Dimanche 14 octobre 2007
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C’est fait, la France va avoir la chance de bénéficier d’un secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports à temps plein. Elle en rêvait depuis tellement de semaines
qu’elle fêtera cet événement par une explosion de joie dans les chaumières. De partout les cris de satisfaction sont montés : Bernard Laporte va enfin pouvoir donner l’exemple aux sportifs et
aux jeunes. Il est vrai qu’on l’attendait depuis longtemps.
En fait pour ne pas avoir su jouer l’ouverture, le XV de France a offert à Nicolas Sarkozy le bonheur d’accueillir à l’Elysée son pote du Bassin d’Arcachon autour de la table inutile du conseil des
collaborateurs. Bizarrement hier soir on ne l’a pas trop vu sur le petit écran et il a disparu sans effectuer de commentaires sur TF1 mais il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il s’associe, en ce
moment, à une défaite supplé
mentaire. Les Bleus ont été victimes de " détails " ce qui devraient attirer l’attention de Fillon : on finit toujours pas payer des grains de
sable qui se glissent dans les machines les plus puissantes. Une glissade de Traille, une cuillère anglaise qui reprend un pas de Clerc, un bras trop haut de Swierzinski qui offre une cravate
malvenue à Wilkinson et la France prend la porte !
Le divorce qui menace l’image d’Epinal de la Madone de Tripoli, les rugbymen qui s’arrêtent sur le chemin de la béatification, Dati qui met la France judiciaire en
lambeaux, une grève terrible qui s’annonce pour la semaine prochaine, Fadela Amara qui fait dans le " dégueulasse " bienfaisant, une majorité qui se teste sur l’ADN, les copains qui ont
bénéficié d’une idée fabuleuse d’investissements à fonds perdus de la Caisse des dépôts, Galouzeau de Villepin qui se met à balancer dur, Poutine qui fait le coup du mépris intégral : il
faut bien avouer que les nuages s’accumulent dans le ciel sarkozyste ! Il paraît que Mitterrand consultait régulièrement Elisabeth Tessier sur son avenir. Il devient urgent que le
pensionnaire actuel de l’Elysée fasse venir une voyante extra lucide de ses amies pour savoir si cette mauvaise passe va durer encore longtemps. Certains disent que le rôle pourrait convenir à
Roselyne Bachelot dont le look et la capacité d’anticipation correspondent probablement à la compétence nécessaire. Comme elle travaillera avec Bernard Laporte dans quelques jours elle
s’inscrirait dans la logique d’une utile collaboration. Tous deux vont constituer la paire de " demis " qui va sauver le sarkozysme en danger.
LA CHABALISATION DU DEBAT
Après cette nouvelle défaite face aux Anglais les discussions vont enfin porter sur les erreurs commises par le secrétaire d’Etat aux sports. On rappellera que malgré
les victoires antérieures les Bleus ont manqué en permanence de constance dans leur jeu. Ils sont tirés d’affaire chaque fois que leurs adversaires n’ont pas été capables de développer un jeu
organisé et surtout n’ont pas su contourner le défi physique que les Français cherchaient à imposer. La théorie de Laporte consistait à chercher des gens solides capables d’imposer le débat et
donc de conduire l’adversaire sur des secteurs où il espérait que ses troupes seraient les plus fortes. La Chabalisation du rugby français a conduit à négliger les débats faits de confrontations
reposant sur la technique et la tactique. Le choix a réussi face aux Blacks incapables de faire autre chose que de chercher à prendre les Bleus à leur propre épreuve de force. Ils n’avaient
réellement jamais joué leur jeu étant particulièrement méfiants et plus préoccupés par les contres que par leur puissance collective.
Les représentants de la perfide Albion ont eu la chance que les Bleus avaient eu contre les Néo-zélandais. Ils ont su l’exploiter alors que nous restions englués dans
un combat ressemblant à la défaite des chevaliers français à Azincourt. Après une énorme bévue de Damien Traille en défense, amenant un essai anglais (non transformé par Wilkinson) dès le début
du match, les avants, occupèrent le terrain anglais. Et marquant deux pénalités grâce à Lionel Beauxis. Wilkinson, de son côté, rate un drop et une pénalité tirée au-delà des 50 mètres ils ont
entretneu le supense.
En deuxième mi-temps, les deux équipes se neutralisèrent, les Anglais occupant mieux le terrain adverse. Les Français, quant à eux, perdirent davantage de ballons. Alors que le score ne décollait
pas pendant la première partie de la seconde mi-temps, les Bleus commirent une de leurs rares fautes en défense, offrant une pénalité sur un plateau à Jonny Wilkinson. Un drop de ce dernier, à 5
minutes de la fin, fit passer le score à 9-14. Les dernières attaques françaises se heurtèrent à la défense anglaise, que jamais les Bleus ne réussirent à franchir. En fait on a découvert une
fois encore que l’Angleterre est bien séparée de la France par un obstacle qui reste infranchissable même à la nage dans les regroupements. Le naufrage ne fut jamais menaçant mais le canot de
survie fut pourtant toujours de sortie.
COUPS DE PIED PLUS OU MOINS TORDUS
Contrairement à d’autres secteurs de la vie collective hexagonale il n’y a eu aucune erreur dans le camp... de la Rose qui fut d'une solidarité parfaite face à
l’adversité. On ne l’a pas véritablement pas sentie dans le camp tricolore. Les Coqs se sont battus individuellement dans les filets qui se resserraient inexorablement autour d’eux. On comptait
parmi les dizaines de supporteurs massés sous la halle médiévale de La sauve Majeure sur une percée de Chabal, sur un sprint de Clerc ou sur une inspiration d’Elissalde pour faire basculer le
match. Jamais on a cru dans la globalité de l’action des Bleus car lentement mais sûrement se dégageait un sentiment d’impuissance collective. D’ailleurs ce sont les fameux statisticiens qui
donneront les clés de la rencontre.
Les Bleus ont en effet perdu des ballons chèrement gagnés qu’ils ne retrouvèrent ensuite jamais. Ils ont aussi galvaudés des coups de pied qui pouvaient faire la décision (Beauxis a manqué échoué
dans ses trois tentatives de drops sur trois en première période) et surtout ils ont laissé filer le match en deux minutes…
La Marseillaise entonnée par plus de 200 personnes rassemblées par l’opération grand écran en Créonnais témoignaient que le patriotisme a encore de beaux jours devant
lui quand il repose sur des concepts guerriers ou d’exclusion parachutés dans le sport. Il ne résiste cependant pas très longtemps aux événements défavorables. Moins de 120 secondes
exactement cet hymne à la joie le grand Traille mit en effet trop de temps à évaluer le danger d’un ballon anodin expédié par hasard vers son en-but par un Anglais simplement décidé à tirer le
premier. Il glissa et les drapeaux furent vite mis en berne. Et si tout simplement la rencontre s’était jouée sur ce simple dérapage incontrôlé ? Deux minutes pour sceller le sort d’une
coupe du monde ! Car ce sera le fait essentiel de la confrontation : les Anglais avaient mis le doute dans les esprits d’autant que dans leur camp il n’y eut quasiment aucune erreur de
mains. Robinson fut le roi de son île des 22 mètres et se faufila maintes fois parmi les écueils massifs du pack français. Il fut aussi stoïque sous les V1 ou les V2 expédiés par depuis le
continent par les tireurs que les Londoniens au temps de la période critique de la dernière guerre.
En revanche peu de ballons français allèrent jusqu’aux ailes et jamais on n’essaya de les faire naviguer de la droite vers la gauche afin d’étirer à la Sarkozy
la défense adverse. On ne pratiqua l’ouverture qu’à doses homéopathiques ce que le Président de la République ne manquera pas de reprocher au téléphone à son brillant secrétaire d’Etat de la
Jeunesse et des Sports. Bernard Lapasset, président de la fédération française de rugby n'y va pas par trente six chemins quand il déclare : "Je ne comprends pas la
manière dont on a joué ce soir. Quand on joue contre les anglais, on ne joue pas comme des Anglais. On joue à la française et on fait des passes". Il y eut aussi un coaching lamentable
destiné à aire plaisir aux copains mais pas à modifier la manière de jouer! Laprote et Maos ont sans cesse changé l'équipe, sans cesse entretenu le doute, sans cesse chercher à
maintenir tout le monde heureux alors qu'une équipe type aurait été plus facile à gérer en permanence avec un styme de jeu durable.
Les fondamentaux ne paient plus on ne cherche plus qu'à obliger l’adversaire à courir après vous et toujours l’amener à se positionner sur vos points forts. Ils en parleront au petit
déjeuner face à une bonne tranche de jambon. Madrange évidemment ! La seule consolation pour Laporte c’est qu’il conservera ses contrats une semaine de plus mais lundi prochain fini le
pactole, il vivra chichement d’une paye de secrétaire d’Etat !
ENCORE UNE MISE AU POINT DE LA ROSE
Après l'exploit réalisé en quart de finale contre les All Blacks, les Français n'ont donc pas confirmé leur retour au tout premier plan. Ils ont retrouvé les
limites démontrées face aux Argentins. Le pire, pour Laporte, c'est qu’ils aient du capituler sur des porteurs du symbole de... la rose. Les exégètes y verront tout un symbole pour son avenir
politique. Lui qui entre dans le gouvernement au titre de l’ouverture (relative car il n’a jamais été de gauche) va nourrir une animosité particulière vis à vis de tous ceux qui porteront haut et
fort cette fleur. La rose restera l'épine de sa vie!
En fait les seuls véritablement heureux ce matin de cette demi-finale sont les financiers de TF1 qui ont triomphalement annoncé un nouveau record d’audience et donc
un bénéfice considérable sur cette diffusion. Jamais un match de rugby n'avait été autant suivi à la télévision française puisque 18,3 millions de téléspectateurs (67,4 % de part d'audience) ont
regardé hier soir la demi-finale de Coupe du monde perdue par les Bleus devant l'Angleterre. C'est la meilleure audience de l'année pour TF1, tous programmes confondus. Un pic d'un peu plus de
vingt millions de téléspectateurs a été atteint dans les dix dernières minutes de la rencontre. Malheureusement on n’a pas pu montrer les explosions de joie patriotique de Nicolas Sarkozy… Ce
sera le seul regret véritable des amis du Président de la République. Pour le reste il va falloir meubler cette semaine chaude socialement avec un autre sujet.
Remarquez que si Laporte veut transformer une défaite... en victoire il doit pouvoir trouver des consultants rue de Solférino ! Il ne manque pas de spécialistes pour excuser les échace et accuser
les autres d'en être ersposnables. L'idéail pour uns électionneur aux abois. Il suffit de détourner l'attention pour s'en tirer avec els honneurs.
Tenez je prends courageusement le pari suivant : le divorce du couple sarkozyste sera annoncé avant mercredi de telle manière que l’on estompe l’impact
des grèves prévues. Les pages des magazines people sont prêtes pour meubler le vide de la Coupe du monde de Rugby. Et le pire c’est que selon des journaux suisses, Cécilia aurait élu
domicile à Londres, chez les ennemis de hier.
Comment voulez vous que les Bleus pris en otages par la défense anglaise aient pu s’en sortir ? Quand je vous dis que tout nous était hostile hier soir !
Mais je déblogue…
GRAINS DE SEL