MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
Depuis belle lurette, le « politique » a voulu contrôler à son profit ce qu'ils estime être un pouvoir capital pour sa réussite. Il ne rêve que d'adresse directe aux électrices et aux électeurs sans le filtre du contre pouvoir journalistique. A toutes les époques cette tendance a existé.
Dans tous les pays cette captation du pouvoir « d'informer » a tenté les gouvernants. En toutes circonstances la tentation de détourner le système à son profit existe. En fait il faut bien constater que l'obsession des grands de ce monde réside dans leur influence sur l'opinion via des médias plus ou moins à la botte. La seule différence selon les lieux et les moments réside dans la méthode d'appropriation de ce pouvoir. Elle peut être économique comme en Italie où Berlusconi n'est devenu un homme politique que par sa seule capacité à se construire un réseau médiatique personnel. Sa puissance économique l'a conduit au poste qu'il occupe. Bien évidemment cette méthode est réputé... démocratique. Elle ne l'est plus en Chine, en Russie, dans le pays de n'importe quel potentat africain puisqu'ils imposent leur volonté par un contrôle des moyens de diffusion et plus encore par un contrôle absolu des contenus.
L'enjeu essentiel quotidien de tout gouvernement consiste d'abord à fournir quotidiennement de la « nourriture » prédigérée à l'Hydre de Lerne qu'est un système médiatique pour qu'il accepte de le restituer à l'identique. Ensuite il lui faut s'installer régulièrement dans un dialogue direct avec les lecteurs, les auditeurs ou les téléspectateurs pas trop souvent pour créer l'événement mais régulièrement pour éviter de ne le faire qu'en situation de crise. Enfin la mise en place d'un réseau de « partenaires », susceptibles de devenir des « complices » occupe une place importante dans les préoccupations de l'entourage des « puissants » de tous ordres. Il n'y a pas une minute sur la planète où l'on ne devrait rediffuser en boucle le fameux film « Citizen Kane »... même en France !
DES ATTAQUES CONCERTEES
En France au cours de la semaine écoulée, qui rappelons le aura été celle des « ponts » avec démobilisation citoyenne évidente, on aura assisté à de véritables attaques potentielles contre les fondements d'une démocratie reposant sur le pluralisme de l'information. Bien entendu, le débat n'aura pas davantage passionné les foules que le risque de descente du Paris Saint Germain. Or en quelques jours c'est le socle de la démocratie actuelle qui s'est fissuré avec les attaques frontales du Président de la République envers des supports médiatiques qui selon lui n'ont pas accompli leur rôle de transmetteurs des élucubrations sarkozistes. Or ces remarques formulées devant les élus devant représenter tous les électeurs et les électrices de leur circonscription quels que soient leurs choix politiques dénotent un vision extrêmement dangereuse.
« Il est singulièrement 'abracadabrantesque' de constater que Nicolas Sarkozy attaque ainsi les journalistes en privé, alors que le bilan tiré par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) de sa première année de présidence est particulièrement accablant... pour la liberté de la presse », indique le syndicat. « Au lieu de continuer à vouloir faire des journalistes les boucs émissaires de ses déboires dans les sondages, le président de la République serait mieux inspiré d'écouter les inquiétudes grandissantes d'une profession en crise. Et de l'aider à retrouver les conditions d'exercer pleinement, et en toute indépendance, sa mission d'informer auprès des citoyens de ce pays », ajoute le SNJ.
Le problème c'est que vous n'avez pas entendu sur TF1, France Télévisions ou les radios le moindre commentaire sur cette position des professionnels de l'information. Si l'on peut faire confiance aux déclarations des parlementaires présents, les propos tenus publiquement (plus de 260 personnes présentes) par le garant constitutionnel de la liberté de la presse. Que Poutine, Castro, Berlusconi, Kadhafi, Hu Jintao, Mahmoud Ahmadinejad, Bongo... et tous leurs autres potes s'offrent ce type de proclamation n'auraient rien d'étonnant mais que l'on ait droit à ces déclarations en France pose évidemment quelques questions.
MOBILISATION ANTI-JOURNALISTE
Le SNJ-CGT inscrit donc ses propos dans le cadre d'une offensive des « patrons » politiques et économiques de la droite. Cette tendance serait portée notamment par le plan de licenciements au quotidien Le Monde, le guichet "départ" ouvert au quotidien Le Figaro, ou encore la nomination d'Antoine Arnault, fils de Bernard Arnault, au comité d'indépendance éditoriale du journal Les Echos. Le syndicat cite également l'opération policière visant la rédaction de Radio Frequenza Amora (station corse du réseau de radios locales France Bleu), les critiques du président Nicolas Sarkozy contre plusieurs organes de presse, et finalement les attaques du député Frédéric Lefebvre contre l'Agence France-Presse (AFP). Le SNJ-CGT « appelle tous les démocrates à réagir contre cette volonté de confiscation de l'information pluraliste, vérifiée, recoupée et mise en perspective » et « appelle les rédactions à refuser toutes les mesures visant à empêcher les journalistes de remplir totalement leur responsabilité sociale ». Il lui faudrait « hurler » pour réveiller un pays inconscient ! Il faut en effet être bien conscient que le président lance ses anathèmes dans un contexte de grave crise économique et financière pour la presse, notamment la presse quotidienne.
Ce mélange entre fragilité économique et pressions politiques risque de se révéler détonnant : un média peut hésiter à froisser le président s'il appartient à un grand groupe industriel dépendant de la commande publique comme c'est le cas pour Bouygues et TF1 ous si son Président dépend de l'humeur présidentielles comme à France Télévisions dont Copé s'occupe en secret ! En fait on assiste à une confusion volontaire et orchestrée visant à confondre le journalisme et la communication. Par définition, le journaliste doit faire des choix éditoriaux. Il n'est pas la courroie de transmission du pouvoir. La preuve que c'est bien la voie choisie par la Droite via les positions prises par la Ministre de la Culture...
BATAILLE SUBALTERNE DES COMMUNIQUES
Christine Albanel suggère dans Le Journal du dimanche que l'Agence France Presse (AFP) pourrait diffuser l'intégralité des communiqués de presse des partis (et notamment ceux de l'Ump) et des organisations syndicales. Selon le JDD, mis en cause par Nicolas Sarkozy, le principe de ce « service supplémentaire » de l'AFP est inclus dans le projet de loi autorisant les journalistes à ne pas divulguer leurs sources. Ces communiqués apparaîtraient « sur un espace spécifique et facilement accessible, selon des modalités à préciser et à organiser », précise-t-elle, avant d'ajouter qu'elle soumettra cette idée au directeur de l'AFP vendredi.
Christine Albanel assure maladroitement que ce service ne se substituerait « en aucun cas au travail de rédaction et d'éditorialisation des journalistes de l'AFP sur les sujets politiques ou sociaux quand ils le jugent nécessaires et pertinents ». Imaginez un peu le boulot passionnant des journalistes qui consisterait à mettre en ligne des communiqués de presse, outils de communication partisans ! Ces communiqués sont d'ailleurs mis en ligne intégralement sur les sites des partis ou des syndicats et sont donc déjà accessibles à tous les citoyens qu'ils passionnent !
Christophe Beaudufe, représentant de la Société des journalistes (SDJ) de l'AFP, s'est élevé contre un mélange des genres. « Notre travail de journaliste, c'est de faire une information vérifiée, recoupée et remise dans son contexte », a-t-il rappelé sur France-Info, on « ne publie jamais un communiqué, on traite un communiqué ». Mais l'Ump n'a que faire de la déontologie d'une profession. Elle n'a les yeux rivés que sur les... sondages !
Pendant ce temps on ne débat pas un seul instant des « volumes » déjà massivement accordés à un camp au détriment de l'autre. Dans le fond ce qui choque Nicolas Sarkozy c'est qu'il n'ait pas 100 % des médias au service de sa communication quotidienne. « C'est un scandale ! » aurait dit Georges Marchais ! Les socialistes se plaignent en effet d'être « inaudibles car ils sont « au pain sec et à l'eau médiatiques », selon Arnaud Montebourg, dans le même JDD. « Aujourd'hui, l'expression en faveur de l'UMP, président de la République et collaborateurs compris, a augmenté de 256 % sur TF1 et 196 % sur France 2 », selon le député PS de Saône-et-Loire, qui cite des chiffres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Dommage que ces statistiques n'aient pas figurées dans le communiqué de l'Ump car elles auraient simplifié la tâche des journalistes chargés de le traîter.
Mais je déblogue...
En fait la dangerosité de l'automobile (ou du camionneur) relève davantage dans une vision sociale des interdits que d'une action déterminée. Ainsi tous les jours on constate sur le terrain que c'est en définitive les petites infractions qui révèlent la manière dont se comportent ensuite les conducteurs. Pas un jour où dans le cœur modeste de la ville bastide l'on ne constate pas une infraction réputée bénigne commise par une conductrice ou un conducteur « bien sous tous rapports ».
Le stationnement est rarement respecté par des gens pourtant prompts à réclamer des sanctions terribles contre... les autres ! Les sens interdits sont empruntés sans vergogne pour économiser une centaine de mètres de déplacement supplémentaire. Les stops ne sont que rarement respectés quand on se sent en sécurité. La vitesse ne se maîtrise que quand on a un doute sur une possible sanction. Encore aujourd'hui en zone trente j'a constaté à la demande d'une personnes âgée qu'elle avait simplement failli être fauchée sur le passage piétons par une voiture roulant à 90 ! Une trace de freinage de plus de 10 mètres s'arrête au milieu des bandes blanches ! C'est faits constituent la base de comportements qui deviendront beaucoup plus dangereux.
D'ABORD UN COMPORTEMENT CITOYEN
Il suffit de se placer paisiblement à un carrefour, sur un parking, dans une rue pour vérifier que nous continuons à téléphoner au volant, à ne pas mettre sa ceinture, si l'on a un 4x4 monumental à monter sur les trottoirs sans aucune retenue, pour les jeunes motocyclistes ou de quads confondre défonçages de la nature avec promenades bucoliques et pour les plus récalcitrants l'absence de casque... Tant que l'on ne parviendra pas à rétablir ce respect ordinaire on aura bien du mal à maîtriser les attitudes « extraordinaires ». En effet souvent les enfants sont les témoins de ce que le conducteur affirme n'être qu'une faute bénigne. En cas de sanction il criera devant eux à l'injustice, à l'acharnement, à la bêtise répressive... surtout, j'ai remarqué, quand il a les moyens financiers de faire face à la sanction !
Les encarts de quatre pages dans la presse régionale récapituleront parait-il les causes classiques de mort sur la route, en énumérant le nombre de vies qui auraient pu être sauvées en 2006 si tous les conducteurs avaient respecté les règles : 1.271 pour l'alcool, 950 pour la vitesse et la distance de sécurité, 424 pour le port de la ceinture, en passant par le téléphone, la fatigue et la drogue. Ils comportent en outre une planche couvrant quasiment une page entière sur laquelle de petites silhouettes noires figurent les 4.615 tués sur la route en 2007, une baisse de 2% par rapport à 2006, qui contraste avec une augmentation du nombre de blessés : 104.601 (+2,4%). Renforcement du nombre des radars et des contrôles sur les routes, extension des éthylotests anti-démarrage qui pourraient devenir à terme obligatoire: la campagne auprès de l'opinion vient compléter une série de mesures à la fois répressives et préventives ; Mais pour ma part je regrette qu'elle ne soit pas incluse dans une politique plus vaste de réhabilitation du comportement citoyen.
Neuf accidents sur 10 sont imputables au seul comportement des conducteurs et les motocyclistes (scooters et motos plein air) ne sont pas les plus appliqués en matière de respect des contraintes de sécurité. Le dénoncer ce n'est pas faire de l'anti-motards c'est tout bonnement constater que parfois certains d'entre eux se prennent davantage pour des « diables » de la route que des « anges ».
SE TUER EN DORMANT
Nous sommes tous des accidentés ou des « tueurs » potentiels. Le nier c'est s'absoudre de toute faute. Pare xemple même sans avoir bu, même sans rouler vite, même en respectant le code de la route on peut basculer dans un comportement néfaste. Selon une enquête nationale publiée hier par la Prévention routière et l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, près de 30 % des automobilistes disent avoir souffert de somnolence au moins une fois dans l'année. Lorsqu'ils conduisent de nuit, ils sont la moitié à l'affirmer. Un phénomène inquiétant à l'heure des départs en vacances de printemps et à la veille du retour de ce week-end prolongé du mois de mai. La somnolence, qui n'est pas répréhensible, augmente en effet de huit fois le risque d'accident et représente 15 à 20 % des pertes de contrôle et collisions sur les routes des pays occidentaux.
« Il ne faut pas confondre fatigue et somnolence », explique Pierre Philip, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Bordeaux. « La fatigue se reconnaît à une nuque qui se raidit, une position de conduite qui devient inconfortable et le besoin d'ouvrir les fenêtres pour avoir de l'air. » Le problème c'est que la loi ne punit pas la conduite en « dormant » pas plus qu'elle ne l'interdit après absorption de médicaments antidépresseurs dont on sait combien ils peuvent être dangereux sur les réflexes.
Le coup de pompe peut survenir à n'importe quel moment au cours d'un long voyage. Le plus sage est de s'arrêter et de s'offrir un double expresso. Selon votre réactivité à la caféine, cette pause-café permet de repartir « en forme » pour deux à quatre heures de conduite. Plus grave, l'état de somnolence traduit « une incapacité ou une difficulté extrême à conduire, poursuit Pierre Philip. C'est aussi l'état dans lequel tout le monde se trouve chaque soir juste avant de s'endormir. Elle arrive par vagues successives qui s'amplifient jusqu'à assoupir le conducteur. Les paupières se ferment de manière prolongée et il est impossible de lutter contre », précise Pierre Philip, qui compare cet état à l'ivresse au volant. Seul « traitement » efficace : le sommeil. Une sieste d'au moins vingt minutes permet de reprendre la route pour environ deux heures. Quand je réclame la réhabilitation de la « sieste » qui devrait être institutionnalisée on ne me croît pas !
HANDICAPES EN HAUSSE
La société actuelle ne s'intéresse nullement au quotidien mais elle surfe sur l'événement qu'elle créée. Ainsi les statistiques focalisent sur le nombre de morts alors que dans ce domaine l'évolution est extrêmement défavorable pour les handicapés à vie ! On sait que les accidents de la route tuent en effet chaque année moins de 5 000 personnes (4 615 en 2007). Mais ils transforment aussi chaque année des milliers d'individus valides en handicapés moteurs.
Pour la première fois, une évaluation complète de la morbidité routière entre 1996 et 2004 a donc été publiée par l'Institut national de veille sanitaire (INVS). Ce document montre notamment que les chiffres des forces de l'ordre sous-estiment gravement le nombre de blessés et de blessés graves dans les accidents de la route. Pour la première fois depuis sa création en 1995, le registre médical des victimes d'accidents de la circulation routière du département du Rhône unique en son genre en France , a effectué avec l'aide des services interministériels et les forces de l'ordre, une estimation nationale plus proche de la réalité que les chiffres officiels.
L'étude publiée permet d'affirmer que le risque d'être lourdement handicapé suite à un accident de la circulation est égal au risque d'être tué sur la route (tous modes de transports). Pour les cyclistes et les usagers de deux-roues motorisés, le risque de handicap lourd est beaucoup plus élevé que celui d'être tué. Les spécialistes de l'INRETS ont utilisé une échelle des séquelles majeures persistant un an après l'accident : c'est grâce à elles qu'ils ont pu s'apercevoir qu'il existe plus de blessés avec séquelles majeures chaque année (7 479) que de victimes décédées dans les six jours suivant l'accident (7 344). Mais ces nombres là ne sont pas clamés sur les ondes car ils mettent en cause le rôle néfaste de l'automobile reine de la route qui souvent détruit la vie des autres au nom du droit conférer par un permis de mal se conduire.
Mais je déblogue...
Le baril de pétrole a battu de nouveaux records se rapprochant des 124 dollars après l'annonce par le Département américain de l'Energie des chiffres sur les stocks. Le baril de brut léger pour livraison en juin a atteint les 123,90 dollars lors des échanges hors séance, après une clôture record à 123,53 dollars, en hausse de 1,69, sur le marché des matières premières à New York. Les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis ont augmenté de 5,7 millions de barils, à 325,6 millions de barils au total, au cours de la semaine s'étant achevée le 2 mai, d'après les chiffres publiés mercredi par le Département américain de l'Energie.
Ces chiffres seront probablement dépassé mardi matin au moment où Monsieur tout le monde montera dans son véhicule pour aller contraint et forcé de son pavillon, perdu dans la nature, sur un terrain réputé superbement isolé vers son travail. personnellement j'ai déjà rencontré les premiers salariés qui restent chez eux car ils ne peuvent pas acheter le carburant indispensable pour se rendre dans les diverses propriétés viticoles. L'autre nuit quand je suis sorti pour un feu de poubelles sur Créon j'ai échangé avec les gendarmes qui revenaient d'une planque autour d'un parking pour camions régulièrement délestés de leur plein de gazole. Les fuites sans payer aux stations automatiques se multiplient. Les signes d'une crise se profilent car il n'y a eu aucune anticipation du phénomène. Avant même les dégâts dus au réchauffement proprement dit, ou à l'épuisement des réserves pétrolières, il faut craindre de violentes ruptures sociales, une insécurité et une inégalité croissantes, un épuisement de la chaîne alimentaire. C'est-à-dire, comme au « bon vieux temps », encore et toujours des famines et des guerres. On le sait mais comme les 3 célèbres singes on ne veut ni entendre, ni dire, ni voir.
DE CRISE EN CRISE
La flambée de l'or noir ne fait que commencer. Certes, le baril à 1500 euros n'est pas forcément pour tout de suite mais c'est pour dans un très proche avenir. D'ici la fin de l'année, la hausse des prix est inéluctable. Et sans doute même... souhaitable. Pour des raisons environnementales, d'abord. C'est l'avis de Denis Baupin, adjoint vert au Maire de paris avec lequel j'entretiens des liens amicaux puisque je siège avec lui au conseil d'administration national du Club des Villes cyclables dont il est président. « Le responsable que je suis se désole surtout de la démagogie des politiques qui demandent une baisse des taxes sur l'essence. Encourager à la consommation de pétrole alors que cette énergie devient inéluctablement plus rare et plus chère, c'est aller dans le mur. Et en accélérant ! Nous avons dilapidé ce que l'humanité a mis 300 millions d'années à produire. Utilisons la hausse actuelle pour nous réorganiser. Economisons l'énergie, repensons l'économie et les modes de vie, développons les offres de transports collectifs ! » explique celui qui est haï par les automobilistes parisiens qui lui reprochent sans cesse sa volonté de développer les obstacles à leur merveilleux véhicule !
Dans son dernier rapport annuel, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) tire la sonnette d alarme et lui donne pleinement raison : « Les pays doivent impérativement faire évoluer leur système énergétique, s'ils veulent éviter de nouvelles perturbations de l'approvisionnement, des désastres écologiques ou les deux.» Claude Mandil, le directeur de l'Agence, a prévenu : « Nous allons vers un système énergétique cher et sale qui ira de crise en crise.»
Le consultant Jean-Marc Jancovici, considéré comme l'un des meilleurs spécialistes sur le sujet fait également des constats durs que nous ne
sommes pas encore disposés à admettre : « A 120 dollars, le baril n'est pas encore assez cher. Rendez-vous compte : un litre de pétrole vaut moins cher que la moindre bouteille d'eau minérale
dans un restaurant !» Au Grenelle de l'environnement, ce polytechnicien iconoclaste a carrément défendu l'idée d'une taxe supplémentaire sur les énergies fossiles. «Quand il y a un
problème, il faut faire monter le prix de ce problème plus vite que le pouvoir d'achat. Et pour l'instant, celui-ci repose largement sur une énergie trop bon marché.» Horrible, politiquement
inacceptable... et pourtant nous n'aurons pas le choix sous peine de résoudre le problème des retraites par la disparition prématurée de bon nombre de celles et ceux qui pourraient y prétendre
!
DES CIRCONSTANCES AGGRAVANTES
Chaque ménage ne pourra pas avoir deux grosses voitures. Non, le transport aérien ne progressera pas éternellement de 4% l'an. Non, il ne sera pas toujours rentable de délocaliser des produits à
faible valeur ajoutée à l'autre bout de la planète. Ni même de prendre sa voiture pour remplir un chariot de supermarché, dans un centre commercial... ou pour venir acheter, en voiture, une
baguette de pain à l'ancienne ou pour conduire son enfant prodige à l'école alors qu'elle se situe à moins de 500 mètres de son domicile.
Villes de plus en plus étalées, domiciles de plus en plus éloignés des lieux de travail, agriculture de plus en plus spécialisée, gares qui ferment, infrastructures qui privilégient la route et,
pour finir, un pétrole qui s'inscrit dans chaque moment de la vie quotidienne, des sacs-poubelles aux bouteilles d'eau minérale... Tout est à repenser, à modifier.
Le secrétaire chargé des Transports, Dominique Bussereau, a donc présenté les grandes lignes d'un futur « plan d'action en faveur du véhicule propre », dans le cadre du Grenelle. Ce plan
devra « bien identifier et chercher à lever les obstacles » au développement des véhicules propres. « Les recherches sur les véhicules propres sont de première importance" compte tenu du fait
que le mode de transport routier "restera prépondérant », a-t-il insisté, en mentionnant les véhicules électriques, les hybrides rechargeables et « tout ce qui est plus économe en énergie
fossile ». Bien sûr, on peut toujours parier sur le relais des énergies nouvelles. Mais en ce qui concerne le transport où l'énergie doit être disponible en permanence, il n'y aura pas de
miracle. Il n'existe pas de solutions à la situation actuelle et la réaction de l'Europe durant les six mois de présidence française devrait être... énergique si l'on veut mettre un véritable
programme de coopération en route.
ALTERNATIVES RARES
Le charbon ? Encore faut-il le liquéfier. C'est techniquement possible : les Allemands l'ont bien fait durant la guerre pour faire rouler leurs chars ! Mais c'est hors de prix : deux fois le prix
d'un réacteur EPR pour une même quantité d'énergie.
L'électricité ? Sachant qu'un kilo de batterie permet de produire 40 Wh, et un litre de pétrole, 10 kWh, difficile d'imaginer que l'électricité puisse prendre le relais du pétrole. Certes, les
batteries deviendront plus performantes. Mais encore faudra-t-il les alimenter. Les unités de production tournent à pleine capacité. Et l'opinion publique ne semble pas prête à accepter de voir
les centrales nucléaires se multiplier sur le territoire. On n'acceptera plus facilement de payer le carburant à son prix fort mais on se refusera à accepter un équipement collectif près de chez
soi. C'est une constante sociale de la période actuelle !
Les biocarburants ? John Lipsky, numéro deux du Fond monétaire international (FMI) a estimé hier que le développement des biocarburants serait responsable à 70% de la hausse récente des prix du
maïs et 40% de celle des graines de soja. « En ce qui concerne l'alimentation, les politiques de promotion des biocarburants dans certains pays développés ont des répercussions sur le prix de
denrées alimentaires de base, en particulier le maïs et les graines de soja », a observé l'adjoint de DSK. « Les estimations du FMI indiquent que l'augmentation de la demande pour les
biocarburants compte pour 70% dans la hausse des prix du maïs et pour 40% de celle des graines de soja », a-t-il expliqué. Dans le même temps, c'est vrai les prix du pétrole auraient
probablement été plus élevés en l'absence des biocarburants ce qui rend compliqué tout jugement d'ensemble", La pile à combustible ? Avec les technologies disponibles, il faudrait plus d'un
siècle pour remplacer le parc automobile existant. Alors ? Alors une seule solution : économiser. Avant qu'il ne soit trop tard... Enfin on peut toujours y croire. Mardi matin pensez-y tout de
même un peu en montant dans votre voiture.
Mais je déblogue...
Selon un autre député villepiniste, Nicolas Sarkozy s'en est pris à la presse. « Il n'y a pas d'opposition. C'est la presse qui fait fonction d'opposition », aurait-il dit à ses invités pour les persuader que tout ce qui arrive de mauvais à la majorité en ce moment ne serait dû qu'à un manque de docilité d'une poignée restreinte mais active de journaliste peu compréhensifs. Jacques Chirac, François Mitterrand, Charles de Gaulle, mais aussi François Bayrou, et, de nouveau, la presse : nul n'a échappé à la charge de Nicolas Sarkozy, hier, lors d'une réception censée remobiliser les députés UMP. De Gaulle et Mitterrand ne pourront pas se défendre.
Chirac empêtré dans ses déboires judiciaires ne peut pas s'exprimer sans risques majeurs. Bayrou lui n'a même plus le fauteuil de maire de Pau pour la ramener. Il ne reste donc que la presse. Le chef de l'Etat a par exemple accusé les médias de ne pas avoir assez relayé la condamnation de Ségolène Royal pour refus de paiement de ses anciennes collaboratrices. La cour d'appel de Rennes a en effet donné raison le 10 avril à deux anciennes attachées parlementaires de Mme Royal, qui réclamaient depuis 1997 le versement de plusieurs mois de salaires non payés.
OFFENSIVE TOUS AZIMUTS
Incroyable qu'un Président de la République puisse s'ériger en directeur des rédactions nationales et accuser L'Express, le Parisien, l'AFP et le Journal du Dimanche de ne pas avoir assez développé cette information sur son ancienne rivale. Incroyable que celui qui a bénéficié à de multiples reprises de « services personnalisés » des médias détenus par ses amis de un an puisse tomber si bas.
Le président de la République, qui fait la "une" de Paris Match le même jour avec son épouse, a aussi vertement critiqué Marianne, qui titrait "Putain, 4 ans..." son numéro du 3 mai. "Dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition", a estimé M. Sarkozy, selon la députée du Val-de-Marne, Marie-Anne Montchamp, citée par l'AFP. C'est très inquiétant pour la démocratie dans notre pays et pas un seul journaliste ne devrait être indifférent à ces charges dramatiques pour leur indépendance. Même s'il est habituel que les auteurs de turpitudes diverses mettent en accusation celles ou ceux qui les rapportent davantage que celles et ceux qui en sont les auteurs ont ne peut rester que pantois devant des attaques aussi ciblées dans un pays où le journalisme n'est guère outrancièrement critique. Ces critiques ont été appuyées par l'UMP. Celle-ci a, une nouvelle fois, accusé, l'AFP de "censure" pour ne pas avoir diffusé son communiqué sur la condamnation de Mme Royal. L'UMP a regretté "que, sous couvert d'une ligne éditoriale, l'AFP censure un parti politique".
Le 1er mai, déjà, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, avait déploré, par lettre ouverte au PDG de l'agence, Pierre Louette, l'absence de reprise d'un de ses communiqués contre Mme Royal. Le lendemain, la Société des Journalistes (SDJ) de l'AFP avait dénoncé des "tentatives de pressions politiques", rappelant que cette affaire avait été largement couverte. Les syndicats de l'agence ont aussi dénoncé ces "pressions".
Sous le titre « Deux poids, deux mesures », l'UMP renouvelle ses attaques contre l'AFP, lui reprochant de ne pas avoir repris ce fameux communiqué qui devait avoir une importance capitale pour la vie quotidienne de millions de Françaises et de Français. Le parti affirme que ce nouvel épisode « pose la question de la situation de quasi-monopole de l'AFP, de sa soi-disant ligne éditoriale et de l'objectivité qui lui est demandée dans ses statuts » (sic).
LA CHASSE AUX SORCIERES
Quelques heures auparavant on avait élargi le cible en taillant le Journal du Dimanche pour ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision. Or j'ai à de nombreuses reprises attiré l'attention des lectrices et des lecteurs de L'AUTRE QUOTIDIEN sur le rôle des sondages du JDD qui construit grâce à sa propension à sonder sur tout et n'importe quoi une opinion dominante désastreuse. Nicolas Sarkozy confirme bien cette facette du système médiatiQue en reprochant justement à cet hebdo de ne pas en avoir encore assez fait en sa faveur.
Le directeur des rédactions du Parisien, lui aussi mis eu banc des accusés, Vincent Régnier, a estimé parfaitement infondés les reproches faits au quotidien. Dans une mise au point publiée dans l'édition de ce matin du Parisien/Aujourd'hui en France, le directeur des rédactions du quotidien écrit que ses « propos sont parfaitement infondés », soulignant que Le Parisien a fait état de l'affaire Ségolène Royal, à plusieurs reprises, et en donnant la parole aux différents protagonistes. Mais c'est probablement insuffisant ! Il est devenu angoissant qu'un erspônsable de quotidien soit contraint de se justifier après des propos tenus devant des représentants du Peuple par le garant de la liberté... le la presse !
« Notre exigence, au Parisien et Aujourd'hui en France, est d'informer au quotidien sans parti pris, avec rigueur et en toute indépendance », conclut Vincent Régnier. Mais qui donc lui demande de faire le contraire ? A sa place je serais très inquiet sur mon job quand on sait quelles sont les pratiques actuelles du pouvoir... républicain !
Certains membres de l'UMP se sont d'ailleurs opportunément démarqués du dernier communiqué de leur parti contre l'AFP. Pour l'élu parisien Bernard Debré / « c'est une méthode inefficace, inamicale et inutile. Si on n'arrive pas à faire passer un communiqué, c'est qu'il n'est pas intéressante ». Le 2 mai, la Société des Journalistes de l'Agence avait vu dans la diffusion de cette lettre ouverte des « tentatives de pressions politiques ». Ces gars là doivent être des « persécutés » ou des « gauchistes » véhéments car ils n'ont aucune crainte à avoir dans ce domaine. En fin presque !
DEUX POIDS DEUX MESURES
Le groupe Lagardère Active (Lagardère vous avez celui qui fait du vélo avec l'hôte de l'Elysée), qui édite Le Journal du dimanche (JDD), a en effet annoncé, pure coïncidence, le départ de Jacques Espérandieu, directeur de la rédaction du... JDD. Dans une allocution très brève devant les salariés, M. Espérandieu a déclaré : "Ce départ, je ne l'ai pas souhaité." Il avait rejoint le journal en septembre 2005 avant d'être nommé directeur de la rédaction fin 2005. M. Espérandieu n'a pas voulu commenter davantage ce qui ressemble étrangement au départ spontané du directeur de Paris Match. . Christian de Villeneuve devrait le remplacer.
Ce transfuge du Parisien avait rejoint le groupe Lagardère fin 2006 au plus fort de la campagne pour les Présidentielles. L'histoire semblait donc écrite dès l'arrivée de M. de Villeneuve comme directeur général des rédactions de la presse magazine France (Le JDD, Paris Match, Elle...). "Il nommera dans les prochaines semaines un directeur de la rédaction délégué", précise mercredi le groupe Lagardère. Recruté en interne ou à l'extérieur.
"Les pressions ont été fortes, mais Espérandieu a résisté", soulignaient plusieurs journalistes du JDD. Il avait même été reçu par... Nicolas Sarkozy (tient donc), qui ne voulait pas de nouvelles vagues après le licenciement d'Alain Genestar, le directeur de Paris Match, remercié en juin 2006 pour avoir publié une photo de Cécilia Sarkozy et de Richard Attias en "une" de l'hebdomadaire. Répondant aux inquiétudes de la rédaction sur l'indépendance, Didier Quillot, président de Lagardère Active Média, venu s'expliquer devant les salariés, a affirmé que "la direction n'avait pas la moindre volonté d'influence sur la ligne éditoriale". C'est certain vous pouvez leur faire confiance : ces gars là tiennent leurs promesses mais on ne sait pas vis à vis de qui.
Ce nouveau accroc médiatique intervient après la faute lamentable commise par le détestable Jean pierre Elkabbach. Lui en revanche a trouvé des patrons compréhensifs malgré une prise de position très critique de la rédaction d'Europe 1. A l'issue de son audition, le C S A dont on connaît le sévérité (sic) a adressé à la société éditrice « une mise en demeure de respecter l'obligation, qui s'impose à tous les services de radio et de télévision, d'assurer 'l'honnêteté de l'information' conformément aux stipulations de la convention conclue avec le Conseil le 11 juillet 2005 ». Dans un communiqué, Lagardère Active a dit prendre acte de la décision du CSA et a tenu « à rappeler à cette occasion son soutien à Jean-Pierre Elkabbach, à Europe 1 et à l'ensemble de ses équipes, dont la rigueur et le professionnalisme font la réputation de la station ». Il est vrai qu'Europe 1 n'a pas été placée sur la liste des médias ayant commis un crime de lèse majesté.
Elkabbach, lui ne risque rien : il ne sera pas viré car soir il déjeune à l'Elysée, soit il est payé à la télé par... les contribuables, soit il sert la soupe à ses maîtres. Lui il ne manquera pas la diffusion d'une info hostile à Ségolène Royal ou un communiqué de l'Ump ou plus encore un coup de pouce à son maître. Et pourtant jamais la situation médiatique n'a été aussi préoccupante mais lors d'un pont prolongé comme celui qui est ouvert on pourrait même faire un coup d'état sans que la France se réveille !
Mais je déblogue...
« On grava dans la pierre à la chaude tonalité blonde ou dans le marbre gris glacé le nom de ceux qui avaient donné durant la Grande Guerre leur vie pour défendre une Nation. Impossible de
trouver sur le territoire, un seul village qui n'avait pas accompagné la douleur d'une famille ayant appris que le fils, le frère ou le père avait laissé sa vie dans la boue, le froid, les gaz ou
la fureur des bombardements.
En Afrique, par delà les mers ou les océans, on se contenta de constater qu'il n'y aurait jamais de retour pour ceux qui avaient été combattre loin de leur quotidien. Ils ne seraient jamais
inscrits sur un monument dédié à leur mémoire. Ils n'auraient comme linceul que la terre de cette France qu'ils n'avaient jamais antérieurement foulé aux pieds. Ils auraient mérité tous, autant
que Lazare Ponticelli, dernier combattant de cette guerre dévastatrice l'hommage de la Nation dans laquelle ils auraient probablement choisi de vivre mais qui ne les avaient accueillis que pour
mourir.
Alors que partout, chez nous comme ailleurs, on fixa des plaques modestes dans le chœur des églises ou on dressa des monuments prestigieux en souvenir de ceux qui avaient simplement accompli, de
gré ou de force, leur devoir. Ces patronymes, patiemment gravés pour qu'une reconnaissance éternelle soit accordée à ces serviteurs obscurs de la République, auraient pu constituer au moment de
la montée du nazisme, les remparts à l'intolérance, à la haine, au déshonneur du renoncement à combattre les idéaux néfastes. On les couvrit de drapeaux mais on oublia les fondements républicains
de leur comportement, de leur sacrifice, de leur dévouement.
On se contenta de croire que le souvenir serait plus efficace que la lutte collective pour repousser les miasmes de la revanche.
On laissa le champ libre à une montée inexorable du concept voulant que l'Homme soit un loup pour l'Homme qui paraissait différent.
On oublia les pleurs de ces femmes habillées de noir qui arpentaient discrètement les hameaux pour tenter de redonner un sens à leur vie.
On effaça la terreur, les larmes, le sang, la douleur pour ne vivre que dans l'apparente nécessité d'une réconciliation entre puissances.
On se résigna collectivement, au nom du réalisme politique, à admettre ce qui était pourtant déjà inadmissible.
On ferma les yeux sur un pouvoir destructeur de la solidarité, de la fraternité et de la liberté pour se contenter des certitudes que le monde meilleur passait par la réussite économique.
On ne rappela jamais que la pire des défaillances que puissent connaître les démocraties c'est la perte de leur mémoire sur les chemins sinueux de leur Histoire.
On avait pourtant assuré que ce serait la der des der, l'ultime affrontement entre des paysans, des commerçants, des artisans, des enseignants, des médecins, des fonctionnaires, des ouvriers, des
gens simples ou instruits de toutes conditions, de toutes convictions, de toutes religions. Or la France se retrouva plongée dans le pire des drames qu'elle eut à traverser : la guerre 39-45 fut
bel et bien celle de Peuples et plus seulement celle des militaires. Elle causa des millions de victimes innocentes, elle rabaissa la nature humaine à ses penchants les plus odieux. Elle révéla
les aspects terribles de la délation, de la bassesse, de la trahison, de cette indifférence que seuls les vrais résistants surent briser.
Les monument ne pouvaient plus porter la liste des millions de victimes mortes loin des combats : enfants, jeunes, femmes, vieillards. Ils furent des millions emportés par une mort atroce dans la
nuit et le brouillard. Ils furent toutes et tous les victimes de l'indifférence à l'égard d'idées et de comportements que l'on estima ne pas avoir à combattre au moment où ils devaient être
combattus.
C'est la signification de cette cérémonie de commémoration de la signature de la capitulation de l'Allemagne nazie devant la force des armées alliées. Elle ne porte pas que les glorieux épisodes
des affrontements des armées mais elle porte les visages ordinaires de gens ordinaires à jamais engloutis par une idéologie qui n'a en fait jamais totalement disparu de notre société puisqu'elle
peut se montre au détour d'une banderole dans un stade, avec la profanation de cimetières, avec des déclarations inadmissibles dans un journal.
Les femmes ont été au cœur de cette dernier conflit mondial en Europe. D'abord comme les innocentes victimes de la solution finale. Ensuite avec ces figures fortes que furent Lucie Aubrac,
Germaine Tillon récemment disparues et dont ne mesure le courage que quand on sait ce que furent la clandestinité, la torture, la déportation. Enfin il y a eu toutes celles qui connurent la
séparation terrible avec leurs enfants, qui firent tourner la propriété, l'entreprise, la famille. Ces femmes qui, plus que d'autres, conduisirent le Conseil national de la Résistance à accorder
à toutes les autres le droit de vote, les allocations familiales et la sécurité sociale.
Je vous remercie d'avoir une fois encore, à l'aube d'un nouveau mandat municipal fondé sur la citoyenneté, le respect, la démocratie, compris que sans une farouche volonté collective de ranimer
en permanence la flamme de la mémoire nous sommes condamnés à mourir de froid. Votre présence conforte ce sentiment que je porte en moi depuis très longtemps que seule la valeur de l'exemple peut
servir les valeurs républicaines. Or la France ne donne plus l'exemple au monde même si parfois elle prétend donner des leçons.
Nous ne pouvons pas nous contenter de mots mais il nous faut montrer par nos actes que nous restons farouchement résolus à combattre toute résurgence de l'exclusion par la race, par la religion,
par les opinions, par la couleur de la peau, par simplement le comportement social.
La commémoration du 8 mai 1945 n'a jamais été pour moi autre chose qu'une affirmation d'une volonté collective de maintenir les principes essentiels du vivre ensemble dans un monde tolérant et
pacifique. Elle doit rester le symbole de la révolte qui doit nous animer quand l'intolérable rôde autour de nous. Merci à celles et ceux qui ont su, dans la tourmente, il y a maintenant plus de
60 ans, oser se révolter.
Germaine Tillon, morte il y a quelques semaines à 101 ans, après avoir consacré toute sa vie à lutter contre les injustices espérait qu'un jour nous changerions notre devise républicaine en
mettant le mot « fraternité en tout premier. Elle voulait ardemment que « liberté et égalité » viennent après le beau mot de « fraternité ». C'est en effet la vertu qu'elle aurait voulu léguer à
ses contemporains.
Je reprends à mon compte ce vœu car jamais peut-être notre pays et notre monde n'ont eu autant besoin de redonner à la fraternité sa véritable place. Que ce 8 mai 2008 soit pour nous une étape de
plus pour le devoir de mémoire que nous devons à toutes celles et tous ceux qui comme Germaine Tillon avaient donné un sens à des mots dont le poids devient de plus en plus mince pour le malheur
des peuples oublieux".
Et pour une fois je ne déblogue pas trop... Du moins je le crois !
Impossible de passer sous silence que son souci d'inscrire son nom par une énième réforme de forme au Ministère de l'Education nationale va coûter cher aux... contribuables locaux. En effet il faudra renouveler tous les livres scolaires sur les budgets communaux ce qui n'a pas été prévu dans les budgets 2008. C'est l'illustration parfaite de ce mépris que cultivent les Ministres pour les collectivités locales qui ploient sous des décisions nationales contre lesquelles elles n'ont aucun pouvoir. Les maires se retrouveront une fois encore sous le feu croisé des enseignants revendiquant les outils liés à une réforme qu'ils ne voulaient pas et des parents n'admettant pas que l'on ne trouvent pas les fonds utiles à leurs enfants... sans augmenter des impôts qu'ils ont déjà du mal à payer.
Il sera encore demain par des lycéens qu'il leur sera difficile d'atteindre le niveau que l'on attend d'eux avec moins de personnes présentes physiquement dans leurs établissements, avec des crédits consacrés à la culture, au sport, aux options massivement supprimés, des profs absents que l'on n'aura plus aucun moyen de remplacer faute... d'heures supplémentaires et de crédits pour vacataires. Ils savent que déjà on rappelle les retraités en les suppliant de venir donner un coup de main... bénévole ! Leurs manifestations traduisent une réelle inquiétude que Nicolas Sarkozy a pourtant niée lors de sa dernière intervention télévisée. Il est vrai que quand ces jeunes constatent que l'Agence nationale pour l'Emploi tétanisée par sa destruction potentielle programmée propose des emplois à.. Pondichéry à 360 € par mois. Et des emplois niveau BTS pour jeunes parlant anglais couramment. Il est vrai que chez nous on pratique l'immigration choisie et qu'il n'y a pas de raisons que l'Inde ne s'y mette pas aussi.
Pour ressouder les rangs derrière lui et faire oublier ces sujets importants, il réouvre donc la guerre avec les communes sur son fameux service minimum. Une attitude qu'en d'autres temps on aurait qualifiée de « poujadiste » va conduire à une nouvelle distorsion entre la volonté idéologique ministérielle et la réalité du terrain. C'est en effet une véritable escroquerie morale que cette proposition qui dissimule sous un souci de « confort » des familles une tentative de destruction de l'école publique.
UNE EBAUCHE DE TRANSFERT
En effet, dans le système républicain actuel, il faut sans cesse rappeler que l'acte éducatif relève de l'unique responsabilité de l'Etat. Il fixe les orientations, il publie les programmes, il détermine les horaires et il est le seul à assumer le contrôle de la mise en œuvre de ses directives. Les collectivités locales n'ont aucun droit de regard sur le temps scolaire et si un maire voulait se mêler de pédagogie ou de contenu de l'enseignement, de qualités professionnelles du professeur l'Etat lui rappellerait ses... limites.
Or, sciemment, par son système de service minimum, Xavier Darcos instille un énième transfert : faire prendre en charge par du personnel non qualifié donc forcément moins coûteux, ne dépendant pas de la responsabilité de l'Etat, un temps scolaire qui relève légalement de sa responsabilité ! Je demeure persuadé que son insistance vise simplement à démontrer que les communes pourraient fort bien comme c'est le cas dans les pays nordiques ou anglo-saxons se substituer à terme à l'Etat pour gérer globalement les écoles. Darcos anticipe et prépare simplement l'opinion publique à ce nouveau transfert.
Tenez je prends date : quand une professeure des écoles maternelle sera malade, on peut facilement deviner la prochaine étape. L'Education nationale ayant perdu des milliers de postes décrètera le service minimum et... incitera les mairies à effectuer le remplacement avec les ATSEM... et lentement mais sûrement on ira vers deux idées forces du libéralisme : la destruction d'un système éducatif national et plus encore la chute de la formation nécessaire pour devenir enseignant. Et d'ailleurs c'est trop souvent le cas car les enseignants ne se rendent pas compte qu'en cédant la spécificité de leur métier à d'autres ils finissent pars e mettre eux-mêmes en danger.
Derrière l'insistance de Darcos on retrouve les idéaux de la Droite réactionnaire souhaitant une privatisation plus ou moins effective de l'enseignement en France ! Et les parents aveuglés par leurs problèmes personnels approuveront cette volonté qui les débarrasse un peu plus de leur responsabilité à l'égard du parcours de leur enfant.
PARTI PRIS INADMISSIBLE
Le Journal du Dimanche cite des membres du cabinet du ministre prévenant que « si les négociations sur la généralisation n'aboutissent pas, on passera par la loi » démontrant ainsi la volonté réelle d'un Ministre de passer par-dessus l'avis de plus de 20 000 maires qui n'ont pas accepté sa décision. Un véritable mépris pour les pouvoirs locaux mais il faut l'admettre puisque Darcos a été renvoyé chez lui par les habitants de Périgueux qui n'ont pas du comprendre le bien fondé de ses décisions ministérielles.
« C'est un engagement que nous avons pris qui est attendu par les parents d'élèves de droite comme de gauche dans toutes les communes de France », déclare de son coté le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre dans un communiqué qui a eu l'avantage d'être repris par les agences de presse preuve qu'il n'est pas censuré comme il le prétend ! Pour lui, il est dans l'intérêt des enfants « de ne pas subir une journée de plus loin de l'école » en mai, déjà marqué par de nombreux jours fériés.
Les parents, eux, « ne peuvent être pénalisés une journée de plus » à rechercher une solution de garde. Par ailleurs, le député UMP des Hauts-de-Seine demande au maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui avait refusé d'appliquer le service minimum en janvier, « de prendre ses responsabilités (sic) et d'assumer ce pour quoi il a été élu: rendre service aux Parisiens » loin des partis-pris « idéologiques ». Un bel exercice de politique politicienne justement qui traduit justement le pire coté de la vie publique : justifier l'injustifiable.
DES REFORMES DANGEREUSES
Bertrand Delanoë avait alors jugé « inconcevable de sous-traiter à une commune une responsabilité de l'Etat ». on pourrait envisager que quand les policiers ne peuvent pas pour une raison ou une autre assumer leur service on demande aux Maires de prêter leurs policiers municipaux ou mieux les agents de sécurité de vois publique ou mieux encore des vigiles ! Pourquoi ne pas penser que quand les personnels des hôpitaux sont en grève on ne sollicite pas le maire pour organiser la continuité du service public de santé en affectant auprès des malades des aides ménagères ou des aides à domicile ? Si un jour il manque un juge on peut se souvenir que le Maire est Officier de Police judiciaire et qu'il est chargé de veiller au respect de la loi et lui demander de le suppléer.
La République française se délite par petites touches. L'unité nationale reposant sur le même service rendu égalitairement à tous les habitants est oubliée puisque désormais il y aura bien une école à deux vitesses avec des communes disposant des moyens humains pour répondre aux insuffisances de l'Etat et celles qui ne le pourront jamais. Tout maire qui participera à ce démantèlement progressif et organisé des services publics le fera par inconscience totale des enjeux ou plus certainement pas complicité politique.
Même les parents d'élèves de la PEEP, fédération que l'on ne peut pas suspecter de gauchisme outrancier sont circonspects sur les réformes ministérielles. Ils ont bien compris que le dispositif de remplacement des professeurs absents pour une courte durée, entré en vigueur en septembre 2006 sous l'autorité du premier ministre d'alors, Dominique de Villepin était déjà un échec et que la situation allait s'aggraver. Selon le sondage, 44 % des parents ont en effet constaté des absences non remplacées depuis le début de l'année scolaire. Malgré la réforme, le collège et le lycée semblent les plus concernés par les cours annulés faute de remplaçants que les écoles. « En matière d'éducation plus encore qu'ailleurs, on lance des réformes sans se soucier de leur efficacité. Puis on s'étonne quand des enquêtes internationales s'alarment sur l'aggravation de l'échec scolaire en France, déplore Anne Kerkhove nouvelle présidente de la PEEP. S'il y a aujourd'hui une leçon à tirer, c'est qu'il faut s'arrêter pour évaluer le travail accompli.» Elle aurait dû en parler à son Ministre favori qui lui a rendu visite pour annoncer le bienfait de ses réformes !
Mais je déblogue...
L'intensité de sa présence quotidienne, sa qualité d'écoute, son implication dans la vie locale ont été les critères sur lesquels se sont prononcés les électrices et électeurs au niveau des plus petites comme des plus grosses cités. Ils n'ont même pas cherché le contenu « politique » d'une liste mais il ont transformé les scrutins an Star Ac' atténuée mais réelle de la démocratie. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient conduit le pays à se prononcer sur des images, des symboles, des apparences. Le PS souffre actuellement de ne pas avoir de leader charismatique qui dégage une force tranquille valorisante. Personne n'impose son image et donc les idées ne passent pas et ne franchisent pas la barrière médiatique. Un homme d'Etat comme Laurent Fabius, parfaitement capable de diriger un pays et de trouver des solutions dans une situation de crise nationale et surtout internationale, est l'illustration parfaite de cette dérive du système démocratique : son image subie ne lui permet pas d'être audible dans le grand public. Il sait, comme Alain Juppé dans l'autre camp, que seul le temps avec beaucoup de travail peut permettre d'atténuer l'impact des apparences.
S'il avait fallu une preuve formelle de ce phénomène inquiétant pour les contenus politiques on la eu avec le débat sur la participation d'Olivier Besancenot à « Vivement Dimanche ». Qui aurait imaginé il y a 40 ans après mai 68 que le représentant emblématique de l'extrême gauche accepterait un jour de s'installer sur le canapé, certes rouge, mais tellement bien pensant du Roi de l'audimat dominical Michel Drucker ? Le champion de la lutte des classes face au faiseur de guimauve pour ménagères de plus de 50 ans ! L'ex candidat de la LCR à la présidentielle Olivier Besancenot a été obligé de défendre sa participation à l'émission , expliquant vouloir « plaider des causes » en profitant d'une « tribune permettant de s'adresser à des millions de personnes ». Une reconnaissance explicité de la mort du « politique » étouffé par un médiatique véritablement tout puissant. Besancenot, lui-même, admet de fait que le poids de l'image est infiniment supérieur, en raison de la carence totale d'éducation civique d'une population ne reconnaissant plus la valeur des idées et des principes mis en oeuvre.
Christian Picquet, chef de file de la tendance minoritaire de la LCR, avait d'ailleurs dénoncé la participation de « son » leader, estimant que « ce type d'émission ne contribue pas à la différence d'idées, mais au contraire dépolitise l'espace public ». On ne peut être qu'idéologiquement d'accord avec lui mais réalistement d'accord avec Besancenot... quand on voit la déliquescence du débat actuel.
UNE EMISSION POLITIQUE
« Je n'y vais pas en traînant les pieds. C'est l'occasion de plaider des causes au-delà du nouveau parti anticapitaliste » qui doit remplacer en fin d'année la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a déclaré Olivier Besancenot sur RMC-BFM. Il a estimé que ce genre d'émission constituait « autant de tribunes qui nous permettent de s'adresser à des millions de personnes ». C'est certes exact mais c'est aussi désolant d'effectuer ce constat. Il affirme qu'en fait il n'y a plus dans la société actuelle d'autre alternative pour convaincre que celle du médiatique ... non politique ! Impossible de le démentir car les faits le démontrent amplement : pour exister il faut avoir une image, même en trompe l'œil, mais une image !
« Je ne me suis pas engagé en politique avec l'espoir un jour que je passe à la télé pour parler de moi. Mais si j'ai accepté d'être porte-parole d'une organisation, d'assumer une représentation médiatique, c'est pour aller y défendre des causes », a ajouté le facteur qui sait que ce n'est pas dans sa tournée qu'il améliorera son potentiel politique.
« Qu'on se fasse un avis en regardant l'émission. Et puis s'il y a une gauche modèle que ça gonfle à tout prix, y'a même une solution vachement plus simple, c'est d'éteindre son téléviseur », a-t-il lancé avec une évidente mauvaise foi car il sait bien que ce n'est pas à ce public là qu'il veut s'adresser et que donc de toutes les manières son passage sur le canapé druckérien ne changera rien à leurs convictions. Mais Olivier Besancenot n'en a cure. L'ancien candidat à la présidentielle de 2007 a posé ses conditions à l'animateur pour l'enregistrement qui se déroulera le 7 mai : ni femme ni enfant en plateau, rien qui soit lié à sa vie privée; mais des travailleurs, immigrés ou non, et des chômeurs avec lui en plateau pour l'émission.
Emu, Michel Drucker a confié à Alain Krivine : « Ça va être l'émission la plus politique que j'aurais faite de ma vie.» En fait l'animateur vedette affirme qu'il s'agit bien d'un moment de divertissement qui devient une référence politique affichée. « Il a raison de ne pas négliger trois ou quatre millions de téléspectateurs. On n'est pas si souvent invité à la télévision pour ne pas y aller quand ça se présente » a vite répondu Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), citée par le Figaro. Alors tout va pour le mieux dans la meilleure extrême gauche donneuse de leçons du monde. Il est certain que Drucker aurait rêvé d'avoir assis à sa... gauche Che Guevara ou Léon Trotsky. Quel scoop !
QUARANTE ANS PLUS TARD
C'est Jospin qui va l'avaler de travers lui qui par déontologie croyait-il avait refusé de se rendre chez le « camarade » cycliste du bois de Boulogne. Il va donc retrouver la LCR qui lui a fait tant de mal aux présidentielles de 2002chez Drucker, le jour du Seigneur ! Quarante ans après Mai-68, une sorte de pavé d'audimat dans la mare des hommages pesants et pompeux de la pseudo-révolution qui a agité le quartier Latin et les jeunes filles latines et permis à de futurs bobos de s'essayer à l'anarchie. Je suis d'autant plus à l'aise qu'il y a quatre décennies j'en étais... et je n'aurais jamais imaginé finir maire de la ville où j'avais vécu et de devenir conseiller général. Heureusement que je ne suis resté anar que durant un bon mois car j'aurais bien du mal à me glisser dans les costumes que m'a confié le suffrage universel.
Olivier Besancenot, fer de lance acéré de la LCR, chère à Alain Krivine dénonciateur zélé des renoncements de la gauche traditionnelle, mais moins à Arlette Laguiller, déjà passée chez Drucker, car elle au moins avait l'âge des hommages de départ vers la retraite va se retrouver prisonnier du culte de la « personnalité » télévisuelle. Jusqu'ici, le postier, fan de NTM et pourfendeur d'une mondialisation trop ultralibérale à son goût, intransigeant aboyeur très accroché aux mollets des socialistes accusés d'être des pourvoyeurs d'eau tiède médiatique, à l'occasion, apparaissait régulièrement comme le dernier représentant présentable de ce qu'on persiste encore à qualifier de « gauche de la gauche ». Jusqu'ici. Parce que désormais, donc, et à partir du 11 mai prochain, date de son dépucelage druckerien, le camarade Besancenot aura posé ses fesses, comme les autres, comme les Royal, les Bayrou, les Lang, les Sarkozy, les DSK, les Hollande cédé aux sirènes de la renommée télévisuelle.
Une journée chez « Mimi Drucker », terrible résistant aux idées dominantes, avec Coffe à la fin, Canteloup ou Roumanoff, et puis des amis, et puis des chansons. Libé nous annonce du lourd : un Jean Ferrat par-ci, un Aznavour par-là, et même un gentil mot du nouveau kaiser bavarois Franck Ribéry. De quoi réchauffer les jambes lourdes et les articulations douteuses de toutes les ménagères de plus de 60 ans qui se rappelleront avoir battu le pavé. Elle constateront que de leur temps, un révolutionnaire, c'était autre chose quand même. J'espère qu'elles se souviendront de slogans qu'elles lançaient dans les rues sur une ORTF qui portait la parole bénie du pouvoir en place. On devrait d'ailleurs trouver des déclarations de « papa » Krivine dans les archives de l'INA à ce sujet.
LE POUR ET LE CONTRE
En fait Besancenot a raison d'aller chez Drucker. Et ce n'est pas moi qui l'empêcherait de le faire. Je le regrette profondément mais c'est une nécessité actuelle des carrières politiques. Désolé mais je l'admets et je le comprends. Ce qui est inquiétant c'est que la vie politique en soit réduite à ce genre de dérive et je conçois aisément que le facteur de la LCR tournant et retournant les arguments dans sa tête n'ait pas eu d'autre choix que celui d'accepter une proposition aussi alléchante. Il a effectué un constat : le militantisme politique ne suffit plus, il faut personnaliser à outrance celles et ceux qui l'illustre. Je le constate. Je le regrette. J'ai du mal à l'admettre mais ce n'est pas moi qui ait côtoyé durant 20 ans le monde médiatique et qui souvent en exploite les faiblesses qui nierait la réalité de cette évolution. Je ne peux pas m'empêcher de le regretter mais encore plus que Besancenot je n'ai la possibilité de l'éluder.
N'empêche que le leader de la LCR prend un risque très fort car aujourd'hui, l'image des hommes politiques est fabriquée par la télévision elle-même, qui n'est plus seulement un moyen, mais est devenue une fin en soi : les émissions de variétés à forte audience, comme celles de Michel Drucker, Marc-Olivier Fogiel ou Thierry Ardisson, sont considérées comme des passages obligés pour qui veut toucher un plus large électorat. Comparer les discours des communicants et des politiques sur les conséquences de cette surmédiatisation : d'un côté, son efficacité est mise en avant (Jacques Séguéla explique la défaite de Lionel Jospin en 2002 par son refus de participer à l'émission de Michel Drucker) ; de l'autre, on en souligne les dangers (uniformisation des discours et des apparences, décrédibilisation des hommes politiques). Il tombe dans le pot commun. Il s'inscrit sur la liste des « consentants »et sort de celle des « résistants ». Pour un révolutionnaire donneur permanent de leçons au sociaux-démocrates compromis c'est un handicap.
Mais je déblogue...




