Flux RSS

  • Flux RSS des articles

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 00:17

Quand trois ou quatre socialistes se disputent un poste de responsabilité c'est une cacophonie ! Quand ce sont des Ump qui s'étripent, c'est de l'émulation. Quand trois ou quatre socialistes présentent des visions sociales différentes à leurs militants, c'est un affrontement d'éléphants. Quand les pachydermes de l'Ump s'affrontent méchamment, ce n'est que de la saine émulation. Quand un socialiste explique qu'un supplément de 23 sénatrices et sénateurs constitue un net désaveu du gouvernement Fillon, on lui rappelle que c'est la grande mansuétude de la majorité présidentielle, ayant réformé le scrutin, qui génère ce succès. Quand un Ministre Ump, aussi malhonnête intellectuellement que l'ineffable Roger Karoutchi, explique qu'avec des sièges en moins pour la majorité et 23 en plus pour l'opposition, l'ump a remporté le scrutin, c'est une analyse objective. Ainsi va la vie quotidienne, qui stigmatise un camp et valorise un autre. Rien n'est pardonné objectivement au PS. Même pas ses victoires. Tout est masqué à l'Ump. Même les pires comportements. Les assassins utilisent le silencieux.
Hier soir, au Palais du Luxembourg, on se moquait d'ailleurs pas mal du vote positif de l'après-midi sur la terrible guerre en Afghanistan : on ne parlait que du combat qui va opposer demain les prétendants au fauteuil de ce brave Poncelet, pourtant pas encore parti ! Le sort de la France dépend de l'élection interne prévue entre Larcher, Raffarin, Poncelet, Gaudin et Marini ! Cette preuve évidente de cohésion de l'Ump n'a pas encore été détaillée par des médias, qui se focalisent sur les candidatures au poste de premier secrétaire du PS de... 2 femmes et 2 hommes au nom de la parité ! Une anomalie démocratique, alors que les rivalités sénatoriales dénotent un climat de franche amitié, et surtout d'unité rassurante.
A peine bouclées les élections, l'âpre bataille pour la très convoitée présidence du Sénat s'amplifie, à deux jours d'une primaire qui doit départager, au groupe UMP, deux favoris, Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin, avec Philippe Marini, Jean Claude Gaudin, Alain Lambert et Christian Poncelet en outsiders. Le sénateur-maire de Marseille se donne, quant à lui, un temps de réflexion supplémentaire pour décider s'il se lance ou non dans la course à la présidence du Sénat, et sa décision est plus que jamais ouverte. On lui susurrera dans l'oreille qu'il a essuyé un naufrage aux sénatoriales dans les Bouches-du- Rhône, alors qu'on lui avait pourtant accordé le titre de ville culturelle. Les autres ont probablement des places à négocier quelque part... et leur art de combattre se résume à
 « retenez moi ou je fais un malheur ! »

JE T'AIME MOI NON PLUS
Malgré une forte poussée de la gauche, l'UMP reste majoritaire dans la Haute Assemblée et le choix du deuxième personnage de l'Etat se joue en son sein. Mais le parti présidentiel, qui a perdu la majorité absolue lors du dernier scrutin de 2004, a vu sa majorité simple encore réduite dimanche. Son groupe devrait passer de 159 à... 149-150 membres, pour un total de sénateurs augmenté de 331 à 343 (12 sièges créés). L'UMP devra donc composer avec ses alliés centristes de l'UC-UDF et radicaux valoisiens du RDSE. L'existence de ce groupe, où se trouvent les radicaux de gauche, est toutefois menacée : le PRG, qui a gagné trois sièges, va tenter de constituer un groupe autonome. C'est là où l'on verra si ce qui avait été annoncé dans ces colonnes sur l'achat des voix PRG lors de la réforme de la constitution, contre la possibilité de créer un groupe autonome au Sénat, était une vue de l'esprit. Il est vrai que les avantages financiers et matériels d'un groupe leur ferait le plus grand bien.
Le rapport exact des forces sera connu avec la constitution des groupes politiques mis en place avant le 1° octobre, date d'ouverture de la session ordinaire. Jusque-là, ce sont les battus de dimanche qui continuent à siéger, et qui font les... majorités !
Raffarin et Larcher prenaient leur café à la même table à la buvette du palais du Luxembourg, autour du président des centristes, Michel Mercier. Si le duel est rude, tout se passe au Sénat dans un climat d'affabilité apparent. L'ancien Premier ministre et son ancien ministre du travail, outre la rondeur joviale, ont en commun une fine connaissance du Sénat où ils ont passé des années, et ils sont au coude à coude.
Jean-Pierre Raffarin (Vienne, 60 ans à ma « droite ») devait officialiser sa candidature par une lettre à tous les sénateurs du groupe UMP, mardi matin. A La Rochelle, quand deux caciques et leurs amis déjeunaient ensemble dans un restaurant, c'était un complot putatif. Tenez, même le frustré du chabichou, qui dînait hier à Paris avec Jean-Claude Gaudin n'est pas soupçonné de comploter ! L'ex-premier Ministre verra également Christian Poncelet (80 ans) qui n'a pas jeté l'éponge, espérant jouer les recours en cas de duel trop serré... Ah ! le confort d'un fauteuil ça ne s'oublie pas aisément.

APPEL DU PIED
Gérard Larcher à ma « gauche » (Yvelines, 59 ans), qui se dit très serein, est fort apprécié de ses pairs. Il peut compter sur les réseaux gaullistes de l'ex-RPR dont il est issu, et de la franc-maçonnerie, très représentée au Sénat (Michel Charasse va jouer un rôle !) et c'est plus avantageux que d'être ancien premier Ministre. Tous deux, « croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer » se réclament de l'amitié forte de Nicolas Sarkozy. « Le président ne prendra pas position. Quel que soit celui qui sera élu, il sera un... ami. Il a fait un geste envers les trois candidats: Raffarin en allant en Poitou-Charentes, Larcher en le recevant pour son rapport sur l'hôpital et Marini en l'emmenant en Syrie ». A l'Elysée on ne met pas les œufs dans le même panier.
La gauche voit le match se jouer sans elle à moins que des voix s'égarent. « La question est de savoir si ce sera blanc bonnet ou bonnet blanc » explique le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel. « Les dés sont pipés, en spoliant la gauche, majoritaire dans toutes les élections locales, de toute possibilité de provoquer l'alternance ». Dans le fond c'est comme au congrès du PS, où quelle que soit la volonté des militants, il est quasiment impossible de renverser le pouvoir en place. Une ou deux alliances conclues dans un salon particulier d'un restaurant de la rue Solférino, et l'affaire est jouée puisque tout dépend du nombre de cartes mises sur la table de jeu. On a su, par exemple, que moyennant l'ouverture d'une ligne budgétaire de « réserve parlementaire » pour ses amis, de 500 000 euros, Michel Charasse et 32 de ses amis avaient assuré, à bulletins secrets, l'élection de Christian Poncelet face à René Monory ! Il reste à attendre le dénouement de ces deux suspenses insoutenables, traités cependant médiatiquement de manière très différentes.

TERRIBLE SUSPENSE
Là encore le programme électoral prend toute son importance. Gérard Larcher s'est déclaré plutôt favorable à ce que l'opposition préside une commission de la Haute Assemblée. Un signe fort d'ouverture sarkhozyste, mais surtout un appel du pied au camp Charasse. « Une question se pose: l'opposition aura-t-elle ou non une présidence dans les nouvelles commissions? J'y suis plutôt favorable, mais c'est un sujet dont il faudra débattre avec nos collègues, parce que cela implique une modification du règlement » a déclaré le vétérinaire spécialisé dans les remèdes de cheval ! Bien entendu, il se défend de compter sur les sénateurs de l'opposition de Gauche pour être élu président du Sénat :
« Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer ! »
« La France, au bord de la guerre civile, est dramatiquement divisée en deux camps. Raffariniens et larchéristes sont prêts à mourir pour leur héros respectif. Ils incarnent deux tendances irréductibles, deux visions du monde. C'est l'eau et le feu, le haut et le bas, l'envers et l'endroit. Chaque canton, chaque commune, chaque immeuble est coupé en deux. Pas une famille qui ne soit désunie. Pire : chaque Français est lui-même divisé, changeant d'avis toutes les heures. Qui pourrait dire honnêtement, franchement, sereinement : "Si j'étais sénateur, je voterais Raffarin sans hésiter", ou : "Je voterais Larcher les yeux fermés" ? » écrit Robert Solé sur Le monde.fr Son constat est fort intéressant : le pouvoir d'achat, les reculades permanentes du pouvoir, l'engagement d'une interminable guerre en Afghanistan, s'estompent devant ce cas de conscience. Même l'enquête du magazine 60 millions de consommateurs qui révèle que les fabricants de produits alimentaires n'hésitent pas camoufler les hausses de prix grâce à divers procédés, plus pernicieux les uns les autres, a-t-on appris lundi 22 septembre. Pour préserver leur marge, ils changent l'emballage, modifient les recettes ou diminuent le contenu. Le magazine cite l'exemple des biscuits "Prince" de Lu qui ne pèsent plus que 300 grammes contre 330 avant l'été.
Plutôt que de faire valser les étiquettes, Jockey de Danone a aussi réduit les quantités: 850 g de fromage blanc contre un kilo. Une autre stratégie consiste à changer l'emballage, un procédé qui ouvre la voie à de très jolies augmentations pour le client, souligne le mensuel. La troisième méthode, probablement la plus pernicieuse, est la modification de la recette. Il s'agit, explique le mensuel, de remplacer des ingrédients onéreux par des matières premières moins chères ou de changer la composition pour abaisser le coût de revient. Ah ! à mon humble avis, l'Ump a déjà changé les « emballages », modifié la « recette » ou diminué le poids pourtant « mamouthesque » des deux présidentiables sénatoriaux.
Mais je déblogue...

Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : ACTUALITE
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés