MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
L'épisode des vacances américaines de l'ex-couple présidentiel a été soigneusement effacé de l'album de la première année du règne sarkozyste. La luxueuse villa dont on ne saura jamais comment elle a été louée, les escapades en bateau sur le lac sous le regard des objectifs des photographes , les cachoteries autour de la présence de Rachida Dati, la fausse quiétude familiale de ce séjour de milliardaire et surtout... le splendide pique-nique chez Bush père et fils resteront tout de même de grands repères sur... la vision politique internationale de celui qui représentait la France. Obsédés par l'absence de Cécilia à cette cérémonie d'allégeance les médias français n'ont jamais mesuré le pas vers la philosophie extrémiste américaine que venait d'accomplir la Président de la République.
George W. Bush et son homologue français avaient pourtant souligné la primauté de l'amitié sur les désaccords, avant le déjeuner de hot dogs et de hamburgers qui les attendait à Kennebunkport, sur la côte Atlantique du Maine, dans la résidence de famille des Bush. Alors qu'il attendait le président français, en vacances actuellement à une centaine de kilomètres de là au bord d'un lac du New Hampshire, Bush a qualifié Nicolas Sarkozy d'ami. " Nous avons de bonnes relations avec la France, même si, c'est clair, il y a des désaccords ", avait affirmé Bush. A ce sujet, Nicolas Sarkozy, accueilli par Bush à son arrivée, avait abondé dans le même sens: " Est-ce qu'on est d'accord sur tout ? Non, parce que dans une famille, on peut avoir des désaccords. On peut être des amis et ne pas être d'accord sur tout ". Avec son aplomb habituel il avait même osé ce mensonge destiné à s'appuyer sur l'histoire comme il sait le faire. " Je viens de lire la biographie de La Fayette. Ça fait jamais pratiquement que 250 ans que la France et les Etats-Unis sont des alliés. A la naissance des Etats-Unis, la France a choisi les Etats-Unis, à l'époque il y avait quatre millions d'Américains. La France était l'amie des Américains. Et après, quand nous, les Français, nous avons été en guerre, les Américains étaient avec nous ",
Qu'avait-on retenu de cette partie de barbecue :Cécilia, n'avait pu se rendre au déjeuner avec Bush car elle souffrait d'une angine
blanche. " j'ai deux de mes enfants et ma femme qui ont eu une angine blanche ", a-t-il dit. " C'est moi qui la leur ai passé ", a-t-il ajouté. " Cécilia a eu Madame
Bush ce matin ", pour l'informer de son empêchement, avait précisé sans que son nez s'allonge son mari. " C'est une femme très dynamique, nous sommes impatients de la voir elle
aussi, ainsi que les enfants ", a tenu à préciser le président Bush. Elle se remarie demain à New-York et il ne la connaîtra jamais comme femme du Président de la République... Toute
cette comédie people pour citoyens gogos illustre a posteriori les réalités féroces de la gouvernance du maître de l'Elysée : que des mensonges déguisées en un spectacle dissimulant la
vérité des actes
.TAPIS ROUGE POUR MC CAIN
Hier il a déployé le tapis rouge
devant John MC Cain qui prendrait ses fonctions à l'âge de 73 ans s'il était élu Président des Etats Unis. Elu depuis 25 ans à la Chambre des représentants puis au Sénat, il est ce que l'on
appelle un " maverick ", c'est-à-dire un électron libre. Il est respecté pour son intégrité, son franc-parler et son courage. Fils d'un militaire de haut rang, et ancien pilote de guerre, il a
été prisonnier pendant la guerre du Vietnam et n'a jamais cédé devant ses geôliers qui l'ont torturé pendant 5 ans et demi. Mais il est un piètre stratège politique. Après un brillant début de
campagne en 2000, sa candidature s'est effondrée en quelques jours, sous les attaques des partisans de son rival, George Bush. En 2007, il a eu du mal à positionner sa campagne, qui s'est
retrouvée rapidement à court d'argent. Pour les primaires 2008, John MC Cain est un miraculé des votes du New Hampshire, où il est apparu comme un recours entre deux candidats déconcertants comme
Mitt Romney et Mike Huckabee.
Ce candidat républicain porte une orientation profondément conservatrice : pro-life, c'est-à-dire hostile à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), le sénateur est favorable au financement public de la recherche sur les cellules souches d'embryons. Evidemment, ce vieux candidat reste opposé au mariage gay, au contrôle des armes à feu comme à la suppression de la peine de mort. En revanche comme républicain indépendant et franc-tireur, McCain s'est mis à dos une partie de son camp en déposant au Sénat un amendement contre la torture, en faisant adopter une limitation des dépenses électorales et en votant contre les réductions d'impôts du président George W. Bush pour ne pas creuser le déficit budgétaire.
Supporter de la guerre en Irak en 2003 et du renversement de Saddam Hussein, il a toujours contesté la stratégie mise au point par le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, exiger la démission de ce dernier dès le début des difficultés de l'occupation de l'Irak pour l'impréparation matérielle des troupes. Il a très tôt prôné un renforcement des troupes militaires qu'il n'obtient qu'à partir de janvier 2007. Lors de sa campagne électorale pour la présidence des États-Unis en 2008, il est le seul candidat à brandir l'Irak comme un argument électoral, se refusant de s'engager sur un calendrier de retrait, " même si c'est dans cent ans ! ".
LE GUEPIER AFGHAN
Le candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, a rendu hommage, à l'énergie du président Nicolas Sarkozy qui l'a reçu à
l'Elysée, se félicitant d'une " ère d'amitié et de coopération " entre les deux pays qui va " continuer à s'améliorer ".
" Je crois que c'est un homme qui a énormément d'énergie ", a déclaré le sénateur de l'Arizona, à sa sortie d'un entretien d'un peu plus de trois quarts d'heure avec le
président français. John McCain a dit " apprécier " sa " conduite face à un certain nombre de problèmes, d'enjeux " et sa " détermination à y faire face ".
Il a aussi évoqué " le changement climatique, son aide dans notre lutte contre
l'extrémisme radical islamiste et sa profonde préoccupation pour l'économie mondiale ". Il a exprimé sa " reconnaissance " à la France pour son engagement
militaire... en Afghanistan aux côtés des troupes américaines.
D'ailleurs pour être fidèle à ses promesses électorales (émission " A vous de juger " du 26 avril 2006) il va annoncer, sur ce sujet le contraire de son engagement public que la télévision pourrait rediffuser. Nicolas Sarkozy s'était prononcé pour un... retrait des soldats français d'Afghanistan. "Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive"
Le sénateur républicain de Caroline du sud Lindsey Graham, qui accompagnait John McCain, a en effet
" remercié " la France pour " l'envoi de plus de moyens en Afghanistan ". Comment le sait-il ? Qui a bien pu lui faire cette confidence ? Qui a
promis aux visiteurs américains une telle décision qui engage la France sur un théâtre extérieur d'opération militaire dangereux ? Conscient de cette bévue l'Elysée a été obligé de préciser
que Nicolas Sarkozy n'annoncerait aucune décision sur le sujet avant le prochain sommet de l'OTAN à Bucarest, début avril. On verra le degré actuel d'indépendance de la France dans une quinzaine
de jours. Mais il y a fort à parier que cette annonce à de futurs " amis " ne soit pas démentie par les faits.
QUELLE UTILITE REELLE ?
Le président français semble en effet décidé à répondre aux appels de ses alliés de l'OTAN et envoyer des renforts en Afghanistan. Un officier militaire français a indiqué à l'Associated Press, sous le couvert de l'anonymat, que Nicolas Sarkozy rencontrera jeudi prochain des officiers de l'armée qui lui présenteront différentes options, dont l'envoi de forces spéciales ou celui de formateurs pour les troupes afghanes. M. Sarkozy a parlé de sa volonté de donner un rôle moins effacé à l'Hexagone dans l'Alliance atlantique, et sa décision sur l'Afghanistan devrait montrer son engagement à ce sujet. Pour le président français, l'Afghanistan est une occasion de passer de la parole aux actes et, possiblement, d'obtenir des concessions des États-Unis pour que l'Europe soit plus libre quant à ses propres politiques de défense.
Le monde militaire n'a donc pas à s'inquiéter d'une quelconque réduction des crédits contrairement à l'éducation, à la culture, au sport ou à la couverture sociale. Le chef de l'Etat a en effet assuré que le budget de la Défense, qui représente aujourd'hui 1,8% du PIB, "ne baissera pas". La dissuasion nucléaire compte pour 10% de ce budget. "Chaque année, la dissuasion nucléaire coûte aux Français la moitié du budget de la Justice", a assuré le président de la République. "Ce coût, il doit être maîtrisé tant que possible (...) Mais je suis déterminé à assumer ce coût. Ce n'est ni une affaire de prestige, ni une question de rang. C'est tout simplement l'assurance-vie de la Nation", a-t-il ajouté.
La France veut ainsi prôner la non-prolifération tout en confirmant sa force de dissuasion et en envoyant des contingents renforcés à
l'étranger alors que tous les autres pays se désengagent peu à peu comme pour l'Euroforce du Tchad où la France a eu toutes les peines du monde à dénicher des soldats européens pour la
seconder.
De juillet 2003 à décembre 2006, un contingent de plus de 200 membres des forces spéciales a opéré en Afghanistan dans la région de Spin Boldak (sud-est), puis brièvement de Jalalabad (est) avant
d'être retiré de ces secteurs. Les conditions de leur retrait, d'abord. Elles n'ont jamais été expliquées d'un point de vue militaire. L'état-major des armées le souhaitait depuis plus d'un an et
les choses ont traîné, essentiellement pour ne pas trop mécontenter les Américains. Les forces spéciales ont perdu sept hommes. Pour quel résultat ? S'il était aussi important de tenir le secteur
de Spin Boldak, l'une des portes d'entrée depuis le Pakistan, pourquoi l'avoir abandonné à la mi-2006 ?
Le détachement Arès devait en effet tenir ce secteur géographique. Il n'a pas participé à des opérations communes avec les Américains et leurs alliés - tous parfaitement anglophones, ce qui n'est
évidemment pas le cas des unités françaises. En revanche, il était placé sous le commandement des... Américains et devaient faire appel à leurs hélicoptères, faute de voilures tournantes
françaises. C'est la triste réalité d'une France qui veut jouer dans la cour des grands de ce monde alors qu'elle ne peut plus faire que de la figuration.
Mais je déblogue...
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Encore une analyse approfondie et oh combien pertinente de "l'amitié" qui unit les Présidents français et américains, sinon la France et les Etats Unis. Que ne ferait-on pas pour "être agréable " à nos amis, même s'il faut renier les déclarations d'avant élections? La présence de troupes françaises en Afghanistan n'est pas décisive? Envoyons donc un contingent supplémentaire de 1000 hommes ! Il n'y a plus d'argent dans les caisses? Continuons donc à développer une politique militaire et nucléaire au dessus de nos moyens. Pendant ce temps, les français continueront à courir après leur pouvoir d'achat, à vivre dans des logements insalubres, à voir les classes se raréfier dans les écoles, et à se contenter de salaires précaires ! Est-ce vraiment cela, la grandeur de la France? A quel moment tous ceux qui subissent vont-ils réagir enfin?
Nous devons à tout prix nous employer à leur ouvrir les yeux. C'est notre devoir de socialistes.