MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
On pourrait croire que la France a pris conscience de l’absurdité manifeste de la guerre en enterrant sous le honneurs à l’insu de son plein gré à Lazarro Ponticelli. Extraordinaire paradoxe que personne n’a évidemment trop souligné que cette cérémonie qui a vu tous ceux que l’Etat Républicain compte comme personnalités de Droite, le lendemain d’une défaite électorale sans précédent. Dans un pays qui effectue la chasse aux sans papiers elle a honoré par des obsèques nationales un homme qui avait une histoire absolument contradictoire avec tout ce qu’affirment ostensiblement les personens qui lui rendaient hommage. Lazzaro Ponticelli, né à Bettola en Italie était officiellement le dernier Poilu de la Grande Guerre… alors qu’il n’avait combattu en France qu’un an pour être expulsé manu militari vers son pays encadré par des gendarmes français. Mais qui connaît véritablement son histoire que n’importe quel immigré clandestin pourrait raconter sans être forcément couvert de louanges.
Il avait grandi comme la plupart de ceux que pourchasse actuellement Brice Hortefeux dans une famille très pauvre de sept enfants qui vivait à Cordani un village de montagne. Son père travaillait sur les foires et était aussi à l'occasion menuisier et cordonnier. Sa mère cultivait le petit lopin de terre familial et trois fois par an descendait travailler comme journalière dans les rizières de la plaine du Pô. Elle partit en France pour essayer de gagner plus d'argent alors que son fils Lazare n'avait que deux ans. Son père et son frère aîné décédèrent brutalement quelques temps après. Le reste de la famille décida alors de tenter aussi sa chance à Paris et laissa le petit Lazare chez des voisins… Dommage que l’on n’ait pas davantage détaillé cette enfance qui pouvait largement éclipser la période 1914-1915 passée sur le front !
Lazaro commença à travailler dès l'âge de six ans, capturant des volatiles et fabriquant des sabots. Il utilisa l'argent gagné pour prendre le train et se rendre à Paris sans savoir sir ses maigres économies seraient suffisantes pour acquérir à 9 ans un billet de train Piacenza-Paris. Il décida donc de courir derrière le train, sur la voie ferée jusqu'à la frontière française, avec ses sabots sur l'épaule pour ne pas les user. Il débarqua Gare de Lyon en 1906, sans savoir ni lire, ni écrire, ni parler un mot de français et bien évidemment sans aucun papier ! Il campa trois jours et trois nuits dans la gare, jusqu'à ce qu'un chef de gare le remarque. Celui-ci tenta de l'interroger sur sa présence ici mais Lazaro, ne connaissant pas le français, ne put que lui répéter le nom d'un bistrotier, point de passage des Italiens de son village travaillant à Paris et dont on lui avait vaguement parlé avant son départ. Par chance, le chef de gare reconnut le nom et le conduisit chez le cafetier dont la femme le prit sous son aile.
LE SANS PAPIERS AU FRONT
Il commença à travailler comme ramoneur à Nogent sur Marne où résidait alors la plus importante colonie des Ritals en proie à une forme de racisme similaire à celle qu’on connut toutes les autres vagues d’immigration. Il devint crieur de journaux à Paris et gardait d'ailleurs un souvenir vif du 31 juillet 1914 jour de l’assassinat de Jean Jaurés car, à cette occasion, les gens s'arrachèrent ses journaux. Ce parcours est au moins aussi glorieux que celui qu’il a accompli sous l’uniforme du premier régiment de la Légion Etrangère à moins de 17 ans où il retrouva d'ailleurs l'un de ses frères, et fut envoyé sur le front à Soissons
En mai 1915, il se trouve près de Verdun alors qu’il n’est soldat français que depuis moins de 9 mois. En effet, avec l'entrée en guerre de l'Italie, il doit rejoindre l'armée italienne. Refusant de quitter l'uniforme français, c'est accompagné de deux gendarmes qu'il est amené à Turin ; Il est enrôlé de force dans le 3e régiment de chasseurs alpins, les Alpini, et combat les Autrichiens dans les Dolomites.
Il connut alors les fraternisations entre troupes autrichiennes et italiennes (beaucoup d'Alpini des Dolomites parlaient l'allemand). Sa compagnie fut sanctionnée et envoyée dans une zone de combats plus rude. En charge d'une mitrailleuse il est blessé sérieusement à la joue par un éclat d'obus lors d'une sanglante offensive italienne contre les positions ennemies. Il fut opéré sur place à vif et envoyé en convalescence à Naples. Il retourna au front en 1918 à Monte Grappa où il est confronté aux attaques au gaz, qui tuent des centaines de ses camarades : " Des hommes, touchés par les gaz, gonflaient et mouraient par paquets. Ceux qui arrivaient derrière étaient obligés de leur marcher dessus. Les corps éclataient comme des ballons..." C'est là qu'il apprend la signature de l'armistice. En fait Lazaro Ponticelli n’était pas un Poilu comme les autres car il avait peu connu les tranchées françaises et surtout combattu pour défendre son propre pays de naissance contre les envahisseurs autrichiens. Lui le " sans papier " arrivé à moins de 10 ans sur ce sol qu’il allait ensuite retrouver n’avait pas forcément le sentiment qu’il méritait l’hommage d’une nation qui en fit l’un de siens que vingt ans plus tard !
UN AFFRONT A TOUS LES AUTRES
Il fallut en effet une seconde guerre mondiale pour que Lazaro Ponticelli devienne officiellement Lazarre Ponticelli grâce à une voyelle qui changeait sa vie ! Etrange destin que celui qui aura vu un certain Max Gallo transfuge de la Gauche la plus moralisatrice (en son temps il fut le chantre du Ceres et pratiqua la chasse aux sorcières rocardiennes au sein du PS) faire son panégyrique en passant sous silence ce parcours ayant fait d’un immigré clandestin le " héros " d’une Grande Guerre par la longévité exceptionnelle de sa vie !
Désormais dévoué à Sarkozy, Max Gallo ne pouvait pas s’offrir une pareille description ressemblant étrangement à la sienne mais qu’il a vite oubliée pour les ors et les fastes d’un pouvoir qui l’a toujours fasciné et dont il ne peut pas se passer. Dommage que cette " guerre " sociale faite par Lazaro Ponticelli n’ait pas été lue dans les classes en complément du message de Guy Mocquet, trouvaille idéologique dont on a oublié la scandaleuse exploitation. Le dernier Poilu n’était qu’un " sans papier " qui refusait les honneurs qu’il jugeait abusifs d’un pays ayant oublié le sacrifice de seins !
" Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous..."
" Je refuse ces obsèques nationales. Ce n'est pas juste d'attendre le dernier poilu. C'est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu'ils méritaient. On n'a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant... Même un petit geste aurait suffi
4000 MORTS SUR ORDONNANCE
Le président George W. Bush a appris avec " chagrin " que le nombre d'Américains tués en Irak
avait atteint 4.000 morts et assume la responsabilité des décisions qu'il a prises, a déclaré, hier, la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino. " Evidemment, il éprouve du
chagrin en cet instant, mais il pleure chacune des vies perdues, de la toute première dans ce conflit à celles d'aujourd'hui ", a dit devant la presse Dana Perino après avoir parlé avec
George W. Bush plus tôt dans la matinée. " Et il porte la responsabilité des décisions qu'il a prises, et il porte aussi la responsabilité de continuer à se consacrer à
réussir ", a-t-elle ajouté.
Le nombre de militaires américains tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003 a atteint la marque symbolique des 4.000 après la mort de quatre soldats dimanche dans le sud de Bagdad. Pour
l'armée américaine, ce cap symbolique est purement arbitraire. " C'est artificiel dans le sens où on différencie la quatre millième perte tragique de la première ", déclarait
récemment le porte-parole Greg Smith très cynique dans une interview à Reuters. Ceux qui sont contre la guerre y verront pourtant une nouvelle raison d'y mettre fin. Ceux qui la soutiennent
insisteront sur les progrès militaires et affirmeront qu'à l'avenir, les victimes seront moins nombreuses. Aucune certitude dans ce domaine. George W. Bush a dit ne rien regretter de sa décision
de déclencher la guerre, qui a fait plonger sa cote de popularité au fil des années, tout en admettant un " coût élevé en vies ".
Comme c’est quasiment le cas dans tous les conflits Bush a lancé la guerre en espérant une victoire rapide avec un minimum de pertes. En mai 2003, il annonçait la fin des grandes opérations de
combat mais l'armée américaine s'enlisait dans les mois suivants face à l'insurrection. Le millième soldat américain allait mourir en septembre 2004, 18 mois après l'invasion, peu avant la
réélection de Bush pour un second mandat. Le bilan grimpait à 2.000 morts en octobre 2005, en pleine guérilla sunnite contre le gouvernement de Bagdad, puis à 3.000 en décembre 2006, avant que
Bush ne décide d'envoyer 30.000 hommes en renfort pour réduire une violence ayant fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils et des millions de déplacés.
Dans quel camp s’engagerait maintenant Lazaro Ponticelli : celui des gens défendant leur terre contre une envahisseur venu de l’extérieur ou dans celui des soldats supposés apporter la paix et la démocratie à un peuple. Je suis certain qu’il aurait pensé à ces 4 000 morts anonymes auxquels on rendra un hommage appuyé l’espace d’une cérémonie mais qui dans le fond sont moins importants que les survivants. Les uns ne votent plus. Les autres resteront électeurs.
Mais je déblogue…
On pourrait croire que la France a pris conscience de l’absurdité manifeste de la guerre en enterrant sous le honneurs à l’insu de son plein gré à Lazarro Ponticelli. Extraordinaire paradoxe que personne n’a évidemment trop souligné que cette cérémonie qui a vu tous ceux que l’Etat Républicain compte comme personnalités de Droite, le lendemain d’une défaite électorale sans précédent. Dans un pays qui effectue la chasse aux sans papiers elle a honoré par des obsèques nationales un homme qui avait une histoire absolument contradictoire avec tout ce qu’affirment ostensiblement les personens qui lui rendaient hommage. Lazzaro Ponticelli, né à Bettola en Italie était officiellement le dernier Poilu de la Grande Guerre… alors qu’il n’avait combattu en France qu’un an pour être expulsé manu militari vers son pays encadré par des gendarmes français. Mais qui connaît véritablement son histoire que n’importe quel immigré clandestin pourrait raconter sans être forcément couvert de louanges.
Il avait grandi comme la plupart de ceux que pourchasse actuellement Brice Hortefeux dans une famille très pauvre de sept enfants qui vivait à Cordani un village de montagne. Son père travaillait sur les foires et était aussi à l'occasion menuisier et cordonnier. Sa mère cultivait le petit lopin de terre familial et trois fois par an descendait travailler comme journalière dans les rizières de la plaine du Pô. Elle partit en France pour essayer de gagner plus d'argent alors que son fils Lazare n'avait que deux ans. Son père et son frère aîné décédèrent brutalement quelques temps après. Le reste de la famille décida alors de tenter aussi sa chance à Paris et laissa le petit Lazare chez des voisins… Dommage que l’on n’ait pas davantage détaillé cette enfance qui pouvait largement éclipser la période 1914-1915 passée sur le front !
Lazaro commença à travailler dès l'âge de six ans, capturant des volatiles et fabriquant des sabots. Il utilisa l'argent gagné pour prendre le train et se rendre à Paris sans savoir sir ses maigres économies seraient suffisantes pour acquérir à 9 ans un billet de train Piacenza-Paris. Il décida donc de courir derrière le train, sur la voie ferée jusqu'à la frontière française, avec ses sabots sur l'épaule pour ne pas les user. Il débarqua Gare de Lyon en 1906, sans savoir ni lire, ni écrire, ni parler un mot de français et bien évidemment sans aucun papier ! Il campa trois jours et trois nuits dans la gare, jusqu'à ce qu'un chef de gare le remarque. Celui-ci tenta de l'interroger sur sa présence ici mais Lazaro, ne connaissant pas le français, ne put que lui répéter le nom d'un bistrotier, point de passage des Italiens de son village travaillant à Paris et dont on lui avait vaguement parlé avant son départ. Par chance, le chef de gare reconnut le nom et le conduisit chez le cafetier dont la femme le prit sous son aile.
LE SANS PAPIERS AU FRONT
Il commença à travailler comme ramoneur à Nogent sur Marne où résidait alors la plus importante colonie des Ritals en proie à une forme de racisme similaire à celle qu’on connut toutes les autres vagues d’immigration. Il devint crieur de journaux à Paris et gardait d'ailleurs un souvenir vif du 31 juillet 1914 jour de l’assassinat de Jean Jaurés car, à cette occasion, les gens s'arrachèrent ses journaux. Ce parcours est au moins aussi glorieux que celui qu’il a accompli sous l’uniforme du premier régiment de la Légion Etrangère à moins de 17 ans où il retrouva d'ailleurs l'un de ses frères, et fut envoyé sur le front à Soissons
En mai 1915, il se trouve près de Verdun alors qu’il n’est soldat français que depuis moins de 9 mois. En effet, avec l'entrée en guerre de l'Italie, il doit rejoindre l'armée italienne. Refusant de quitter l'uniforme français, c'est accompagné de deux gendarmes qu'il est amené à Turin ; Il est enrôlé de force dans le 3e régiment de chasseurs alpins, les Alpini, et combat les Autrichiens dans les Dolomites.
Il connut alors les fraternisations entre troupes autrichiennes et italiennes (beaucoup d'Alpini des Dolomites parlaient l'allemand). Sa compagnie fut sanctionnée et envoyée dans une zone de combats plus rude. En charge d'une mitrailleuse il est blessé sérieusement à la joue par un éclat d'obus lors d'une sanglante offensive italienne contre les positions ennemies. Il fut opéré sur place à vif et envoyé en convalescence à Naples. Il retourna au front en 1918 à Monte Grappa où il est confronté aux attaques au gaz, qui tuent des centaines de ses camarades : " Des hommes, touchés par les gaz, gonflaient et mouraient par paquets. Ceux qui arrivaient derrière étaient obligés de leur marcher dessus. Les corps éclataient comme des ballons..." C'est là qu'il apprend la signature de l'armistice. En fait Lazaro Ponticelli n’était pas un Poilu comme les autres car il avait peu connu les tranchées françaises et surtout combattu pour défendre son propre pays de naissance contre les envahisseurs autrichiens. Lui le " sans papier " arrivé à moins de 10 ans sur ce sol qu’il allait ensuite retrouver n’avait pas forcément le sentiment qu’il méritait l’hommage d’une nation qui en fit l’un de siens que vingt ans plus tard !
UN AFFRONT A TOUS LES AUTRES
Il fallut en effet une seconde guerre mondiale pour que Lazaro Ponticelli devienne officiellement Lazarre Ponticelli grâce à une voyelle qui changeait sa vie ! Etrange destin que celui qui aura vu un certain Max Gallo transfuge de la Gauche la plus moralisatrice (en son temps il fut le chantre du Ceres et pratiqua la chasse aux sorcières rocardiennes au sein du PS) faire son panégyrique en passant sous silence ce parcours ayant fait d’un immigré clandestin le " héros " d’une Grande Guerre par la longévité exceptionnelle de sa vie !
Désormais dévoué à Sarkozy, Max Gallo ne pouvait pas s’offrir une pareille description ressemblant étrangement à la sienne mais qu’il a vite oubliée pour les ors et les fastes d’un pouvoir qui l’a toujours fasciné et dont il ne peut pas se passer. Dommage que cette " guerre " sociale faite par Lazaro Ponticelli n’ait pas été lue dans les classes en complément du message de Guy Mocquet, trouvaille idéologique dont on a oublié la scandaleuse exploitation. Le dernier Poilu n’était qu’un " sans papier " qui refusait les honneurs qu’il jugeait abusifs d’un pays ayant oublié le sacrifice de seins !
" Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous..."
avouait Lazare Ponticelli quand les journalistes lui demandaient de raconter " sa " guerre. " On ne voulait pas faire la guerre, on nous a obligé à la faire sans qu'on sache pourquoi ", en effet, toute désobéissance conduisait au mieux selon lui des tranchées de Verdun au bagne de Cayenne ou au pire valait le peloton d'exécution." Je refuse ces obsèques nationales. Ce n'est pas juste d'attendre le dernier poilu. C'est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu'ils méritaient. On n'a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant... Même un petit geste aurait suffi
". Il estime que le travail de mémoire arrive trop tard. " On s'en est foutu un peu. Il a fallu que ce soit Chirac qui commence à bouger quand on n'était plus nombreux et qu'on était fatigués. ". Ces phrases prennent toute leur signification le jour où l’on annonce le quatre millième mort en Irak dans la camp américain (one ne compte plus les centaines de milliers de morts irakiens). Dommage que George W. Bush le dernier grand ami de la France sarkozyste !4000 MORTS SUR ORDONNANCE
Le président George W. Bush a appris avec " chagrin " que le nombre d'Américains tués en Irak
avait atteint 4.000 morts et assume la responsabilité des décisions qu'il a prises, a déclaré, hier, la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino. " Evidemment, il éprouve du
chagrin en cet instant, mais il pleure chacune des vies perdues, de la toute première dans ce conflit à celles d'aujourd'hui ", a dit devant la presse Dana Perino après avoir parlé avec
George W. Bush plus tôt dans la matinée. " Et il porte la responsabilité des décisions qu'il a prises, et il porte aussi la responsabilité de continuer à se consacrer à
réussir ", a-t-elle ajouté.
Le nombre de militaires américains tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003 a atteint la marque symbolique des 4.000 après la mort de quatre soldats dimanche dans le sud de Bagdad. Pour
l'armée américaine, ce cap symbolique est purement arbitraire. " C'est artificiel dans le sens où on différencie la quatre millième perte tragique de la première ", déclarait
récemment le porte-parole Greg Smith très cynique dans une interview à Reuters. Ceux qui sont contre la guerre y verront pourtant une nouvelle raison d'y mettre fin. Ceux qui la soutiennent
insisteront sur les progrès militaires et affirmeront qu'à l'avenir, les victimes seront moins nombreuses. Aucune certitude dans ce domaine. George W. Bush a dit ne rien regretter de sa décision
de déclencher la guerre, qui a fait plonger sa cote de popularité au fil des années, tout en admettant un " coût élevé en vies ".
Comme c’est quasiment le cas dans tous les conflits Bush a lancé la guerre en espérant une victoire rapide avec un minimum de pertes. En mai 2003, il annonçait la fin des grandes opérations de
combat mais l'armée américaine s'enlisait dans les mois suivants face à l'insurrection. Le millième soldat américain allait mourir en septembre 2004, 18 mois après l'invasion, peu avant la
réélection de Bush pour un second mandat. Le bilan grimpait à 2.000 morts en octobre 2005, en pleine guérilla sunnite contre le gouvernement de Bagdad, puis à 3.000 en décembre 2006, avant que
Bush ne décide d'envoyer 30.000 hommes en renfort pour réduire une violence ayant fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils et des millions de déplacés.
Dans quel camp s’engagerait maintenant Lazaro Ponticelli : celui des gens défendant leur terre contre une envahisseur venu de l’extérieur ou dans celui des soldats supposés apporter la paix et la démocratie à un peuple. Je suis certain qu’il aurait pensé à ces 4 000 morts anonymes auxquels on rendra un hommage appuyé l’espace d’une cérémonie mais qui dans le fond sont moins importants que les survivants. Les uns ne votent plus. Les autres resteront électeurs.
Mais je déblogue…
Commentaires
Trackbacks
Aucun trackback pour cet article





Mais ce n'est pas celle-là que les Sarkozy, les Gallo,et autres historiens de pacotille ont choisi de célébrer. Ce pauvre Lazzaro Ponticelli avait passé quelques mois dans l'Armée française durant la grande guerre, avant d'être ramené manu militari dans son pays...pour se battre. Ce n'était pas un "va-t-en-guerre" : "on se battait contre des gens comme nous", disait-il, et il n'avait que faire des honneurs militaires. Mais prenant prétexte de son grand âge, ils en ont profité pour imaginer des obsèques nationales, digne de LEUR grandeur, et propre à redorer LEUR notoriété bien écornée. Quelle imposture!
Et je ne peux résister à l'envie d'évoquer le souvenir d'un ami trés cher, socialiste, anti militariste, humaniste par-dessus tout, mais aussi ancien résistant, ancien militaire, - "quand l'ennemi fasciste s'attaque à votre pays, on ne peut que se battre", disait-il- Il s'est battu, et il est revenu, en 1945, à 23 ans, "très grand invalide"; et il disait encore " mais pourquoi ais-je donc lancé cette dernière grenade contre ce char allemand?". Il était "ancien combattant" mais il a refusé toute sa vie les honneurs militaires, et ne participait à aucune commémoration. Il avait tout organisé pour qu'on ne puisse pas lui faire des obsèques militaires : il avait fait don de son corps à la science, pensant que cela empêcherait toute cérémonie. Eh bien, ils se sont quand même débrouillés pour prononcer des discours devant un cercueil recouvert d'un drapeau tricolore !
Tout ce qu'il exécrait pour les autres et dont il ne voulait certes pas pour lui-même.
Nous, ses amis, nous le savions, mais nous n'avons pas eu notre mot à dire !
Alors, qu'il s'agisse de mon ami, ou de ce pauvre Lazzaro Ponticelli, je suis bien sûre qu'en Irak, ils se seraient engagés, sans hésiter, aux côtés des gens défendant leur terre contre un envahisseur venu de l'extérieur.
Merci, Jean Marie, d'avoir remis "les choses à leur place" et de nous avoir fait réflèchir.
Annie