<![CDATA[L'AUTRE QUOTIDIEN]]> http://www.darmian.net/ L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, maire de Créon et Député Suppléant de la Gironde. La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante fr over-blog.com RSS 2.0 Generator <![CDATA[DANS LE RETRO]]> http://www.darmian.net/article-19484444.html
Les promesses seront tenues. Le message a été maintes fois répété. Nicolas Sarkozy le maintient et François Fillon le ressasse chaque fois qu’il fait un pas de premier Ministre VRP de l’UMP. Celles qui concernent les salariés attendront des concertations, des Genelle plus ou moins éloignés, des ajustements budgétaires indispensables. Au nom de la concertation toutes les décisions sont habilement renvoyées après le législatives selon le principe : il est urgent d’annoncer, de promettre, de gratifier mais il est prévu d’attendre la concrétisation car si toutes les commissions mises en place ne corroborent pas la vision sarkoziste on en rendra responsable les partenaires réfractaires aux réformes ! Le tout c’est de communiquer, de communiquer, de communiquer ! En revanche il semble que la fameuse concertation sarkoziste ne s’applique pas à tous les domaines et qu’il n’y ait pas besoin de patienter outre mesure pour mettre en place les… bonnes nouvelles concrètes. La perspective du collectif budgétaire en juillet offre une opportunité de récompenser, par exemple, les classes laborieuses du CAC 40. Les syndicats ne seront pas présents à la table des comités interministériels ou des salons de l’Elysée quand il s’agira de se prononcer sur l'impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente. Là on agit vite et de manière très directe. On ne repousse pas à la rentrée et aucun ultimatum n’est lancé. Au final, la politique fiscale immédiate menée par le gouvernement Fillon au pas de charge, va selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, " profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu'ils vont en bénéficier ". Et ça c'est fort : faire voter par les plus pauvres des mesures destinées aux plus riches sous prétexte que ces gens là sont malheureux et brimés! Le doute n'est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s'apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus. Il y aura au moins une catégorie sociale dans ce pays qui verra son pouvoir d’achat augmenter en un temps record ! JOHNNY SERA CONTENT On sait que le fameux bouclier fiscal qui permettra aux fans de Johnny de le revoir sur le sol français et à ces pauvres malheureux exilés de revenir au pays comme ce fut le cas durant la période historique de la Restauration figurera parmi les premières mesures prises. Dès juillet, la majorité UMP envoyée au parlement pas les cochons de payants contribuables ordinaires va le faire passer de 60 % à 50 %. En clair, selon un slogan simple, un contribuable ne pourra pas donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l'Etat par l'impôt. Populaire. Mais le Snui (Syndicat national unifié des impôts) relativise la portée de la mesure. " Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches", explique Vincent Drezet, le secrétaire national du Snui ( de dangereux gauchistes le dirigent) qui n’a probablement pas été invité à donner son avis sur ce sujet ! " Il profitera à… 93 000 foyers, dont 16 000 contribuables assujettis à l'ISF. Alors que 18 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu... " ajoute cet homme qui sera taxé (le comble pour un employé du trésor) de parti pris hostile à ces entrepreneurs remarquables que sont ces 16 000 lève-tôt de la bourse. Ces contribuables déjà super privilégiés ont déjà reçu en… trop-perçu de l'administration fiscale près de 350 millions d'€ en remboursement mais ils se sont bien gardés de le crier dans les rues. Ce boni incontestable renforce le sentiment qu’une France des nantis a pris le contrôle de la République ! A cette mesure il faudra vite ajouter la réforme de l'impôt sur la fortune, qui touche les contribuables qui déclarant plus de 760 000 € de patrimoine net, soit… une infime " caste " de 500 000 foyers en France. Si en juillet (ce sera le mois de tous les dangers) le gouvernement met en place une nouvelle déduction contre un investissement dans les PME, ce sont… plusieurs nouveaux milliards qui s'envoleront pour le budget de l'Etat dont on vous a prédit un désendettement rapide et sérieux. UNE SUCCESSION ENVIEE Mais les cadeaux fiscaux ne s'arrêteront pas là, puisqu'une réforme des droits de succession viendra compléter le pactole. Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d'impôts. Cette mesure qui a fait un tabac dans les chaumières sous hypnoses télévisuelles n’aura pas que des effets lénifiants pour le bon peuple surtout chez les contribuables qui ne sont pas assujettis à ces prélèvements. Aujourd'hui, selon les chiffres du ministère des Finances, seules… 25 % des successions à la suite d'un décès sont imposées. Alors quel est intérêt, au-delà de la popularité ? Là aussi, un cadeau aux plus riches. Mais on se gardera bien de le dire durant la campagne : histoire que le monde rural des petits propriétaires votent bien en croyant que les enfants profiteront de cette idée géniale qui consiste à offrir au peuple la possibilité de consolider les nantis. Ces mesures risquent en effet de coûter près de 4 milliards d’€ à l'Etat. " Le bouclier à 50 %, plus la modification de l'ISF et les successions, auquel il faut ajouter la défiscalisation des heures supplémentaires et la déduction des intérêts d'emprunt, vont coûter pas loin de 13 milliards d'€ ", selon Drezet. Ce qui revient à tirer un trait sur le produit annuel de la taxe d'habitation... Que la gauche et les syndicats s'offusquent n'est pas surprenant ni choquant. Leur problème c’est qu’ils auront du mal à faire entendre leur analyse face à un pays subjugué par les yachts, les avions privés, le Fouquet’s et l’Euromillion ! En instituant la " pipolisation " comme idéal politique, les " sarko golden boys " ont réussi à diffuser un rideau de fumée dissimulant les contours exacts d’un programme désastreux pour celles et ceux qui l’ont approuvé. Comment expliquer que des pauvres retraités ne payant ni impôts sur le revenu, ayant transmis leur patrimoine, non assujetti à l’ISF ait soutenu un homme qui se dépêchera de les oublier et d’enfoncer ceux qui l’ont soutenu comme on soutient le Messie? A moins de penser que ne restera dans quelques mois de cette agitation médiatique que des photos dans VSD, Voici ou Gala qui sont véritablement devenus des journaux d’opinion ! SORTIE DES CALCULETTES Ce qui est encore plus étonnnant, c'est que même à droite on traîne des pieds. Les orthodoxes budgétaires sortent les calculettes et arrivent peu ou prou aux mêmes chiffres que la gauche. " C'est une révolution fiscale qui peut coûter très cher, note un député UMP qui préfère rester anonyme (on le comprend). Surtout si tout ça n'a pas les effets espérés sur la croissance." Derrière, difficile de tenir les engagements européens, de désendetter l'Etat, de baisser le taux de prélèvements obligatoires. Bref, de mettre en œuvre l'autre volet économique du programme de Sarkozy. Mais manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF. Johnny a donc intérêt à plier ses bagages en Suisse dans les plus brefs délais. Ce retour au pays des brebis fiscales égarées sera toujours plus médiatique qu'un impôt plus juste ou une comptabilité publique plus équilibrée. En 2008 les impôts locaux augmenteront en raison du désengagement de l’Etat, de la fin des soutiens de la CAF, de la dure réalité de l’inflation sur les prix des services, de la perte des ressources liées à un réforme de la taxe professionnelle enclenchée par Chirac ! Peu importe les conséquences sur les élus locaux qui passeront devant les électrices et les électeurs quelques jours plus tard. Il reste pourtant un espoir : les Sarko technocrates vont tellement vite dans les effets d’annonce que les pas en arrières vont être nombreux ! les démentis arrivent. Tenez le ministre du Budget Eric Woerth a précisé que le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt pour les transactions immobilières n'était pas " un arbitrage gouvernemental " mais " une opinion personnelle ", que le gouvernement et l'Assemblée devront confirmer.
" Je ne me suis pas avancé un peu vite, mais il fallait très très vite pouvoir débloquer les transactions ", a expliqué Eric Woerth sur RTL. " Ce n'est pas un arbitrage gouvernemental, c'est une opinion personnelle et c'est aussi une piste lancée ".
La veille, il avait annoncé que " les intérêts d'emprunt pour des biens immobiliers pourront être déduits des revenus, à hauteur de 20%, ce qui correspond au taux d'imposition moyen des ménages. Elle sera applicable aux résidences principales, dont l'acte authentique de vente a été signé après le 6 mai 2007 ". Dommage pour celles et ceux qui ont cru à cette bonne nouvelle. Il leur faudra patienter derrière le bouclier UMP, placer l'argent pour se faire une rente et espérer être touché par l'ISF. Voter pour les députés sarkoziens c'est surtout ne pas se montrer trop exigeant sur la vérité. Mais je déblogue… ]]>
Thu, 15 May 2008 07:17:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19484444.html
<![CDATA[DANS LE RETRO]]> http://www.darmian.net/article-19484100.html La rumeur enfle à Paris et elle commence à gagner les Provinces. Elle a même été évoquée au Conseil national du P.S. avec une information plus précise délivrée par le Premier secrétaire. Certes rien ne se fera dans le courant du mois de mai mais il y a fort à parier qu’elle devrait se concrétiser au début de l’été durant la session parlementaire. Nicolas Sarkozy reviendrait ainsi, avec la complicité du conseil constitutionnel, sur un engagement pris par sa majorité sortante et par lui-même. Mais dans le fond rien ne permet d’affirmer que le bon peuple lui en tiendra rigueur. Profitant de la dynamique créée par des Présidentielles victorieuses et des législatives qu’il espère aussi satisfaisantes, le nouveau Président s’assoirait sur l’engagement de repousser les élections municipales dans le courant du mois de mars 2008. Il est vrai que l’enjeu pour ses amis est assez important pour qu’il tente une nouvelle manipulation du calendrier électoral. En effet en 2007 ils auront raflé tous les pouvoirs nationaux mais il leur manque beaucoup ceux qui sont au contact direct de la population. Là, le hold-up est beaucoup plus délicat à réaliser car le rouleau compresseur médiatique n’a aucune efficacité… La télé et les sondages ne servent plus à façonner à convenance l’opinion dominante. Alors il ne faut surtout pas attendre pour rentabiliser les efforts de ce début d’année. Les résultats dans les principales villes françaises ne sont pas en effet pas du tout satisfaisants malgré les apparences. Bordeaux en est l’illustration parfaite mais on peut y ajouter quelques autres situations paradoxales. Caen, que la gauche essaie en vain de conquérir depuis des générations, a voté socialiste à 56,60 % (contre 50,5 % en 1995). Saint Etienne, dirigé par un maire UMP, n'a accordé qu'un médiocre 48,44 % à Nicolas Sarkozy (Jacques Chirac avait réuni 53,7 % des suffrages en 1995). De nombreuses préfectures ou sous-préfectures de taille modeste telles Rodez (Aveyron), Privas (Ardèche), Sedan (Ardennes), Laon (Aisne) ou Laval (Mayenne) ont placé Ségolène Royal en tête alors même que leur département votait en majorité en faveur de Nicolas Sarkozy. Même là où les bastions traditionnels de la gauche vacillent ­ le département du Nord ­, les villes résistent (Lille donne 55,92 % des suffrages à Ségolène Royal, contre 53,1 % pour Lionel Jospin en 1995). De plus, malgré un score national inférieur à celui de Jospin en 1995, Royal fait mieux dans de nombreuses villes (Grenoble, Le Mans, Montpellier, Brest, Clermont-Ferrand...). Et comme a contrario Paris et Lyon n’ont pas témoigné d’un farouche ancrage à gauche, il faut en profiter. Dans tous les cas, plus on s’éloignera et plus l’effet " présidentielles " s’effacera. L’entourage de Sarkozy le sait ! LE RETOUR SUR INVESTISSEMENT Ces résultats sont actuellement passés à la moulinette par le Ministre de l’Intérieur. On les dissèque comme ceux des cantons renouvelables afin de connaître avec exactitude le retour sur investissement que constituerait un accord avec Jean Louis Debré, néo-Président du Conseil constitutionnel. Selon les affirmations de François Hollande les pourparlers auraient déjà débuté. Il faut en effet expliquer que la modification des dates des échéances électorales effectuées par l’Assemblée nationale puis le Sénat doit être avalisée par le Conseil constitutionnel. Or il se trouve que, normalement, cette noble institution UMP ne devrait pas accepter ce retour sur un engagement pris compte tenu des délais (moins d’un an). Il y a aussi, l’Association des Maires de France, qui avait déjà vivement réagi à une tentative de retour en arrière tentée par Nicolas Sarkozy ou quelques-uns de ses proches. Nicolas Sarkpzy avait donc fait machine arrière devant les maires de France : " après avoir mûrement réfléchi, j'ai décidé que le calendrier des élections municipales, cantonales et sénatoriales ne sera pas modifié", avait déclaré le ministre de l'Intérieur devant le 89e congrès des maires de France. Il avait expliqué avoir " pesé le pour et le contre " entre " l'avantage pour le prochain gouvernement de disposer d'une longue plage de travail sans élection " et " l'inconvénient " pour les élus d'avoir à enchaîner les élections en 2007. Plusieurs de ses amis n’ont pourtant pas renoncé à la modification car ils voient surtout leur intérêt. Certains proposent septembre mais dans un souci de ne pas trop forcer la main on s’orienterait vers fin octobre début novembre ce qui aurait pour avantage de ne pas à l’avenir mettre en concurrence les échéances électorales en cas de concomitance. Comme le freluquet de Baroin va devoir laisser la place à un fidèle parmi les fidèles on peut compter sur une opération savamment réglée. Il suffira de trouver un bon prétexte pour que les députés se penchent sur ce sujet de la plus haute importance et de demander aux copains de se préparer dans le cadre des législatives en cours. UN INCONTESTABLE HIATUS La bizarrerie française réside dans le fait que les électrices et les électeurs font depuis des années plus facilement confiance aux gens de gauche pour gérer leur quotidien local que pour leur confier les clés du pouvoir central. Des milliers de mairies sont gérées par des socialistes, les récentes cantonales avaient vu une douzaine de départements basculer dans le rose (59 conseils généraux contre 49 à la droite), la quasi totalité des régions sont à gauche… mais ce " pactole " impressionnant ne produit jamais l’effet escompté depuis maintenant quelques échéances nationales consécutives. Il faudra bien un jour avoir le courage de s’interroger sur ce hiatus entre des réalités contradictoires. N’empêche que Nicolas Sarkozy devra compter avec ce " tissu " solidaire très compact qui s’est installé sur le territoire depuis plusieurs années. Il va tout faire pour desserrer ce qui risque bien de devenir le seul contre pouvoir réel dans la pays. Quand l’Assemblée nationale, le Sénat, le conseil constitutionnel, le conseil d’état, la Cour des Comptes, le Conseil Supérieur de la Magistrature, le Conseil supérieur de l’Audiovisuel… sont présidés ou " meublés " par des élus ou des personnalités nommées issues de l’UMP on atteint le niveau le plus inquiétant pour la démocratie depuis belle lurette. Jamais du temps de Mitterrand, quel que soit l’avis de ses détracteurs il n’avait bénéficié d’une telle palanquée de pouvoirs acquis à sa cause. ABSOLUE SEPARATION DES POUVOIRS Montesquieu, auquel on a souvent référence, insistait sur l’absolue séparation des pouvoirs a fin de respecter un véritable équilibre. Il distinguait trois fonctions devant être organiquement distinctes les unes des autres : " la fonction de faire des lois : faire des règles générales qui sont applicables à tous les citoyens sans exception ; la fonction d'exécuter : elle consiste à appliquer les règles générales aux cas particuliers et s'assurer que règnent la paix et la sûreté qui seules permettent l'entrée en vigueur des lois ; la fonction de juger : elle consiste à punir les crimes, sanctionner ceux qui enfreignent la loi. Elle consiste également à trancher les différends des particuliers à propos de l'application des lois. ". Cette séparation en France n’est plus que théorique car dans les faits elles sont désormais au seul service d’un homme et d’un parti. Seuls les supporteurs inconditionnels peuvent prétendre le contraire. Dans quelques semaines le pouvoir central sera totalement aux mains de l’UMP ou de ses affidés. Le problème c’est que la fracture va s’accentuer entre les exigences que manifestent au quotidien les citoyennes et les citoyens vis à vis de leurs élus locaux alors que ces derniers seront otages de l’échelon national. Il suffira patiemment d’étrangler financièrement et réglementairement les communes, les départements, les régions qui déplaisent en transférant des responsabilités sans les crédits qui vont avec. Il va falloir que la résistance s’organise solidairement très vite à ce niveau de proximité avec les gens. Et c’est certainement ce que l’UMP voudra empêcher le plus rapidement possible en profitant de la dislocation interne du PS et de son incapacité à réagir après les législatives pour hâter le renouvellement. Dans un tel contexte il paraît bien vain, en effet, de parler présidentielles 2012 au PS alors que les têtes de liste pour les municipales, les candidat(e)s aux cantonales devront probablement être désignés dans l’urgence. Forcément une nuit des longs couteaux sera passée par là et aura effectué des ravages à la base. Il faudra encore une fois la digérer sur le terrain. Dans le fond Sarkozy se contentera d’exploiter les faiblesses d’adversaires essentiellement préoccupés d’obtenir des victoires internes leur permettant d’essuyer ensuite des défaites externes. Mais je déblogue… ]]> Wed, 14 May 2008 07:17:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19484100.html <![CDATA[DANS LE RETRO]]> http://www.darmian.net/article-19483927.html Cette chronique a été écrite et publiée le 12 mai 2007... Déjà on parlait des rapports entre la Droite et les médias... Le ton s'est durci ! Bon retour en arrière


Quand on fait le point sur la situation du système médiatique français on s’accorde généralement à reconnaître qu’il n’existe véritablement, à l’échelle nationale, que 4 journaux que l’on peut qualifier de réellement indépendants du pouvoir politico-économique. Attention il ne s’agit pas de mettre en doute le contenu des autres mais tout simplement de constater que leur survie dépend essentiellement des fonds injectés par des financeurs plus ou moins intéressés. Le mal gagne également la province et il faut bien avouer que des régions entières sont désormais sous contrôle par la situation de monopole ou par la constitution de réseaux apparemment diversifié mais, dans les faits, monolithique. Le Canard Enchaîné, Politis, Marianne, Charlie Hebdo résistent encore dans un monde où les puissants s’offrent un groupe médiatique comme autrefois leurs prédécesseurs entretenaient des bataillons de danseuses. Ils achètent un château dabs le Bordelais pour mettre sur leur table entre amis et il se font porter le soir à leur domicile la morasse de la une de leur quotidien. Cette réalité aura fortement pesé sur la vie démocratique du pays tant par les dits que par les non-dits. Le phénomène n’est pas moindre dans le secteur de l’audiovisuel où les " indépendants " sont à la marge et sur le " web " mais n’entreront jamais dans le PAF actuel. Il est de bon ton de renoncer à dénoncer cette situation globale car elle relèverait, comme beaucoup d’autres du fantasme politique partisan. En plus elle repose sur une mise en cause des qualités d’une profession dans sa globalité alors que très majoritairement elle témoigne d’une honnêteté intellectuelle indiscutable. Le propos devient donc tôt ou tard dangereux car il est caricaturé en outrance politicienne de bas étage. Et pourtant… La réalité quotidienne est là : le danger ne vient pas toujours de la manière dont sont traité les sujets mais de la place qu’on leur donne dans la hiérarchie quotidienne de l’info. On vient cette semaine d’en vivre un exemple concret qui selon moi illustre parfaitement cette dérive de l’autocensure qui fait au moins autant de ravages que le contenu de ce qui est publié. Impossible d’y voir du parti pris puisque pour une fois il ne concerne pas l’intouchable Sarkozy mais les socialistes ! Dans le livre qui dans un livre qui va faire fureur " Femme fatale " publié chez Albin-Michel deux journalistes du Monde , Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, évoquent une "crise conjugale" entre François Hollande et Ségolène Royal qui "prend un tour politique" avant l'investiture de cette dernière en novembre 2006. Cet ouvrage dont je me garderai bien dans le contexte actuel d’apprécier le contenu pose un problème de fond pour la qualité du système médiatique français. En effet l’une des auteures, Raphaëlle Bacqué explique qu’il ne s’agit pas d’un bouquin " pipole " mais que "la Femme fatale "est une enquête politique, pas un livre sur la vie privée du couple" . Dont acte. UN SILENCE OPPORTUN POUR UN LIVRE OPPORTUNISTE Il faut donc reconnaître qu’il y a dans leur démarche qui n’a rien d’exceptionnel un hiatus de taille. Comment deux journalistes payées par le plus grand quotidien français, renommées toutes deux pour leurs qualités professionnelles indiscutables, très en cour au Monde ont pu dissimuler… à leurs lecteurs toutes les informations qu’elles possédaient ? Est-ce que l’éthique ne leur imposait pas d’écrire au fur et à mesure de leur " enquête " faite dans le cadre de leur boulot quotidien ce qu’elles savaient et qui visiblement était décisif dans le cadre de la campagne interne du Parti socialiste ? Ont-elles proposé à leur brillant directeur de la rédaction des papiers sur le sujet ? Les a-t-il refusés ? Dans quel but ? Le fondement même d’un support médiatique est en cause puisque ses salariées utilisent un autre support pour livrer des informations capitales pour comprendre la manière dont s’est déroulée un période réputée démocratique de la vie politique nationale. N’a-t-on pas passé un marché avec elles en leur demandant d’attendre les résultats du second tour avant de dévoiler ce que bon nombre de personnes savaient mais ne pouvaient dévoiler sous peine d’être traduit devant un tribunal populaire…vengeur ? Ces deux femmes ont accumulé une foule de preuves, de récits, de descriptions de moments réputés secrets qu’elles on conservé de par elles pour les étaler sur la place publique massivement afin d’ouvrir les yeux à des militants éberlués. En dehors de toutes considérations sur le cas précis il faut considérer que ces révélations posent forcément le problème de l’indépendance des médias qui n’osent plus aller au fond des choses. Il démontre que dans le fond il faut tout savoir sur un événement mais ne le dévoiler que quand cela n’a plus d’influence sur… les lectrices et les lecteurs. En plus, comme entre temps ce que bien des gens subodoraient prend une allure officielle en étant présenté sur de multiples plateaux télé, on en fait un succès de librairie beaucoup plus rentable qu’une publication régulière dans un quotidien. Le journaliste d’enquête devient un infirme de l’info jusqu’au moment où il sait qu’il ne risque plus rien en balançant tout ce qu’il a recueilli aux frais de son journal et se mettre à l’écrire ! Il faut s’attendre dans quelques jours ou au plus quelques semaines à ce que un ou deux journalistes explorent le camp Sarkozy… mais encore faudra-t-il qu’ils trouvent un éditeur suicidaire. MIS DANS DES PLACARDS DORES OU CLOUES AU PILORI L’indépendance qui permet la révélation, la véritable information que les autres n’ont pas, la remise en synergie d’éléments apparemment disparates n’existe quasiment plus. Et pire : les journalistes qui veulent encore y croire sont rapidement ramenés à la réalité. Ils perdent leur boulot, ne sont plus embauchés car suspectés d’être des emmerdeurs permanents, des empêcheurs de tourner en rond quotidiennement. Ils sont bannis de la presse bien pensante ou mis à l’écart par leur hiérarchie dans des placards dorés. Le mal s’insinue partout. Il ne se voit pas mais il est pourtant bien réel. Impossible de quantifier ce comportement qui n’a rien de répréhensible mais qui pèse sur le comportement global des médias à l’égard des pouvoirs en place. Le directeur de Paris-Match n’aura été que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus retors. On l’a bien vu dans l’affaire Clearstream où ce pauvre Denis Robert aura enduré les pires sarcasmes pour avoir dénoncé des faits que les autres avaient oubliés. Il n’a été soutenu dans ces démêlés moralement terribles et financièrement dévastatrices avec la justice que par une frange de ses collègues. Son comité de soutien pressent cette indifférence mortelle de ses pairs et sait que depuis dimanche dernier son sort ne suscitera pas un engouement dans la profession. Il a donc cette semaine regretté l’absence d’un soutien franc, massif et protecteur de la communauté journalistique dans son ensemble. Il a appelé les journalistes à envoyer une photo de leur carte de presse afin de les mettre en ligne sur le blog. Les écrivains peuvent de leur côté envoyer une copie de leur carte professionnelle.
"Soutenir Denis Robert, c'est organiser un cordon sanitaire autour de ceux dont le métier est d'informer et montrer que les journalistes savent aussi se mobiliser et résister aux pressions qui s'intensifient pour contrôler l'information", estime le comité. Il a en effet eu le mérite de lancer une véritable débat sur la protection de sources d’information car toute le fameux " courant clair " aura tourné autour de ce fondement du journalisme. Il paie cher, très cher son audace d’avoir transgressé le silence des agneaux du journalisme. ACTIONS PRECISES ET CONCRETES D’ailleurs ça n’a pas échappé au pouvoir politique actuel. Comme il ne reste quasiment que le Canard Enchaîné qui ose foncer à partir de sources extrêmement fiables, le rouleau compresseur s’est mis en route dès le second tour des présidentielles oublié. Deux actions concrètes, précises, incontournables n’ont pas angoissé les citoyennes et les citoyens d’un pays anesthésié par les sondages. On préfère parler des problèmes des couples plus proches des gens que des événement mettant en cause les fondements de la démocratie. D’abord la justice a fini par coincer le flic qui a dévoilé l’enquête commanditée par la hiérarchie du Ministère de l’Intérieur sur le proche de Ségolène Royal venu de Greenpeace. Il apprendra ce que veut dire le droit de réserve. Une remarquable efficacité qu’on aimerait bien voir appliquer aux nombreuses fuites qui émaillent toutes les grandes affaires judiciaires et toutes les enquêtes sur les bavures poLicières. Un signe fort est donné : toute personne qui sera prise en flagrant délit de crise de conscience par rapport aux ordres qui lui seront donnés sera immédiatement sanctionnée… On donne le change en allant chez l’avocat de Sarkozy comme s’il était assez idiot pour avoir conservé, chez lui, dans son bureau professionnel le double d’audition du responsables des services secrets qu’ils auraient obtenus avant la date annoncée. Entre nous si cet avocat de l’ex-Ministre de l’Intérieur avait commis une telle bourde il lui faut le virer de suite. L’avertissement n’est pourtant pas sans frais dans la période actuelle. Ensuite il fallait montrer que si " l’émetteur " de l’info malvenue était " sanctionable ", le " récepteur " ne le serait tout autant. Quelques heures plus tard un juge d'instruction a donc tenté en vain d'effectuer une perquisition dans les locaux du… Canard enchaîné dans une enquête visant d'éventuelles violations du secret de l'instruction dans l'affaire Clearstream. Le signal est… clair : il n’y a plus de lieux sanctuarisés pour les contre-pouvoir. Et c’est immédiatement mis en action. Sans délais ! La filière médiatique est ainsi mise sous contrôle à travers ces faits qui interviennent dans la semaine qui suit l’élection présidentielle. Etranges coïncidences… ou manifestement inquiétantes coïncidences. Mais qui s’en préoccupe ? Mais bien évidemment je déblogue…    JE PRENDS UNE SEMAINE DE VACANCES.
Je vous propose donc chaque jour une chronqiue écrite antérieurement pour vous démontrer que L'AUTRE QUOTIDIEN a parfois un pue d'avance sur la réalité. ]]>
Tue, 13 May 2008 07:17:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19483927.html
<![CDATA[UN LUNDI QUI TOURNE MAL]]> http://www.darmian.net/article-19483800.html En fait on constate que ce sont aussi des heures supplémentaires exonérées de charges sociales mais dont le produit vont intégralement dans les caisses vides d'un Etat qui n'en est pas à une entourloupe près pour récupérer sur le dos des seuls salariés les fonds accordés à ceux qui se gavent de profits financiers. Alors qu'il dispose de moyens plus équitable de fournir les fonds indispensables à la couverture du handicap et de la dépendance comme la CSG qui pourrait être « dosée » différemment entre les divers revenus le gouvernement a mis en place une usine à gaz bidon dont nul ne sait véritablement quelle est la rentabilité.
« Nous continuons de contester qu'il faille demander aux salariés de renoncer à la durée légale du temps de travail à chaque fois que nous identifions un besoin de solidarité », a déclaré Bernard Thibault le secrétaire général de la CGT. Pour lui comme pour moi, « il y a une impasse à demander aux seuls salariés, sur tous les sujets, de réunir les moyens correspondant au financement de la protection sociale. »
Appelée Journée de solidarité envers les personnes âgées entre 2004 et 2007 sous l'action du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, suite à la canicule de 2003 qui entraîna la mort d'environ... 15 000 personnes sans aucun sanction pour le gouvernement d'alors pourtant fortement « responsable mais pas coupable » de cette catastrophe.
Le Conseil d'État avait néanmoins réaffirmé le 3 mai 2005 le caractère férié de ce lundi de Pentecôte bien qu'il ait été travaillé par solidarité. La manière de payer cet impôt est en revanche désormais à définir pour chaque entreprise. En pratique, les entreprises payent une taxe supplémentaire correspondant à la valeur d'une journée de salaire brut, sans charge. Les résultats chiffrés ou estimés obtenus prêtent à discussion. Le premier ministre Dominique de Villepin les a jugés satisfaisants, déclarant le 1er juin 2006 que les bénéfices tirés de cette journée en matière de solidarité étaient pourtant... « incalculables ». Depuis on attend surtout la répartition de sommes collectées.
DIPSARITION DES CREDITS NON AFFECTES
En 2007, la journée de solidarité aurait rapporté 2,2 milliards d'euros. Sur cette somme, plus de 1,3 milliard est destiné aux personnes âgées, dont plus de 800 millions d'euros aux établissements d'accueil. Mais tous les crédits n'ont pas été dépensés, en 2007 comme en 2006, et l'Etat refuse de mettre ces sommes en réserve. Elles servent, selon M. Champvert, président de l'AD-PA à qui regroupe 1 800 directeurs de maisons de retraite et services à domicile, a boucher artificiellement le déficit de l'assurance maladie. Ces sommes subtilisées légalement atteignent, "200 millions en 2006 et près de 400 millions en 2007". Elles sont intégrées dans l'Ondam" (l'objectif national de dépenses de l'assurance maladie) l'année suivante. Cet objectif est voté chaque automne par le Parlement et le tour de passe-passe est facile.
"En 2006, le quart du budget personnes âgées a servi à diminuer les budgets de l'assurance maladie, et cela risque d'être la moitié sur 2007", affirme encore l'AD-PA, qui dénonce une "astuce" similaire des pouvoirs publics sur le financement du Plan Alzheimer, assuré en partie par le produit des franchises médicales. Les lectrices et lecteurs assidus de L'AUTRE QUOTIDIEN le savent déjà car à Créon nous attendons les postes promis pour l'ouverture de la section expérimentale spécialisée dans le traitement des malades Alzheimer ou équivalents. Les décrets qui répartissent le produit des franchises médicales... n'a en effet toujours pas été pris.
L'AD-PA demande en effet d'affecter « tous les crédits à l'aide aux personnes âgées et handicapées » via la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie qui garderait les excédents annuels pour des actions futures qui ne vont cesser de croître. Par ailleurs, selon l'AD-PA, les franchises médicales mises en place depuis le 1° janvier dernier « n'ont apporté aucun crédit supplémentaire par rapport aux années précédentes et le plan Alzheimer affiché n'est que le recyclage de mesures anciennes ». Mais sûrement que ces directrices et directeurs d'établissements ou d'aide à domicile sont d'affreux gauchistes anti-Sarkozy qui n'ont pas encore compris que le Président pratiquait le « coup d'éclat permanent » sans effets concrets.
LE FAMEUX CINQUIEME RISQUE
« L'utilisation des fonds par la caisse de solidarité autonomie a fait l'objet d'un rapport de la cour des comptes qui a bien validé le fait que la totalité des moyens était bien affectée aux personnes âgées et handicapées et à rien d'autre », a rétorqué la secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité Valérie Létard sur France-Info. « Je trouve dommage que l'on mette en doute le fait que la Journée de solidarité ne soit pas utilisée exclusivement à cette dépendance ». C'est exact mais ce qu'elle oublie de préciser c'est que la Cour des Comptes vérifie la réalité des dépenses affectées. Elle a simplement constaté que les crédits dépensés via la CNSA avaient bel et bien été affectés aux objets définis dans sa mission mais elle n'a pas pu vérifier ce que devenait les excédents non affectés ! C'est ainsi que l'on détourne en permanence de leurs objectifs des mesures dont on peut penser qu'elles ont un objectif louable de solidarité active.
Dans les prochaines semaines on va repartir sur une troisième piste avec la couverture du fameux « 5° risque ». Il faudra revoir certains points dans les discussions sur ce sujet capital pour l'avenir. Par exemple le vocabulaire doit évoluer : il s'agit d'aider des personnes à aller vers l'autonomie et non de stigmatiser des « dépendants ». La prestation de compensation pour l'autonomie doit s'appuyer sur un plan personnalisé quel que soit l'âge de la personne, - de 60 ans ou + de 60 ans.
Il est par ailleurs indispensable d'anticiper les problèmes à venir en augmentant le nombre de professionnels, d'établissements et services et baisser les coûts supportés par les personnes âgées. En fin et surtout la couverture du risque doit s'inscrire dans la solidarité nationale et si une démarche « assurantielle » est possible, elle doit être complémentaire et soumise aux règles de base de la prestation qui est à financer sur un budget d'Etat afin de maintenir l'égalité républicaine.
FORTE PROGRESSION
Sur l'ensemble de l'année, il y aura au total 253 jours ouvrés soit un de plus que l'an dernier car le 1er mai est par exemple tombé le jeudi de l'Ascension. Au total, le calendrier 2008 des jours fériés pourrait se traduire par un tout petit coup de pouce à la croissance. En réalité, le rythme de travail dans les entreprises n'est pas plus efficace, mais il tient de plus en plus des montagnes russes. Ca bourre en juin, ça mollit en juillet, ça dégringole en août, ça repart mollo en septembre puis en accélérant en octobre avant de ralentir sérieusement à la fin de l'année... et l'affaire du lundi de Pentecôte travaillé n'avait rien changé à cette réalité et le fait qu'il soit férié ne modifiera pas la donne générale. La solidarité mérite une mise à plat générale de son fonctionnement en France et pas des ajustements ponctuels dictés par les circonstances. L'évolution démographique sera en effet implacable et s'il n'y pas une anticipation globale on se retrouvera avec des situations catastrophiques.
Une première accélération aurait lieu vers 2010 et une seconde à partir de 2030. Sur la période 2000-2020, la hausse serait de l'ordre de 16 % dans le scénario optimiste, 25 % dans le scénario central ou 32 % dans le scénario pessimiste. En terme d'effectifs, on passerait de 800 000 personnes âgées dépendantes en 2000 à... 980 000 en 2020.
Entre 2020 et 2040, leur nombre augmenterait dans des proportions légèrement supérieures, les effectifs nombreux des baby-boomers atteignant alors des âges avancés.
Au total, sur les quarante années, l'augmentation serait d'environ 35 % dans le scénario optimiste, 55 % dans le scénario central ou 80 % dans le scénario pessimiste.
Cette hausse serait concentrée sur les personnes de 80 ans ou plus. Personne ne peut imaginer un seul instant que le financement de cette situation est possible dans le contexte économique actuel car même la suppression de tous les jours fériés ne suffira pas à faire face aux besoins ! En attendant profitez bien de votre lundi férié car il est en voie de disparition !
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Mon, 12 May 2008 08:15:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19483800.html
<![CDATA[LE TEMPS PRESSE]]> http://www.darmian.net/article-19470019.html Depuis belle lurette, le « politique » a voulu contrôler à son profit ce qu'ils estime être un pouvoir capital pour sa réussite. Il ne rêve que d'adresse directe aux électrices et aux électeurs sans le filtre du contre pouvoir journalistique. A toutes les époques cette tendance a existé.
Dans tous les pays cette captation du pouvoir « d'informer » a tenté les gouvernants. En toutes circonstances la tentation de détourner le système à son profit existe. En fait il faut bien constater que l'obsession des grands de ce monde réside dans leur influence sur l'opinion via des médias plus ou moins à la botte. La seule différence selon les lieux et les moments réside dans la méthode d'appropriation de ce pouvoir. Elle peut être économique comme en Italie où Berlusconi n'est devenu un homme politique que par sa seule capacité à se construire un réseau médiatique personnel. Sa puissance économique l'a conduit au poste qu'il occupe. Bien évidemment cette méthode est réputé... démocratique. Elle ne l'est plus en Chine, en Russie, dans le pays de n'importe quel potentat africain puisqu'ils imposent leur volonté par un contrôle des moyens de diffusion et plus encore par un contrôle absolu des contenus.
L'enjeu essentiel quotidien de tout gouvernement consiste d'abord à fournir quotidiennement de la « nourriture » prédigérée à l'Hydre de Lerne qu'est un système médiatique pour qu'il accepte de le restituer à l'identique. Ensuite il lui faut s'installer régulièrement dans un dialogue direct avec les lecteurs, les auditeurs ou les téléspectateurs pas trop souvent pour créer l'événement mais régulièrement pour éviter de ne le faire qu'en situation de crise. Enfin la mise en place d'un réseau de « partenaires », susceptibles de devenir des « complices » occupe une place importante dans les préoccupations de l'entourage des « puissants » de tous ordres. Il n'y a pas une minute sur la planète où l'on ne devrait rediffuser en boucle le fameux film « Citizen Kane »... même en France !
DES ATTAQUES CONCERTEES
En France au cours de la semaine écoulée, qui rappelons le aura été celle des « ponts » avec démobilisation citoyenne évidente, on aura assisté à de véritables attaques potentielles contre les fondements d'une démocratie reposant sur le pluralisme de l'information. Bien entendu, le débat n'aura pas davantage passionné les foules que le risque de descente du Paris Saint Germain. Or en quelques jours c'est le socle de la démocratie actuelle qui s'est fissuré avec les attaques frontales du Président de la République envers des supports médiatiques qui selon lui n'ont pas accompli leur rôle de transmetteurs des élucubrations sarkozistes. Or ces remarques formulées devant les élus devant représenter tous les électeurs et les électrices de leur circonscription quels que soient leurs choix politiques dénotent un vision extrêmement dangereuse.
« Il est singulièrement 'abracadabrantesque' de constater que Nicolas Sarkozy attaque ainsi les journalistes en privé, alors que le bilan tiré par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) de sa première année de présidence est particulièrement accablant... pour la liberté de la presse », indique le syndicat. « Au lieu de continuer à vouloir faire des journalistes les boucs émissaires de ses déboires dans les sondages, le président de la République serait mieux inspiré d'écouter les inquiétudes grandissantes d'une profession en crise. Et de l'aider à retrouver les conditions d'exercer pleinement, et en toute indépendance, sa mission d'informer auprès des citoyens de ce pays », ajoute le SNJ.
Le problème c'est que vous n'avez pas entendu sur TF1, France Télévisions ou les radios le moindre commentaire sur cette position des professionnels de l'information. Si l'on peut faire confiance aux déclarations des parlementaires présents, les propos tenus publiquement (plus de 260 personnes présentes) par le garant constitutionnel de la liberté de la presse. Que Poutine, Castro, Berlusconi, Kadhafi, Hu Jintao, Mahmoud Ahmadinejad, Bongo... et tous leurs autres potes s'offrent ce type de proclamation n'auraient rien d'étonnant mais que l'on ait droit à ces déclarations en France pose évidemment quelques questions.
MOBILISATION ANTI-JOURNALISTE
Le SNJ-CGT inscrit donc ses propos dans le cadre d'une offensive des « patrons » politiques et économiques de la droite. Cette tendance serait portée notamment par le plan de licenciements au quotidien Le Monde, le guichet "départ" ouvert au quotidien Le Figaro, ou encore la nomination d'Antoine Arnault, fils de Bernard Arnault, au comité d'indépendance éditoriale du journal Les Echos. Le syndicat cite également l'opération policière visant la rédaction de Radio Frequenza Amora (station corse du réseau de radios locales France Bleu), les critiques du président Nicolas Sarkozy contre plusieurs organes de presse, et finalement les attaques du député Frédéric Lefebvre contre l'Agence France-Presse (AFP). Le SNJ-CGT « appelle tous les démocrates à réagir contre cette volonté de confiscation de l'information pluraliste, vérifiée, recoupée et mise en perspective » et « appelle les rédactions à refuser toutes les mesures visant à empêcher les journalistes de remplir totalement leur responsabilité sociale ». Il lui faudrait « hurler » pour réveiller un pays inconscient ! Il faut en effet être bien conscient que le président lance ses anathèmes dans un contexte de grave crise économique et financière pour la presse, notamment la presse quotidienne.
Ce mélange entre fragilité économique et pressions politiques risque de se révéler détonnant : un média peut hésiter à froisser le président s'il appartient à un grand groupe industriel dépendant de la commande publique comme c'est le cas pour Bouygues et TF1 ous si son Président dépend de l'humeur présidentielles comme à France Télévisions dont Copé s'occupe en secret ! En fait on assiste à une confusion volontaire et orchestrée visant à confondre le journalisme et la communication. Par définition, le journaliste doit faire des choix éditoriaux. Il n'est pas la courroie de transmission du pouvoir. La preuve que c'est bien la voie choisie par la Droite via les positions prises par la Ministre de la Culture...
BATAILLE SUBALTERNE DES COMMUNIQUES
Christine Albanel suggère dans Le Journal du dimanche que l'Agence France Presse (AFP) pourrait diffuser l'intégralité des communiqués de presse des partis (et notamment ceux de l'Ump) et des organisations syndicales. Selon le JDD, mis en cause par Nicolas Sarkozy, le principe de ce « service supplémentaire » de l'AFP est inclus dans le projet de loi autorisant les journalistes à ne pas divulguer leurs sources. Ces communiqués apparaîtraient « sur un espace spécifique et facilement accessible, selon des modalités à préciser et à organiser », précise-t-elle, avant d'ajouter qu'elle soumettra cette idée au directeur de l'AFP vendredi.
Christine Albanel assure maladroitement que ce service ne se substituerait « en aucun cas au travail de rédaction et d'éditorialisation des journalistes de l'AFP sur les sujets politiques ou sociaux quand ils le jugent nécessaires et pertinents ». Imaginez un peu le boulot passionnant des journalistes qui consisterait à mettre en ligne des communiqués de presse, outils de communication partisans ! Ces communiqués sont d'ailleurs mis en ligne intégralement sur les sites des partis ou des syndicats et sont donc déjà accessibles à tous les citoyens qu'ils passionnent !
Christophe Beaudufe, représentant de la Société des journalistes (SDJ) de l'AFP, s'est élevé contre un mélange des genres. « Notre travail de journaliste, c'est de faire une information vérifiée, recoupée et remise dans son contexte », a-t-il rappelé sur France-Info, on « ne publie jamais un communiqué, on traite un communiqué ». Mais l'Ump n'a que faire de la déontologie d'une profession. Elle n'a les yeux rivés que sur les... sondages !
Pendant ce temps on ne débat pas un seul instant des « volumes » déjà massivement accordés à un camp au détriment de l'autre. Dans le fond ce qui choque Nicolas Sarkozy c'est qu'il n'ait pas 100 % des médias au service de sa communication quotidienne. « C'est un scandale ! » aurait dit Georges Marchais ! Les socialistes se plaignent en effet d'être « inaudibles car ils sont « au pain sec et à l'eau médiatiques », selon Arnaud Montebourg, dans le même JDD. « Aujourd'hui, l'expression en faveur de l'UMP, président de la République et collaborateurs compris, a augmenté de 256 % sur TF1 et 196 % sur France 2 », selon le député PS de Saône-et-Loire, qui cite des chiffres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Dommage que ces statistiques n'aient pas figurées dans le communiqué de l'Ump car elles auraient simplifié la tâche des journalistes chargés de le traîter.
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Sun, 11 May 2008 17:34:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19470019.html
<![CDATA[UN PERMIS DE MAL SE CONDUIRE]]> http://www.darmian.net/article-19447107.html En fait la dangerosité de l'automobile (ou du camionneur) relève davantage dans une vision sociale des interdits que d'une action déterminée. Ainsi tous les jours on constate sur le terrain que c'est en définitive les petites infractions qui révèlent la manière dont se comportent ensuite les conducteurs. Pas un jour où dans le cœur modeste de la ville bastide l'on ne constate pas une infraction réputée bénigne commise par une conductrice ou un conducteur « bien sous tous rapports ».
Le stationnement est rarement respecté par des gens pourtant prompts à réclamer des sanctions terribles contre... les autres ! Les sens interdits sont empruntés sans vergogne pour économiser une centaine de mètres de déplacement supplémentaire. Les stops ne sont que rarement respectés quand on se sent en sécurité. La vitesse ne se maîtrise que quand on a un doute sur une possible sanction. Encore aujourd'hui en zone trente j'a constaté à la demande d'une personnes âgée qu'elle avait simplement failli être fauchée sur le passage piétons par une voiture roulant à 90 ! Une trace de freinage de plus de 10 mètres s'arrête au milieu des bandes blanches ! C'est faits constituent la base de comportements qui deviendront beaucoup plus dangereux.
D'ABORD UN COMPORTEMENT CITOYEN
Il suffit de se placer paisiblement à un carrefour, sur un parking, dans une rue pour vérifier que nous continuons à téléphoner au volant, à ne pas mettre sa ceinture, si l'on a un 4x4 monumental à monter sur les trottoirs sans aucune retenue, pour les jeunes motocyclistes ou de quads confondre défonçages de la nature avec promenades bucoliques et pour les plus récalcitrants l'absence de casque... Tant que l'on ne parviendra pas à rétablir ce respect ordinaire on aura bien du mal à maîtriser les attitudes « extraordinaires ». En effet souvent les enfants sont les témoins de ce que le conducteur affirme n'être qu'une faute bénigne. En cas de sanction il criera devant eux à l'injustice, à l'acharnement, à la bêtise répressive... surtout, j'ai remarqué, quand il a les moyens financiers de faire face à la sanction !
Les encarts de quatre pages dans la presse régionale récapituleront parait-il les causes classiques de mort sur la route, en énumérant le nombre de vies qui auraient pu être sauvées en 2006 si tous les conducteurs avaient respecté les règles : 1.271 pour l'alcool, 950 pour la vitesse et la distance de sécurité, 424 pour le port de la ceinture, en passant par le téléphone, la fatigue et la drogue. Ils comportent en outre une planche couvrant quasiment une page entière sur laquelle de petites silhouettes noires figurent les 4.615 tués sur la route en 2007, une baisse de 2% par rapport à 2006, qui contraste avec une augmentation du nombre de blessés : 104.601 (+2,4%). Renforcement du nombre des radars et des contrôles sur les routes, extension des éthylotests anti-démarrage qui pourraient devenir à terme obligatoire: la campagne auprès de l'opinion vient compléter une série de mesures à la fois répressives et préventives ; Mais pour ma part je regrette qu'elle ne soit pas incluse dans une politique plus vaste de réhabilitation du comportement citoyen.
Neuf accidents sur 10 sont imputables au seul comportement des conducteurs et les motocyclistes (scooters et motos plein air) ne sont pas les plus appliqués en matière de respect des contraintes de sécurité. Le dénoncer ce n'est pas faire de l'anti-motards c'est tout bonnement constater que parfois certains d'entre eux se prennent davantage pour des « diables » de la route que des « anges ».
SE TUER EN DORMANT
Nous sommes tous des accidentés ou des « tueurs » potentiels. Le nier c'est s'absoudre de toute faute. Pare xemple même sans avoir bu, même sans rouler vite, même en respectant le code de la route on peut basculer dans un comportement néfaste. Selon une enquête nationale publiée hier par la Prévention routière et l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, près de 30 % des automobilistes disent avoir souffert de somnolence au moins une fois dans l'année. Lorsqu'ils conduisent de nuit, ils sont la moitié à l'affirmer. Un phénomène inquiétant à l'heure des départs en vacances de printemps et à la veille du retour de ce week-end prolongé du mois de mai. La somnolence, qui n'est pas répréhensible, augmente en effet de huit fois le risque d'accident et représente 15 à 20 % des pertes de contrôle et collisions sur les routes des pays occidentaux.
« Il ne faut pas confondre fatigue et somnolence », explique Pierre Philip, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Bordeaux. « La fatigue se reconnaît à une nuque qui se raidit, une position de conduite qui devient inconfortable et le besoin d'ouvrir les fenêtres pour avoir de l'air. » Le problème c'est que la loi ne punit pas la conduite en « dormant » pas plus qu'elle ne l'interdit après absorption de médicaments antidépresseurs dont on sait combien ils peuvent être dangereux sur les réflexes.
Le coup de pompe peut survenir à n'importe quel moment au cours d'un long voyage. Le plus sage est de s'arrêter et de s'offrir un double expresso. Selon votre réactivité à la caféine, cette pause-café permet de repartir « en forme » pour deux à quatre heures de conduite. Plus grave, l'état de somnolence traduit « une incapacité ou une difficulté extrême à conduire, poursuit Pierre Philip. C'est aussi l'état dans lequel tout le monde se trouve chaque soir juste avant de s'endormir. Elle arrive par vagues successives qui s'amplifient jusqu'à assoupir le conducteur. Les paupières se ferment de manière prolongée et il est impossible de lutter contre », précise Pierre Philip, qui compare cet état à l'ivresse au volant. Seul « traitement » efficace : le sommeil. Une sieste d'au moins vingt minutes permet de reprendre la route pour environ deux heures. Quand je réclame la réhabilitation de la « sieste » qui devrait être institutionnalisée on ne me croît pas !
HANDICAPES EN HAUSSE
La société actuelle ne s'intéresse nullement au quotidien mais elle surfe sur l'événement qu'elle créée. Ainsi les statistiques focalisent sur le nombre de morts alors que dans ce domaine l'évolution est extrêmement défavorable pour les handicapés à vie ! On sait que les accidents de la route tuent en effet chaque année moins de 5 000 personnes (4 615 en 2007). Mais ils transforment aussi chaque année des milliers d'individus valides en handicapés moteurs.
Pour la première fois, une évaluation complète de la morbidité routière entre 1996 et 2004 a donc été publiée par l'Institut national de veille sanitaire (INVS). Ce document montre notamment que les chiffres des forces de l'ordre sous-estiment gravement le nombre de blessés et de blessés graves dans les accidents de la route. Pour la première fois depuis sa création en 1995, le registre médical des victimes d'accidents de la circulation routière du département du Rhône unique en son genre en France , a effectué avec l'aide des services interministériels et les forces de l'ordre, une estimation nationale plus proche de la réalité que les chiffres officiels.
L'étude publiée permet d'affirmer que le risque d'être lourdement handicapé suite à un accident de la circulation est égal au risque d'être tué sur la route (tous modes de transports). Pour les cyclistes et les usagers de deux-roues motorisés, le risque de handicap lourd est beaucoup plus élevé que celui d'être tué. Les spécialistes de l'INRETS ont utilisé une échelle des séquelles majeures persistant un an après l'accident : c'est grâce à elles qu'ils ont pu s'apercevoir qu'il existe plus de blessés avec séquelles majeures chaque année (7 479) que de victimes décédées dans les six jours suivant l'accident (7 344). Mais ces nombres là ne sont pas clamés sur les ondes car ils mettent en cause le rôle néfaste de l'automobile reine de la route qui souvent détruit la vie des autres au nom du droit conférer par un permis de mal se conduire.
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Sat, 10 May 2008 16:48:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19447107.html
<![CDATA[LE PIRE POUR ARRIVER AU MEILLEUR]]> http://www.darmian.net/article-19411887.html Le baril de pétrole a battu de nouveaux records se rapprochant des 124 dollars après l'annonce par le Département américain de l'Energie des chiffres sur les stocks. Le baril de brut léger pour livraison en juin a atteint les 123,90 dollars lors des échanges hors séance, après une clôture record à 123,53 dollars, en hausse de 1,69, sur le marché des matières premières à New York. Les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis ont augmenté de 5,7 millions de barils, à 325,6 millions de barils au total, au cours de la semaine s'étant achevée le 2 mai, d'après les chiffres publiés mercredi par le Département américain de l'Energie.
Ces chiffres seront probablement dépassé mardi matin au moment où Monsieur tout le monde montera dans son véhicule pour aller contraint et forcé de son pavillon, perdu dans la nature, sur un terrain réputé superbement isolé vers son travail. personnellement j'ai déjà rencontré les premiers salariés qui restent chez eux car ils ne peuvent pas acheter le carburant indispensable pour se rendre dans les diverses propriétés viticoles. L'autre nuit quand je suis sorti pour un feu de poubelles sur Créon j'ai échangé avec les gendarmes qui revenaient d'une planque autour d'un parking pour camions régulièrement délestés de leur plein de gazole. Les fuites sans payer aux stations automatiques se multiplient. Les signes d'une crise se profilent car il n'y a eu aucune anticipation du phénomène. Avant même les dégâts dus au réchauffement proprement dit, ou à l'épuisement des réserves pétrolières, il faut craindre de violentes ruptures sociales, une insécurité et une inégalité croissantes, un épuisement de la chaîne alimentaire. C'est-à-dire, comme au « bon vieux temps », encore et toujours des famines et des guerres. On le sait mais comme les 3 célèbres singes on ne veut ni entendre, ni dire, ni voir.
DE CRISE EN CRISE
La flambée de l'or noir ne fait que commencer. Certes, le baril à 1500 euros n'est pas forcément pour tout de suite mais c'est pour dans un très proche avenir. D'ici la fin de l'année, la hausse des prix est inéluctable. Et sans doute même... souhaitable. Pour des raisons environnementales, d'abord. C'est l'avis de Denis Baupin, adjoint vert au Maire de paris avec lequel j'entretiens des liens amicaux puisque je siège avec lui au conseil d'administration national du Club des Villes cyclables dont il est président. « Le responsable que je suis se désole surtout de la démagogie des politiques qui demandent une baisse des taxes sur l'essence. Encourager à la consommation de pétrole alors que cette énergie devient inéluctablement plus rare et plus chère, c'est aller dans le mur. Et en accélérant ! Nous avons dilapidé ce que l'humanité a mis 300 millions d'années à produire. Utilisons la hausse actuelle pour nous réorganiser. Economisons l'énergie, repensons l'économie et les modes de vie, développons les offres de transports collectifs ! » explique celui qui est haï par les automobilistes parisiens qui lui reprochent sans cesse sa volonté de développer les obstacles à leur merveilleux véhicule !
Dans son dernier rapport annuel, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) tire la sonnette d alarme et lui donne pleinement raison : « Les pays doivent impérativement faire évoluer leur système énergétique, s'ils veulent éviter de nouvelles perturbations de l'approvisionnement, des désastres écologiques ou les deux.» Claude Mandil, le directeur de l'Agence, a prévenu : « Nous allons vers un système énergétique cher et sale qui ira de crise en crise.» Le consultant Jean-Marc Jancovici, considéré comme l'un des meilleurs spécialistes sur le sujet fait également des constats durs que nous ne sommes pas encore disposés à admettre : « A 120 dollars, le baril n'est pas encore assez cher. Rendez-vous compte : un litre de pétrole vaut moins cher que la moindre bouteille d'eau minérale dans un restaurant !» Au Grenelle de l'environnement, ce polytechnicien iconoclaste a carrément défendu l'idée d'une taxe supplémentaire sur les énergies fossiles. «Quand il y a un problème, il faut faire monter le prix de ce problème plus vite que le pouvoir d'achat. Et pour l'instant, celui-ci repose largement sur une énergie trop bon marché.» Horrible, politiquement inacceptable... et pourtant nous n'aurons pas le choix sous peine de résoudre le problème des retraites par la disparition prématurée de bon nombre de celles et ceux qui pourraient y prétendre !
DES CIRCONSTANCES AGGRAVANTES
Chaque ménage ne pourra pas avoir deux grosses voitures. Non, le transport aérien ne progressera pas éternellement de 4% l'an. Non, il ne sera pas toujours rentable de délocaliser des produits à faible valeur ajoutée à l'autre bout de la planète. Ni même de prendre sa voiture pour remplir un chariot de supermarché, dans un centre commercial... ou pour venir acheter, en voiture, une baguette de pain à l'ancienne ou pour conduire son enfant prodige à l'école alors qu'elle se situe à moins de 500 mètres de son domicile.
Villes de plus en plus étalées, domiciles de plus en plus éloignés des lieux de travail, agriculture de plus en plus spécialisée, gares qui ferment, infrastructures qui privilégient la route et, pour finir, un pétrole qui s'inscrit dans chaque moment de la vie quotidienne, des sacs-poubelles aux bouteilles d'eau minérale... Tout est à repenser, à modifier.
Le secrétaire chargé des Transports, Dominique Bussereau, a donc présenté les grandes lignes d'un futur « plan d'action en faveur du véhicule propre », dans le cadre du Grenelle. Ce plan devra « bien identifier et chercher à lever les obstacles » au développement des véhicules propres. « Les recherches sur les véhicules propres sont de première importance" compte tenu du fait que le mode de transport routier "restera prépondérant », a-t-il insisté, en mentionnant les véhicules électriques, les hybrides rechargeables et « tout ce qui est plus économe en énergie fossile ». Bien sûr, on peut toujours parier sur le relais des énergies nouvelles. Mais en ce qui concerne le transport où l'énergie doit être disponible en permanence, il n'y aura pas de miracle. Il n'existe pas de solutions à la situation actuelle et la réaction de l'Europe durant les six mois de présidence française devrait être... énergique si l'on veut mettre un véritable programme de coopération en route.
ALTERNATIVES RARES
Le charbon ? Encore faut-il le liquéfier. C'est techniquement possible : les Allemands l'ont bien fait durant la guerre pour faire rouler leurs chars ! Mais c'est hors de prix : deux fois le prix d'un réacteur EPR pour une même quantité d'énergie.
L'électricité ? Sachant qu'un kilo de batterie permet de produire 40 Wh, et un litre de pétrole, 10 kWh, difficile d'imaginer que l'électricité puisse prendre le relais du pétrole. Certes, les batteries deviendront plus performantes. Mais encore faudra-t-il les alimenter. Les unités de production tournent à pleine capacité. Et l'opinion publique ne semble pas prête à accepter de voir les centrales nucléaires se multiplier sur le territoire. On n'acceptera plus facilement de payer le carburant à son prix fort mais on se refusera à accepter un équipement collectif près de chez soi. C'est une constante sociale de la période actuelle !
Les biocarburants ? John Lipsky, numéro deux du Fond monétaire international (FMI) a estimé hier que le développement des biocarburants serait responsable à 70% de la hausse récente des prix du maïs et 40% de celle des graines de soja. « En ce qui concerne l'alimentation, les politiques de promotion des biocarburants dans certains pays développés ont des répercussions sur le prix de denrées alimentaires de base, en particulier le maïs et les graines de soja », a observé l'adjoint de DSK. « Les estimations du FMI indiquent que l'augmentation de la demande pour les biocarburants compte pour 70% dans la hausse des prix du maïs et pour 40% de celle des graines de soja », a-t-il expliqué. Dans le même temps, c'est vrai les prix du pétrole auraient probablement été plus élevés en l'absence des biocarburants ce qui rend compliqué tout jugement d'ensemble", La pile à combustible ? Avec les technologies disponibles, il faudrait plus d'un siècle pour remplacer le parc automobile existant. Alors ? Alors une seule solution : économiser. Avant qu'il ne soit trop tard... Enfin on peut toujours y croire. Mardi matin pensez-y tout de même un peu en montant dans votre voiture.
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Fri, 09 May 2008 08:02:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19411887.html
<![CDATA[FUSSILLE POUR MAUVAIS EXEMPLE]]> http://www.darmian.net/article-19397431.html Selon un autre député villepiniste, Nicolas Sarkozy s'en est pris à la presse. « Il n'y a pas d'opposition. C'est la presse qui fait fonction d'opposition », aurait-il dit à ses invités pour les persuader que tout ce qui arrive de mauvais à la majorité en ce moment ne serait dû qu'à un manque de docilité d'une poignée restreinte mais active de journaliste peu compréhensifs. Jacques Chirac, François Mitterrand, Charles de Gaulle, mais aussi François Bayrou, et, de nouveau, la presse : nul n'a échappé à la charge de Nicolas Sarkozy, hier, lors d'une réception censée remobiliser les députés UMP. De Gaulle et Mitterrand ne pourront pas se défendre.
Chirac empêtré dans ses déboires judiciaires ne peut pas s'exprimer sans risques majeurs. Bayrou lui n'a même plus le fauteuil de maire de Pau pour la ramener. Il ne reste donc que la presse. Le chef de l'Etat a par exemple accusé les médias de ne pas avoir assez relayé la condamnation de Ségolène Royal pour refus de paiement de ses anciennes collaboratrices. La cour d'appel de Rennes a en effet donné raison le 10 avril à deux anciennes attachées parlementaires de Mme Royal, qui réclamaient depuis 1997 le versement de plusieurs mois de salaires non payés.
OFFENSIVE TOUS AZIMUTS
Incroyable qu'un Président de la République puisse s'ériger en directeur des rédactions nationales et accuser L'Express, le Parisien, l'AFP et le Journal du Dimanche de ne pas avoir assez développé cette information sur son ancienne rivale. Incroyable que celui qui a bénéficié à de multiples reprises de « services personnalisés » des médias détenus par ses amis de un an puisse tomber si bas.
Le président de la République, qui fait la "une" de Paris Match le même jour avec son épouse, a aussi vertement critiqué Marianne, qui titrait "Putain, 4 ans..." son numéro du 3 mai. "Dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition", a estimé M. Sarkozy, selon la députée du Val-de-Marne, Marie-Anne Montchamp, citée par l'AFP. C'est très inquiétant pour la démocratie dans notre pays et pas un seul journaliste ne devrait être indifférent à ces charges dramatiques pour leur indépendance. Même s'il est habituel que les auteurs de turpitudes diverses mettent en accusation celles ou ceux qui les rapportent davantage que celles et ceux qui en sont les auteurs ont ne peut rester que pantois devant des attaques aussi ciblées dans un pays où le journalisme n'est guère outrancièrement critique. Ces critiques ont été appuyées par l'UMP. Celle-ci a, une nouvelle fois, accusé, l'AFP de "censure" pour ne pas avoir diffusé son communiqué sur la condamnation de Mme Royal. L'UMP a regretté "que, sous couvert d'une ligne éditoriale, l'AFP censure un parti politique".
Le 1er mai, déjà, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, avait déploré, par lettre ouverte au PDG de l'agence, Pierre Louette, l'absence de reprise d'un de ses communiqués contre Mme Royal. Le lendemain, la Société des Journalistes (SDJ) de l'AFP avait dénoncé des "tentatives de pressions politiques", rappelant que cette affaire avait été largement couverte. Les syndicats de l'agence ont aussi dénoncé ces "pressions".
Sous le titre « Deux poids, deux mesures », l'UMP renouvelle ses attaques contre l'AFP, lui reprochant de ne pas avoir repris ce fameux communiqué qui devait avoir une importance capitale pour la vie quotidienne de millions de Françaises et de Français. Le parti affirme que ce nouvel épisode « pose la question de la situation de quasi-monopole de l'AFP, de sa soi-disant ligne éditoriale et de l'objectivité qui lui est demandée dans ses statuts » (sic).
LA CHASSE AUX SORCIERES
Quelques heures auparavant on avait élargi le cible en taillant le Journal du Dimanche pour ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision. Or j'ai à de nombreuses reprises attiré l'attention des lectrices et des lecteurs de L'AUTRE QUOTIDIEN sur le rôle des sondages du JDD qui construit grâce à sa propension à sonder sur tout et n'importe quoi une opinion dominante désastreuse. Nicolas Sarkozy confirme bien cette facette du système médiatiQue en reprochant justement à cet hebdo de ne pas en avoir encore assez fait en sa faveur.
Le directeur des rédactions du Parisien, lui aussi mis eu banc des accusés, Vincent Régnier, a estimé parfaitement infondés les reproches faits au quotidien. Dans une mise au point publiée dans l'édition de ce matin du Parisien/Aujourd'hui en France, le directeur des rédactions du quotidien écrit que ses « propos sont parfaitement infondés », soulignant que Le Parisien a fait état de l'affaire Ségolène Royal, à plusieurs reprises, et en donnant la parole aux différents protagonistes. Mais c'est probablement insuffisant ! Il est devenu angoissant qu'un erspônsable de quotidien soit contraint de se justifier après des propos tenus devant des représentants du Peuple par le garant de la liberté... le la presse !
« Notre exigence, au Parisien et Aujourd'hui en France, est d'informer au quotidien sans parti pris, avec rigueur et en toute indépendance », conclut Vincent Régnier. Mais qui donc lui demande de faire le contraire ? A sa place je serais très inquiet sur mon job quand on sait quelles sont les pratiques actuelles du pouvoir... républicain !
Certains membres de l'UMP se sont d'ailleurs opportunément démarqués du dernier communiqué de leur parti contre l'AFP. Pour l'élu parisien Bernard Debré / « c'est une méthode inefficace, inamicale et inutile. Si on n'arrive pas à faire passer un communiqué, c'est qu'il n'est pas intéressante ». Le 2 mai, la Société des Journalistes de l'Agence avait vu dans la diffusion de cette lettre ouverte des « tentatives de pressions politiques ». Ces gars là doivent être des « persécutés » ou des « gauchistes » véhéments car ils n'ont aucune crainte à avoir dans ce domaine. En fin presque !
DEUX POIDS DEUX MESURES
Le groupe Lagardère Active (Lagardère vous avez celui qui fait du vélo avec l'hôte de l'Elysée), qui édite Le Journal du dimanche (JDD), a en effet annoncé, pure coïncidence, le départ de Jacques Espérandieu, directeur de la rédaction du... JDD. Dans une allocution très brève devant les salariés, M. Espérandieu a déclaré : "Ce départ, je ne l'ai pas souhaité." Il avait rejoint le journal en septembre 2005 avant d'être nommé directeur de la rédaction fin 2005. M. Espérandieu n'a pas voulu commenter davantage ce qui ressemble étrangement au départ spontané du directeur de Paris Match. . Christian de Villeneuve devrait le remplacer.
Ce transfuge du Parisien avait rejoint le groupe Lagardère fin 2006 au plus fort de la campagne pour les Présidentielles. L'histoire semblait donc écrite dès l'arrivée de M. de Villeneuve comme directeur général des rédactions de la presse magazine France (Le JDD, Paris Match, Elle...). "Il nommera dans les prochaines semaines un directeur de la rédaction délégué", précise mercredi le groupe Lagardère. Recruté en interne ou à l'extérieur.
"Les pressions ont été fortes, mais Espérandieu a résisté", soulignaient plusieurs journalistes du JDD. Il avait même été reçu par... Nicolas Sarkozy (tient donc), qui ne voulait pas de nouvelles vagues après le licenciement d'Alain Genestar, le directeur de Paris Match, remercié en juin 2006 pour avoir publié une photo de Cécilia Sarkozy et de Richard Attias en "une" de l'hebdomadaire.  Répondant aux inquiétudes de la rédaction sur l'indépendance, Didier Quillot, président de Lagardère Active Média, venu s'expliquer devant les salariés, a affirmé que "la direction n'avait pas la moindre volonté d'influence sur la ligne éditoriale". C'est certain vous pouvez leur faire confiance : ces gars là tiennent leurs promesses mais on ne sait pas vis à vis de qui.
Ce nouveau accroc médiatique intervient après la faute lamentable commise par le détestable Jean pierre Elkabbach. Lui en revanche a trouvé des patrons compréhensifs malgré une prise de position très critique de la rédaction d'Europe 1. A l'issue de son audition, le C S A dont on connaît le sévérité (sic) a adressé à la société éditrice « une mise en demeure de respecter l'obligation, qui s'impose à tous les services de radio et de télévision, d'assurer 'l'honnêteté de l'information' conformément aux stipulations de la convention conclue avec le Conseil le 11 juillet 2005 ». Dans un communiqué, Lagardère Active a dit prendre acte de la décision du CSA et a tenu « à rappeler à cette occasion son soutien à Jean-Pierre Elkabbach, à Europe 1 et à l'ensemble de ses équipes, dont la rigueur et le professionnalisme font la réputation de la station ». Il est vrai qu'Europe 1 n'a pas été placée sur la liste des médias ayant commis un crime de lèse majesté.
Elkabbach, lui ne risque rien : il ne sera pas viré car soir il déjeune à l'Elysée, soit il est payé à la télé par... les contribuables, soit il sert la soupe à ses maîtres. Lui il ne manquera pas la diffusion d'une info hostile à Ségolène Royal ou un communiqué de l'Ump ou plus encore un coup de pouce à son maître. Et pourtant jamais la situation médiatique n'a été aussi préoccupante mais lors d'un pont prolongé comme celui qui est ouvert on pourrait même faire un coup d'état sans que la France se réveille !
Mais je déblogue...]]>
Thu, 08 May 2008 18:03:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19397431.html
<![CDATA[RETROUVEZ VITE LA MEMOIRE]]> http://www.darmian.net/article-19353980.html
« On grava dans la pierre à la chaude tonalité blonde ou dans le marbre gris glacé le nom de ceux qui avaient donné durant la Grande Guerre leur vie pour défendre une Nation. Impossible de trouver sur le territoire, un seul village qui n'avait pas accompagné la douleur d'une famille ayant appris que le fils, le frère ou le père avait laissé sa vie dans la boue, le froid, les gaz ou la fureur des bombardements.
En Afrique, par delà les mers ou les océans, on se contenta de constater qu'il n'y aurait jamais de retour pour ceux qui avaient été combattre loin de leur quotidien. Ils ne seraient jamais inscrits sur un monument dédié à leur mémoire. Ils n'auraient comme linceul que la terre de cette France qu'ils n'avaient jamais antérieurement foulé aux pieds. Ils auraient mérité tous, autant que Lazare Ponticelli, dernier combattant de cette guerre dévastatrice l'hommage de la Nation dans laquelle ils auraient probablement choisi de vivre mais qui ne les avaient accueillis que pour mourir.
Alors que partout, chez nous comme ailleurs, on fixa des plaques modestes dans le chœur des églises ou on dressa des monuments prestigieux en souvenir de ceux qui avaient simplement accompli, de gré ou de force, leur devoir. Ces patronymes, patiemment gravés pour qu'une reconnaissance éternelle soit accordée à ces serviteurs obscurs de la République, auraient pu constituer au moment de la montée du nazisme, les remparts à l'intolérance, à la haine, au déshonneur du renoncement à combattre les idéaux néfastes. On les couvrit de drapeaux mais on oublia les fondements républicains de leur comportement, de leur sacrifice, de leur dévouement.
On se contenta de croire que le souvenir serait plus efficace que la lutte collective pour repousser les miasmes de la revanche.
On laissa le champ libre à une montée inexorable du concept voulant que l'Homme soit un loup pour l'Homme qui paraissait différent.
On oublia les pleurs de ces femmes habillées de noir qui arpentaient discrètement les hameaux pour tenter de redonner un sens à leur vie.
On effaça la terreur, les larmes, le sang, la douleur pour ne vivre que dans l'apparente nécessité d'une réconciliation entre puissances.
On se résigna collectivement, au nom du réalisme politique, à admettre ce qui était pourtant déjà inadmissible.
On ferma les yeux sur un pouvoir destructeur de la solidarité, de la fraternité et de la liberté pour se contenter des certitudes que le monde meilleur passait par la réussite économique.
On ne rappela jamais que la pire des défaillances que puissent connaître les démocraties c'est la perte de leur mémoire sur les chemins sinueux de leur Histoire.
On avait pourtant assuré que ce serait la der des der, l'ultime affrontement entre des paysans, des commerçants, des artisans, des enseignants, des médecins, des fonctionnaires, des ouvriers, des gens simples ou instruits de toutes conditions, de toutes convictions, de toutes religions. Or la France se retrouva plongée dans le pire des drames qu'elle eut à traverser : la guerre 39-45 fut bel et bien celle de Peuples et plus seulement celle des militaires. Elle causa des millions de victimes innocentes, elle rabaissa la nature humaine à ses penchants les plus odieux. Elle révéla les aspects terribles de la délation, de la bassesse, de la trahison, de cette indifférence que seuls les vrais résistants surent briser.
Les monument ne pouvaient plus porter la liste des millions de victimes mortes loin des combats : enfants, jeunes, femmes, vieillards. Ils furent des millions emportés par une mort atroce dans la nuit et le brouillard. Ils furent toutes et tous les victimes de l'indifférence à l'égard d'idées et de comportements que l'on estima ne pas avoir à combattre au moment où ils devaient être combattus.
C'est la signification de cette cérémonie de commémoration de la signature de la capitulation de l'Allemagne nazie devant la force des armées alliées. Elle ne porte pas que les glorieux épisodes des affrontements des armées mais elle porte les visages ordinaires de gens ordinaires à jamais engloutis par une idéologie qui n'a en fait jamais totalement disparu de notre société puisqu'elle peut se montre au détour d'une banderole dans un stade, avec la profanation de cimetières, avec des déclarations inadmissibles dans un journal.
Les femmes ont été au cœur de cette dernier conflit mondial en Europe. D'abord comme les innocentes victimes de la solution finale. Ensuite avec ces figures fortes que furent Lucie Aubrac, Germaine Tillon récemment disparues et dont ne mesure le courage que quand on sait ce que furent la clandestinité, la torture, la déportation. Enfin il y a eu toutes celles qui connurent la séparation terrible avec leurs enfants, qui firent tourner la propriété, l'entreprise, la famille. Ces femmes qui, plus que d'autres, conduisirent le Conseil national de la Résistance à accorder à toutes les autres le droit de vote, les allocations familiales et la sécurité sociale.
Je vous remercie d'avoir une fois encore, à l'aube d'un nouveau mandat municipal fondé sur la citoyenneté, le respect, la démocratie, compris que sans une farouche volonté collective de ranimer en permanence la flamme de la mémoire nous sommes condamnés à mourir de froid. Votre présence conforte ce sentiment que je porte en moi depuis très longtemps que seule la valeur de l'exemple peut servir les valeurs républicaines. Or la France ne donne plus l'exemple au monde même si parfois elle prétend donner des leçons.
Nous ne pouvons pas nous contenter de mots mais il nous faut montrer par nos actes que nous restons farouchement résolus à combattre toute résurgence de l'exclusion par la race, par la religion, par les opinions, par la couleur de la peau, par simplement le comportement social.
La commémoration du 8 mai 1945 n'a jamais été pour moi autre chose qu'une affirmation d'une volonté collective de maintenir les principes essentiels du vivre ensemble dans un monde tolérant et pacifique. Elle doit rester le symbole de la révolte qui doit nous animer quand l'intolérable rôde autour de nous. Merci à celles et ceux qui ont su, dans la tourmente, il y a maintenant plus de 60 ans, oser se révolter.
Germaine Tillon, morte il y a quelques semaines à 101 ans, après avoir consacré toute sa vie à lutter contre les injustices espérait qu'un jour nous changerions notre devise républicaine en mettant le mot « fraternité en tout premier. Elle voulait ardemment que « liberté et égalité » viennent après le beau mot de « fraternité ». C'est en effet la vertu qu'elle aurait voulu léguer à ses contemporains.
Je reprends à mon compte ce vœu car jamais peut-être notre pays et notre monde n'ont eu autant besoin de redonner à la fraternité sa véritable place. Que ce 8 mai 2008 soit pour nous une étape de plus pour le devoir de mémoire que nous devons à toutes celles et tous ceux qui comme Germaine Tillon avaient donné un sens à des mots dont le poids devient de plus en plus mince pour le malheur des peuples oublieux". Et pour une fois je ne déblogue pas trop... Du moins je le crois ! ]]>
Wed, 07 May 2008 07:47:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19353980.html
<![CDATA[LES VOIX DE MES MAITRES]]> http://www.darmian.net/article-19326962.html Tracasseries administratives, fermeture de la frontière andorrane pour bloquer ses livraisons de disque, campagnes de presse n'y avaient rien fait : Radio Andorre avait maintenu sa popularité auprès de ses auditeurs et nous étions toujours en haleine en soirée. Peu à peu le confort s'améliora et le mercredi soir, parfois, alors que nous étions au lit, mes parents, suprême récompense, nous permettaient d'écouter l'émission qu'ils écoutaient en laissant la porte de leur chambre ouverte. J'ai toujours eu un sentiment de bonheur parfait quand, réfugié sous l'édredon, bien au chaud, je savourais les saillies politiques satiriques des humoristes d'alors. Incisifs, manieurs de mots agiles ils éreintaient les ministres ou les Présidents du conseil d'une République mal en point.
Même si sa zone d'écoute devint plus réduite qu'avant, on captait radio Andorre dans toute la France, et dans le Sud, où on ne savait pas encore écouter Radio Luxembourg ou la nouvelle Europe n°1, elle dominera le paysage radiophonique une bonne décennie.
AQUI RADIO ANDORRA
On ne sait pas assez que l'Etat français décida même de créer une nouvelle station périphérique pouvant concurrencer sur sa zone géographique cette station iconoclaste. Après de nombreuses péripéties avec les autorités andorranes, il parvint à lancer cette nouvelle station en Andorre en obtenant une concession de même nature que celle de Radio Andorre. Ce n'est qu'en 1958, que cette station contrôlée par l'Etat français, par le biais de la SOFIRAD, émettra sous le nom de « Radio des Vallées » qui deviendra, plus tard, Sud Radio.
Radio Andorre réagit en augmentant encore sa puissance.  A la fin des années 50, elle a gagné la première bataille de l'audience avec sa concurrente et poursuit la programmation qui a fait son succès depuis sa création : des tranches de 15 minutes de musique, classées par genre. Mais, peu à peu, les émissions produites par "Les Programmes de France" (filiale de Radio Luxembourg), feuilletons, jeux radiophoniques et grandes émissions de variété sponsorisées, prennent une place prépondérante à l'antenne, notamment durant les heures de grande écoute de la soirée. La rivalité des ondes faisait rage.
Autre innovation : les speakers et speakerines de la station sortent de l'anonymat. Non seulement, on connaît leurs noms, mais en plus, ils marquent de leur personnalité les émissions qu'ils présentent. Mais dans les années 50, Radio Andorre ne diffuse toujours pas d'information et il nous fallait en journée aller sur la RTF pour trouver les « nouvelles du monde ». C'est durant les événements d'Algérie que la radio joua pour nous un rôle important. J'ai le souvenir du maire, de mon père et de mon instituteur écoutant dans un silence de plomb les derniers informations durant le putsch des généraux à Alger. Des moments qui marquent car il régnait une ambiance tendue, inquiète mais d'unité face à des hypothèses de parachutages de militaires sur les grandes villes afin de prendre le pouvoir en France.
J'écoutais avec délectation les « Jeudis de l'oncle Henry » pour m'escrimer à répondre à une énigme ou pour expédier un dessin maladroit qui devait me rapporter un premier prix que je n'obtins jamais ! le fameux « Aqui Radio Andorra » résonne encore dans mon esprits comme un signal magique conduisant vers les rêve car je pouvais imaginer ce que bon me semblait, me construire sur les mots des histoires rocambolesques dont j'étais le héros. Chaque voix appartenait à mon univers dont celle qui vint un jour, de la RTF, enchanter ma vie : celle de Georges Briquet !
LE ROI DU SPRINT VOCAL
Cet homme d'une extraordinaire volubilité fut pour moi le chantre du sport. Comme il était totalement impossible pour moi de pratiquer la moindre activité physique organisée dans le village de Sadirac, c'est à lui que je dois, j'en suis certain ma vocation ultérieure de journaliste sportif. Lui qui avait connu les horreurs de Dachau comme déporté avait été sauvé par l'idée de ses copains de stalag de lui fabriquer avec quelques bouts de fil de fer récupérés un micro lui ayant permis de les passionner par des descriptions mythiques d'arrivées imaginaires du Tour de France cycliste. Il les avait suivies et il allait les suivre longtemps pour donner sa dimension d'épopée médiévale à une épreuve sportive qu'il fallait imaginer puisqu'il était impossible de la visionner en direct. « Sport et Musique » qui durant... quatre heures, passai en revue les principaux événements sportifs meublait mes dimanches après-midi. J'allais sur des stades imaginaires. Je partageais des défaillances imprévues. Je vivais des exploits exceptionnels. Je volais sur les ailes de l'imaginaire grâce à des descriptions interminables transformant une rencontre en tournois chevaleresques.
Je me mis à l'imiter et je devins à une dizaine d'années un motif de fierté pour la famille. Lors des vendanges, les amis et les proches qui venaient donner un coup de main à mes parents me demandaient de leur commenter une arrivée au sprint d'une étape du Tour de France... J'en fis une spécialité qui me valut une célébrité dans le village tant je parvenais à captiver mon auditoire par un style similaire à celui dont je buvais littéralement les paroles. Je fus comme bien des grands journalistes sportifs un émule de Georges Briquet car il magnifiait le banal ce que seule la radio peut faire grâce au poids des rêves portés par les mots. La réalité n'existe pas puisque malgré la précision des descriptions on est contraint de se faire une idée des visages, des faits, des événements.
LA CULTURE DU PEUPLE
Je n'ai jamais pu me détacher de la radio. Elle m'accompagne tous les matins et souvent quand je travaille. Des voix évoquent encore des moments de ma vie. Impossible d'oublier la religiosité avec laquelle nous écoutions le jeu des mille francs ! Lucien Jeunesse était pour tous plus qu'une voix car pour nous il portait, un rendez-vous quotidien dans la bonne humeur et la France profonde. Il représentait les bienfaits de l'école qui avait permis à des gens humbles, non bardés de diplômes, de démontrer qu'ils avaient un savoir exceptionnel comme c'était le cas pour « quitte ou double » autre référence qui nous tenait en haleine.
Le Jeu des mille francs, avait débuté en 1958, a d'abord été présenté par Henri Kubnick, puis Albert Raisner, Maurice Gardett, Roger Lanzac. Mais Lucien Jeunesse, qui l'anime de 1965 à 1995, y attache définitivement son nom, avant de passer le flambeau à Louis Bozon. Son « Chers Amis, Bonjour ! » était un appel à la joie de vivre qui durait 12 minutes, le temps de l'émission rythmée par les poèmes qu'il déclamait avant le début du jeu de questions de culture générale, ou les « Banco, Banco! » ou les « Super Super ! » du public. Il entrait dans de nombreux foyers pour apporter cette voix qui rassurait sur les faiblesses des uns et qui décuplait le bonheur des autres. Le son aigrelet du xylophone qui marquait les 30 dernières secondes fatidiques en attendant les réponses des candidats et leur éventuelle élimination prenaient des allures parfois désolantes. On était heureux et fier de connaître une réponse. On était enthousiaste quand l'instit d'un village de la France oubliée emportait le super Banco ou quand un employé de bureau dénichait un nom ou une date ignorés de tous. Le peuple montrait sa culture et non plus son ignorance crasse ! Lucien jeunesse a paraît-il animé plus de 10.000 émissions, posé en 30 ans 80.000 questions "bleues", "blanches" ou "rouges", parcouru des centaines de milliers de kilomètres dans toute la France, visité d'innombrables villes, en étant écouté par plus d'un million d'auditeurs par jour en France métropolitaine, beaucoup d'autres dans les DOM-TOM et à l'étranger. Il disparaît l'année des 50 ans de la création du "Jeu des mille francs". Un demi-siècle plus tard les médias jouent un tout autre rôle. Est-il meilleur ? Je l'ignore. Je garde précieusement ma nostalgie.
Mais je déblogue...]]>
Tue, 06 May 2008 08:11:00 +0200 http://www.darmian.net/article-19326962.html