MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on
respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
Tout aujourd’hui il va falloir vous concentrer. Vous aurez, pour le dernier jour de l’année, un devoir à accomplir : vous préparer à affronter la soirée la plus
importante, celle qui peut virer au drame ou vous plonger dans l’extase. Vous ne pouvez absolument pas envisager de partir pour un moment aussi important sans une idée de ce qui vous attend. Le
menu a sûrement été longuement élaboré afin de correspondre à ce que vous désirez vous offrir de mieux. Souvent vous avez opté pour un ingrédient plutôt qu’un autre de telle manière que vous
preniez du plaisir au passage d’un an qui se meurt à un autre porteur d’espoirs. Il arrive aussi parfois que vous fassiez confiance aux autres pour concocter ce qu’il y aura en commun à déguster.
La surprise est alors totale car vous n’avez qu’une part de la discussion, toujours passionnante, sur l’élaboration des festivités. Si c’est le cas, il faut vous rassurer de suite : entraînez
vous car il vous faudra attaquer, avec ou sans appétit par la traditionnelle présentation des vœux… par le Président de la République. Oui. Elle est encore cette année au menu de votre Réveillon
familial ! Surtout si vous appartenez au 53 % des Françaises et des Français qui ont décidé que ce serait Nicolas Sarkozy qui vous les présenterait en 2007.
Ce serait particulièrement injuste si, après avoir choisi votre invité de la Saint Sylvestre en mai dernier, vous le snobiez pour une malheureuse coupe de Champagne
ou un jus de fruit avec cacahuètes ! L’audimat de ce rendez-vous avec votre destin d’une future année dépend de la mobilisation réelle de ces millions d’électrices et d’électeurs ayant la
décence d’ouvrir leur soirée de réveillon en compagnie de Nicolas Sarkozy !
Afin que vous ne soyez pas outre mesure surpris ce soir, je vais essayer de vous faire un " média training ". Vous savez cette répétition générale que
s’offrent les ministres ou les grands leaders politiques avant d’affronter une émission télévisée importante. On les mets dans les conditions exactes du plateau et une équipe de journalistes leur
pose les questions qu’ils devront affronter en direct.
J’ai personnellement connu un zeste de ce simulacre avant la " Marche du siècle " dont j’avais été l’un des invités en janvier 1986 ! Le maître des
lieux s’appelait alors Jean marie Cavada et il m’avait annoncé toutes les demandes qui seraient les siennes et avait défini mon " rôle " parmi les autres présents. Grâce à une
révélation de l’hebdomadaire " Le Point " j’a appris que ce donneur de leçons désormais rallié à l’Ump avait pratiqué cette " formation " à grande échelle et avait par
exemple, quelques mois avant sa nomination à la tête de la Cinquième donné d’utiles conseils à celui qui devait le choisir. Un détail : sa nomination avait été effectuée par Alain Carignon
alors ministre de la culture…qui fut le bénéficiaire de cette " complaisance " avant son apparition télé.
Pour les vœux de Nicolas Sarkozy il vous faut également vous préparez comme carignon car ce sera en direct et dans un style très différent de celui de ses
prédécesseurs. D’abord il sera " bronzé " juste comme il faut pour ne pas donner l’impression d’avoir passé ses journées sur la plage de Charm el-Cheikh avec sa compagne de fortune. On
dosera soigneusement la teinte du maquillage pour qu’il est l’air en bonne santé et heureux comme un jeune marié qui rentre d’un voyage de noces mais pas trop tout de même. Ensuite vous aurez, à
coté, une teinte tricolore et une bannière étoilée afin de vous rappeler que vous devez accepter comme citoyen français de ne pas être consulté sur le nouveau traité européen : c’est lui qui
décide ! Enfin vous aurez droit à beaucoup de généralités rassurantes mais comme c’est la période des cadeaux je vais vous révéler, à l’avance ce qu’il ne vous dira pas et ce qu’il va vous
annoncer sur 2008 !
LA FRANCHISE DES VOEUX
Par exemple, préparez vous à ne pas entendre causer du fait que mercredi matin le système de franchises médicales, instauré par le projet de loi de financement de la
sécurité sociale voté cet automne, entrera de fait en vigueur. Nicolas Sarkozy oubliera probablement de vous expliquer dans ses vœux de bonheur et de prospérité que sur chaque boîte de médicament
et chaque acte paramédical, 50 centimes d'euros ne seront plus remboursés et qu’une franchise de deux euros est aussi instaurée sur les transports sanitaires.
Plafonnées à 50 euros par an, ces franchises pourront être prises en charge par les mutuelles qui voudront bien augmenter leurs cotisations pour éviter que les plus
malades paient pour les encore plus malades qu’eux ! S’il vous en cause avant que vous passiez à table (ce qui m(étonnerait) il vous précisera alors que les bénéficiaires de la couverture
maladie universelle (CMU), les enfants, les jeunes de moins de 18 ans et les femmes enceintes en sont exonérés.
Ces franchises doivent permettre de dégager 850 millions d'euros d'économies tout en assurant le financement de dépenses nouvelles présentées comme prioritaires
comme… le plan Alzheimer, la lutte contre le cancer et l'amélioration des soins palliatifs. Je vous garantis qu’il ne vous dira pas que l’espace de gérontologie du Créonnais qui doit ouvrir le 26
janvier prochain, bien que considéré comme projet pilote national, n’aura pas de personnel nommé pour faire fonctionner sa section Alzheimer expérimentale !
On attend que les " malades " acquittent la franchise car les caisses sont désespérément vides. Ecoutez bien. Soyez appliqués comme vous l’avez peut-être
été le 6 mai dernier. Il pourrait aussi vous annoncer au lendemain 4 % d’augmentation du gaz afin que vous en profitiez pour réchauffer sereinement le plat principal du Réveillon. Tenez je suis
prêt à parier qu’il oubliera de vous prévenir que son collaborateur principal a prévu la fin des horaires légaux de la durée du travail avant l’été 2008 ! Pas question, non plus, de vous
remémorer les 15 milliards d’euros du paquet cadeau fiscal et de l’augmentation de son salaire ! Et il y aura encore bien d’autres omissions afin, et c’est tout à son honneur, de ne pas vous
gâcher la soirée !
VOYAGES DE DESAGREMENT
Afin que vos oreilles ne soient pas choquées par des propos peut en accord avec la fête, Le Président n’effleurera que succinctement le problème des sans papiers et
de l’immigration. Il sait bien que rares sont les personnes dans cette situation qui seront dans des réveillons et donc dans la nuit on ne pourra pas en intercepter beaucoup. Brice Hortefeux fera
bien dans la soirée une visite avec MAM d’un commissariat mais on évitera de trop encombrer les centres de rétention en révolte. La mobilisation des réseaux de soutien aux sans-papiers a pourtant
pris de l'ampleur ces derniers jours, le Réseau Education sans frontières (RESF) craignant que le gouvernement ait déjà lancé " la course au chiffre 2008 ".
Plusieurs centres de rétention en région parisienne ont été touchés par des mouvements de protestation - grève de la faim, manifestation ou occupation de locaux,
comme vendredi soir dans une église parisienne. L'un des porte-parole du mouvement, qui s'est disséminé depuis le centre du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), a été bizarrement remis en liberté
samedi soir pour vice de procédure lors de son transfert vers le centre de Vincennes. Selon RESF, trois Chinois arrêtés mercredi dernier dans une épicerie asiatique du XIXe arrondissement doivent
comparaître aujourd’hui devant le tribunal administratif de Paris qui décidera de confirmer ou d'annuler leur arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Ils ne feront pas réveillon à la
Française !
"Seront-ils les premiers expulsés du Sarkobjectif 2008? Leurs quatre enfants seront-ils en 2008 les premières victimes de la fabrique à orphelins mise en place par le
président et son zélé ministre de la chasse à l'homme? Ces trois familles ouvriront-elles le bal 2008 des familles de migrants démantelées par les préfets aux ordres?", s'interroge le réseau dans
un communiqué diffusé hier. En juin, le gouvernement a fixé à 25.000 le nombre de sans-papiers devant être reconduits à la frontière avant le 31 décembre. Nicolas Sarkozy ne vous causera pas des
résultats car pour quelques-uns d’entre vous il vous couperait l’appétit !
LA MESURE DU SIECLE
Je pense par contre qu’il effectuera, selon une source bien informée, une révélation qui va changer la face de l’année 2008. C’est un secret bien gardé mais que
L’AUTRE QUOTIDIEN est en mesure de vous révéler. Lors d’un repas qui s’est récemment tenu au Fouquet’s, histoire de se remettre dans l’ambiance, on a aperçu autour de la table Vincent Bolloré,
Serge Dassault, Bernard Arnault, Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Patrick de Carolis, Nonce Paolini… Henri Guaino qui ont pris une décision qui va relancer la croissance dans notre pays et lui
redonner un moral d’enfer. " LA " mesure que l’Europe va nous envier sera dévoilée ce soir lors des vœux présidentiels.
Comme ce sont eux qui, globalement dirigent le pays via leur puissance médiatique faussement concurrentielle, ils ont uni leurs efforts pour parvenir à un accord. Une
consigne a été donnée à toutes les rédactions : il sera désormais interdit de publier ou de diffuser des horoscopes " négatifs " dès le 1° janvier 2008. Tous devront chaque jour ou
chaque semaine annoncer aux millions de Françaises et Français qui les lisent , els écoutent ou les regardent exclusivement du bonheur, de l’argent et une santé de fer ! Ordre de
Nicolas Sarkozy ! Comme il existe la Française des jeux il y aura la Française de l’horoscope.Désormais l’Elysée aura l’exclusivité de la diffusion des horoscopes publiables.
Une cellule spéciale a été créée à cet effet et sera regroupée avec celle qui gère l’image présidentielle ! Première diffusion ce soir à 20 heures : Nicolas Sarkozy va vous
promettre une année 2008 faite de réformes audacieuses et bénéfique. Celle-ci sera inédite puisqu’elle consiste à faire une proposistion audacieuse pour éradiquer ce mal être qui
transparaît dans les sondages. Quel que soit leur signe astral les lectrices, les lecteurs, les auditrices et les auditeurs, les téléspectatrices et les téléspectateurs n’auront qu’un seul
avenir : celui tracé par le Sarkostradamus !
En fait si vous avez le courage de boire votre flûte de champagne, de siroter votre ti’punch ou de déguster votre Sauternes en grignotant des toasts aux œufs de lump
rouges ou des tartines de foie gras face aux vœux présidentiels pensez simplement que c’est votre premier horoscope de 2008 ! Je vous dévoile en exclusivité les grandes lignes de son
contenu. Du "Bélier" aux "Poissons" il sera en sous-entendus dans les voeux de ce soir :
Travail : vous allez bosser beaucoup plus dans les prochains mois en vous contentant de beaucoup moins de revenus ou vous vous ferez
virer.
Amour : vous ferez une rencontre envoûtante avec un mannequin chanteuse si vous avez un salaire à la hauteur de votre ambition. La
belle mère s'occupera de tout et un beau maraiage avec exclusivité Paris Match vous attend
Santé : en toute franchise il vaut mieux que vous en soyez pas malade et si vous l’êtes partez pas sans votre carte bleue. Elle sera
vitale !
Loisirs : si vous êtes sans papiers préparez votre baluchon car vous allez voyager gratuitement vers un pays du soleil.
Chance : si vous bénéficiez du bouclier fiscal vous recevrez encore l’an prochain un chèque cadeau de votre percepteur.
Bon réveillon à toutes et à tous !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
ACTUALITE
Dimanche 30 décembre 2007
J’aimerai bien connaître le nom du marin pêcheur qui avait interpellé un peu virilement Nicolas Sarkozy lors de son escapade théâtrale au Guilvinec. Demain soir lors
du réveillon en mangeant du poisson j’aurai une pensée particulière pour lui car, même si ses propos paraissaient déplacés à l’égard d’un Président de la République, on peut se demander si cet
homme exaspéré n’avait pas raison car près de deux mois plus tard il n’a pas été le seul à ne pas trahir la profession qu’il défendait.
L'escale présidentielle avait en effet bien mal débuté le 6 novemnbre dermier avant un départ pour s’aplatir devant Bush dans un périple qu’aucun Président n’avait osé accomplir en terme de
vassalisation politqiue de la France. Près de 300 manifestants lui avaient réservé un accueil tendu : sifflets, banderoles hostiles, invectives... Le chef de l'Etat, visiblement nerveux, n'avait
pas hésité à apostropher les manifestants, répondant à l'un d'eux alors qu’il était entouré de ses gardes du corps et d’une escouade de policiers: " Toi, si tu as quelque chose à dire, tu as
qu'à venir ici! " Et morigénant un autre qui l'insultait: "Toi, tu n'as qu'à descendre!". Cette visite, comme bien d’autres donnait seulement au citoyen-spectateur la vision du
président-héros. Les marins pêcheurs ne servaient que de faire valoir à une image présidentielle de mec qui ne se dégonfle pas même si ce qu’il apporte n’est que du vent.
D’ailleurs hier les marins-pêcheurs du Guilvinec réunis hier matin en assemblée générale attendent encore une mise en place dès le mois de janvier d'un nouveau système permettant de compenser
l'explosion des cours du gazole. Ils en sont à formuler des vœux pour le nouvel an comme tous les gens qui attendent que la prospérité bascule dans leur camp au passage du nouvel an.
" On espère que le nouveau système sera visible sur les fiches de paie du 20 janvier ". Le mécanisme serait alimenté par une taxe de 2,6 % payée à compter du 1er janvier par
les distributeurs sur les ventes de poisson et produits de la mer essentiellement en grande surface (CA au delà de 760.000 euros), soit une rentrée fiscale comprise entre 80 et 100 millions
d'euros. En fait il s’agit d’une supercherie puisque les distributeurs augmenteront simplement les prix de vente de 2,6 % ce qui diminuera d’autant le pouvoir d’achat des consommateurs de
poisson !
CONTOURNER LES UKASES DE BRUXELLES
Les marins-pêcheurs ont donc suggéré que cette taxe de 2,6% soit utilisée pour rémunérer des "éco-services" rendus par les pêcheurs, nécessitant de " brûler du
gazole " tels que le ramassage de déchets en mer ou la surveillance de la qualité des eaux. La gestion du système serait alors confiée, à titre expérimental, à une coopérative littorale. Le
nouveau schéma de prise en charge du gazole au delà de 0,30 € le litre devra obtenir l'aval des pouvoirs publics et des… autorités de Bruxelles. Et l’on sait bien que quelle que soit la position
française elle ne passera pas le filtre européen s’il s’agit d’une aide directe aux marins pêcheurs au titre de la fameuse concurrence libre et non faussée que le Traité constitutionnel avait
posé comme base économique du continent. Il est calculé sur une base nationale de 500 millions de litres de gazole à compenser par an à hauteur de 0,25 €, impliquant ainsi un litre de gazole à
0,55 euro, comme c'est le cas aujourd'hui. En fait il s’agira d’une rémunération pour du travail plus ou moins bien fait et une manière de détourner l’opposition de Bruxelles.
Le sieur Le Moigne, discuté par ses pairs, a donc adressé un courrier au président Nicolas Sarkozy pour lui demander de dépêcher en Cornouaille des experts permettant de valider les propositions
des marins-pêcheurs et les rendre " euro-compatibles ". Dans l'attente d'une finalisation, les ports bigoudens vont demander la prolongation au delà du 31 décembre de
l'exonération des charges sociales patronales et salariales, ainsi que celle des frais de port à la charge du conseil général. Outre la compensation des surcoûts d'exploitation, le plan du
ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier comporte des mesures pour aller vers une pêche durable (gestion de la ressource), des dispositions sociales comme le salaire minimum, et
des règles pour la sécurité comme la balise individuelle, et un dispositif pour la casse des bateaux qui ne sont plus rentables. En Manche et Atlantique, 180 dossiers de casse de bateaux ont déjà
été déposés, dont 33 pour le seul littoral bigouden, selon M. Le Moigne.
Quelques dizaines de millions d’euros que l’État devra compenser, autant d’argent qui ne sera pas investi dans la reconversion écologique de l’économie qui est dans le fond le sujet fondamental
que le gouvernement n’abord qu’incidemment. L’exonération est de 6 mois, c’est donc provisoire. Et le pétrole n’a pas l’air de vouloir baisser : conjoncture géopolitique et tension structurelle
du marché, avec un zeste de spéculation, risquent de donner la nostalgie du "seuil psychologique" de 100 dollars à certains.
LA RESSOURCE NON PRISE EN COMPTE
Quelques caisses sorties des rares bateaux rentrés de la marée montrent toute l’étendue du problème : les morues ne dépassent plus la paire de kilos quand elles
pouvaient en faire dix fois plus il y a vingt ans. Des stocks en chute libre, un carburant qui flambe (détaxé comme il l’est, le pétrole augmente aussi vite que le baril), la pêche française est
dans la panade. Comme toutes les pêches. Et si Sarkozy a promis de l’argent pour la rendre plus compétitive, plus performante, il ne fait que prolonger le mensonge et le manque de courage qui
caractérise tous les gouvernements dès qu’on parle de pêche : la ressource est en voie d’épuisement. Alors certes, la perspective d’un poisson deux fois plus cher qu’aujourd’hui n’est pas
réjouissante mais elle est inéluctable. Habitués que nous sommes aux perches du Nil, aux bars, aux saumons, aux daurades d’élevage nous appliquons au poisson la même cécité volontaire qu’à la
viande en général et continuons à en manger. Hélas, il va bien falloir se rendre à l’évidence, au risque de vivre dans une société comparable à celle de la surconsommation.
Le comité national des pêches s'était déclaré " satisfait " d'une taxe de 2,6% sur la vente de poissons dans les ports, pour soutenir la pêche après les mesures d'aide annoncées par le
chef de l'Etat Nicolas Sarkozy. Mais les marins-pêcheurs, eux, craignent paradoxalement que cette taxe se traduise par une baisse du prix du poisson. Si les mareyeurs, restaurateurs et
industriels ne souhaitent pas réduire les marges de leurs bénéfices nous allons avoir des stocks sur les bras et. Cette taxe, qui devrait rapporter 70 à 80 millions en 2008 si le Sénat
confirme le taux de 2,6%, est une partie du financement du plan que le ministre de la Pêche doit présenter " d'ici quelques semaines ", indique-t-on au par ailleurs au
ministère… L’effet d’annonce ne sera suivi des faits que dans plusieurs mois. Probablement tout de même avant les élections cantonales et municipales.
RIEN D’AUTRE QU’UN EPIOSDE DU FEUILLETON
Cette aventure des marins pêcheurs reflète en définitive les fondements de la politique gouvernementale : la fragmentation de la vie sociale ! Cette
technique de gouvernance va s’amplifier car elle permet de désarticuler les réponses collectives à un problème global. Le Président omniprésent soutient les uns en sachant fort bien qu’il
s’écoulera beaucoup de temps entre l’annonce et sa mise en œuvre (exonération heures supplémentaires, rachat des RTT, mois unique de caution, marins pêcheurs, céréaliers, victimes…), il s’attaque
pour l’exemple à des catégories que l’on isole comme s’ils étaient des malades contagieux (régimes spéciaux, fonctionnaires…), il surfe sur l’événementiel dont il connaît l’impact émotionnel mais
néglige le fond dont il mesure la dangerosité. Depuis des mois on replâtre le système avec du stuc en donnant l’impression que le décor a été rénové et surtout restauré par les soins du magicien
du verbe et de l’image.
Comme l’a écrit remarquablement dans une chronique essentielle du mois du 8 novembre dernier François Bazin du Nouvel Observateur (le " Sarko Show -1-) " Le quinquennat ne fait
à peine que commencer. Il a déjà l'allure d'un feuilleton télévisé conçu comme un rendez-vous quasi quotidien. Cette présidence ressemble presque à une grille de programmes. C'est la méthode
tchadienne en plus grand et en plus systématique. Nicolas divorce, Nicolas sauve la planète, Nicolas retourne en Corse, Nicolas rencontre les cheminots, Nicolas affronte les pêcheurs sur le
chemin de Washington…(NDLR : depuis on a eu Nicolas drague, Nicolas rencontre le Pape, Nicolas en lune de miel, Nicolas en Egypte) Le
chapitre " Nicolas corrige la Constitution " a été renvoyé à plus tard. Trop compliqué. Pas assez concret. Mauvais Audimat en perspective ! Les recettes publicitaires risquaient d'en souffrir à
un moment où les taux d'écoute - comprenez les sondages de popularité - piquent légèrement du nez et où l'épisode annoncé à grands cris pendant la campagne présidentielle - Nicolas augmente le
pouvoir d'achat - tarde à sortir des cartons élyséens. L'hyperprésidence est la conséquence logique de cette " feuilletonisation ". Un seul héros : c'est la loi du genre. Une seule aventure par
épisode : c'est une règle intangible. Pour les scénaristes de cette série télévisée forcément télévisée -, tout cela impose des figures narratives qui ne supportent pas la complexité. Il faut du
mouvement. Un mouvement court et simple qui se suffit à lui-même dès lors que le but est accessoire. Le sarkozysme, c'est une suite de dossiers que l'on boucle comme on enfile les épisodes. Les
uns à la suite des autres. Parfois bien, parfois mal, parfois à l'arraché ou dans la douleur. Peu importe. Puisque la nouvelle séquence chasse nécessairement l'ancienne. ". Les
marins pêcheurs comme les autres ne l’ont pas compris : ils seront roulés dans la farine de leurs merlus. Ils n’ont été qu’un épisode très bref du feuilleton. C’est du passé !"
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN
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SOCIAL
Le jeudi 29 novembre, lors d'une interview télévisée Nicolas Sarkozy a parfaitement défini la politique qu’il comptait mettre en œuvre en matière de durée légale du
travail. Et comme il a maintes fois promis qu’il ferait ce qu’il avait promis. " La question pour moi n'est pas de supprimer les 35 heures, mais d'arriver au plein emploi, je ne veux pas
revenir sur un acquis social ". L’engagement est clair, précis, au moins aussi efficace que celui pris à l’égard des bénéficiaires du " paquet cadeau fiscal ". On
pouvait donc compter sur une farouche volonté de préserver ce qui était selon le Président lui-même " un acquis social ". Et pour que les décisions soient sans ambiguïté il
fournissait même le mode d’emploi : " dans un certain nombre d'entreprises, s'il y a un accord majoritaire entre le chef d'entreprise et les syndicats de salariés, ils pourront
s'exonérer des 35 heures, en échange d'augmentation de salaires. Quand il y a pas d'accord, ce sera les 35 heures ", mais sinon, " dans toutes les entreprises où les partenaires
sociaux négocieront un accord majoritaire, on échangera plus de travail contre plus de salaires. La seule façon de donner du pouvoir d'achat est de créer les conditions de la
croissance ". C’était il y exactement un mois… Pas plus !
En fait, une fois encore, il ne s’agissait que d’une promesse qui n’engageait que celles et ceux qui l’avaient écoutée. Etape par étape le gouvernement a effectué
exactement le parcours inverse. Il détricote cet " acquis social " comme bien d’autres profitant de la période des fêtes pour accentuer la pression. On passe lentement mais sûrement du
fameux " travailler plus pour gagner plus ! " au moins emballant " travailler plus pour gagner autant si ce n’est moins ! " Pas d’attaque
frontale mais des textes de lois confus n’apportant rien d’autre que des destructions minutieuses des codes en vigueur. Peu importe que les décrets rendent ces mesures totalement inapplicables,
l’objectif n’est pas de trouver une solution, c’est de préparer à terme l’abolition pure et simple du temps légal de travail. La démarche est menée en parfaite concertation avec le Medef.
D’ailleurs les déclarations de Laurence Parisot ne souffre aucune autre interprétation. " C'est vrai qu'il y a un problème de pouvoir d'achat (...), c'est un
ressenti totalement objectif. Pour moi, il y a deux axes principaux à travailler: comment on fait pour baisser les prélèvements obligatoires sur les entreprises, c'est prioritaire, et deuxième
chose, n'est-il pas temps d'aller plus loin sur la question de la durée du travail. Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale
du travail. Tout le monde voyait bien que le mécanisme des heures supplémentaires n'est pas suffisant ". Elle confirme bien que les processus décidés par le Parlement n’ont absolument
plus aucun intérêt et qu’ils ont été décidés pour calmer l’impatience populaire, avant les fêtes, sur le pouvoir d’achat. Elle ne seront jamais mises en œuvre !
PARISOT LANCE L’OFFENSIVE
Les dispositifs permettant déjà aux entreprises de travailler au-delà de 35 heures par semaine sont " rébarbatifs " et l'utilisation du contingent
d'heures supplémentaires autorisé (220 heures/an) est " très lourd, car il supposait des négociations de branche " explique la Présidente du Medef sûre d’être entendu par ses
pairs qui ne donneront que parcimonieusement des heures supplémentaires et qui ne rachèteront des RTT que quelques semaines avant… les prochaines échéances électorales ! Alors elle y va
franco !
" Ma préconisation, c'est de rendre les choses beaucoup plus simples en balayant tous ces mécanismes très complexes, et en revenant à la détermination du seuil de déclenchement des
heures supplémentaires, branche par branche, ou entreprise par entreprise. Supprimer la durée du travail, ce n'est certainement pas tomber dans je ne sais quelle forme d'esclavagisme. Dans
certains domaines, il suffirait parfois de peu de choses, simplement de passer de 35 heures à 36 heures. Quand je dis qu'il faut supprimer la durée légale, c'est une nuance importante par rapport
à une autre solution: revenir aux 39 heures, je ne dis pas ça ". Elle ne le dit pas mais elle le pense très fort et elle le fait savoir au premier " collaborateur " de Nicolas
Sarkozy !
Il emboîte donc le pas. Après le rachat des jours de RTT, le gouvernement semble en effet bien décidé, plus que jamais, à détricoter petit à petit les 35 heures et de
leur donner le coup de grâce en mai 2008 qui sera le mois de tous les dangers ! Fillon prépare le terrain. Dans une lettre aux syndicats et au patronat, piubliée bizarrement en Noël et le
jour du premier de l’An, il a précisé son intention de parvenir "à un droit de la durée du travail plus adaptable", mettant au passage en question le seuil actuel de déclenchement des
heures supplémentaires et leur majoration. Tiens donc on serait en passe de reprendre d’une main ce que l’on a accordé de l’autre en sachant que ce ne serait de toutes les manières
inefficace !
FILLON RENCHERIT
Dans son courrier, qui fait suite à la conférence de l'Elysée du 19 décembre sur l'agenda social mais pas au discours du 29 novembre sur les acquis sociaux, le
premier ministre demande aux organisations patronales et syndicales de négocier plusieurs points " dans le domaine du temps de travail ", parallèlement à des précisions apportées sur les
points à négocier en matière de financement des syndicats et organisations patronales. "Afin de parvenir à un droit de la durée du travail plus lisible et plus adaptable aux réalités du
terrain, plusieurs questions doivent être tranchées", écrit-il. " Le domaine impérativement réservé à la loi (...) ne doit-il pas être recentré notamment sur la définition des règles
nécessaires à la protection de la santé et de la sécurité des salariés ? ", se demande-t-il alors qu’il a déjà la réponse prête ! " A quelles conditions de validité devrait être
soumis un accord d'entreprise pour qu'il puisse librement déterminer les règles applicables en matière de durée du travail, dans le respect des limites maximales prévues par la loi : seuil de
déclenchement des heures supplémentaires, taux de majoration applicables,...?".
L’usine de pneus Continental dont on a tellement fait des gorges chaudes pour faussement tuer les 35 heures avait montré la voie en acceptant de céder des RTT contre des salaires à 125 % ces
jours là. On va donc désormais passer à la seconde étape : les ouvriers et les cadres qui ont voté ce renoncement vont dans quelques semaines revenir à la case départ si l’on décale le
seuil de déclenchement des heures supplémentaires de 35 à 39 heures. Ils n’auront plus rien à réclamer et leur marché de dupes les aura conduit à travailler plus pour gagner moins car
rappelons le seuil de déclenchement des heures supplémentaires, qui correspond à la durée légale de 35 heures, est l'horaire hebdomadaire à partir duquel un salarié perçoit une majoration pour
heure supplémentaire, et est payé en théorie 25% de plus qu'une heure normale.
Le porte-parole du gouvernement, M Wauquiez, embrouille encore la déclaration de M. Fillon sur les 35 h : il répète qu'il n'est pas question de mettre en cause la
durée légale, mais qu'il est nécessaire d'allonger le " contingent annuel " qui bloque l'usage des heures supplémentaires ! Sic
De quoi parle t il ? Ce contingent est actuellement de 220 h, ce qui est énorme ! Il était de 91 h dans la métallurgie en 1995, de 110 h en 1998, il est passé à 130 puis à 180 h par M Fillon en
2003, déjà, et enfin à 220 h aujourd’hui , mais avec possibilité de " dérogation " (en pire) par accord... Ainsi dans la poissonnerie, il s’est trouvé des syndicats pour signer à 230 h
et dans les HCR (hôtels, cafés, restaurants) à 360 h. Qui trouve que ce n’est pas "assez" encore et que cela bloque ? Car pour faire 360 h, il faut déjà travailler 14 mois en 11 mois, en
admettant de ne pas racheter ses congés... De quoi crever au travail...
Mais surtout en gagnant moins : car chaque heure, hors de ce contingent, est majorée de 100% C’est à dire que plus le contingent est allongé, plus le seuil de déclenchement de la majoration à 100
% est reculé. Travailler plus pour gagner moins...
ULTIMATUM : LE 31 MARS
" Il y a une volonté hypocrite de vouloir remettre en cause la durée légale en tant que telle et ce n'est pas acceptable ", a réagi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly. " Nous ne pouvons pas accepter que la durée du travail puisse être différente d'une entreprise à une autre,
voire d'un salarié à un autre ", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre " sait très bien que sur ces questions-là, la négociation ne pourra pas fonctionner. Donc, d'une certaine manière, on fait semblant de
nous consulter et après, on passe en force " découvre-t-il à quelques heures de la nouvelle année. Il a au moins une date butoir pour négocier la reddition syndicale avec armes
militantes et bagages légaux : le 31 mars (authentique) soit quinze jours après le second tour des municipales et des cantonales !
Pour la CGT, Bernard Thibault a dénoncé dans Libération " la reprise quasi in extenso de la revendication du Medef " par le gouvernement.
Mais qui s’en soucie au moment de choisir entre le foie gras ou le saumon fumé pour le Réveillon de lundi soir ? " La remise en cause de la notion de durée légale du travail commune
à l'ensemble des salariés serait sans doute une régression de plus d'un siècle. Dans une même localité, vous verrez les directions d'un supermarché qui négocieront une durée légale pour leurs
salariés et tel autre qui négociera autre chose. Forcément, le patronat mettra en concurrence les salariés pour obtenir le maximum de concessions sur la durée du travail et cela deviendra vite
intenable ", a-t-il ajouté.
L'Union syndicale Solidaires (syndicats Sud) s'est également insurgée : " c'est une régression sociale majeure qui se prépare. Le gouvernement ne
reculera que contraint et forcé ", invitant à " créer rapidement les conditions d'un mouvement d'ensemble des salariés du privé et du public ". On peut toujours rêver
d’un grand soir qui mettrait le gouvernement installé avec 53 % des voix du peuple à genoux ! C’est utopique car plus personne ne comprend que la seule arme efficace dont il dispose c’est sa
citoyenneté, son bulletin de vote. Si le 16 mars 2008 au soir l’Ump et le Modem triomphent avec les voix des retraités, des travailleurs, des fonctionnaires, des cadres, des agriculteurs on va
rayer du vocabulaire politique l’expression utilisée par Nicolas Sarkozy : "acquis sociaux ! ". Il sera alors temps de sortir les mouchoirs et de regarder les
rétrospectives de ce mai 68 tant abhorrées par le gouvernement actuel!
Mais je déblogue…
a réagi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly. " Nous ne pouvons pas accepter que la durée du travail puisse être différente d'une entreprise à
une autre, voire d'un salarié à un autre ", a-t-il ajouté.
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Vendredi 28 décembre 2007
Dans le journalisme il faut se méfier énormément de la hiérarchie de l’information que l’on effectue car il y a parfois des rapprochements pour le moins dérangeants. En
fait le véritable rôle des médias c’est justement d’offrir aux citoyens un ordre d’importance aux faits qu’ils doivent connaître. Ce sens critique qui n’a jamais eu autant d’importance dans le flot
des dépêches qui tombe a constitué le fondement d’un métier que j’ai aimé. J’ai des dizaines de souvenirs sur des débats agités relatifs au choix des titres ou des photos. Mais hier, en regardant
la une des journaux du Web j’ai été scotché par le Nouvelobs.com, auquel je me réfère souvent. En effet, on trouvait à la une, bien évidemment, l’annonce de l’assassinat de Benazir Bhutto
dont on peut évaluer aisément l’importance et juste dessous (donc considéré comme au même niveau par le professionnel de permanence) : " Sarkozy et Bruni sont arrivés à
Charm-el-Cheick ". Une hiérarchie de l’info qui peut laisser pantois et un rapprochement de deux faits qui me révolte profondément car il illustre cet abêtissement des masses qui va
conduire notre démocratie vers le gouffre.
En fait c’est l’illustration parfaite, souhaitée par le pouvoir actuel, de l’organisation permanente de la perte des repères fondamentaux de la vie collective. Mettre
en parallèle le voyage ostentatoire d’un couple étalant sa lune de miel fastueuse avec force détails et la mort d’une femme ayant tout sacrifié pour défendre son opposition aux extrémistes
religieux c’est tout bonnement scandaleux. Quel décalage entre ces deux faits traités au même niveau ! Quelle indécence que l’étalement de cette vie privée de sens face au combat d’une vie
publique remplie de sens ! Quel manque de respect pour un métier qui nécessite un minimum de clairvoyance ! Quelle injure faite aux lectrices et aux lecteurs !
Hier (voir ci-dessous) j’attirais l’attention sur les dangers terribles des récentes déclarations présidentielles sur la laïcité. Je ne pensais pas avoir raison 24
heures plus tard. Les religions, toutes les religions génèrent leurs fanatiques plus ou moins visibles. Le Pakistan, comme certains pays occidentaux sont en passe de sombrer dans le chaos pour ne
pas avoir su faire respecter une liberté de croyance n’altérant pas la liberté de conscience des autres. Chaque fois que la laïcité recule ce n’est que sous le coup de boutoir du fanatisme
organisé.
On a vu hier jusqu’où cette volonté d’imposer des règles inspirées par un extrémisme pouvait aller. Benazir Bhutto n’avait de cesse de rappeler qu’elle ne tolérerait
plus cette alternative entre la main mise de l’armée ou des religieux sur son pays. Verdict sans pitié : la mort infligée par les uns avec la neutralité bienveillante des
autres !
LA MORT A SUPPLANTE L’AMOUR
Certes nous en sommes pas encore là mais nous avançons lentement vers la dictature du profit triomphant, vers la peopolisation outrancière, vers des religions de
pouvoir, vers la fin de la loi de 1905 que ce brave Raffarin se voit déjà en train d’amender ! Lentement mais sûrement les médias font basculer l’opinion dans cette vision sociale allant
contre la Raison et ce, dans l’indifférence quasi générale. Le NouvelObs.com en fournit une éclatante preuve alors que TF1 qui a bien compris le danger de révolte qui germe dans les
esprits n’a même pas osé parler (pour ne pas être désagréable avec Nicolas Sarkozy dont les frasques égyptiennes altèrent dans le fond sa cote de popularité) de ces retrouvailles hors du temps
entre le Ministre des Affaires étrangères et son Président dans une villa prêtée par un Cheik pour le moins généreux ! On s’est donc attardé dans les Jités sur la mort plus vendeuse l’espace
d’un soir que l’amour, sur la gloire plus productive que la beauté !
L'ex-Premier ministre pakistanais a reçu une balle dans le cou tirée par le kamikaze avant l'attentat suicide qui l'a visée. Elle a succombé à ses blessures à
l'hôpital, mais les enquêteurs n'ont pu encore savoir si elle est morte de sa blessure au cou ou des suites de l'explosion. La police précise que le kamikaze a tiré plusieurs coups de feu en
direction de Bhutto au moment où celle-ci quittait la réunion organisée dans un parc public. L'homme s'est ensuite fait exploser. Ce drame est le dernier d'une série record d'attentats suicide
dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts en 2007. Le plus meurtrier, pour l'heure, avait déjà visé une manifestation du parti de Benazir Bhutto : le 18 octobre, deux
kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du sud, son retour de six années d'exil.
L'ex-Premier ministre avait échappé aux kamikazes parce qu'elle se trouvait à l'intérieur d'un camion blindé en tête du défilé. Ils avaient annoncé son exécution et
ils ont tenu… leur promesse. " Je sais exactement qui veut me tuer ", confiait Benazir au lendemain d'un premier attentat qui avait fait 133 victimes à Karachi le 18 d'octobre.
" Ce sont les dignitaires de l'ancien régime du général Mohamad Zia qui sont aujourd'hui derrière l'extrémisme et le fanatisme. " Le père de Benazir Bhutto, avait été déposé
par le général Zia en 1997, avant d'être exécuté. Décédé dans un accident d'avion, Zia garde de fervents supporters au sein de l'armée pakistanaise…et notamment dans les services de
renseignements. Selon eux, trois groupes proches d'Al-Qaeda ou des Taliban avaient menacé l'ex-Premier ministre
EXPLOITATION DE LA RELIGION
Une chose est certaine, si Benazir Bhutto comptait beaucoup de supporters au Pakistan, elle y avait également beaucoup d'ennemis. Outre les nostalgiques de Zia, elle
était également la bête noire des intégristes, qui l'accusaient d'être une marionnette de l'Amérique. " Que cela soit dû au fait que les dirigeants comme le général Zia ont manipulé et
exploité la religion pour servir leurs propres objectifs politiques, ou au fait que la dictature suscite par elle-même des sentiments de dépossession et de désespoir, il demeure que l'extrémisme
représente aujourd'hui une menace pour mon pays, pour la région et pour le monde. " avait-elle affirme. A rapprocher des propos du chanoine Sarkozy tenus lors de virée papale qui
conduiront tout droit au même résultat dans queleus décennies !
Le jour où Benazir Bhutto payait de sa vie d’avoir tenté de vaincre par la parole les intégristes religieux de tous bords, la cour élyséenne se déplaçait de Louqsor
vers Charm-el-Cheick. Un événement qui venait après une série époustouflante d’exploits politiques susceptibles de changer le quotidien de la Nation. Le couple
a, selon les journalistes expédiés sur les lieux pour suivre ce qui restera l’événement de l’année 2007, profité de la dernière matinée à Louxor, ancienne capitale de l'Egypte pharaonique, pour
visiter la Vallée des Reines, site des sépultures des épouses de pharaons, après avoir parcouru celles des Rois mercredi.
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, épaule contre épaule comme depuis le début de leurs vacances, sont descendus dans deux tombes. Celle de Néfertari, l'épouse préférée
de Ramsès II, qui a régné 67 ans, et dont le couple a visité la veille le temple érigé à sa gloire, a été exceptionnellement ouverte. "Notre guide nous a dit qu'il fallait débourser 150 euros
par personne pour pouvoir la visiter", a expliqué à la presse une touriste française comme si cette mauvaise citoyenne avait à se plaindre de son pouvoir d’achat insuffisant. "Il nous a
dit qu'il allait demander à ce qu'elle reste ouverte pour qu'on puisse la visiter nous aussi", a-t-elle ajouté. Pauvreté de notre comportement que celui qui consiste à toujours vouloir se
placer dans le sillage des nantis et de s’ériger en profiteurs de leurs passe-droits.
DEUX VOYAGES DIFFERENTS
Le président de la République, en chemise kaki, s'était une fois de plus prêté facilement au jeu des photos avec les touristes, acceptant même de poser avec Carla
Bruni, chemisette noire près du corps, pour des Egyptiens travaillant sur le site archéologique. La dizaine de photographes professionnels en ont profité pour ajouter un cliché aux centaines
qu'ils ont déjà pris depuis mardi sans trop… de difficultés. Ils ne pouvaient pas penser, ces professionnels aux aguets, heureux de saisir une fausse intimité vendue aux vautours de la
peopolisation, que cette pauvre Benazir Bhutto allait leur ravir la une des journaux de fin d’année. Son voyage à elle aura été d’une toute autre nature. Sa dépouille a en effet été transportée de l'hôpital vers une… base militaire d'où elle est partie pour son village familial de Larkana, dans le sud du Pakistan. Le parcours fut extrêmement
chaotique à la sortie de l'hôpital, des centaines de personnes se massant autour du cercueil en bois tout simple où une petite vitre en plastique sur le couvercle laissait apercevoir le corps,
enveloppé dans un linceul blanc.
Une multitude de sympathisants tentaient de toucher le cercueil, rendant très difficile la progression des hommes qui le portaient pour descendre les escaliers de
l'hôpital général de Rawalpindi, la grande ville de la banlieue d'Islamabad, où a été perpétré l'attentat qui a tué également 20 autres personnes. Ses funérailles auraient lieu dès vendredi, le
plus rapidement possible comme le veut la coutume musulmane, dans le mausolée familial à Larkana, aux côtés de son père.
Vite, vite la République va affréter un avion présidentiel pour que notre Président fasse un saut aux obsèques… abrégeant ainsi ses séances de bronzage avec Christine
et Bernard ! Il sera de retour dimanche matin pour son voyage officiel en Egypte avec ses… 200 invités arrivés pour réveillonner au Caire pour certains d’entre eux qui n'eiront pas au
Fouquet's. Il aura ainsi une chance d’être en images dans le 20 heures de ce soir sur TF1. Et si par hasard le 31 décembre il peut faire une allusion à Benazir Bhutto martyre de la laïcité
ce ne serait qu’excellent pour les sondages ! Il promettra aussi qu'Ingrid Bettencourt sera libéré... pour Noël mais sans dire l'année car les FARC n'ont pas besoin de centrale
nucléaire!
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Même si je sais que par les temps qui courent ce n’est pas la préoccupation essentielle du milieu politique, je demeure persuadé que la déclaration la plus dangereuse
pour la République Française depuis belle lurette a été effectuée à Rome par Nicolas Sarkozy. Elle n’a certes pas bouleversé les élites intellectuelles et est malheureusement passée quasiment
inaperçue car éclipsée par la… non présence à ses cotés lors de son déplacement papal de la nouvelle Cendrillon hexagonale. En fait l’un des piliers si ce n’est " LE " pilier de base de
notre système démocratique a pris un " sacré " (sic) coup de bulldozer sarkozyste. Cette laïcité sans laquelle on ne conçoit pas de République citoyenne a été secouée par une prise de
position dramatiquement réactionnaire. Dommage que la Gauche soit demeurée, à mon avis beaucoup trop discrète sur ce thème. En effet aucun président de la République n’était allé aussi loin dans
ses attaques à l’égard de ce qui fonde la liberté individuelle de conscience.
Le discours rédigé par Henri Guaino (il convient désormais de savoir qui est le scénariste de cette tragédie politique) n’entre plus dans le cadre de la
rupture, mais franchit le pas du négationnisme historique : celui de tous les crimes, des milliers de victimes du fait religieux partout dans le monde. En apostrophant la laïcité sur le thème du
fanatisme, le Chef de l’Etat mêle dans un amalgame inacceptable les bourreaux et les victimes. Il a en effet déclaré avec un aplomb digne des pires religieux fanatiques "que s’il existe une
morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée des convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque
risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas associée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini."
Il faut oser le penser, l’écrire et le dire au nom de la France dans un église. D’autant que cette déclaration terriblement hostile aux principes de la laïcité
s’accompagnait d’une seconde diatribe tout aussi critiquable : "la morale laïque risque toujours de se changer en fanatisme", lorsqu’on compte par milliers les… fanatiques religieux qui
s’immolent au nom de leur Dieu avec des avions civils dans des tours américaines, qui se font sauter au milieu des foules innocentes, qui avilissent les femmes en les méprisant. Mais aussi en
ignorant ostensiblement que des siècles d’Inquisition ont brûlé femmes adultères, penseurs et savants, érudits progressistes et écrivains impertinents. Les Livres Saints de tous bords sont rouges
du sang des ennemis que l’on a massacrés pour entrer en terre promise, pour conquérir un empire religieux, pour imposer des rites importés, pour arriver au pouvoir par l’extermination commise au
nom de Dieu, pour une vérité délivrée mais non avérée !
C’est donc au nom de cette révision surréaliste de l’Histoire totalement méprisée que nous nous apprêtons désormais à changer la donne de la laïcité. D’une République
qui, sagement, avait choisi de n’avoir… aucune religion depuis deux siècles, nous allons passer à une République qui, très dangereusement, embrassera toutes… les religions et leur donnera une
importance symbolique.
MEME BAYROU S’INDIGNE
Cette nouvelle donne est bien plus inquiétante que ne l’ont cru les habituels exégètes réputés laïcards de la pensée sarkozyste. Ils étaient certainement en train de
prépare leurs valises pour le soleil ou le ski. Ils ont totalement oublié de réagir à ces affirmations dignes de celles d’un religieux missionnaire. Nicolas Sarkozy a ouvert une brèche dans le
seul barrage qui existe en Europe contre les religions installées qui… n’avaient pas demandé autant et qui se satisfaisaient prudemment du statu quo de la loi de 1905. Il aussi intronisé certains
mouvements péri-religeiux voir sectaires qu’en tant que ministre de l’Intérieur il semblait protéger. Il n’a jamais démenti les rumeurs de protection que son ministère prodiguait à la
Scientologie, au nom (déjà) de la liberté de croyance. Se réfugiant derrière cette liberté, il s’était alors interdit toute mesure coercitive à l’encontre de mouvements sectaires ce dont ont vite
profité des mouvements jusqu’alors prudents. Dans son ouvrage La République, les religions, l’espérance (éditions du Cerf, 2004), Nicolas Sarkozy affiche une réelle complaisance envers
les mouvements sectaires, invitant même à la reconnaissance des " nouveaux mouvements spirituels ".
François Bayrou que l’on ne peut pas suspecter d’être un bouffeur de curé, d’imams ou de pasteurs en tous genres a senti le danger. Il a flairé le racolage des
franges les plus " fanatisées " des religions. Le concept de " laïcité positive " avancé par Nicolas Sarkozy " remet en cause la conception de la laïcité
républicaine " et favorise un retour à la religion "opium du peuple" dénoncée par Karl Marx, estime François Bayrou dans un entretien paru hier dans… Le Figaro. Incoyable : c’est un
homme politique de droite, dans un journal de droite qui lance la riposte !
" Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond,
passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite ",
estime le président du MoDem. " C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'Etat et la religion. Ce mélange des genres
n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction ", poursuit François Bayrou. Heureusement que c’est lui qui ose le dire car si
c’était moi certaines d’entre vous me traiterait de laïcard dépassé ! Et pourtant je suis absolument d’accord avec son analyse car ces déclarations sont d’une gravité exceptionnelle.
HARO SUR LES INSTITUTEURS
" Cette conception sociologique de la religion, fournissant l'espérance qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies,
on croyait qu'elle était loin derrière nous! Ce n'est pas autre chose que l'opium du peuple que dénonçait Marx ",
L’ancien Minsitre d’une éducation de moins en moins nationale aurait pu aussi relever, dans le discours le plus anti-laïque et anti républicain qu’ait jamais prononcé
un Président, le passage destiné aux religieux suivant qui me révulse au plus haut point : " (…) vous créez de l’espérance et vous faites grandir des sentiments nobles. C’est une chance
pour notre pays, et le Président que je suis le considère avec beaucoup d’attention. Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal,
l’instituteur (NDLR : il devrait se renseigner ils n’existent plus !) ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il
lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. ". J’espère qu’il y aura un syndicat d’enseignants ayant suffisamment de
courage pour afficher ce passage dans toutes les salles des professeurs de France car il s’agit d’un mépris absolu à l’égard de leur métier. François Bayrou a oublié de commenter cet extrait
révélateur de sa pensée.
POLITIQUE ET FOI
Bien évidemment ce nouveau bush qui confond politique et foi a parsemé son discours d’effets d’annonce destiné à concrétiser sa conversion : reconnaissance des
diplômes émanant des instituts catholiques, y compris le diplôme de théologie qui ne correspond à aucune discipline reconnue dans le cursus universitaire public. N’importe qui, pourvu qu’il soit
classé dans les organismes religieux, pourra prétendre à former des " docteurs " en tout et n’importe quoi et la République y apposera son sceau, au nom de cette prise en compte du
religieux par la société. La dérive est là, qui nous vient à grand pas des Etats-Unis : demain, la République devra avaliser des formations ayant pour objet la négation de l’évolution des
espèces. On peut craindre que le créationisme soit par exemple mis au même rang universitaire que la biologie moléculaire et qu’une religion délivre des titre dans ce domaine.
De la même façon, après que le Conseil d’Etat eut invalidé la disposition contraignant les communes à financer la scolarité d’enfants dans des écoles privées, le
ministère de l’Intérieur s’était empressé avant l’élection présidentielle de publier une nouvelle circulaire : depuis cette année, les communes doivent financer la scolarité d’enfants dans des
établissements privés, quand bien même ces communes disposeraient des moyens et des places dans des écoles publiques sur leur territoire… C’est un signe fort donné aux religieux qui voudraient
reprendre en mains la formation des esprits. J’attends les cris de " vierges " effarouchées qui ne manqueront pas de monter quand les écoles coraniques s’installeront de fait sur le
territoire national financées par de l’argent public et que l’on ne vienne pas me dire que l’Etat contrôle ces établissements. On supprime les postes de fonctionnaires chargés de les
surveiller !
Si vous assemblez les différents éléments du puzzle vous constaterez que les religions font leur entrée officielle dans le débat public avec le financement des
établissements scolaires mais aussi si on se fie au rapport Machelon commandé par la Ministre de l’Intérieur Sarkozy celui des lieux de culte. Croyant ou pas, le contribuable citoyen laïque devra
payer pour les croyances des autres et surtout au nom d’une liberté qu’il devrait assumer totalement. En fait le discours de Saint Jean de Latran est dans l’immédiat le plus grave de tous ceux
qu’a prononcé Nicolas Sarkozy depuis son arrivée à l’Elysée : il entre dans une vision réactionnaire venant des pires Républicains (méritent-ils cette appellation) américains ! Du Bush
pure eau bénite !
Mais je déblogue…
poursuit le leader centriste. Foutre il deviendrait marxiste le futur maire de Pau ? Il estime qu'il s'agit là d'un " leitmotiv chez Nicolas
Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues ". Je l’avais dénoncé en son temps car il était dangereux pour l’Etat républicain
de demander ouvertement aux religieux de palier ses défaillances. Ils ne se sont pas faits…prier et les RG affirment dans divers rapports que sans eux la cocotte minute exploserait.
" L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale
républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche ", dit-il. François Bayrou relève par ailleurs le " paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque
fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public ". Il aurait pu ajouter qu’il est
également surprenant de constater que celui qui prêche le retour en grâce des religions n’en respecte personnellement aucun des principes qu’il veut mettre en exergue au niveau de
l’Etat !
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Mercredi 26 décembre 2007
Les élections américaines auront des conséquences planétaires. Même si on peut le regretter, le choix par les électrices et électeurs des USA de celle ou celui qui les
gouvernera, plongera le monde dans l’espoir ou l’angoisse. Il est vrai que nous sommes rendus au bord du précipice et quelques centaines de milliers de voix d’un Etat ou d’un autre pourraient nous
faire basculer définitivement vers l’abîme. Or ce scrutin, bien plus que d’autres, recèle des mystères que nous sommes incapables de percer.
La France politique se ravitaille pourtant en idées neuves de l’autre côté de l’Atlantique. Elle va y chercher ses nouveaux principes libéraux, l’influence des
médias, le culte de l’image, la faiblesse du débat idéologique, les promesses qui ne durent qu’un temps réduit, les résultats discutables, l’influence de la vie privée, le poids des financeurs…
Il est certain que les entourages des candidats potentiels pour 2012 scrutent chaque semaine l’évolution des thèmes abordés et plus encore la manière dont ils le sont. Nous aurons en effet avec
quelques années de décalage une campagne présidentielle quasiment du même ordre.
Le système des primaires tellement obscur pour le citoyen lambda est devenu par exemple très à la mode parmi les valeurs montantes du PS. On parle de primaires
" à l’italienne " alors que d’autres veulent des primaires " à l’américaine " pour désigner le rival de Nicolas Sarkozy. En fait on supprimerait totalement la notion
de " militantisme " pour lui substituer celle de " supporter ". On a vu une esquisse en 2007 de ce que deviendrait alors une élection de ce type et surtout les dégâts que
génèrerait la notion de " consommation " dans une désignation ! En fait on irait vers une fin du principe fondateur de la République actuellement en vigueur : une femme, un
homme, une voix.
Les élections primaires sont en effet organisées aux USA par les deux partis principaux (et la plupart des autres) pour désigner dans chaque État les délégués du
parti qui se rendront à la convention nationale. L'existence et la forme de ces élections primaires dépendent du parti et de l'État. À l'origine, les délégués élus étaient libres de leur vote
lors de la Convention ; depuis la seconde moitié du XX° siècle les délégués s'engagent sur un candidat et, de facto, ce sont les élections primaires qui déterminent le choix du candidat.
Au fil des votes successifs la notion de démocratie directe disparaît aux Etats-Unis.
UN SYSTEME INDIRECT COMPLEXE
Les élections primaires vont débuter en janvier de l'année électorale dans l’Iowa et le New Hampshire. Ces deux États, qui sont loin de représenter l'ensemble des
États-Unis, se sont arrangés pour être les premiers à lancer le processus essentiellement pour bénéficier de la couverture médiatique qui en découle. Au fur et à mesure que les élections
primaires se déroulent, on assiste à l'élimination progressive des candidats qui additionnent le moins de délégués. Cette élimination provient, en grande partie, de la diminution des soutiens
financiers : le candidat ne peut plus se permettre de payer ses frais de publicité et de représentation.
Pour contrer ce processus terriblement pénalisants, de plus en plus d'États décident de tenir leurs élections primaires le même jour, et ont choisi un mardi du mois
de mars que les médias ont depuis baptisé " Super Thuesday ". Les élections de 2004 ont montré que le processus était loin d'être stabilisé puisque certains États continuent d'avancer leurs
élections primaires dans l'espoir d'acquérir une plus grande importance aux yeux des médias alors que d'autres se regroupent dans le même but.
Dans la majorité des États, les élections primaires prennent la forme d'un vote qui peut être : ouvert à l'ensemble des électeurs qui le souhaitent, semi-ouvert (vote
pour un seul parti) ou fermé, réservé aux membres du parti. Le vote " ouvert " permet, curieusement, à un électeur républicain de voter pour la désignation du… candidat démocrate et vice-versa.
On peut pas dire qu’en France un candidat ait tout fait pour choisir l’opposition qui lui convenait le mieux car chez nous ce sont les médias qui ont fait le boulot !
Dans une minorité d'États, dont l'Iowa, les élections primaires prennent la forme d'un " caucus ". Il s'agit d'une réunion des membres du parti où les votes
se font ouvertement, à main levée par exemple. Dans les deux cas, primaires ou caucus, les candidats à l'élection présidentielle commencent leur campagne dans les États depuis au moins un an
avant le début des primaires. En raison du coût de ces mini-campagnes électorales multipliées, certains candidats ne se présentent pas dans tous les États pour économiser leurs fonds afin de
faire campagne dans les États qui envoient le plus de délégués aux conventions.
Cette situation qui ne repose que sur les sommes récoltées pose le problème véritable de l’accessibilité au pouvoir. On est entré dans cette phase des calculs savants
qui vont faire que les délégués de l’un vont se rallier à l’autre et que lentement mais sûrement va se dégager le face à face officiel des présidentielles réelles, elles aussi basées sur un
système de " grands électeurs " très discutable !
LA MOBILISATION ITALIENNE
La primaire pour la coalition centre gauche-Verts en Italie a été expérimentée la première fois en 2004 dans la région des Pouilles (Bari) : elle a permis à la
coalition ainsi formée de gagner la région. Elle a ensuite été étendue à l’ensemble de l’Italie à l’automne 2005. Là où les organisateurs attendaient entre 500 000 et 1 million de personnes, il y
a eu… 4,2 millions d’électeurs à se déplacer. Tous les citoyens qui signaient un engagement à soutenir le candidat sortant de la primaire pouvaient y participer en s’acquittant en outre d’un don
de 1 euro minimum. 20 millions d’Euros ont ainsi été récoltés. Rappelons qu’en France un candidat à la présidentielle qui fait 5% peut se faire rembourser 4 millions d’Euros. Il s’agit là d’un
acte citoyen direct : un homme, une femme, une voix !
Les élections législatives en Italie ont eu lieu le 9 avril et ont permis à la coalition Unione (11 partis de catholiques-centre-gauche-communistes-verts ) emmenée
par Romano Prodi de vaincre Berlusconi. C’est la participation massive à la primaire qui a donné à Prodi l’autorité pour parler au nom de tous avec une grande force et a permis de gagner de peu.
Il est probable que sans la dynamique créée par la primaire, Berlusconi, qui n’a reculé devant rien pour se maintenir au pouvoir, aurait gagné. Depuis la coalition a passé sans encombre
l’obstacle que représentaient les élections municipales, conservant aisément ses mairies de Rome, Turin et Naples et progressant à Milan, même si la Maison des libertés (CDL) de Silvio Berlusconi
conserve son bastion.
Les élections municipales partielles, qui concernaient 1.261 localités italiennes et quelque 20 millions d’électeurs, constituaient le premier test d’envergure après
les législatives extrêmement serrées d’avril qui ont porté l’Unione de Prodi au pouvoir. Berlusconi voulait faire de ce scrutin la base de sa reconquête. "La revanche a échoué", écrivait
l’éditorialiste du quotidien de gauche La Repubblica. Il reste à savoir si ce système peut être profitable à un candidat de la Gauche en France car on a bien vu ses limites pour la désignation du
" candidat " du Non lors des présidentielles écoulées. Au PS on avait, avec l’adhésion à 20 € trouvé une alternative " soft " qui a partiellement échoué car elle n’a pas
stabilisé durablement un électorat.
TRES SERRE DANS LES DEUX CAMPS
En attendant aux USA la bataille se durcit car il ne reste que 3 semaines avant de lancer les premiers scrutins. John McCain a réduit l'écart avec Mitt Romney, favori
de longue date pour la primaire de désignation du candidat républicain à la Maison Blanche dans le New Hampshire, selon un sondage publié par le Boston Globe. Chez les démocrates, Barack
Obama a pris de l'avance sur Hillary Clinton.
Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, et John McCain, sénateur de l'Arizona, se trouvent donc au coude à coude, avec 28% d'intentions de vote pour le premier et 25% pour le second,
alors que l'écart était de 32 à 17 le mois dernier dans le même baromètre. L'ancien maire de New York Rudy Giuliani arrive en troisième position, avec 14%, devant l'ancien gouverneur de
l'Arkansas Mike Huckabee, à 10%. Il est à peu près certain que le candidat républicain sera Mitt Romney qui ne cesse de progresser et qui peut coiffer sur le fil un rival parti trop tôt.
Dans le camp démocrate, le sénateur de l'Illinois Barack Obama est crédité de 30% d'intentions de vote, soit deux points de plus que la Sénatrice de New York Hillary Clinton, alors qu'un mois
auparavant Hillary Clinton l'emportait avec 35% contre 21% à Barack Obama parmi les électeurs démocrates appelés à se prononcer pendant la primaire. Loin derrière viennent l'ancien sénateur de
Caroline du Nord John Edwards, avec 14% d'intentions de vote, et le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson, avec 7%.
La course commencera le 3 janvier avec les caucus de l'Iowa, suivis cinq jours plus tard de la primaire du New Hampshire.
Ces scrutins donnent le coup d'envoi de la véritable bataille et permettent déjà d'éliminer quelques prétendants à l'investiture. Il ne s’agit en effet dans un premier temps que d’une
" course à l’américaine " comme on la pratique sur le vélodrome : le dernier est éliminé au bout de plusieurs tours sur le circuit. On ne trouvera donc rapidement que… deux
Démocrates et trois Républicains pour finir par des affrontements en duels. Alors que dans le système italien on désigne directement " LE " candidat chargé de piloter le navire durant
la durée du mandat sur la base d’un vote claire et précis.
Dans les primaires américains les clés du succès sont la peopolisation et les sondages dans celles de l’Italie on a parlé programme et efficacité électorale… La
France de Gauche aura à effectuer rapidement ce choix et dans le fond le résultat conditionnera son retour au pouvoir.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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ACTUALITE
Avec Noêl ce qui est bien c’est que nous avons des repères rassurants. Nous retrouvons le sapin, les décorations, les huîtres, les chocolats, les compulsifs et à sa
manière on se rassure en se donnant parfois l’impression d’être riche. Nous jouons aussi aux Rois mages, cette légende rassurante qui voit des gens se pencher avec générosité sur le berceau d’une
vie que l’on souhaite la plus agréable matériellement. Nos soirées nous les rêvons semblables à celles des gens qui ne comptent pas. Nous voulons des fastes surdimensionnés, de la surabondance
provisoire afin de nous rassurer sur notre propre avenir. Cette standardisation des ambitions a été parfaitement utilisée sur le plan politique et continuera à l’être. Il faut absolument être
vécu soit comme un roi mage qui dispense des bienfaits soit comme un " élu " qui reçoit les leurs.
Nos attitudes, toutes proportions gardées, sont similaires dans leur signification à celles du Fouquet’s un soir d’élection : elles nous permettent, à notre
manière et avec nos moyens, d’entrer brièvement dans le monde interdit de ceux qui peuvent claquer du fric sans retenue. Les fêtes de fin d’année sont des moments où l’on se déconnecte par la
nourriture et la générosité de l’austérité des mois antérieurs. Nous essayons de manière plus ou moins ostentatoire de nous rapprocher de la consommation sans limites, celle dont beaucoup de
monde rêve en regardant les résultats de l’Euromillions ou du Loto ! Cette tentation dépenser sans complexe et sans retenue sommeille dans bien des cœurs. Le Père Noël de l’Elysée l’a bien
compris : personne ne songera véritablement à mener un train de vie de star ou de tsar ! Il a même inventé les moments pharaoniques !
Le président français Nicolas Sarkozy est en effet arrivé à Louxor, sur les bords du Nil en Egypte, pour un séjour privé qui s'annonce hautement médiatisé, avant une
visite officielle au Caire. Maintenant il va falloir séparer le temps d’avions présidentiel privé et le temps d’avion présidentiel public puisque son salaire augmenté va enfin lui permettre de
faire face à ses dépenses personnelles. On ne peut qu’être rassuré : tous les frais liés à l’aller, au séjour jusqu’au 30 décembre et au retour seront payés sur facture ! Il est arrivé
"avec une accompagnatrice" (devinez qui ?) et quelques membres de sa famille à Louxor, une ville musée, l'ex-Thèbes pharaonique, en Haute-Egypte, à 700 km au sud du Caire.
DES CADEAUX EN PAGAILLE
Sa nouvelle relation désormais publique, avec un ex-top modèle et chanteuse de 39 ans va constituer le second épisode de " amour, gloire et beauté " qu'une
foule de touristes, et un fort contingent de journalistes s’apprêtent à partager. Pour cette première partie de son séjour privé, c'est au Old Winter Palace, un hôtel de légende en bordure de la
rive-est, que le président français s'installera dans une suite, face au Nil.
Outre "l'accompagnatrice", un de ses fils et sa fiancée ainsi, sans doute, que la mère de Nicolas Sarkozy, seront logés dans ce palace de la fin du XIXe siècle de
style victorien, au superbe jardin exotique, aujourd'hui géré par le groupe français… Accor (tiens donc !). Un bal masqué de têtes couronnées fut organisé pour son inauguration, lors du
réveillon 1886. Parmi d'innombrables personnalités, l'ex-président français Valéry Giscard d'Estaing figura parmi ses clients. En fait, le président Sarkozy aurait souhaité retourner à l'hôtel
Old Cataract d'Assouan, où il avait séjourné en 2003 et lieu choisi par le défunt président François Mitterrand pour son ultime réveillon de 1995, ce qui n'a pas été possible pour des questions
d'organisation. François Mitterrand avait pris l'habitude de venir en hiver à Assouan, tout au sud, à 900 km du Caire. Accompagné pour son dernier séjour d'Anne Pingeot et de leur fille Mazarine,
il décéda peu après, le 8 janvier 1996. Dans le cadre de la fabrication de son image ce " rapprochement " lui aurait permis de clouer le bec à de socialistes imprudents qui auraient osé
un commentaire sur ces vacances d’un autre monde que les Françaises et les Français rêvent secrètement de fréquenter !
Après Louxor, où la discrétion ne devrait guère être au rendez-vous, Nicolas Sarkozy et ses proches prendront, le 27 au soir, la direction de Charm el-Cheikh, la
grande cité balnéaire au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du Sinaï. Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner les y rejoindra avec sa compagne Christine Ockrent dans une villa retirée, et
aux abords bien verrouillés, sur la baie de Naama. On y parlera des Droits de l’Homme et du séjour de Kadhafi dans la luxueuse villa avec un accès direct à la mer. Elle est située dans une vaste
bande littorale, propriété du cheikh d'Abou Dhabi (rappelez vous celui qui a réglé la rançon libyenne pour les otages bulgares) ce qui ne devrait pas poser de problèmes pour l’addition quand on
connaît la générosité du personnage invité d’honneur du premier 14 juillet sarkozyste.
IL N’Y A PAS URGENCE
Si l’on effectue un bilan de cette escapade on constate objectivement que le déplacement est effectué en avion privé (Falcon prêté à nouveau par son pote Bolloré, le
séjour dans un hôtel d’un copain (groupe Accor), le déplacement en Egypte d’un lieu à l’autre assuré par Bolloré, la villa est aimablement mise à disposition par un personnage clé de la politique
au Moyen Orient qui recevra sans conséquences aucunes sur la politique française, le chef de la diplomatie, une journaliste influente et le nouveau couple présidentiel en lune de miel ! Peut
on rêver mieux pour un feuilleton people ? Les Rois mages ont de l’avance sur la terre d’Egypte. le scénariste de l’info a de quoi se régaler ! Il en est en revanche d’autres qui
réécrivent sans cesse les épisodes de Noël et qui jouent le rôle des méchants dans un monde à l’s dans un monde à l’eau de rose. Les urgentistes hospitaliers !
Ils menacent de durcir en janvier une grève illimitée entamée hier et qui est actuellement sans conséquences pour les patients, pour obtenir la rémunération
d'heures supplémentaires impayées depuis des années et davantage de moyens pour l'hôpital. Revoici le fameux problème des heures supplémentaires dont on rétorquera qu’il est lié à ce système
basurde des 35 heures alors que ce sont surtout des " suppléments " liés à l’absence de personnel qualifié et au terrible numerus clausus médical qui a privé les " urgences "
et l’anesthésie (métiers trop risqués) des possibles vocations.
Les représentants des grévistes ont jugé "insuffisantes" des propositions faites lundi par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, au cours d'une visite aux urgences de l'hôpital
Saint-Antoine, à Paris.
" Nous avons le service minimum, donc ça ne changera rien pour les patients pour l'instant ", a déclaré le président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF)
Patrick Pelloux sur France Info. " Ca ne changera rien pour les malades parce qu'il n'y a aucun conflit social qui mériterait que l'on remette en cause la sécurité des malades ", a-t-il
ajouté. Il avait toutefois prévenu que si rien n'avançait, ils iraient vers " une grève très dure à partir du 2 janvier, sans doute rejoints par les syndicats
d'anesthésistes-réanimateurs "
ON ATTEND UN MIRACLE
Une " concertation " sur les millions d'heures supplémentaires et jours de congés impayés à l'hôpital s'ouvrira le 7 janvier, a indiqué lundi la ministre
de la Santé, Roselyne Bachelot qui ne tardera pas à proposer un… grenelle eds urgences afin d’enterrer avant les élections le problème ! Selon la Ministre elle-même, 23 millions d'heures
supplémentaires et 3,5 millions de jours de RTT restent impayés dans les hôpitaux, " soit 800 à 900 millions d'euro ". La ministre, qui a visité les urgences de l'hôpital
Saint-Antoine, à Paris, où travaille notamment Patrick Pelloux, a annoncé disposer de 572 millions d'euros, dont 324 fournis par les hôpitaux eux-mêmes dont on sait qu’ils sont déjà en rupture
financière. Présent au cours de la visite, Patrick Pelloux, a contesté les chiffres fournis par Roselyne Bachelot: " Il y a un certain nombre de représentants des directions qui sont
là, ils sont très étonnés, l'argent n'a pas été provisionné, on ne sait pas où il est ", a-t-il déclaré. En effet le problème c’est que Roselyne Bachelot sort une somme pharaonique de
son chapeau, prise sur des budgets déjà déséquilibrés des hôpitaux incapables par exemple de régler l’addition des prises en charge des blessés ou des urgences vitales pas les
sapeurs-pompiers !
Il ne lui reste plus qu’une solution : vendre en bloc les hôpitaux au cheikh d'Abou Dhabi ou lui demander de faire le même geste que celui qu’il a effectué vis
à vis de la Libye : un chèque de 900 millions d’Euros ! Il pourrait les prendre sur les profits colossaux récemment effectués sur le pétrole et le restituer aux gens qui lui ont
adressé. On pourrait demander à Bolloré ou au PDG d’Accor de restituer le paquet cadeau fiscal qu’ils ont obtenu de leur ami et ils entreraient avec les autres dans le camp tellement vénéré des
" généreux donateurs ". Au fait c’est Noël et ça fait du bien de croire en un monde juste, équitable et solidaire.
Nicolas Sarkozy retrouvera les… 200 personnalités qu’il a invitées à son déplacement officiel de 36 heures. En faisant la quête pour une contribution sociale
généralisée il devrait retourner en France avec une part des fonds nécessaires au financement des urgences où l’on aura conduit cette semaine tous les sans domicile fixe " récoltés "
dans les rues des villes, tous les malades qui dès le 1° janvier vont payer la… franchise médicale. Ils joueront ainsi à leur façon aux rois mages ! Joyeux Noël.
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan : "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant
de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut
envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.
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