S’il est un sujet tabou, depuis quelques années, c’est bel et bien celui des animaux dits de compagnie. Sous la pression de lobbies affectifs
divers, plus personne n’ose élever la voix contre un phénomène révélateur du manque de courage des politiques. Qui oserait contrarier la mamie et son
" chien-chien " ? Qui s’aventurera à parler de la prolifération des chats ? Qui, dans un contexte où bien des problèmes plus importants mobilisent
l’opinion, s’attaquera à ce nouveau véritable fléau que devient l’animal réconfortant pour les uns, mais de plus en plus asocial pour les
autres ? S’en prendre à ce qui souvent sert de remède à un manque évident de dialogue et de reconnaissance, relève du suicide électoral.
Or, depuis quelques jours, éclatent des affaires dramatiques mettant en évidence des faits extraordinairement horribles. La mort de gosses innocents, les
blessures cruelles infligées à des personnes âgées, au nom de la liberté absolue de posséder des chiens non éduqués, ne fait réagir que timidement les hérauts de la sécurité. Ni
le Roquet de Neuilly, ni les autres, n’osent élever le ton sur un sujet pourtant extrêmement préoccupant au quotidien, au-delà de ces seuls faits relevant du film d’horreur.
Ainsi une fillette de 17 mois est décédée vendredi soir après avoir été mordue par un chien dans une cité de Sevran, en Seine-Saint-Denis. Les parents de Fatima y étaient invités
à dîner. Ils venaient à peine d'arriver, leur fille était encore dans sa poussette lorsque, l'american staffordshire terrier de 50 kg, "l'a saisie à la nuque", Les proches ont
dégagé le cou du bébé en ouvrant la gueule du molosse. Imaginez un peu la scène. Puis ils l'ont conduite d'urgence à l'hôpital. En vain. La petite Fatima n'a pas survécu à ses blessures. Son
décès a été constaté peu après.
Le samedi 3 juin dernier, un garçon de huit ans avait perdu l'usage d'un œil après avoir été mordu au visage par un rottweiler dans la cour d'un immeuble au
Bourget.
Le mercredi 31 mai, un autre garçon de huit ans était mort à l'hôpital du Havre, après avoir été mordu au cou par un mastiff, dans un jardin à Cauville-sur-Mer.
Le chien lui avait tranché la carotide.
Samedi, une dame de 89 ans a été agressée par un chien, encore de race American staffordshire, alors qu'elle se promenait dans les rues de Saint-Vincent de
Tyrosse. Blessée au visage et au bras, elle a été secourue par des gendarmes, et a été conduite à l'hôpital. Un gendarme a également été blessé à la main. Les propriétaires, un couple résidant
dans la ville, a été placé en garde à vue, car d'après les premiers éléments de l'enquête, le chien s'est échappé de leur maison, où se trouvait aussi, pour faire bonne mesure, un…
rottweiller
RAPPEL DE LA DANGEROSITE
L'actualité de ces derniers jours a donc cruellement rappelé la dangerosité d'un certain nombre de chiens. Il en existerait environ 80.000
répertoriés comme dangereux en France, dont près de 9.000 chiens d'attaque. Et combien de non déclarés…? qui n’ont qu’une existence clandestine au nom du fait maintes
fois répété que le danger ne vient pas des animaux mais des maîtres… Tous les propriétaires, sûrs d’eux, ressassent cette excuse, expliquant que leur
" toutou " est parfaitement dressé, et leur obéit au doigt et à l’œil. Jusqu’au jour… Or, il ne s’agit là que de la face détestable de comportements
permanents.
Les aboiements permanents, qui empoisonnent la vie quotidienne d’un quartier et rendent véritablement malades des gens paisibles, ne pouvant se reposer où simplement profiter de
leur jardin, sont aussi un fléau social. La divagation permanente d’animaux lâchés sciemment par leurs " hôtes ", qui refusent de devoir les attacher
ou les placer dans un espace clos. Ceux qui sont abandonnés au bord d’une route discrète, car ils ne correspondent plus à l’idée que s’en faisait la famille au moment de son
achat ou de son adoption. Les chiens qui, sous le regard consentant de leurs mentors font leurs besoins dans des espaces publics ouverts aux enfants, sur les trottoirs des
moindres bourgades… Des milliers de faits démontrent que ce que l’on pense être un bienfait social devient un phénomène coûteux pour la collectivité.
1,98 € PAR KG DE CROTTES
Aujourd’hui, par exemple,ce ne sont pas moins de 200 000 toutous, à Paris, qui produisent pour la collecte quotidienne, 4 tonnes de crottes
de chien, et on estime que 6 à 12 tonnes subsistent sur le sol. Pour y remédier, 140 engins motorisés, ou " motorettes ", sont chargés de collecter les déjections ; il
s'y ajoute le travail des balayeurs, agents municipaux et employés de parcs et jardins. Les engins doivent procéder au nettoyage de 3 000 kilomètres de voies publiques chaque
jour, six jours sur sept. Ceci correspond à un budget annuel de 9,15 millions d’€ (60 millions de francs), investis dans la lutte contre la pollution canine (soit 1,98 €
par kilogramme de crottes !). Et tout cela aux frais des autres contribuables qui, malgré le fait que de temps à autre, ils mettent un pied sur une déjection, ne gagnent
pas pour autant au loto. Il faut y ajouter les frais occasionnés par les chiens errants, qui obligent toutes les mairies à créer ou subventionner des refuges ou des
fourrières.
Certes toutes les formes d’incivilité, en général, pèsent de plus en plus sur les finances communales, mais peut-on se résigner à les laisser, dans les faits, quasiment
impunies. Impossible en effet de s’en prendre à des gens qui, parfois, placent leur animal au-dessus de tout, dépensant des sommes sans commune mesure avec la raison,
pour les nourrir, les soigner, les habiller. L’accusation d’être un sombre facho, refusant la beauté du contact entre l’homme et ses compagnons quotidiens, tous réputés parfaitement
éduqués et paisibles, surgit immédiatement dans tous les actes officiels pris.
UN FOYER SUR QUATRE EN POSSEDE UN
La France compte 8,5 millions de chiens et plus d'un foyer sur quatre en possède au moins un. L'identification et la " traçabilité " de
ces animaux de compagnie ou de travail est obligatoire. Elle est indispensable pour garantir la santé et la sécurité publique, notamment pour lutter contre l'apparition éventuelle de la
rage, mais aussi pour lutter contre les trafics et les abandons d'animaux ; mais elle n’est pas du tout exigée dans les faits. Il serait pourtant si simple de
rendre le tatouage obligatoire, et de l’assortir d’une première taxe destinée à responsabiliser les propriétaires. Cette taxe a existé en France durant des décennies, pour être
supprimée par Giscard d’Estaing, sous la pression de Brigitte Bardot, devenue l’égérie de l’animal maltraité.
Une taxe, même modique, permettrait pourtant une identification précise des propriétaires et les mettrait face à leurs responsabilités. Elle se heurtera cependant toujours au
lobby économique des industriels exploitant au maximum cette boulimie d’animaux de compagnie en tous genres. Source de devises et créatrice d'emplois locaux, la jeune industrie née dans les
années 60, pour nourrir plus de 16 millions de chiens et de chats, constitue un puissant moteur pour une partie de l'économie française, dont son bénéficiaires l'agriculture et
l'élevage. Elle permet, en effet, de favoriser l'utilisation de produits qui ne seraient pas consommés par l'Homme. Leur valorisation dans l'alimentation des chiens et des chats
rentabilise les surplus.
Quand on sait que ces industriels, qui réalisent des bénéfices juteux sur cette vogue pour les menus royaux pour toutous et matous délicats, se plaignent déjà amèrement d’un
taux de TVA qu’ils jugent discriminatoire de 19,6 %, contre 5,5 % pour les aliments frais (viandes, abats...), directement concurrentiels, ce n’est pas demain
que nous prendrons exemple sur la Suisse, où cette taxe existe depuis longtemps, sans générer de révolte canine… les enfants et les vieux n’ont plus qu’à bien se tenir !
Mais je déblogue…
GRAINS DE SEL