MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on
respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
Je ne me souviens plus exactement du contenu et plus encore de la date de publication d'une chronique que j'avais consacrée au scandale que
représentait le comportement de pseudos supporteurs dans les stades de football. J'ai fréquenté durant deux décennies ces enceintes qui ressemblent de plus en plus à des arénes où peuvent éructer
toutes les idéologies les plus abjectes en toute impunité. Je devrais me contenter de la rechercher parmi les 900 textes publiés et effecteur un simple copier coller tant les événements de samedi
illustrent cette déviance dramatique du sport numéro un dans le monde et notamment en Europe. Comment ne pas être révolté par le nouveau dérapage, prétendument totalement incontrôlé, d'une frange
très connue du public parisien dont la qualité intellectuelle s'est une fois encore étalée à la face d'un football français de nouveau pris de court. "Pédophiles, chômeurs, consanguins:
Bienvenue chez les Ch'tis": voilà le message ignoble et ouvertement raciste qui s'étalait samedi, aux yeux de tous et du Président de la République, Nicolas Sarkozy y compris, sur vingt-cinq
bons mètres du virage Nord où était installé le public du PSG.
Personne n'a véritablement réagi et surtout on a évité les incidents en expédiant immédiatement dans la zone concernée des forces de l'ordre pourtant très nombreuses. Il n'y a même pas eu un
responsable qui ait eu l'idée de bloquer la sortie des travées concernées par cette odieuse insulte. Ces policiers qui arrêtent en un clin d'œil des sans papiers et leurs enfants dans... les
Préfectures n'ont pas eu le réflexe de se mobiliser pour interpeller en flagrant délit ceux que l'on a déjà parfois repérés depuis des mois et des mois mais qui ont... leurs papiers ! Il ne fallait
surtout pas gâcher une fête télévisée par le service public et sponsorisée par des firmes respectables. On a attendu patiemment le lendemain pour s'indigner de ce que l'on avait parfaitement vu
mais que l'on avait oublié l'espace d'un match de football à l'issue d'ailleurs douteuse !
Il est vrai qu'à l'occasion de cette finale, la Ligue professionnelle (LFP), pour mieux illustrer son partenariat officialisé la veille avec la Ligue Internationale Contre le Racisme et
l'Antisémitisme (Licra), avait disposé tout autour de la pelouse dyonisienne des panneaux "Tous ensemble contre le racisme"... On a donc pas vu de suite où était le danger avec cette banderole
quasiment néo-nazie dans ses fondements. Il a fallu de longues minutes avant que l'objet du délit ne soit retiré.
DU BEAU MONDE PASSIF
Cette humiliation pour des milliers de personnes dont le maire de Lens, très ému samedi soir après la rencontre, entend faire « une affaire d'Etat » puisque des plaintes devraient être rapidement
et conjointement déposée au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Béthune ainsi qu'au TGI de Paris avec les citations en tant que témoins de Nicolas Sarkozy en personne, mais aussi de la Ministre de
la Justice, Rachida Dati, et du Secrétaire d'Etat aux Sports et à la Jeunesse, Bernard Laporte, tous présents au stade... mais qui n'ont pas exigé la décision qui s'imposait : ne pas faire débuter
le match tant que la banderole existait et surtout tant que ces initiateurs n'avaient pas été arrêtés ! le spectacle à tout prix a visiblement supplanté la morale et l'éthique.
Gervais Martel, lui, a été beaucoup plus net, après avoir dit sa façon de penser à l'arbitre de la rencontre, M. Duhamel qui lui aussi n'a rien vu et surtout ne s'est posé aucune question dans un
contexte où les actes racistes dans les stades ne cessent de se multiplier. Il ne mâchait pas ses mots douze heures plus tard dans le cadre de l'émission France 2 Foot: "C'est une banderole
dégueulasse. Je suis né dans la région Nord-Pas-de-Calais qui a apporté beaucoup à la France. Des gens ont laissé leur vie dans les mines. C'est un viol. Un écrit, cela reste toujours." Et le
président lensois, solidaire de son homologue parisien, Alain Cayzac, d'en appeler à la Ligue comme aux pouvoirs publics afin que les auteurs de tels agissements soient lourdement punis: "Il
faut prendre des sanctions extraordinaires pour les supporters qui ont rentré une telle banderole." On s'interroge en effet pour savoir comment, dans le contexte actuel, une banderole d'une
telle taille a pu être introduite dans une enceinte dont l'entrée faisait l'objet de fouilles a priori minutieuses: "J'ai été fouillé, ma femme avec qui je suis venu au Stade de France
également, expliquera Guy Delcourt. Il va aussi falloir que l'on m'explique comment des supporters peuvent rentrer avec une banderole de 25 mètres. Il faut demander des comptes aux
responsables du Stade France". Troublant en effet... mais certainement pas le fait du hasard. On peut à tout moment être pris en flagrant délit par un radar automatique ou par une paire de...
jumelles mais au stade de France on ne voit pas l'évidence pour éviter les incidents préjudiciables à ce que je n'ose plus appeler du sport ! De là à imaginer que ces agissements inadmissibles ont
pu faire l'objet de complicités, il y a un pas que les investigations permettront de déterminer. Enfin on peut le croire ! Les effets d'annonce se sont multipliés. L'indignation rétroactive enfle.
Mais n'empêche que le mal est fait !
BASTIA, SAINT ETIENNE, METZ ...
Il ne s'agit pas pourtant d'une nouveauté. Les précédents existent, à l'image de la récente affaire du jouer du club voisin de Libourne Saint Seurin Kébé, qui n'a valu à Bastia...qu'un match à
huis-clos c'est à dire la perte des recettes de la buvette ! il y avait eu aussi la banderole du derby ASSE-OL de mars dernier qui avait révulsé déjà les gens un tant soit peu soucieux de
citoyenneté et de sport. L'association de supporters stéphanois "Magic Fans" avait brandi une banderole portant l'inscription: "La chasse est ouverte, tuez-les", illustrée d'un chasseur
blanc vêtu aux couleurs de Saint Etienne et poursuivant un personnage noir à l'effigie de Lyon. Chacun des joueurs Lyonnais faisait l'objet d'une comparaison avec un animal de la jungle (singe,
rhinocéros, éléphant...) ce qui bien évidemment n'avait pas été considéré comme une injure à caractère racial, juste une bonne plaisanterie de potaches verts ! Le président Thiriez a lui affiché la
plus grande détermination dans ce domaine en faisant appel de la sanction infligée à Bastia. On a eu les incidents de Metz avec des injures racistes venues également des tribunes. On a des injures
scandées dans tous les stades...italiens, roumains, espagnols, allemands mais l'essentiel c'est partout de jouer pour la télé alors on attend le pîre.
Alain Cayzac adoptait un profil bas de circonstance car il sait parfaitement pourquoi il n'y a pas eu de réactions rapides : "Je ne sais pas si le PSG doit être sanctionné sportivement en lui
retirant des points au championnat par exemple. C'est un autre débat. Cette banderole est arrivée sauvagement (sic). Les coupables doivent être condamnés sévèrement. C'est cela qui compte
aujourd'hui. C'est blessant pour la population lensoise, et les Ch'tis dans leur ensemble, a reconnu Cayzac. Et cela porte aussi préjudice au PSG. Nous n'avions pas besoin de ça. J'ai honte. Je
présente mes excuses à Gervais Martel et aux Lensois en général." Décidément, la joie parisienne aura été de courte durée... et bien décalée par rapport à la réalité.
UNE RECIDIVE PERMANENTE
Les supporteurs parisiens de la tribune Boulogne, frange la plus sulfureuse du PSG, ont condamné la banderole. «Nous nous désolidarisons de ce fait isolé de quelques individus a déclaré le
porte-parole de la tribune Boulogne, Philippe Pereira. Nous nous excusons auprès de la communauté Nord-Pas-de Calais, des supporteurs lensois et du club de Lens.» Mais bien entendu ils ne
connaissent pas ces supporteurs de noir vêtu qui lève leur bras de manière pour le moins équivoque quand leur club l'emporte (cette saison c'est évidemment plus rare). Bine évidemment quand pour
Libération, « La tribune Boulogne, qui abrite les plus ultras des supporters parisiens, dont certains se sont faits comme spécialité, entre autres, de pousser des cris de singe dès qu'un joueur
noir touche le ballon. » ce n'est pas inquiétant et annonciateur d'autres comportements.
Après les incidents de 2006 ayant vu la mort d'un supporteur tombé sous les coups de feu d'un policier menacé le ministre de l'Intérieur, un certain Nicolas Sarkozy annonce la dissolution immédiate
des clubs de supporters « ne se désolidarisant pas de mouvements racistes ou d'actions violentes » et annonce que la tribune « Boulogne rouge » sera fermée jusqu'à nouvel ordre
tandis que Marie-George Buffet demande à ce que le PSG joue à huis clos... On l'oubliera très vite car le PSG ne peut pas se priver de ses supporteurs et des recettes. D'ailleurs la réaction de
l'un de ses joueurs est véritablement surprenante.
Jérôme Rothen s'est dit hier opposé à une sanction sportive mais favorable à « une sanction financière pour le club », sans « tomber dans l'exagération (sic) ». Pour le
milieu de terrain du PSG, « le club n'y est pour rien, on ne peut pas se battre contre des gens qui ont soit des propos racistes soit des banderoles comme celle-là », qui « n'a rien à
faire dans un stade ». Je me demande parfois si lui aussi à quelque chose d'intelligent à faire sur un stade !
Mais je déblogue...
NB / j'ai retrouvé la chronique intitulée "pas d'armistice pour les idiots" http://srv02.admin.over-blog.com/index.php?id=1019036106&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=691206969557
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
SPORT
Comment peut-on, quand on a été passionné comme je le fus, de sport en général et de football en particulier, ne pas être désespéré, une fois encore par les événements intervenus
hier en Italie ? Sauf à être d’une totale inconscience il est difficile d’admettre que le jour de la fin de cette boucherie que fut la première guerre mondiale on puisse mourir pour une
rencontre sportive. Absurde. Epouvantable. Inconcevable. Mais pourtant bien réel dans une société où le football est devenu une exutoire à cette soif dominatrice qui anime parfois les meutes. Les
stades ressemblent en effet de plus en plus aux jeux du cirque romains dans lesquels les excités réclament non seulement du jeu mais surtout des victoires claniques. En fait nous en sommes
revenus à ces affrontements ancestraux reposant sur l’irrationnel pour refoulés de la notoriété.
Hier donc à la suite de la mort d'un supporter de la Lazio, tué par balle par un policier sur une aire d'autoroute des événements terribless se sont déroulés sur dans de nombreuses
villes. La victime, Gabriele Sandri, était âgé d'une vingtaine d'années.
Selon plusieurs témoignages relayés par les médias italiens, il se rendait avec plusieurs autres tifosi à Milan en voiture pour assister au match Inter-Lazio lorsqu'ils se sont arrêtés sur l'aire
d'autoroute de Badia al Pino, non loin d'Arezzo. Ils se seraient alors trouvés face à un groupe de supporteurs de la Juventus et un affrontement aurait éclaté. Un agent de la police routière, qui
se trouvait dans la zone, serait alors intervenu et aurait fait usage de son arme de service. Gabriele Sandri aurait été mortellement touché au cou alors qu'il se trouvait dans sa voiture, selon
l'agence italienne Ansa. Le préfet de la ville a indiqué qu'il s'agissait d'une " tragique erreur ".
La rencontre entre l'Atalanta et l'AC Milan a été arrêtée après des incidents initiés par des supporters de Bergame. Ces derniers se sont acharnés contre une épaisse vitre de protection qui les
séparait du terrain, et ont réussi à la briser en deux endroits. Malgré l'intervention de quelques joueurs du club, qui ont tenté de les dissuader - sans succès -, l'arbitre a été contraint de
renvoyer les deux formations au vestiaire.
A Milan, quelque 400 manifestants ont lancé des pierres sur un commissariat, tandis qu'aux abords du stade, tifosi de la Lazio comme de l'Inter ont entonné des chants violemment hostiles aux
forces de l'ordre.
A Sienne où se jouait Sienne-Livourne, des supporters ont longuement hurlé " assassins " aux carabiniers et policiers qui assurent la sécurité du stade. La même scène s'est également
reproduite dans d'autres stades, y compris à Rome où des heurts ont opposé quelque 200 tifosi de l'AS Roma aux forces de l'ordre près du stade Olympique. Une chaîne de " solidarité "
qui révèle la nature réelle du mal. Ce n’est que la résultante d’un long processus dans lequel les instances du football peuvent être considérées comme " complices passifs "
On me dit qu'il s'agit d'un épisode isolé et qu'un policier aurait tiré ", avait déclaré un peu plus tôt le président de la Lazio, Claudio Lotito. " Selon ce que je
sais, cinq jeunes étaient dans une voiture et il y a eu un affrontement avec d'autres. Un policier est accouru pour tenter d'apaiser la rixe et un coup de feu accidentel est parti ". Le
problème c’est qu’aussitôt connue cette information a déchaîné encore plus de violences.La nouvelle a immédiatement provoqué la colère des supporteurs dans plusieurs stades où devaient se dérouler
les matches.
DU BRESIL A LA YOUGOSLAVIE
En fait tout le monde sait que le football sert de dérivatif à des hordes ou à des groupes plus ou moins organisés qui confondent le sport et les guerres qu’ils ne feront jamais.
Ils s’organisent en bataillons, derrière des banderoles, se gavent de slogans et se donnent l’impression de dominer les autres par procuration. La grande majorité d’entre eux se rassemble dans
une entité appelée d’une manière ou d’une autre " ultras ". Ce phénomène n’est pas nouveau.
Le mouvement ultra naît au Brésil dès les années 40 avec la mise en place de Torcida. Ces groupes de supporters n'ont rien à voir avec les organisations existantes jusque-là au Brésil
comme ailleurs. Le mouvement ultra débarque en Europe via la Yougoslavie d'alors, ou plutôt la Croatie. Les actualités cinématographiques yougoslaves diffusent des images de la Coupe du monde de
1950, avec déjà de nombreux plans de foules exubérantes : les fameuses Torcida.
Les premiers supporters européens à avoir bouleversé les rapports entre un match et son environnement furent ceux du club de l’Hadjuck Split qui ont adopté cette attitude à l'occasion d'un match
contre l'Etoile rouge de Belgrade. L'intensité de la partie face au grand rival et le but victorieux inscrit à la 87e minute aide à la naissance du mouvement. Les Ultras envahissent le terrain au
coup de sifflet final, et portent en triomphe le buteur jusqu'au centre de la ville. Les " exploits " des Ultras de l’Hadjuck Split seront suivis pas bien d’autres.
Les clubs italiens découvrent les us et coutumes ultras dans les années 1960 et de nombreux groupes se constituent en Italie et ils ont subsisté jusqu’à maintenant avec la complicité des
dirigeants de plus grands clubs qui recherchent leur soutien. Le mouvement ultra atteint la France au milieu des années 80. Le premier groupe ultra est le Commando Ultra de l'Olympique
de Marseille fondé en 1984. Viennent ensuite les Boulogne Boys du P.S-G. et la Brigade Sud Nice de l'OGC Nice tous les deux fondés un an plus tard. Cette forme de supporters
laisse froid les îles britanniques dont les supporters préfèrent avoir une relation directe et personnelle avec " leur " club plutôt que de passer par un groupe de supporters. C'est la base même
du conflit qui oppose l'école dite italienne (Ultras) et l'école dite britannique.
DES RAPPORTS AMBIGUS
Les groupes ultras sont théoriquement financièrement indépendants du club qu'ils soutiennent. Ils s'autofinancent par différents moyens, chaque groupe ayant son style de
financement. Parmi ces moyens on trouve les déplacements pour suivre le club à l'extérieur au cours desquels nourriture et boissons peuvent être vendues, des quêtes en tribune, la vente de
gadgets portant le nom du groupe ou de la ville, la vente d'un journal édité par le groupe, etc... Cependant, des dérives mercantiles existent lorsqu'un groupe produit des gadgets en très grande
quantité pour les vendre à un maximum de personne, même extérieures au groupe.
Les Irreducibilli (Lazio de Rome, Italie) possèdent même plusieurs boutiques officielles où ils vendent billets et matériels divers. Une partie de la mouvance Ultra estime que ces groupes
s'éloignent de la mentalité originelle et de l'opposition au "Foot Buisness" .E
n plus de ça, certains groupes obtiennent des subventions directes des clubs, ou parviennent à détourner d'importants flux financiers en prenant en charge, par exemple, la commercialisation des
abonnements comme à Marseille. En fait il existe une forte ambiguïté sur le rôle que jouent les instances officielles du football dans le développement de ce qui ne s’apparente pas à du
hooliganisme mais qui y ressemble quand il dérape. En fait la seule véritable différence repose sur l’exploitation organisée du supporteur alors que les hooligans sont ingérables.
RACISME ET PROFITS
Les débordements continuent donc dans les stades italiens. Après le coup du scooter lancé depuis les tribunes, après le coup du pétard sur l'arbitre, après le coup des saluts
fascistes de Di Canio, c'est au tour des supporters de faire n'importe quoi. Le Calcio fait beaucoup parler, mais pour de mauvaises raisons et depuis très longtemps. Déjà en 2006 on avait vu une
banderole nazie avec l'inscription "Gott Mit Uns" (dieu est avec nous) déroulée dimanche dans les tribunes du stadio Olimpico de Rome, lors du match opposant l'AS Rome à Livourne.
La banderole portant l'inscription " Lazio-Livourne, mêmes initiales, même four, Gott mit uns (la devise qu'on retrouve sur les ceinturons des SS) ", adressée aux tifosi toscans, était apparue
dans le virage sud réservé aux ultras de la Roma. Des drapeaux avec des croix celtiques et des croix gammées avaient été également exposés au cours de la partie. La Lazio se retrouve citée sur
cette banderole car c'est l'ennemi intime de la Roma. Mais même entre eux, les fascistes en Italie sont racistes. C'est dire leur niveau intellectuel.
Les supporters de Livourne se retrouve en si mauvaise compagnie pour une seule raison. Leur soutien inconditionnel à une politique sociale et humaine.
Pour simplifier, Livourne est de gauche donc il faudrait les brûler. Rome, autrefois foyer d'une civilisation si brillante, est tombé bien bas. Mais faisons aussi le ménage devant notre porte et
n'oublions pas comment Boulogne avait fêté le départ de George Weah au Milan AC ( "Casse toi, on n'a pas besoin de toi - Dégage, pas besoin de noirs dans l'équipe"). en France aussi, le
phénomène existe. Dans l'ombre, il gagne du terrain, jusqu'au prochain incident.
Les sociétés "sportives" qui contrôlent des clubs vont vite vouloir à tous prix que le championnat italien reprenne malgré la gravité de ce qui vient une fois encore de se produire. Le calcio
affiche à l’heure actuelle son vingt-troisième mort. Deux équipes de football. Ne l'oublions pas. Quand Jean-Michel Aulas le PDG de l’Olympique Lyonnais annonce que selon lui les droits télévisés
valent … au minimum 750 millions d’euros il dévoile la véritable facette de ce qu’il ne faut plus appeler du sport mais du spectacle sportif.
Les intérêts en jeu représentent des sommes astronomiques et c'est l'argument financier qu'avanceront sans vergogne les dirigeants pour que l’on oublie vite toutes les outrances. Les profits
n’ont que faire de la mort d’un malheureux qui ne savait pas que le 11 novembre était la journée commémorative de la fin de la pire connerie humaine : la guerre !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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SPORT
C’est fait, la France va avoir la chance de bénéficier d’un secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports à temps plein. Elle en rêvait depuis tellement de semaines
qu’elle fêtera cet événement par une explosion de joie dans les chaumières. De partout les cris de satisfaction sont montés : Bernard Laporte va enfin pouvoir donner l’exemple aux sportifs et
aux jeunes. Il est vrai qu’on l’attendait depuis longtemps.
En fait pour ne pas avoir su jouer l’ouverture, le XV de France a offert à Nicolas Sarkozy le bonheur d’accueillir à l’Elysée son pote du Bassin d’Arcachon autour de la table inutile du conseil des
collaborateurs. Bizarrement hier soir on ne l’a pas trop vu sur le petit écran et il a disparu sans effectuer de commentaires sur TF1 mais il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il s’associe, en ce
moment, à une défaite supplé mentaire. Les Bleus ont été victimes de " détails " ce qui devraient attirer l’attention de Fillon : on finit toujours pas payer des grains de
sable qui se glissent dans les machines les plus puissantes. Une glissade de Traille, une cuillère anglaise qui reprend un pas de Clerc, un bras trop haut de Swierzinski qui offre une cravate
malvenue à Wilkinson et la France prend la porte !
Le divorce qui menace l’image d’Epinal de la Madone de Tripoli, les rugbymen qui s’arrêtent sur le chemin de la béatification, Dati qui met la France judiciaire en
lambeaux, une grève terrible qui s’annonce pour la semaine prochaine, Fadela Amara qui fait dans le " dégueulasse " bienfaisant, une majorité qui se teste sur l’ADN, les copains qui ont
bénéficié d’une idée fabuleuse d’investissements à fonds perdus de la Caisse des dépôts, Galouzeau de Villepin qui se met à balancer dur, Poutine qui fait le coup du mépris intégral : il
faut bien avouer que les nuages s’accumulent dans le ciel sarkozyste ! Il paraît que Mitterrand consultait régulièrement Elisabeth Tessier sur son avenir. Il devient urgent que le
pensionnaire actuel de l’Elysée fasse venir une voyante extra lucide de ses amies pour savoir si cette mauvaise passe va durer encore longtemps. Certains disent que le rôle pourrait convenir à
Roselyne Bachelot dont le look et la capacité d’anticipation correspondent probablement à la compétence nécessaire. Comme elle travaillera avec Bernard Laporte dans quelques jours elle
s’inscrirait dans la logique d’une utile collaboration. Tous deux vont constituer la paire de " demis " qui va sauver le sarkozysme en danger.
LA CHABALISATION DU DEBAT
Après cette nouvelle défaite face aux Anglais les discussions vont enfin porter sur les erreurs commises par le secrétaire d’Etat aux sports. On rappellera que malgré
les victoires antérieures les Bleus ont manqué en permanence de constance dans leur jeu. Ils sont tirés d’affaire chaque fois que leurs adversaires n’ont pas été capables de développer un jeu
organisé et surtout n’ont pas su contourner le défi physique que les Français cherchaient à imposer. La théorie de Laporte consistait à chercher des gens solides capables d’imposer le débat et
donc de conduire l’adversaire sur des secteurs où il espérait que ses troupes seraient les plus fortes. La Chabalisation du rugby français a conduit à négliger les débats faits de confrontations
reposant sur la technique et la tactique. Le choix a réussi face aux Blacks incapables de faire autre chose que de chercher à prendre les Bleus à leur propre épreuve de force. Ils n’avaient
réellement jamais joué leur jeu étant particulièrement méfiants et plus préoccupés par les contres que par leur puissance collective.
Les représentants de la perfide Albion ont eu la chance que les Bleus avaient eu contre les Néo-zélandais. Ils ont su l’exploiter alors que nous restions englués dans
un combat ressemblant à la défaite des chevaliers français à Azincourt. Après une énorme bévue de Damien Traille en défense, amenant un essai anglais (non transformé par Wilkinson) dès le début
du match, les avants, occupèrent le terrain anglais. Et marquant deux pénalités grâce à Lionel Beauxis. Wilkinson, de son côté, rate un drop et une pénalité tirée au-delà des 50 mètres ils ont
entretneu le supense.
En deuxième mi-temps, les deux équipes se neutralisèrent, les Anglais occupant mieux le terrain adverse. Les Français, quant à eux, perdirent davantage de ballons. Alors que le score ne décollait
pas pendant la première partie de la seconde mi-temps, les Bleus commirent une de leurs rares fautes en défense, offrant une pénalité sur un plateau à Jonny Wilkinson. Un drop de ce dernier, à 5
minutes de la fin, fit passer le score à 9-14. Les dernières attaques françaises se heurtèrent à la défense anglaise, que jamais les Bleus ne réussirent à franchir. En fait on a découvert une
fois encore que l’Angleterre est bien séparée de la France par un obstacle qui reste infranchissable même à la nage dans les regroupements. Le naufrage ne fut jamais menaçant mais le canot de
survie fut pourtant toujours de sortie.
COUPS DE PIED PLUS OU MOINS TORDUS
Contrairement à d’autres secteurs de la vie collective hexagonale il n’y a eu aucune erreur dans le camp... de la Rose qui fut d'une solidarité parfaite face à
l’adversité. On ne l’a pas véritablement pas sentie dans le camp tricolore. Les Coqs se sont battus individuellement dans les filets qui se resserraient inexorablement autour d’eux. On comptait
parmi les dizaines de supporteurs massés sous la halle médiévale de La sauve Majeure sur une percée de Chabal, sur un sprint de Clerc ou sur une inspiration d’Elissalde pour faire basculer le
match. Jamais on a cru dans la globalité de l’action des Bleus car lentement mais sûrement se dégageait un sentiment d’impuissance collective. D’ailleurs ce sont les fameux statisticiens qui
donneront les clés de la rencontre.
Les Bleus ont en effet perdu des ballons chèrement gagnés qu’ils ne retrouvèrent ensuite jamais. Ils ont aussi galvaudés des coups de pied qui pouvaient faire la décision (Beauxis a manqué échoué
dans ses trois tentatives de drops sur trois en première période) et surtout ils ont laissé filer le match en deux minutes…
La Marseillaise entonnée par plus de 200 personnes rassemblées par l’opération grand écran en Créonnais témoignaient que le patriotisme a encore de beaux jours devant
lui quand il repose sur des concepts guerriers ou d’exclusion parachutés dans le sport. Il ne résiste cependant pas très longtemps aux événements défavorables. Moins de 120 secondes
exactement cet hymne à la joie le grand Traille mit en effet trop de temps à évaluer le danger d’un ballon anodin expédié par hasard vers son en-but par un Anglais simplement décidé à tirer le
premier. Il glissa et les drapeaux furent vite mis en berne. Et si tout simplement la rencontre s’était jouée sur ce simple dérapage incontrôlé ? Deux minutes pour sceller le sort d’une
coupe du monde ! Car ce sera le fait essentiel de la confrontation : les Anglais avaient mis le doute dans les esprits d’autant que dans leur camp il n’y eut quasiment aucune erreur de
mains. Robinson fut le roi de son île des 22 mètres et se faufila maintes fois parmi les écueils massifs du pack français. Il fut aussi stoïque sous les V1 ou les V2 expédiés par depuis le
continent par les tireurs que les Londoniens au temps de la période critique de la dernière guerre.
En revanche peu de ballons français allèrent jusqu’aux ailes et jamais on n’essaya de les faire naviguer de la droite vers la gauche afin d’étirer à la Sarkozy
la défense adverse. On ne pratiqua l’ouverture qu’à doses homéopathiques ce que le Président de la République ne manquera pas de reprocher au téléphone à son brillant secrétaire d’Etat de la
Jeunesse et des Sports. Bernard Lapasset, président de la fédération française de rugby n'y va pas par trente six chemins quand il déclare : "Je ne comprends pas la
manière dont on a joué ce soir. Quand on joue contre les anglais, on ne joue pas comme des Anglais. On joue à la française et on fait des passes". Il y eut aussi un coaching lamentable
destiné à aire plaisir aux copains mais pas à modifier la manière de jouer! Laprote et Maos ont sans cesse changé l'équipe, sans cesse entretenu le doute, sans cesse chercher à
maintenir tout le monde heureux alors qu'une équipe type aurait été plus facile à gérer en permanence avec un styme de jeu durable.
Les fondamentaux ne paient plus on ne cherche plus qu'à obliger l’adversaire à courir après vous et toujours l’amener à se positionner sur vos points forts. Ils en parleront au petit
déjeuner face à une bonne tranche de jambon. Madrange évidemment ! La seule consolation pour Laporte c’est qu’il conservera ses contrats une semaine de plus mais lundi prochain fini le
pactole, il vivra chichement d’une paye de secrétaire d’Etat !
ENCORE UNE MISE AU POINT DE LA ROSE
Après l'exploit réalisé en quart de finale contre les All Blacks, les Français n'ont donc pas confirmé leur retour au tout premier plan. Ils ont retrouvé les
limites démontrées face aux Argentins. Le pire, pour Laporte, c'est qu’ils aient du capituler sur des porteurs du symbole de... la rose. Les exégètes y verront tout un symbole pour son avenir
politique. Lui qui entre dans le gouvernement au titre de l’ouverture (relative car il n’a jamais été de gauche) va nourrir une animosité particulière vis à vis de tous ceux qui porteront haut et
fort cette fleur. La rose restera l'épine de sa vie!
En fait les seuls véritablement heureux ce matin de cette demi-finale sont les financiers de TF1 qui ont triomphalement annoncé un nouveau record d’audience et donc
un bénéfice considérable sur cette diffusion. Jamais un match de rugby n'avait été autant suivi à la télévision française puisque 18,3 millions de téléspectateurs (67,4 % de part d'audience) ont
regardé hier soir la demi-finale de Coupe du monde perdue par les Bleus devant l'Angleterre. C'est la meilleure audience de l'année pour TF1, tous programmes confondus. Un pic d'un peu plus de
vingt millions de téléspectateurs a été atteint dans les dix dernières minutes de la rencontre. Malheureusement on n’a pas pu montrer les explosions de joie patriotique de Nicolas Sarkozy… Ce
sera le seul regret véritable des amis du Président de la République. Pour le reste il va falloir meubler cette semaine chaude socialement avec un autre sujet.
Remarquez que si Laporte veut transformer une défaite... en victoire il doit pouvoir trouver des consultants rue de Solférino ! Il ne manque pas de spécialistes pour excuser les échace et accuser
les autres d'en être ersposnables. L'idéail pour uns électionneur aux abois. Il suffit de détourner l'attention pour s'en tirer avec els honneurs.
Tenez je prends courageusement le pari suivant : le divorce du couple sarkozyste sera annoncé avant mercredi de telle manière que l’on estompe l’impact
des grèves prévues. Les pages des magazines people sont prêtes pour meubler le vide de la Coupe du monde de Rugby. Et le pire c’est que selon des journaux suisses, Cécilia aurait élu
domicile à Londres, chez les ennemis de hier.
Comment voulez vous que les Bleus pris en otages par la défense anglaise aient pu s’en sortir ? Quand je vous dis que tout nous était hostile hier soir !
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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SPORT
Hier soir ce fut le drame. Les rues de Créon étaient mortes. Les grands écrans noirs se faisaient discrets sur des nuits blanches devenant tout à coup trop courtes.
On maugréait dans les chaumières. On sanglotait dans les club-houses. On se lamentait dans les bodegas. On était effondré dans les loges dorées. Le ministre potentiel des sports et de la jeunesse
avait un pet dans les carreaux de ses lunettes de fonctionnaire consciencieux avant une juste mise à la retraite. Nicolas Sarkozy, accentuait son tic d’agité permanent témoignant de l’injustice
du monde. Roselyne Bachelot dont le style personnel aurait correspondu parfaitement à la vision que l’on a des animatrices de troisième mi-temps était en plain désarroi. La France a vécu des
moments de détresse collective semblable à ceux qu’elle a parfois traversé dans son Histoire. Les arcs de triomphe avaient pris un coup de vieux et le ripolin de leur façade avaient perdu de leur
brillance et les drapeaux tricolores des fêtes païennes furent vite mis en berne.
Après une mauvaise estimation de la croissance, un déficit faramineux de la balance commerciale, une chute vertigineuse de la Bourse, une augmentation constante des
prix réels à al consommation, un échec patent des mesures fiscales pour l’activation de la relance… et une hausse prometteuse de l’état de grâce de son Président charismatique, la défaite des
Bleus a fait tâche dans le contexte. Enfin une bonne nouvelle pour celles et ceux qui connaissent les habitudes du sport hexagonal dont ma modestie n’a jamais été le point fort. En rugby, bien
moins que dans d’autres disciplines, il semblait pourtant que le " melon " n’avait pas encore atteint les instances dirigeantes et surtout les joueurs. Et encore il y avait des signes
avants coureurs quand on lisait entre les lignes des chroniqueurs spécialisés, vantant les qualités de cette cohorte ayant été préparé dans la lignée des principes sociaux actuels : stage
commando, rencontre avec le GIPN, déjeuner avec Nicolas Sarkozy, concurrence sévère à tous les postes, vente des la peau des ours avant même de les avoir approchés, utilisation abusivea de
l’émotion. Impossible de crier au casse gueule sous peine de se voir taxé d’anti-nationalisme primaire face à un tel déchaînement de certitudes. La France a pourtant totalement manqué son…
ouverture ! A tel point que ce matin les commentaires passaient de l’allegro au te deum malgré le fait que les plus fin commentateurs trouvaient encore matière à voir dans la défaite
des raison de chanter. Il est vrai que ce principe traverse la vie française actuelle puisque l’on dénote toujours des effets positifs aux échecs qui deviennent ainsi des événements à
célébrer collectivement.
DE LA VIDEO A LA REALITE
La France a l’habitude des excès. Elle ne vit que dans le culte des idoles et, aussi vite, dans celui des bannis. Il n’y a que rarement de recul par rapport aux
événements comme le veut la méthode anglo-saxonne d’information dont l’impact ne dépend que de l’émotion qu’ils suscitent. Les Bleus sont passés du pinacle au purgatoire avant qu’un prochain demi
succès ne les envoie dans un cul de basse fosse. On avait oublié qu’ils n’avaient été que champions du monde potentiel des matches amicaux et plus encore détenteurs de la Coupe du monde des…
calendriers. On avait zappé que, dans le camp adverse, on trouvait quelques-uns des meilleurs joueurs du monde à leur poste. Comment ne pas rappeler que si les clubs français utilisent les
services de Corleto, Hernandez, Pichot, Roncero plutôt que ceux de Heymans, Michalak, Mignoni, Milloud c’est qu’il doit y avoir une raison objective… Résultat ce matin on cause au mieux de
" couac " et au pire de " bide " !
Laporte a d’ailleurs rapidement trouvé une excuse à cette médiocrité générale. " Les matches de préparation ne comptent pas. On était là au départ de cette
aventure, face à un match important, déjà qualificatif. La grandeur de l'événement a sans doute amené de la fébrilité et de la fragilité dans les têtes. La pression, on l'a subie et nous le
staff, nous n'avons peut-être pas fait e qu'il fallait pour la lever. Mais le haut niveau, c'est sur le terrain que ça se joue. Force est de constater aujourd'hui qu'on a eu du mal à rentrer dans
ce match ". Le problème c’est qu’il lui faudrait se poser des questions sur les raisons de ce comportement collectif d’une troupe n’ayant pas donné une grande impression de sérénité
après des semaines de rivalité entre joueurs à tous les postes. Certains d’entre eux ont eu d’ailleurs le comportement des gens passant un entretien d’embauche.
Le patron, du bout des lèvres, a volé à leur secours : " Bien sûr qu'on compatit avec eux. Dire qu'ils sont nuls maintenant, c'est trop facile. On n'a
pas su leur enlever cette pression. On a beaucoup travaillé, fait beaucoup de vidéos mais le terrain, c'est autre chose que de la… vidéo. On n'a pas su accompagner nos joueurs, mais pas nos
avants qui eux ont répondu présents. C'est derrière qu'on a été beaucoup trop fébriles, c'est évident ". Un aveu implacable, pour tout le monde, que les réalités sont souvent bien
différentes des images et de l’apparence. Dommage que Laporte n’ait pas ajouté qu’il eut été préférable dans prendre conscience avant plutôt que de le constater trop tard ! La chute aurait
été moins dure. "C'est une grosse déception, on a pris une grosse claque. Peut-être qu'on était sur un nuage, maintenant on est descendu sur terre" avoue Damien Traille. Une leçon pour
la France !
SENTIMENT PROFOND D’INJUSTICE
En fait on attendait tout autre chose. Les Bleus devaient conforter l’atmosphère ambiante. Elle est à l’agitation productive, à la diarrhée verbale envahissante, aux
alliances circonstancielles, à l’absence d’opposition, à victoire facile, à l’opinion dominante rassurante. Dans le fond on se demandait bien, ce matin, au comptoir des cafés des sports de
l’hexagone les raisons qui faisaient qu’ayant décrété un statut de favoris pour les Bleus, ces foutus Argentins n’aient pas respecté la logique de cette décision. La médiatisation considérable de
l’événement voulue et souhaitée par tout le monde a renforcé ce sentiment profond d’injustice.
Force est de constater que les véritables connaisseurs ont admis aisément le caractère logique de la victoire des Pumas. Ils n’en deviennent que plus suspects ou
indignes de participer au culte du nationalisme sportif béâtificateur. En dévorant sa tranche de jambon Madrange, dotée d’une vision simpliste du rugby, la ménagère de plus de 50 ans ou le
supporteur " amateur " n’a pas encore les repères indispensables pour comprendre que le rugby a évolué plus vite dans les pays " neuf " très mobilisés que dans ceux qui
traînent derrière eux la " tradition ". Hier soir on était loin du rugby du pays du cassoulet ou de celui sympa des clochers. On avait oublié la notion de " rencontre " pour
passer à celle de " confrontation ". Cette évolution va à l’encontre des poncifs colportés sur le rugby.
Les envolées lyriques ne sont plus d’actualité. Les gazelles n’ont plus leur place dans les savanes protégées des stades. Les solitaires tentant d’échapper aux meutes
des débardeurs avides de les réexpédier vers leurs origines. Les abeilles transformant le pollen ratissé par les ouvriers de la première ligne faute d’être ceux de la première heure sont en
perdition. Il n’y aura plus que rarement, n’en déplaise au éternels nostalgiques, d’envolées ondoyantes ou de périples louvoyant au cœur des écueils sombres guettant les égarés de
l’aventure.
L’ère de la percussion, de la perforation, de la rectitude sans état d’âme est devenue l’apanage des équipes modernes. Le rugby tampon ravit les foules. Hier soir,
selon les exégètes, l’horizon des Bleus se limitait à la grise ligne d’une forteresse inexpugnable qu’ils ont vainement tenté de percer faute de la contourner ou de la prendre en défaut. Et dans
une telle situation le grain de folie qui transforme le combattant de devoir en héros n’a pas été trouvé.
LA LETTRE DE GUY MOCQUET
" Lors des éditions antérieures, l'équipe de France avait eu la chance de débuter face à des équipes moins réputées, mais quand on décide de jouer à domicile
une Coupe du monde, et que l'on débute face à une équipe telle que l'Argentine, je crois que les joueurs d'expérience auraient été les bienvenus…Ces joueurs, à des postes clés, se sont,
malheureusement pour eux, laissés emportés par l'émotion et par l'évènement. Je n'ai rien contre David Skrela mais Fred Michalak, qui a des fourmis dans les jambes, possède un vécu en Coupe du
monde qu'il n'a pas. " a déclaré dans un commentaire sur Nouvelobs.com Magne. Même s’il prêche un peu pour sa paroisse (NDR : il n’a pas été retenu par Laporte malgré ses 90
sélections) le troisième ligne auvergnat n’a pas totalement tort. Il est vrai que cette solution n’a pas certainement l’heur de plaire à celui qui va se retrouver au gouvernement sans posséder la
moindre expérience dans la vie politique.
A Marseille on joue depuis même pas vingt minutes entre les Blacks et les Italiens , que sur le tableau d'affichage du stade Vélodrome, est inscrit le score effarant
de 38-0! Un fossé qui, lors de cette entrée en matière prit même des allures de gouffre. Les Néo Zélandais, ont laissé aux vestiaires les quelques doutes qui ont assailli les Français. Grâce à
une insolente maîtrise technique (et pas seulement comme le veut le mythe à leur puissance) ils ont multiplié les déferlantes noires au sein d'une défense incapable d'endiguer les vagues. Ils
n’ont témoigné d’aucun état d’âme, d’aucune fébrilité, d’aucune pression autre que celle qu’ils ont immédiatement mis sur leurs adversaires.
Laurent Benezech, consultant de l’Equipe, a dégainé le premier en expédiant une critique forte vers le Ministre des Sports putatifs et son " cabinet "
d’entraîneur des Bleus. Pour lui, il y a eu une " énorme erreur de gestion de la pression pendant les 12 heures qui ont précédé la rencontre " Plus loin, il explique que les dirigeants
de l'équipe voulaient " que les joueurs soient émotionnellement au top au coup d'envoi et au contraire, ils se sont retrouvés complètement vidés. Le problème est que l'encadrement a voulu en
rajouter et a fait lire au groupe la lettre de Guy Moque t(sic). Ce qui a créé un surplus d'émotion, les joueurs avaient les larmes aux yeux. Le match était quasiment cinq heures
après… " Je savais bien que Nicolas Sarkozy ne résisterait pas et conseillerait sa méthode de à son grand ami Laporte.Tiens donc on aurait donc découvert hier soir que l’on ne peut pas
éternellement réussir en utilisant l’émotion comme seul cache misère ou comme maquillage pour esquiver la réalité. En fait comme quand Gavroche, avant de mourir, chantait que sa disparition
serait la faute à "Voltaire et la faute à Rousseau", voici ce malhuereux Guy Mocquet mélé à une défaite en Coupe du Monde. Comme quoi s'il n'y a jamais de coupable il y a toujours... un
responsable!
Mais je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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SPORT
Hier soir se déroulait la rencontre Marseille-Valenciennes qui fut, il y a un peu plus de 13 ans, dans un ordre inverse, un certain VA-OM entré dans la série noire du football français. Il se trouve que dans les mois qui suivirent cette affaire détestable je fréquentais encore le service des sports du journal SUD OUEST et que j’ai pu approcher sa réalité en amont des informations diffusées. Et, comme d’habitude, rien ne fut aussi simple que ce que l’on a voulu faire croire. Un inextricable méli-mélo sportif et politique ne permet pas de saisir tous les tenants et les aboutissants de cette rocambolesque aventure qui prit naissance en fait dans un jardin où un joueur avait enterré son " pot de vin " dans une boite à biscuits pleine de billets.
On était le 20 mai et depuis l'arrivée de Bernard Tapie à sa tête l'Olympique de Marseille avait remporté quatre titres de champion de France consécutifs. L'O.M. était le club le plus admiré à cette époque grâce à un effectif et des résultats sportifs brillants, notamment de très bonnes performances en coupe d'Europe. Le soir du match à la mi-temps Jacques Glassmann fera part de ses doutes sur la sincérité du match à ses dirigeants qui déposeront des réserves sur la feuille de match. Le 22 mai le club nordiste révèle officiellement l'existence d'une tentative de corruption.
TROP SURS DE LEUR IMPUNITE
Le défenseur valenciennois Jacques Glassmann avait en effet confié à son entraîneur Bruno Primorac qu'un joueur de Marseille, qui fut auparavant l'un de ses coéquipiers, l'avait contacté par téléphone avant le début de la rencontre. Une somme d'argent aurait été promise par un dirigeant de l'O.M. à Glassmann et deux autres joueurs Valenciennois, Jorge Burruchaga et Christophe Robert (que j’avais connu lors d’un passage à Saint Seurin sur l’Isle) pour qu'ils " laissent filer " le match et surtout que les Marseillais arrivent indemnes à Munich pour la finale face au Milan.
Une semaine après le début de l'affaire l'O.M. remporte d'ailleurs la Ligue des Champions de 93 face au Milan AC sur une tête de Basile Boli, puis dans la foulée son cinquième titre consécutif de champion de France. Lentement, en démêlant l’écheveau des positions des uns et des autres, les enquêteurs arriveront à prendre la main dans la sac, dans ce cas là, des protagonistes trop sûrs de leur impunité.
Il faut être honnête et expliquer que pour une affaire VA-OM ridicule tant elle était mal ficelée, grossière et traduisait le sentiment d’impunité que ressentaient les dirigeants phocéennes et ceux de l’ensemble du football français il aurait pu en avoir bien d'autres. Les Marseillais et notamment Tapie voulaient trop cette coupe d’Europe pour s’encombrer d’états d’âme et de scrupules inspirés de l’éthique sportive. Ils savaient bien que, car ils étaient fort bien conseillés, que le système fonctionnait à pelin régime depuis des années avec l’augmentation des enjeux financiers. Il aura fallu la présence sur Valenciennes, comme procureur de la République, d’Eric de Montgolfier pour que le scandale se transforme en affaire judiciaire... mais ce fut la seule!
Bernard Tapie n’avait rien inventé de génial. Il s’est toujours intuitivement glissé dans les bons coups des autres avec bien sûr le sens de la communication en plus. Le problème c’est que comme politiquement bien des gens du sérail, éléphants compris, voulaient sa peau. Il suffisait d’attendre le bon moment pour exploiter l’un de ses franchissements de la ligne blanche ou ses excès de vitesse pour le priver de son permis médiatique d’être partout ! Et V.A.-O.M. ne fut que l'opportunité de lE flinguer sans m^éler la politique au meurtre entre amis.
RENTABILISER SANS TROP DE RISQUES
En fait "l’achat de match" se pratiquait déjà de manière détournée, surtout lors des premiers tours des coupes d’Europe. L’élimination directe ne donnait que peu de chances à certains clubs de franchir cette étape incontournable. Ils cherchaient donc, surtout ceux de l’Est, a rentabiliser, sans trop de risques, les rencontres initiales si elles les opposaient à des adversaires riches ne pouvant pas se permettre le moindre faux pas. Il suffisaient de monter des opérations apparemment régulières.
Par exemple je suis allé au Haillan, personnellement, à deux reprises interviewer deux joueurs achetés à prix d’or à des opposants des Girondins du premier tour. Ils ne firent jamais une apparition durable dans la superbe équipe d’alors avant d’être prêtés pour l’un… à son club d’origine et pour l’autre à des équipes lointaines. En majorant nettement le montant d’un transfert inutile on pouvait aisément offrir un dédommagement non répréhensible de la cession du premier tour. Et ces deux "vdetets" furent cédés bine moins cher qu'elles avaient été acquises. Dans tous les cas une opération de ce type rapportait beaucoup plus à eux-mêmes et à leur club qu’un éventuel tirage au sort sans espoir de compensation. C’est d’ailleurs l’une des raisons de la pyramide actuelle de la Ligue des Champions où les "grands" ne sont pas concernés par les étapes les plus obscures de la compétition. Il existait aussi ce que dans notre langage nous appelions les " chambres garnies " avec envoi, des mois après un match, pour les étrennes d’une caisse de grand vin bordelais mais ce serait trop dangereux d'en parler!
Les dirigeants constituaient également d’autres " caisses " noires à l’étranger. En allant disputer soit disant gratuitement des matches de gala dans quelques paradis fiscaux ou dans des pays peu regardant sur les mouvements de fonds, ils récupéraient les recettes pour stocker au Lichenstein, en Guyane néerlandaise, aux Antilles ou dans quelques contrées du Moyen Orient des sommes considérables. Ils pratqiuaient aussi la surfacturation des déplacements moyennant une ristourne sur place. Ces fond ssecrets permettaient ensuite de régler des primes ou des compléments des salaires non soumis au contrôle des autorités françaises à des joueurs étrangers opérant en France.
Ainsi un grand international anglais ou d’autres allemands avaient des salaires ridicules à Marseille ou à Bordeaux ou ailleurs… et constituaient des " bonnes affaires " alors qu’ils recevaient chaque mois un complément du compte extérieur sur celui de leur pays ou plus régulièrement en Suisse ou à Monaco ! Le système était aussi utilisé pour des joueurs huppés d’autres équipes…qui pouvaient ne pas avoir à enterrer les billets dans leur jardin!
MELLICK PAIE CASH
Dans l’affaire V.A.-O.M. le gros problème aura été l’intégrité exceptionnelle de Jacques Glassmann attaché à son club et à son métier et le fait que ses collègues n’ont pas un " niveau " suffisant pour posséder des comptes bancaires à l'étranger. L’O.M. vivait aussi, je le répète, sur son complexe de supériorité et son sentiment d’impunité. Tapie utilisa tous els subetrefuges pour se sortir du guêpier mais après...
Ainsi Jacques Mellick, ancien ministre et Maire de Béthune a été condamné en 1997 pour son faux témoignage car il avait reconnu avoir menti en soutenant devant le juge qu’il se trouvait dans le bureau de Bernard Tapie à Paris, le 17 juin 1993 à une heure où Boro Primorac actuellement adjoint d’Arsène Wenger à Arsenal, alors entraîneur de Valenciennes, affirmait avoir rencontré le président de l’Olympique de Marseille à la demande de ce dernier. Bernard Tapie niait que cette entrevue aie eu lieu.
Le retour sur ses déclarations de son assistante parlementaire, la présence avérée de Jacques Mellick une heure avant à Béthune lors d'une réunion (d'ou son surnom de l'époque de "maire le plus rapide de France") l'avait obligé à revenir sur ses premières déclarations. Jacques Mellick avait alors soutenu avoir menti "pour sauver Béthune" où était installée l’entreprise Testut appartenant alors au groupe de… Bernard Tapie. Il fut trahi par une fameuse photo publiée dans la presse le montrant à une fête de la communauté d’agglomération béthunoise.
Ce que l’on ne sait pas c’est qu’il fut aussi victime d’un règlement de compte politique relatif à la récupération de son siège de député après sa sortie du gouvernement Bérégovoy en 93… En effet qu’en Mellick voulut revenir à l’assemblée et son suppléant rechigna à laisser la place. Tapie fut victime d'une banale querelle de pouvoir local!
Le supplémant s’arrangea, grâce à un membre de sa famille bien placé, à faire circuler des photos amateurs de la manifestation en question dans les journaux parisiens dont l’Equipe. J’ai encore en mémoire quelques coups de téléphone mystérieux autour de ces clichs sur une rencontre avec les agents recrutés par ma communauté du Béthunois durant ces quatre derniers mois dont malheureusement pour Tapie une revue avait gardé une trace ! La justice n'eut qu'à se servir!
Depuis le suppléant est aux oubliettes, son "familier" occupe des fonctions importantes dans un grand quotidien et Mellick (supporteur de DSK) est revenu triomphalement dans ses mandats antérieurs… Tapie ayant accumulé les casseroles ne bouge guère plus sauf pour récupérer son fric au Lyonnais.
Au fait, 13 ans après l’O.M. a aussi péniblement gagné hier soir 1-0 ! ne cherchez pas les Valenciennois n’étaient pas visiblement achetés et même on peut se demander si des Marseillais ont véritablement joué à leur niveau ! Pour moi c'est aussi suspect que la victoire des Girondins à Paris. Je plaisante... Enfin je le crois!
Mais surtout je déblogue…
par Jean-Marie DARMIAN
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SPORT
La précarité dans le monde du travail devient une règle permanent. Pour diminuer les statistiques du chômage, il est indispensable de considérer que tout travailleur qui décroche le moindre contrat est un demandeur d’emploi en moins. Et, il faut voir avec quelle hâte, les statisticiens de l’ANPE font disparaître les malheureux qui ont pl pleuré pour obtenir plus de 15 jours de boulot. Il y a pourtant un métier plus exposé que les autres : celui d’entraîneur de club de football professionnel. C’est fou la vitesse avec laquelle vous vous retrouvez condamné à regarder votre équipe à la télé depuis un canapé qui n’a pas les charmes du banc de touche. Si les mêmes principes existaient dans le monde politique les Ministres n’useraient guère le fauteuil de leur bureau.
Ainsi Nantes, Créteil et Istres viennent de demander, à celui en qui ils avaient entièrement confiance il y a quelques semaines, d’aller chercher fortune ailleurs alors que nous n’en sommes pas encore à des moments décisifs des championnats. On murmure que d’autres pourraient vider leur casier durant les jours qui viennent. On ne connaît pas de contrat plus précaire que celui-ci puisque, en quelques jours, vous passez de la pression du résultat à la morne attente qu’une place se libère ailleurs pour démontrer votre talent. Il est toujours vrai que le malheur des uns contribue au bonheur des autres.
Dans mes contacts avec le milieu du football professionnel, j’ai connu de très nombreux personnages qui avaient en charge un groupe de joueurs souvent mieux payés qu’eux. Tous avaient conscience que leur horizon se découvrait après chaque match et qu’une mauvaise passe les condamnerait immédiatement. Ils devenaient sombres, méfiants, réservés et surtout irritables car persuadés que les médias portaient une part de responsabilité dans leur échec. Ils avaient oublié que parfois ils n’avaient pas craché dans la soupe quand tout allait pour le mieux dans le meilleur du monde du ballon rond. Mais j’ai eu beaucoup d’admiration pour quelques-uns car il faut un sacré talent pour parfois gérer un groupe de "nombrils" riches sans même le vouloir.
A Bordeaux, par exemple, depuis 2001 je n’ai jamais remis les pieds dans un milieu où j’ai passé plus de 20 ans et je me suis arrêté à... Elie Baup. J’en ai croisé ou rencontré quelques autres plus ou moins longuement mais sur des dizaines d’entre eux je n’en ai vu qu’un seul qui ne doutait jamais : Guy Roux. Les autres avaient peur du week-end suivant.La plupart du temps ils ont d'ailleurs été limogés avant la fin de leur contrat et quasiment jamais dans des conditions très claires car le complot couvait avant leur départ. En fait, on sent les choses se gâter quand le dialogue n’est plus possible, quand le silence l’emporte et que les critiques sous le sceau du secret se font précises. Certains le devinent et devancent le camouflet en allant tenter leur chance ailleurs (Elie Baup vient de le faire cette saison entre Saint Etienne et Toulouse, Jean Fernandez également entre l’OM et Auxerre…) à l’intersaison. Ils sont rares. D’autres attendent la sentence avec fatalisme en sachant que ça fait partie des risques de leur métier. Ce n'est pas pariel en politique !
UN PERSONNAGE DE ROMAN
Au Haillan le premier que j’ai pu rencontrer fut ce vieux renard de Raymond Goethals. Une figure, un monument, un personnage de roman de Siménon. D’abord fumeur invétéré il grillait cigarette sur cigarette tout en parlant avec son interlocuteur qui n’avait même pas de question à poser. Il parlait tout seul en utilisant sur la table du café tous les objets à sa disposition pour donner de longues et passionna  ntes conférences tactiques. Il déplaçait, tel un général sorti du rang, les cendriers, les couverts, les verres pour vous convaincre qu’il avait déniché le coup imparable pour terrasser l’adversaire. Pas un cheveu blanc car il se faisait régulièrement teindre pour éviter que l’on voit qu’il se faisait du… mauvais sang et surtout qu’il avait un âge respectable. Doté surtout un accent inimitable, " Raymond la science " m’impressionnait par son sens extraordinaire du détail. Rien ne lui échappait. Il connaissait tous les joueurs, tous les clubs sur le bout du doigt et ce que l’on prenait pour de la sorcellerie ne reposait que sur une parfaite connaissance du milieu. Il ne livrait ses secrets qu’aux véritables amis et pour gagner sa confiance il fallait absolument devenir un ténor de la… belote car il passait tout son temps libre à regarder tous les matches possibles à la télé et ensuite disputer quelques " mille " avec des complices de circonstances ou des habitués. C'était un autre temps!
Il avait redressé une situation désespérée laissée par un autre personnage, Luis Carnaglia arrivé d’Argentine par le miracle d’un ou plusieurs transferts plus ou moins louches. Lui, ne faisait absolument rien. Il était en vacances en Europe et vivait sur sa légende argentine. Lors du premier entraînement au stade de Galin, il avait pris un ballon, pieds nus et torse nu, pour faire le tour du terrain en jonglant. Puis, il s’était approché du groupe de journalistes pour lui signifier dans un français d’opérette qu’il n’était pas question, vu la démonstration effectuée, de mettre en doute son talent technique. Il restera en poste… une vingtaine des semaines et sera viré avec une belle indemnité.
L’ECOLE DE L’EXIGENCE
Dans un tout autre genre Aimé Jacquet arriva au Haillan sur les conseils du plus merveilleux des joueurs que j’ai pu rencontrer : Bernard Lacombe, actuellement dans l’ombre à Lyon mais pourtant décisif dans le choix des hommes. Anxieux au possible, méticuleux jusqu’au bout des ongles, consciencieux, sérieux, travailleur infatigable, observateur avisé, le n  ouveau venu péchait par son manque de charisme dans ses relations avec les médias. Ce fut l’opposé de Goethals.
Joueur de devoir, il avait été formé à l’école Snella, celle de l’exigence et pas celle des paillettes. Il avait connu le travail manuel, la réalité de la vie car son professionnalisme venait d’une ascension sociale réelle. Il appartenait à la génération des gens qui savaient tout devoir au sport et pas à celle qui arrivera plus tard des pros à qui le sport devait tout. Il ne parvenait pas se dépêtrer des micros et caméras qui l’assaillaient quand les Girondins accumulaient les titres et les campagnes européennes. Il ne sortait que des phrases stéréotypées dont l’impact s’usa au fil des neufs saisons passées à Bordeaux.
Il eut la chance de diriger un groupe extraordinaire constitué de joueurs de devoir (Girard, Tigana, Dropsy, Bracci, Domenech, Thouvenel, Specht, Tusseau, Trésor, Battiston…) et de vedettes ne se prenant pas pour des vedettes (Giresse, Lacombe notamment). Tout se gâtera pour lui quand on lui imposera des joueurs moins fiables, avec des têtes mal faites et vides, et que des histoires, sans rapport avec le football, émailleront la vie du groupe. Sans que ceci ait quoi que ce soit de péjoratif Aimé Jacquet était un " laborieux ". Opiniâtre, ancré dans ses choix, parlant simplement mais directement à son groupe, suscitant par sa droiture le respect autour de lui il ne m’a pas laissé la même impression quand je l’ai retrouvé brièvement à la tête de l’équipe de France. Il était déjà beaucoup plus distant et avait appris à se protéger davantage ce qui fit que la presse ne lui pardonna rien. Il fut limogé des Girondins par un Claude Bez dans la spirale de la faillite et sans avoir compris Pourquoi tout à coup on avait engagé des artistes alors qu’il ne réclamait que des ouvriers qualifiés ayant une solide expérience. Ce sont eux qui ont eu sa peau car ils ne respectaient plus rien sur le terrain et hors du terrain. Lui qui finira Champion du monde quitta Le Haillan après tout ce qu’il avait fait comme un malpropre ! Il n’ira même pas au bout d’une saison ! Il aura sa revanche mais la blessure était en lui.
UN SOLIDE BON SENS PAYSAN
Elie Baup ressemble à cet Aimé Jacquet des débuts mais en moins introverti, en plus roublard et avec un humour capable de sauver toutes les situations. Il adore instituer des rapports de forces mais quand il accorde sa confiance elle est durable. En revanche son regard noir sous la visière de la casquette peut foudroyer quiconque du regard. Solitaire, doté d’un solide bon sens paysan ariégeois, matois, capable de prêcher le faux po  ur connaître le vrai il a fini par être victime de tueurs internes, de tueurs avisés qui visaient tout simplement sa place sur le banc de touche ou qui ne souffraient pas de voir leur recrutement mis en doute. Elie Baup, a la rudesse de son Ariège natale et il faut se lever de bonne heure pour le faire changer de cap. Il saura toujours dynamiser un groupe ou le faire progresser car il ne pardonne pas l’infidélité ou la trahison sur la pelouse ou en dehors. Il sait tenir dans la bourrasque et ne pas se tromper de route.
A l’inverse le plus fragile de tous aura été Alain Giresse que Charles Bietry, Président du PSG couvrait de fleurs avant... quatre mois plus tard le virer, lui aussi, comme un bon à rien. Le plus pittoresque restera Rolland Courbis dont la faconde, la malice, le parler vrai et le sens inné de l’embrouille pouvaient faire croire provisoirement qu’il réalisait des miracles. Il sortait des résultats de son chapeau ou dénichait des talents qu’il savait faire… fructifier sur de courtes périodes. Rolland Courbis est le César du ballon rond. Toujours en train de jouer une énième pièce de théâtre et fataliste quand tombait prématurément le rideau. Etre viré ne lui pose aucun problème car il sait que ça viendra tôt ou tard et qu'on le fera revenir pour réaliser un miracle!
Bizarrement je n’ai pas vu l’un d’entre eux quitter les Girondins, la tête haute, le regard fier. Ils ont tous été virés au nom de la dure loi de la rentabilité. Je suis certain que les entraîneurs actuels seront rassurés. Ils pourront bientôt travailler tranquillement puisque les clubs de football vont entrer en bourse et l’on sait que, par les temps qui courent, les actionnaires préfèreront la belle incertitude du sport au… détriment de leurs dividendes.
Mais je déblogue...
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...
par Jean-Marie DARMIAN
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SPORT
Un Bordeaux Lyon s’apparenterait en Espagne à un Real-Barça en Angleterre à un Arsenal-Chelsea ou en Allemagne à un Brème-Bayern…C’est ce que la Ligue 1 peut offrir de mieux en matière de choc au sommet de son championnat. Le fait que l’ordinateur de la LNF ait choisi le mois d’août pour le proposer démontre que personne ne peut croire à son impartialité. En effet, depuis de nombreuses saisons, je n’ai souvenir que de matches réputés de haut niveau au cœur des vacances girondines. Il faut en effet assurer de grosses recettes durant la période où les gens n’ont pas encore le rythme tram, boulot, dodo en tête.
Hier soir, c’est donc un stade Chaban Delmas exhalant les bruits, les couleurs et les odeurs des soirées européennes de la Belle époque qui attendait la confirmation des ambitions girondines. Même si la nostalgie ne constitue pas la meilleure motivation des supporteurs qui ne veulent parler que d’avenir, elle traversait la tribune d’honneur où tous les gens qui comptent étaient venus se montrer… Le football va redevenir une référence comme il le fut durant l’époque Bez si les Girondins continuent à tenir le haut du pavé. D’autant que les échéances électorales donnent un intérêt accru à toute présence.
Avec un effectif composé de dix internationaux sur onze joueurs, les Lyonnais ne respiraient pas la sérénité. Ils savent que la campagne mondiale a laissé des traces dans les esprits et que pour relancer une dynamique il leur faut absolument évacuer. On le sentit durant l’échauffement avec des courses un peu lasses, des balles molles et plus encore par de s étirements durables… La sensation que les cadres n’avaient pas encore la tête au boulot.
Coté bordelais la hargne perlait dans les échanges. Visiblement la faim était supérieure. Un esprit commando animait un groupe plus homogène, plus proche, plus serré. Cette phase permet toujours de sentir la manière dont va débuter le match. Bizarrement le clan brésilien des Bordelais avait fondu comme neige au soleil de Copacabana. Rusé et fin tacticien Ricardo avait laissé la " légion samba " sur le banc pour aligner une formation de combat susceptible de mettre la pression sur les faiseurs de miracles. Son flair fut vite récompensé.
Désormais il n’y a plus en effet de coups de pied arrêtés insignifiants. Le football moderne devient celui des erreurs exploitées. Contrairement à ce qui fut le cas, durant des décennies, les attaquants ont de plus en plus de mal à faire la différence dans des actions individuelles construites. Ils tirent profit de miettes que leur laissent des défenseurs dépassés par une balle millimétrée ou un contre imprévu. Chaque coup franc, chaque coup de pied de coin prennent maintenant une importance capitale dans un sens ou dans l’autre. Tous les clubs majeurs recherchent donc des tireurs d’élite auxquels on demande pas nécessairement d’être omniprésents dans le jeu. Michel Platini fut, selon moi, le prototype de cette génération rentable par son adresse. Lyon doit beaucoup dans sa réussite à Juninho.
ENTRE LES CONGES ET LE LABEUR
Les Girondins entamèrent la confrontation sur la base de leur phase de préparation. Ils bousculèrent les lignes lyonnaises encore fluctuantes et mirent en difficulté une défense encore entre les congés et le labeur. Visiblement Lyon avait besoin du starter pour démarrer ses rencontres ou d’une période de préchauffage car chaque ballon faillit faire caler le moteur de l a supposée Formule 1. La qualité bordelaise résida dans cette capacité à exploiter cette lenteur à sortir des stands. Le premier coup de pied arrêté fut le bon.
Une balle fuyante n’échappa pas à l’affamé de gloire qu’est devenu Faubert. Il la chipa au passage pour la jeter dans ses filets à provision. Contrairement aux fameuses cinq dernières minutes on crut que le dénouement de l’énigme se contenterait des cinq premières... Les Girondins n’avaient pas eu besoin de plan " B " car le " A " avait fonctionné à merveille dans ce match traité comme de constitution européenne.
La méforme olympique des Lyonnais ne dura pas souvent car la claque avait secoué les consciences. On s’en remit donc à la patte magique de Antonio Augusto Ribeiro Reis dit Juninho. L’un des mauvais geste d’antijeu qui émaillèrent le match lui offrit l’occasion de taper dans le mille. Sa balle échoua sur l’angle du cadre alors que Ramé semblait avoir plongé pour la photo. Toutes ses autres flashes n’éclairèrent pas la situation. Il fallut que Tiago Cardoso Mendes se mette en position de tir pour que l’on y voit plus clair dans le camp de l’O.L. Une frappe déviée de sa route par le tibia brésilien de Fred termina sa course loufoque derrière la ligne blanche des cages de Ramé. Le coup de pied arrêté laissait place au coup du sort souvent complémentaire. Tout était à refaire pour des Girondins ne déréglant plus l’ordonnancement d’un milieu adverse devenu impitoyable.
PAS D'APPETIT DE FAUVE
Le passage au stand permit provisoirement à Micoud de faire le "plein d'énergie" car au cours de la premièr  e période il n’avait pas visiblement les ressources nécessaires pour tenir son rang. Il se mit à ratisser davantage de ballons, à mettre le reste de l’équipe dans le sens de la marche. On le sentit peu à peu quand le héron Chamakh faillit d’un coup de son long cou emmanché d’une tête piquer au vif Coupet. Prenant leurs adversaires plus haut, essayant de les empêcher de s'afficher en maîtres joueurs, les Girondins inquiétèrent beaucoup plus sérieusement des Gones pas très incisifs. Visiblement la première impression avait été la bonne : Lyon n’avait pas encore son appétit de fauve de la saison dernière !
Micoud promena donc librement encore quelques minutes son allure de gentleman farmer endimanché sur la front de l’attaque bordelaise. Il aurait pu faire la décision sur un enchaînement techniquement au point mais Coupet lui opposa une manchette de catcheur. D’autres occasions donnèrent l’impression que le duel pouvait tourner à l’avantage des dauphins. Il leur manqua pourtant ce fameux réalisme qui avait fait leur réputation la saison écoulée. Une erreur d'intattention dont on sait qu’elle est aussi dangereuse que celle qui consiste à croire indéfiniment dans des lendemains qui chantent pouvait tout changer. Il aura d’ailleurs suffi d’une poignée de minutes pour que tout bascule.
LE COUP DE GRACE
Un coup du sort avait effacé un coup de tête. Il ne manquait qu'un coup de grâce pour compléter le score. Tous les grands stratèges vous le diront : une bataille se gane avec les réserves et pas seulement avec des commandos. Si elles sont performantes, au point et si on les lance dans la bataille au bon moment elles peuvent se révéler décisives. Gérard Houllier le sait. Il expédia donc en grenadiers voltigeurs face à une défense fatiguée, Benzema, Wiltord et Kallstrom qui crèèrent les brèches que Francia et Laslandes ne surent réaliser. La différence était là.
Un ultime sursaut, une situation confuse et la tête luisante de Wiltord, venu auparavant glisser quelques mots déstabilisateurs à l'oreille de Micoud, surgit pour un véritable hold-up.
En fait bien plus que la défaite ce but consacrait la dure réalité : Bordeaux est encore loin du statut d'équipe de Champion's League. Il lui faudra réaliser des prouesses pour espérer rivaliser avec la première catégorie européenne, celle qui aurait justifié que ce match soit considéré comme de haut niveau. Une faute toutes les 90 secondes, une valse de cartons ne suffisent pas en effet à justifier ce statut... Pour s'en persuader il suffisait d'aller regarder sur Canal + Sport un somptueux Barça-Espanyol de Coupe d'Espagne car là, avant de ne pas perdre sur un coup du sort, un coup de tête, un coup de grâce, un coup tordu on cherchait à gagner sur un coup de génie! La différence est fondamentale!
Mais je déblogue...
Photos AFP Bordeaux Lyon C.Bernard
par Jean-Marie DARMIAN
publié dans :
SPORT
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