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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Vendredi 30 novembre 2007
Ce matin, vous allez ouvrir votre poste de radio, votre télé ou votre journal pour entendre parler des déclarations, des déplacements, des engagements à bon marché de Nicolas S. L'appel à une journée "sans Sarkozy dans les médias", sera vraisemblablement peu suivi, mais cette initiative met en lumière la nouvelle donne à laquelle sont confrontés les journalistes face à un président de la République " omniprésent ", expliquent les professionnels. Lancé en septembre par Rassemblement pour la démocratie à la télévision (RDT), cet appel vise à " dénoncer l'omniprésence de Nicolas Sarkozy " le jour anniversaire de sa candidature à la présidentielle, explique à l'AFP le président de cette association, le sociologue Pierre Bitoun.
L'association, créée en juillet, se présente comme " indépendante de toute organisation politique " et complémentaire des associations de critique des médias comme Acrimed. Elle propose notamment l'interdiction des sondages trois mois avant une élection.
" Quand TF1 et France 2 rendent compte du discours de Sarkozy à l'ONU et balancent en amont deux minutes sur son footing à New York, c'est se moquer des citoyens! ", déplore M. Bitoun. " Cela confine au culte de la personnalité ", estime le cofondateur de RDT, qui dit avoir reçu " énormément " de soutiens, dont des politiques comme Laurent Fabius ou Jean-Pierre Chevènement.
Depuis l'élection, les rédactions sont confrontées à une nouvelle donne: suivre un chef d'Etat à l'agenda surchargé, qui est apparu deux à trois fois plus dans les "Jités" pendant les premiers mois de son mandat que son prédécesseur, selon l'Ina. Pour le patron de Libération Laurent Joffrin, " c'est un président rédacteur en chef qui tous les matins définit un menu, avec une tactique d'occupation permanente de la scène ". Heureusement que c’est un spécialiste qui le dit car ce serait un scandale si ces propos étaient tenus par un citoyen ordinaire, bon contribuable, payant sa redevance pour, sur les ondes radios et les écrans des télés, se soumettre à la propagande indirecte ou directe en faveur de Nicolas S.
" On est passé d'un président absent à un président qui gère très bien sa présence. Cela pose des questions dans les rédactions sur ce que valent ses interventions en termes d'information ", résume Vincent Pellegrini, de la Société des journalistes (SDJ) de Radio France. La plupart des journalistes interrogés par l'AFP jugent néanmoins l'initiative de RDT anti-journalistique. " On ne va pas retirer tout un pan de l'actualité sous prétexte qu'on en parle trop les autres jours... C'est comme si on décrétait qu'on ne parle plus des OGM, ça n'a pas de sens ", estime Philippe Chaffanjon, directeur de la rédaction de France Info.
ILS NE SONT PAS… DUPES
Les responsables des rédactions affirment ne pas être dupes de la stratégie de communication de Nicolas S. et suivre son actualité " en journalistes professionnels ", résume Benoît Duquesne, directeur de la rédaction d'Europe 1, qui n'a " pas d'états d'âme " sur le sujet. On s’en serait douté compte tenu de la position permanente de sa radio tout au long de la campagne des présidentielles Dans le même genre idéologiquement correct on trouve bien évidemment Arlette Chabot directrice de l'information de France 2 : " Il peut être trois fois dans le même journal si ça le vaut, d'autres fois on ne le traite pas ou en bref. Mais ses sorties sont rarement médiatiquement nulles " Bien évidemment c’est déontologiquement irréprochable !
" C'est aux citoyens seuls de juger si le président est trop présent ", estime Dominique de Montvalon, directeur adjoint du Parisien/Aujourd'hui en France. Mais parmi les journalistes de base et les syndicats, l'appel de RDT a au moins le mérite de mettre le débat sur la place publique. " A la télé, la ligne c'est : Tout ce que dit Sarkozy est important, on ne peut pas ne pas couvrir ", regrette Dominique Pradalié, du SNJ de France 2. Jean-François Téaldi, du SNJ-CGT de l'audiovisuel, se dit "catastrophé" de voir des sujets télévisés qui " sont juste de la communication, sans contradiction ".
" On a vu pendant les grèves un rejet terrible des médias, sur fond de rumeurs sur une presse aux ordres. C'est exagéré mais ce n'est pas bon " dans un contexte de crise de la presse, met en garde le président de l'hebdomadaire Marianne, Jean-François Kahn, un des rares patrons de presse à soutenir l'initiative. En fait on s’aperçoit bien que les avis sont quasiment unanimes : Nicolas S. est en permanence incontournable et en plus quand il le veut il s’invite pour annoncer des Grenelle permanents sur tous les sujets aux Jités du soir. C’est son droit et donc il n’attend pas que l’on ait besoin de lui. D’ailleurs bizarrement il y est allé hier soir, veille du jour où il savait qu’une infime partie des médias essaierait de l’oublier ! Un pied de nez à ces foutriquets qui souhaiteraient l’empêcher de rentrer chez lui pour décider de ce qui doit être fait à son égard !
DES ANNONCES INUTILES
Hier soir ce fut un excellent exercice de style car on peut simplement se demander à quoi ont servi les journalistes. Nicolas S. a annoncé qu'il voulait proposer aux partenaires sociaux de tenir une conférence sur l'agenda social de 2008 à la mi-décembre sans aller à prononcer pour la énième fois le sésame pour effacer tous les problèmes hexagonaux : " Grenelle ". Quand vous entendez les récriminations vous dégainez votre Grenelle pour calmer les ardeurs belliqueuses.
Il a décidé de casser les 35 heures de manière idéologique en incitant les entreprises qui signent des accords majoritaires d'augmentation collective des salaires puissent être exonérées des 35 heures. Une absurdité de plus car cette annonce dogmatique vient en contradiction avec celle relative aux… heures supplémentaires dispensées des charges sociales. C’est " énorme " comme disent les jeunes car en France les gens qui seront augmentés devront travailler plus mais se priveront de ce qui était supposé les aider ! On va aussi, car on n’est pas à une contradiction près, élargir les possibilités de travailler le dimanche, à condition que les salariés soient " payés le double " et sur la base du " volontariat " sans bien évidemment préciser à partir de quel volume horaire. De la propagande pure et simple comme la proposition de la " monétisation des RTT ", que les salariés et les fonctionnaires pourraient se faire payer après accord dans les entreprises. Il faut aussi débloquer les fonds de participation qui sont de toutes les façons distribuées en fin d’année. Le sommet de la mesure qui tue c’est que l’on crée un indice du pouvoir d'achat qui corresponde enfin à la vie quotidienne des Français et pour que les Français aient le sentiment qu'on ne se moque pas d'eux. Nicolas S. de toute évidence ne se moque pas d’eux ! Il veut qu’en 2008 les loyers soient indexés sur l'indice des prix, et non plus sur l'indice des prix à la construction ; la fin du système des cautions et seulement "un mois de garantie". On attend demain les commentaires des journalistes indépendants qui ne manqueront pas de mesurer l’impact concret des ces annonces sur son pouvoir d’achat !
TOUT EST EN BAISSE
Le problème c’est que Nicolas S. commence singulièrement à provoquer des dégâts pas son omniprésence. Médiamétrie vient en effet de publier les audiences hebdomadaires atteintes du 12 au 18 novembre… On peut observer une baisse de la part d’audience de TF1 qui passe sous la part des 30% des parts de marché. Une étape symbolique car c’est la première fois depuis quelque temps. Il perd aussi quatre points de confiance : 49% des Français font confiance au président de la République pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement contre 53% en novembre, selon le baromètre mensuel TNS-SOFRES de décembre à paraître samedi dans Le Figaro Magazine.
Ils sont 49% à ne pas faire confiance au chef de l'Etat, contre 42% le mois précédent. De son côté, le Premier ministre François Fillon est stable à 44%, mais 51% des sondés (+4) disent ne pas lui faire confiance.
Par ailleurs, 87% (+2) des sondés trouvent la politique du gouvernement inefficace en matière de lutte contre la hausse des prix contre seulement 9% (stable) qui le jugent efficace. En matière de lutte contre le chômage, 21% (stable) des sondés jugent efficace l'action du gouvernement contre 73% qui ne la trouvent pas efficace (stable).
Ils sont 73% (+11) à penser quand ils regardent la façon dont évoluent la France et les Français que "les choses ont tendance à aller plus mal", contre 13% (-5) qui pensent qu'elles vont en s'améliorant, tandis que 11% (-5) pensent qu'il n'y a pas de changement.
Interrogés sur la probabilité d'avoir dans les deux ou trois mois à venir des conflits sociaux, les sondés répondent "beaucoup" à 76% (+2) et "peu" à 18% (-1). Enfin, 53% des Français (+7) considèrent qu'actuellement le rôle de la France dans le monde s'affaiblit, contre 26% (-5) qui estiment qu'il se renforce et 16% (-1) qu'il n'y a pas de changement. Il va donc falloir revoir la propagande outrancière qui déferle sur le pays. Et dans le fond je me demande si à la place de Nicolas S. je n’aurais pas demandé aux médias de respecter le mot d’ordre d’aujourd’hui. En reposant les cerveaux ayant plus de messages pour lui que pour Coca Cola il pouvait espérer remonter dans les sondages. D’ici à ce qu’il demande une semaine sans Nicolas S. il y a un monde.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Jeudi 29 novembre 2007
En ce moment il vaut mieux ne pas militer dans un parti politique car, malgré toutes les affirmations officielles le climat y est plutôt malsain. D’abord il faut savoir que vous ne serait pas forcément le bienvenu car immédiatement il y aura bien quelqu’un pour se méfier de vous ou répandre la bruit que vous ne venez là que pour piquer la place qu’il convoite. Impossible que l’on croît en votre sincérité et que l’on imagine que vous n’ayez pas une idée derrière la tête. Selon un principe maintes fois vérifié car appliqué par quelques-uns des spécialistes de la navigation à vue : " les amis de hier seront tes ennemis d’aujourd’hui et tes ennemis d’aujourd’hui deviendront tes amis de demain ! ". Il est vrai qu’il y a actuellement dans tous les groupes organisés d’éminents spécialistes de la géométrie variable des idées. 
Ensuite il vous faudra progresser masqué mais certainement pas en terrain découvert car il existe des tireurs d’élite embusqués prêts à vous dézinguer d’une balle entre des deux yeux. Pour vous protéger il vaudra mieux que vous progressiez derrière un solide bouclier et sous les ordres d’un mentor ayant déjà une bonne expérience du combat rapproché. Il vous dira quand il faut aller aux abris ou quand il vaut mieux tirer à vue sur des adversaires potentiels. 
Enfin vous devez vous méfier par dessus tout de celles et ceux que vous aiderez à s’installer car dès qu’ils auront pris du galon, ils chercheront par tous les moyens à monnayer leur appui. Ils considèrent très vite qu’ils ne vous doivent rien et cherchent à vous expédier aux oubliettes.
Oh ! Je sais vous avez certainement reconnu le Parti des socialistes mais je ne veux pas vous décevoir mais ce n’est pas nécessairement le pire. Le seul problème c’est qu’on parle beaucoup plus de ses avatars que de ceux qui émaillent la vie quotidienne chez ses concurrents. Il est vrai que les complots ne sont au PS que des secrets de Polichinelle alors qu’ailleurs bien qu’ils soient plus sanglants ils se règlent en douce au silencieux. Pas un seul ensemble politique qui ne soit pas touché par ces guerres intestines voulant que l’on ne récolte parfois que ce que l’on ne mérite pas ! 
Le FN vient de traverser une crise entre la fille prodige et le caïman au cuir robuste. Les chausse-trappes ont été déjouées par l’une ou l’autre et seul le " commandeur " a réussi à préserver le statu quo ! Chez les Verts il y a autant de comploteurs que de militants. On ne vit que sur le principe de l’auto-extermination annuelle ou pour les grands crus semestrielles ! Au PC on voit de plus en plus rouge d’un coté et on tente de remplir les cabines téléphoniques avec les troupes les plus sûres. Le problème c’est qu’il n’y a plus grand monde de sûr !
LE MODEM…ODRAME
En fait le maître mot de la vie politique française c’est trahison. Impossible d’y échapper maintenant que Nicolas Sarkozy l’a institutionnalisée en l’appelant " ouverture ". Il a réussi à redorer le blason de la " trahison rémunérée " dont la France avait eu le privilège dans des temps anciens. Comme lors des pires moments de la V° République il vend du " maroquin ". Pas une peau de chèvre ou de mouton tannée au sumac ou à la noix de galle ; Elle a un grain apparent, large et irrégulier. Elle est utilisée en reliure pour les livres raffinés, car elle est très résistante, agréable au toucher, et se prête très bien aux travaux décoratifs. Elle sert surtout à conférer des tâches ministérielles. Prenez deux amis de fraîche date dont l’un a connu l’odeur particulière du maroquin alors que l’autre y aspire et vous constaterez qu’au Modem l’ambiance n’a rien de zen !
François Bayrou règle ses comptes avec Jean-Marie Cavada. 
A trois jours du congrès fondateur du Modem, il ne se remet pas de défection de ce dernier qui a décidé de mener une liste UMP dans le XIIe arrondissement de Paris aux municipales de mars prochain. Le Président du Modem, relativement discret jusqu’à présent, s'est montré ironique sur les motivations de son ancien compagnon de route: "Il se trouve que des élus que nous avions accueillis dans nos rangs veulent un maroquin. On leur a expliqué qu'avoir un poste gouvernemental ça passait par deux choses: premièrement se rallier à l'UMP et conduire sa liste dans un des arrondissements parisiens dont on ignore tout, deuxièmement, si vous voulez un poste ministériel, alors il faut que vous traîniez dans la boue vos anciens amis." 
Dans Le Figaro
de lundi, Jean-Marie Cavada avait déclaré que "François Bayrou a un programme romantique mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision." Réponse de Bayrou marmiton de la politique sur France Inter: "Nous avons fourni l'écuelle et le potage, le sel et le poivre. Bon, les gens changent de camp, ils vont chercher ces ressources ailleurs. Qu'on nous épargne au moins les leçons de morale." Les plats de lentilles restent dans le gosier de certains convives les voyant attribués à d’autres. Malgré cet assaut d’amabilités, il ne faut pas ignorer que l’on a trahi au Modem, que l’on trahit et que l’on trahira. Des accords plus ou moins secrets ont en effet été signés, comme en Gironde, avec l’Ump sarkozyste jamais réellement combattue. Je t’échange une place aux municipales contre un canton. Je te laisse une ville tu me préserves ma… campagne et les " braves " militants gobent le ni droite ni gauche qui leur fait tellement de bien !
DES MORTS ET DES TRANSFUGES
A l’Ump on pratique les " battues " qui font le bonheur des chasseurs au gros gibier. La consigne demeure la même depuis plusieurs mois : on tire sur les Chiraquiens afin de les exterminer. Il est certain que c’est déjà une espèce en voie de disparition qui soit vit dans la… réserve soit qui est sous le feu nourri de ses amis qui ne lui veulent que du mal. Il ne devrait pas rester beaucoup de soutiens à l’ex-Président car on organisera la défaite des plus symboliques ou l’on mettra en évidence les turpitudes passées des autres.
La constitution des listes pour les sénatoriales mettra en évidence cette aménité fraternelle qui, selon les exégètes médiatiques n’existerait qu’au PS. Il y aura des " morts " sur la moquette rouge du Palais du Luxembourg car il faudrait que le Congrès (députés et sénateurs pour les réformes constitutionnelles) dans un an, ait une allure beaucoup plus sakozyenne que ce n’est le cas actuellement.
La nature politique ayant horreur du vide, les candidats à la succession ont immédiatement surgi de partout. Le Nouveau centre veut bien se " pacser " avec celle qui lui… offrira une dot ! Et, désormais il est concurrencé par Jean-Marie Bockel qui a lancé, hier, un nouveau parti, la Gauche moderne, en vue des élections municipales. Aussitôt il adonné de grandes nouvelles reposant uniquement sur l’arrivée de transfuges : George-Marc Benhamou, conseiller de l'Elysée, qui devrait figurer sur la liste… UMP de Christan Estrosi pour les municipales à Nice, et Philippe Sanmarco qui devrait être co-listier de Jean-Claude Gaudin, chef de file de l'UMP à Marseille. 
Enfin, interrogé sur l'adhésion éventuelle de Jean-Marie Cavada, (pas possible) le maire de Mulhouse indique qu'il " est encore trop tôt pour le dire, même s'il y a convergence ". Avec Besson, il y a les bases pour une entente. Et on aimerait bien convaincre, dans l’entourage de Bockel, Hirsch et Jouyet. Fadela Amara et, plus encore, Bernard Kouchner ont fait savoir qu'ils ne seraient pas de la partie. Ce sera donc hétéroclite mais peu importe ce sera un parti politique comme un autre !
LE FAMEUX JEU DES CHAISES
Au PS on a de l’avance comme à l’habitude mais on passe deux ou trois couches de ripolin rose sur la noirceur des destins. La " Sfio..isation " est en route sauf réaction globale après les municipales. Les dissidences se multiplient dans de nombreuses villes ou de nombreux cantons. La machine à exclure va donc fonctionner à plein comme à Nice ou ailleurs. Hier François Hollande a tenté de dresser un tableau idyllique au sens premier de la situation. Le premier secrétaire a affirmé, qu'il reparlait " personnellement et politiquement " avec son ex-compagne, Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle, dont il est séparé depuis six mois.
Interrogé sur France 5 pour savoir s'il " reparlait " à Ségolène Royal, le premier secrétaire du PS a répondu : " heureusement qu'on se reparle, personnellement et politiquement. Je ne suis pas un premier secrétaire qui nierait celle qui a été candidate au nom des socialistes. Mais, a-t-il ajouté, je parle aussi avec Bertrand Delanoë et avec tous ceux qui ont vocation à être des dirigeants du Parti socialiste ".
" Mon souci n'est pas la mise à l'écart " des personnalités, " on a besoin de tous les socialistes: besoin de celle qui a été notre candidate, de celui qui est un de nos principaux élus et de toute cette nouvelle génération qui aspire à prendre des responsabilités ". Le seul problème c’est que toutes et tous espèrent lui piquer sa place et à occuper son fauteuil dès qu’il l’aura abandonné. Cette course ressemble au fameux jeu des chaises. On court autour de celles qui sont alignées avec trois préoccupations : surveiller les chaises disponibles, écarter les autres des solutions potentielles, se précipiter au signal sur la plus proche. Le risque d’être piétiné par les poids lourds de la meute existe et souvent il vaut mieux se tenir en retrait.
Ces comportements qui traversent actuellement toute la vie politique hexagonale prend ses racines dans l’absence totale de confrontation idéologique réputée totalement obsolète. Les frontières n’existant plus entre les camps en raison des contrebandiers qui vont se ravitailler de l’autre coté on en arrive à la rentabilisation pure et simple des engagements. Avec un moral d’acier et des convictions inébranlables on peut espérer garder sa motivation militante. Et c’est parfois bien agréable de constater ce que sont vos amis devenus !
Mais je déblogue… 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mercredi 28 novembre 2007
Il est arrivé que l’on reproche à Jacques Chirac, ses multiples escapades dans les pays étrangers pour des périples officiels plus ou moins indispensables. Il faut convenir que ce n’était qu’un gentil touriste par rapport à son successeur. Le Chef de l4etat actuel parcourt la planète avec une voracité digne des grands explorateurs. Il est passé par ici, il repassera par là… il court, il court le Sarko. Il a, en quelques semaines, quasiment effectué un passage sur tous les continents comme s’il désirait rapidement se donner une dimension internationale. Le problème c’est qu’il est allé, un peu vite en besogne, en allant s’incliner devant George W. Bush déjà à deux reprises ; en se rendant donner une poignée de main franche et massive à Poutine ; en finissant hier par une indulgente promenade chinoise propice au président Hu Jintao. Ces trois démocrates méritaient-ils les salamalecs qu’ils ont obtenus de la part du représentant officiel du pays des Droits de l’Homme ou du moins de ce qu’il en reste ? Celles et ceux qui ne font pas du réalisme politique une règle de conduite s’interrogent sur ces visites officielles qui viennent après le Maroc et qui précèdent… l’Algérie. On constate simplement que le résultat se traduit par des contrats commerciaux réputés mirifiques que l’on impute à celui qui se targue d’être une sorte de directeur des ventes de ses amis grands patrons du CAC 40 ! 
Signe des temps on a oublié les envolées du type " Vive le Québec libre ! " ou de la symbolique fraternité entre Helmut Kolh et François Mitterrand sur le site de Verdun. On est entré dans la valorisation du tiroir caisse ou du moins des promesses de " dons " pour le Téléton en faveur de la croissance française !
La Chine et la France ont signé, des contrats commerciaux pour un total d'environ 20 milliards d'euros et dans une société du profit combien cette référence vaut toutes les autres. Le plus important concerne la vente de 160 appareils par Airbus, principalement de la famille A320, pour près de 12 milliards d'euros. Dans le nucléaire, Areva a vendu à la Chine deux réacteurs EPR, ainsi que du combustible nécessaire à leur fonctionnement, pour un montant total de 8 milliards d'euros. La France et la Chine ont également convenu d'étudier la possibilité d'une coopération dans le domaine du recyclage nucléaire, avec la création d'une usine évaluée à 15 milliards d'euros, a affirmé le président français Nicolas Sarkozy.
Des accords moins importants ont également été conclus, à l'occasion de la visite en Chine du chef de l'Etat qui, lors d'un entretien avec son homologue Hu Jintao s'est félicité du " montant inégalé des grands contrats " et de " l'engagement de la Chine " dans ces contrats. Le groupe français d'électricité EDF va prendre environ 30% du capital d'une co-entreprise, avec son partenaire chinois CGNPC, qui exploitera des centrales nucléaires en Chine. D'autres contrats concernent notamment le géant français de transport de conteneurs CMA-CCM, l'équipementier en télécoms Alcatel-Lucent (extension de réseaux GSM en province) ou encore par le laboratoire Sanofi-Aventis (construction d'une nouvelle usine de vaccins anti-grippaux). Le Yuan a coulé à flots même si ces achats ont été effectués en dollars pour une bonne part ! On ne parlera surtout pas des contreparties que la France a dû laisser dans les négociations politiques.
En fait lors de ces déplacements on a pu constater que la lutte était sévère pour savoir qui devait accompagner le Chef de l’Etat. Etre ou ne pas être associé pour paraître aux cotés de Nicolas Sarkozy constitue le véritable enjeu de la cour présidentielle. Appartenir aux invités de l’Elysée semble être devenu un enjeu fondamental.
MAMAN, FISTON ET DELON
Plusieurs journaux commentaient par exemple hier les rumeurs sur l'absence de la secrétaire des droits de l'Homme, Rama Yade, en Chine, aux côtés de Nicolas Sarkozy. Selon les déclarations du porte-parole de l'Elysée si Rama Yade n'est pas partie, c'est parce que le chef de l'Etat français aborderait lui-même le sujet des droits de l'Homme " avec les plus hauts dirigeants chinois " (cause toujours tu nous intéresses). Mais, depuis, la rumeur enfle : ce serait la ministre de la Justice, Rachida Dati,, qui, elle, fait partie du voyage, qui aurait exigé que Rama Yade ne vienne pas… Et quand elle veut quelque chose elle l’obtient et elle n’aime pas l’ombre !
Mme Sarkozy, mère, Andrée Mallah officiellement, ne connaissant pas la Chine a profité de l’aubaine pour accompagner fiston et s’occuper de son petit-fils qui avait besoin d’une nounou. Il y avait en effet aussi Pierre Sarkozy et Thierry Herzog, l’avocat de papa (au cas où !) dans l’un des quatre avions de la généreuse République française ! Le président avait proposé à sa mère, qu’il surnomme " Dadou ", diminutif d’Andrée, de l’accompagner pour qu’elle découvre les soldats de l’armée enterrée. " Dadou ", 80 ans, a tout de suite accepté. Connue pour son sens de la repartie, elle a amusé les invités du président par son humour. On est de suite rassuré elle a rentabilisé le coût de son déplacement ! Par contre on ne l’est pas pour Alain Delon.
" Cela fait des semaines que l'on me dit que je suis invité d'honneur du président Sarkozy lors de son voyage en Chine. Sachez que je n'ai besoin de personne pour aller en Chine ",
ENCORE UN DECU ET DES HEUREUX
Il y en a un autre qui a ravalé par anticipation ses ambitions de séjour officiel à l’étranger avant d’être laissé à la maison. Enrico Macias a assuré hier qu'il ne se rendrait pas en Algérie, son pays natal, à l'occasion de la visite d'Etat du président Nicolas Sarkozy du 3 au 5 décembre, estimant qu'il n'était pas le bienvenu dans le pays. " Je ne me rendrai pas dans un pays où je ne serai pas le bienvenu ", a déclaré au quotidien arabophone Ech-Chourok le chanteur pied-noir, qui devait effectuer son premier retour depuis l'exode de 1962, après l'indépendance de l'Algérie. 
Le président " Sarkozy m'a conseillé de patienter ", a-t-il ajouté, en réaffirmant qu'il " se rendrait un jour en Algérie quel qu'en soit le prix ". Il y a probablement bien d’autres complots pour se retrouver dans le sillage du VRP offrant des voyages, des honneurs et des affaires à ses amis ! Il a beaucoup de déceptions. Il y a beaucoup d’ambitions. Il y a pas mal de complots pour rester dans la cour " impériale " en goguette.
Pas moins de 41 chefs d'entreprises, triés sur le volet, ont ainsi participé au voyage présidentiel. Parmi eux, bien évidemment, quelques stars de l'establishment qui ont pu discuter avec Françoise de Panafieu, chef de file UMP aux municipales à Paris, elle aussi invitée présidentielle ! Jean Pierre Raffarin et Serge Dassault comme parlementaires, Patrick Balkany comme ami ont découvert retrouvé Pékin avec Nicolas. La liste mériterait d’être soigneusement examinée car elle est véritablement de la tendance Fouquet’s !
LE SERVICE MINIMUM
Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme, interrogées par Nouvelobs.com ont par contre différemment réagi aux propos tenus par le président de la République lors de sa visite officielle en Chine. La Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) regrette des propos trop allusifs. " On attendait plus de fermeté de sa part ", déclare la responsable du bureau Asie, qui rappelle les avancées au minimum insuffisantes de la Chine en matière de droits de l'Homme.
La position d'Amnesty International est moins contrastée. " Le bilan de cette visite est un peu désolant ", déclare la responsable de la coordination Chine, qui s'interroge: " On apprend, par des communiqués de l'Elysée, que le président de la République a abordé les droits de l'Homme, mais dans quelle mesure, sous quelle forme ? ". Elle constate " qu'on s'est abstenu d'intervenir efficacement sur les sujets sensibles des libertés bafouées ". Mais chut, ce n’était pas l’objectif réel de ce périple : il fallait d’abord comme ce fut le cas avec Poutine (élections) et Bush (Irak) rassurer les officiels chinois en leur démontrant qu’ils pouvaient dormir tranquilles pour les JO de Pékin.
Pour le Tibet, il a déclaré qu'il ne souhaitait aucun changement tout en demandant plus d'avantages pour le peuple tibétain. Il a donc effectué le service minimum. Dans son action en Chine, il avait déclaré qu'il s'inscrirait dans la continuité de Jacques Chirac, mais en faisant beaucoup mieux. Il a réussi. Il a signé de plus gros contrats.
Mais sur la question des droits de l'homme, il a été fidèle à son prédécesseur. Son voyage ne sert à rien. Sa décision de ne pas partir avec Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, représente un signal fort. Quand il se rend dans le pays où les droits de l'homme sont le moins respectés, il lui demande de la boucler.
En fait il lui a manqué une bonne dose de bravitude dans certains domaines.
Mais je déblogue…
a en effet commenté l'acteur. Il raconte qu'il a attendu jusqu'à ces derniers jours une confirmation du service de protocole de l'Elysée, en vain.
" Je respecte la décision du président ", a poursuivi Alain Delon, " mais il appartient au staff d'avoir au moins la courtoisie, la politesse, la décence, voire le devoir d'en avertir les intéressés. (…) Il y a là-dedans une telle goujaterie, une telle grossièreté! (…) Il y a, au niveau de la communication du président, une bande de charlots ! Je me sens très humilié par ce mépris ". En voici un déçu du Sarkozysme !
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Mardi 27 novembre 2007
Il va bien falloir se rendre à l’évidence : rien n’a été réglé dans les banlieues malgré les affirmations réitérées de Nicolas Sarkozy qui avait prétendu les Karchériser. Impossible d’admettre que les problèmes qui existaient au moment des émeutes, d’il y a deux ans, ont disparu comme par enchantement. Ils sont ancrés dans la société et aucun d’entre eux n’a été éradiqués malgré la nomination purement symbolique de Fadela Amara pour donner le change. La violence est quotidienne mais bien moins médiatisée qu’elle ne le fut avant les échéances électorales décisives. Il suffit d’un accident pour que les mêmes causes produisent les mêmes effets. C’est logique et imparable car absolument aucune réponse n’a été apportée et bien au contraire la situation est encore plus explosive qu’antérieurement dans des quartiers où plus rien ne fonctionne. Le cancer social a progressé et il n’a jamais été soigné par des coups de menton. Elu sur la base de sa capacité à combattre le sentiment d’insécurité Nicolas Sarkozy aura entretenu l’illusion.
De nouveaux affrontements ont ainsi éclaté hier soir entre jeunes et forces de l'ordre à Villiers-le-Bel, près du lieu de la collision entre une voiture de police et une mini-moto qui a coûté la vie à deux adolescents dimanche, ont constaté des journalistes. Près d'une centaine de jeunes cagoulés jetaient des projectiles sur les forces de l'ordre qui répliquaient à coups de flashball et de gaz lacrymogène, à quelque 200 m du lieu où s'est produit l'accident mortel, à l'entrée d'une des cités de Villiers-le-Bel. Ils ont pris possession d'un rond-point dont les CRS ne sont pas parvenus à les déloger, face à une pluie de projectiles. 
Plusieurs véhicules étaient en feu, dont une voiture de police et une benne à ordures, ainsi que des poubelles. Des débris de projectiles, notamment du verre, jonchaient la chaussée. Un autre véhicule de la police a été saccagé, selon les journalistes sur place. Les jeunes s'abritaient derrière des couvercles de poubelles leur servant de boucliers, obligeant les CRS - 160 selon la préfecture - situés juste en face d'eux à reculer. Deux gros camions de pompiers ont été obligés de rebrousser chemin et n'ont pas pu intervenir sous les tirs de projectiles. Sur le fait de savoir si les policiers ont ou non tardé à porter secours aux victimes, l'IGPN est mesurée: elle écarterait " toute faute grave ", jugeant que sur cet " aspect de l'enquête plus difficile, plus d'investigations " s'imposaient. Les décès avaient déclenché dimanche soir des violences à Villiers et dans les communes voisines: 40 policiers et un pompier ont été blessés, 28 voitures et 5 bâtiments dont une antenne de la police incendiés, selon la préfecture. Je condamne sans réserves ce comportement mais j’essaie aussi de le comprendre.
On retrouve les ingrédients exacts des émeutes de 2005 et donc il faut craindre une extension possible de tels événements. Les caméras lointaines ne donneront pas une vision exacte des événements de cette cité dans laquelle une étincelle dramatique et certainement accidentelle a suffi pour faire exploser le baril de poudre d’exclusion entassé dans les immeubles. Une mini moto a suffi !
Elles seraient 40 000 en France. En grande majorité, les mini-motos qui circulent sur le marché français ne doivent être utilisées que dans le domaine privé et réduit des circuits. Dans le drame de Villiers-le-Bel, on ignore encore les circonstances exactes de l’accident mais la collision démontre simplement la dangerosité de ces engins en vente libre. Les deux jeunes adolescents qui ont perdu la vie dans l’accident, circulaient sur une mini-moto de cross, jetant une nouvelle fois le trouble sur ces engins modèle réduit qui procurent de juteux bénéfices aux revendeurs. Les mini-motos se sont d’abord fait remarquer par leur caractère pétaradant. C’est ce bruit qui n’est pas spécifique aux banlieues qui gênait les riverains provoquant sans cesse des conflits entre jeunes et adultes soucieux de vivre dans le silence.
INTERDIRE CES ENGINS
Au printemps dernier, la Commission de la sécurité des consommateurs, la CSC, avait déjà émis des recommandations sur l’usage de la mini-moto à la suite d’accident extrêmement douloureux. Elle avait demandé à ce que ces véhicules ne soient plus autorisés à emprunter la voie publique. " Nous n’avons pas vraiment été suivis ", déplore Guy Le Goff, en charge du dossier. Il faut bien avouer que dans le contexte économique actuel on hésite à supprimer des ventes potentielles pour des commerçants bien pensants. Il existe en effet deux types d’engin, les réglementés et les autres.
Ceux qui répondent à des critères de normalisation, dans le langage administratif on dit qu’ils ont été réceptionnés, peuvent aller sur la route, "ils sont très marginaux " explique Guy Le Goff, les autres doivent rouler sur des circuits, ou dans un environnement très encadré. A ces derniers modèles s’ajoutent les modèles, chinois bien souvent mais également espagnols, vendus illégalement sur le marché via des sites internet ou des entrepôts, et à très bas prix. Problème, certains de leurs propriétaires sortent des sentiers battus des circuits et se baladent sur la route jusqu’au moment où se produit un drame.
Personne n’ose intervenir et immobiliser ces engins mortels car il faut d’abord les intercepter. Les importateurs estiment que la mini moto bidouillée, grande mode il y a cinq ans, est désormais dépassée. Ils déclarent importer aujourd’hui à 95% des modèles homologués. La CSC avait demandé une suspension provisoire de la vente de mini moto, " car il ne s’agit pas d’un bonbon gélifié qui étouffe les enfants, nous avons là à faire à un mélange de faits, comportementaux et sociétaux, circonscrits notamment à la banlieue et à des ados turbulents. Avec notre suspension provisoire, nous voulions assécher le marché. Le temps de l’interdiction nous aurait permis de l’épurer " explique Guy Le Goff, sauf que sur cette question rien n’a bougé face au lobby des revendeurs et des importateurs. Il serait étonnant que l’on aille jusque à cette mesure salutaire. On va se contenter de rajouter des réglementations aux réglementations inapplicables et le trafic reprendra faute de prises de position radicales.
LES R.G. ONT AVERTI
Les renseignements généraux dont on prétend avoir changé les missions (mon œil !) devaient se concentrer sur les banlieues et éviter que les déchaînements de 2005 récidivent. S’ils ont bien fait leur boulot ils doivent avoir transmis des rapports alarmistes. Les RG estiment que le climat dans les banlieues reste explosif un an après les émeutes, et que les conditions de la violence urbaine de l'année dernière existent toujours. Ce constat est dressé dans un rapport de 17 pages, intitulé "Etat des lieux dans les quartiers sensibles", détaillé dans Le Figaro du lundi 23 octobre 2006. " La plupart des conditions qui ont amené, il y a un an, un déclenchement de la violence collective sur une grande partie du territoire métropolitain sont toujours réunies ", estime le rapport.
L'Ile-de-France constitue " la plus grande source d'inquiétude ". La note confidentielle datée du 11 octobre estime en particulier que " la gestion de la commune de Clichy-sous-Bois dans les prochains jours sera un élément déterminant pour anticiper la survenance de troubles et une éventuelle contagion à d'autres secteurs ". C'est dans cette ville de Seine-Saint-Denis que deux jeunes ont été électrocutés, le 25 octobre 2005, en tentant d'échapper à la police. D'après le rapport, les Yvelines figuraient parmi les zones les plus explosives actuellement. Dans ce département de l'Ouest parisien, " la plupart des indicateurs des violences urbaines sont à la hausse depuis le mois d'avril ".ajoutent les RG, qui évoquaient la possibilité de débordements "non plus spontanés, mais structurés, conduisant à s'en prendre (...) à l'un des derniers représentants institutionnels encore présents dans certains secteurs : la police ". Ces propos prennent tout leur sens depuis dimanche. Le rapport soulignait par ailleurs la participation des médias au climat de violence. " Après les émeutes de novembre 2005, (...) une rumeur persistante semble indiquer que les journalistes arpentent les banlieues aux fins de collecter des informations sur l'état des quartiers aujourd'hui, contribuant par là même à attiser les tensions" ce qui expliquerait l’agression dont a été victime hier un journaliste de France 3. Une équipe s'est en effet fait voler sa caméra et l'un des journalistes a été frappé, à Villiers-le-Bel. Les banlieues sont lassées de la stigmatisation télévisuelle au nom du sensationnalisme dont a besoin TF1 ou désormais France 2 !
" On note une amorce de reprise des violences urbaines après l'accalmie estivale ",
UN CLIMAT VIVIFIANT
" J'ai toujours dit qu'il y aurait des nouvelles émeutes et qu'elles deviendraient de plus en plus violentes. Depuis 2005, au moindre incident, les quartiers s'enflamment immédiatement. Les jeunes reprochent à la police la multiplication des contrôles. C'est vrai qu'il y a trop. A l'UNSA, nous sommes opposés aux quotas d'expulsion qui entraînent de nombreux contrôle d'identité, mais nous devons quand même faire notre travail de policier " explique Joaquin Masanet, secrétaire Général de l'UNSA Police. Ces propos ne font que confirmer que les émeutes sont la résultante d’une méthode de gestion sociale des banlieues. Les événements qui surviennent dans un contexte très particulier de suspicion générale très forte vis-à-vis de l'immigration, de redéfinition des notions de culture et d'identité française. Sans oublier l'appauvrissement de plus en plus fort des zones urbaines sensibles qui conduisent à des territoires en voie de ghettoïsation. On s’oriente vers des problèmes que la force ne résoudra absolument pas.
Les RG semblent préoccupés par d’autres sujets puisqu’un communiqué du Syndicat de la magistrature indique, hier, que des fonctionnaires des renseignements généraux ont rendu visite à des magistrats afin de les dissuader de participer… à la journée de mobilisation du 29 novembre. Dénonçant ces " étranges visites ", le syndicat estime qu'elles " s'apparentent à un dévoiement pur et simple des missions de ces fonctionnaires de police ", dont le travail " consiste, non pas à influencer individuellement des salariés appelés à faire grève, mais à informer le pouvoir politique et à lui rendre compte des mobilisations sociales ". Et ils ont du travail en vue !
Les CRS et les gardes mobiles sont ailleurs. Eux sont occupés à déloger les étudiants récalcitrants bloqueurs. Le gouvernement joue aux VRP en Chine en se fermant les yeux, comme ce grand penseur de gauche qu’est devenu Kouchner, pour ne pas voir la réalité du pays des non droits de l’Homme. La CGT menace de reprendre la grève des transports. Les juges manifesteront jeudi. Les lycées de la rive droite de l’agglomération bordelaise ont été fermés hier. Heureusement que Nicolas Sarkozy revient. Les Assedic, les Anpe arrêtent le travail aujourd’hui. Il va vous karchériser tous ces problèmes d’un revers de main en annonçant, pour améliorer le pouvoir d’achat, la baisse des tickets de PMU ou de Loto ! Il n’y a que cette solution qui peut marcher !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
Lundi 26 novembre 2007
Actuellement dans une France coupée en deux avec d’un coté les gens réputés agités qui se débattent pour tenter d’éviter la camisole de force sarkozyste et de l’autre les paisibles qui acceptent d’aller vers l’abattoir social comme si tout était inéluctable. Les tacticiens qui entourent le chef de l’Etat l’ont parfaitement compris et ils ont fait autour de l’enjeu des régimes dits spéciaux, un moyen symbolique de donner raison aux seconds pour étouffer définitivement les premiers. Ils savent qu’ils pourront ensuite impunément détruire toutes les protections sociales pouvant encore entraver une précarisation souhaitée du monde du travail. Ainsi peu de responsables politiques s’expriment sur la destruction organisée du code régissant les rapports légaux entre employeurs et salariés. Il est certain qu’au rythme où se produit la déréglementation historique Rachida Dati pourra dans un proche avenir supprimer totalement tous les tribunaux de Prud’hommes. Ils n’auront plus de fait aucune utilité car il n’y aura plus de textes de références à appliquer. Gérard Filoche, inspecteur du travail est bien le seul à s’émouvoir de cette fuite en avant libérale dont personne, dans les entreprises, ne mesure le danger réel ! Il tire la sonnette d’alarme mais elle sonne dans un vide politique car l’opposition ne se préoccupe guère de la catastrophe qui menace car ce n’est pas médiatiquement rentable. Qu’attend, par exemple, Manuel Valls pour s’exprimer sur ce sujet ?
En 2005, une commission de cinq "rédacteurs" avait été mise en place et il était prévu de publier le nouveau code en mai-juin 2006 si la grande mobilisation victorieuse contre le CPE ne l’avait empêché. Au forcing, l’UMP a glissé dans la loi " sur le développement de l’actionnariat salarié ", publiée le 30 décembre 2006, un " cavalier parlementaire ", l’article 57, renouvelant les délais du 1er janvier au 30 septembre. Puis le ministre Gérard Larcher a annoncé qu’ils allaient le passer avant la présidentielle. Tous les syndicats ont protesté : " Ne faites pas de coup de force, pas à marche forcée ! " Mais Larcher, Villepin, Chirac et Sarkozy l’ont imposé quand même, le 7 mars, en Conseil des ministres. On a donc pu, dans ce pays, en dépit de l’opposition totale des syndicats, changer le code du travail de fond en comble dans l’indifférence générale. Cherchez l’erreur ! Voici globalement ce que pense Gérard Filoche du complot en cours.
UN SIECLE EN ARRIERE
On est, depuis le 1er octobre, dans une zone de non-droit : quel code s’applique, l’ancien ou le nouveau ? La partie réglementaire serait prête le 1er janvier 2008, applicable le 1er mars 2008 au plus tard. La partie législative n’entrerait, semble-t-il, mais c’est contesté, en vigueur qu’à ce moment-là. Sur le fond, ils n’ont rien simplifié, ils ont complexifié : " Plusieurs mois, voire plusieurs années seront sans doute nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets ", a reconnu Christian Redé, l’un des cinq rédacteurs du " comité d’experts ".
Il y avait 271 subdivisions, on en arrive… à 1 890. Il y avait 1 891 articles de loi, il y en a… 3 652 ! Ils ont déclassé près de 500 lois en décrets modifiables à l’avenir… sans repasser par le Parlement. Ils font s’écrouler toutes les jurisprudences, abrogent des articles clés, restructurent le fond théorique et pratique du code. Tout est modifié. Dans les questions d’hygiène, de santé, de sécurité, les obligations des employeurs sont devenues un élément avec " les obligations des travailleurs " faisant partager les risques et responsabilités avec les salariés – ce qui est un recul décisif d’un siècle !
Certaines catégories de salariés sont externalisées vers d’autres codes : salariés agricoles, assistantes maternelles, salariés du transport, des mines, de l’éducation, marins, dockers. Les contrats de travail sont de plus en plus précaires avec la permissivité à l’égard du marchandage du prêt de main-d’œuvre : intérim et CDD, salariés détachés, pigistes, indépendants, etc. Les moyens de contrôle de l’inspection du travail sont démantelés, ainsi que les obligations d’information de l’employeur (registres, affichage). On a une quasi-suppression du droit pénal du travail : plus de sanctions prévues en récidive pour les employeurs. Les prud’hommes sont quasi supprimés, le nombre de délégués baisse. La question de la durée du travail est renvoyée à la partie " salaires ". Allons tout cela n’est pas grave car personne sur le quai d’une station de métro ou sur le quai d’une gare du RER ou du TER ne voit autre chose que cette odieuse notion d’otage des grévistes relayée par des médias détenus pas les grands patrons concernés par le résultat de la casse sociale en cours !
UN VERITABLE MASSACRE
L’apprentissage a été chassé de la partie " contrat de travail " pour être renvoyé à la formation professionnelle. Le droit de grève a été introduit dans la partie " négociation collective " alors que c’est un droit constitutionnel non négociable. L’inspection du travail, indépendante des gouvernements en place du fait de la convention 81 de l’Organisation internationale du travail, a été renvoyée dans la partie " administration du travail ".
Tous les professionnels – syndicalistes, inspecteurs du travail, juristes, avocats, magistrats – signent des pétitions, des appels contre ce massacre. Des recours devant le Conseil d’Etat ont été déposés contre cette étrange procédure, alors le gouvernement envisage de passer par l’Assemblée plus tôt que prévu : demain en commission. Ce n’est pas un classique débat parlementaire, il s’agit de ratifier… une ordonnance. On peut encore rétablir ce qui a été supprimé (nous avons fait le travail, avec quelques inspecteurs du travail, et proposons environ quatre cents modifications pour réintroduire le droit constant).
Le code du travail, c’est le droit le plus intime, le plus quotidien, pour seize millions de salariés du privé, mais aussi le droit le moins connu, le plus contesté, le plus fraudé. C’est la base de l’Etat de droit dans l’entreprise. C’est le seul droit qui protège – trop fragilement – et contribue à fixer le coût de la force de travail de 91 % de la population active. C’est un droit évolutif, élaboré en cent trente ans, avec des hauts et des bas, minutieusement, sous l’impact des luttes sociales et politiques. Chaque ligne, chaque article, chaque alinéa représente de la sueur et des larmes, des souffrances et des grèves, des victoires et des échecs, produits de toute l’histoire des mouvements sociaux de notre pays. C’est un texte de notre droit qui ne devrait pas être réécrit. Ce qui est effrayant, c’est le silence général, déterminé, étouffant sur une telle affaire. Pas de " une " du Parisien, du JDD ou de TF1. Pas de débat à la télé. Pas d’explication au Jité de 20 heures. Motus et bouche cousue de tous, PS compris. Il paraît que c’est " trop compliqué " pour " intéresser les gens " alors que la vie de seize millions de salariés en dépend et qu’ils savent, souvent instinctivement, ce qui va en résulter pour eux : des conditions de travail dégradées, une souffrance accrue, une protection moindre, des salaires bloqués et des droits syndicaux diminués. Mais dans le fond la suppression des droits des travailleurs ne concerne que … les travailleurs et ils sont de moins en moins nombreux. Les licenciements facilités, la durée du travail supprimée, les contrats inexistants : demain ce sera la loi de la jungle et la précarité institutionnalisée !Le rapport propose avec les propositions 43, 44, 3, 4,et 5 de dessaisir le législateur de ses prérogatives. Il est même suggéré une modification de la constitution sur ce point. C’est dire la volonté du Medef d’empêcher d’autres majorités parlementaires de donner d’autres droits et pouvoirs aux travailleurs. L a réforme est donc éminemment politique car elle repose sur des accords secrets entre le patronat et l’Ump visant à verrouiller les destructions effectuées au nom de l’efficacité économique.
PLUS AUCUNE INSTANCE DE REGULATION
A l’exception d’un minimum de règles qui resteraient d’ordre public les députés ne pourraient en effet légiférer qu’aprés l’ accord, ou au moins une consultation poussée des "partenaires sociaux". Ca peut paraître séduisant, démocratique. Mais c’est l’inverse. C’est comme ça que la droite pratique actuellement. On l’a vu avec les retraites, avec le recul des droits des chômeurs, avec les intermittents du spectacle, avec la loi sur la négociation collective. On s’appuie sur des accords minoritaires conclus par des dirigeants syndicaux nationaux ou bien on utilise des accords majoritaires mais en changeant le contenu tout en jurant ses grands dieux qu’on les respecte.
C’est aussi comme cela que Martine Aubry a pratiqué : une première loi positive, l’incitation à des accords dérogatoires sans création d’emploi, et une seconde loi généralisant les dérogations. D’où les déceptions.
Les règles pourraient ainsi être fixées par Seillières assisté de Chérèque au lieu de l’être par les députés élus par l’ensemble des citoyens. Effectuez un petit retour sur les fonds secrets de l’UIMM et vous comprendrez les raisons pour lesquelles on ne souhaite pas que les députés se mêlent du monde du travail ! De plus, un accord resterait valable encore deux ans si son contenu devenait contraire à une loi nouvelle ce qui laisserait le temps de changer de majorité ! C’est ensuite la création du conseil d’entreprisecompétent dans les entreprises de moins de 250 salariés et exercant les attributions actuelles des DP, du CE et des délégués syndicaux. Cela aboutirait à la diminution de la force globale des trois institutions actuelles. Mais en outre ce conseil serait compétent pour négocier les accords d’entreprise. On supprime d’un trait de plume le pouvoir du syndicat dans la négociation des accords pour le remplacer par un pouvoir général confié au délégué syndical lui même noyé au milieu des élus, sachant de plus que du fait du mode de scrutin par collèges les élus des syndicats majoritaires sont souvent minoritaires en sièges. C’est un coup porté à la démocratie ouvrière et une tentative de bureaucratisation des militants.
On va ensuite vers la suppression de l’élection des conseillers prud’hommes qui seraient maintenant désignés à partir d’une consultation de représentativité. Cette consultation est réclamée par les syndicats pour établir la représentativité par branche dans le but de faire prévaloir le principe de l’accord majoritaire. Fillon vient de refuser de faire droit à l’accord majoritaire à l’occasion de la loi relative à la négociation collective. Il ne s’agit donc pas de cela. On reprend donc l’idée de la consultation mais uniquement, au niveau des propositions concrètes, pour supprimer les élections prud’hommales. Alors qu’au niveau interprofessionnel les élections prud’hommales sont justement adaptées pour mesurer l’audience des organisations. Encore un bel exemple de manipulation consistant à prendre appui sur une revendication pour la dévoyer.
Mais je déblogue… 
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
Dimanche 25 novembre 2007
S’il est un pouvoir qui est à prendre c’est bien celui qui permet d’acheter. Il y a bien longtemps que l’on n’avait pas évoqué l’importance de ce volet social dans l’avenir de la France. Il faut en effet convenir que l’horizon financier de bien des familles et, à fortiori de beaucoup de personnes isolées, s’est considérablement rétréci depuis plusieurs années. Il n’existe que les statisticiens de l’INSEE pour ne pas connaître des fins de mois difficiles car leur boulot consistent à démentir par des chiffres ou des graphiques ce qu’ils c2007-11-24T112206Z-01-NOOTR-RTRIDSP-2-OFRTP-FRANCE-POUVOIR-DACHAT-SONDAGE-20071124.jpgonstatent dans leur quotidien : le pouvoir d’achat des classes moyennes et de la classe ouvrière fout le camp, lentement mais sûrement, comme le sable qui coule de haut en bas dans le sablier.
Si l’on en croît les spécialistes la France occupe actuellement la neuvième place en Europe en matière de pouvoir d'achat avec plus de 18.000 euros par an et par habitant, juste devant l'Allemagne mais bien loin derrière la Suisse et ses 27.521 euros, selon une étude de l'institut GfK, communiquée jeudi. Les Français arrivent en neuvième position (18.873 euros) derrière notamment la Norvège (24.993), l'Irlande (22.207), le Danemark (21.521), l'Islande (20.511), le Royaume-Uni (19.863) et l'Autriche (18.960). La Suisse occupe bien entendu la première place ex-aequo avec le Liechtenstein. Le Luxembourg arrive en position suivante, avec 27.395 euros, alors que le revenu annuel moyen s'établit à 11.998 euros en Europe.
" Fait notable, l'Irlande connaît la plus forte croissance en Europe de l'Ouest : sur la période 2003-2007, le pouvoir d'achat moyen irlandais par individu s'est accru de 30% " à 22.207 euros, souligne GfK. L'Irlande est ainsi passée de la sixième place en 2006 à la quatrième en 2007, pendant que l'Allemagne se maintient en dixième position. Cet état des lieux va changer dans les prochaines semaines car les mesures gouvernementales actuelles vont accentuer la " dépression " en cours. La croissance ne sera pas au rendez-vous et d’ailleurs on a vite médiatiquement trouvé une raison : les grévistes ont ruiné notre pays et vont certainement être les coupables idéaux pour Christine Lagarde obligée de reconnaître qu’elle a exagéré, dans la présentation du budget 2008, la capacité de redressement de l’économie hexagonale.
 On travaille à l’Elysée pour écraser définitivement les velléités de contestation. Non seulement Nicolas Sarkozy a volontairement provoqué cette grève autour des régimes spéciaux, en refusant toute négociation antérieure aux mouvements, mais il veut anéantir les acteurs de cette contestation en faisant valoir leur responsabilité dans la décadence française. Le pouvoir d’achat ne pourra pas être rétabli en raison des pertes catastrophiques provoquées par des revendications inéquitables ; écoutez donc un peu le refrain qui monte dans les médias.
UNE VERITABLE CATASTROPHE
Il ne faut pas être dupe : la Droite et plus encore le Medef vont se servir de cette argumentation pour refuser par avance tout ajustement salarial. Laurence Parisot a vite exploité le filon en estimant que la grève dans les transports était une " catastrophe " et un " séisme " aux conséquences " extraordinairement dommageables ", en jugeant son coût économique " probablement gigantesque ". Selon cette grande spécialiste de l’analyse sociale " ce sont des quantités de rendez-vous clients manqués, d'opportunités d'affaires qui ont disparu. On ne sait dire le nombre d'investisseurs étrangers qui ont renoncé à faire telle ou telle opération en France ", a-t-elle dit. Dramatique, bien évidemment, quand on sait quel est le déséquilibre actuel de la balance commerciale qui ne doit rien aux grèves. " Une grève comme celle que nous subissons depuis huit jours, c'est de la croissance en moins, c'est presque une grève anti-pouvoir d'achat ", a-t-elle ajouté. Le tour de vis est donné et Nicolas Sarkozy qui cherche vainement une piste lui permettant d’effectuer un effet d’annonce positif vient d’être prévenu : impossible de pénaliser les profits des entreprises ! Laurence Parsiot qu’il méprise vient de lui faire un sacré croc en jambe d’autant que, si la négociation avec les syndicats aboutit, elle finira par coûter plus cher que les régimes spéciaux qu’elle doit condamner ! Le système est absurde mais il a fonctionné !
La SNCF propose en effet déjà 90 millions d'euros en compensation aux cheminots sous forme d'augmentation de salaire en fin de carrière ou de régime de retraite complémentaire. Les 417 millions de bénéfice en 2006 le lui permettent, et au bout du compte, le client paiera… car il est certain que l’on va vers un " achat " pur et simple des principes ayant justifié la grève. La note sera de fait réglée par le démagogue lambda qui hurlait sa haine des grévistes devant les caméras de TF1, de LCI ou de France 2. La SNCF va en effet accorder toutes les compensations possibles aux cheminots pour faire passer les 40 annuités et les transformera en hausse des tarifs maintenant dérégulés.
En refilant la négociation aux entreprises l’Etat a évité de payer l’ardoise de sa victoire voulue pour l’image de Nicolas Sarkozy. En définitive on ira via l’augmentation des tarifs de l’électricité, du gaz, des transports collectifs vers une érosion supplémentaire du pouvoir d’achat qui passera, encore une fois, comme une lettre à la poste le 1° janvier prochain. " Si les prix augmentent c’est de la faute aux grévistes ! " va-t-on entendre de toutes parts !
UN SIMPLE TRANSFERT
Les grèves auront eu au moins ce mérite : mettre en évidence la manière de faire payer aux moins riches les avantages refusés à d’autres tout aussi pauvres en amputant leur pouvoir d’achat. Les libéraux sectaires n’y verront rien à redire puisqu’ils ne prennent ni le métro, ni les TER et leurs voyages en TGV sont remboursés par leurs entreprises. Pour eux une augmentation des tarifs n'est pas choquante, d'autant que le train est, en France, encore, selon eux, très bon marché. Les entreprises, les clients, et pour une part aussi les salariés paieront pour des retraites qui seront peut-être meilleures, ce qui est quand même plus normal que de faire payer… le contribuable affirment les tenants de la libéralisation totale des systèmes sociaux. C’est une vision dangereuse de la solidarité car 90 millions comparés aux 5 milliards que l'Etat économiserait si la réforme arrive à son terme dans une décennie avec la disparition des régimes spéciaux, cela laisse même une marge de négociation encore plus large pour faire payer les clients ou les usagers. Il est certain que le pouvoir d’achat va en prendre un coup supplémentaire en 3008 quelles que soient les mesures sarkozystes annoncée en fin de semaine prochaine.
Incontestablement le coup a été remarquablement monté : on refuse toute négociation préalable, on joue le pourrissement d’un conflit inévitable afin de faire monter l’exaspération simpliste des bons face à l’attitude des méchants, on transfère le problème des retraites par répartition sur celui des salaires et on défausse l’Etat victorieux sur les entreprises qui à leur tour le feront payer les usagers ou les clients… doublement victimes. L’opération est en tous points rentables ! On transfère, pour une mesure emblématique inutile, le pouvoir d’achat pris à terme aux uns avers les autres… qu’il faut calmer ! Mais qui l’a expliqué aux braillards des quais bondés ? 
Le prof ignore qu’en soutenant la réforme il va se faire berner comme tous les autres quand il recevra sa facture de gaz ou d’électricité ou qu’il prendra après le 1° janvier le train ! C’est lui qui règlera l’ardoise sarkozyste d’une réforme faite pour l’exemple ! Il va perdre ce que la SNCF, EDF, GDF… est en passe de donner aux détenteurs d’un régime spécial : c’est cela l’équité !
AUCUN ESPOIR REEL D’AUGMENTATION
Les enquêtes notent une inquiétude grandissante dans l'opinion. La moitié des salariés sont préoccupés par leur salaire et 44 %, deux fois plus qu'en juillet, anticipent une baisse de leur pouvoir d'achat dans les mois à venir, selon un sondage Ipsos-Manpower pour LCI et Les Echos, publié le 22 novembre. Il est donc devenu urgent de faire semblant de faire quelque chose. Le problème c’est qu’il n'y a pas de "cagnotte" disponible, que les prévisions de croissance sont dans le rouge, que le conflit n’a rien résolu et que les engagements européens sont encore devant nous ! Autant écrire que la marge de manœuvre ressemble au fil d’un rasoir !
Alors que le débat budgétaire se poursuit à l'Elysée, au gouvernement et dans la majorité, le premier ministre " collaborateur " a rappelé une laconique réalité : " Je n'ai pas d'argent ". Les rentrées fiscales ralentissent, la croissance 2007, quoi qu'en dise la ministre de l'économie, Christine Lagarde, risque d'être inférieure à 2 %, ce que laisse présager la forte baisse de la dépense de consommation des ménages en produits manufacturés en octobre (- 1,1 %), l’euro trop élevé pénalise les exportations !
Votée au cœur de l'été, la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA), qui coûte 13,9 milliards par an en régime de croisière et lie les mains du gouvernement sur le plan budgétaire jusqu'en 2012, n'a pas créé pour l'instant ce " choc de croissance et de confiance " voulu par le chef de l'Etat. Les riches n’ont cure des pauvres. Ils ont systématiquement empoché le pactole et sont allés voir ailleurs ! Rien n’a bougé sauf les comptes en Suisse.
Le slogan " travailler plus pour gagner plus " n’a véritablement aucun effet. Le dispositif de détaxation des heures supplémentaires est jugé complexe, voire illisible par les chefs d'entreprise qui hésitent en outre à proposer des " heures sup " à leurs salariés dans le climat économique morose prévalant actuellement. Le reste de la loi, largement consacré à des baisses d'impôts (bouclier fiscal, allégement massif des droits de succession, etc.), profite d'abord aux plus aisés et n’améliore absolument pas le pouvoir d’achat de ceux qui en ont besoin ! Et il est impossible de donner un coup de pouce au SMIG ou aux prestations sociales.
Alors sur le quai des gares ou du métro, celles et ceux qui ont pesté contre les nantis qui faisaient grève vont bientôt découvrir qu’ils n’auront bientôt plus assez d’argent pour se payer les transports collectifs qui leur ont tant manqué. 
La défaite des cheminots qu’ils ont tant voulue sera finalement la leur ! Au bout du bout ils seront les cocus d’un libéralisme uniquement tourné vers la protection du profit. Je leur annonce déjà en 2008 une effondrement de leur pouvoir d’achat miné par toutes les mesures accumulées en quelques mois au nom de la nécessité de sortir le pays de l’ornière dans laquelle l’on mise les gouvernements Raffarin et de Villepin qui, comme on le sait, n’étaient pas Ump !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : SOCIAL
Samedi 24 novembre 2007
Mais quel malheur que le parti socialiste ne soit qu’un bateau ivre des ambitions personnelles de son équipage car jamais il n’a été aussi nécessaire pour lui d’avoir des idées simples, claires, portées par une voix forte. Depuis six mois, le gouvernement du " collaborateur " Fillon accumule les bévues, les erreurs stratégiques, les attaques frontales sans pour autant être mis en danger tellement la cacophonie du principal parti d’opposition devient un atout pour la majorité actuelle. Avec de l’aplomb et beaucoup d’esbroufe les ministres se sortent des situations les plus périlleuses. Personne n’ose dénoncer cette affreuse carence d’une opposition en voie d’implosion car manquant cruellement de leader charismatique ayant le pouvoir de parler au nom d’un groupe solidaire. Le seul programme actuel du PS c’est de dénicher son ennemi interne et de l’abattre dès qu’il traverse une campagne en terrain découvert. Les leaders socialistes sont devenus des tireurs d’élite, embusqués en haut de leur montagne, prêts à faire feu sur tout ce qui tenterait de leur ravir une part de leurs ambitions personnelles. Et pourtant chaque ministre " rallié " ou " canal historique " offre une occasion de penser à autre chose.
Tenez, prenez la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse qui pourtant ne passe pas pour la plus mauvaise des sarkozy’s women elle vient de réussir à réveiller des universités engoncées dans la réussite à n’importe quel prix et l’angoisse de l’échec qui imprègne désormais les esprits estudiantins de moins en moins insouciants. Et bien dans le camp d’en face, on ne cause pas, on ne fulmine pas, on ne se montre pas, on approuve sans approuver tout en approuvant car on ne sait pas quel est celui qui doit porter la contradiction. La parole est confisquée au prétexte que chacun pense que seule la sienne à une valeur. Il suffit même de prendre une position… ne répondant pas aux principes de la Gauche pour s’installer dans le top des habitués des plateaux télé ravis de trouver un socialiste qui détonne (NDR : j’ai bien écrit qui détonne !).Manuel Vals qui ne rêve que d’entrer dans le fameux palmarès mensuel du Journal du Dimanche s’en est fait une spécialité. Il est prêt à approuver les positions sarkozystes pourvu qu’elles lui ouvrent les portes du paradis des cotes de popularité ! Il a fait fort sur les régimes spéciaux de retraite et il serait bon, que ce week-end, il vienne au secours de Valérie Pécresse empêtrée dans l’autonomie des universités.
Cette dernière tente d’appliquer la tactique de la négociation à la marge de son projet pour noyer la contestation sur l’axe principal de son projet : " marchandiser " les études supérieures ! Elle évoque donc, pour la fin de l’année, " la fin des cautions " pour le logement étudiant grâce à la " garantie du revenu locatif ". Une idée généreuse dont elle ne connaît absolument pas les réalités mais qui lui permet de surnager dans la tempête. Elle s’offre en effet le luxe d’inventer ce qui existe déjà ou, c’est encore mieux, ce qui ne relève même pas de son domaine de compétence. Alors que les universités françaises sont toujours agitées et que les lycéens entrent dans le conflit, Valérie Pécresse cherche par tous les moyens à apaiser les tensions. Quitte à tomber dans la précipitation et l’approximation.
LE COUP D’ECLAT PERMANENT
Invitée de RMC Info hier matin et sur tous les plateaux télé importants, la ministre de l’Enseignement supérieur a froidement annoncé : " Nous allons aboutir d’ici la fin de l’année à ce qu’on appelle la garantie du risque locatif. C’est un mécanisme qui va garantir les impayés et il va s’appliquer aux étudiants ". Et de continuer en expliquant : " d’ici à la fin de l’année, j’espère vous annoncer que désormais on ne demandera plus de caution aux étudiants ". Ce qui constituerait, selon ses propres mots , " une révolution ". Rien que ça ! Elle est devenue révolutionnaire dans ses propositions reléguant au rôle de " gentils organisateurs " les gauchos des campus ! Dommage qu’il n’y ait pas un solide socialiste pour la ramener à davantage de modestie.
En effet... le dispositif " garantie du risque locatif " baptisé GRL existe depuis l’été, et concerne déjà les étudiants. C’est ce que l’on appelle le " coup d’éclat permanent " consistant à annoncer comme nouveau ce qui est déjà en place ! Ce système d’assurance sociale, qui garantit au bailleur le paiement du loyer, a même un site web spécialisé et accessible sur lequel on trouve un questionnaire permettant à chacun de savoir s’il est éligible. Et un étudiant peut tout à fait y souscrire... Les gestionnaires de ce système, mis en place depuis 2006, assurent n’avoir jamais été consultés et apprennent chaque jour, de la bouche de Valérie Pécresse qu’il font de la " négociation " sans le savoir.
Le conseillers de ce ministre inventif se montrent un peu embarrassés, et assurent que Valérie Pécresse et Christine Boutin ont bien eu l’idée d’ouvrir le dispositif aux étudiants. Faux, répond Lucie Kahn, directrice de APAGL, qui gère le volet " social " du dispositif : " ils y ont toujours eu accès ". Personne en face ne réagit trop préoccupés que sont les ténors à chercher une place sur une liste ou à dézinguer un rival potentiel aux municipales !
La seule avancée envisageable serait en effet d’étendre légalement la GRL à tous les étudiants. Car aujourd’hui, il faut aujourd’hui disposer de ressources deux fois supérieures au loyer demandé par le propriétaire. Ce qui n’est pas le cas de nombre d’étudiants défavorisés mais pour y arriver il faudrait des crédits qui n’existent pas dans un budget 2008 déjà voté et sans marge de manœuvre pour avoir fait Pâques (paquet fiscal) avant Carême (cure d’austérité du printemps prochain).
UNE VERITABLE SUPERCHERIE
En plus Jean-Luc Berho, directeur de l’Union d’économie sociale du logement, véritable initiateur du système GRL, explique n’avoir " jamais été contacté, ni par Valérie Pécresse, ni par Christine Boutin ". Selon lui, la ministre de l’Enseignement supérieur " n’évoque qu’une partie du dossier " dénonce sans ambages une manière étonnante de gouverner : celle des effets d’annonces vides de tout leur sens ! " C’est très bien de faire des annonces dans la presse, ce serait mieux de passer un coup de fil à ceux qui gèrent le dispositif ", s’indigne Jean-Luc Berho, qui se dit par ailleurs tout à fait ouvert à la discussion avec l’Etat et les régions (tiens donc elles vont financer la négociation comme la SNCF, la RATP ou EDF pour les régime spéciaux) pour améliorer le système actuel. Mais qui va soutenir et relier ce point de vue décapant qui dénonce une supercherie parmi beaucoup d’autres ? 
" C'est devenu une rengaine : " On n'entend pas le PS sur les conflits sociaux." A force de la répéter, chacun s'en persuade. Pourtant, nous ne sommes pas devenus muets " , se désespère pourtant le député européen Benoît Hamon. Ces dernières semaines, en effet, les nombreuses déclarations d’un François Hollande, ne dirigeant plus rien mais qui a interpellé deux fois le premier ministre à l'Assemblée nationale, multiplié les appels à la négociation et réclamé une conférence globale sur les retraites, l'emploi et les salaires, sont restées sans grand effet sur l'opinion qui continue à placer devant lui l’Ump et le… Modem ! 50 sites restaient perturbés par ce mouvement de grève ainsi que 80 lycées, un peu partout en France. 
La police a procédé à l'évacuation de l'université Rennes 2 hier au petit matin, sans heurts, à la demande du président de ce site. Les étudiants exigent toujours un aménagement de la loi Pécresse qui risque selon eux de conduire de fait à une privatisation des universités qui ne seraient désormais plus sur un pied d'égalité. le PS tergiverse collectivement. es socialistes parlent, s'expriment. Mais qui les écoute, qui les rencontre, qui veut véritablement les voir ?
sur ce thème du logement, mais aussi sur celui de l'accompagnement des élèves de première année, si les étudiants manifestaient des " gestes d'apaisement " dans les universités. Car la grogne perdure par ailleurs dans les facs, à propos de la réforme sur l'autonomie des universités.
LA VALSE HESITATION
Le PS semble plus gêné qu’emballé par les mobilisations sociales en cours. L'absence de figures emblématiques du parti au côté des mal-logés de la rue de la Banque, imputable à un " problème de communication" entre le premier secrétaire et le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, a valu aux socialistes de subir les foudres de Josiane Balasko. " Qu'est-ce qu'ils foutent, les mecs du PS ? C'est nous, l'opposition !", a asséné la comédienne, le 11 novembre, devant les caméras. M. Hollande s'est finalement rendu sur place jeudi 22 novembre pour affirmer que les municipalités socialistes "vseront là si l'Etat se défausse ". On attend la suite. Sur les universités le silence est assourdissant.
Les sondages ne donnent donc aucun signe d'amélioration de la crédibilité du PS mais confirment le bond de la popularité… d'Olivier Besancenot. Pour Benoît Hamon avec lequel j’ai longuement dialogué jeudi matin à Paris en compagnie de quelques amies sûres tient un discours imparable autour de ce phénomène : " c'est moins le discours de l'extrême gauche qui séduit que l'image des socialistes, qui donnent le sentiment d'hésiter sur tout, qui nous fait du tort ".
Le PS revient aux vieux démons de la SFIO et met une distance inquiétante avec la partie la plus " radicale " du mouvement social. Il réclame une négociation globale et la prise en compte de la pénibilité de certains métiers mais reconnaît sans fard la nécessite d'allonger à quarante ans la durée de cotisations pour les régimes spéciaux (cf Vals). De même, il dénonce le peu de moyens accordés aux universités sans condamner le principe de leur autonomie.
Ce qui ne les empêche pas de miser sur la thématique fédératrice du pouvoir d'achat, considérée comme le principal point de faiblesse de Nicolas Sarkozy. Benoît Hamon ajoute à son diagnostic une vision attristée de la situation de la rue de Solférino : "Les instances de délibération ne fonctionnent plus et se contentent de consensus mou au prétexte qu’il ne faut pas s’éloigner du centre. Avant chaque bureau national on le vide de toute substance par une réunion des leaders destinée à vider le débat politique de toute substance ". Jamais le constat n’a été aussi criant de vérité !
Faute d’exister résolument à gauche et de ne pas parler d’une voix d’opposition claire, solide, transparente. On n’a droit qu’à un brouhaha socialiste ou pour exister il faut obligatoirement hurler plus que les autres ou parler à contre temps des autres. La cacophonie est telle que les ministres peuvent chanter faux sans risque d’être sifflé par les citoyens spectateurs .
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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