Ouf ! La justice française vient de démontrer qu'elle savait régler un conflit de manière efficace. Un
exemple pour le Peuple de ce que le droit peut comporter parfois comme valeurs fortes quand l'enjeu existe. C'est la force de la justice républicaine de savoir apparaitre comme sévère, efficace,
source de crainte pour les gens osant la défier. Pour avoir de temps en temps fréquenté, comme journaliste, les séances jugeant de pauvres bougres, de sombres idiots ou des brutes épaisses en
flagrant délit, je peux affirmer que le laxisme n'est pas monnaie courante. Les tarifs sont salés, et appliqués sans mansuétude, même si ensuite l'exécution des peines laisse souvent à désirer.
Cette justice, tellement critiquée et parfois suspectée de complaisance débridée sait se mettre en évidence au moment voulu, et rappeler qu'elle a le sens du devoir. Aucune faiblesse
ne pouvant être interprétée comme un signe d'encouragement à la délinquance. Il est vrai que les absences de condamnation récentes, vis-à-vis des concepteurs de l'introuvable poupée vaudou
présidentielle, et surtout à l'égard d'Olivier Besancenot supposé diffamateur à l'égard du Taser, pouvaient faire croire que de dangereux révolutionnaires siégeaient dans les rangs du
parquet.
Même certains Socialistes, hier soir encore, devant micros et caméras, se répandaient sur leur confiance dans la « justice de leur pays » pour poursuivre la démolition de ce qui peut rester de
leur parti. C'est dire la confiance qu'ils ont dans les décisions de l'assemblée représentative de leur parti ! Ils ont raison, car de toute évidence, la justice républicaine sait
sanctionner les « mauvais comportements sociaux ».
Deux associations de défense des mal-logés, Droit au logement (Dal) et Les Enfants de Don Quichotte, ont été en effet condamnées pour avoir installé des tentes dans la capitale. Une amende de
12.000 euros a été prononcée contre l'association Dal, pour avoir à plus de 300 reprises « embarrassé la voie publique en y laissant des objets (sic)», notamment rue de la Banque, fin
2007. Le tribunal de police de Paris a par ailleurs condamné Les Enfants de Don Quichotte à la confiscation de... 198 tentes, installées illégalement, il y a près d'un an, près de la Seine. En
revanche, le tribunal n'a pas suivi la demande du procureur qui avait requis une amende 1.875 euros. Quand je vous dis que la République est menacée, et qu'il faut absolument sanctionner, ceux
qui, comme les défenseurs des SDF, donnent une « mauvaise image de notre belle capitale ».
Rien que hier, en allant d'une réunion de travail à une autre dans Paris, j'ai dû expliquer à ma petite-fille quels étaient ces tas informes de couvertures hétéroclites sous lesquelles se
réfugiaient des êtres humains, encombrant les trottoirs. J'ai été obligé, aussi, de lui expliquer pourquoi des femmes et des hommes tendaient la main dans les rues... Mais probablement ai-je eu
tort, j'aurais dû lui expliquer que nous possédions une justice efficace, qui allait leur procurer un logement digne, puisque le gouvernement avait inventé le droit au logement... Les juges sont
prêts à condamner l'Etat qui ne respecte pas ses engagements légaux, et surtout... les Maires incapables de trouver des solutions conformes à un texte totalement inapplicable. D'ailleurs ils sont
efficients, puisqu'ils sont en passe de s'en prendre aux élus eux-mêmes, qui ont osé s'opposer à l'application du service minimum d'accueil dans les écoles. Hier, en Gironde, les sous-préfectures
appelaient avec un zèle particulier dans les mairies (sur consigne de qui ?) pour demander si le SMA avait été effectif !... Il y a tout lieu de parier que dans les prochains jours les
fonctionnaires seront mobilisés pour compter les logements sociaux disponibles dans les communes ne respectant pas une loi aussi importante que celle qui est relative au remplacement des
enseignants absents pour « motif imprévisible ».
UN SERVICE MINIMUM D'ACCUEIL
Quatrième en un mois pour l'ensemble de
la région parisienne, un troisième SDF avait pourtant été trouvé mort dans le Bois de Vincennes, où la ministre du logement, Christine Boutin, a
effectué un déplacement, la mairie de Paris mobilisant son unité d'aide aux sans-abri... C'est l'association Emmaüs (heureusement ce n'est pas celle des enfants de Don Quichotte) qui a découvert
le corps de cet homme d'environ 45 ans, retrouvé allongé, comme s'il dormait. Il pourrait s'agir d'un Polonais, selon une source policière.
Emmaüs effectuait sa première tournée d'exploration, destinée à venir en aide aux nombreux sans-abri, à l'écart des circuits habituels des associations caritatives. Une mission décidée après la
mort d'un sans-abri de 50 ans, dans ce même bois, victime d'une intoxication au monoxyde de carbone.
« On veut que le préfet réquisitionne des logements vides pour ces personnes, les gens sont dans le bois car il n'y a plus de places dans les hébergements d'urgence », a déclaré à l'AFP
Xavier Vandromme, porte-parole d'Emmaüs. Il réclame en fait un SMA pour SDF ! Impossible, car le Préfet, ici comme ailleurs, rédige des recours au tribunal administratif par dizaines pour
tenter d'imposer une loi qu'au Congrès des maires on jugeait déjà morte dans les communes de moins de 1 500 habitants... puisque un texte est en préparation en ce sens au Sénat ! Par contre, rien
n'est prévu sur les
DES RESULTATS QUI ENCOMBRENT
« Le délit d'encombrement de la voie publique s'applique désormais à des êtres humains! », s'est insurgé le DAL, selon qui ce jugement crée « une nouvelle sanction applicable non
seulement au Dal, mais à n'importe quel sans-abri » dormant sous un tas de cartons ou de couvertures de récupération. Quel amalgame sordide et inadmissible pour tous ceux qui sont obligés de
vivre à la rue, et qui deviennet ainsi des « objets » inanimés dépourvus d'une âme ! C'est une justice efficace et surtout respectueuse des valeurs d'équité, de fraternité, de solidarité et de
liberté.
La ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, a estimé après son escapade dans le bois de Vincennes que la condamnation relevait de « questions d'ordre public », mais surtout pas
d'une erreur sociale grave. En revanche, le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a jugé qu'il n'était « pas normal » d'infliger une amende, conseillant à l'Etat de « passer
l'éponge ». Il avale tellement de couleuvres, ce pauvre Martin, qu'il se comporte comme un saint, prêt à partager le manteau de sa fonction inutile, avec les gens émus par cette sentence !
La Fondation Abbé Pierre, Emmaüs France et l'Association Emmaüs ont exprimé une même consternation devant cette amende, assortie d'une confiscation des tentes, cette seconde sanction ayant seule
été infligée aux Enfants de Don Quichotte. « Alors que les réponses politiques prennent si peu la mesure de l'urgence, et que l'on meurt dans les rues de notre pays ou dans les bois près de
nos villes », ces organisations « estiment que c'est un bien mauvais signe que de condamner aveuglément des militants qui n'avaient d'autre motivation que de sensibiliser l'opinion
».
Il est possible d'avoir, avec le Dal, des différences d'approche et de méthode, mais on ne peut laisser condamner une association qui lutte avec constance, courage et dévouement, pour
le droit à l'hébergement et à un logement pour tous. L'Etat étant incapable de résoudre ces problèmes, se contente d'une réponse judiciaire à ceux qui proposent un service minimum social. C'est
devenu la seule solution possible pour ne pas gâcher, avec des tentes hébergeant des pauvres erres, les fêtes de fin d'année des téléspectateurs encore fidèles au journal de 20 heures sur TF1. La
mesure est préventive, car on n'a rien vu. Dans quelques mois, ce seront des centaines de gens qui vont se retrouver à la rue, réduits à la précarité la plus effroyable. Les chiffres du chômage
au mois d'octobre doivent être annoncés officiellement demain, mais déjà, le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi Laurent Wauquiez reconnaît que la tendance « est très mauvaise » avec des
chiffres proches des... 42 000 du mois d'août dernier. Et on n'a rien vu. Enfin presque, car la cote de popularité de Nicolas Sarkozy suit le chemin contraire. Elle grimpe. Et vu la situation
actuelle dans laquelle il a plongé la France, ce n'est que Justice.
Mais je déblogue...
La marginalisation commence lorsque un être humain perd son emploi parce qu'une société préfère investir dans l'automatisation et que les actionnaires ne sont pas rassasiés. La marginalisation se poursuit lorsque cet être humain n'entre pas dans les critères de recrutement de notre société (jeune, beau, dynamique, expérimenté, diplômé....etc...etc...). Alors là, l'être humain devient un marginal, profiteur aux yeux de ses concitoyens chanceux, qui ont du travail.... EUX. . L'être humain "profite" alors des allocations de chômage puis du R.S.A.( si il entre dans les critères d'attribution bien entendu) Puis, sa descente aux enfers se poursuit inexorablement....Finalement, il n'est plus qu' un objet encombrant....!
Y'avait un type dans les années 30 qui n'aimait pas les objets encombrants.... on a vu comment il a résolu le problème....
Nous vivons dans une Société qui marche sur la tête. Une Société d'égoïsme, d'individualisme et de "sans-coeur".
Mais je déblogue aussi.
Et oui, les tribunaux sont parait-il surchargés, les sans -abris meurent de froid, et souffrent du pire dénuement, et la justice française condamne ceux qui cherchent à les aider, à les empêcher de mourir , à les nourrir, à leur réchauffer le coeur sinon le corps, à leur donner un peu d'espoir .... Et cette justice-là, celle de Rachida Dati, celle de Nicolas Sarkozy n'a rien de plus urgent à faire que de condamner les associations qui tentent de leur apporter un peu de réconfort, à des peines pécuniaires...avec la bénédiction de Mme Boutin! C'est révoltant et désespérant. Et c'est à ces gens-là que certains de nos "camarades" socialistes auraient voulu demander de trancher nos problèmes internes ! La seule chose réconfortante, dans cette chronique c'est que tu as pu profiter de ces circonstances et de ce voyage au Congrès des Maires de France, où ton adorable Léa vous a accompagnés, pour montrer à cette enfant de 5 ans et demi, à quel point des hommes pouvaient être misérables et souffrir....et lui donner, comme tu sais si bien le faire, une leçon pratique de citoyenneté. Curieuse de tout, et vive comme je la connais, je suis sûre qu'elle saura se souvenir des leçons de son papy, et qu'elle aura des tas de choses à raconter à son retour à Sadirac !