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MAIS JE DEBLOGUE...

"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.

C'est une intoxication indolore".

J. C. Guillebaud

Responsable de la Publication :  jmdarmian@club-internet.fr

Dimanche 11 mai 2008
En créant L'AUTRE QUOTIDIEN le 1° septembre 2006, je souhaitais simplement montrer que la hiérarchisation de l'information et la manière dont on « agence » les infos produites par les agences et les principaux journaux donne un résultat bien différent de celui destiné à forger en permanence une opinion dominante. Pas facile de mener à bout la démonstration quotidienne car la recherche des données destinées à une chronique prend beaucoup de temps et surtout il faut bien reconnaître que les sources « brutes » sont parfois peu différenciées en raison de la limitation de leur nombre. L'agencement des éléments récoltés ainsi que leur mise en forme relèvent ensuite, il faut l'admettre, de choix personnels. Il est vain de prétendre, à partir du moment où l'on élimine des infos ou que l'on en valorise d'autre à une objectivité parfaite. D'ailleurs personne ne peut y prétendre. Le journaliste n'est qu'un témoin d'une décision ou d'un événement dont il ne pourra, faute de temps et d'espace, rendre compte que de manière partielle. Le vecteur médiatique n'a de valeur que si justement il offre à celui qui le fabrique l'indépendance nécessaire pour effectuer sa collecte d'informations et sa hiérarchisation de celles qu'il a pu obtenir.
Depuis belle lurette, le « politique » a voulu contrôler à son profit ce qu'ils estime être un pouvoir capital pour sa réussite. Il ne rêve que d'adresse directe aux électrices et aux électeurs sans le filtre du contre pouvoir journalistique. A toutes les époques cette tendance a existé.
Dans tous les pays cette captation du pouvoir « d'informer » a tenté les gouvernants. En toutes circonstances la tentation de détourner le système à son profit existe. En fait il faut bien constater que l'obsession des grands de ce monde réside dans leur influence sur l'opinion via des médias plus ou moins à la botte. La seule différence selon les lieux et les moments réside dans la méthode d'appropriation de ce pouvoir. Elle peut être économique comme en Italie où Berlusconi n'est devenu un homme politique que par sa seule capacité à se construire un réseau médiatique personnel. Sa puissance économique l'a conduit au poste qu'il occupe. Bien évidemment cette méthode est réputé... démocratique. Elle ne l'est plus en Chine, en Russie, dans le pays de n'importe quel potentat africain puisqu'ils imposent leur volonté par un contrôle des moyens de diffusion et plus encore par un contrôle absolu des contenus.
L'enjeu essentiel quotidien de tout gouvernement consiste d'abord à fournir quotidiennement de la « nourriture » prédigérée à l'Hydre de Lerne qu'est un système médiatique pour qu'il accepte de le restituer à l'identique. Ensuite il lui faut s'installer régulièrement dans un dialogue direct avec les lecteurs, les auditeurs ou les téléspectateurs pas trop souvent pour créer l'événement mais régulièrement pour éviter de ne le faire qu'en situation de crise. Enfin la mise en place d'un réseau de « partenaires », susceptibles de devenir des « complices » occupe une place importante dans les préoccupations de l'entourage des « puissants » de tous ordres. Il n'y a pas une minute sur la planète où l'on ne devrait rediffuser en boucle le fameux film « Citizen Kane »... même en France !
DES ATTAQUES CONCERTEES
En France au cours de la semaine écoulée, qui rappelons le aura été celle des « ponts » avec démobilisation citoyenne évidente, on aura assisté à de véritables attaques potentielles contre les fondements d'une démocratie reposant sur le pluralisme de l'information. Bien entendu, le débat n'aura pas davantage passionné les foules que le risque de descente du Paris Saint Germain. Or en quelques jours c'est le socle de la démocratie actuelle qui s'est fissuré avec les attaques frontales du Président de la République envers des supports médiatiques qui selon lui n'ont pas accompli leur rôle de transmetteurs des élucubrations sarkozistes. Or ces remarques formulées devant les élus devant représenter tous les électeurs et les électrices de leur circonscription quels que soient leurs choix politiques dénotent un vision extrêmement dangereuse.
« Il est singulièrement 'abracadabrantesque' de constater que Nicolas Sarkozy attaque ainsi les journalistes en privé, alors que le bilan tiré par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) de sa première année de présidence est particulièrement accablant... pour la liberté de la presse », indique le syndicat. « Au lieu de continuer à vouloir faire des journalistes les boucs émissaires de ses déboires dans les sondages, le président de la République serait mieux inspiré d'écouter les inquiétudes grandissantes d'une profession en crise. Et de l'aider à retrouver les conditions d'exercer pleinement, et en toute indépendance, sa mission d'informer auprès des citoyens de ce pays », ajoute le SNJ.
Le problème c'est que vous n'avez pas entendu sur TF1, France Télévisions ou les radios le moindre commentaire sur cette position des professionnels de l'information. Si l'on peut faire confiance aux déclarations des parlementaires présents, les propos tenus publiquement (plus de 260 personnes présentes) par le garant constitutionnel de la liberté de la presse. Que Poutine, Castro, Berlusconi, Kadhafi, Hu Jintao, Mahmoud Ahmadinejad, Bongo... et tous leurs autres potes s'offrent ce type de proclamation n'auraient rien d'étonnant mais que l'on ait droit à ces déclarations en France pose évidemment quelques questions.
MOBILISATION ANTI-JOURNALISTE
Le SNJ-CGT inscrit donc ses propos dans le cadre d'une offensive des « patrons » politiques et économiques de la droite. Cette tendance serait portée notamment par le plan de licenciements au quotidien Le Monde, le guichet "départ" ouvert au quotidien Le Figaro, ou encore la nomination d'Antoine Arnault, fils de Bernard Arnault, au comité d'indépendance éditoriale du journal Les Echos. Le syndicat cite également l'opération policière visant la rédaction de Radio Frequenza Amora (station corse du réseau de radios locales France Bleu), les critiques du président Nicolas Sarkozy contre plusieurs organes de presse, et finalement les attaques du député Frédéric Lefebvre contre l'Agence France-Presse (AFP). Le SNJ-CGT « appelle tous les démocrates à réagir contre cette volonté de confiscation de l'information pluraliste, vérifiée, recoupée et mise en perspective » et « appelle les rédactions à refuser toutes les mesures visant à empêcher les journalistes de remplir totalement leur responsabilité sociale ». Il lui faudrait « hurler » pour réveiller un pays inconscient ! Il faut en effet être bien conscient que le président lance ses anathèmes dans un contexte de grave crise économique et financière pour la presse, notamment la presse quotidienne.
Ce mélange entre fragilité économique et pressions politiques risque de se révéler détonnant : un média peut hésiter à froisser le président s'il appartient à un grand groupe industriel dépendant de la commande publique comme c'est le cas pour Bouygues et TF1 ous si son Président dépend de l'humeur présidentielles comme à France Télévisions dont Copé s'occupe en secret ! En fait on assiste à une confusion volontaire et orchestrée visant à confondre le journalisme et la communication. Par définition, le journaliste doit faire des choix éditoriaux. Il n'est pas la courroie de transmission du pouvoir. La preuve que c'est bien la voie choisie par la Droite via les positions prises par la Ministre de la Culture...
BATAILLE SUBALTERNE DES COMMUNIQUES
Christine Albanel suggère dans Le Journal du dimanche que l'Agence France Presse (AFP) pourrait diffuser l'intégralité des communiqués de presse des partis (et notamment ceux de l'Ump) et des organisations syndicales. Selon le JDD, mis en cause par Nicolas Sarkozy, le principe de ce « service supplémentaire » de l'AFP est inclus dans le projet de loi autorisant les journalistes à ne pas divulguer leurs sources. Ces communiqués apparaîtraient « sur un espace spécifique et facilement accessible, selon des modalités à préciser et à organiser », précise-t-elle, avant d'ajouter qu'elle soumettra cette idée au directeur de l'AFP vendredi.
Christine Albanel assure maladroitement que ce service ne se substituerait « en aucun cas au travail de rédaction et d'éditorialisation des journalistes de l'AFP sur les sujets politiques ou sociaux quand ils le jugent nécessaires et pertinents ». Imaginez un peu le boulot passionnant des journalistes qui consisterait à mettre en ligne des communiqués de presse, outils de communication partisans ! Ces communiqués sont d'ailleurs mis en ligne intégralement sur les sites des partis ou des syndicats et sont donc déjà accessibles à tous les citoyens qu'ils passionnent !
Christophe Beaudufe, représentant de la Société des journalistes (SDJ) de l'AFP, s'est élevé contre un mélange des genres. « Notre travail de journaliste, c'est de faire une information vérifiée, recoupée et remise dans son contexte », a-t-il rappelé sur France-Info, on « ne publie jamais un communiqué, on traite un communiqué ». Mais l'Ump n'a que faire de la déontologie d'une profession. Elle n'a les yeux rivés que sur les... sondages !
Pendant ce temps on ne débat pas un seul instant des « volumes » déjà massivement accordés à un camp au détriment de l'autre. Dans le fond ce qui choque Nicolas Sarkozy c'est qu'il n'ait pas 100 % des médias au service de sa communication quotidienne. « C'est un scandale ! » aurait dit Georges Marchais ! Les socialistes se plaignent en effet d'être « inaudibles car ils sont « au pain sec et à l'eau médiatiques », selon Arnaud Montebourg, dans le même JDD. « Aujourd'hui, l'expression en faveur de l'UMP, président de la République et collaborateurs compris, a augmenté de 256 % sur TF1 et 196 % sur France 2 », selon le député PS de Saône-et-Loire, qui cite des chiffres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Dommage que ces statistiques n'aient pas figurées dans le communiqué de l'Ump car elles auraient simplifié la tâche des journalistes chargés de le traîter.
Mais je déblogue...
par Jean-Marie DARMIAN publié dans : ACTUALITE
 

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Jean Louis Bianco (PS) à propos de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan :   "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il.

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