MAIS JE DEBLOGUE...
"L'opinion dominante c'est comme une vapeur qu'on respire.
C'est une intoxication indolore".
J. C. Guillebaud
Responsable de la Publication : jmdarmian@club-internet.fr
raciste autour des pelouses, violence exacerbée sans aucun rapport avec les enjeux sportifs : les dérives deviennent tellement préoccupantes que le Roquet de Neuilly, à l’affût de tout ce qui peut le rendre populaire, s’en est emparé. Lui qui pédale, lors de ses vacances à La Teste de Buch, est un expert en matière de hooligans et, il l’a affirmé, il va Karchériser, dans le monde du ballon rond, le Kop de Boulogne au Parc des Princes et ailleurs. Il est vrai que, s’il attend que les clubs et la Ligue Nationale de Football fassent le ménage, il lui faudra au moins un ou deux morts. On ne chassera pas, en effet, les « clients abonnés » car ce serait se priver d’un revenu substantiel et, plus encore, générer la menace de voir CANAL +, extrêmement discret sur le sujet, diffuser des matchs de "haut niveau" devant des travées vides. Il a bien fallu attendre que quelques cyclistes ou athlètes meurent sur le bord d’une route pour que la lutte anti-dopage bouge un peu. La chute du nombre des licenciés chez les 14-18 ans constatée dans toutes les disciplines va détruire la pyramide sportive mais on continuera à pratiquer des spécialisations précoces destructrices de la motivation durable. Et tout est ainsi. la planète du sports ne tourne plus rond !
La récente mise à sac d’un relais d’autoroute a légèrement ému les responsables du PSG Lors d'une conférence de presse, son président Pierre Blayau a une nouvelle fois dénoncé l'attitude absurde d'une partie des supporters parisiens qui se sont violemment affrontés lors du déplacement du PSG à Nantes, samedi, en championnat, occasionnant… le seul score positif de la soirée : 5 blessés et 22 interpellations. "Je voudrais présenter mon indignation et ma consternation devant ces actes d'une extrême gravité, qui ne sont pas le fait de vrais supporters du club (sic) mais qui relèvent de délinquants de droit commun", a déclaré le président de la formation parisienne. Ajoutant que le PSG "est pris en otage de cela", Blayau a tenu à présenter ses excuses aux victimes de ces pseudo supporters. Tout en réaffirmant que le club et les pouvoirs publics "continuent de lutter" contre ces débordements, Sarko a donc été contacté !
Blayau en attendant le sauveur Sarko et sa loi de Karchérisation a tenu à hausser le ton à moins d'une semaine de la réception de l'OM au Parc des Princes dont on sait qu’il constitue le moment le plus dangereux de la saison. Le parc des Prince sera transformé en forteresse avec des centaines de CRS et de gardes mobiles, des centaines de « stadiers », des véhicules anti-émeutes, des murailles pour séparer les belligérants : une véritable vision de la fraternité du sport.
Les forces de l’ordre deviendront peut être un soir supérieurs au nombre de spectateurs Ainsi pour le choc PSG-OM de vendredi soir pas moins de 1.100 fonctionnaires de police seront réquisitionnés, en tenue ou en civil. Soit le double de l’an passé, pour la même confrontation...
Les renseignements généraux désormais plus préoccupés par les matchs de foot que les meetings politiques, craignent deux phénomènes explosifs. Ils auraient travaillé depuis plusieurs jours pour tenter de prévoir… ce qui paraît inévitable ! Leur première crainte a trait à la mobilisation secrète des « habitués » des affrontements violents. Au sein des groupes de supporters parisiens, on préparerait un accueil sans concession des Phocéens. Une bande « commando » triée sur le volet parmi les plus excités se prépare à chasser le Marseillais dès aujourd’hui en gare de Lyon. Dans les associations très proches des milieux d’extrême droite on va tenter de pratiquer la technique de l’essaimage en sortant du Kop de Boulogne pour semer la panique dans d’autres lieux et casser du supporter phocéen.
Leur seconde inquiétude est liée au refus des responsables du PSG d’attribuer des billets aux… supporters Ultras marseillais. Ces derniers auraient contourné cette interdiction de vente et possèderaient plusieurs centaines de billets achetées sur le marché parallèle. Au lieu d’être visibles, repérables, « surveillables », « encadrables » ils profiteront de cette exclusion de fait pour se répartir dans tout le Parc. La pire des situations.
Hier toute la journée, dans le secret, les services officiels auraient planché sur un schéma tactique. Pas celui des deux équipes en présence mais sur celui qui éviterait un affrontement sanglant et dévastateur dont on craint qu’il soit inévitable ! Ils ont prévu toutes les évolutions possibles avant, pendant et après le match. Bientôt on enverra les CRS à l’entraînement, tous les jours, pour permettre à 22 mecs de gagner sur un seul match ce que la compagnie entière de ne gagne pas en un mois ! Mieux on leur faire du sport pour qu’ils soient aptes à courir après un… hooligan !
Le pire c’est que le racisme le plus abject s’est invité désormais autour des rectangles verts en Italie, en Angleterre, en France et même en Espagne. L’autre soir je regardais sur la rencontre Réal Saragosse- Barcelone. Insulté le brillant jouer camerounais Samuel Eto’o a souhaité quitter la pelouse devant les propos et les gestes haineux des supporters adverses. Il a longtemps hésité avant de contribuer aux buts victorieux de son club ce qui n’a pas arrangé la folie ambiante car il ne s'agissait pas que de quelques spectateurs mais pratiquement de l'ensemble du stade. « J'ai décidé d'arrêter de jouer car ils s'en sont pris à ma couleur de peau, a-t-il expliqué mais je suis resté parce que le boss m'a dit que la meilleure façon de les faire taire était de rester et de les battre. C'était la seule chose qui pouvait me faire changer d'avis."
La sanction… impitoyable est tombée sur le Réal Saragosse : une amende de 9.000 €, même pas la consommation en eau minérale d'un mois par le club, par la Fédération espagnole de football pour ces incidents, mais Eto'o estime que les pénalités financières ne sont pas suffisantes. Il faut frapper plus fort. Cause toujours tu m'intéresses. Qui songerait honnêtement à lui donner tort ?
Le seul endroit peu recommandable où il ne faut pas envoyer son enfant actuellement c’est un stade de Ligue 1 de football. Tout ce qu’il ne faut pas voir ou entendre du sport lui sera montré en exemple.
Un soir au moment où partait l’autobus des gamins créonnais auquel on offrait un déplacement pour une rencontre de ces Girondins qu’ils vénèrent je suis allé dilaoguer avec eux.
« Tu aimes aller voir les Girondins ? ai-je demandé à un gamin connu pour son caractère turbulent
- Oui ,
- Et pourquoi ?
- Je peux crier "enculé l’arbitre!" sans me faire engueuler ! ». J’en suis resté scotché.
Alors pensez le sport et son image dans tout cela !
Mais je déblogue…
Chronique publiée le 2 mars 2006
situation empire de jour en jour. La planète, dans sa globalité, étouffe, s’use, se débat mais meurt lentement sans affoler outre mesure la très grande majorité des gens qui la conduisent à sa perte. Chacune et chacun d’entre eux et donc forcément quasiment toutes et tous pensent que les efforts sont à effectuer par les autres mais qu’ils ne sauraient remettre en cause leur propre comportement. Chaque geste du quotidien (ouvrir un robinet, se déplacer vers l’école, choisir des produits ménagers, allumer un appareil ou un bouton électrique, trier ses papiers, sortir sa voiture du garage…) devient désormais un véritable acte citoyen. Le principal problème vient du fait que les consciences ne sont pas encore prêtes à le considérer comme tel et un fossé se creuse sur la base de la dose de l’égoïsme coulant dans les veines des uns ou des autres.
lement déjà conséquent.
ur-payeur". Ce dispositif a été écarté du texte présenté la semaine dernière par la ministre de l'Ecologie Nelly Olin. Le projet dont l'objectif est de parvenir à "un bon état écologique" de l'eau d'ici 2015 doit être voté le 30 mai par les députés. On verra quels sont les élus de la majorité UMP actuelle qui appliqueront ce principe sur un problème concret qui est au cœur des préoccupations planétaires.Je vais, exceptionnellement, vous proposer un scénario de « politique… friction ». Je sais, vous n’allez pas y croire car comme tout ce qui donne un caractère irrationnel à l’avenir n’a aucun intérêt à part distraire quelques instants aux tristes réalités. Vous conviendrez cependant que, quand Jules Vernes parle de voyage sur
La politique est moins enthousiasmante que l’aventure et j’ai beaucoup de chance que vous m’abandonniez avant la fin du film que je me projette sur l’écran noir de mes nuits blanches. Tenez bon, si vous le pouvez, et cramponnez vous, aux repères que je vais vous donner afin de franchir sans trop de désespoir la ligne d’arrivée.
D’abord vous devez, comme dans les grandes œuvres du répertoire, admettre l’unité de temps, de lieu et d’action afin de vérifier que tout relève, dans les « classiques », du théâtre démocratique.
Cette saga des temps modernes se déroule donc durant les prochains douze mois, en France et pour les élections présidentielles. Tous les éléments sont réunis pour que les actes successifs tiennent les spectatrices et spectateurs potentiels en haleine sur fond de petits assassinats entre amis…et d’une intrigue savamment ficelée !
ACTE 1 : Jacques Chirac, retrouvant ses esprits, sait ce qu’il doit à Alain Juppé. Il faut absolument redonner sa place sur le devant de la scène à celui qui a expié sa faute en sirotant du sucre d’érable par des températures à pas mettre « le meilleur d’entre nous » dehors. C’est donc, depuis plusieurs mois, une priorité pour une cellule spécialisée, depuis que l’inéligibilité de l’ex-maire de Bordeaux ait été réduite à un an. Elle a travaillé sur les détails de son retour vers les sommets de l’Etat. Partant du principe qu’il fallait démontrer qu’Alain Juppé, sanctionné par les juges, avait conservé la confiance des « gens d’en bas », les conseillers en communication ont inventé les étapes successives de son « come back » après que l’on ait épluché le code électoral.
Impossible, dans le cadre du calendrier « normal » de préparer cette remontée à la surface indispensable pour contrer le Roquet de Neuilly puisque aucune élection partielle n’est « organisable » moins d’un an avant l’échéance normale d’un mandat.
Il devenait donc indispensable, pour un retour au Palais Bourbon, que l’une de deux circonscriptions bordelaises soit libérée et pourvue avant le 18 juin 2006. C’était le plus facile…car on était dans les temps.
C’était en revanche plus compliqué pour revenir au Palais Rohan (Maire) car l’échéance était au… 18 mars 2006 sur les bases d’un durée constante du mandat ! Vous avez suivi ? Oui. Alors écoutez la suite !
ACTE 2 : L’Elysée fait monter au créneau des élus réclamant le report d’un an des municipales pour cause de surplus de scrutins en 2007 alors que Sarkozy s’affirme haut et fort hostile à cette idée… On chosit donc d’aller présenter le nouveau calendrier au Sénat !I
Sarkozy ne peut rien car les Sénateurs, ne lui devant rien et étant ravis de l’aubaine consistant à allonger leur bail avec le Palais du Luxembourg d’un an (2008) se prononcent aisément en faveur de cette idée. Les Députés suivent… Le tour est joué : la date limite pour de municipales partielles est repoussée au… 18 mars 2007. On verra bien après ce que l’on fera !
Dans l’immédiat le stratagème est en place : la voie royale du retour s’élargit. Alain Juppé pourra désormais revenir sur scène en deux temps pour médiatiser son retour dans le cœur du peuple. On jouera paisiblement sur ces opportunités pour replacer dans la course l’ancien Premier Ministre : élection législative partielle en juin 2006 et élections municipales intégrales à Bordeaux, après démission collective à l’automne de la même année (octobre ?).
Plus rien ne s’y oppose légalement d’autant qu’Alain Juppé a le choix du temps, du lieu et de l’action pour écrire triomphalement une nouvelle page de son roman d’amour avec la capitale du Duché d’Aquitaine à laquelle il avait lancé un « adichats » plein d’espoir ! Il suffit d’utiliser les fenêtres de tir ouvertes par la loi.
ACTE 3 : L’opération est parfaitement montée car elle tient compte du contexte. En allant sur la circonscription « Le Bouscat Bordeaux Nord » la victoire sera plus aisée que sur celle de « Bordeaux Centre ». Une occasion lui sera en effet offerte de démontrer à la fois son respect pour Hugues Martin qui a gardé la place au chaud à
D’une part en provoquant ce type d’élection un peu plus d’un an avant l’échéance modifiée Alain Juppé peut alors espérer faire mieux que les…50,96 % du 11 mars 2001 (un sondage discret le prouve) qui, dans le fond n’étaient pas si intéressants que cela pour le nombre de délégués à
S’il arrivait à 60 % face à une liste hétéroclite et mal préparée Alain Juppé pourrait redistribuer les sièges communautaires et… placer, quelques mois avant les « vraies » municipales, Alain Rousset dans une situation intenable à
ACTE 4 : Pour l’ensemble de son œuvre Alain Juppé retrouverait alors une côte de popularité conforme au rôle que veut lui voir jouer Chirac face au Roquet de Neuilly. Au sein de l’UMP d’abord et ensuite dans la campagne présidentielle en préparation. Si par hasard Sarkozy prenait le large (on pressent qu’il le fera à la rentrée) pour voguer en solitaire le Ministère de l’Intérieur irait comme un gant au fidèle des fidèles…dans une période critique.
La suppléante du « re-nouveau » député de Bordeaux (Chantal Bourragué ?) retrouverait alors le Palais Bourbon perdu de vue quelques semaines…ce qui la consolerait de son sacrifice. Le scénario serait parfait.
Sarko aurait face à lui le « candidat aux deux têtes » : celle de « beau gosse » de De Villepin et celle « énarchqiue » de Juppé ! Le coup du dédoublement deviendrait imparable et Droopy pourrait savourer un sens tactique lui ayant permis de tirer un véritable feu d’artifice de fin de règne.
ACTE 5 : Droopy pourrait même s’offrir un ultime pied de nez : démissionner, pour raison de santé, avant la fin de son mandat pour coincer des Socialistes incapables de désigner leur candidat avant… novembre 2006. Un moment d’habileté suprême car, alors, le seul recours de la bande à Hollande serait d’en appeler, toutes rivalités cessantes, à Yoyo, présenté comme le Sauveur ! J’entends d’ici les arguments en faveur d’un duo de choc : Jospin (Président)-Royal (Première Ministre) susceptible de clouer au sol Lang, Strauss Kahn et… Fabius pris de court par un calendrier désastreux. Une véritable tragédie…de « politique friction » heureusement totalement imaginaire. D'ailleurs cette hypothèse est désormais sans fondement.
Mais, vous le savez bien, vous qui êtes des lectrices ou des lecteurs fidèles, : je déblogue…
Chronique publiée le 1° février 2006
onstituer, un siècle après la réhabilitation définitive du capitaine le plus célèbre de l’Histoire de France, (ce fut le 12 juillet 1906), une référence pour l’analyse des événements actuels. Il contient et illustre en effet, deux vices redoutables de notre société réputée républicaine : l’erreur judiciaire et l’antisémitisme. Or, il se trouve que, depuis des semaines, toute l’actualité tourne autour de ces tristes réalités. Au fil des pages, je frémis en suivant, avec une précision scientifique, l’évolution d’un dossier beaucoup plus révélateur qu’on ne le croît de la réalité hexagonale passée et… actuelle. L’acharnement terrible mis pas des accusateurs, des procureurs, des juges, des hommes politiques pour faire condamner un innocent et, plus encore, pour ne pas reconnaître ensuite leur erreur n’est pas sans rappeler des facettes de l’affaire d’Outreau. Le déchaînement autour des juifs, au début d’un XX° siècle du progrès, confinait au nazisme rampant. Le dramatique fait divers ayant frappé Ilan Halimi a surgi dans notre quotidien pour rappeler que, ce que Brecht appelait « la bête immonde », demeure une menace pour l’humanité. La conjugaison de ces deux événements me plonge dans la plus grande perplexité car elle témoigne du recul indéniable de la raison, de la culture, de l’éducation réelle, de la tolérance.
Notre société a pourtant renforcé, décuplé ces pratiques d’acharnement sur des coupables susceptibles d’exorciser les démons silencieux que porte une société durant un laps de temps déterminé. Même s’il n’y avait pas encore le choc des images il y avait le poids extrême des mots. Des assommoirs !
Comment des journalistes ont pu, chaque matin, se regarder dans une glace après avoir écrit, le lendemain de la dégradation d’un Capitaine innocent affrontant ses bourreaux avec un stoïcisme remarquable, les commentaires suivants : « Son attitude à la parade d’exécution achève de le condamner selon moi. Pour s’être prêté aussi docilement, aussi passivement, à un pareil supplice, cet homme ne doit avoir aucune sensibilité morale. Pas un geste de révolte, pas un cri d’horreur, pas une larme, pas un murmure. C’est vrai qu’il a plusieurs fois protesté de son innocence mais toutes ces protestations sonnaient faux. On y sentait aucune chaleur humaine. On aurait dit la voix d’un automate… » écrivit par exemple Marcel Paléologue dans un « Journal de l’affaire Dreyfus ».
OBSERVATION HUMILIANTE
Actuellement la justice s’ébroue et se débat afin d’échapper à l’observation humiliante que lui inflige le monde politique, celui qu’elle haït plus que tout. Il dissèque publiquement les dysfonctionnements d’une entité inattaquable. La justice, comme toutes les institutions, a toujours eu horreur que l’on mette en doute la moralité, la fiabilité des siens car ce serait introduire le doute sur sa qualité collective conduisant les citoyens à perdre leurs illusions sur l’équité du système judiciaire. Et, par les temps qui courent, les j
uges , confrontés à une « exigence de résultats », n’ont pas besoin de tels révélateurs, de plus télévisés, pour en arriver là ! Le monde à l’envers : les stylos, les micros, les caméras, les claviers se tournent vers les juges et non vers les accusés potentiels. Pas facile de passer du rôle d’observateurs à celui d’observé ! Dreyfus, malgré toutes ses dénégations, malgré l’absence de preuves « sincères », malgré toutes les manquements à la rigueur dans l’investigation a sans cesse eu, face à lui, une machine collective à broyer. La commission d’enquête parlementaire censée porter le regard du Peuple sur le fonctionnement d’un pouvoir garant de sa liberté ne semble pas intéressée par le rôle joué par les médias dans l’affaire d’Outreau. Elle n’a pas prévu d’auditionner les auteurs des « fuites », les relayeurs de rumeurs, les « juges » de la plume du micro, de la caméra ou du clavier. Elle ne semble pas s’inquiéter de ces connections entre justice et presse dont on sait désormais l’effet dévastateur. Dreyfus en fut la victime exemplaire. Il n’y a plus de Zola pour sauver l’honneur !
UNE COALITION CONTRE NATURE
Pris en otage par une hiérarchie ravie de se construire des certitudes sur sa loyauté et son patriotisme, le Capitaine condamné à croupir sur l’Ile du Diable, aura été la victime expiatoire de cet antisémitisme rampant dans la société française. Indubitablement il est toujours là, il rôde, il se reconstitue en réaction à un autre racisme. L’extrême droite organise quelques dérapages de temps en temps pour entretenir la flamme des ses troupes nostalgiques. Le négationnisme sert de socle aux attaques ciblées. Mais maintenant les antisémites historiques ont reçu en renfort les intégristes constituant ainsi progressivement une coalition contre nature. Les profanateurs de cimetières juifs rejoignent les lanceurs de cocktails Molotov sur les synagogues dans une haine sommaire dont les « Barbares » auront été les ignobles disciples. Ils cultivent une haine commune tout en étant férocement opposés.
D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui rejoignent d’ailleurs ceux du CRIF, on avait pourtant constaté une baisse des actes antisémites en France. En effet, on comptabilisait en 2004, 974 actes antisémites, tandis qu’en 2005 ont été recensés, 504, soit moins de 48%. Dans près de 50 % des actes antisémites, les auteurs restent inconnus et, dans 42 % des cas, ils «se rattachent à une problématique proche orientale », selon la terminologie des Renseignements Généraux. Dans les cas de menaces, 36 % des auteurs connus sont proches de l'extrême droite.
L’atroce mort d’Ilan Halimi ne plaide plus pour la sérénité… La justice devra être à la hauteur ! La presse aussi !
Mais je déblogue…
d j’observe la lecture qu’ont certaines personnes des carnets d’obsèques de Sud-Ouest. Selon leur ancienneté dans l’exercice, il repère le plus vite possible la localité et les noms avant de chercher l’âge du défunt. Et là quand il constate qu’il s’agit d’un septuagénaire la réflexion vient inévitablement : " le pauvre, il était encore jeune ! ". Et plus le temps avance et plus le constat désolé s’applique à des gens ayant dépassé les trois-quarts de siècle. Bientôt les octogénaires seront considérés comme des victimes de ce mal irrémédiable qu’est la mort. Certes on sait que la longévité augmente et qu'en un siècle elle a fait un bond considérable mais elle semble ne plus avoir de limites !À une époque plus récente, les centenaires du Caucase ou ceux de quelques vallées andines ont défrayé la chronique, sans parler des centenaires de la Géorgie américaine. Si ces cas ont pu paraître, un temps, plus vraisemblables, on sait aujourd'hui qu'ils ne correspondaient à aucune réalité car il ne s’agissait que d’interprétations " civilisées " de rythmes vitaux totalement imprécis.
La rumeur parcourt les rédactions espagnoles. Elle d Comme toujours, en pareille circonstance, une autre réalité, plus banale, moins fracassante pourrait être en fait annoncée par le clan Zidane en cette occasion : l’évocation du film de Douglas Gordon dont Zinédine est le héros et qui porte le titre déjà attirant : " Zidane un portrait du XXI° siècle ". Cette œuvre de 90 minutes réalisée le 23 avril 2005 lors du match Real Villareal avec pas moins de 17 caméras filmant sous de multiples angles Zinédine, devrait sortir le 24 mai, hors compétition, dans le… 59 ° festival de Cannes. Une ville dont il ne pouvait pas un seul instant se douter qu’il deviendrait, un jour, la vedette d’une manifestation très éloignée de ses préoccupations. Ce projet dingue, monté par deux artistes contemporains connus, l'Ecossais Douglas Gordon et le Français Philippe Parreno a surtout consisté à convaincre Zidane de jouer... Zidane. Et quel rôle : il a marqué, a pris un carton rouge, joué le jeu mieux qu'espéré… On attend le résultat ! IL A TOUJOURS VECU DE PASSION Probablement que la vérité se situera, mercredi prochain, sur les deux tableaux : retraite et promotion. Une attitude qui correspondrait véritablement aux habitudes de l’entourage de celui qui laisse à son frère le soin de gérer toute sa carrière extra sportive. Lui, le gamin de " La Castellane " à Marseille, n’a jamais été un homme d’affaire avisé et sa fortune lui est totalement méconnue. Il a jusqu’à présent surtout vécu de passion pour ce ballon qu’il est l’un des rares au monde à pouvoir dominer avec une désarmante facilité. En 1992, Zidane est recruté par Rolland Courbis (on peut penser ce que l’on veut de Courbis mais il a le foot dans le sang) pour le compte des Girondins de Bordeaux. C’est durant cette période que j’ai pu le côtoyer sans pouvoir honnêtement écrire, aujourd'hui que j’ai beaucoup échangé ou partagé avec lui. D’abord parce qu’il était d’une avarice de mots et d’une retenue maladives avec la presse. Ensuite, il était fort difficile d’entrer dans le triangle bordelais " Duga-Liza-Zizou " compact et d’une solidarité à toute épreuve. Il en était médiatiquement le maillon faible et donc les deux autres le protégeait avec vigilance. Enfin, le privilège de l’interroger revenait aux professionnels les plus chevronnés du service des Sports de Sud Ouest. Pourtant j’ai une anecdote le concernant qui m’a marqué à double titre. J’avais toujours rêvé en tant que journaliste de suivre et d’écrire sur un match de l’équipe de France de football qui n’était pas encore devenue celle des " Bleus ". Or le hasard fait que le 17 août 1994 se déroule à Bordeaux, la rencontre France-Tchéquie. Avec un immense plaisir je suis " sélectionné " pour participer au groupe qui suivra cette rencontre et je suis chargé du papier sur les jeu et les joueurs. Personne n’est sûrement plus heureux que moi… de travailler ce soir-là. J’ai déjà eu le privilège d’entrer à La Réserve de Pessac où logeaient les internationaux. Pour moi ancien joueur passionné questionner Aimé Jacquet que je retrouvais après sa période faste aux Girondins, à plaisanter avec des vedettes en devenir, écrire sur leurs états d’âme. Je suis heureux car ces faits représentaient le nec plus ultra du journalisme. MON PAPIER EN SERA PLUS VITE BOUCLE Le soir je me lance consciencieusement sur mon bloc dans mon papier afin de remplir mon contrat dans les délais. Pas grand chose à se mettre sous la plume car la déroute menace quand les Tchèques inscrivent à la 45° minute leur… second but. La France hoquète et ne parvient pas à donner un espoir de redressement. Mon papier en sera plus vite bouclé. D’ailleurs, pour ne pas retarder la sortie des premières éditions, je le téléphone aux sténos dans un vacarme critique de plus en plus exigeant. Le boulot est terminé. Zinédine Zidane est entré sur la pelouse (63° minute) pour obtenir sa première sélection qui l’empêchera d’aller un jour vers la sélection algérienne. Jacquet assure l'avenir sans le savoir véritablement car il faut le dire il ne pressent pas le rôle qu'aura Zidane. Rien de bien sensationnel jusqu’à ce que le novice place une frappe terrible des 25 mètres dans les cages situées devant un virage sud qui exulte. Il a remplacé Martins et permet au moins de justifier la confiance de Jacquet… Je ne vais tout de même pas rappeler le journal pour changer mon article ? Sauf que le bougre espédie deux minutes plus tard une reprise victorieuse de la tête dans les mêmes filets. Deux buts en deux minutes ! Un exploit qui soulève ce qui n’était que le Parc Lescure et va, deux ans plus tard, installer définitivement Zidane au poste de meneur de jeu des Bleus. SANS SE POSER DE QUESTIONS METAPHYSIQUES Je reprends vite mon stylo bille et le téléphone pour ajouter quelques lignes sur la prouesse d’un joueur encore plus inquiet qu'à l'habitude lors de retrouvailles dans le paddock avec le presse avide de tout avoir sur ce qu’il est incapable de dire… Zidane est simplement heureux. Il ne sortira rien d’autre car, chez lui, à cette époque là il n’y a aucun calcul, aucune roublardise, aucune exploitation. Il ne saura rien expliquer de ce qu’il avait accompli spontanément, naturellement, honnêtement sans se poser de questions métaphysiques ou tactiques. Pour lui, ce soir là, il est plus terrorisé par les retombées de son doublé que satisfait. Je le revois avec son regard de cocker triste éclairé par un zeste de sourire gêné dans l’eau froide de sa timidité profonde. J’ai découvert alors progressivement que son royaume se limitait à un rectangle plus ou moins vert et que dès qu’il en franchissait les frontières géométriques blanches il devenait maladroit, introverti, peureux. Chaque fois qu’ensuite j’ai croisé sa route sous le maillot des Girondins, j’ai toujours eu en mémoire cette soirée qui lui avait apporté la notoriété et qui, à moi, m’avait permis de partager un moment exceptionnel. Rencontre fortuite de deux passions qui ne grandiront pas, bien évidemment, de la même manière. Jamais je ne l'a entedu se plaindre. Jamais je ne l'ai vu défendre quelqu'un d'autre que son copain Duga qui lui doit toute sa carrière internationale. Je ne l'ai jamais senti souceiux de devenir le symbole de l'intégration. LE SOL DES MESQUINERIES HUMAINES Je ne sais pas évidemment encore ce qu’annoncera Zidane mercredi. Je suis seulement certain que s'il arrête, celui qui en aura le mieux parlé de lui n’est autre que… Charles Baudelaire dont la passion pour le sport n’existait pas. Oui. Charles Baudelaire car il a génialement transcrit cette opposition extraordinaire entre le poète merveilleux qui nous régale de ses arabesques imprévues et l'homme sans inspiration qui se retrouve tellement gauche sur le sol des mesquineries humaines. Zidane, toi qui ne fut jamais mon ami, mon complice, si je prononçais le discours de ton départ en retraite je me contenterai donc de te lire ceci : Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Toute sa carrière s’y retrouve. L’enchantement d’un instant permet toujours de supporter les désillusions qui suivent. Je crains beaucoup pour lui quand il quittera le lieu vert de sa seule passion. Seuls celles et ceux qui n’ont jamais eu l’âme d’un poète des stades peuvent le comprendre. Et, par les temps qui courent ils sont rares, très rares. Trop rares! Mais je déblogue…
onne lieu à une forte rivalité entre les supports médiatiques car elle est d’importance. Elle dépasse toutes les autres facettes exceptionnelles de l’actualité nationale ou internationale. L’Espagne, et par ricochet la France, est plongée dans la plus grande perplexité. Le problème c’est que l’info exclusive diffusée par la radio espagnole " Cadena Ser " attendra mercredi pour être confirmée ou infirmée. En effet, c’est ce jour là que, lors d’une conférence de presse à laquelle des dizaines de micros et de caméras tenteront de sa faufiler, Zinedine Zidane scellera le sort de sa carrière. La rumeurfile plus vite que Ronaldo dans tout Madrid : notre Zizou désormais éclipsé par l’extraordinaire talent de Ronaldhino bouclerait son parcours professionnel après la Coupe du Monde en Allemagne laissant le Real orphelin de son meneur de jeu. Il n'irait pas au bout de son contrat!
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Chronique publiée le 22 avril 2006
ate si l’on peut croire dans la représentativité d’un échantillon téléphonique de… 958 " sondés ". 



