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LES STATISTIQUES

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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /2008 22:24

Le libéralisme c'est la liberté que l'on donne au renard d'être dans le poulailler face à des poules libres. La liberté du premier ne permet pas de donner beaucoup de chances de survie aux braves gallinacés. Or nous sommes, en France, dans ce contexte qui laisse croire que tout peut se régler par le sacro-saint principe de la concurrence dans un espace clos. Rien n'est plus faux ! En fait, on assiste à un renforcement de la différence déjà forte entre les deux extrémités de la société. Laisser au seul marché le soin de réguler la vie quotidienne, c'est véritablement croire au Père Noël, 365 jours par an. En effet, ça suppose qu'il n'y a pas, à tous les échelons de la vie collective, d'ententes illicites, de groupes de pression, d'échanges de bons services.
Ainsi la loi sur la modernisation de l'Economie va offrir un pactole aux grands groupes de distribution qui ne devront pratiquement plus se soumettre aux décisions des pouvoirs publics. Les « petites » ou les « moyennes » surfaces de vente vont s'installer où bon leur semble pour, selon les prédictions gouvernementales, redonner du pouvoir d'achat aux consommateurs, via une baisse des prix générée par une « concurrence » débridée ! En fait il s'agit surtout, comme pour la quasi totalité des réformes en cours, de libérer la courbe des profits des amis déjà très riches. La « grande distribution » ne va surtout pas s'auto-détruire par une concurrence effrénée, car derrière chaque rayon, il y a un actionnaire qui sommeille avec un œil ouvert. La situation est extrêmement révélatrice de la fausse bonne idée pour les uns, et de la vraie bonne nouvelle pour les autres.
Quand on se penche sur la situation des marques les plus connues de distribution, on sait bien qu'elles possèdent tous les types de magasins et qu'elles n'acceptent jamais d'aller se frotter sur des zones de chalandise occupées, à moins qu'elles soient « ouvertes » par les augmentations fortes de leur population. Cette réalité ne sera jamais remise en cause, car le gouvernement ne table que sur des groupes allemands pour aller tenter leur chance sur des lieux encore possibles. Rien n'est moins sûr, car ils n'ont pas la réputation d'être des philanthropes. Loin s'en faut. Ils ne partiront pas si la rentabilité n'est pas certaine dans la période actuelle. Et ils n'hypothèqueront pas leurs marges globales pour les beaux yeux de Mme Lagarde.
Pendant ce temps on apprend que Bernard Arnault (LVMH), qui possédait la plus grande fortune professionnelle de France, a été détrôné en 2008 par le fondateur du groupe Auchan, Gérard Mulliez, 77 ans, selon le classement du magazine Challenges à paraître jeudi. Le magazine évalue en effet la fortune de Gérard Mulliez à... 21 milliards d'euros, contre un peu plus de 18 milliards pour Bernard Arnault.
Cet échange des rôles est dû au bond de près de 30% des bénéfices de l'enseigne de grande distribution Auchan, alors que la baisse des cours de LVMH et de Carrefour, dont Bernard Arnault détient respectivement 47% et 5% du capital, explique le recul de 18% de sa fortune. C'est cela la réalité : les enseignes de la grande distribution peuvent pavoiser car deux de leurs actionnaires sont au sommet de la pyramide de la réussite sociale qui se mesure depuis toujours en... milliards d'euros !
ILS FONT CE QU'ILS VEULENT
Le grandiose Xavier Darcos a donc décidé de les mettre à genoux en leur proposant un cartable à prix modéré. Lui, le grand dépeceur du mammouth, a convoqué les grands distributeurs pour les inciter à vendre des fournitures scolaires à un tarif identique à l'an passé. On sait en effet que quand sonne l'heure de la rentrée, pour les marques de stylos, c'est la bousculade dans les grandes surfaces. Objectif, se faire une place dans les linéaires. Et le temps est compté : s'il y a certes un rayon papeterie toute l'année dans les supermarchés, les mises en avant n'ont lieu que pendant la période estivale qui précède la rentrée.
Le marché représente des centaines de millions d'unités. Un enjeu de taille pour Bic, premier acteur du secteur (devant Pilot), qui réalise 54 % de son chiffre d'affaires avec les grandes surfaces. Du coup, les écoliers qui se pressent avec leur liste de fournitures font, par exemple, l'objet de toutes les attentions de la part des marques d'écriture, un créneau qui va des stylos à bille aux stylos à plume, en passant par les crayons de couleur, les feutres et les surligneurs. « Comme tous les concurrents, nous fonctionnons avec des promotions. Les parents cherchent à alléger leurs coûts. Ce sont des techniques marketing un peu basiques mais qui séduisent les grandes surfaces, qui nous mettent dans leurs prospectus », détaille la marque pour qui la rentrée représente 40% de son chiffre d'affaires annuel. Mais par rapport à ses concurrents, Bic dispose d'un avantage certain : le nom de sa marque, qui fait partie du langage courant des français. Depuis l'après-guerre, Bic a vendu 100 milliards de stylos à bille.
Premier segment du marché de l'écriture (16% en valeur) estimé à 250 millions d'euros, les marges du stylo à bille sont faibles. Aussi le Bic Cristal se vend en nombre. « Nous le proposons par paquet de quatre au minimum et de vingt-sept au maximum » Mais pas de couleurs spéciales. « Les écoliers écrivent en bleu et corrigent en vert. Les étudiants préfèrent le noir et les professeurs corrigent en rouge, si bien que toutes les couleurs se vendent », raconte Camille Pinçon. Rien d'étonnant à ce que le Bic quatre-couleurs soit le deuxième produit phare de la marque, qui a racheté et agrégé Conté et Velléda ces quinze dernières années. Xavier Darcos peut parader, annoncer, promettre, mais ce sont les patrons de grandes surfaces qui décident ou font semblant de décider.
DES PRIX DIFFERENTS
Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Intermarché, Leclerc, Lidl, Système U... La quasi-totalité des enseignes de la grande distribution se sont en effet engagées à modérer le prix des fournitures scolaires. Elles ont signé, ce jeudi, un accord avec le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos. « Les prix seront, soit maintenus par rapport à 2007, soit moins chers », a annoncé le ministre. Une liste d'une quarantaine de « fournitures essentielles » (cahiers, copies, stylos, feutres, crayons, cartables, trousses...) a été dressée par le ministère, avec la fédération de parents d'élèves PEEP et l'association familiale Familles de France. Vous pouvez avoir confiance : dans le contexte économique actuel, ces marques pour lesquelles le profit est essentiel, vont se priver du pactole de la rentrée alors que leur chiffre d'affaires s'érode.
Le ministère n'a pas chiffré le coût moyen de la rentrée grâce à l'accord, mais Xavier Darcos a cité le chiffre de 40 euros pour un élève de primaire. Un seul groupe, Auchan, a donné des chiffres pour ses magasins : 38,65 euros en primaire, 77 euros au collège et 64,20 euros au lycée.
Dans la presse du matin, Leclerc avait anticipé avec une publicité assurant que « le cartable de Monsieur Darcos est moins cher chez E.Leclerc ». On voit la réalité de cette opération d'enfumage des familles quand on prend coonnaissance du fait que le ministre encourage toutes les entreprises de la distribution et du commerce à utiliser son nom s'il s'agit de faire baisser les prix des fournitures scolaires, et de permettre ainsi aux familles de faire des économies. Un moyen exceptionnel de se faire... de la pub à bon prix ! Incroyable mais vrai pour celui qui donne en permanence des leçons de morale aux enseignants.
UN MINISTRE DE PUB
Le problème, c'est que pour faire baisser les prix, on va aller dénicher en Chine des produits de très mauvaise qualité et évidemment moins chers qu'en France. Leur population nombreuse, jumelée aux multiples activités qui s'y déroulent, font que les écoles produisent beaucoup de polluants et de déchets de nature diverse. Xavier Darcos, plutôt que de se faire de la pub à bon marché aurait pu s'intéresser au cartable écologique à prix modéré : un véritable pari pour l'avenir.
Les écoles constituent un endroit par excellence pour mettre en œuvre des programmes visant à réduire ou à éliminer la production de polluants ou de déchets qui, s'ils sont mal gérés, peuvent avoir un effet dommageable sur la santé humaine et sur l'environnement. Les produits parfumés comprennent entre autres certains produits d'hygiène et de beauté et des produits de nettoyage. Souvent, les produits parfumés peuvent aggraver les symptômes de l'asthme et d'autres maladies pulmonaires chroniques.
Les enfants sont plus vulnérables que les adultes aux poisons et autres substances nocives. Cette situation s'explique, entre autres, par le fait que leur système immunitaire n'est pas complètement développé. Comme ils sont en pleine croissance, leurs tissus sont facilement endommagés par les poisons, ou le manque d'oxygène ou de substances nutritives. De plus, les enfants absorbent relativement plus de substances par les intestins que les adultes. Enfin, leur cerveau et leur système nerveux sont plus sensibles aux effets néfastes de nombreux toxiques parce qu'ils sont encore en voie de développement. Par ailleurs, les enfants ayant une masse corporelle moins élevée que celle d'un adulte, toute substance nocive qu'ils ingèrent ou inhalent se retrouvera en concentration plus élevée dans leur organisme.
Tous ces facteurs contribuent à rendre les enfants plus vulnérables que les adultes à la présence de petites quantités de substances toxiques. L'exposition à des polluants de l'air  intérieur des locaux peut provoquer des maux de têtes, des nausées, des faiblesses, des étourdissements, des engourdissements, des troubles de la mémoire et une irritation des yeux et de la gorge. Elle peut aussi avoir des conséquences beaucoup plus graves pour la santé et endommager le système nerveux central, le foie et les reins, provoquer des troubles cardiaques, et causer le cancer.
Par ailleurs, les articles de soins personnels au parfum très prononcé, comme les eaux de toilette et les désodorisants, peuvent entraîner des problèmes de santé pour les personnes qui y sont sensibles. Font partie des matières dangereuses les plus couramment utilisées, les pesticides, les médicaments, les bouteilles de propane, les batteries de voiture, le shampooing pour tapis, les nettoyeurs de meubles rembourrés, les cires pour meubles, les produits chimiques pour l'entretien, les décapants, la peinture et les diluants pour peintures, les teintures et apprêts, les agents de blanchiment, les huiles pour moteur usagées, l'encaustique... Que fait-on pour lutter contre ces fléaux vendus par de grands distributeurs, oublieux de la qualité pour un prix qui tue. Au sens propre et au sens figuré ! Et cette volonté ministérielle de lutter contre cet état de fait n'a pas de prix !
Mais je déblogue...

Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
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