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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Jeudi 27 mars 2008

Les Anglais ont reçu en pompes royales le couple républicain français. Une faste qui a du mettre du baume au cœur d’un Nicolas Sarkozy secoué par son propre peuple mais réconforté par l’une de plus vieilles monarchies mondiales. Il est certain que LES " magazines politiques " qui parlent des vrais événements du monde vont se régaler en fin de semaine : il y aura du cliché sensationnel pour papier glacé à se mettre sous le regard dans les chaumières. Le tabloïd britannique va frémir d’aise et les potins seront à la hauteur de l’enjeu de ce périple au pays des bonnets à poils ! La Grande Bretagne sait recevoir. Le problème c’est que ces fastes royaux masquent mal la misère rampante du pays quitté par Nicolas et Carla.

Le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud , probablement déçu de ne pas avoir été de la délégation présidentielle, a gâché le spectacle pour ménagères de plus de 50 ans. Il a annoncé tout de go, sans se soucier des effets pervers produits par cette opposition entre les rites royaux et la réalité quotidienne qu’il redoutait " un plan de rigueur d'une ampleur sans précédent " après l'annonce par le Premier ministre d'une révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2008. Mais que viennent faire des prévisions de croissance dans ce paysage idyllique où rien ne permet de penser que les lendemains ne chanteront pas !
" Nous sommes dans le scénario parmi les plus pessimistes qui avaient été présentés au moment de la loi de finances initiale ", à l'automne dernier, a déclaré le député PS de l'Isère dont tout le monde admet la capacité d’analyse. .
Didier Migaud réagissait à l'entretien de François Fillon à paraître ce matin dans l'Express et qui est destiné à se démarquer du comportement de l’agité du bocal.

Le chef du gouvernement prévoit en profitant du rideau de fumée diffusé depuis Londres que la croissance française se situera entre 1,7% et 2%" pour 2008, alors que l'exécutif a bâti le budget 2008 sur une hypothèse de 2,25%. Un aveu, après les élections municipales et cantonales que l’on a menti aux électrices et aux électeurs lors du vote d’un budget non sincère et non véritable. N’importe quel maire qui aurait fait une telle supercherie serait sanctionné par la Cour des Comptes et l’autorité de tutelle. Il est vrai qu’être juge et parti préserve souvent de bien des ennuis. Le budget est faux, archi-faux mais… ce n’est pas de notre faute vont expliquer les ministres concernés les uns après les autres. Eric Wœrth avec sa tête de bedeau vous expliquera que si le denier du culte sarkozyste n’a pas rapporté autant que prévu c’est de la faute aux socialistes qui dénigrent la politique gouvernementale ! On se contentera de lire certaines prévisions pour vérifier combien le monde politique se discrédite en permanence par son goût pour la langue de bois.

ON COULE JOYEUSEMENT

Christine Lagarde responsable de ce fiasco économique n’y va pas avec le dos de la cuillère en vermeil. Dans un contexte catastrophique (absolument tous les indices sont dans le rouge vif) le ministre de l'Economie, a affirmé, à son tour, hier, lors d'une conférence de presse que la France résistait…à la crise financière internationale et que son " économie réelle (sic) se porte plutôt bien ". Elle refait une version du malade imaginaire. Elle a en effet toutefois confirmé que le gouvernement allait, dans le contexte du ralentissement de l'économie mondiale, réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2008, tablant désormais sur une progression du PIB comprise entre 1,7% et 2%.
" Cela paraît un chiffre raisonnable compte tenu des incertitudes internationales et des bonnes performances de l'économie française ", a-t-elle dit, soulignant toutefois que le consensus des économistes était de 1,6%. Le ministre du Budget Eric Woerth, a estimé à son tour que les nouvelles prévisions de croissance pour 2008 sont " fondées sur la plupart des perspectives qui sont annoncées par l'ensemble des économistes. C'est réaliste. C'est pas plus inquiétant que ça " a-t-il estimé à l'issue du Conseil des ministres. Les prévisions de croissance, " il faut les amender. On est dans un monde réel donc on les amende ", mais " la France est un des pays européens qui résiste le mieux ", a assuré le ministre du Budget. Dans le fond ils font un remake de la célèbre chanson " tout va très bien Madame la Marquise "

" Nous attendons une croissance inférieure à celle que le gouvernement et l'Insee mettent en avant. Nous tablons sur une croissance de 1,2%, dans le bas du consensus "

Mais l’instabilité actuelle des taux de change et le niveau du dollar, qui permettent malgré tout à la France de limiter fictivement la hausse de la facture pétrolière, constituent un risque pour la croissance française et il faudra bien le reconnaître un jour ou l’autre. " La révision de notre taux de croissance nous amènera à revoir notre prévisionnel de déficit des administrations publiques " pour 2007, qui sera publié demain et qui devrait être " légèrement supérieur " à 2,4% du PIB initialement prévu. Cela entraînera également une aggravation du déficit pour 2008 alors que l’Europe nous a demandés instamment de… le réduire !

DISPARITION DE 10 MILLIARDS

" Nous n'augmenterons pas les dépenses ", s'est engagé François Fillon. " Pour les maintenir au niveau prévu, nous annulerons tout ou partie des sept milliards d'euros mis en réserve en début d'année " ajoute le " collaborateur " du Président de la République. Cette décision va diminuer le nombre des emplois, les investissements, les dépenses destinés à un milieu économique qui va ramer ! En fait ce sera la première étape du plan de rigueur que l’on étalera dans le temps. " Si le Premier ministre envisage d'annuler sept milliards de crédit, cela représenterait un plan de rigueur d'une ampleur sans précédent ", explique Didier Migaud sans être entendu.

Une telle erreur de prévision aura bel et bien des répercussions, puisqu'elle privera l'Etat 10 milliards d'euros de recettes fiscales et laisse prévoir un plan de rigueur de 20 milliards d'euros en deux temps avec un tour de vis budgétaire, suivi d'une hausse des prélèvements pesant sur les ménages alors que l’on aura les nantis derrière leur bouclier fiscal !

Le président de la commission des Finances a aussi estimé qu'il y avait " des silences troublants " dans l'entretien de François Fillon qui n’a aps daigné s’exprimer devant les Parlementaires mais qui a précisé sa pensée de manière très idéologique dans un magazine. " Lorsque le Premier ministre dit que la dette accumulée par la Sécurité sociale ne sera pas financée par des prélèvements obligatoires supplémentaires, il manque quelque chose : par quoi sera-t-elle financée ? ", s'interroge celui qui sait de quoi il parle de l’avis unanime de tous les députés.
" Un gouvernement peut-il accepter une dégradation aussi forte de nos comptes publics sans réagir ? Nos partenaires européens nous laisseront-ils ? Ne nous imposeront-ils pas un certain nombre de mesures ? ", poursuit Didier Migaud. C’est fini on va noyer le poisson de la récession. On va l’étaler comme une noix de beurre sur une grande tartine du temps, on va noyer tout : mais la crise ne va pas s’interrompre ! A Londres on vous met les cerises sur le gâteau qui n’existe plus ! A court terme, on peut donc s'attendre à un ralentissement de la croissance en France, amorti par les mesures fiscales. Si la crise dure, on peut cependant redouter un passage délicat… courant 2008 et surtout à une rentrée agitée ! La seule satisfaction c’est que les autres vont encore plus mal et notamment les Etats-Unis que nous admirons tant !

UNE INFLATION DANGEREUSE

Dans un contexte international dégradé, le commerce extérieur français pèsera de nouveau sur la croissance au premier semestre, amputant légèrement le Produit Intérieur Brut, ce fameux PIB dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais croisé dans son quotidien. Par ailleurs la baisse de l'activité et le resserrement des conditions de crédit dans le monde freineraient également l'investissement productif, deuxième pilier de la croissance. Selon l'Insee, l'investissement des ménages en logement stagnerait même durant tout le premier semestre… Or on sait que quand le bâtiment va tout va mais qu’à l’inverse si le bâtiment fléchit…
La croissance française sera donc, une fois encore, entraînée par son principal moteur, la consommation des ménages, qui accuserait une très légère baisse (un peu moins de 2% en rythme annuel) mais résisterait malgré tout à " une inflation robuste et soutenue " et à des gains de pouvoir d'achat d'autant plus faibles.
Le pic d'inflation initialement prévu par l'Insee en février à 3% devrait finalement intervenir en mars, mais se maintiendrait à ce niveau jusqu'en juin. L'inflation énergétique tendrait à se modérer tout en restant élevée, avec un baril de pétrole stabilisé autour de 95 dollars (impossible de croire à cette hypothèse), mais c'est surtout l'inflation alimentaire qui poursuivrait son envolée.

" Entre juillet 2007 et juin 2008, les prix alimentaires contribueraient à l'inflation à hauteur de 1 point, dont 0,7 lié aux seuls prix des matières premières agricoles ",

explique l'Insee. Cette hausse de l'inflation n'est pas une bonne nouvelle pour les ménages, même si ceux-ci devraient résister à l'érosion de leur pouvoir d'achat. Des revendications salariales vont donc obligatoirement surgir et la fin de la présente année va être extrêmement difficile. Lentement la consommation va se réduire et les vacances risquent bien d’être tristes pour les acteurs du tourisme. Cette perspective obligera le gouvernement à l’effet " seconde lame ". La première aura nettoyé le budget de l’Etat des 10 milliards congelés, la seconde fera une coupe sombre sur les emplois et sur les crédits disponibles en arrêtant toutes les dépenses en octobre par exemple. Et comme les collectivités locales prises à la gorge par le contexte national seront obligées d’augmenter le coût de services et leur fiscalité pour compenser ce désengagement on aura vite fait de pointer du doigt leur manque de rigueur. D’autant plus facilement qu’elles sont maintenant majoritairement dirigées par… la Gauche !
Mais je déblogue…
 explique pourtant de son coté Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas qui ne doit pas apparaître parmi les " économistes " sérieux que consultent les ministres qui comptent. En effet si la France tombe à 1,2 de croissance Didier Migaud annonce la terrible vérité : un plan de rigueur drastique va tomber sur le pays. Il ne sera pas officiel mais il sera bel et bien mis en œuvre avec ses conséquences pour les plus fragiles !
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
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Commentaires

Qu'est-ce qui a passionné le bon peuple de France cette semaine? Qu'est ce qui lui a paru important, voire essentiel, qu'est ce qui va faire vendre la presse people, si ce n'est le somtueux voyage du couple présidentiel auprès des souverains britanniques? Quoi de plus important que les toilettes élégantes et luxueuses de Mme Sarkozy, quoi de plus admirable que sa révérence à la Reine, quoi de plus essentiel pour la France que l'enthousiasme, l'admiration, et les commentaires élogieux de la presse anglaise découvrant la "première dame de France" !
Et ces socialistes français , des pessimistes, des empêcheurs de rêver en rond, qui essaient de ternir cette euphorie en leur parlant de PIB auquel ils ne comprennent rien, et qu'ils ne cherchent pas à comprendre, pas plus que  l'évolution défavorable de notre taux de croissance.....Puisque Mme Lagarde et Mr Woerth vous disent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, que nous sommes meilleurs que les pays qui nous entourent, que la crise ne sera pas pour nous, mais seulement pour les autres....pourquoi ne pas les croire, eux qui savent, qui ont étudié le problème pour garantir la tranquilité des masses laborieuses, qui ne doivent se préoccuper que de travailler... losqu'elles ont un tavail ?
La seule question est : quand est-ce que nos concitoyens rmodestes vont se réveiller? Quand vont-ils comprendre qu'on leur ment ? Parce qu'ils vont finir par comprendre et par se réveiller. Ils vont bien finir par ouvrir les yeux, ils vont bien constater, comme vous et moi, en faisant leurs courses au supermarché qu'il leur faut acheter les produits les moins chers , qu'il y a moins de queue aux caisses, mais qu'il y a de plus en plus de malheureux et de sans logis dans les rues, et de gens qui vont chercher leur subsistance dans les restos du coeur...( qui vont bientôt fermer).
Alors, il y a fort à parier que le réveil sera terrible, et que, comme nos gouvernants se plairont à le dire, la faute en reviendra à la Gauche, qui n'aura pas su faire ce qu'il fallait pour satisfaire tous ces mécontents...

commentaire n° : 1 posté par : Annie PIETRI le: 27/03/2008 22:27:07

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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