un véritable bourrin que ce gars là car il n’a pas compris que la droite française adorait le libéralisme
intégral à condition qu’il soit profitable aux privilégiés protégés de… la concurrence ! Pas question de voir la filière très à droite changer de casaque.
Depuis plusieurs mois, Etat et professionnels des courses d’un côté, Commission de Bruxelles et opérateurs privés de paris en ligne de l’autre, se livrent donc une
bataille sans merci sur le champ de courses européen. Les premiers s’échignent pour préserver un secteur " agricole " qui fait directement vivre 62 000 personnes en France, dont bon
nombre dans des zones rurales, sans oublier les juteuses rentrées fiscales. les seconds pour forcer la France à partager le gâteau du PMU (8,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2006), un
quart du magot des jeux d’argent avec des bookmakers insatiables ! Rien que ça.
PLUS D’EXCLUSIVITE POUR LE PMU
La pression sur Paris n’a cessé de croître pour faire céder les " barrages " les uns après les autres. Or ce n’est véritablement pas le moment de réduire
les retombées financières du goût pour les Français d’identifier les canassons qui vont pulvériser la rentabilité de la cote. Durant l’été, la Cour de cassation a détruit un peu plus la ligne
Maginot tricolore en estimant que l’expansion commerciale du PMU plaide contre l’exclusivité dont il bénéficie dans l’Hexagone. A la rentrée, la France, sommée de répondre avant… le 29 octobre,
n’avait plus le choix. Elle s’est donc résolue à négocier une " ouverture maîtrisée " comme l’appelle Eric Wœrth, maire de Chantilly où résident 2 800 chevaux plus ou moins rentables. La
"priorité des priorités", reste pour lui comme pour d’autres de préserver le financement de la filière via l’argent des paris. Pour le reste on verra plus tard. Mais tout ne va plus très
bien pour Madame la Marquise car il y a le feu aux haras et aux hippodromes à cause de cette Europe libérale qui a fait de la concurrence sa religion idéologique.
Le monde des courses hippiques françaises défend bec et ongles son modèle de PMU, car à la différence d’une Française des jeux en charge des loteries, il est un
opérateur à part, entièrement dévolu à la filière hippique. Héritage d’une loi fondatrice de 1891 qui lie l’autorisation de la prise de paris sur les courses à l’encouragement au développement de
la race chevaline, le PMU est un groupement d’intérêt économique sans but lucratif.
Loin de la logique libérale et anglo-saxonne, le PMU reverse à la filière une bonne partie de ses recettes. Après avoir rétribué ses 6,5 millions de parieurs (72,8 %
des mises leur sont redistribuées), reversé sa part à l’Etat (12,7 % des enjeux, 1,1 milliard d’euros en 2006) et déduit ses frais de fonctionnement, ce sont 653 millions d’euros qui lui sont
revenus en 2006, soit 80 % de son financement ! Un pactole qui fait des jaloux en Europe et ne revient pas seulement à l’économie du cheval de courses.
Par un jeu de cascades complexe, ce mutualisme arrose aussi les haras nationaux et alimente le fonds Eperon, soutien des activités équestres amateurs créé en 2005. Le
diable pour la profession du monde des courses a un nom. C’est le… bookmaker, aujourd’hui présent un peu partout en Europe et qui se sent pousser des ailes à l’ère d’un réseau planétaire se
jouant des frontières et réglementations. Il est pour l’instant interdit d’hippodrome en France mais il sait bien que tôt ou tard il y installera ses ordinateurs car il y sera introduit par un
Irlandais têtu qui veut se payer l’institution PMU !
LA HAINE DU BOOKMAKER
Ce galeux de bookmaker prend l’argent des parieurs et ne redistribue rien à la filière, à part quelques miettes sur ses bénéfices et comme ils ont bien moins de
frais, ils rétribuent mieux. Le parieur lui n’en sera que plus ravi. C’est une concurrence totalement déloyale pour les uns, une aubaine pour les autres. Cauchemar du milieu, ces "book" sont
accusés d’avoir détruit les filières équines dans plusieurs pays. A l’ère du pari en ligne, qui représente déjà 5 % des mises et croît de 30 % par an sur Pmu.fr, la concurrence est
partout et Zeturf peut engranger les mises de 45 000 parieurs virtuels réguliers sur les courses à Enghien depuis La Valette, en ne reversant que 0,5 % à l’Etat maltais (et 95 % aux parieurs)
contre 13 % en France. "Si l’Etat prélève moins, les gens parieront plus et tout le monde sera gagnant. Voilà ce que Bruxelles voudrait faire comprendre à la France." explique le patron
de Zeturf qui met le gouvernement en garde contre les dangers d’une position trop inflexible à Bruxelles le 6 novembre prochain.
Eric Wœrth, accompagné du ministre des Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, lanceront une négociation qui s’annonce serrée avec l’Irlandais Mc Creevy. La France est prête à faire machine
arrière sur le monopole mais ne pourra pas céder sur trois points essentiels : maintien du pari mutuel, contrôle et agrément des nouveaux opérateurs qui seraient obligés de disposer d’une filiale
en France et, surtout, préservation du financement de la filière hippique via l’argent des paris. On voit mal que les chantres du libéralisme européen et parfois aussi des délocalisations
salvatrices pour la santé de notre économie laissent filer sur des plates-formes off shore des subsides indispensables aux fragiles équilibres actuels. Voici donc un duo ministériel partisan du
chef d’œuvre européen de Nicolas Sarkozy qui va lutter pour que les principes actuels moins libéraux ne soient surtout pas mis en œuvre dans leur pays. Ils ne seront pas très à cheval sur les
principes ! ils viennent pourtant de connaître une chute sur la première haie.
L’arrestation du patron de la société suédoise de paris Unibet, Petter Nylander, en garde à vue depuis le début de la semaine à Amsterdam, fait en effet des remous à
la Commission européenne qui, par l’intermédiaire du porte-parole du commissaire au marché intérieur Charlie Mc Creevy, s’est ému " qu’au regard des lois européennes, c’est un innocent qui a
peut-être été arrêté ". Une fois lancée, la procédure judiciaire n’en suit pas moins inexorablement son cours. Petter Nylander a donc été extradé vers Paris hier à la demande de la justice
française qui souhaite l’entendre avant de le mettre éventuellement en examen pour violation du monopole de la Française des jeux sur les paris. Un pavé dans la mare qui va éclabousser le système
français !
FUSILLE POUR L’EXEMPLE
Cette arrestation découle d’une plainte déposée par la Française des jeux et le PMU d’abord en 2003 puis relancée en 2006. Convoqué par un juge d’instruction de
Nanterre, Petter Nylander avait refusé d’y répondre, ce qui a entraîné la délivrance en juin dernier d’un mandat européen. Voilà pourquoi il a été cueilli par la police néerlandaise lundi dernier
à l’aéroport international de Schipol alors qu’il s’apprêtait à embarquer dans un avion pour la Grande-Bretagne où il réside. Bookmaker en ligne, Unibet compte pourtant parmi les plus importants
sites de paris du vieux continent et fait partie de ces nouveaux opérateurs privés qui ont profité de l’essor d’Internet pour s’imposer dans le paysage européen.
Côté à la bourse de Stockholm, Unibet possède une licence à Malte, en Grande-Bretagne et en Italie et prend des paris en toute illégalité à ce jour sur le championnat de France de football, celui
de basket ou les courses de chevaux à Vincennes ou Longchamp.
La France maintient que chaque pays reste libre de sa législation et Unibet aurait du respecter celle d’un Etat souverain dans ce domaine en s’abstenant de prendre
des paris sur les événements sportifs et hippiques français. Rappelons qu’un autre dirigeant d’Unibet avait été mis brièvement en garde à vue en avril dernier puis mis en examen toujours pour
atteinte au monopole et " prise de paris illicite " et les deux dirigeants de la société autrichienne Bwin avaient eux-mêmes connus les joies de la garde à vue lors d’un passage dans les Alpes
Maritimes en septembre 2006 et vaient précipitamment quitté le maillot des footballeurs de Monaco alors qu’ils sont sur bien d’autres en Europe ! Il ne reste plus qu’au PMU qu'à sponsoriser
l’Olympique de Marseille pour se placer avant l’arrivée de ses concurrents qui sera inévitable.
En fait autour des champs de courses se joue les véritables enjeux de cette Europe qui va encore une fois déchirer les socialistes. Le traité adopté à Lisbonne ne
change absolument rien sur le fond. C’est un cachet d’aspirine pour soigner un cancer. En effet les principes essentiels (libéralisation, privatisation, dèréglementation) restent
d’actualité. Les bars PMU vont donc se transformer en déserts dès qu’ouvriront des lieux automatisés de collecte de fonds pour enrichir les multinationales du jeu.
Cette Europe qui minutieusement démonte le système social français pour le remplacer par un modèle anglo-saxon mérite au minimum un brin de méfiance. Tiens je parie que si le gouvernement
décidait de faire un référendum il aurait une nouvelle déception… Il va pourtant falloir en faire un cheval de bataille !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Quand on écrit sur la mise sous le boisseau d’une part du système médiatique il faut admettre que peu de monde conçoit qu’il n’y ait point de parti pris. Les
journalistes protestent de leur honnêteté sans faille. Les téléspectateurs espèrent qu’il ne figurent pas parmi les intoxiqués du sarkozysme. Les auditeurs font semblant d’ignorer que
l’indépendance n’existe absolument plus sur les ondes. Les lectrices et les lecteurs se réfugient dans leurs habitudes pour ne pas voir que l’omniprésence du Chef de l’Etat repose sur une savante
perfusion de journaux en difficulté. En fait ça arrange bien du monde de fermer les yeux, les oreilles et surtout de se taire.
Pourtant on est revenu en une époque que l’on croyait révolue, celle des pressions plus ou moins directes effectuées par les disciples les plus zélés auprès des
rédactions. Toutes ne sont pas suivies d’effets réels et toutes ne sont pas directes. Pourtant un événement récent devrait véritablement mobiliser tous les professionnels réclamant leur
indépendance. Le quotidien régional La Liberté de l'Est dénonce, hier, un boycott de la part de la Préfecture des Vosges, après des articles critiques sur le volet régional du Grenelle
de l'environnement, organisé vendredi dernier à Epinal et qui a eu le malheur de ne pas plaire au Préfet et aux élus UMP du département.
Dans un billet à ses lecteurs, la rédaction du journal s'indigne en effet, sans ambages, de " la mesure de rétorsion " après la parution d'articles sur le Grenelle lorrain et
" la volonté exprimée de (lui) fermer toutes les portes des administrations du département et de boycotter " le quotidien lorrain " tout ceci parce que nous nous
sommes refusés à exercer un devoir de complaisance ". C’est véritablement net et pour une fois… dépourvu de langue de bois. " Cela montre en quelle piètre estime est tenue la
liberté d'informer ", écrit la rédaction.
LA MORT EN SILENCE
Dans son édition de samedi, La Liberté de l'Est avait titré sur le " consensus en trompe-l'œil " trouvé vendredi lors du Grenelle en
Lorraine, où six ateliers avaient accouché d'un " petit débat ". Le journal avait également dénoncé les " couacs en stock " lors de la rencontre. Il est
certain que ce n’est pas dans l’air du temps de critiquer, même légèrement, ce moment d’intense démocratie participative qu’aura été le Grenelle de l’environnement.
" Maintenant, on n'a plus accès à tout ce qui relève de l'administration d'Etat dans les Vosges : pompiers, gendarmes, policiers, etc. ", a déploré mercredi le rédacteur en
chef du journal, Gérard Noël. Le quotidien est, juge-t-il, dans " une sorte d'incapacité à faire son travail " par tarissement de ses sources d’information. Ce n’est en fait
qu’une maladresse révélatrice des consignes données : la chasse aux informateurs ou aux informatrices est lancée. Elle bat son plein pour identifier les taupes ou les sources irresponsables
ouvrant une piste ou offrant une bribe de scoop.
" Nous sommes particulièrement confrontés à ce problème au niveau des faits-divers (...) même si nous arrivons pour l'instant à contourner le problème grâce aux contacts que nous
avons ", a ajouté le rédacteur en chef de ce journal que tout le monde préfère voir mort que critique à l’égard d’une réunion pouvant nuire à l’image gouvernementale. Bien évidemment
les fonctionnaires ont vite décidé de jouer les vengeurs masqués.
Dans une note envoyée à son service par le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) des Vosges et obtenue par l'AFP, demande " qu'à compter de ce jour et
jusqu'à nouvel ordre, aucune information ne (soit) communiquée au quotidien La Liberté de l'Est ". Une belle preuve de loyauté de ce service présidé par un conseiller
général UMP délégué par Christian Poncelet Président du Sénat. Il est vrai qu’il y a un lien direct indubitable entre une rencontre sur le Grenelle de l’environnement et… l’information
locale !
LES DIPLOMES OUBLIES
Il existe pourtant des rédactions qui se mouillent malgré toutes les conséquences de leur bain de vérité. Ainsi l’Express révèle que Rachida Dati, ministre de la
justice, a été reçue à l’Ecole de la Magistrature en présentant un dossier falsifié. Un scoop retentissant, puisque, comme l’explique cet hebdo, une " rumeur " courrait Paris depuis cet
été : " la Garde des Sceaux aurait usurpé ses diplômes ". L’affaire est devenue tellement sensible que le ministère de l’Intérieur a fini par s’en émouvoir. Quelques
lignes plus loin, arrive la réponse de l’Express : " Son dossier pour intégrer l’école de la magistrature, fait état de deux maîtrises, de cours suivis à l’Isa et -curieusement- de
l’obtention d’un " MBA européen du groupe HEC-ISA ", détaille l’hebdomadaire. Or, rappelons-le, selon la grande école, elle n’a jamais obtenu le diplôme… explique
l’Express.
Je suis certain que cette révélation va être reprise par tous les journaux télévisés sans sourciller et que France Info va relier ce constat sans barguigner. Vous
pouvez au moins y croire… car il existe une grande solidarité dans le monde médiatique. D’ailleurs cette information paraît tellement incroyable que dans le fond personne n’osera la démultiplier.
Une certitude : Rachida Dati va démentir et contre-attaquer en déposant une plainte en diffamation car elle ne peut laisser affirmer pareille chose sans réagir.
Il est vrai qu’une " rumeur " ne mérite que le mépris car dans notre société de la surinformation plus elle est démultipliée et plus elle devient une
évidence. Rachida Dati mérite donc le bénéfice du doute et une certaine méfiance. Il ne lui reste plus qu’à publier ses diplômes pour faire taire ces plumitifs en quête de sensationnalisme. A
moins qu’elle ne décide d’interdire tous les prétoires qui auront survécu à sa redistribution territoriale ce qui aurait une autre allure pour le liberté d’expression. Mais comme c’est tendance
on ne peut qu’envisager cette position que laisse transparaître le silence du Ministre de la justice. Gageons que ce mutisme ne durera pas trop longtemps chez quelqu’un ayant témoigné d’une
exigence de rigueur vis à vis de certains magistrats. Les journalistes vont manger leur chapeau ! Ca leur apprendra à faire des révélations sur la meilleure amie de l’ex-femme du Président
alors que la situation n’est pas propice.
UN GRENELLE MIRACULEUX
Si vous vous penchez sur l’exemple du Grenelle de l’environnement vous découvrirez ce matin que les médias vont volontairement, une fois encore, confondre réalités et
effets d’annonce. Ils ne se contentent que de l’écume sarkozyste qui cache le vide depuis plusieurs mois. Ils devraient pourtant noter que des organismes avec des intérêts divergents ou opposés
se déclarent enchantés. Bizarre. Par exemple quand Pascal Férey, vice-président de la FNSEA déclare : "Nous sommes satisfaits car nous avons obtenu l'assurance de l'adoption d'une loi
sur les OGM et d'un plan de réduction de l'utilisation des pesticides sans calendrier " il est assez bizarre d’entendre Nicolas Hulot s’extasier sur ces mesures qui selon la FNSEA ne
sont pas encore fixées. " Franchement on est entré dans l'ère de l'écologie. On est passé à l'action. On est confiant, heureux. Ce qui est important c'est qu'on donne un
signal " pour réguler la consommation d'énergie par la fiscalité car " on sait que ce qu'on arrive à investir aujourd'hui ce sera autant de moins à dépenser demain ".
Il a estimé " qu'on est largement au dessus de la moyenne. Sur ce qui a été acté, on est franchement dans les 15/20 et en termes de démocratie on est dans les 20/20 "… TF1 hier
soir épanchait son bonheur sur le triomphe de Sarkozy dont on se demande s’il ne va pas prétendre au prix Nobel de la Paix tellement il a déclamé son attachement à la planète.
En fait il n’y a eu que des créations de commissions devant se pencher sur tel ou tel sujet polémique (la culture commerciale des OGM soit suspendue en attendant les
conclusions d'une expertise à conduire par une instance qui sera créée avant la fin de l'année), des renvois à plus tard des contraintes impliquant des prises de position contre les lobbies (les
pesticides et la taxe carbone) alors que tout le monde sait que la lenteur actuelle des prises de décision fera que dans des mois absolument rien n’aura évolué. Les médias libres vous le diront.
Les autres l’oublieront. Ce n'est pas parce que le Grenelle a eu lieu que la planète est sauvée. Loin s’en faut ! Les Français auraient dû changer de comportement bien avant ce Grenelle et
devront changer davantage après. Or ils ne l’ont pas fait et ne sont pas prêts à le faire.
La vraie solution consiste aussi à consommer moins et à se restreindre dans bien des domaines et la croissance plongera. Au quotidien, les Français possèdent pourtant un pouvoir exceptionnel
puisque chacun, sans attendre des textes de lois, des règlements, peut réduire son impact écologique en mangeant autrement, en empruntant les transports en commun, en ne voyageant pas à l'autre
bout de la planète. Mais en avons nous la volonté et surtout en éprouvant nous l’urgente nécessité ?
Ce n’est véritablement pas en vantant les mots d’un discours que n’importe quel élu un tant soit peu lucide aurait pu tenir que l’on va modifier les comportements. Il faut, comme pour le erste
attendre pour juger. Rnedez-vous dans un an pour vérifier où en est le Che Guevara de l'écologie.
Le journaliste de la Liberté de l’Est méritait cependant le respect quand il annonçait que nous allions vers… " un consensus en trompe l’œil ". Il est
là et bien là ! Mais au fait de quoi se mêlait-il quand dans une région où il est en concurrence avec l’Est Républicain organe officiel de Cécilia… Et ça, ça vaut tous les…infos sur
les pompiers, les gendarmes et les Préfets du monde !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
Il faut savoir dans la vie admettre que les bonnes opinions ne viennent pas nécessairement des gens que vous êtes sensés apprécier. Elles n’appartiennent pas toujours
au monde des inconditionnels qui se transforment de porte-parole en apôtres réputés porter les évangiles. Elles reposent aussi sur une capacité d’analyse qui n’est pas donnée à n’importe qui et
elles surgissent souvent à contre courant de l’opinion dominante. Ainsi je suis bien contraint de reconnaître qu’Arnaud Montebourg, pour lequel je n’ai pas une affection particulière, me fascine
par le tranchant de ses prises de position qui ne laissent jamais indifférents. Et, dans la société actuelle au consensus mou, il apporte une touche détonante qui ne lui vaut d’avoir beaucoup plus
d’ennemis que de partisans. Mais c’est certainement la marque d’une générosité dans la pensée qui ne peut que rassurer sur la vitalité du débat politique. Autant le reconnaître quand c’est le cas.
Par exemple quand il dénonce avec vigueur le renforcement des pouvoirs du président de la République, préconisé par le Comité Balladur et clame haut et fort que ce serait " une grave
erreur " il mérite le respect car Jack Lang n’a pas encore eu ce courage dénonciateur.
" C'est une grave erreur que d'accepter cette dérive vers l'abus de pouvoir ", a déclaré Arnaud Montebourg, invité à commenter les
propositions du Comité Balladur qui doivent être remises vendredi au chef de l'Etat. Il a souligné à juste titre le danger de " donner des pouvoirs à quelqu'un qui ne rend jamais de
comptes ", soulignant que " le président de la République est le seul dans le système institutionnel français à être irresponsable juridiquement, et politiquement encore
plus ". Ce statut que les " sages " nommés par Nicolas Sarkozy jugent insuffisant est parfaitement contraire aux principes fondateurs de la République et probablement des
concepts démocratiques. Il est vrai que, depuis quelques mois, on vérifie que les dérives potentielles ne sont pas des vues de l’esprit. Qui ne se rend pas compte que sans pouvoirs
constitutionnels supplémentaires le Chef de l’Etat a déjà tous les pouvoirs même celui de divorcer en… Une journée ! Il a mis en place un système lui permettant de fait, sans aucun contrôle
réel des représentants des Françaises et des Français de gérer à sa guise un pays empêtré dans les filets médiatiques.
Le député de Saône-et-Loire s'en est vivement pris au fonctionnement des institutions depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. " Tout le système institutionnel recréé par M.
Sarkozy déstabilise la Ve République: le Parlement est devenu un lieu théâtral inutile, le gouvernement est devenu le Parlement avec des débats totalement mis en scène (...), un bric-à-brac
politicien. Et le lieu du gouvernement c'est la présidence avec des conseillers (...) qui ne répondent jamais à nos questions, que nous ne pouvons pas censurer ", a-t-il dénoncé. Je ne
peux qu’approuver puisque je pense l’avoir déjà écrit à de nombreuses reprises dans cette colonne. L’ouverture présentée comme le nec plus ultra de l’art de la politique n’est qu’une vaste
fumisterie car elle ne dissimule que des ambitions personnelles exacerbées. Le bric-à-brac des personnalités permet en fait au futur locataire de l’Elysée de diviser pour régner selon une formule
bien connue. Il n’a absolument aucun autre objectif car on vient de voir que sur le lamentable test ADN les oppositions internes se sont vite tues… et le texte est passé sans trop de problèmes
pour rassurer l’électorat silencieux d’extrême droite.
UN SYSTEME D’IRRESPONSABILITE PERMANENTE
Ce qui est sûr, c'est qu'il ne s'agit pas globalement pour la commission Balladur d’engager une révolution. Il y a des points négatifs et des points positifs. Le
point négatif, c'est qu'on ne règle pas là le problème de la V° République. Il y a toujours en effet une irresponsabilité de l'exécutif. Le Président devient le chef de l'exécutif alors même
qu'il n'est pas responsable devant les Chambres. Le déséquilibre n'est pas comblé et personne n’osera le combler car la situation actuelle convient à tout le monde : il gouverne mais ne
court pas le risque d’une mise n cause d’aucune sorte. C’est plus confortable que de se faire tailler des croupières par une assemblée récalcitrante.
Le point positif, c'est une série de réformes qui vont dans le bon sens, quoiqu'elles restent des " réformettes " si la logique générale reste et ne modifieront en rien les rapport des
forces en présence. Or, il n'y a pas dans les propositions connues de changement de la V° République, le Président n'est pas atteignable. Disons qu'il y a un zeste de démocratie en plus mais rien
qui permette de s’enthousiasmer. L'exception d'inconstitutionnalité, par exemple, semble une réforme importante mais ce n'est d’ailleurs pas l'enjeu aujourd'hui car cela dépend comment elle va
être organisée. C'est, a priori, une bonne modification de considérer que les individus peuvent se voir reconnaître un nouveau droit. Sur le papier, c’est valable et personne ne saurait
raisonnablement être contre. Mais dans tous les pays où ce système est mis en œuvre il y a évidemment des filtres.
Combien de filtres y aura-t-il ? A quels endroits ? Tout cela va beaucoup intéresser les juristes, les citoyens, mais ce n'est pas l'essentiel. L'enjeu, c'est la
façon dont on exerce le pouvoir. Et depuis quelques mois il est de fait exclusivement organisé autour d’une personne qui a des ministres collaborateurs, dans tous les sens du terme, pour prendre
les coups à sa place. Le problème est toujours le même : comment cette organisation peut de fait exister sans reposer sur aucun contenu réel de la Constitution ?
Qu’un Guéant soit considéré comme un Premier Ministre bis ne pose par exemple de problèmes à personne sauf à Montebourg qui le dénonce à sa manière. En fait la
situation actuelle contourne tous les textes mais repose sur la résignation des politiques face à des faits exposés par Mitterrand dans le " Coup d’état permanent ". La commission
Balladur ne cherche donc qu’à toiletter à la marge la Constitution actuelle afin de donner une " couverture " plus large aux agissements de Nicolas Sarkozy.
DES AJUSTEMENTS A LA MARGE
Le comité propose bien d'introduire, pour les élections législatives, une dose de proportionnelle. Trente députés pourraient être ainsi élus selon ce mode de scrutin…
Que vont-ils peser sur les équilibres internes de la majorité sauf à préserver l’avenir politique des recalés du suffrage universel uninominal ? Marine Le Pen, Olivier Besancenot, Arlette
Laguiller, José Bové… Nicolas Hulot auront un siège et… une tribune sans peser véritablement sur les décisions. Certes 30 députés ça va dans le bon sens mais je ne perçois pas les améliorations
que ce contingent va apporter à la vie démocratique de la Nation.
Le comité souhaite voir remplacer le système des parrainages pour l'élection présidentielle par un collège de… 100.000 élus qui désigneraient les présidentiables au cours d'un vote. Seuls les
candidats ayant atteint un certain pourcentage, 1,5% ou 2%, pourraient se présenter à l'élection. Encore une usine à gaz qui fait que l’on reviendra à un éparpillement des candidat(e)s pouvant
être en lice et donc à un véritable éparpillement des voix au premier tour des Présidentielles. Rien de bien fondamental alors que le mesure suivante consistant à modifier les articles 5 et 20 de
la Constitution régissant la répartition des pouvoirs entre le gouvernement et le président de la République.
Actuellement, l'article 20 prévoit que " le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation ". La nouvelle formulation stipulerait que
c'est le président qui " détermine la politique de la nation " et que le gouvernement la " met en œuvre ". En fait il s’agit de l’officialisation pure et
simple de la situation actuelle. L’article 49-3 de la Constitution, qui permet au gouvernement d'engager sa responsabilité sur un texte pour forcer son adoption, devrait être limité aux lois de
finances et lois de financement de la Sécurité sociale.
Le chef de l'Etat aurait la possibilité de venir s'exprimer devant le Parlement, chose aujourd'hui interdite en vertu de la séparation des pouvoirs.
La déclaration du président pourrait être suivie d'un débat, mais seulement après son départ, ceci dans chacune des deux assemblées. Les députés et sénateurs auraient
également la possibilité de voter une résolution ou une motion " qui ferait référence à la déclaration présidentielle " ce qui modifierait en rien les équilibres présents et servirait
uniquement à offrir au président la légitimisation de ses actes avec une belle médiatisation à l’anglo-saxonne !
DES RUSTINES SUCESSIVES
On est extrêmement loin de la VI° République espérée par bon nombre de réformateurs dont Montebourg. C’est sans aucun doute la première élection présidentielle où le
thème de la VIe République a été partagé par le plus grand nombre de candidats : elle devait être plus proche des citoyens et comporter un usage plus important du référendum, une dose
de proportionnelle, la modification du statut du chef de l’État ainsi qu’un cabinet ministériel resserré, un Parlement rénové et associé de manière plus étroite aux décisions et la transformation
du rôle du Sénat. On verra à l’usage si les réformes proposées vont aller dans ce sens de manière décisive.
A la différence des lois constitutionnelles de 1875, en vigueur jusqu'en 1940, la Constitution de 1958 a fait l'objet d'un nombre important de révisions, à un rythme
qui s'est d'ailleurs considérablement accéléré. De cinq changements entre 1958 et 1992, on est ainsi passé à dix entre 1992 et 2000.
La Constitution de 1958, toujours en vigueur aujourd'hui, se distingue par sa longévité, bien que révisée à dix-neuf reprises depuis sa publication par le pouvoir
constituant - soit par le Parlement réuni en congrès, soit directement par le peuple, à travers l'expression d'un référendum. Ces replâtrages successifs ont en définitive affaiblit le texte
d’origine et ce ne sont pas ceux qui vont arriver qui vont le restaurer dans sa dimension initiale. On assiste à la pose de rustines ! En fait les véritables réformes porteraient sur des
événements clés. D’abord, il faudrait urgemment accentuer la séparation des pouvoirs aujourd’hui véritablement disparue et engloutie dans la concentration et la confusion permanente des genres
(justice, médias, politique, économie…).Le Parlement, doit être beaucoup plus représentatif de la société française et disposera des moyens de contredire et de contrôler une haute administration
trop puissante et un gouvernement lourdement coupé des réalités : abolition pure et simple de l’article 49.3, de véritables commissions d’enquête parlementaires indépendantes, restriction du vote
bloqué et de l’usage des ordonnances, fin du domaine réservé présidentiel en matière diplomatique et militaire, contrôle parlementaire des nominations dans les organismes de régulation des
différentes parties de la société, réforme du Sénat et introduction d’une part encore plus forte de proportionnelle, contrôle parlementaire de la construction européenne… Il reste encore beaucoup
de boulot à Jack Lang et ses potes pour devenir crédibles. Je crains qu’ils soient de constitution fragile.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan : "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant
de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut
envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.
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