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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Mercredi 26 mars 2008

Il s’installe après les récentes échéances électorales un climat dont devrait se méfier le gouvernement actuel. D’abord en niant sa défaite et en défiant les citoyennes et les citoyens s’étant indiscutablement méfié de lui, Nicolas sarkozy a eu un comportement pour le moins léger. Il a en effet négligé, volontairement ou par simple mépris, le signal que lui ont adressé certaines catégories de françaises et de Français. Il a fait semblant d’oublier que celles et ceux qui n’étaient pas venus voter et avait " oublié " de voter pouvaient aussi appartenir à cette fameuse " majorité silencieuse " apte à se retourner en quelques semaines. Il devrait ensuite bien observer ces lendemains qui, s’ils chantent pas encore pour la Gauche, déchantent déjà à toute allure pour lui. Il déteste selon, ses propres dires les souvenirs de mai 68 et il va donc beaucoup souffrir car il n’a pas fini d’en entendre parler. Par exemple il serait bon qu’il entendre parler des racines de la révolte vieille de 40 printemps. Il saurait qu’elle a débuté chez les étudiants pour des raisons précises.

Or hier l’Unef a affirmé que 20.000 étudiants vont voir le montant de leur bourse baisser à la prochaine rentrée universitaire (entre 450 à 2.000 euros par an selon les cas) en raison d'une restriction des critères d'attribution décidée par le gouvernement. Selon le syndicat, cette baisse entraînera la perte pure et simple d'une bourse pour… 2.000 d'entre eux. Cette annonce pourrait vite mettre le feu au poudre dans un milieu réputé globalement peu indulgent avec le Président dont l’image ne correspond pas du tout aux espoirs mis en lui. Les soucis actuels qu’ils rencontrent n’ont en effet aucun rapport avec la " pipolisation " latente. Les étudiants remplissent en effet avec angoisse leur dossier de demande de bourse 2008-2009 et ont jusqu'au 30 avril pour le faire. Or c’est comme pour les contrats d’assurance, il vaut mieux avoir lu attentivement toutes les lignes. Il y a des détails qui peuvent poser problème dès la prochaine rentrée en obligeant les étudiants à travailler encore plus pour gagner plus et pouvoir payer leurs études.

LA BOURSE OU LA VIE

Le président de l'Unef Jean-Baptiste Prévost exige donc des réponses de la part de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, et il interpelle les députés sur cette réforme des bourses universitaires qui avait été décidée en septembre 2007… et mise en œuvre sur le terrain depuis quelques jours ! Sous couvert de simplification du système pas moins de 20.000 étudiants vont voir semble-t-il leur bourse baisser.

Certains critères concernant la situation personnelle des étudiants (...) seront baissés ou supprimés pour l'attribution des bourses ce qui va générer des chutes considérables des montants accordés. L’éloignement du domicile qui concerne plus de deux tiers des étudiants sera moins pris en compte. La notion de parent isolé qui concerne les 17% d'étudiants à la charge d'un foyer monoparental est tout simplement supprimée alors que la prise en compte du handicap (environ 12.000 étudiants dont 2.000 sont boursiers) disparaît discrètement.

L'Unef estime que " même en intégrant la meilleure prise en compte du nombre de frères et soeurs de l'étudiant et les revalorisations prévues (...), 20.000 étudiants verront leur bourse recalculée à la baisse à la rentrée prochaine ".
Selon les calculs du syndicat, " 16.000 étudiants vont perdre un échelon de bourse, soit de 450 à 1.389 euros par an", et 4.000 autres "vont perdre deux échelons de bourse, soit de 900 à 2.000 euros par an ".

" Pour près de 2.000 de ces étudiants, ces diminutions vont entraîner la suppression de la bourse à la rentrée prochaine "  assure le syndicat. Ces nouvelles arrivent à un bien mauvais moment… car il faudra expliquer qu’avec les franchises médicales, l’augmentation importante des prix de base, les droits d’inscription qui s’envolent, les loyers qui ne baissent pas, les étudiants les plus pauvres auront les mêmes chances de poursuivre leurs études que les autres ! Et un étudiant victime d’une injustice peut encore trouver quelques pavés sous la plage !

LYCEENS, PROFS : MEME COMBAT

A la place de Nicolas Sarkozy je demanderai une note à Darcos, en dépression, sur les deux principaux syndicats de lycéens qui appellent à manifester demain dans les grandes villes de France contre les suppressions de postes prévues à la rentrée prochaine dans le second degré. Ils rejoignent ainsi les syndicats d'enseignants qui multiplient les actions depuis le début du mois de mars avec, il est vrai plus ou moins de succés ! Tout le monde semble décidé à dénoncer les 11.000 suppressions de postes prévues dans l'Education à la rentrée 2008, essentiellement dans les collèges et les lycées. On commence tout à coup à s’apercevoir que la fin de la carte scolaire conjuguée à une diminution des heures d’enseignement va provoquer un séisme dans certains établissements. Comme tous les crédits sont supprimés à part ceux accordés aux… heures supplémentaires

Le SNES, principal syndicat d'enseignants des collèges et lycées propose par ailleurs aux parents d'élèves, aux lycéens et étudiants de s'associer à une journée de manifestations programmée pour le 2 avril prochain dans toutes les villes avec demander au gouvernement dont les caisses sonnent plus creux que creux de mettre en place un collectif budgétaire".

Enfin, une manifestation nationale à Paris déjà programmée pour le 17 mai est également en cours de préparation, annonce le SNES. Il faut absolument offrir à Nicolas Sarkozy un éphéméride de 1968 car il pourra ainsi anticiper sur ce qui l’attend. Darcos qui a été brillamment reconduit dans ses fonctions au nom du… mérite qui a été le sien lors des municipales devrait demander à Max Gallo de lui faire un résumé de la genèse de mai 68

La volonté de réforme du collège et du lycée affichée par le gouvernement a pour le moment comme principale traduction concrète la suppression de milliers de postes dans l'Education nationale et la réalité touche tous les établissements. Dans les conseils d’administration on prend conscience que les suppressions de postes ne sont aps faites que pour les autres. Dans les mouvements locaux très suivis s’associent dans les académies

enseignants, parents et lycéens, depuis maintenant plusieurs semaines, et on annonce l’arrivée des premiers lycéens demain dans les grandes villes. Par ailleurs, selon le SNES, les actions locales, et notamment les occupations d'établissements avec le soutien des parents d'élèves, se multiplient depuis le début du mois de mars. Mais quel est ce brouhaha qui monte ? Il ressemble étrangement aux prémices d’une autre époque celle qu’il fallait absolument éradiquer des mémoires ! Etudiants bernés. Lycéens angoissés… et maintenant élèves juges dépités !

JUPPE REND LA JUSTICE

Environ 170 élèves magistrats ont en effet manifesté devant l'Ecole nationale de la magistrature de Bordeaux contre la réforme de leur formation. Cette réforme devait être présentée dans la journée de hier au conseil d'administration de l'école à Paris. Les élèves, appelés auditeurs de justice, dénoncent fortement dans un texte adopté en assemblée générale et qui sera présenté dans la journée au conseil d'administration " une réforme idéologique ", " incohérente " et " inquiétante ". Après Darcos c’est encore Dati qui se met en vedette. Les futurs magistrats évoquent en particulier une réforme basée " sur une idéologie managériale ", ou " une liste de compétences approximativement définies " et qui rappelle " les poncifs qui préside désormais à la formation des cadres du secteur privé ". Etonnants ces jeunes gens : ont-ils eu connaissance d’une seule réforme ou d’une seule prise de position sarkozyste qui ne soient pas … idéologiques ?
Les auditeurs affirment dans leur texte que " le principe d'unité du corps judiciaire (...) est directement menacé par ce projet " et que l'indépendance serait également mise à mal par une proposition de tutelle des magistrats sortants d'école par un juge plus ancien.
Après avoir lu ce texte et déployé des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire " Réforme de l'ENM, magistrats mal formés le justiciable en fait les frais " ou " ENM en danger ", les auditeurs se sont rendus devant la cour d'appel de Bordeaux puis devant l'Hôtel de ville tenu par le survivant de la filière chiraquienne canal historique Alain Juppé. Il est devenu le symbole de la… résistance de droite en cours de constitution !

Cet " ami qui veut que du bien à Nicolas Sarkozy " et qui est prêt à le soutenir mordicus dans l’adversité se lache maintenant qu’il est sauvé des eaux ! D’ailleurs en tant qu’ancien Ministre des affaires étrangères, sur son blog beaucoup plus lu que le mien par des journalistes prévenus, il règle son sort au Président menacé de toutes parts en évoquant la Chine : les " responsables occidentaux " demandent à la Chine de " tuer avec retenue " au Tibet, accuse l'ancien Premier ministre, alors que le président son ennemi de 30 ans a appelé justement lundi Pékin à la "retenue" après les violences dans cette province. " Le premier mouvement, devant la répression sanglante des manifestations au Tibet par les autorités chinoises, c'est tout naturellement la révolte et la condamnation " écrit froidement le Maire de Bordeaux  :  "Et qu'entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux, politiques ou diplomates, de Washington ou New York à Bruxelles en passant par à peu près toutes les capitales européennes? Un appel à 'la retenue'! En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de 'tuer avec retenue'! ". Sans pitié le bougre qui est en revanche en train de comploter avec quelques socialistes compétents pour récupérer la communauté urbaine de Bordeaux ! Durant la révolte tibétaine les affaires continuent.

Les étudiants se mobilisent. Les lycéens descendent dans la rue. Les profs frémissent. Les parents se réveillent. Les urnes boudent. Les " amis " se démarquent. Le pouvoir d’achat s’effondre. L’inflation galope. La presse étrangère se déchaîne. Il ne manquerait plus que les télés rappellent comment avait débuté mai… 68 !
Mais je déblogue…

par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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