Samedi 10 mai 2008
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Il existe une légère polémique sur les nouveaux spots diffusés sur le thème de la sécurité routière. Le ministère de l'Ecologie a en effet lancé
un plan de sensibilisation aux drames de la route en mettant l'accent sur la responsabilité de chacun et en insistant sur le bilan quotidien des accidents: 13 morts et 300 blessés en moyenne en
2007. Symboliquement, le slogan signant les messages devient « Sécurité routière, tous responsables », remplaçant « Sécurité routière, changeons ». Le caractère symbolique de cette modification
prend une importance particulière dans un contexte où, si presque tout le monde a conscience du problème posé par l'automobile, presque tout le monde considère que l'effort concerne... l'autre. il
faut reconnaître que le comportement quotidien majoritaire au volant repose sur la propension des Françaises et des Français à jouer au loto. Ils bravent souvent les interdits qu'ils veulent voir
imposés aux autres et prennent forcément des risques gradués : procès verbal, points en moins et accident plus ou moins grave. C'est une sorte de « roulette russe » qui se pratique avec une moto ou
une automobile. « L'objectif de cette campagne, de cette nouvelle signature est que chacun prenne sa part de responsabilité », a donc déclaré la déléguée interministérielle à la Sécurité
routière, Les spots télévisuels, visibles à partir de mercredi, puis du 21 mai au cinéma, montreront des personnes effondrées en apprenant au téléphone la mort d'un proche sur la route. « Ces
films, c'est la réalité de tous les jours », a affirmé Cécile Petit qui semble oublier que très souvent c'est au maire d'aller annoncer la terrible nouvelle. « Cela a dû arriver trois
fois dans ma vie ce genre de coup de fil », a tenu à confier le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo.
En fait la dangerosité de l'automobile (ou du camionneur) relève davantage dans une vision sociale des interdits que d'une action déterminée. Ainsi tous les jours on constate sur le terrain que
c'est en définitive les petites infractions qui révèlent la manière dont se comportent ensuite les conducteurs. Pas un jour où dans le cœur modeste de la ville bastide l'on ne constate pas une
infraction réputée bénigne commise par une conductrice ou un conducteur « bien sous tous rapports ».
Le stationnement est rarement respecté par des gens pourtant prompts à réclamer des sanctions terribles contre... les autres ! Les sens interdits sont empruntés sans vergogne pour économiser une
centaine de mètres de déplacement supplémentaire. Les stops ne sont que rarement respectés quand on se sent en sécurité. La vitesse ne se maîtrise que quand on a un doute sur une possible sanction.
Encore aujourd'hui en zone trente j'a constaté à la demande d'une personnes âgée qu'elle avait simplement failli être fauchée sur le passage piétons par une voiture roulant à 90 ! Une trace de
freinage de plus de 10 mètres s'arrête au milieu des bandes blanches ! C'est faits constituent la base de comportements qui deviendront beaucoup plus dangereux.
D'ABORD UN COMPORTEMENT CITOYEN
Il suffit de se placer paisiblement à un carrefour, sur un parking, dans une rue pour vérifier que nous
continuons à téléphoner au volant, à ne pas mettre sa ceinture, si l'on a un 4x4 monumental à monter sur les trottoirs sans aucune retenue, pour les jeunes motocyclistes ou de quads confondre
défonçages de la nature avec promenades bucoliques et pour les plus récalcitrants l'absence de casque... Tant que l'on ne parviendra pas à rétablir ce respect ordinaire on aura bien du mal à
maîtriser les attitudes « extraordinaires ». En effet souvent les enfants sont les témoins de ce que le conducteur affirme n'être qu'une faute bénigne. En cas de sanction il criera devant eux à
l'injustice, à l'acharnement, à la bêtise répressive... surtout, j'ai remarqué, quand il a les moyens financiers de faire face à la sanction !
Les encarts de quatre pages dans la presse régionale récapituleront parait-il les causes classiques de mort sur la route, en énumérant le nombre de vies qui auraient pu être sauvées en 2006 si tous
les conducteurs avaient respecté les règles : 1.271 pour l'alcool, 950 pour la vitesse et la distance de sécurité, 424 pour le port de la ceinture, en passant par le téléphone, la fatigue et la
drogue. Ils comportent en outre une planche couvrant quasiment une page entière sur laquelle de petites silhouettes noires figurent les 4.615 tués sur la route en 2007, une baisse de 2% par rapport
à 2006, qui contraste avec une augmentation du nombre de blessés : 104.601 (+2,4%). Renforcement du nombre des radars et des contrôles sur les routes, extension des éthylotests anti-démarrage qui
pourraient devenir à terme obligatoire: la campagne auprès de l'opinion vient compléter une série de mesures à la fois répressives et préventives ; Mais pour ma part je regrette qu'elle ne soit pas
incluse dans une politique plus vaste de réhabilitation du comportement citoyen.
Neuf accidents sur 10 sont imputables au seul comportement des conducteurs et les motocyclistes (scooters et motos plein air) ne sont pas les plus appliqués en matière de respect des contraintes de
sécurité. Le dénoncer ce n'est pas faire de l'anti-motards c'est tout bonnement constater que parfois certains d'entre eux se prennent davantage pour des « diables » de la route que des « anges
».
SE TUER EN DORMANT
Nous sommes tous des accidentés ou des « tueurs » potentiels. Le nier c'est s'absoudre de toute faute. Pare xemple même sans avoir bu, même sans rouler vite, même en respectant le code de la route
on peut basculer dans un comportement néfaste. Selon une enquête nationale publiée hier par la Prévention routière et l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, près de 30 % des
automobilistes disent avoir souffert de somnolence au moins une fois dans l'année. Lorsqu'ils conduisent de nuit, ils sont la moitié à l'affirmer. Un phénomène inquiétant à l'heure des départs en
vacances de printemps et à la veille du retour de ce week-end prolongé du mois de mai. La somnolence, qui n'est pas répréhensible, augmente en effet de huit fois le risque d'accident et représente
15 à 20 % des pertes de contrôle et collisions sur les routes des pays occidentaux.
« Il ne faut pas confondre fatigue et somnolence », explique Pierre Philip, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Bordeaux. « La fatigue se reconnaît à une nuque qui se raidit, une
position de conduite qui devient inconfortable et le besoin d'ouvrir les fenêtres pour avoir de l'air. » Le problème c'est que la loi ne punit pas la conduite en « dormant » pas plus qu'elle
ne l'interdit après absorption de médicaments antidépresseurs dont on sait combien ils peuvent être dangereux sur les réflexes.
Le coup de pompe peut survenir à n'importe quel moment au cours d'un long voyage. Le plus sage est de s'arrêter et de s'offrir un double expresso. Selon votre réactivité à la caféine, cette
pause-café permet de repartir « en forme » pour deux à quatre heures de conduite. Plus grave, l'état de somnolence traduit « une incapacité ou une difficulté extrême à conduire, poursuit Pierre
Philip. C'est aussi l'état dans lequel tout le monde se trouve chaque soir juste avant de s'endormir. Elle arrive par vagues successives qui s'amplifient jusqu'à assoupir le conducteur. Les
paupières se ferment de manière prolongée et il est impossible de lutter contre », précise Pierre Philip, qui compare cet état à l'ivresse au volant. Seul « traitement » efficace : le sommeil. Une
sieste d'au moins vingt minutes permet de reprendre la route pour environ deux heures. Quand je réclame la réhabilitation de la « sieste » qui devrait être institutionnalisée on ne me croît pas
!
HANDICAPES EN HAUSSE
La société actuelle ne s'intéresse nullement au quotidien mais elle surfe sur l'événement qu'elle créée. Ainsi les statistiques focalisent sur le nombre de morts alors que dans ce domaine
l'évolution est extrêmement défavorable pour les handicapés à vie ! On sait que les accidents de la route tuent en effet chaque année moins de 5 000 personnes (4 615 en 2007). Mais ils transforment
aussi chaque année des milliers d'individus valides en handicapés moteurs.
Pour la première fois, une évaluation complète de la morbidité routière entre 1996 et 2004 a donc été publiée par l'Institut national de veille sanitaire (INVS). Ce document montre notamment que
les chiffres des forces de l'ordre sous-estiment gravement le nombre de blessés et de blessés graves dans les accidents de la route. Pour la première fois depuis sa création en 1995, le registre
médical des victimes d'accidents de la circulation routière du département du Rhône unique en son genre en France , a effectué avec l'aide des services interministériels et les forces de l'ordre,
une estimation nationale plus proche de la réalité que les chiffres officiels.
L'étude publiée permet d'affirmer que le risque d'être lourdement handicapé suite à un accident de la circulation est égal au risque d'être tué sur la route (tous modes de transports). Pour les
cyclistes et les usagers de deux-roues motorisés, le risque de handicap lourd est beaucoup plus élevé que celui d'être tué. Les spécialistes de l'INRETS ont utilisé une échelle des séquelles
majeures persistant un an après l'accident : c'est grâce à elles qu'ils ont pu s'apercevoir qu'il existe plus de blessés avec séquelles majeures chaque année (7 479) que de victimes décédées dans
les six jours suivant l'accident (7 344). Mais ces nombres là ne sont pas clamés sur les ondes car ils mettent en cause le rôle néfaste de l'automobile reine de la route qui souvent détruit la vie
des autres au nom du droit conférer par un permis de mal se conduire.
Mais je déblogue...
Par Jean-Marie DARMIAN
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Publié dans : ACTUALITE
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