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BLOG D'ETE ET VIE LOCALE

Samedi 29 juillet 2006 6 29 /07 /2006 07:17

La valeur éducative du sport de compétition s’éteint peu à peu pour devenir le fidèle reflet d’une société en décomposition. Marchandisation outrancière, négation de la notion de plaisir pour la remplacer par celle de record, tricherie plus ou moins organisée pour dépasser les limites du corps humain, comportement raciste autour des pelouses, violence exacerbée sans aucun rapport avec les enjeux sportifs : les dérives deviennent tellement préoccupantes que le Roquet de Neuilly, à l’affût de tout ce qui peut le rendre populaire, s’en est emparé. Lui qui pédale, lors de ses vacances à La Teste de Buch, est un expert en matière de hooligans et, il l’a affirmé, il va karchériser, dans le monde du ballon rond, le Kop de Boulogne au Parc des Princes et ailleurs. Il est vrai que, s’il attend que les clubs et la Ligue Nationale de Football fassent le ménage, il lui faudra au moins un ou deux morts.
On ne chassera pas, en effet, les « clients abonnés » car ce serait se priver d’un revenu substantiel et, plus encore, générer la menace de voir CANAL +, extrêmement discret sur le sujet, diffuser des matchs de "haut niveau" devant des travées vides. Il a bien fallu attendre que quelques cyclistes ou athlètes meurent sur le bord d’une route pour que la lutte anti-dopage bouge un peu. La chute du nombre des licenciés chez les 14-18 ans constatée dans toutes les disciplines va détruire la pyramide sportive mais on continuera à pratiquer des spécialisations précoces destructrices de la motivation durable. Et tout est ainsi. la planète du sports ne tourne plus rond !

5 BLESSES ET 22 INTERPELLATIONS


La récente mise à sac d’un relais d’autoroute a légèrement ému les responsables du PSG. Lors d'une conférence de presse, son président Pierre Blayau a une nouvelle fois dénoncé l'attitude absurde d'une partie des supporters parisiens, qui se sont violemment affrontés lors du déplacement du PSG à Nantes, samedi, en championnat, occasionnant… le seul score positif de la soirée : 5 blessés et 22 interpellations. "Je voudrais présenter mon indignation et ma consternation devant ces actes d'une extrême gravité, qui ne sont pas le fait de vrais supporters du club (sic) mais qui relèvent de délinquants de droit commun", a déclaré le président de la formation parisienne. Ajoutant que le PSG "est pris en otage de cela", Blayau a tenu à présenter ses excuses aux victimes de ces pseudo supporters. Tout en réaffirmant que le club et les pouvoirs publics "continuent de lutter" contre ces débordements, Sarko a donc été contacté !
Blayau, en attendant le sauveur Sarko et sa loi de karchérisation, a tenu à hausser le ton, à moins d'une semaine de la réception de l'OM au Parc des Princes, dont on sait qu’il constitue le moment le plus dangereux de la saison. Le parc des Prince sera transformé en forteresse avec des centaines de CRS et de gardes mobiles, des centaines de « stadiers », des véhicules anti-émeutes, des murailles pour séparer les belligérants : une véritable vision de la fraternité du sport.

 Les forces de l’ordre deviendront peut être, un soir, supérieures au nombre de spectateurs. Ainsi, pour le choc PSG-OM de vendredi soir, pas moins de 1.100 fonctionnaires de police  seront réquisitionnés, en tenue ou en civil. Soit le double de l’an passé, pour la même confrontation...
 

PREVOIR … CE QUI EST INEVITABLE


Les renseignements généraux, désormais plus préoccupés par les matchs de foot que les meetings politiques, craignent deux phénomènes explosifs. Ils auraient travaillé depuis plusieurs jours pour tenter de prévoir… ce qui paraît inévitable ! Leur première crainte a trait à la mobilisation secrète des « habitués » des affrontements violents. Au sein des groupes de supporters parisiens, on préparerait un accueil sans concession aux Phocéens. Une bande « commando », triée sur le volet parmi les plus excités, se prépare à chasser le Marseillais dès aujourd’hui en gare de Lyon. Dans les associations très proches des milieux d’extrême droite, on va tenter de pratiquer la technique de l’essaimage en sortant du Kop de Boulogne pour semer la panique dans d’autres lieux et casser du supporter phocéen.
Leur seconde inquiétude est liée au refus des responsables du PSG d’attribuer des billets aux… supporters Ultras marseillais. Ces derniers auraient contourné cette interdiction de vente et possèderaient plusieurs centaines de billets achetés sur le marché parallèle. Au lieu d’être visibles, repérables, « surveillables », « encadrables » ils profiteront de cette exclusion de fait pour se répartir dans tout le Parc. La pire des situations.
Hier, toute la journée, dans le secret, les services officiels auraient planché sur un schéma tactique. Pas celui des deux équipes en présence mais sur celui qui éviterait un affrontement sanglant et dévastateur dont on craint qu’il soit inévitable ! Ils ont prévu toutes les évolutions possibles, avant, pendant et après le match. Bientôt, on enverra les CRS à l’entraînement, tous les jours, pour permettre à 22 mecs de gagner sur un seul match ce que la compagnie entière ne gagne pas en un mois ! Mieux, on leur fait faire du sport pour qu’ils soient aptes à courir après un… hooligan !

9000 € D’AMENDE
Le pire, c’est que le racisme le plus abject s’est invité désormais autour des rectangles verts, en Italie, en Angleterre, en France et même en Espagne. L’autre soir je regardais la rencontre Réal Saragosse- Barcelone. Insulté, le brillant joueur camerounais Samuel Eto'o a souhaité quitter la pelouse, devant les propos et les gestes haineux des supporters adverses. Il a longtemps hésité, avant de contribuer aux buts victorieux de son club, ce qui n’a pas arrangé la folie ambiante, car il ne s'agissait pas que de quelques spectateurs, mais pratiquement de l'ensemble du stade. « J'ai décidé d'arrêter de jouer, car ils s'en sont pris à ma couleur de peau, a-t-il expliqué, mais je suis resté, parce que le boss m'a dit que la meilleure façon de les faire taire était de rester et de les battre. C'était la seule chose qui pouvait me faire changer d'avis."
La sanction… impitoyable est tombée sur le Réal Saragosse : une amende de 9.000 €, même pas la consommation en eau minérale d'un mois par le club,  par la Fédération espagnole de football pour ces incidents, mais Eto'o estime que les pénalités financières ne sont pas suffisantes. Il faut frapper plus fort. Cause toujours, tu m'intéresses. Qui songerait honnêtement à lui donner tort ?
Le seul endroit peu recommandable où il ne faut pas envoyer son enfant, actuellement, c’est un stade de Ligue 1 de football. Tout ce qu’il ne faut pas voir ou entendre du sport lui sera montré en exemple.
Un soir, au moment où partait l’autobus des gamins créonnais, auxquels on offrait un déplacement pour une rencontre de ces Girondins qu’ils vénèrent, je suis allé dilaoguer avec eux.

« Tu aimes aller voir les Girondins ? ai-je demandé à un gamin connu pour son caractère turbulent
- Oui ,
- Et pourquoi ?
- Je peux crier "enculé l’arbitre!" sans me faire engueuler ! ». J’en suis resté scotché.
Bientôt, il me dira simplement qu'il peut prendre toutes les drogues possibles et devenir célèbre, gagner beaucoup d'argent, pour n'être sansctionné que quand il sera trop tard!
Alors, pensez, le sport et son image dans tout cela !
Mais je déblogue…

Chronique publiée le 2 mars 2006
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : BLOG D'ETE ET VIE LOCALE
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /2006 07:17
 
Le développement durable a fait une entrée fracassante dans la gestion locale. Il est vrai qu’il faut réagir encore plus vite qu’on ne le pense tant la situation empire de jour en jour. La planète, dans sa globalité, étouffe, s’use, se débat mais meurt lentement sans affoler outre mesure la très grande majorité des gens qui la conduisent à sa perte. Chacune et chacun d’entre eux et donc forcément quasiment toutes et tous pensent que les efforts sont à effectuer par les autres mais qu’ils ne sauraient remettre en cause leur propre comportement. Chaque geste du quotidien (ouvrir un robinet, se déplacer vers l’école, choisir des produits ménagers, allumer un appareil ou un bouton électrique, trier ses papiers, sortir sa voiture du garage…) devient désormais un véritable acte citoyen. Le principal problème vient du fait que les consciences ne sont pas encore prêtes à le considérer comme tel, et un fossé se creuse sur la base de la dose de l’égoïsme coulant dans les veines des uns ou des autres.
Le message global a du mal à passer car les arguments ne mettent pas encore assez en évidence la responsabilité individuelle par rapport à un problème présenté comme lointain, ésotérique et destiné à des peuples oubliés. La trouée de la couche d’ozone, la fonte de la banquise, la déforestation en Amazonie, la pollution des rivières sibériennes, les fuites radio-actives de Tchernobyl, la dispersion des pollens OGM dans les grandes plaines américaines, l’avancée du Sahel n’empêchent pas  les Européens de dormir car il leur semble qu’ils n’ont pas de conséquences sur leur avenir proche. Tout homme se sent désormais invulnérable individuellement mais fragile collectivement, sans pour autant remettre en cause ses attitudes personnelles. Les cityens sont prêts à se mobiliser avec véhémence contre un grand contournement de Bordeaux, un centre de stockage de déchets ménagers, une antenne de téléphonie, un forage d’eau potable, sans se rendre compte que ce qu’ils vivent comme des atteintes à leur environnement ne sont que les conséquences d’attitudes collectives coupables.
Le développement de la planète n’a en effet, depuis des décennies, de durable que les atteintes qu’il lui cause. Axé sur le profit, il ne résiste pas à la pression de lobbies terriblement présents. Les rares accords mondiaux sont détournés, abandonnés ou parfois lentement, trop lentement, appliqués. Le fossé se creuse et risque de se transformer en abîme si par malheur la Chine et l’Inde manifeste le même dédain que les Etats Unis sur les conséquences de leur passage à la société de consommation.
CHANGEMENT RADICAL DES MENTALITES
On ne souligne pas assez que l’avenir passera par un changement radical des mentalités. Et dans ce secteur il y a encore 99 % du chemin à accomplir car la parcellisation des programmes conduit à en nier l’obligatoire transversalité. Ainsi il est vain d’imposer aux aménageurs des normes de construction dites Haute Qualité Environnementale (H.Q.E.) quand il n’y a pas sur le marché d’entreprises prêtes à les mettre en œuvre ou que leur nombre très restreint interdit la concurrence. Le système éducatif prend du temps à prendre le virage des énergies nouvelles et les ouvriers qualifiés manquent singulièrement dans ce domaine. Quand ils arriveront le retard sera probab lement déjà conséquent.
Comment inciter les gens à passer au solaire quand trop peu d’artisans ont le label nécessaire à l’installation des équipements ? Est-il utile de prôner le système du puits canadien quand peu de monde en connaît le principe ? Peut on continuer à inciter à acquérir des véhicules électriques quand on voit les frais induits de la moindre réparation ? Les maisons bois sont demandées mais les concepteurs fiables ne sont pas nombreux…et aucun " pavillonneur " n’en propose. Une bonne part de la mutation passera par une forte réorientation des formations initiales et continues. Les filières actuelles figées et standardisées ne préparent pas nécessairement à une révolution culturelle. L’avenir va vite pourtant dépendre de la vitesse à laquelle on saura répondre à ce défi.
LES CONSTRUCTEURS, LES EXPLOITANTS NE SE FORCENT PAS TROP
Par ailleurs le profit reposant sur la consommation ou même dans certains cas sur la surconsommation il est patent que les constructeurs, les exploitants ne se forcent pas trop pour mettre en œuvre des principes du développement durable. Il en va ainsi dans le domaine du pétrole, de l’eau ou de l’électricité. Chaque goutte, chaque m3, chaque Kw épargné constituent un manque à gagner défavorable aux actionnaires qui sont aussi quelques fois des consommateurs révoltés. Le chantage à l’emploi menace. Des filières entières sont en cause. Elles sont bien installées. Elles tiennent le marché. Elles maîtrisent la recherche. Elles constituent de gigantesques groupes de pression. Leur poids n’est pas apparent mais n’empêche qu’il s’exerce sur des chois essentiels.
L’Assemblée nationale après avoir examiné la motion de censure " courant clair " va, bizarrement poursuivre l’examen de la nouvelle loi sur l’eau. Le projet actuellement en débat est loin de faire l'unanimité. Un an après son adoption au Sénat, agriculteurs, écologistes et consommateurs s'affrontent sur le principe du "pollue ur-payeur". Ce dispositif a été écarté du texte présenté la semaine dernière par la ministre de l'Ecologie Nelly Olin. Le projet dont l'objectif est de parvenir à "un bon état écologique" de l'eau d'ici 2015 doit être voté le 30 mai par les députés. On verra quels sont les élus de la majorité UMP actuelle qui appliqueront ce principe sur un problème concret qui est au cœur des préoccupations planétaires.
Dix ans de tergiversations pour aboutir à la version finale du texte et deux ans de débats publics n'ont pas suffi à concilier les positions des protagonistes, ni sur le prix de l'eau ni sur la répartition des taxes ou les moyens de réduire les pollutions. Seul point de consensus: la nécessité de réaliser des économies d'eau en France après trois années de sécheresse consécutives. Pour le reste aucun consensus n’est en vue.
Mais l'enjeu pour les associations de défense des consommateurs ne se limite pas au seul retour à un "bon état écologique", conformément à une directive européenne datant d'octobre 2000. La facture a en effet plus que doublé en quinze ans et varie du simple au double selon les départements.
Une étude de l'Institut français de l'environnement menée entre 1998 et 2001 montre que le coût de l'eau a progressé en moyenne en France de 8% entre 1998 et 2001 en raison essentiellement du coût de l'assainissement des eaux polluées.
PRIX ABUSIFS, PAYSANS MÉNAGÉS
Côté qualité, des experts du Muséum d'Histoire naturelle jugent "inquiétant" l'état sanitaire de 50% à 75% des eaux françaises. Seules 25% parviendront à un "bon état" écologique en 2015, estiment-ils. La Bretagne, importante région agricole, est dans la ligne de mire. En 2004, la pollution de ses eaux par les nitrates avait valu à la France d'être condamnée par la Cour de justice européenne pour non-respect de la directive sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
Les pesticides, les herbicides et les engrais sont directement incriminés. Le projet de loi prévoit de taxer les gros pollueurs comme les agriculteurs, préconisant un classement de leurs produits en catégories "dangereux" et "très dangereux". Ils seront taxés à hauteur de 1,2 € à 3 € par kilo. Insuffisant, répondent écologistes et consommateurs qui réclament l'application du principe "pollueur-payeur" et dénoncent un texte qui ménage les paysans au détriment des particuliers. En effet en période estivale, les agriculteurs utilisent 79% de l'eau consommée en France contre 10% pour les particuliers. Or, le budget des agences de traitement de l'eau est financé à hauteur de 85% par les particuliers contre 1% pour les agriculteurs et 15% pour les industriels.
Le projet de loi propose de relever la part des paysans à 4%, un niveau jugé insuffisant par l'UFC qui se demande si "les consommateurs vont continuer à payer pour dépolluer une eau essentiellement souillée par les autres".
Dans le concert de protestations du monde paysan, seule la Confédération paysanne prône "la mise en place de redevances selon le principe "pollueur-payeur", de façon proportionnée".
Le développement durable est bien loin de ce débat essentiellement économique. Il durera probablement beaucoup moins longtemps que celui lié aux économies d’eau car l’affaire paraît réglée d’avance. L’électorat des maïsiculteurs ou des céréaliers n’est pas prêt à accepter de payer pour une ressource qu’il considère comme sa propriété et inépuisable.
Mais je déblogue…
Ecrit et publié avec Reuters le 22 mai 2006
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : BLOG D'ETE ET VIE LOCALE
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Jeudi 27 juillet 2006 4 27 /07 /2006 07:17

Je vais, exceptionnellement, vous proposer un scénario de « politique… friction ». Je sais, vous n’allez pas y croire, car  tout ce qui donne un caractère irrationnel à l’avenir n’a aucun intérêt, à part distraire quelques instants aux tristes réalités. Vous conviendrez cependant que, quand Jules Vernes parle de voyage sur la Lune, d’exploration 20 000 lieues sous les mers, personne n’est convaincu qu’un jour la réalité dépassera ses rêves. Et pourtant…

La politique est moins enthousiasmante que l’aventure,  et j’aurai beaucoup de chance si vous ne m’abandonnez pas avant la fin du film que je me projette sur l’écran noir de mes nuits blanches. Tenez bon, si vous le pouvez, et cramponnez vous aux repères que je vais vous donner, afin de franchir sans trop de désespoir la ligne d’arrivée.

D’abord vous devez,, comme dans les grandes œuvres du répertoire, admettre l’unité de temps, de lieu et d’action, afin de vérifier que tout relève, dans les « classiques », du théâtre démocratique.

Cette saga des temps modernes se déroule donc durant les prochains douze mois, en France, et pour les élections présidentielles. Tous les éléments sont réunis pour que les actes successifs tiennent les spectatrices et spectateurs potentiels en haleine, sur fond de petits assassinats entre amis…et d’une intrigue savamment ficelée !

ACTE 1 : Jacques Chirac, retrouvant ses esprits, sait ce qu’il doit à Alain Juppé. Il faut absolument redonner sa place sur le devant de la scène à celui qui a expié sa faute en sirotant du sucre d’érable par des températures à ne pas mettre « le meilleur d’entre nous » dehors. C’est donc, depuis plusieurs mois, une priorité pour une cellule spécialisée, depuis que l’inéligibilité de l’ex-maire de Bordeaux a été réduite à un an. Elle a travaillé sur les détails de son retour vers les sommets de l’Etat. Partant du principe qu’il fallait démontrer qu’Alain Juppé, sanctionné par les juges, avait conservé la confiance des « gens d’en bas », les conseillers en communication ont inventé les étapes successives de son « come back », après que l’on ait épluché le code électoral.

Impossible, dans le cadre du calendrier « normal », de préparer cette remontée à la surface, indispensable pour contrer le Roquet de Neuilly, puisque aucune élection partielle n’est « organisable » moins d’un an avant l’échéance normale d’un mandat.

Il devenait donc indispensable, pour un retour au Palais Bourbon, que l’une de deux circonscriptions bordelaises soit libérée et pourvue avant le 18 juin 2006. C’était le plus facile…car on était dans les temps.

C’était en revanche plus compliqué pour revenir au Palais Rohan (Maire) car l’échéance était au… 18 mars 2006 sur les bases d’une durée constante du mandat ! Vous avez suivi ? Oui. Alors écoutez la suite !

ACTE 2  : L’Elysée fait monter au créneau des élus réclamant le report d’un an des municipales pour cause de surplus de scrutins en 2007, alors que Sarkozy s’affirme haut et fort hostile à cette idée… On chosit donc d’aller présenter le nouveau calendrier au Sénat !I

Sarkozy ne peut rien, car les Sénateurs, ne lui devant rien et étant ravis de l’aubaine qui consiste à allonger leur bail avec le Palais du Luxembourg d’un an (2008), se prononcent aisément en faveur de cette idée. Les Députés suivent… Le tour est joué : la date limite pour des municipales partielles est repoussée au… 18 mars 2007. On verra bien après ce que l’on fera !

Dans l’immédiat, le stratagème est en place : la voie royale du retour s’élargit. Alain Juppé pourra désormais revenir sur scène en deux temps pour médiatiser son retour dans le cœur du peuple.  On jouera paisiblement sur ces opportunités pour replacer dans la course l’ancien Premier Ministre : élection législative partielle en juin 2006 et élections municipales intégrales à Bordeaux, après démission collective à l’automne de la même année (octobre ?).

Plus rien ne s’y opposer légalement d’autant qu’Alain Juppé a le choix du temps, du lieu et de l’action pour écrire triomphalement une nouvelle page de son roman d’amour avec la capitale du Duché d’Aquitaine, à laquelle il avait lancé un « adichats » plein d’espoir ! Il suffit d’utiliser les fenêtres de tir ouvertes par la loi.

ACTE 3 : L’opération est parfaitement montée, car elle tient compte du contexte. En allant sur la circonscription « Le Bouscat Bordeaux Nord » la victoire sera plus aisée que sur celle de « Bordeaux Centre ». Une occasion lui sera en effet offerte de démontrer à la fois son respect pour Hugues Martin qui a gardé la place au chaud à la Mairie (ce dernier restera député) et l’adhésion que suscite son retour. Cette victoire prévisible servira de base au coup de théâtre indispensable : des municipales à Bordeaux en 2006 !

D’une part, en provoquant ce type d’élection un peu plus d’un an avant l’échéance modifiée, Alain Juppé peut  espérer faire mieux que les…50,96 % du 11 mars 2001 (un sondage discret le prouve) qui, dans le fond, n’étaient pas si intéressants que cela pour le nombre de délégués à la Communauté Urbaine de Bordeaux. D’autre part, Gilles Savary, le rival socialiste potentiel a levé le camp… et ses 20 %, qui constituaient, pour un premier tour, une performance honorable, avaient sauvé les meubles de la Gauche  !

S’il arrivait à 60 %, face à une liste hétéroclite et mal préparée, Alain Juppé pourrait redistribuer les sièges communautaires et… placer, quelques mois avant les « vraies » municipales, Alain Rousset dans une situation intenable à la CUB (la perte de Saint Aubin Médoc et de 2 conseillers bordelais de droite supplémentaires le mettraient en minorité !). Ce serait le troisième fleuron du retour au bercail !

ACTE 4 : Pour l’ensemble de son œuvre, Alain Juppé retrouverait alors une cote de popularité conforme au rôle que veut lui voir jouer Chirac face au Roquet de Neuilly. Au sein de l’UMP d’abord, et ensuite dans la campagne présidentielle en préparation. Si, par hasard, Sarkozy prenait le large (on pressent qu’il le fera à la rentrée) pour voguer en solitaire, le Ministère de l’Intérieur irait comme un gant au fidèle des fidèles…dans une période critique.

La suppléante du « re-nouveau » député de Bordeaux (Chantal Bourragué ?) retrouverait alors le Palais Bourbon, perdu de vue quelques semaines…ce qui la consolerait de son sacrifice. Le scénario serait parfait.

Sarko aurait face à lui le « candidat aux deux têtes » : celle de « beau gosse » de De Villepin et celle « énarchqiue » de Juppé ! Le coup du dédoublement deviendrait imparable, et Droopy  pourrait savourer un sens tactique lui ayant permis de tirer un véritable feu d’artifice de fin de règne.

ACTE 5 : Droopy pourrait même s’offrir un ultime pied de nez  : démissionner, pour raison de santé, avant la fin de son mandat pour coincer des Socialistes incapables de désigner leur candidat avant… novembre 2006. Un moment d’habileté suprême car, alors, le seul recours de la bande à Hollande serait d’en appeler, toutes rivalités cessantes, à Yoyo, présenté comme le Sauveur ! J’entends d’ici les arguments en faveur d’un duo de choc : Jospin (Président)-Royal (Première Ministre) susceptible de clouer au sol Lang, Strauss Kahn et… Fabius pris de court par un calendrier désastreux. Une véritable tragédie…de « politique friction » heureusement totalement imaginaire. D'ailleurs cette hypothèse est désormais sans fondement.

Mais, vous le savez bien, vous qui êtes des lectrices ou des lecteurs fidèles, : je déblogue

 

Chronique publiée le 1° février 2006

Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : BLOG D'ETE ET VIE LOCALE
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Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /2006 07:17
Les hasards des passions font que je suis, actuellement, face à un énorme pensum à lire. Il constitue l’ouvrage de référence sur l’affaire Dreyfus. Fait de textes courts, précis, extrêmement documentés, ce « dictionnaire » écrit sous la direction de Michel Drouin, malheureusement trop volumineux pour être « populaire », devrait c onstituer, un siècle après la réhabilitation définitive du capitaine le plus célèbre de l’Histoire de France, (ce fut le 12 juillet 1906), une référence pour l’analyse des événements actuels. Il contient et illustre, en effet, deux vices redoutables de notre société réputée républicaine : l’erreur judiciaire et l’antisémitisme. Or, il se trouve que, depuis des semaines, toute l’actualité tourne autour de ces tristes réalités. Au fil des pages, je frémis en suivant, avec une précision scientifique, l’évolution d’un dossier beaucoup plus révélateur qu’on ne le croit de la réalité hexagonale passée et… actuelle.
L’acharnement terrible mis pas des accusateurs, des procureurs, des juges, des hommes politiques, pour faire condamner un innocent et, plus encore, pour ne pas reconnaître ensuite leur erreur, n’est pas sans rappeler des facettes de l’affaire d’Outreau. Le déchaînement autour des juifs, au début d’un XX° siècle du progrès, confinait au nazisme rampant. Le dramatique fait divers ayant frappé Ilan Halimi a surgi dans notre quotidien pour rappeler que, ce que Brecht appelait « la bête immonde », demeure une menace pour l’humanité. La conjugaison de ces deux événements me plonge dans la plus grande perplexité, car elle témoigne du recul indéniable de la raison, de la culture, de l’éducation réelle, et de la tolérance.

IMPITOYABLE CUREE MEDIATIQUE
 Quand je parcours l’horrible séquence de quasiment 12 ans de la vie d’Alfred Dreyfus, j’ai envie de dénoncer encore plus fort, avec plus de véhémence, les ravages de « l’opinion dominante », tant elle a joué un rôle prépondérant dans son calvaire. Cette impitoyable curée médiatique pour d’abord dénoncer, ensuite avilir, et enfin détruire un homme aura constitué la pire des tortures. Quelle souffrance a dû endurer Dreyfus ! ,
Notre société a pourtant renforcé, décuplé, ces pratiques d’acharnement sur des coupables susceptibles d’exorciser les démons silencieux que porte une société durant un laps de temps déterminé. Même s’il n’y avait pas encore le choc des images, il y avait le poids extrême des mots. Des assommoirs !
Comment des journalistes ont-ils pu, chaque matin, se regarder dans une glace, après avoir écrit, le lendemain de la dégradation d’un Capitaine innocent, affrontant ses bourreaux avec un stoïcisme remarquable, les commentaires suivants : « Son attitude à la parade d’exécution achève de le condamner selon moi. Pour s’être prêté aussi docilement, aussi passivement, à un pareil supplice, cet homme ne doit avoir aucune sensibilité morale. Pas un geste de révolte, pas un cri d’horreur, pas une larme, pas un murmure. C’est vrai qu’il a plusieurs fois protesté de son innocence, mais toutes ces protestations sonnaient faux. On n"y sentait aucune chaleur humaine. On aurait dit la voix d’un automate… » écrivit par exemple Marcel Paléologue dans un « Journal de l’affaire Dreyfus ».
« Le voici devant moi à l’instantanée du passage, l’œil sec, le regard perdu vers le passé, sans doute, puisque l’avenir est mort avec l’honneur. Il n’a plus d’âge. Il n’a plus de nom. Il n’a plus de teint. Il est couleur traître. Sa face est terreuse, aplatie et basse, sans apparence de remords, étrangère à coup sûr, épave de ghetto… ». ajouta Léon Daudet dans Le Figaro. « Quand il s’avança vers nous, le képi enfoncé sur le front, le lorgnon sur son nez ethnique, l’œil furieux et sec, toute la face dure et qui bravait, il s’écria, que dis-je ? il ordonna d’une voix insupportable : « Vous direz à la France entière que je suis innocent ! » « Judas, traître ! » ce fut une tempête… »  éructa Maurice Barrés dans Le Figaro. On sait où finirent Léon Daudet et Maurice Barrés sur l’échiquier politique ! Ils ne furent jamais condamnés pour leurs propos atroces, pour leur haine purulente, pour leurs accusations honteuses.

OBSERVATION HUMILIANTE

Actuellement, la justice s’ébroue et se débat afin d’échapper à l’observation humiliante que lui inflige le monde politique, celui qu’elle haït plus que tout. Il dissèque publiquement les dysfonctionnements d’une entité inattaquable. La justice, comme toutes les institutions, a toujours eu horreur que l’on mette en doute la moralité, la fiabilité des siens, car ce serait introduire le doute sur sa qualité collective, conduisant les citoyens à perdre leurs illusions sur l’équité du système judiciaire. Et, par les temps qui courent, les j uges , confrontés à une « exigence de résultats », n’ont pas besoin de tels révélateurs, au surplus télévisés, pour en arriver là ! Le monde à l’envers : les stylos, les micros, les caméras, les claviers se tournent vers les juges et non vers les accusés potentiels. Pas facile de passer du rôle d’observateur à celui d’observé !
Dreyfus, malgré toutes ses dénégations, malgré l’absence de preuves « sincères », malgré toutes les manquements à la rigueur dans l’investigation a sans cesse eu, face à lui, une machine collective à broyer. La commission d’enquête parlementaire, censée porter le regard du Peuple sur le fonctionnement d’un pouvoir garant de sa liberté, ne semble pas intéressée par le rôle joué par les médias dans l’affaire d’Outreau. Elle n’a pas prévu d’auditionner les auteurs des « fuites », les relayeurs de rumeurs, les « juges » de la plume, du micro, de la caméra ou du clavier. Elle ne semble pas s’inquiéter de ces connections entre justice et presse, dont on sait désormais l’effet dévastateur. Dreyfus en fut la victime exemplaire. Il n’y a plus de Zola pour sauver l’honneur !

UNE COALITION CONTRE NATURE

Pris en otage par une hiérarchie ravie de se construire des certitudes sur sa loyauté et son patriotisme, le Capitaine, condamné à croupir sur l’Ile du Diable, aura été la victime expiatoire de cet antisémitisme rampant dans la société française. Indubitablement il est toujours là, il rôde, il se reconstitue, en réaction à un autre racisme. L’extrême droite organise quelques dérapages, de temps en temps, pour entretenir la flamme des ses troupes nostalgiques. Le négationnisme sert de socle aux attaques ciblées. Mais maintenant, les antisémites historiques ont reçu en renfort les intégristes, constituant ainsi progressivement une coalition contre nature. Les profanateurs de cimetières juifs rejoignent les lanceurs de cocktails Molotov sur les synagogues, dans une haine sommaire dont les « Barbares » auront été les ignobles disciples. Ils cultivent une haine commune, tout en étant férocement opposés.
D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui rejoignent d’ailleurs ceux du CRIF, on avait pourtant constaté une baisse des actes antisémites en France. En effet, on comptabilisait en 2004, 974 actes antisémites, tandis qu’en 2005 on n'en a recensé que 504, soit moins de 48%. Pour près de 50 % des actes antisémites, les  auteurs restent inconnus, et dans 42 % des cas, ils «se rattachent à une problématique  proche orientale », selon la terminologie des Renseignements Généraux. Dans les cas de menaces, 36 % des auteurs connus sont proches de l'extrême droite.
L’atroce mort d’Ilan Halimi ne plaide plus pour la sérénité… La justice devra être à la hauteur ! La presse aussi !
Mais je déblogue…
Chronique publiée le 22 février 2006
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : BLOG D'ETE ET VIE LOCALE
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Mardi 25 juillet 2006 2 25 /07 /2006 00:17
 
Plus personne ne veut être " vieux ". " Agé(e) " c’est tout juste, alors vieux, vieille ou vieillard c’est impensable. Nous sommes partis sur le concept inimaginable de l’immortalité potentielle. Tout le progrès a été axé sur ce souci qui hante les esprits du plus grand nombre : quitter ce monde le plus tard possible et considérer que la mort est l’affaire des autres.
Je suis frappé, par exemple, quan d j’observe la lecture qu’ont certaines personnes des carnets d’obsèques de Sud-Ouest. Selon leur ancienneté dans l’exercice, ils repèrent le plus vite possible la localité et les noms, avant de chercher l’âge du défunt. Et là, quand ils constatent qu’il s’agit d’un septuagénaire, la réflexion vient inévitablement : " le pauvre, il était encore jeune ! ". Et plus le temps avance, et plus le constat désolé s’applique à des gens ayant dépassé les trois-quarts de siècle. Bientôt les octogénaires seront considérés comme des victimes de ce mal irrémédiable qu’est la mort. Certes on sait que la longévité augmente, et qu'en un siècle elle a fait un bond considérable, mais elle semble ne plus avoir de limites !

CHANGEMENT DE CAP POUR LES ESPERANCES
Ainsi, en France, l'espérance de vie des hommes ayant déjà atteint 70 ans, avait constamment oscillé entre 7 et 9 ans supplémentaires du début du XIX° siècle à la seconde guerre mondiale. Elle avait dépassé 13 ans en 1997. Chez les femmes, le progrès a démarré un peu plus tôt, entre les deux guerres, et l'on est passé d'un niveau jusqu'alors à peu près constant de 8 à 10 ans à près de 17 aujourd'hui. On note le même changement de cap pour les espérances de vie à 80 et 90 ans, et si les progrès récents paraissent moins rapides à ces âges qu'à 70 ans, c'est seulement en raison de l'échelle du graphique arithmétique. En effet, les gains relatifs sont tout aussi importants : un progrès de plus de 60 % chez les hommes et un quasi doublement chez les femmes.
Les cas d'extrême longévité ont toujours fasciné. Ainsi d'après la Bible, le premier homme, Adam, aurait vécu… 930 ans et d'autres après lui auraient fait encore mieux, tels Hénoch mort à 965 ans ou le champion des champions, Mathusalem, avec ses 969 ans ! Si un jour quelqu’un vous dit que vous datez de Mathusalem, méfiez-vous, c’est quasiment une insulte. Tout cela n'est bien évidemment que légendes. La Bible est pleine d'images épiques, et de l'âge des patriarches, comme si elle devait vendre, avant le paradis, la longévité terrestre. Pour les jeunots arrivés après le déluge, les estimations sont d'ailleurs beaucoup plus " modestes " : 275 ans pour Abraham, 180 pour Isaac, 147 pour Jacob, 110 pour Joseph... Ce qui rapproche évidemment des espoirs actuels.
À une époque plus récente, les centenaires du Caucase ou ceux de quelques vallées andines ont défrayé la chronique, sans parler des centenaires de la Géorgie américaine. Si ces cas ont pu paraître, un temps, plus vraisemblables, on sait aujourd'hui qu'ils ne correspondaient à aucune réalité, car il ne s’agissait que d’interprétations " civilisées " de rythmes vitaux totalement imprécis.

UN PATRIMOINE GENETIQUE SPECIFIQUE
Ce sont là, en fait, trois références d'un phénomène très classique : dans beaucoup de sociétés, les vieillards inspirent déférence et respect et, lorsque l'état civil des individus n'est pas solidement établi, les âges déclarés pour les très vieux sont la plupart du temps surestimés. Il suffit alors qu'une argumentation spécifique, dénichée par un spécialiste, rende la chose plausible (comme, par exemple, les effets de la vie en haute montagne ou de la consommation de produits naturels, quand ce n'est pas l'hypothèse d'un patrimoine génétique spécifique à une population isolée) pour que naisse une légende...
On cherche désespérément à se raccrocher à des éléments réputés scientifiques. La nourriture arrive en premier. Le yaourt a tenu la route. L’oignon cru a été loué. L’huile d’olive est devenue le nec plus ultra et l’on murmure que dans quelques décennies il sera possible de faire fortune avec des oliveraies sophistiquées classées " grand cru " dont on vendra les " premières pressions " à prix d’or. On parle des huiles de poisson. On cherche… on cherche…on invente… de telle manière que le consommateur rêvant d’éternité vivante, et non pas potentielle, trouve les produits de l’espoir.
Dans cette aventure, les femmes distancent de très loin les hommes. Les effets cumulés de la surmortalité de ces derniers, à tous les âges de la vie, conduisent en effet à un extraordinaire déséquilibre entre les sexes : après 100 ans, il ne reste plus qu'un homme pour sept femmes. En fait, cette proportion change très vite aux très grands âges : elle est encore d'un homme pour quatre femmes à 95 ans, mais n'est plus que d'un homme pour dix femmes à 104 ans.

LE DESESPOIR DES QUADRAS
C’est probablement ce constat scientifique qui a provoqué le désespoir des " quadras " du Parti socialiste, probablement réunis pour un banquet " macro bio " dans un restaurant parisien. Ces ténors prometteurs de la vie politique française ont vu venir le danger : les " vieux " ne semblent pas décidés à leur faire une place au soleil. Pire ils s’incrustent et prennent racines, démontrant que la valeur peut attendre le nombre des années. Et le pire, c’est que si les femmes s’installent, elles resteront fidèles au poste encore plus longtemps que les hommes ! Dramatique… Regardez un peu pour les Présidentielles qui s’annoncent en 2007 : Le Pen affichera 79 ans au compteur de sa haine ; Chirac aura 75 ans , Jospin atteindra les 70 ans et Arlette Laguiller, avec ses 67 printemps sera la benjamine des revenants… autant dire que l’avenir est devant elle.
Dans un article récent du Monde (5 février), la classe biberon socialiste se rebelle en mettant en avant le fait qu’ils deviennent les oubliés de la politique et que, parole de quadras, le P.S. le regrettera un jour. Brimés par les femmes qui piquent 50 % des places au moment où leurs ambitions peuvent éclore, doublés par les éléments les plus prometteurs de la seconde ou troisième génération de l’immigration, écartés par les papis flingueurs des courants ils sentent le pouvoir leur échapper. Il ne leur reste plus beaucoup d’espace de progression, et il leur faut nécessairement pousser vers la sortie les nantis de l’âge.
Le seul problème c’est que ces critiques liées au poids des ans et à l’excès d’expérience en politique les fâchent avec l’électorat des retraités qui n’aime guère que l’on dévalorise ses égaux dans la vieillesse. Jospin en a fait les frais en se lâchant sur l’âge de son rival aux présidentielles. Les " seniors " (ont ne dit surtout plus les vieux) ont la rancune tenace quand on leur demande hâtivement de débarrasser le plancher..
Au fait j’ai 59 ans aujourd’hui… Poussez pas !.. Poussez pas ! Poussez pas!.. Il y aura de la place pour tout le monde !
Mais je déblogue…
Chronique publiée le 17 février 2006
Par Jean-Marie DARMIAN - Publié dans : BLOG D'ETE ET VIE LOCALE
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Lundi 24 juillet 2006 1 24 /07 /2006 00:17

La rumeur parcourt les rédactions espagnoles. Elle d onne lieu à une forte rivalité entre les supports médiatiques car elle est d’importance. Elle dépasse toutes les autres facettes exceptionnelles de l’actualité nationale ou internationale. L’Espagne, et par ricochet la France, est plongée dans la plus grande perplexité. Le problème c’est que l’info exclusive diffusée par la radio espagnole " Cadena Ser " attendra mercredi pour être confirmée ou infirmée. En effet, c’est ce jour là que, lors d’une conférence de presse à laquelle des dizaines de micros et de caméras tenteront de sa faufiler, Zinedine Zidane scellera  le sort de sa carrière. La rumeur file plus vite que Ronaldo dans tout Madrid : notre Zizou désormais éclipsé par l’extraordinaire talent de Ronaldhino bouclerait son parcours professionnel  après la Coupe du Monde en Allemagne laissant le Real orphelin de son meneur de jeu. Il n'irait pas au bout de son contrat !

Comme toujours en pareille circonstance, une autre réalité, plus banale, moins fracassante, pourrait être en fait annoncée par le clan Zidane à cette occasion : l’évocation du film de Douglas Gordon, dont Zinédine est le héros et qui porte un titre déjà attirant : " Zidane, un portrait du XXI° siècle ". Cette œuvre de 90 minutes, réalisée le 23 avril 2005 lors du match Real-Villareal avec pas moins de 17 caméras, filmant Zinedine sous de multiples angles, devrait sortir le 24 mai, hors compétition, dans le… 59 ° festival de Cannes. Une ville dans laquelle il ne pouvait pas se douter un instant qu’il deviendrait, un jour,  la vedette d’une manifestation très éloignée de ses préoccupations. Ce projet dingue, monté par deux artistes contemporains connus, l'Ecossais Douglas Gordon et le Français Philippe Parreno a surtout consisté à convaincre Zidane de jouer... Zidane. Et quel rôle : il a marqué, a pris un carton rouge, joué le jeu mieux qu'espéré… On attend le résultat !

 IL A TOUJOURS VECU DE PASSION

Probablement que la vérité se situera, mercredi prochain, sur les deux tableaux : retraite et promotion. Une attitude qui correspondrait véritablement aux habitudes de l’entourage de celui qui laisse à son frère le soin de gérer toute sa carrière extra sportive. Lui, le gamin de " La Castellane " à Marseille, n’a jamais été un homme d’affaires avisé et sa fortune lui est totalement méconnue. Il a jusqu’à présent surtout vécu de passion pour ce ballon qu’il est l’un des rares au monde à pouvoir dominer avec une désarmante facilité.

En 1992, Zidane est recruté par Rolland Courbis (on peut penser ce que l’on veut de Courbis mais il a le foot dans le sang) pour le compte des Girondins de Bordeaux. C’est durant cette période que j’ai pu le côtoyer, sans pouvoir honnêtement écrire, aujourd'hui,  que j’ai beaucoup échangé ou partagé avec lui. D’abord parce qu’il était d’une avarice de mots et d’une retenue maladives avec la presse. Ensuite, il était fort difficile d’entrer dans le triangle bordelais " Duga-Liza-Zizou ", compact et d’une solidarité à toute épreuve. Il en était médiatiquement le maillon faible, et donc les deux autres le protégeaient avec vigilance. Enfin, le privilège de l’interroger revenait aux professionnels les plus chevronnés du service des Sports de Sud Ouest. Pourtant, j’ai une anecdote le concernant qui m’a marqué à un double titre.

J’avais toujours rêvé, en tant que journaliste, de suivre et d’écrire sur un match de l’équipe de France de football qui n’était pas encore devenue celle des " Bleus". Or, le hasard fait que le 17 août 1994 se déroule, à Bordeaux, la rencontre France-Tchéquie. Avec un immense plaisir, je suis " sélectionné " pour participer au groupe qui suivra cette rencontre, et je suis chargé du papier sur les jeux et les joueurs. Personne n’est sûrement plus heureux que moi… de travailler ce soir-là.

J’ai déjà eu le privilège d’entrer à La Réserve de Pessac, où logeaient les internationaux. Pour moi, ancien joueur passionné, questionner Aimé Jacquet que je retrouvais après sa période faste aux Girondins,  plaisanter avec des vedettes en devenir, écrire sur leurs états d’âme était un vrai plaisir.Jétais heureux, car cela représentait le nec plus ultra du journalisme.

MON PAPIER EN SERA PLUS VITE BOUCLE

Le soir,  sur mon bloc, je me lance consciencieusement dans mon papier, afin de remplir mon contrat dans les délais. Pas grand chose à se mettre sous la plume, car la déroute menace quand les Tchèques inscrivent à la 45° minute leur… second but. La France hoquète et ne parvient pas à donner un espoir de redressement. Mon papier en sera plus vite bouclé. D’ailleurs, pour ne pas retarder la sortie des premières éditions, je le téléphone aux sténos dans un vacarme critique de plus en plus exigeant. Le boulot est terminé. Zinédine Zidane est entré sur la pelouse (63° minute) pour obtenir sa première sélection, qui l’empêchera d’aller un jour vers la sélection algérienne. Jacquet assure l'avenir sans le savoir véritablement, car, il faut le dire, il ne pressent pas le rôle qu'aura Zidane.

Rien de bien sensationnel jusqu’à ce que le novice place une frappe terrible des 25 mètres dans les cages situées devant un virage sud qui exulte. Il a remplacé Martins et permet au moins de justifier la confiance de Jacquet… Je ne vais tout de même pas rappeler le journal pour changer mon article ? Sauf que le bougre expédie deux minutes plus tard une reprise victorieuse de la tête dans les mêmes filets. Deux buts en deux minutes ! Un  exploit qui soulève ce qui n’était encore que le Parc Lescure et va, deux ans plus tard, installer définitivement Zidane au poste de meneur de jeu des Bleus.

SANS SE POSER DE QUESTIONS METAPHYSIQUES

Je reprends vite mon stylo bille et le téléphone,  pour ajouter quelques lignes sur la prouesse d’un joueur, encore plus inquiet qu'à l'habitude, lors des retrouvailles dans le paddock avec le presse, avide de tout savoir sur ce qu’il est incapable de dire… Zidane est simplement heureux. Il ne sortira rien d’autre,  car chez lui, à cette époque-là,  il n’y a aucun calcul, aucune roublardise, aucune exploitation. Il ne saura rien expliquer de ce qu’il avait accompli spontanément, naturellement, honnêtement, sans se poser de questions métaphysiques ou tactiques. En ce qui le concerne, ce soir là, il est plus terrorisé par les retombées de son doublé que satisfait.

Je le revois avec son regard de cocker triste, éclairé par un zeste de sourire gêné, dans l’eau froide de sa timidité profonde. J’ai découvert alors, progressivement, que son royaume se limitait à un rectangle plus ou moins vert, et que dès qu’il en franchissait les frontières géométriques blanches, il devenait maladroit, introverti, et peureux.

Chaque fois qu’ensuite j’ai croisé sa route, sous le maillot des Girondins, j’ai toujours eu en mémoire cette soirée qui lui avait apporté la notoriété et qui, à moi, m’avait permis de partager un moment exceptionnel. Rencontre fortuite de deux passions qui ne grandiront pas, bien évidemment, de la même manière. Jamais je ne l'ai entendu se plaindre. Jamais je ne l'ai vu défendre quelqu'un d'autre que son copain Duga, qui lui doit toute sa carrière internationale. Je ne l'ai jamais senti soucieux de devenir le symbole de l'intégration.

LE SOL DES MESQUINERIES HUMAINES

Evidemment, je ne sais pas encore ce qu’annoncera Zidane mercredi. Je suis seulement certain que s'il arrête, celui qui  aura le mieux parlé de lui n’est autre que… Charles Baudelaire, dont la passion pour le sport n’existait pas. Oui. Charles Baudelaire, car il a génialement transcrit cette opposition extraordinaire entre le poète merveilleux qui nous régale de ses arabesques imprévues et l'homme sans inspiration qui se retrouve tellement gauche sur le sol des mesquineries humaines.

Zidane, toi qui ne fut jamais mon ami, mon complice, si je prononçais le discours de ton départ en retraite je me contenterais donc de te lire ceci :

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Toute sa carrière s’y retrouve. L’enchantement d’un instant permet toujours de supporter les désillusions qui suivent. Je crains beaucoup pour lui quand il quittera le lieu vert de sa seule passion. Seuls celles et ceux qui n’ont jamais eu l’âme d’un poète des stades peuvent le comprendre. Et, par les temps qui courent ils sont rares, très rares. Trop rares!

Mais je déblogue… 

 

 

 Chronique publiée le 22 avril 2006 

Par Jean-Marie Darmian - Publié dans : BLOG D'ETE ET VIE LOCALE
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