Le quotidien de la vie sociale collective connaît des évolutions. Les problèmes se développent différemment d’une époque à l’autre mais avec désormais une rapidité largement accentuée. Depuis plusieurs mois, tous les élus locaux des villes et villages un peu denses sont confrontés, par exemple aux nuisances sonores des deux roues motorisés de toutes sortes. Cette nouveauté venant de la prolifération des achats effectués par les familles à des adolescents en quête de liberté agace singulièrement les riverains des places, rues ou squares car les décibels sont parfois intolérables. Ces bruits désastreux pour la tranquillité publique à certaines heures de la journée et surtout de la nuit s’accompagnent d’une tendance à passer et repasser par les mêmes itinéraires et surtout à emprunter ceux qui augmentent les décibels par réverbération du son.
Dans les contacts réguliers avec les gens ce comportement est de loin celui qui est le plus dénoncé. Et il faut bien convenir qu’il est très difficile à cerner et à sanctionner. D’abord parce que les gendarmes ne sont pas dotés de sonomètres même si leur simple appréciation du bruit suffit à générer une contravention. Ensuite la législation n’obligeait pas à avoir une immatriculation des deux roues et donc rendait délicate l’identification des " récidivistes ". Enfin il existe des " véhicules " de plus en plus diversifiés qui échappent dans les faits à des sanctions par " indulgence " comme les motos tout terrain qui ne devraient normalement être utilisables que hors des voies de circulation. Cette réalité permanente met également en jeu un volet de la qualité de vie liée à la consommation de carburant, à la pollution et surtout les atteintes au milieu naturel quand on croise sur des chemins forestiers ou de randonnées ces deux roues impossibles à " attraper " car prompts à s’évanouir dans le paysage avant l’arrivée des forces de l’ordre. Dans certaines communes la situation devient même extrêmement tendue face à ce phénomène de détérioration incontestable de l’environnement quasiment en toute impunité.
Depuis quelques mois une nouvelle pratique s’étend et renforce les dégâts : celle de l’achat de mini motos. Elles sont petites mais elles dérangent bien des habitants : pour cause de bruit et d’accidents, les mini motos, encore appelées "pocket bikes", sont, avec les " quads ", dans le collimateur de bien des maires. Ils accentuent le désarroi des élus locaux face à des utilisations outrancières de la liberté d’achat.
LE NOUVEAU FLEAU DES MINI MOTOS
Officiellement, les mini motos sont interdites de circulation sur la voie publique et les contrevenants risquent une amende de cinquième classe (jusqu’à 3 000 € dans les cas de récidive). Mais, elles sont pourtant en vente sur Internet et dans des magasins de grande distribution à partir de… 100 €. C’est un vrai problème : les mini motos sont considérées comme des jouets", et vendues dans des magasins qui ne mentionnent pas leur caractère dangereux pas plus que les revendeurs de pots d’échappement ne mettent en garde les acheteurs contre les modifications interdites qu’ils seraient tentés d’effectuer. Pour eux l’essentiel reste de… vendre ! Selon la commission de la sécurité des consommateurs (CSC), il y aurait en France plus de 40 000 mini motos dont les nuisances ne sont pas seulement sonores et environnementales. Ces petits engins qui peuvent atteindre des vitesses dépassant 50 km/h sont à l’origine d’accidents graves : le 5 juin à Evry (Essonne), une petite fille de 5 ans a ainsi été grièvement blessé par un de ces engins. Le phénomène prend de l’ampleur et les protestations montent dans certains lotissements sur cette nouvelle mode qui voit des… adultes ou des adolescents utiliser des " jouets " ou des " quads " lors d’interminables rondes vrombissantes.
Dans la hiérarchie des bruits gênants, les nuisances sonores générées par les deux roues à moteur sont le premier motif de plainte des maires et constituent un phénomène portant atteinte à la tranquillité d’un nombre toujours croissant de personnes. C’est incontestable.
Les bruits des deux roues motorisés ne sont à proprement parler ni de véritables bruits de voisinage, ni des bruits de circulation typiques. Pour cette raison, ils ne sont qu’imparfaitement traités par les dispositifs réglementaires propres aux bruits de voisinage ; il en va de même du traitement classique des nuisances sonores générées ou induites par les infrastructures de transports terrestres. La réglementation en vigueur est dense, complexe et disparate. De nombreuses infractions sont sanctionnables sur le fondement de plusieurs textes – défaut de dispositif d’échappement, dispositif d’échappement non homologué, utilisation d’un échappement modifié, comportements anormalement bruyants mais il n’existe pas par exemple de visite de contrôle technique obligatoire pour ces " deux roues " alors qu’ils sont pourtant immatriculés. On sait fort bien que le lobby des fabricants et plus puissant que celui des… Maires !
UN USAGE CONTROLE ET MESURE
Il n’est pas question de remettre en cause les motards ou l’utilisation pour les déplacements de proximité des deux roues à moteur. Il est bien évident que ces engins sont très utiles pour de petits déplacements. Ils permettent à beaucoup de jeunes gens (voire à de moins jeunes) de circuler et de se rencontrer. C’est incontestable. Néanmoins il faut bien admettre que les concentrations nocturnes ne favorisent pas la compréhension citoyenne. De plus, dans l’optique d’une société plus économe en carburant, il serait souhaitable probablement d’en développer l’usage. Mais cet usage doit être l’objet d’une attention particulière en matière de sécurité et rester conforme à la législation en vigueur. Ce qui n’est pas le cas !
Le bruit peut avoir bien sûr des conséquences psychologiques et physiologiques très importantes. Il représente également tout ce que l’on cherche à fuir en habitant ou en se promenant en montagne, dans un lotissement pénible, dans une petite cité détendue. Le silence est une des qualités essentielles recherchées par les nouveaux habitants qui viennent chez nous et les plaintes arrivent vite dès qu’ils constatent que le… voisin et son fils s’évertuent à le détruire par des utilisations intempestives et surtout inutiles. Il n’est plus question désormais de choisir entre la liberté d’usage du deux roues et droit au silence du citoyen. Elles présentent une différence d’échelle considérable. Un seul motard dérange potentiellement plusieurs dizaines de personnes en traversant par exemple le centre de Créon vers 2 heures du matin. Il monopolise cet espace alors que le bruit produit empêche tous les autres de trouver le calme nécessaire à leur équilibre, à leur activité, au sommeil…Un marcheur occupe un mètre carré et encore sans déranger personne….Le nombre d’utilisateurs de deux roues est très réduit par rapport au reste de la population mais leur pouvoir de nuisance est très élevé ! C’est un peu similaire aux aboiements des chiens qui arrivent forcément en seconde position des récriminations quotidiennes arrivant en Mairie.
PARFAITEMENT ILLEGAL
La circulation des engins à moteur est aussi formellement interdite dans le milieu naturel en dehors des voies ouvertes à la circulation. En particulier, la circulation des motos sur les sentiers ou dans les prés est parfaitement illégale. Cette loi est mal connue ou ignorée par de nombreux motards. Les motos non immatriculées ne peuvent circuler sur les routes (et encore moins sur les sentiers). Leur usage est réservé aux circuits prévus à cet effet et il est faux de prétendre que leurs propriétaires ne le savent pas en les acquérant. Désormais les deux roues ont reçu en renfort les " quads " qui font " branchés ".
La France est désormais le premier marché européen pour ces engins. Réservés jusqu'alors à un usage utilitaire en terrain difficile ou de loisirs en circuits fermés, on assiste aujourd'hui à une dérive d’utilisation de ces " quatre roues " en totale impunité en raison de la réglementation en vigueur qui est sujette à diverses interprétations et de l'ignorance, voire d'un certain laxisme des pouvoirs publics. Les fabricants ont tenté de masquer ces réalités en affublant ce nouveau loisir de l’adjectif " vert ", effet de mode, et surtout offensive commerciale massive de la part des constructeurs participent à ce succès. Certaines collectivités territoriales voient là un bon vecteur publicitaire. C'est ainsi que les rassemblements, salons et démonstrations de quads et de 4x4 se multiplient et les achats explosent.
Le volume du marché s’établirait à plus de 40 000 unités par an depuis maintenant 2004. Ces chiffres de vente annuels ne représentent que les modèles immatriculés car, et c’est déjà un scandale, les chiffres n'existent pas pour le non homologué, ce sont juste des déclarations des constructeurs, mais certains n'en donnent pas. Les constructeurs japonais n'ont pas recours à l'homologation, où du moins pas directement sous leur nom. Pour ne pas voir leur responsabilité engagée ils utilisent des sous traitants ou d’autres marques qui les met à l’abri des contestations et surtout ils ne nuisent pas à leur image !
S’il existe un ministre courageux il peut s’attaquer au problème global car pour une fois il a un sujet qui le rendrait populaire tant le phénomène exaspère bien des gens simples, paisibles, seulement désireux de profiter de l’or de leur silence !
Mais je déblogue…
GRAINS DE SEL