MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on
respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
Il n’y a plus un espace de la société dans lequel la religion ne s’installe pas. Elle s’insinue sous toutes les formes au cœur de tous les débats, de toutes les préoccupations, de toutes les attitudes. Elle envahit les écrans et sert de support à des querelles théoriques ou comme je l’évoquais hier dans la chronique ci-dessous à des guerres atroces. Il n’y a plus un sujet du fameux " Jité " de 20 heures qui ne repose pas sur une croyance ou une autre. Même en politique on vous parle de " ferveur " de " foi en l’avenir ", de " madone ", de " justes ", " d’islam ", de "rencontre entre un homme et un peuple "… avant d’en arriver à la " communion ", la " prière ", la " tentation ", le " pardon ". Il faut s’attendre à tout tant la tendance s’accentue.
Il n’y a plus réellement de pays profondément laïques et certains même, de plus en plus nombreux, cèdent à la tentation d’instituer constitutionnellement des références à une religion. Toute la planète sait que Bush se déclare président par la grâce de Dieu et que ses références à ses maîtres à penser repose sur des concepts que ne renient jamais les pasteurs qui l’entourent. Inutile de parler de ce qui se passe en Iran ou en Pologne, en Cote d’Ivoire ou en Birmanie, en Irlande ou au Pakistan car sur tous les continents on trouve des exemples flagrants de mélange des genres.
Les déclarations de Benoît XVI ne cesse d’affoler les observateurs laïques car il cherche, par tous les moyens, à replacer le catholicisme sur les rails du renouveau en lui donnant des couleurs oubliées depuis belle lurette. Messe en latin, destruction du darwinisme, retour à l’ordre moral redeviennent les thèmes permanents de la dialectique papale. Elle n’est guère différente des extrémismes de tous bords dans l’islam, le judaïsme, les adventistes, les baptistes, les mormons… et que sais-je encore.
Mais depuis hier on vient de franchir une étape importante en France avec les prises de position des archevêques français sur le Téléthon. Une déclaration qui vient accentuer ce sentiment papal d’ingérence qui monte dans les esprits.
SOUTENIR DES RECHERCHES CONDAMNABLES
Lundi, l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a en effet notamment expliqué qu'il ne soutiendrait plus le Téléthon s'il n'avait pas la possibilité "d'orienter" ses dons et d'éviter ainsi de soutenir des recherches condamnables. "Ce n'est pas parce que le Téléthon est une œuvre généreuse qu'on doit signer des chèques en blanc et estimer que tout ce qu'ils font est bien", avait considéré Mgr Vingt-Trois. Certains hauts prélats de l'Eglise catholique menacent même ouvertement de ne plus soutenir cette opération qu'ils accusent de financer certaines recherches génétiques utilisant l'embryon humain. " Ce qui me gêne, c’est qu’on puis se utiliser des dons qui sont faits pour la recherche, à des recherches qui instrumentalisent l’embryon humain ou qui confinent à l’eugénisme, par exemple le fait de trier des embryons", a-t-il expliqué. "Qui décide des critères du tri? Pour établir quel diagnostic? Qui décide que tel homme n’a pas le droit de vivre? Si on va vers cette société, c’est pire que le monde d’Orwell".
Les catholiques réclament de la transparence sur l’usage de leurs dons par le Téléthon en matière de recherche génétique, notamment pour le tri d’embryons auquel ils sont opposés. Mais ils n'appellent pas directement à un boycott a expliqué l’archevêque. "On crie au scandale parce que des gens posent des questions", a-t-il observé, "c’est au moins naturel et normal que les gens qui financent la recherche puissent dire quelque chose sur la recherche qu’ils financent". Le responsable catholique a affirmé qu’il continuerait à donner pour le Téléthon "si on a la possibilité d’infléchir ou d’orienter nos dons " et "si l’association accepte d’entendre nos questions". Il a souligné que les responsables du Téléthon ne refusent pas de discuter et ont déjà rencontré des responsables d’Eglise.
ESPERANCE DE VIE MULTIPLIEE PAR TROIS
Par ailleurs, l’évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes Monseigneur Michel Dubost, rappelle que grâce à l’association française contre les myopathies (AFM), l’espérance de vie des myopathes a été multipliée par trois. Il ajoute que ses recherches sont synonymes d’espoir pour les maladies orphelines. Reconnaissant toutefois que la recherche sur les embryons humains (2% des fonds collectés par le téléthon) choque les catholiques, pour lesquels "l’homme ne doit pas être l’objet de manipulation il ajoute prudemment : les équipes du Généthon et du Téléthon sont tout à fait ouvertes à la discussion. Elles sont attentives à ne pas froisser ou attaquer les convictions religieuses de leurs membres. Il nous faut accepter, que l’éthique chrétienne ne soit plus, à elle seule, celle qui soutient et anime l’éthique de la société. Mais cela ne sert à rien de condamner sans appel, surtout quand il s’agit de recherches menées dans un cadre purement légal et dans un esprit de défense de la vie" souligne-t- il au péril d’une excommunication. Son avis ne semble pas pourtant être celui qui a été inspiré par le Vatican.
La présidente de l'Association française contre les Myopathies (AFM) n’y va pas par quatre chemins en se déclarant "outrée, choquée" par ces prises de position sur la recherche scientifique. " Je suis choquée et outrée parce que ce débat n 'est absolument pas d'actualité", a souligné Laurence Tiennot-Herment . "Je ne voudrais surtout pas que la campagne de ce 20e Téléthon se focalise sur cela. Clairement aujourd'hui si on parle de cellules-souches embryonnaires, c'est un des 440 projets que soutient l'association qui est de l'ordre de 1,5 million d'€ alors que tous les ans, on dépense 110 millions d'€ ". La réponse paraît être celle de quelqu’un qui a reçu un uppercut auquel il ne s’attendait pas.
Il ne manquerait plus qu’un imam édicte une fatwa à l’égard de cette mobilisation nationale en considérant que les femmes y jouent un rôle indigne de l’islam ou qu’un rabbin se plaignent du caractère non casher des produits utilisés pour que la solidarité et la recherche, deux valeurs sûres de la République, s’effondrent sous la pression religieuse. Si l’on voulait une illustration parfaite de l’obscurantisme et du renoncement au progrès humain on le trouverait dans ces faits qui bien entendu ne feront pas l’objet d’une foule d’éditoriaux. Il est vrai qu’en dehors du Canard Enchaîné ou de Charlie Hebdo peu de médias ne vénèrent pas ostensiblement les grandes religions voire quelques sectes car ils savent qu'ils ont besoin de coller à l'opinion dominante pour vendre.
IMPERIEUX BESOIN DE LAICITE
Plus que jamais la France a un impérieux besoin de laïcité si elle veut, dans la décennie à venir, protéger son système républicain. Encore une foi, il faut revenir aux fondamentaux et oublier les fondamentalistes de tous poils ou de toutes couleurs : la laïcité doit être la situation où la société temporelle a son autonomie par rapport à toute emprise des religions et des Eglises qui ne peuvent prétendre à imposer leurs valeurs spirituelles et éthiques. L'Etat doit s’engager en revanche à respecter, sans y adhérer toutes les convictions et n’en privilégier aucune. Il veille simplement à ce que soient reconnus et réalisés les droits de la liberté religieuse, le droit de choisir sa religion, d'en changer, et surtout de ne pas en avoir.
Plus que jamais il faut demeurer vigilants sur la laïcité sinon, tout à la fois la démocratie peut être en danger et les religions et les Eglises risquent de tomber dans des formes d'intolérance, d'exclusion de l'autre, de violence. Le progrès a toujours été combattu au nom de croyances forcément irrationnelles. Galilée et beaucoup d’autres morts sur des bûchers en savaient quelque chose pour ne pas avoir admis que les souris puissent naître spontanément dans les sacs de blé.
Celles et ceux qui souffrent sur cette terre de terribles maladies devront considérer que cette volonté divine ne peut pas être combattue par l’homme. il leur faudra se faire une raison : la suspicion pèse désormais sur le 20 ° Téléthon. Mais il est vrai qu’aux Etats unis grand pays civilisé s’il en est, il y a longtemps que l’on a séquestré, poursuivi, menacé, tué pour moins que ça…ceux qui prétendent que la vie commence avec l'autonomie.
Il va devenir difficile de parler de charité chrétienne chez nous et plus encore d’intégrisme chez les autres quand durant toute la semaine prochaine nous allons entendre des cardinaux émettre des doutes sur l’utilité des travaux encadrés, surveillés, mesurés des chercheurs français. Il leur restera à réconforter les malades en les déplaçant à Lourdes pour qu’ils espèrent un miracle.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
Mercredi 29 novembre 2006
Il arrive que les mots soient plus importants que les actes surtout dans le monde politique et davantage dans celui de la diplomatie. Ils sont pesés, triturés, adaptés, ciselés pour tenter la plupart du temps de cacher un événement plus ou moins difficile à accepter par l’opinion publique. Le pouvoir des médias repose essentiellement sur leur capacité à encore donner davantage de poids aux mots pour conforter le choc des photos. Actuellement se déroule aux Etats-Unis un affrontement significatif de " mots croisés " entre les grands journaux et le staff du Président Bush. Il serait intrinsèquement intéressant s’il ne recouvrait pas une horreur quotidienne.
En effet le différend repose sur les atrocités sans cesse croissantes que connaît l’Irak avec par exemple une série d'att  entats ayant fait plus de 200 morts jeudi dernier dans le quartier chiite de Sadr City à Bagdad et entraîné des inévitables représailles contre les sunnites. Ces violences, les plus meurtrières depuis l'invasion anglo-américaine du printemps 2003, montrent combien la situation échappe au gouvernement irakien actuel, incapable ne serait-ce que de ralentir le rythme des attentats. La guerre prend un visage hideux en tournant à l’assassinat collectif. Ce carnage de jeudi marque une véritable descente aux enfers qui illustre à quel point l'antagonisme entre chiites et sunnites s'est aggravé ces derniers mois. Dimanche, des pierres ont été lancées sur le convoi du Premier ministre Nouri al Maliki, pourtant lui-même chiite, qui venait rendre hommage aux victimes de Sadr City. Le couvre-feu en vigueur n’a pas empêché de nouveaux tirs de mortier et des affrontements ce jour là dans la capitale. Au sud de Bagdad, une voiture piégée a fait six morts et une vingtaine de blessés sur un marché. Les activistes motivés par des convictions politiques ou religieuses ont apparemment été rejoints par de simples malfaiteurs qui opèrent en dehors de tout contrôle.
Attentats et représailles entre chiites, majoritaires, et sunnites, minoritaires mais qui tenaient les rênes du pays du temps de Saddam Hussein, se sont multipliés depuis l'attaque en février de la Mosquée d'or de Samarra, l'un des principaux sanctuaires chiites. Cet attentat, qui a traumatisé la communauté chiite, a été imputé aux sunnites d'Al Qaïda… mais nul n’est capable d’en apporter la preuve. Des centaines de milliers de morts sont plus ou moins comptabilisés depuis que Bush a décidé de ramener la démocratie à Bagdad. Or, pendant ce temps, dans son propre pays, la guerre ne fait rage que pour savoir si un tel affrontement entre chiites et sunnites est une " guerre civile " ou pas une " guerre civile… ". Imaginez un instant l’importance du débat !
REFUS DE PARLER DE GUERRE CIVILE
Le président George W. Bush a pourtant refusé hier de parler de "guerre civile" en Irak et d'envisager un retrait prématuré des troupes américaines, malgré la persistance des violences et la pression croissante que l'opinion fait peser sur lui aux Etats-Unis. Il a déclaré que les violences relevaient de la volonté des extrémistes de "fomenter la violence confessionnelle", à l'œuvre selon lui depuis le dynamitage de l'un des lieux les plus saints de l'islam chiite, à Samarra, le 22 février dernier . "Les attentats qui ont eu lieu récemment font partie d'un plan en cours depuis environ neuf mois", a-t-il affirmé sans aucune honte moins d'une semaine après la plus sanglante des attaques depuis l'invasion de mars 2003. Si l'appellation de "guerre civile" était communément admise, elle renforcerait immanquablement l'opposition à la guerre dans l'opinion… et donc le discrédit sur les options d’un Président manipulé par les " faucons ".
L'escalade des violences, l'absence de perspective, la victoire des adversaires démocrates de M. Bush aux élections parlementaires du 7 novembre et les réexamens de la politique américaine en Irak menés conjointement par l'administration et un groupe indépendant de personnalités ont exacerbé aux Etats-Unis l'attente d'un changement de stratégie. " Les Américains en revanche se demandent avec de plus en plus d'intensité si l'Irak n'a pas bel et bien sombré dans la "guerre civile", expression utilisée par certains médias pour qualifier le conflit De plus en plus de voix s'élèvent pour que M. Bush accepte des discussions directes avec les deux bêtes noires des Etats-Unis dans la région, l'Iran et la Syrie, pour les impliquer dans le rétablissement de la stabilité chez leur voisin irakien. Il nie un échec patent qui commence pour beaucoup de ses compatriotes à ressembler à l’enlisement désastreux au Vietnam. Chaque jour qui passe renvoie vers les USA l’image du plus retentissant fiasco militaire qu’aient connu les " maîtres du monde ". La " guerre civile " en cours finira par détruire totalement le moindre espoir de retour à la démocratie dans un Irak ravagé par les haines confessionnelles.
EPUISEMENT MATERIEL ET HUMAIN
Comme la guerre se rallume en Afghanistan où lentement les talibans se montrent au grand jour les armes à la main, il semble que les Etats Unis soient en passe de s’épuiser matériellement et surtout humainement dans des conflits sans fin. Les seuls " alliés " potentiels pour ramener un peu de paix à Bagdad sont désormais les ennemis jurés de Bush : l’Iran et la Syrie. Il ne peut avouer son impuissance à négocier avec " l’empire du mal " seul recours potentiel pour sauver ce qui peut encore l’être en Irak. Et c’est là que se situe le problème essentiel des mots utilisés. Convenir que la terrible haine " intérieure " entre Chiites et Sunnites ne peut être réglée que par des interventions extérieures locales c’est admettre que l’invasion était absolument inutile. C’est aussi légitimer l’intervention de l’Iran qui avait déclaré la guerre à Saddam Hussein pour des supposés problème frontaliers.Alors la Maison Blanche tient bon, se bat déclaration après déclaration pour tenter de sauvegarder les apparences.
Même la condamnation à mort de Saddam Hussein n’a pas eu les effets escomptés sur une population dans laquelle le principe de la vengeance relègue au rayon des mesures naturelles l’exécution d’une personne. Il faut donc s’attendre à la plus sale des guerre, celle qui opposent des factions d’un peuple avec une absence totale de discernement. Femmes, enfants, vieillards ne mourront que pour la seule raison de leur appartenance supposée à l’un des camps dont les chefs se vouent des haines mortelles… pour les autres. La situation n’est en effet pas prête de s’améliorer tant ces milliers de morts accumulés depuis des mois vont désormais peser sur l’avenir du pays. Rien ne permettra jamais aux Américains et à leurs alliés devenus l’ennemi commun… des deux camps de s’interposer dans un carnage incontrôlable.
LA FRANCE N’EST PAS A L’ABRI
La France préservée du désastre par une décision louable de Chirac n’est pourtant pas à l’abri de tels avatars. Dans trois pays africains couvent en effet sous l’œil de l’armée française des conflits ethniques ou religieux. Rien ne semble s’améliorer en Côte d’Ivoire où la partition du pays a des origines raciales que des soldats aussi performant soient-ils auront bien du mal à résoudre et même à atténuer. Au Tchad et en République Centre Africaine l’équilibre intérieur est fragile. D’ailleurs dans ces deux pays les dispositifs militaires français viennent d’être renforcés.
Les rébellions en cours bénéficient, dans les deux cas, du soutien logistique pour le moment mesurée des pays de confession musulmane voisins mais nul ne sait si le feu ne va pas s’amplifier. Le coût de cet interventionnisme pour le contribuable français est considérable dans le contexte économique actuel. Lors des discussions budgétaires le Ministre des armées réclamaient un supplément de 250 millions d’€ au titre des frais à régler (hors loi des finances) pour les " interventions extérieures ". Certes il en va de la grandeur de la France et de sa prestance internationale mais la note risque de devenir un jour tellement salée qu’il faudra mettre notre fierté en berne.
Ces " guerres civiles " provoquant des Saint Barthèlémy quotidiennes d’une autre importance et d’un autre style auront bien du mal à être réglées par les armes. Tout le monde le sait. Tout le monde l’admet. Tout le monde le nie pourtant publiquement. Ce serait avouer que l’éducation, la culture, la lutte contre la pauvreté demeurent les priorités essentielles que nous sommes collectivement incapables de mettre en œuvre sur la planète car derrière toutes les guerres civiles l’obscurantisme reste l’arme la plus redoutable.
Mais je déblogue…
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE L'AVIEZ PAS CRU...
Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "L'année des sondés" et "PLACE NETTE PARTOUT"
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
Une journée comme presque comme les autres. Des soucis pas tout à fait comme les autres. Chaque jour d’élu local apporte son lot de déceptions mais si l’on s’y arrête on finit par ne plus quitter son canapé pour aller s’occuper de l’intérêt général. Pourtant, je le vérifie chaque jour il faut avoir une foi particulière pour ne pas baisser les bras et devenir un faux cul comme les autres. Toute position, toute tentative sincères sont en effet automatiquement passées au filtre dramatique des certitudes inspirées par je ne sais quelle détestable culture. Au risque de lasser, je le répète une crise de la démocratie se prépare.
Je ne peux pas résister et vous citer quelques éléments de réflexion extraits des dizaines de situations véridiques puisées dans ma journée de hier. Elles vous donneront une idée exacte de la manière dont les citoyen(ne)s voient le rôle de celui que plus personne ne considère comme le premier magistrat de la cité.
Grâce à Internet la proximité est devenue encore plus prégnante. Impossible d’échapper en mairie ou chez moi à ces mails vengeurs qui vous demandent des comptes sur des sujets d’une importance dramatique. Chacun d’entre eux dénote une intolérance et une volonté de " casser " du maire qui sans être méchante devient pourtant très préoccupante. Derrière son clavier on n’hésite plus à se livrer, à y aller de sa demande précise car on a l’assurance qu’elle ne sera jugée par personne d’autre que son destinataire. Cette entreé dans le net est devenue, dès l’aube, ma météo de la journée. Et, le lundi en général, les indices de l’humeur sociale sont particulièrement nombreux et fiables ! Le risque d’erreur s’amenuise et je me retrouve vite dans la tempête ou au soleil !
En fait, il n’y a jamais au quotidien de moments où l’on peut donner du temps au temps car les sujets réputés " gravissimes " se succèdent sans laisser le moindre répit ou conférer un soupçon de sérénité. Tout ce qui arrive transpire la défiance, la suspicion, l’exigence de résultat immédiat, la mauvaise foi mais il faut faire avec. La tendance actuelle pousse même à répondre aussi précisément que possible pour éviter une nouvelle volée de bois vert. Même si je l’exprime avec les tripes je ne suis pas certain d’être compris : c’est une véritable souffrance que celle d’être un mis en examen permanent. Mais, dans le fond, je ne vois pas pourquoi je m’en plaindrais car je le cherche bien en tentant d’être au plus près du terrain. En me cloîtrant dans la dignité offensée de la fonction je serais beaucoup plus en sécurité.
A LA RENCONTRE DES AUTRES
7 h 55 : j’entre à la mairie où seule la femme de ménage s’affaire à rattraper les dégâts du week-end. Furtivement avant même de parcourir le journal, je vais à la rencontre des autres sur le poste qui reçoit les messages destinés au maire. Plus d’une cinquantaine sont en attente de lecture dont une majorité meurent immédiatement en raison de leur caractère publicitaire. Il n'en demeure ce matin que deux personnalisés extraits du maelström médiatique.
L’un me parle de l’opération du week-end menée dans un lotissement créonnais où alors qu’ils en sont encore responsables les propriétaires des espaces collectifs ont constaté la mort d’une trentaine d’arbres. J’apprends que je suis suspecté d’avoir voulu " acheter " les voix de ces braves gens en faisant prendre en charge par la collectivité l’acquisition en eur nom sur les deniers publics de poiriers fleurs pour les remplacer… Les commentaires autour du trou pour remplacer les défunts par des vivants gratuits ont du aller bon train. J'a dû prendre quelue pelels de terre sur la gueule!
Impossible pour ces fossoyeurs de la démocratie d’admettre que la politique de développement durable mise en place par la mairie prend en compte la plantation du maximum d’arbres sur le territoire communal et que leurs arrières pensées n’ont aucun fondement. Ils ne le croiront jamais car ils sont intoxiqués par l’opinion dominante voulant qu’il y ait une raison tordue derrière chaque geste d’un élu…Comment ne pas, la prochaine fois, en pareilles circonstances, se désintéresser totalement du sort de ces arbres car, dans le fond, je suis vraiment c.. de me rendre suspect alors qu’en restant silencieux comme beaucoup d'autres j’aurais acquis une autre image plus rentable ?
Le second pose le problème de la vitesse des automobilistes dans la rue qui passe devant chez moi et que la DDE vient, contre mon gré, de rénover. Tous les automobilistes sont des tueurs potentiels pour celle ou celui qui a abandonné son véhicule… il me faut trouver d’urgence une solution de protection de la famille en cause car les trottoirs sont trop étroits et les enfants sont en danger quand, tenus par la main, ils sont obligés de cheminer sur le coté gauche de la rue. Je me fends d’une réponse en expliquant que la mairie va refaire entièrement cette sortie de la ville bastide et que nous tenterons d’éviter un comportement irresponsable de quelques conducteurs. Comment en revanche expliquer que l’on a beaucoup plus de mal à changer les mentalités que de refaire des trottoirs ? Inutile car bien évidemment je dois avoir LA solution. Et surtout très rapidement.
LA REVOLUTION MENACE
8 h 17 : Le téléphone a déjà sonné une demi-douzaine de fois. Une personne malade parmi le personnel n’assurera pas son service pour un ou deux jours à l’école maternelle… La révolution menace : il faut immédiatement la remplacer car la réussite scolaire des enfants est menacée. Au maire à trouver la solution miracle… en quelques minutes et surtout de ne pas mettre en péril l’avenir d’une classe d’une vingtaine de petites têtes blondes laissées seules avec une enseignante. Réunion de crise immédiate avec les responsables présentes et une adaptation est trouvée en attendant une solution éventuellement plus durable. Ouf ! une pétition évitée de justesse ! Ouf ! l’avenir dus système éducatif est préservé ! Impossible de demeurer plus de cinq minutes sans que le téléphone sonne ou qu’un rendez-vous arrive ou que quelqu’un passe la tête à la pote pour que je prenne une décision.
8 h 45 : Des travaux s’engagent afin de tenir un engagement pris avant la fin de l’année. Les riverains sont déjà inquiets pour savoir s’ils pourront sortir leur voiture… où s’ils seront obligés de marcher un peu pour un soir ou deux regagner leur canapé. L’entreprise cherche querelle sur une partie de son devis qu’elle a interprété à son avantage. Il faudra se bagarrer toute la journée pour trouver le moyen de la ramener à la raison et vite rédiger un bulletin pour donner dès ce matin des informations aux habitants du secteur avant qu’ils ne m’accusent de concussion avec les patrons pour les opprimer… La litanie se poursuit!
12 h 05 :Il me faut boucler avant d’aller déjeuner le dossier de presse relatif à l’inauguration de la nouvelle piste cyclable qui relie désormais la zone commerciale à la voie verte Lapébie. Il aura fallu plus de 3 ans d’efforts pour en arriver à ce que cet aménagement soit enfin concrétisé. Pourtant vendredi soir lors de l’assemblée du club de vélo j’ai appris qu’elle ne convenait pas aux… cyclistes du samedi et du dimanche car elles les obligent à casser le rythme de leurs envolées. Seule la route partagée à leur avantage a leur préférence et ils auraient préféré une piste pour eux de chaque coté de la route. J’ai mis mon mouchoir par-dessus pour aller voir dans uen autre assemblée générale si l’humeur était meilleure. Là rien n’allait non plus car à la FNACA (anciens combattants d’Algérie) le débat portait sur la date de célébration de la fin de leur guerre… 19 mars ou 5 décembre ? Au maire de choisir son camp et à la limite de faire deux cérémonies pour ne mécontenter personne et se fâcher alternativement avec les deux camps. Va et vient tout l'après-midi avec des sommations du conseil général sur le portable, des décisions sur des travaux à prendre, des informations à donner!
TROIS ENFANTS DIGNES ET LE KLAXON
19 h 07 . – Je quitte trois enfants dignes devenus des adultes responsables. Ils ont venus me parler de leur mère qui vient d’être opérée d’une tumeur au cerveau et qui traîne une " longue maladie " dont on identifie pas le siège. J’ai eu l’un d’eux en classe il y a déjà deux décennies et j’avoue ressentir un brin de fierté quand je le vois parler au nom des autres, bâtir une stratégie pour tenter de réconforter sa maman et lui réserver les meilleures journées possibles. Je m’engage à les soutenir, à les aider à construire ce qu’ils veulent pour celle qui les a toujours réunis et entourés. Je suis profondément ému de les vois tous trois devant moi aussi dignes, aussi lucides et surtout aussi solidaires. Quand ils me quittent, loin d’eux j’essuie une larme avant d’aller consulter une dernière fois pour ce soir la boite aux insatisfactions.
Un mail retient mon attention : un jeune couple me demande d’intervenir parce que les automobilistes qui passent sur la route en bas de chez lui, sur la route, klaxonnent pour signaler leur présence aux autres avant d'aborder un pont dangereux. " Monsieur le maire on veut vous voir pour savoir ce que vous pouvez faire…notre vie est infernale " Me voici condamné à aller jour et nuit empêcher les conducteurs de signaler leur présence par un coup de klaxon… Je pourrais aussi leur rappeler que ce n’est pas moi qui ai choisi ce terrain peu constructible pour y implanter ma maison et que moi aussi je sui parfois ennuyé par le bruit des cyclomoteurs pétaradants dans les rues en pleine nuit. Mais je ne sais pas si, en définitive, je vais pas envoyer un mail au maire…pour savoir ce qu’il compte faire. S’il ne bronche pas je le traduirai ainsi volontiers en 2008 devant un bon jury citoyen ! Il me redonnerait peut-être le sens de l'essentiel et m'obigerait à prendre du recul. Et surtout il arriverait à me persuader que chacun ne voit pas dans l'autre uniquement ses pires turpitudes ou celle qu'il aimerait faire! On ne prête aux autres que ce que l'on a en soi!
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
Dans quelques semaines on tirera le bilan de l’année 2006. Les analystes effectueront des rétrospectives portant sur les événements essentiels et chercheront quel est celui qui marquera les derniers mois. Il évoqueront, c’est certain, la désignation  de Ségolène Royal par le Parti socialiste qui éclipsera les miasmes de l’affaire " courant clair " car je suis certain que les télés ne voudront même pas l’évoquer. On y ajoutera les images du coup de tête de Zidane et on considèrera que tout a été dit. Le reste sera subalterne. On trouvera bien quelques faits divers dramatiques pour faire peur au moment des fêtes de fin d’année car il faut bien entretenir le sentiment profond d’insécurité. Pour l’instant dans les rédactions on travaille à cette rétrospective qui meublera une soirée ou deux. La seule qui vaudra le détour sera "l’année des guignols" qui portera, elle, davantage sur le fond que la forme.En revanche vous pouvez être certain que l'analyse demeurera sommaire.
Je suis de ceux qui pensent que 2006 aura pourtant été marquée par l’importance décisive qu’ont pris les sondages dans la vie sociale. Plus un jour sans que l’un d’entre eux viennent donner la température de l’opinion dominante supposée. Ils auront orienté les principales décisions. Ils auront influencé les consciences. Ils auront pesé fortement sur les moments clés. Leur omniprésence sera devenue oppressante pour la démocratie mais je suis certain qu’ils ne seront pas pris en compte dans le bilan.
Désormais quand un homme politique veut se donner raison ou chercher un soutien dans l’opinion il s’arrange pour effectuer...un sondage. Même les plus modestes d’entre eux vont, dans les prochains mois, se lancer dans l’évaluation de leur image, de leurs réussites ou de leurs insuffisances, afin de corriger le tir avant les prochaines échéances électorales. Et rien ne remplacera alors un bon sondage… qui sera décisif pour orienter les dernières décisions au budget 2007. Certains l’ont même déjà réalisé en secret ou au grand jour afin de se prémunir contre toute critique et ils ont vite analysé chaque réponse avec leur entourage. Toutes les élections partielles sur Bordeaux avaient mobilisé des sondeurs et si certains ont renoncé à prendre le départ c’est que, parfois les résultats ne leur convenaient pas totalement. Il en est ainsi chaque jour ou presque.
L’INCONTOURNABLE J.D.D.
Hier on a eu un exemple parfait de cette tentation d’influer sur le débat en cours. En effet, quelques heures avant que François Hollande s’exprime en clôture de la cérémonie d’investiture de Ségolène Royal, l’incontournable journal du dimanche (JDD) dont on sait qu’il joue un rôle clé dans la promotion des femmes et des hommes politiques en raison de son monopole dominical sur la presse écrite parisienne, a sorti " LE " sondage ! Sachant que, durant la semaine qui s’ouvre, Nicolas Sarkozy va réaliser le grand écart en devenant  candidat aux présidentielles et en restant Ministre de l’Intérieur la direction a commandé vendredi une enquête d’opinion permettant de justifier cette position pourtant totalement contraire à la morale républicaine. C’est sûrement un hasard !
Plus de la moitié des Français, (55% des Français et 64% des sympathisants UMP) souhaitent donc si l’on en croît ce merveilleux résultat que Nicolas Sarkozy reste au gouvernement jusqu'à la présidentielle... même s'il est candidat, selon l’Ifop. En revanche, seulement 24% des sondés (dont 11 % des sympathisants UMP) souhaitent qu'il démissionne du ministère de l'Intérieur dès l'annonce de sa candidature et 18% (24 % chez les mêmes sympathisants) qu'il le fasse s'il est désigné par les adhérents de l'UMP en janvier 2007. Interrogés sur les tensions au sein de l'UMP, 26% considèrent que c'est Nicolas Sarkozy qui en porte principalement la responsabilité, 22% Jacques Chirac, 17% Dominique de Villepin et 9% Michèle Alliot-Marie. Ce sondage, que l’on doit encore une fois à l’entreprise dirigée par Laurence Parisot, Présidente du... MEDEF, a été réalisé par téléphone le… 24 novembre (NDLR : il a donc été acheté au tout dernier moment) auprès d'un échantillon de 1.183 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. Je suis certain que vous en faisiez partie ! Bien évidemment l'information gratuite a été reprise par les "Jités" et france Infos pour lui donner une pluas garnde ampleur!
EN OPPOSITION AVEC LA SUPPOSEE OPINION DOMINANTE
La ficelle est un peu grosse : il s’agissait tout simplement de couper les arguments que devait développer François Hollande à la Mutualité, de le mettre en opposition avec cette supposée opinion dominante. Inutile pour le " Ministre-Président-candidat " de répondre puisque le sondage est destiné, une fois encore, à démontrer que les critiques sont totalement par avance injustifiées ! Ce n’est donc pas le sondage lui-même qui est en cause mais son rôle politique dans un jeu d’influence très sophistiqué. Les conseillers de Nicolas Sarkozy ont décortiqué la campagne de Ségolène Royal et ce serait les prendre pour des idiots que de croire qu’ils ne vont pas en utiliser les aspects les plus efficaces. Les sondages sont supéreiurs à tous les arguments car ils révèlent aux gens leur propre pensée.
François Hollande a donc appelé hier lors du congrès du PS le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy à quitter sa fonction, au nom de "l'exigence morale", puisqu'il a annoncé "jeudi dernier qu'il serait candidat, et rapidement alors qu’il l'est officieusement depuis cinq ans, l'exigence morale voudrait qu'il ne reste pas plus longtemps ministre de l'Intérieur", a déclaré François Hollande en clôture de la cérémonie d'investiture de Ségolène Royal à la présidentielle. "Il ne s'agit pas là de je ne sais quelle polémique mais d'un principe essentiel, c'est d'éviter que l'organisateur du scrutin qu'est le ministre de l'Intérieur en soit le protagoniste", a-t-il dit.
"Il s'agit aussi de prévenir toute confusion du genre et des budgets, car il serait paradoxal que ce soit le contribuable français qui paie la campagne de Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté comme si ce principe était… une découverte. Par ailleurs, pour le Premier secrétaire du PS, "au nom de l'intérêt du pays, il faut permettre à la France de disposer d'un ministre de l'Intérieur à temps plein car en ces temps d'insécurité et de violence, ce serait préférable et en tout cas pas superflu".
a-t-il ajouté comme si ce principe était… une découverte. Par ailleurs, pour le Premier secrétaire du PS, "
Une bien belle déclaration qui devrait être démultipliée, amplifiée, commentée mais ne le sera pas puisque le peuple français la condamne à l’avance dans le JDD de hier matin ! En 2006 cette utilisation des sondages aura bel et bien été décisive pour jouer le peuple contre les élites en transformant les citoyen(ne)s en consommateurs. On adapte en fait l’offre politique à la demande selon les principes de base du marketing. Le baromètre mensuel des cotes de popularités qui va (je prends les paris) enfoncer Chirac, la semaine prochaine ; le choix délibéré de ne présenter que des duels Sarkozy-Royal au second tour ; l’absence volontaire de prévisions sur le premier tour (rappelez-vous qu’aucun sondage ne donnait Le Pen en seconde position le 21 avril) constituent autant d’astuces pour modeler l’opinion à sa guise. Il faudrait en effet savoir une fois pour toutes si… ce sont les gens sondés représentent le comportement social réel ou si ce ne sont pas les sondages mis les uns à la suite des autres qui ne finissent pas par induire la réponse des gens ! C’est l’éternel problème de l’apparition initiale de l’œuf ou de la poule.
CE NE SONT PLUS LES FAITS OU LES ARGUMENTS QUI COMPTENT
Durant toute l’affaire Clearstream en 2006 peu de monde a réclamé le départ de Dominique Galouzeau de Villepin en raison des actes précis qu’il avait commis mais sur la base de la baisse de la confiance supposée perdue qu’évaluait les sondeurs. Ce ne sont plus les faits ou les arguments qui comptent mais leur impact sur l’opinion dominante. Un institut de sondage est plus puissant qu’un parti politique. Il est plus efficace que le suffrage universel. Il constitue  un organe de propagande mille fois plus utile que tous les tracts et tous les programmes distribués. Il occulte les débats de fond et ramène inévitablement sur la forme. Il est une microbe qui gangrène la démocratie.
On en est arrivé à ce que des femmes ou des hommes politiques sollicitent de la part de leurs amis dans les médias, que soit posée telle ou telle question que leurs conseillers en communication ont soigneusement rédigée. En effet, on sait que, bien plus que le nombre de personnes dites représentatives, c’est l’art de rédiger la question qui fait… le résultat de l’enquête. Ainsi une étude menée sur trois sondages effectués au moment du bombardement de la Libye par l'armée américaine en 1986 a révélé des décalages considérables de réponse en fonction de l'intitulé de la question. Certaines étaient particulièrement abstraites citant " l'action américaine contre Kadhafi " alors que de l'autre côté un magazine parlait de l'armée américaine, de bombardements et nommait les villes touchées. Avec la plus abstraite des formulations, l'évènement recueillait 60% d'assentiments, la formulation intermédiaire 50%, la formulation la plus précise 40% …
Mais rassurez vous c’est aux Etats-Unis que ce phénomène a été constaté et en France… c’est bien différent. Les questions sont toutes comprises dans leur subtilité par des citoyens éclairés. Vous pouvez dormir tranquille. Le réveil ne sera douloureux que le 22 avril 2007 vers 20 heures ! Jusque là si votre téléphone sonne : souriez vous êtes sondés!
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
Dimanche 26 novembre 2006
La société de consommation est comme une taupe aveuglée par la lumière permanente du soleil. Elle semble incapable de maîtriser ses déplacements et elle ne cherche qu’à se replonger les plus rapidement dans le m  ilieu où elle s’ébat avec aisance. Elle tente de creuser ses galeries marchandes sur toutes le terres de la planète afin de voir s’y engouffrer avec le maximum de gens atteints de la fièvre acheteuse. Tout est fait pour attirer, encadrer, canaliser et même sur le plan politique accentuer cette capacitédes ménages à accéder à toutes les marchandises. Le système libéral ne tient que grâce à une tendance mondiale à l'achat frénétique. Or il n’y a pas de croissance et de développement économique infinis possibles sur une planète dont les ressources sont limitées. On commence tout juste à en prendre un tantinet conscience.
Hier après-midi j’a effectué afin de mettre mes actes en accord avec mes principes, ma part de la collecte nationale devant les caisses d’un supermarché en faveur de la Banque alimentaire. Deux heures à tenter de convaincre les " client(e)s " d’emplir une poche spéciale de produits de première nécessité et surtout deux heures à observer les familles, les jeunes et les moins jeunes entrer dans une grande surface et en ressortir. Deux heures à me demander quels sont les critères qu’appliquent ces personnes à leurs achats quand je constate qu’elle ressortent avec des caddies bourrés de produits divers.
Ont-elles réfléchi au prix ? Ont-elle pris en considération la qualité ? Savent-elles les risques qu’elles courent en absorbant telle ou telle denrée ? Mesurent-elle véritablement l’impact de leurs acquisitions sur l’avenir de la terre ? Pensent-elles un instant aux conditions de fabrication ou de culture ? Or pourtant tous les clignotants sont au rouge.
DES PAYS SOLDENT LEUR PROPRE EXISTENCE
Nous extrayons en effet aujourd’hui deux fois trop de ressources fossiles, et nous émettons inutilement dans l’atmosphère plus de deux fois plus de gaz carbonique que la planète ne peut en absorber. La biodiversité s’effondre dans l’indifférence généralisée. C’est aujourd’hui que l’extraction du pétrole entre en déclin (et non pas dans un demi-siècle) et les spasmes du monde n'ont leur origine que dans la seule angoisse des Etats Unis d’en manquer. Pour survivre ou, malheureusement, pour atteindre le paradis supposé des acheteurs libérés, des pays soldent leur propre existence à ces mêmes acheteurs lointains et inconnus avides de maintenir le rythme effréné de leur consommation.
Dans chaque chariot qui passait devant moi il y avait, certes l’indispensable, mais aussi beaucoup de superflu. Et, moi-même, je n’échappe pas à ce constat : l’aliénation  actuelle passe par une mutation du citoyen en consommateur ! Cette société engendre pourtant un pillage et l’injustice : 20 % de la population de la planète, les pays riches, consomment sans vergogne plus de 80 % des ressources planétaires. L’opium du peuple permet d’accéder au nirvana de la Carte bleue et de dépenser sans compter. Notre niveau de consommation a pourtant un coût : l’esclavage économique de populations entières et la mort qui rode derrière toutes les étiquettes. Dans son édition de mardi, par exemple, le Canard enchaîné fait un point sur les désastre de l’utilisation des pesticides. La Mutualité sociale agricole (MSA) tient des statistiques confidentielles sur la montée des cancers, lymphomes, leucémies qui s’abattent sur les agriculteurs les moins précautionneux en matière de traitements chimiques. On se demande si la maladie de Parkinson, dont on sait qu’elle frappe avec de plus en plus de force n'est pas liée à ces pesticides que vendent à profusion les grandes multinationales de l'industrie chimique. Il est également dévoilé dans ce papier hallucinant la nocivité absolue des cultures en serres ou les dangers que représentent des heures d’épandage dans les milieux confinés que sont les cabines des tracteurs. Or hier les gens ressortaient par exemple avec eds tomates dont on sait qu'elles poussent artificiellement en cette saison.
DEUX CATEGORIES INTERDEPENDANTES
La société de consommation devient mortifère car elle réduit l’humain à n’être qu’un agent économique en la classant dans deux catégories interdépendantes de producteur ou de consommateur. Elle nie nos dimensions politiques, culturelles, philosophiques, poétiques ou spirituelles qui sont l’essence même de notre humanité en tentant d’aseptiser et surtout de standardiser les goûts, les saveurs, les odeurs. Il ne s’agit pas d’une vision pessimiste de la société actuelle mais de la résultante d’une observation de la similitude des choix. Selon le PDG d’un supermarché le fossé se creuse entre les clients qui recherchent des produits protégés ayant une dangerosité réellement moins forte et ceux que leurs ressources condamnent au " bas de gamme ". Les produits raisonnés qui représentent déjà un progrès ne trouvent plus grâce aux yeux des " gondoliers " du samedi. Le plus grave problème vient pourtant du consumérisme outrancier des enfants et des adolescent(e)s.
Les jeunes "sont par exemple les premiers consommateurs de baladeurs MP3, de consoles de jeux, de téléphones portables ultra-perfectionnés", relève l’INC. En France, 88 % des 12-18 ans utilisent un portable, selon une récente étude européenne de Mediappro. Ils sont également attentifs à leur apparence et consomment de nombreux aliments transformés (gâteaux, céréales, pizzas…). "S’ils sont de très gros consommateurs, souligne l’INC, ils ne sont pas pour autant victimes de la pub et du marketing" – pour preuve le développement des blogs et leur volonté de se forger leur propre opinion. Toutefois, l’adolescence reste une période de la vie propice aux dangers et à la manipulation contre laquelle peu de monde réagit car on sait que la consommation ce sont des… emplois. Tant pis pour l’avenir à moyen ou à long terme ! On accentue par la pub le phénomène car l'important c'est de vendre.
UN MOIS DE NOEL
Hier alors qu'avec mes compagnes de collecte nous tentions de convaincre des clients pressés de remplir une poche de produits de première nécessité, des militants organisaient une " journée sans achat " ?à exactement un mois jour pour jours de Noël. "L'intérêt de cette journée san s achat n'est pas de culpabiliser les gens", a fait savoir un organisateur de cette initiative dont on peut pas écrire qu’elle a bénéficié d’un traitement médiatique exceptionnel. "Nous voulons responsabiliser le consommateur, le faire réfléchir à quelques semaines de Noël et du Nouvel an sur les actes d'achat, sur ce qu'il a réellement besoin d'acheter, mettre en lumière les dérives de la consommation, notamment les achats compulsifs", a-t-il ajouté. Pauvre garçon il doit avoir acheté des doses de motivation en soldes à moins qu’il se soit "shooté" au Prosac. Il est vrai que ces militants altermondialistes n’ont pas fait beaucoup de pub car ils n'en n'ont pas les moyens et personne ne s'intéresse à eux sur des télés qui ne vivent que de la pub sur la consommation. !
Le véritable problème c’est que hier j’incitais les client(e)s qui défilaient à acheter un peu plus qu’à l’habitude pour ceux qui peuvent acheter de moins en moins et que d’autres essayaient de les persuader ailleurs de ne rien acheter. La véritable fracture sociale est dans cette contradiction de deux sociétés qui dérivent et s’éloignent l’une de l’autre provoquant de temps en temps des séismes destructeurs.
Selon la définition de la pauvreté en vigueur, la France comptait en 2004 entre 3,6 et 6,9 millions de personnes pauvres. Entre 1,6 million et 2,9 millions de ménages étaient dans cette situation. La part de personnes pauvres serait comprise entre 6 et 11,7 % de la population. Dans le même temps le patrimoine professionnel de Liliane Bettencourt, la personne la plus fortunée de France, représente selon le magazine Capital, plus de 15 milliards d’€, soit environ 100 milliards de francs. Cette somme équivaut à ce que gagne (en brut) un smicard en ... un million d’années ! Et encore il ne s’agit que de son patrimoine professionnel, c’est-à-dire le patrimoine fondé sur la propriété partielle ou totale de l’entreprise... D’un coté vous avez les consommateurs et de l’autre celle qui les exploite ! Ils ne se rencontreront jamais...
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
La mort, jeudi 23 novembre, d'un supporteur du Paris Saint-Germain au terme d'affrontements de nature raciste illustre une nouvelle fois les difficultés du PSG à se débarrasser du hooliganisme. Des insultes racistes et antisémites comme "sale juif" et "sale nègre" ont en effet été proférées jeudi soir par les agresseurs d'un supporteur et d'un policier à l'issue du match de Coupe de l'UEFA perdu par le PSG contre l'Hapoël Tel Aviv (2-4), a indiqué hier le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Le fonctionnaire de police, d'origine antillaise, a fait usage de son arme, tuant un agresseur et en blessant un autre. Depuis des années, le PSG est empoisonné par des groupes de hooligans très puissants capables d'obtenir la tête des dirigeants en place. Parmi ces factions, le Kop of Boulogne se distingue par ses penchants d'extrême droite. Le supporteur tué jeudi soir était membre des Boulogne Boys. Il n'était qu'un supporteur parmi bien d'autres...
VOICI CE QUE J'ECRIVAIS A CE SUJET LE 2 MARS 2006.
MALHEUREUSEMENT JE NE PENSAIS PAS
ETRE SI PRES DE LA VERITE
La valeur éducative du sport d e compétition s’éteint peu à peu pour devenir le fidèle reflet d’une société en décomposition. Marchandisation outrancière, négation de la notion de plaisir pour la remplacer par celle de record, tricherie plus ou moins organisée pour dépasser les limites du corps humain, comportement raciste autour des pelouses, violence exacerbée sans aucun rapport avec les enjeux sportifs : les dérives deviennent tellement préoccupantes que Nicolas Sarkozy, à l’affût de tout ce qui peut le rendre populaire, s’en est emparé. Lui qui pédale, lors de ses vacances à La Teste de Buch, est un expert en matière de hooligans et, il l’a affirmé, il va Karchériser, dans le monde du ballon rond, le Kop de Boulogne au Parc des Princes et ailleurs. Il est vrai que, s’il attend que les clubs et la Ligue Nationale de Football fassent le ménage, il lui faudra au moins un ou deux morts. On ne chassera pas, en effet, les « clients abonnés » car ce serait se priver d’un revenu substantiel et, plus encore, générer la menace de voir CANAL +, extrêmement discret sur le sujet, diffuser des matchs de "haut niveau" devant des travées vides. Il a bien fallu attendre que quelques cyclistes ou athlètes meurent sur le bord d’une route pour que la lutte anti-dopage bouge un peu. La chute du nombre des licenciés chez les 14-18 ans constatée dans toutes les disciplines va détruire la pyramide sportive mais on continuera à pratiquer des spécialisations précoces destructrices de la motivation durable. Et tout est ainsi. la planète du sport ne tourne plus rond ! Les balles sortiront un jour des elouses pour des coups au but dramatique
5 BLESSES ET 22 INTERPELLATIONS
La récente mise à sac d’un relais d’autoroute a légèrement ému les responsables du PSG Lors d'une conférence de presse, son président Pierre Blayau a une nouvelle fois dénoncé l'attitude absurde d'une partie des supporters parisiens qui se sont violemment affrontés lors du déplacement du PSG à Nantes, samedi, en championnat, occasionnant… le seul score positif de la soirée : 5 blessés et 22 interpellations. "Je voudrais présenter mon indignation et ma consternation devant ces actes d'une extrême gravité, qui ne sont pas le fait de vrais supporters du club (sic) mais qui relèvent de délinquants de droit commun", a déclaré le président de la formation parisienne. Ajoutant que le PSG "est pris en otage de cela", Blayau a tenu à présenter ses excuses aux victimes de ces pseudo supporters. Tout en réaffirmant que le club et les pouvoirs publics "continuent de lutter" contre ces débordements, Sarko a donc été contacté ! Blayau en attendant le sauveur Sarko et sa loi de Karchérisation a tenu à hausser le ton à moins d'une semaine de la réception de l'OM au Parc des Princes dont on sait qu’il constitue le moment le plus dangereux de la saison. Le parc des Prince sera transformé en forteresse avec des centaines de CRS et de gardes mobiles, des centaines de « stadiers », des véhicules anti-émeutes, des murailles pour séparer les belligérants : une véritable vision de la fraternité du sport. Les forces de l’ordre deviendront peut être un soir supérieurs au nombre de spectateurs Ainsi pour le choc PSG-OM de vendredi soir pas moins de 1.100 fonctionnaires de police seront réquisitionnés, en tenue ou en civil. Soit le double de l’an passé, pour la même confrontation...
PREVOIR … CE QUI EST INEVITABLE
Les renseignements généraux désormais plus préoccupés par les matchs de foot que les meetings politiques, craignent deux phénomènes explosifs. Ils auraient travaillé depuis plusieurs jours pour tenter de prévoir… ce qui paraît inévitable ! Leur première crainte a trait à la mobilisation secrète des « habitués » des affrontements violents. Au sein des groupes de supporters parisiens, on préparerait un accueil sans concession des Phocéens. Une bande « commando » triée sur le volet parmi les plus excités se prépare à chasser le Marseillais dès aujourd’hui en gare de Lyon. Dans les associations très proches des milieux d’extrême droite on va tenter de pratiquer la technique de l’essaimage en sortant du Kop de Boulogne pour semer la panique dans d’autres lieux et casser du supporter phocéen. Leur seconde inquiétude est liée au refus des responsables du PSG d’attribuer des billets aux… supporters Ultras marseillais. Ces derniers auraient contourné cette interdiction de vente et possèderaient plusieurs centaines de billets achetées sur le marché parallèle. Au lieu d’être visibles, repérables, « surveillables », « encadrables » ils profiteront de cette exclusion de fait pour se répartir dans tout le Parc. La pire des situations. Hier toute la journée, dans le secret, les services officiels auraient planché sur un schéma tactique. Pas celui des deux équipes en présence mais sur celui qui éviterait un affrontement sanglant et dévastateur dont on craint qu’il soit inévitable ! Ils ont prévu toutes les évolutions possibles avant, pendant et après le match. Bientôt on enverra les CRS à l’entraînement, tous les jours, pour permettre à 22 mecs de gagner sur un seul match ce que la compagnie entière de ne gagne pas en un mois ! Mieux on leur faire du sport pour qu’ils soient aptes à courir après un… hooligan !
9000 € D’AMENDE
Le pire c’est que le racisme le plus abject s’est invité désormais autour des rectangles verts en Italie, en Angleterre, en France et même en Espagne. L’autre soir je regardais sur la rencontre Réal Saragosse- Barcelone. Insulté le brillant jouer camerounais Samuel Eto’o a souhaité quitter la pelouse devant les propos et les gestes haineux des supporters adverses. Il a longtemps hésité avant de contribuer aux buts victorieux de son club ce qui n’a pas arrangé la folie ambiante car il ne s'agissait pas que de quelques spectateurs mais pratiquement de l'ensemble du stade. « J'ai décidé d'arrêter de jouer car ils s'en sont pris à ma couleur de peau, a-t-il expliqué mais je suis resté parce que le boss m'a dit que la meilleure façon de les faire taire était de rester et de les battre. C'était la seule chose qui pouvait me faire changer d'avis." La sanction… impitoyable est tombée sur le Réal Saragosse : une amende de 9.000 €, même pas la consommation en eau minérale d'un mois par le club, par la Fédération espagnole de football pour ces incidents, mais Eto'o estime que les pénalités financières ne sont pas suffisantes. Il faut frapper plus fort. Cause toujours tu m'intéresses. Qui songerait honnêtement à lui donner tort ? Le seul endroit peu recommandable où il ne faut pas envoyer son enfant actuellement c’est un stade de Ligue 1 de football. Tout ce qu’il ne faut pas voir ou entendre du sport lui sera montré en exemple. Un soir au moment où partait l’autobus des gamins créonnais auquel on offrait un déplacement pour une rencontre de ces Girondins qu’ils vénèrent je suis allé dilaoguer avec eux. « Tu aimes aller voir les Girondins ? ai-je demandé à un gamin connu pour son caractère turbulent - Oui , - Et pourquoi ? - Je peux crier "enculé l’arbitre!" sans me faire engueuler ! ». J’en suis resté scotché. Alors pensez le sport et son image dans tout cela... Mais je déblogue…
Et ce n'est qu'un début : le pire est à venir!
Un mort aujourd'hui : combien demain?
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
Vendredi 24 novembre 2006
Deux pays européens avaient, par la voie d’un vote citoyen, refusé le traité constitutionnel européen : la France et les Pays Bas. Tous deux, successivement, n’avaient pas vu, dans un texte extrêmement complexe et libéral, la panacée pour construire une Europe sociale. Malheur leur en avait pris car " médiacratie ", technocratie, " politocratie " et " bobocratie " ont fait chèrement payé à ces peuples incultes et obscurantistes leur position majoritaire. De partout, alors que nous devrions depuis quelques semaines vivre sous le régime de ce dispositif, les voix se sont élevés pour culpabiliser ceux qui étaient " demeurés " (dans toutes les acceptions du terme) dans le concept d’une autre vision européenne. Il se trouve que les Néerlandais viennent de boucler une campagne électorale durant laquelle le problème est revenu à la surface : le 22 novembre les partisans du Non ont infligé une nouvelle défaite sans ambiguïté à ceux qui les avaient traités de moins que rien ! Leur pays qui a institué une proportionnelle intégrale a largement réhabilité le concept du Non de gauche mais je suis déjà certain que l’on n’en tirera aucune conséquence en France.
Il se trouve en effet que chez le Bataves la zizanie la plus complète est sortie des urnes, plaçant la droite dans une situation complexe.
La coalition des Chrétiens démocrates (notre UDF) et du Parti libéral (UMP) a abandonné neuf sièges sur les 72 qu’elle possédait au sein du Parlement et n'a plus de majorité. Elle n’a pas vaincu le syndrome du référendum qui disait-on, là-bas aussi, n’était qu’une pâle reproduction de la position française… Mieux la gauche social-démocrate qui avait appelé à soutenir le traité a essuyé une défaite encore plus cuisante en laissant dans ces législatives… 10 sièges en rade (21 % des voix). Alors qu’elle était la première force d’opposition elle a subi une déroute qui met le Parti travailliste en fâcheuse posture et surtout dans l’incapacité de présenter une alternative majoritaire. L ‘ex camp du Oui a été taillé en pièces.
La surprise est donc venue de l’extraordinaire bond en avant de "la gauche de la gauche" farouchement antilibérale dans un pays pas réputé comme très avant-gardiste. C’est ainsi que le Parti socialiste (SP) qui avait été très nettement anti-traité européen et à qui l’on disait en début de campagne, dans les sondages, comme archaïque, ringardisé, prônant des valeurs oubliées se retrouve avec 26 sièges contre… 9 antérieurement. Il prônait un pays " plus humaniste, plus social et plus solidaire " (vous vous rendez compte) et, surtout il rappelait son hostilité totale à l’Europe actuelle et future… Et là, impossible d’évoquer une situation à la française, puisque chaque voix est désormais comptabilisée dans son propre camp. Inutile d'avoir recours à des sondages pour départager les fameux "non d’extrême gauche, de gauche, de droite ou les honteux d ‘extrême droite"… Le verdict est net et sans bavure puisque selon une analyse des résultats ces prises de position ont réellement recueilli une adhésion populaire précise tuant même en partie le camps populiste qui proliférait depuis des décennies. En revanche les tenants des thèses les plus dures sur l’immigration ont raflé 9 sièges et c’est l’autre leçon de ce scrutin hollandais. Chacun en pensera ce qu’il veut !
LE PEUPLE N’AURAIT PAS TOUJOURS RAISON
Certes, j’entends par avance les chatouilleux du oui qui vont encore une fois clamer que le Peuple n’aurait pas toujours raison mais là ce qui devrait les inquiéter c’est qu’aux Pays Bas il a effectué belote et re-belote pratiquement dans les mêmes circonstances que celles qui nous attendent. D’ailleurs j’ai remarqué que dans les quatre sujets des débats citoyens qui attend le peuple de gauche … L’Europe n’a pas été inscrite comme une priorité royale à moins que d’ici dimanche le tir soit rectifié. Je suis de ceux qui pensent que la situation économique actuelle (croissance très faible voire nulle, une absence dramatique de création d’emplois) la montée de conflits latents au Moyen Orient, une insécurité non jugulée, une Europe engluée dans l’élargissement turc, le désengagement militaire en Irak ne vont pas favoriser un vote " ventre mou " sur des images d’Epinal !
Grand gagnant, le Parti socialiste néerlandais a de lointaines racines… maoïstes et avait efficacement mené campagne contre le Traité constitutionnel européen au printemps 2005. Il jubile de sa percée spectaculaire, avec 16,6% des suffrages, un score jamais atteint dans l’histoire récente des Pays Bas. Il a su capter le mécontentement social muselé par les contraintes économiques pesant sur les ménages. Le vote remplace une fois encore la grève que l’on ne sait plus ou ne peut plus faire. Pour l'éditorialiste du journal Volkskrant (gauche), "la victoire est chez ceux qui ont mené la politique d'opposition la plus reconnaissable (...) Ce n'est pas un hasard si ce sont aussi les partis qui l'an dernier ont mené une campagne fructueuse contre la Constitution européenne qui progressent le plus". Ce constat mériterait une analyse pointue de la part des médias français car, une fois encore, il n’est pas certain qu’ils aient compris ce que pensent leurs lecteurs, les auditeurs, les téléspectateurs de la situation politique réelle. Ils ne vont peut-être pas longtemps, la trêve des confiseurs passée, se contenter des apparences !
LA COHABITATION N’A PAS DEPLU
Le parlement néerlandais a explosé. Il a témoigné des hésitations d’une société qui pourtant ne se trouve pas aussi fortement que chez nous dans la précarité. Une théorie court donc les rédactions parisiennes sur le fait que le vote en faveur d’un Président de la République en France pourrait pour la première fois dans l’histoire différent de celui des législatives qui suivront à peine six semaines plus tard.
La cohabitation n’a pas déplu aux Françaises et au français car elle a permis dans tous les cas d’éviter le déluge actuel de mesures impopulaires. Il se pourrait donc d’après certaines simulations que Nicolas Sarkozy gagne et se retrouve sans majorité au Plais Bourbon ou que Ségolène Royal l’emporte mais ne dispose pas de la Gauche plurielle pour la soutenir… si un trop grand fossé se creuse entre la tendance social-démocrate triomphante et la gauche d’une Gauche pouvant cumuler 15 à 20 % des voix au premier tour.
Ce n’est pas certain que les couches sociales qui avaient voté négativement le 29 avril viennent spontanément se présenter dans les " débats citoyens " qui vont se mettre en place dans les prochains jours. Ils vivront repliés sur eux avec le souvenir de l'échec infligé à l'opinion dominante que l'on a voulu de force leur imposer.
LA MAYONNAISE NE PRENNE PAS
Les retraités à la dérive en raison du coût des services à la personne, les salariés qui ne peuvent plus faire face à leurs dépenses obligatoires, les couples éclatés sans " double " logement, les ouvriers craignant des licenciements dans la sous-traitance EADS, les viticulteurs pourchassés par les banquiers, les enseignants confrontés à la violence n’auront peut-être pas la motivation des adhérent(e)s du PS.
Déjà que certains parmi ces derniers, pourtant extrêmement mobilisés, trouvent qu’il y a trop de réunions, trop d’heures volées à leur douce vie familiale, critiquent ouvertement les rencontres d’information et n’y participent pas au prétexte qu’ils n’y jouent pas le rôle qu’ils ambitionnent, le risque est grand que la mayonnaise ne prenne pas facilement. Elle avait cependant monté de manière intéressante dans les mois précédant le débat sur le traité constitutionnel européen.
J’avais personnellement beaucoup appris dans des réunions forums où les idées émises ne tournaient justement pas sur l’opinion dominante mais sur les réalités quotidiennes qui permettaient de s’en construire une autre. Ce serait terrible si l’on fermait la porte au doute, aux opinions réputées minoritaires, au retour sur le débat interne qui est pourtant réputé clos. Si celui sur les personnes est terminé, celui sur les idées ne peut pas l’être sous peine d’aller dans le mur !
Les certitudes se forgent malheureusement trop souvent dans des circuits fermés où l’on accuse froidement les élus de trop en faire, plus fréquemment de ne pas assez écouter avant de faire ou au pire de faire ce que l’on voudrait ne pas avoir à faire… De retour du Congrès des maires où justement le seul intérêt consiste à sortir du confort de ses a priori je suis certain que la démarche d’avant le 29 avril est la seule qui permettrait de connaître la réalité du terrain. Surtout après le verdict des urnes néerlandaises.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
|
REJOIGNEZ NOUS
Inscription à la newsletter
LES "UNES"
Aux commentateurs… Tous les commentaires sont les bienvenus, sauf les propos grossiers, racistes ou hors sujet qui seront exclus.
AU JOUR LE JOUR
Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan : "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant
de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut
envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.
|